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Manuel de synonymie Latine

Chapter 107: Comitari. Deducere. Prosequi.
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About This Book

A concise handbook that distills a larger multi-volume study into alphabetized entries defining Latin words, distinguishing closely related terms, and noting classical usage and opposites. It classifies synonyms into three pedagogical groups—those to learn early, those to teach at advanced stages, and those whose differences remain subtle—while omitting detailed etymologies and extended citations. Where useful, entries offer corresponding Greek or French equivalents and practical advice for teachers and students about when nuance matters in composition and textual interpretation.

Clangere. Clamare. Vociferari.

Clangere se dit du cri des animaux et du son des instruments, comme ϰλάγγειν ; clamare et vociferari, du cri de l’homme : clamare est l’expression de la volonté ; vociferari, celle de la passion dans la colère, la douleur, l’ivresse. Rhet. ad Her. III, 12. “Acuta exclamatio habet quiddam illiberale et ad muliebrem potius vociferationem, quam ad virilem dignitatem in dicendo accommodatum.” “Des éclats de voix aigus ont quelque chose de bas ; cela est bon pour des femmes qui criaillent, mais indigne d’un orateur.” Virg. Æn. II, 310. “Exoritur clamorque virûm clangorque tubarum.” “Les cris des hommes, le son des trompettes s’élèvent jusqu’à moi.”

Coercere. Compescere.

Coercere se dit d’un acte de compression par force et abus de pouvoir ; compescere, d’un acte de répression par autorité et sagesse.

Cogere. Adigere.

Cogere, obliger à quelque chose par contrainte et par force ; adigere, déterminer à quelque chose par des motifs qui donnent à réfléchir. Tac. Ann. VI, 27. “Se ea necessitate ad preces cogi, per quas consularium aliqui capessere provincias adigerentur.” “Dans cette extrémité il se voyait contraint de recourir aux prières pour engager des consulaires à se charger du gouvernement des provinces.”

Cogitare. Meditari. Commentari.

1. Cogitare se dit de l’activité habituelle de l’esprit qui est toujours occupé d’une chose ou d’une autre ; meditari, de l’activité d’esprit surexcitée, de l’effort qui tend vers un résultat déterminé. Le premier équivaut à penser, le second à penser à quelque chose. Ter. Heaut. III, 3, 46. “Quid nunc facere cogitas ?” C’est-à-dire “qu’as-tu en tête à présent ?” Comparez avec Adelp. V, 6, 8. Meditor esse affabilis”, c’est-à-dire : “je songe aux moyens d’être aimable.” Dans les Tusculanes (III, 6,) cogitatio ne désigne guère que la pensée qui a conscience d’elle-même ; meditatio désigne la réflexion, la spéculation.

2. Meditari s’emploie pour marquer l’intensité, c’est méditer sérieusement, avec effort, avec ardeur ; commentari (dans Cicéron seulement), pour marquer la durée, méditer à loisir, avec calme, à fond.

Cognitio. Notitia. Scientia. Ignarus. Inscius. Nescius.

1. Cognitio, acte par lequel l’esprit acquiert une connaissance ; notitia et scientia, état de l’esprit : notitia et nosse se disent d’un état dans lequel l’âme est passive et ne fait que recevoir des impressions, quand elle a conscience d’un phénomène extérieur et en conserve le souvenir ; scientia et scire impliquent, comme le savoir, une certaine spontanéité et la conviction de la réalité des choses. La notitia peut se borner à des notions de rencontre ; la scientia doit s’être rendu l’objet familier, l’avoir approfondi à force de travail. Cic. Sen. 4, 12. “Quanta notitia antiquitatis ! quanta scientia juris romani !” “Quelle pratique de l’antiquité ! quelle science du droit romain !”

2. L’ignarus ne possède pas cette notitia, l’inscius cette scientia. Tac. Hist. I, 11. “Ægyptum provinciam insciam legum, ignaram magistratuum.” “La province d’Égypte qui n’est ni initiée à nos lois, ni façonnée à nos habitudes de gouvernement.” La législation exige une étude en règle, tandis qu’on peut apprendre l’administration par la pratique.

3. Inscius, celui qui n’a rien appris ou qui n’a pas appris quelque chose, il y a lieu de blâmer ; nescius, celui qui par hasard n’a pas entendu parler de quelque chose, n’en a pas fait l’expérience ; le mot se prend indifféremment en bonne ou en mauvaise part. Cic. Brut. 83. Inscium omnium rerum et rudem.” “Ignare et brut.” Comparez avec Plin. EP. VIII, 23. “Absens et impendentis mali nescius.” “J’étais absent, je ne me doutais pas du malheur suspendu sur ma tête.”

Collis. Clivus. Tumulus. Grumus.

Collis et clivus, grande colline qui est une petite montagne : collis, ϰολωνὸς, hauteur, par opposition à la plaine qui est au-dessous, et, par suite colline assez raide ; clivus, ϰλιτὸς, plan incliné, par opposition à la plaine horizontale, et, par suite, colline en pente douce. Tumulus et grumus, petite colline qui n’est qu’un gros tertre : tumulus, comme ὄχθος, tertre naturel ou artificiel, par exemple un tumulus ; grumus, élévation exclusivement artificielle, faite de main d’homme, χῶμα. Colum. Arbor. vers la fin. Collem autem et clivum modum jugeri continentem repastinabis operis sexaginta.” “Vous emploierez soixante manœuvres à défricher sur une colline une pente de la contenance d’un arpent.” Liv. XXI, 32. “Erigentibus in primos agmen clivos apparuerunt imminentes tumulos insidentes montani.” “Quand les têtes de colonne de l’armée d’Annibal s’élevèrent sur les premières pentes des Alpes, elles découvrirent les montagnards établis sur les mamelons qui dominaient la route.” Hirt. B. Hisp. “Ex grumo excelsum tumulum capiebat.” “Il voulut quitter son tertre pour gagner une éminence qui commandait les environs.”

Comere. Decorare. Ornare.

1. Comere et decorare, parer, pour embellir et pour flatter la vue ; ornare, orner en joignant l’utile à l’agréable.

2. Comere présente la parure comme une recherche minutieuse et efféminée, souvent avec une idée de blâme, comme nitere ; il s’oppose à la nature, à une simplicité noble, à une négligence gracieuse, parer, ϰομμοῦν ; decorare et ornare la présentent toujours sous un jour favorable, comme splendere, comme un signe d’aisance et de richesse : decorare, par opposition à ce qui est commun et n’a point d’apparence, embellir, ϰοσμεῖν ; ornare, par opposition à ce qui est pauvre et incomplet, orner, ἀσϰεῖν.

3. L’idée contenue dans comere ne va pas au delà d’une question d’arrangement : on ajuste, on polit pour donner bonne mine, par exemple en peignant et tressant les cheveux ; decorare et ornare supposent une addition matérielle ; on emprunte des ornements extérieurs, par exemple, un diadème. Quintil. XII, 10, 47. Comere caput in gradus et annulos.” “Parer une tête de boucles disposées par étages.” Et Virg. Ecl. VI, 69. “Apio crines ornatus amaro.” Linus, qui orne ses cheveux de fleurs et d’ache amère. ТIB. II, 2, 6. “Sertis decorare comas.” “Relever de guirlandes la beauté des cheveux.”

Comitari. Deducere. Prosequi.

Comitari, accompagner, dans tous les sens, ἀϰολουθεῖν ; prosequi et deducere, avec l’idée accessoire d’un témoignage d’estime ou d’amitié : le prosequens reconduit les gens comme le προπέμπων, soit jusqu’au bout, soit pendant une partie du chemin ; le deducens les ramène chez eux ou les mène du moins au terme de leur voyage, comme le ϰατάγων, soit qu’il se mette à leur suite dès le départ ou seulement en route.

Commodare. Mutuum dare.

Commodare, prêter sans formalités ni stipulations, à charge de restituer l’objet tel quel, fût-il usé ; mutuum dare, faire un prêt avec ou sans intérêt, à charge de rendre au bout d’un certain temps l’équivalent du prêt. La commodatio est un service rendu par affection, la mutuum datio est une affaire.

Complementum. Supplementum.

Complementum, ce qui sert, comme une clef de voûte, à compléter, à parfaire ; supplementum, ce qui sert à remplacer après coup, à remplir des lacunes.

Concedere. Permittere. Indulgere. Connivere.

Concedere et permittere, accorder quelque chose dont on dispose en vertu d’un droit personnel illimité : concedere, à la suite d’une prière ou d’une insinuation, par opposition à refuser, concéder, συγχωρῆσαι ; permittere, par confiance et générosité, par opposition à défendre, permettre, ἐφεῖναι. Indulgere et connivere, souffrir une chose qui est officiellement défendue : l’indulgens, par longanimité patente, comme condescendre ; le connivens, en feignant de fermer les yeux.

Concessum est. Licet. Fas est.

Concessum est, ἔξεστι, ce qui est permis en général ; ce terme est dans le rapport du genre à l’espèce avec licet, licitum est, ce qui est permis aux yeux des hommes en vertu de maximes consacrées soit par des lois positives, soit par les mœurs et la coutume, comme θέμις ἐστὶ, et avec fas est, ce qui est permis aux yeux des dieux en vertu de maximes révélées soit par la religion, soit par le sentiment moral, comme ὅσιόν ἐστι.

Concilium. Concio. Comitia. Cœtus. Conventus.

1. Concilium, concio et comitia, assemblées convoquées pour affaires : concilium, assemblée de nobles et de notables, de l’aristocratie, du sénat, dont les membres sont invités individuellement au conseil, συνέδριον ; concio et comitia, réunion de la commune convoquée par publication pour prendre une résolution ou pour en entendre communiquer une : concio, contio, se dit de toute assemblée régulière de la commune, soit peuple, soit armée, dans le premier pays ou le premier camp venu, σύλλογος ; comitia est le terme historique réservé pour l’assemblée du peuple romain, comme ἐϰϰλησία pour l’assemblée d’Athènes, et ἁλία pour celle de Sparte.

2. Cœtus et conventus, assemblées volontaires qui se réunissent librement : cœtus, dans un but quelconque, par exemple, pour les plaisirs de la société, pour des conspirations, σύνοδος ; conventus, dans un but sérieux, par exemple, pour célébrer une fête, pour écouter une proposition, ὁμήγυρις, πανήγυρις.

Conclave. Cubiculum.

Conclave, terme général pour toute pièce qui ferme et par préférence pièce de parade ; cubiculum, terme particulier pour la pièce où l’on se tient d’habitude.

Conditio. Status.

Conditio, état réglé par la volonté ; status, état créé par les circonstances. Cic. Fam. XII, 23. “Omnem conditionem imperii tui statumque provinciæ demonstravit mihi Tratorius.” “Tratorius m’a rendu compte des conditions auxquelles tu as pris le commandement et de l’état de ta province.”

Confisus. Fretus.

Confisus, plein de confiance et d’abandon, comme securus et πεποιθώς ; fretus, protégé, comme tutus et ἐῤῥωμένος.

Conjugium. Matrimonium. Contubernium. Nuptiæ.

Conjugium et matrimonium, union durable de l’homme et de la femme en vue d’une communauté d’existence et de la reproduction : conjugium, terme général marquant une simple liaison naturelle qui existe même chez les animaux ; contubernium, union par mariage entre esclaves ; matrimonium, mariage véritable et légal entre personnes libres et citoyens, institution civile et politique ; nuptiæ ne désigne que le point de départ du matrimonii, les noces ou la fête qui accompagne l’union.

Considerare. Contemplari.

Considerare présente la contemplation comme un acte de l’intelligence qui cherche à former un jugement ; contemplari, comme un acte du sentiment qui s’abîme dans son objet, qui s’abandonne entièrement aux impressions agréables ou désagréables que l’objet éveille.

Constat. Apparet. Elucet. Liquet.

Constat veut dire : c’est une vérité démontrée et établie, par opposition à un songe creux, à un bruit incertain ; apparet, elucet et liquet signifient : c’est une chose claire et évidente. Apparet associe à cette idée l’image d’une apparition qui se détache sur un fond ; elucet, celle de la lumière qui jaillit de l’obscurité ; liquet, celle d’une eau qui dégèle et redevient limpide.

Consuetudo. Mos. Ritus. Cærimonia.

1. Les trois premiers marquent l’observation régulière d’une pratique. Consuetudo est l’habitude qui se forme d’elle-même, qui a sa raison d’être dans les penchants de l’individu ou du peuple, dans ce qui leur est commode, έθος ; mos, les mœurs procédant de la raison et de la volonté qui a conscience d’elle-même, ayant leur raison d’être dans les idées morales ou esthétiques du droit, de la vertu et de la décence, ἦθος ; ritus, enfin, usage sacré ou implanté par l’instinct de la nature ou introduit par les dieux à titre de cérémonie, n’ayant en aucun cas une origine purement humaine. Les consuetudines n’existent qu’à l’état de simples faits et n’ont point de valeur morale ; les mores ont reçu une sanction morale par un consentement tacite, de même que les jura legesque par une convention formelle ; les ritus existent naturellement et sont consacrés par leur haute antiquité. C’est ce dernier mot que les bons auteurs en prose emploient par préférence en parlant de l’instinct des animaux à cause de la force avec laquelle il marque que l’habitude est primitive, naturelle, inséparable de l’être même.

2. Ritus, usage sacré établi et enseigné par les dieux ou par la nature ; cærimonia, même usage considéré dans ses applications au culte.

Contaminare. Inquinare. Polluere.

Contaminare désigne la souillure par son côté nuisible comme venant gâter ce qui était sain et utile ; inquinare, par son côté dégoûtant, elle défigure la beauté ; polluere, par son côté moral, elle viole la sainteté et la pureté. Le second de ces trois verbes répond à μορύσσειν ; le troisième à μιαίνειν. Cic. Cæcil. 21, 70. “Judiciis corruptis et contaminatis.” “Les arrêts de la justice brisés et flétris.” Comparez avec Cœl. 6. “Libidinibus inquinari.” “Porter les marques affreuses de la débauche.” Et Rosc. Am. 26, 71. “Noluerunt in mare deferri ne ipsum pollueret, quo cætera quæ violata sunt expiari putantur.” “On ne voulut pas souffrir qu’il fût jeté à la mer, de peur de profaner la mer même, qui passe pour purifier toutes les souillures.”

Continuus. Perpetuus. Sempiternus. Æternus.

1. Continuum, ce qui tient ensemble sans interruption, sans lacune ; perpetuum, ce qui va jusqu’à la fin et ne cesse pas avant la fin. Suet. Cæs. 76. Continuos consulatus, perpetuam dictaturam.” “Des consulats qui se succèdent coup sur coup, une dictature perpétuelle.”

2. Perpetuus, sempiternus et æternus marquent la continuité dans la durée : perpetuus, au sens relatif, par rapport à un terme arbitraire, par exemple à celui de la vie, ce qui dure autant que la vie ; sempiternus et æternus, au sens absolu, par rapport au terme du temps en général. Sempiternum veut dire, comme ἀΐδιον, ce qui dure toujours, ce qui a une existence égale à la durée du temps, ce qui marche de pair avec le temps ; æternum signifie, comme αἰώνιον, ce qui est éternel, ce qui est au-dessus du temps et ne se peut mesurer que par grandes périodes, car “le temps n’est qu’une faible partie de l’éternité”, “tempus est pars quædam æternitatis. Cic. Inv. I, 27. L’idée sublime d’une durée qui ne commence ni ne finit, contenue dans æternus, ne l’est pas dans sempiternus, qui fait plutôt songer à la longueur de la durée comprise entre le commencement et la fin, sans indiquer que l’éternité n’a ni commencement ni fin. Sempiternus renferme l’expression mathématique ; æternus, l’expression métaphysique de l’éternité. Cic. Orat. II, 40, 69. “Barbarorum est in diem vivere, nostra consilia sempiternum tempus spectare debent.” “C’est affaire aux barbares de vivre au jour le jour ; nos plans doivent embrasser un temps indéfini.” Finn. I, 6, 17. “Motum atomorum nullo a principio sed ex æterno tempore intelligi convenire.” “Il va sans dire qu’il faut concevoir le mouvement des atomes comme n’ayant jamais eu de commencement, comme existant depuis un temps infini.”

Contumelia. Injuria. Offensio.

1. Contumelia, atteinte portée à l’honneur d’autrui, comme l’affront ; injuria, atteinte au droit d’autrui, comme l’injustice. Un coup est une injuria en tant que je porte la main sur quelqu’un, et une contumelia en tant que je lui attire par une pareille action la réputation fâcheuse d’être un lâche ou un valet. Sen. Clem. I, 10. Contumelias quæ acerbiores principibus solent esse quam injuriæ.” “Les affronts qui paraissent d’habitude plus amers aux princes que les injustices.” Pacuv. dans NON. “Patior facile injuriam si vacua est contumelia.” “Je supporte aisément une injustice pourvu qu’il n’y ait pas d’affront.”

2. Contumelia et injuria sont des actions ; offensio et offensa marquent un état, à savoir : le chagrin de l’offensé, le ressentiment par opposition à gratia ou à delectatio. Cic. Att. III, 23. “Mihi majori offensioni sunt quam delectationi possessiunculæ meæ.” “Mes pauvres petites propriétés me donnent plus de peine que de plaisir.” Plin. Ep. II, 18. “Oportet me non solum offensas, verum etiam simultates æquo animo subire.” “C’est un devoir pour moi de m’exposer sans me laisser émouvoir et aux mécontentements et aux rancunes jalouses.”

Corrigere. Emendare.

Corrigere, corriger à la façon du pédagogue ou du censeur qui veut redresser ou rajuster ; emendare, à la façon du maître expérimenté et de l’ami bienveillant qui veut amender. Plin. Pan. 6, 2. “Corrupta est disciplina castrorum, ut tu corrector emendatorque contingeres” (le premier par sévérité, le second par sagesse). “La discipline avait péri dans les camps, mais tu devais paraître pour la restaurer et la rétablir.” Cic. Mur. 29. “Verissime dixerim nulla in re te (Catonem) esse hujusmodi, ut corrigendus potius quam leviter inflectendus viderere.” “Je puis dire en toute vérité que tu n’as montré nulle part un caractère qui voulût être tout à fait redressé plutôt que légèrement dirigé.” Comparez avec PLIN. Ep. I, 10. “Non castigat errantes, sed emendat.” “Il ne réprimande pas ceux qui s’égarent, il les rend meilleurs.”

Coxa. Latus. Femur.

Coxa et coxendix, la hanche ; latus, la partie comprise entre la hanche et l’aisselle ou le flanc ; femur et femen, la partie située immédiatement au-dessus de la hanche ou partie supérieure de la cuisse.

Creare. Gignere. Parere. Generare.

1. Creare, faire passer une chose du néant à l’existence par sa volonté et sa puissance créatrice ; gignere, donner le jour, c’est le terme générique par rapport à generare qui ne se dit que du père, et à parere qui ne se dit que de la mère.

2. Gignere appartient au langage usuel ; generare, au style élevé. Aussi dit-on pour l’ordinaire : homines et belluæ gignunt ; natura et dii generant, et corpora gignuntur ; poemata generantur. Dans Cic. N. D. III, 16, “Herculem Jupiter genuit est un simple renseignement mythologique ; mais Legg. I, 9, “Deus hominem generavit, c’est une haute vérité métaphysique.

Crinis. Capillus. Coma. Cæsaries. Pilus. Cirrus. Cincinnus.

1. Crinis et capillus, les poils naturels, au sens physique, θρίξ : crinis, toute espèce de poil par opposition aux places nues ; capillus, le poil de la tête par opposition à la barbe, etc. Coma et cæsaries ajoutent à cette idée celle d’une certaine beauté. Ce sont de beaux cheveux, c’est la chevelure prise comme un ornement naturel du corps ou comme susceptible d’être parée. Coma se dit par préférence des cheveux de femme, ϰόμη ; cæsaries, des cheveux d’homme, ἔθειρα. Crinitus marque simplement qu’on a des poils ou des cheveux ; capillatus est l’opposé d’une tête chauve, et on appelle les Gaulois Galli comati, parce qu’ils portaient de longs cheveux, ϰαρηϰομόωντες.

2. Crinis, capillus, coma, cæsaries, le poil au sens collectif, tout celui qui pousse ; pilus, le poil isolé, et par préférence le poil court et hérissé des animaux. Pilosus s’oppose à une belle peau bien lisse ; crinitus et capillatus à la nudité laide et à la calvitie.

3. Cirrus, cincinnus, cheveux bouclés ; mais cirrus se dit d’une boucle naturelle ; cincinnus, d’une boucle artificielle.

Cruciatus. Tormentum.

Cruciatus, cruciamenta, terme général pour toute espèce de tourments naturels et artificiels ; tormenta, terme spécial pour les tourments de la question, tortures. Cic. Phil. XI, 4. “Nec vero graviora sunt carnificum tormenta quam interdum cruciamenta malorum.” “Les tortures de la question ne sont pas toujours plus pénibles que les souffrances qui viennent de nos maux.”

Cubare. Jacere. Situm esse.

Cubare se dit d’êtres vivants ; situm esse, d’objets inanimés qui sont couchés ou étendus ; jacere, des deux. Cubare et jacere sont neutres ; situm esse se prend toujours au sens passif. De plus cubare rappelle toujours l’image d’une personne fatiguée qui cherche à reprendre des forces, par opposition à l’effort qu’il en coûte pour se tenir debout ; jacere, l’image de la faiblesse sans idée accessoire par opposition à la manifestation de force qui consiste à se tenir debout.

Cubile. Lectus.

Cubile, couche naturelle pour les hommes et les animaux, gîte, ϰοίτη, εὐνή ; lectus, couche artificielle, exclusivement à l’usage de l’homme, le lit, λέϰτρον.

Culcita. Pulvinus. Pulvinar.

Culcita, coussin dur ; pulvinus et pulvinar, coussins moelleux et élastiques : pulvinus, pour l’usage ordinaire ; pulvinar, pour un usage solennel et religieux.

Culmen. Fastigium.

Culmen, la ligne faîtière du toit ; fastigium, l’extrémité de cette ligne, le point où les solives du toit forment un angle par leur inclinaison et leur rencontre. Fastigium est une partie du culmen dans Virg. Æn. II, 458. “Evado ad summi fastigia culminis.” “Je m’élance aux angles de la dernière terrasse.” Au figuré culmen désigne simplement le sommet comme le point supérieur, le plus élevé, à peu près comme ϰολοφὸν, ce n’est qu’un rapport de lieu ; fastigium contient une idée de prééminence, c’est le plus haut degré, le degré suprême, à peu près comme ϰορυφή. Culmen tecti, la dernière partie de la construction ; fastigium, la couronne de l’édifice. Fastigium désignera le trône, tandis que culmina montium est bien plus usité que fastigia.