VOCABULAIRE
DES PRINCIPALES OPÉRATIONS ET INSTRUMENS
EMPLOYÉS DANS LA FABRICATION DES CHAPEAUX.
Acides.
Substances composées qui ont généralement une saveur acide, rougissent la teinture de tournesol et la plupart des couleurs bleues végétales, et forment une classe de corps connus sous le nom de sels, en s'unissant avec les bases salifiables. Ils sont le résultat de l'union de certains corps avec l'oxigène, et alors ils sont appelés oxacides, ou bien avec l'hydrogène, et alors ils sont connus sous le nom d'hydracides; enfin, ils peuvent être le résultat de la combinaison de certains corps entre eux sans oxigène ni hydrogène, tels que le chlore avec le bore; acide chloro-borique, etc. Nous allons indiquer les acides qui sont employés dans la chapellerie.
Acide acétique. C'est le vinaigre à l'état de pureté.
Acide citrique. C'est l'acide des citrons.
Acide muriatique ou hydro-chlorique, formé par le chlore et l'hydrogène. Cet acide donne lieu aux sels muriatés ou hydro-chlorates.
Acide nitrique ou eau forte. Acide extrait du nitrate de potasse (sel de nitre). Il est composé d'azote et d'oxigène.
Acide sulfurique (huile de vitriol). Obtenu par la combustion du soufre dans de grandes chambres de plomb. Il est composé d'oxigène et de soufre.
Acide tartrique. C'est l'acide qui, avec la potasse, constitue le sel qui est connu sous le nom de tartrate acidule de potasse (crème de tartre).
Alcalis.
Alcali. Substances qui verdissent la plupart des couleurs bleues végétales, ont une saveur âcre et urineuse, saturent les acides et forment avec eux des sels.
Air atmosphérique. Fluide élastique qui, abstraction faite de toutes les exhalaisons et vapeurs, etc., qu'il contient, enveloppe de toute part le globe terrestre, s'élève à une hauteur inconnue, pénètre dans les abîmes les plus profonds, fait partie de tous les corps, et adhère à leur surface. Il est composé de 0,79 azote et 0,21 oxigène; plus 0,01 d'acide carbonique.
Acétate de cuivre (sous-). Vert-de-gris. Sel composé d'acide acétique avec excès d'oxide de cuivre.
Acétate de cuivre. Sel composé d'acide acétique et d'oxide de cuivre dans un état de neutralisation.
Acétate de fer. Sel composé d'acide acétique et d'oxide de fer.
Apprêt de chapeaux.
Introduction d'une colle qui, tout en laissant à l'étoffe sa flexibilité, en agglutine les parties feutrées, la rend plus consistante, plus ferme et plus susceptible de conserver la forme qu'on lui donne.
Appropriage des chapeaux.
Les chapeaux parvenus au point de fabrication convenable, n'ont ni ce brillant, ni cette douceur qui en constituent la beauté. Ce sont ces qualités qu'on leur donne par l'appropriage. Quant aux feutres destinés à la coiffure, on se borne à les passer au fer ou à les mettre en presse afin de les catir, comme les tissus de laine.
Arçon (de l').
L'arçon est une espèce d'archet d'une grande dimension, qu'on suspend au plancher vers son milieu, afin de pouvoir le placer dans toutes les directions possibles. Cet archet est situé au-dessus d'une table recouverte d'une claie d'osier fin, et assez serrée pour ne laisser passer que les ordures. On place le poil sur cette claie; on fait entrer la corde de l'arçon dans le tas, et, sans qu'elle en sorte, on la met en jeu à l'aide d'une coche, sorte de fuseau en bois dur, terminé à chaque extrémité par un bouton en forme de champignon. C'est en accrochant la corde avec ce boulon, et la tirant fortement, qu'elle finit par glisser sur le bouton, et qu'elle entre en vibrations d'autant plus accélérées, que le mouvement de l'arçonneur a été plus brusque. L'ouvrier a soin d'élever ou d'abaisser l'arçon.
Agnelins.
Laine provenant des agneaux.
Arrachage ou tirage du poil du lièvre.
Dans cette opération, les découpeuses pincent le duvet entre le pouce et la lame d'un couteau dit tranchet, et le tirant vers elles, le duvet est emporté, et presque tout le jarre reste sur la peau. Cet arrachage complète l'éjarrage.
Assortiment.
Assortir un chapeau, c'est le placer dans une forme semblable à celle qu'il doit avoir, en ayant soin de prendre une forme un peu plus haute que celle du dressage à la foule, afin que la ficelle n'occupe pas le même point que celui où elle se trouvait à la foule, et d'éviter ainsi les compressions du feutre qui produisent des espèces d'étranglemens. C'est ce qu'en termes de l'art on appelle baisser le lien.
Avancer à la main.
Synonyme de marcher à la foule; cette dénomination vient de ce que la majeure partie de ce travail se fait avec les mains nues.
Atteint de foule.
C'est lorsque le feutre a atteint la taille prescrite, et qu'il n'est susceptible d'aucun nouveau retrait pour un autre foulage.
Bassin et du bâtissage (du).
Cette opération est une des principales de la chapellerie; elle doit se faire dans un local particulier, afin que l'ouvrier ne continue point à être exposé aux exhalaisons produites pendant l'arçonnage. On donne le nom de bassin à un établi en bois dur et bien uni; et celui de feutrière, à une forte toile d'Alençon. On mouille alors la feutrière soit avec une brosse, soit avec une poignée de brin d'osier, de bruyère ou bien avec un petit balai de riz; quand elle est suffisamment humide, on y place quelques carrés de papier épais et souple, on les recouvre de la partie pendante, et on roule le tout afin que la moiteur se distribue également. En cet état, l'ouvrier déroule la feutrière, et, après en avoir tiré les papiers, il l'arrange, comme nous l'avons déjà dit, c'est-à-dire une moitié sur le bassin, et l'autre pendante sur le devant. Tout étant ainsi préparé, l'ouvrier étend sur la feutrière les pièces les unes sur les autres, en ayant grand soin de les bien étendre, et surtout qu'il n'y existe ni plis ni ridures, sur chaque pièce, et, après l'avoir légèrement arrosée, il place une feuille du papier précité; enfin la dernière pièce est couverte par la moitié de la feutrière restée pendante.
On travaille les pièces jusqu'à ce qu'on reconnaisse 1° qu'elles sont devenues assez consistantes et assez fermes pour ne point s'ouvrir ou s'étendre; 2° qu'elles sont en même temps assez molles pour que, lorsqu'on les assemble, elles s'unissent et se lient de manière à ne plus former qu'un seul et même feutre. C'est ce qu'on nomme bâtir un feutre.
Bassin de l'apprêt.
Cette opération a pour but de débarrasser la surface des feutres de l'excès d'apprêt qui s'y trouve et qui tient les poils collés entre eux, ce qu'on remarque chez ceux qui n'ont pas été soumis au bassin. Pour cela, on trempe les bords de ces chapeaux dans une faible dissolution de savon dans l'eau bouillante; on l'égoutte ensuite, on l'essuie, on en dégage le poil et on le fait sécher à l'étuve pour le soumettre à l'appropriage.
Banc de foule.
Banc incliné, placé autour de la chaudière, sur lequel les ouvriers opèrent le foulage des feutres.
Border la peau.
C'est en retrancher la queue, les pattes, etc.
Bourser l'étoffe.
C'est lui faire faire des poches quand le bâtissage n'est pas bien conduit.
Brunissure.
Synonyme de teinture.
Cartonnage (du).
Cette opération consiste à coller au fond du chapeau du papier fort, et un autre plus léger autour de la forme.
Carrelet.
Espèce de petite carde en fer qui sert à développer le duvet des chapeaux.
Chapeaux mi-poils.
Le mot demi-poil annonce que cette dorure est supérieure à celle des feutres dorés ordinaires et inférieure à celle des oursons. Cette qualité tient donc un juste milieu entre les deux autres. Les deux dorures qu'on applique sur ce feutre se nomment, en termes de l'art, première et seconde pose.
Chapeaux oursons.
Ces chapeaux ont une dorure plus belle et plus longue. Le mot ourson vient de ce que ces chapeaux, pour le velu, sont comparés à la peau de l'ours, quoiqu'il s'en faille de beaucoup que leur poil soit aussi long.
Chapeaux plumets.
Les chapeaux dits plumets, ainsi que les bordés, etc., ne diffèrent des oursons qu'en ce qu'on ne les dore comme ceux-ci que d'un côté ou seulement sur les bords, etc.
Chaude.
La chaude est également connue sous le nom de plongée ou de feu; sa durée est de une heure et demie à deux heures.
Chiquettes,
Parties retranchées de la peau.
Citrate de fer.
Sel composé d'acide citrique et d'oxide de fer.
Colcotar, rouge d'Angleterre, rouge de Prusse (tritoxide de fer).
Cet oxide est d'un beau rouge, tirant un peu sur le brun, plus fusible que le fer, indécomposable par le calorique non magnétique, se réduisant par le fluide électrique, insoluble dans l'eau. Il est le principe colorant de la sanguine, du brun rouge, etc.
Colle de poisson (ichtyocolle).
Ce sont les vésicules aériennes d'un esturgeon (acipenser huso. LIN.), qui a ordinairement 24 pieds de longueur sur 12 de largeur. On nettoie ces vésicules, on les roule sur elles-mêmes, et on les fait sécher, en leur donnant la forme d'un coeur ou d'une lyre; ou bien, au lieu de les rouler, on les plie comme une serviette.
Colle-forte, colle de Flandre.
C'est ainsi qu'on nomme la gélatine qu'on retire des oreilles et pieds de boeufs, chevaux, moutons, veaux, ainsi que des parties blanches de ces divers animaux. Cette colle est coulée en tablettes sèches, cassantes, brunes, jaunâtres, rougeâtres, transparentes ou demi-transparentes, suivant leur degré de pureté et le soin qu'on a pris de la préparation.
Cristaux de Vénus. Voyez acétate de cuivre.
Couperose bleue, cuivre vitriolé, vitriol bleu, vitriol de cuivre, vitriol de Chypre, etc. (sulfate de deutoxide de cuivre).
Ce sel est inodore, d'une saveur âcre et très styptique, en cristaux bleus transparens, irréguliers, et quelquefois en octaèdres et décaèdres, jouissant de la double réfraction, légèrement efflorescens, et offrant alors une matière pulvérulente d'un blanc verdâtre; soluble dans quatre parties d'eau froide, et subissant la fusion aqueuse. L'alcali volatil en précipite l'oxide qui reste suspendu dans la liqueur et lui donne une belle couleur bleue. On désigne cette préparation par le nom d'eau céleste. Il est composé d'acide sulfurique et d'oxide de cuivre.
Couperose, couperose verte, vitriol vert, vitriol martial, mars vitriolé, etc. (Sulfate de fer).
Récemment cristallisé, ce sel est en prismes rhomboïdaux, d'un beau vert d'émeraude, transparent, et s'effleurissant à l'air en absorbant son oxigène; il se convertit alors en sulfate de tritoxide de fer, qui est en taches jaunes sur les cristaux précités. Le sulfate de fer est inodore, stytique, et si soluble dans l'eau, que neuf parties de ce liquide bouillant en dissolvent douze de ce sel. Il est composé d'acide sulfurique et de fer.
Croisée à la foule
Est l'ensemble de tous les mouvemens qu'on est obligé de faire pour rouler le feutre successivement sur tous les côtés que présente sa figure et le fouler sur chacun de ces roulemens.
Décatir.
C'est débrouiller le poil au moyen d'une carde.
Dégalage.
Le poil des peaux est souvent rempli de poussière et de corps étrangers dont il importe de le débarrasser: c'est ce qu'on nomme en termes de l'art, dégaler. On pratique cette opération au moyen d'une espèce de petite carde, connue sous le nom de carrelet. L'ouvrier promène doucement cet outil sur le poil, et bat ensuite la peau avec une baguette du côté opposé; il continue ces deux opérations jusqu'à ce qu'en agitant fortement les peaux, il n'en sorte plus de poussière.
Dorure.
C'est le poil le plus beau qu'on applique sur la surface des feutres.
Dressage.
C'est mettre les chapeaux sur la forme, afin de leur donner la forme convenable.
Ébarbage ou éjarrage.
Les poils de castor, de lapin, de lièvre, etc., sont composés de duvet et de jarre. Les fabricans ont employé divers moyens pour séparer ce jarre du duvet.
Les mots ébarbage et éjarrage semblent à peu près synonymes; cependant il existe entre eux une petite différence. Nous avons déjà dit que dans les peaux de castor et de lapin, le jarre adhère moins à la peau que le duvet; c'est en raison de cette propriété et vu la plus grande longueur du jarre qu'on s'attache à l'arracher; c'est ce qu'on nomme éjarrage, tandis que l'ébarbage s'y applique aussi, mais plus communément aux peaux de lièvre dont le jarre est plus adhérent au cuir que le duvet.
Enficelage (l').
Après avoir fait entrer en partie les chapeaux sur les formes convenables et les avoir arrêtés avec une ficelle, on les plonge dans un bain d'eau bouillante pure pour les dégorger et extraire la crème de tartre que le poil peut contenir; après les avoir tenus quelques instans dans la chaudière couverte, on les relire et on les pose sur des plateaux semblables à ceux de la foule, et ayant à leur extrémité inférieure un rebord qui porte l'eau qui s'écoule des feutres hors de la chaumière. C'est alors qu'on tire le feutre sur la forme, jusqu'à ce qu'il y soit bien appliqué et qu'il n'offre aucun pli. On fait alors deux tours de ficelle vers le milieu de la forme au moyen d'un noeud coulant qu'on serre médiocrement.
Éjarrage.
Cette opération est également connue sous le nom d'arrachage.
Feutres.
Matières employées pour la fabrication des chapeaux qui ont été converties par le bâtissage en une sorte d'étoffe qu'on nomme feutre.
Feutres dits poils flamands.
Cette dénomination leur vient de ce que primitivement ce mode de préparation a été importé des fabriques de Flandre. Ce feutre est le plus souvent fait avec du poil de lièvre pur et est brossé avec le frottoir, pendant la foule, ce qui en dégage un poil très long et uni, qui en constitue la qualité et en fait la principale beauté.
Feutres dorés.
On donne le nom de feutres dorés à ceux d'une qualité ordinaire ou inférieure, dont l'on recouvre la surface externe d'une couche mince de matière ou poils plus fins.
Feutres grigneux.
Nous avons déjà fait connaître ce qu'on doit entendre par grigne; nous ajouterons ici qu'on nomme feutres grigneux ceux qui, après avoir été écoulés et pressés entre les doigts, en les faisant glisser horizontalement l'un sur l'autre, offrent encore ces aspérités et ce grain qui constituent la grigne. Ce défaut reconnaît pour cause: 1° un bâtissage trop court donné au feutre par l'ouvrier, afin de le faire arriver plus promptement à la dimension désirée; 2° un vice du mélange qui a produit une étoffe trop tendre pour être bâtie plus grand.
Feutres écaillés.
Ces feutres, après leur confection, et pressés entre les doigts comme ci-dessus, offrent des points où l'étoffe a si peu de consistance qu'elle est sur le point de se défeutrer ou, si l'on veut, de voir cesser l'adhérence et l'entrecroisement du duvet qui est le résultat du bâtissage et du foulage. Suivant M. Morel, ce défaut provient de ce que le feutre ayant été bâti trop grand, et se trouvant atteint de foule avant que d'être réduit aux dimensions demandées, l'ouvrier a continué de les fouler dans l'espoir de l'y réduire; ou bien, lorsqu'ayant été bâti dans de justes proportions, l'étoffe trop veule s'est écartée au bassin et écaillée vers la fin du travail de la foule. Quand ce vice, ajoute l'auteur, est porté à l'excès, il occasionne des gerçures et des trous. On dit alors que l'étoffe a lâché.
Feutre à plume.
Les feutres dits à plume sont une dorure plus riche pour laquelle on fait usage du plus beau poil de lièvre et de celui de castor. En général, on n'applique cette dorure que lorsque le feutre a été foulé, avec cette différence du procédé des feutres dorés, que pour ceux à plume on applique plusieurs couches de poil ou dorure.
Foule (de la).
Le feutre, après l'opération du bâtissage, est bien loin d'avoir la consistance, la force et la solidité convenables pour lui assurer quelque durée; on lui donne ces qualités au moyen de la foule, qui fait rentrer en tous sens les poils sur eux-mêmes et resserre ainsi le tissu en le rendant plus consistant, beaucoup plus fort, ou, en termes de l'art, plus étoffé. Les poils, en prenant ce nouvel arrangement, occupent un espace moindre qu'auparavant; aussi l'étoffe se rétrécit-elle en tous sens; aussi le feutre, en sortant du bâtissage, doit avoir un tiers ou double de l'étendue qu'il aura après la foule. Ce nouveau feutrage s'opère toujours à chaud au moyen de quelques agens qui augmentent la qualité feutrante des matières sans qu'on ait encore déterminé chimiquement ce nouveau mode d'action.
Flambage.
Les chapeaux à plume, de quelque genre qu'ils soient, sont flambés avant de recevoir la première pose. Pour cela, quand l'ouvrier a réduit le fond à la taille où il doit doit être posé, il l'égoutte le plus possible à l'aide du roulet, et fait passer au-dessus d'un feu de paille ou de copeaux, les surfaces sur lesquelles les poses doivent être appliquées, afin de les débarrasser des poils qui les couvrent et qui nuiraient à l'introduction de ceux qui composent la plume. On donne après ce flambage, un léger coup de frottoir, pour bien nettoyer ces surfaces.
Fumerette.
Toile mouillée qu'on met sur le feutre pour le ramollir.
Gomme arabique.
Cette gomme est de même nature que celle qui suinte des écorces des abricotiers, des amandiers, des cerisiers, des pruniers, etc. La gomme arabique est solide, souvent en globules, inodore, d'une saveur fade, transparente, incolore, quand elle pure, jaune d'or, ou plus ou moins rougeâtre lorsqu'elle est unie à des corps étrangers.
Grigne.
Aspérités qu'on aperçoit sur les feutres quand ils ne sont pas bien tirés.
Indigo.
Cette matière colorante est fournie par les feuilles de plusieurs plantes presque toutes rangées dans le genre auquel, en raison de cette propriété, on a donné le nom d'indigotifera. Les végétaux d'où on le retire plus particulièrement sont:
1º L'indigotifera argentea, indigotier sauvage. Cette espèce en fournit moins que les autres; mais, en revanche, c'est le plus beau.
2º L'indigotifera tinctoria, indigotier français; c'est celle qui en donne le plus, mais c'est aussi le moins beau de tous.
3º L'indigotifera disperma, ou Guatimala. Cette plante est la plus élevée et la plus ligneuse; son indigo est meilleur que le précédent.
4º L'indigotifera anil, ou l'anil. Son indigo est au minimum d'oxidation.
Ces plantes sont indigènes des Indes et du Mexique, d'où on les a transportées dans les deux Amériques, à la Chine, au Japon, à Madagascar, en Égypte, etc.
Jarre.
Poil noirâtre et brillant qui est très gros, qui ne se feutre point.
La lustre.
Brosse-lustre employée pour le lustrage des chapeaux; il y a aussi des brosses demi-lustre.
Manicles.
Sorte d'instrument composé de semelles de cuir, au moyen duquel l'ouvrier plonge, sans se brûler, les feutres déroulés dans la chaudière à chaque roulement, et même les feutres dont le roulement est terminé; le feutre est alors très chaud.
Noix de Galles.
On donne ce nom à une excroissance ronde produite sur les bourgeons du quercus infectoria de Linnée, par la piqûre d'un insecte nommé par le même naturaliste cynips quercus folii, et par Geoffroy, diplolepsis gallae tinctoria. Ce chêne est très commun dans toute l'Asie mineure; on le trouve depuis les côtes de l'Archipel jusqu'aux frontières de la Perse, et des rives du Bosphore jusqu'en Syrie, etc.
Oxigène.
Gaz qui entre pour vingt-un centièmes dans la composition de l'air atmosphérique, et qui, en s'unissant aux substances métalliques, les fait passer à l'état d'oxides ou rouilles.
Pelotes rouges et noires.
Ce poil laineux vient de l'Orient, et prend son nom de la forme en boule qu'on lui donne dans les balles qui servent à ce transport; il est dû à des chèvres d'une espèce particulière de la Turquie asiatique. Il existe une différence notable entre les pelotes rouges et noires. Ces dernières se feutrent plus aisément, mais en revanche le poil des rouges est beaucoup plus fin. Les chèvres du Thibet ont aussi un duvet très fin, outre le jarre. On a constaté que nos chèvres ont aussi, outre leur long poil, une sorte de laine excellente pour la chapellerie.
Pelote.
Morceau de panne rembourrée qu'on passe sur les feutres.
Pièce.
La pièce est un outil en cuivre, dont on se sert pour faire sortir le liquide et les impuretés que peut contenir le feutre.
Plongée.
On appelle plongée ou chaude, en chapellerie, ce que les teinturiers ordinaires appellent feu. La durée de chaque plongée ou feu est d'une heure et demie à deux heures.
Poucier.
C'est ainsi qu'on nomme un doigt de peau qui sert à le garantir du tranchant de l'outil lorsqu'il presse le jarre contre ce même tranchant avec ce doigt.
Robage (le)
On doit d'abord peigner les chapeaux flamands et ceux à plume; quant aux chapeaux à poil ordinaire, on les robe, c'est-à-dire qu'on en brosse doucement la surface avec un morceau de peau de chien de mer, afin de produire un poil court, épais et fin.
Schakos.
Le schako est une coiffure particulière aux troupes et qui prend diverses formes cylindriques, tantôt décroissant légèrement à la partie supérieure, et tantôt au contraire s'élargissant beaucoup. Les schakos se fabriquent comme les chapeaux en feutre de laine; ils peuvent l'être aussi avec la peluche de soie, le coton, le crin, le cuir, et généralement de la même manière que les divers chapeaux que nous avons énumérés. A proprement parler les schakos sont des chapeaux d'une forme particulière, sans rebord, ayant la calotte en cuir et munis souvent d'une visière en cuir verni.
Sécrétage.
Le sécrétage est une opération qu'on fait subir aux poils pour augmenter leur propriété feutrante. Dès le principe on employait en France à cet effet, mais avec un faible succès, une décoction de racine de guimauve et de symphitum ou grande consoude. Ce fut vers 1730 qu'un ouvrier chapelier, nommé Mathieu, porta d'Angleterre le procédé du sécrétage des peaux au moyen du nitrate de mercure.
Tournesol en pain.
On fabrique cette substance colorante en Auvergne, en Dauphiné, etc., avec plusieurs lichens, principalement avec le varidaria orcina d'Achard. Le procédé consiste à pulvériser les feuilles de ces lichens, à en faire une pâte avec de l'urine et la moitié de leur poids de cendres gravelées, en ayant soin d'ajouter de l'urine à mesure qu'elle s'évapore. Au bout de quarante jours de putréfaction, ce mélange acquiert une couleur pourpre; on le met alors dans une autre auge, et on y ajoute encore de l'urine; c'est alors que se développe la couleur bleue. Alors on divise cette pâte et on y ajoute de l'urine et de la chaux. Pour dernière préparation, on fait entrer dans la composition de cette pâte, ainsi obtenue, du carbonate de chaux pour lui donner de la consistance, et on la réduit en petits pains qu'on fait sécher.
Violon.
Par le nom de violon, on entend un assemblage de seize à dix-huit cordes de fouet, d'environ huit pieds de longueur, lesquelles sont retenues par leurs extrémités dans deux tasseaux percés d'un nombre suffisant de trous distans de deux à trois pouces les uns aux autres. Les cordes ainsi disposées fouettent aisément quand l'un des tasseaux étant fixé au plancher, le cardeur frappe à coups redoublés devant lui avec l'autre tasseau qui est muni d'un manche d'un pied et demi de longueur. L'ouvrier doit avoir soin de remuer de temps en temps le tas avec deux baguettes afin que le travail ou le mélange s'opère également; il continue à fouetter jusqu'à ce que les diverses matières soient bien mélangées, ce qu'en termes de l'art on nomme effacées.
FIN.
TABLE DES MATIÈRES.
Agnelins 9Acide acétique 23-- citrique 25-- hydrochlorique 29-- nitrique (eau forte) 30-- sulfurique (huile de vitriol) 31-- tartrique 33Acétate de cuivre (sous-) 43-- de cuivre 44-- de fer 45Arrachage ou tirage du poil de lièvre 76Arçon (de l') 87Assortiment de chapeaux 114Apprêt de chapeaux 129-- (application de l') 130-- (bain d') 130-- (bassin de l') 132Appropriage 133Apprêt de paille 180Bois de campêche ou d'Inde 33-- de fustet 34-- jaune 35Bleu de Prusse 46Bassin et bâtissage (du) 90Blanchiment de la paille 174De la chapellerie en France 21Colle forte et de Flandre 35-- de poisson 36Colcotar 43Cristaux de Vénus 44Citrate de fer 46Couperose verte 48-- bleue 48Chapeaux feutrés 51Coupage des poils de lapin 74-- -- de castor 76Classement des peaux 64Cardage 85Chapeaux oursons ou à poils 107-- (perfectionnés par M. Borradailles) 145-- (perfectionnés par M. Chaming Moore) 145-- avec le duvet des chèvres de Cachemires 147-- de poil de loutre 149-- mêlés de soie 152Chapeaux de soie 157-- perfectionnés par M. John Wilcox 159-- en soie feutre imperméables de Mierque et Drulhon 160-- en peluche, soie ou coton 162-- en tissu de coton et en toutes sortes d'étoffes
filamenteuses 163-- perfectionnés par M. Mayhew et White 165-- de paille 171-- en baleine de A. de Bernardière 218Cartonnage 135
Description des matières employées pour la fabrication des
chapeaux. 1Dégalage 53Dressage des chapeaux 101Ébarbage ou éjarrage 53-- des peaux de lapin 54-- -- de castor 56-- -- de lièvre 57-- (rapport fait au comité des arts chimiques, sur l')
de M. Malartre, par M. Cadet de Gassicourt
Enficelage 114Eau de lustrage 135Exposition des chapeaux 223Foule (de la) 94Feutres grigneux 99-- écaillés 99-- divers 103-- unis 103-- dits poils flamands 103-- dorés 104-- à la plume 106Gomme arabique 36-- de Bassora 37-- du Sénégal 37Garniture des chapeaux 136Hydro-ferro-cyanate de fer 46-- -- de potasse 47Indigo 37Laines (des) 1connaissance et choix pour la chapellerie
Laine des agneaux 9-- des antenois 10-- de vigogne 10-- de mouton cachemire 11Machine propre à ouvrir et nettoyer la laine 57-- à couper le poil des peaux, par M. Collin 77Mélange des matières feutrantes 83-- des poils flamands 84Moyens propres à extraire le jarre du duvet des
peaux, par M. Malartre 63Méthode pour vernir les chapeaux imperméables 146Noix de Galles 41Nitrate de mercure 47Nouveaux procédés de M. Guichardière 137-- -- par M. Perrin 143Observations sur le poil des peaux de lapin 23Oxide d'arsenic 42-- de fer, ou colcotar 43Poil de lapin 11-- de lapin angora 12-- de lapin sauvage ou de garenne 12-- de lièvre 14-- de castor 16-- de loutre 17-- de chameau 19Pelotes rouges et noires 19Pureté et falsification des vinaigres 28Prix pour le perfectionnement de la teinture des chapeaux 110Remarques sur l'emploi des fourrures pour la chapellerie 20Récompenses accordées aux fabricans de chapeaux aux expositions 218Règlement concernant la fabrication des chapeaux en France 22Rouge d'Angleterre 43Robage 114Sulfate de cuivre 48-- de fer 48Sécrétage 65-- (nouveau procédé de), par MM. Malard et Desfossés 68-- (rapport sur ce procédé) 69Schakos 166-- en cuir poli 167-- (procédé pour les reteindre) 170Tartrate de fer 45Tournesol 49Tonte des poils 73Teinture de la paille 175-- en bleu 177-- en jaune 177-- en noir 177-- des chapeaux 109Tressage des pailles 178Teinture pour 300 chapeaux 115-- pour 200 chapeaux, de Morel 118-- (par Guichardière) 121-- (par Buffum) 123-- par Pinard 124-- (procédés de) de Trieste 125-- (_idem_) des Napolitains 127Vert-de-gris 43Vocabulaire. 227
FIN DE LA TABLE.
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RUE DU COLOMBIER, N° 30.