Culmus. Calamus. Stipula. Spica. Arista. Arundo. Canna.
1. Culmus, tige mince et élancée, en particulier celle du blé ; calamus, même tige considérée comme un tuyau, en particulier celle du roseau.
2. Culmus, la tige du blé qui supporte l’épi de même que le corps supporte la tête, partie intégrante du tout ; stipula, la tige considérée comme la partie inutile, sans valeur en comparaison de l’épi, le chaume.
3. Spica, l’épi plein, le fruit du blé, sans égard à la forme ; arista, l’épi barbu, la pointe ou partie supérieure de la tige, sans égard au contenu, parfois les barbes seules. Quintil. I, 3, 5. “Imitatæ spicas herbulæ inanibus aristis ante messem flavescunt.” “Mauvaises herbes qui imitent l’épi plein, mais dont la tête barbue est vide et qui jaunissent avant la moisson.”
4. Calamus, dans le sens de roseau, est le terme général ; arundo, roseau long et fort ; canna, roseau petit et mince. Colum. IV, 32. “Ea est arundineti senectus, cum ita densatum est, ut gracilis et cannæ similis arundo prodeat.” “Une plantation de roseaux est vieille lorsqu’elle s’est épaissie au point de ne plus fournir que des roseaux grêles, semblables à ceux de la petite espèce.”
Culpa. Noxia. Noxius. Nocens. Sons.
1. Culpa, cas de celui qui doit répondre d’un dommage (peccatum, delictum, maleficium, flagitium ou nefas) ; ce mot suppose une responsabilité, et par suite un être raisonnable, il est opposé à casus ou à necessitas ; noxia, cas de celui qui a causé un dommage, il peut être imputé à tout être capable d’agir, par opposition à innocentia. Liv. III, 42, 2. “Illa modo in ducibus culpa, quod ut odio essent civibus fecerant ; alia omnis penes milites noxia erat.” “Les chefs n’avaient qu’un tort, qui était de s’être rendus odieux à leurs concitoyens ; tout le mal venait d’ailleurs des soldats.” Cic. Marc. 13. “Etsi aliqua culpa tenemur erroris humani, a scelere certe liberati sumus.” “Et s’il nous reste un tort, c’est d’être tombés dans une erreur familière à l’homme ; quant au crime, nous en sommes certainement débarrassés.” Et Ovid. Trist. IV, 1, 23. “Et culpam in facto, non scelus esse meo.” “Et s’il y a faute dans mon fait, il n’y a point de crime.” Dans ces exemples le terme le plus général pour toute espèce de faute, culpa, se prend particulièrement pour la plus petite de toutes, pour le delictum.
2. Culpa et noxia supposent une action dommageable ; vitium, une action ou une qualité blâmable, et même un défaut naturel dont personne ne peut nous faire un crime.
3. Nocens, innocens désignent la culpabilité ou l’innocence dans un cas déterminé, à propos d’une action isolée ; mais noxius et innoxius ainsi que les adjectifs poétiques nocuus et innocuus se rapportent à l’être et au caractère en général. Plaut. Capt. III, 5, 7. “Decet innocentem servum atque innoxium confidentem esse” ; c’est-à-dire “un esclave qui se sait innocent” dans le cas particulier dont il s’agit, et qui en général ne fait rien de mal.
4. Noxius, le coupable au sens matériel, comme auteur et cause d’un dommage, ϐλαϐερός ; sons, au sens moral et judiciaire, comme condamné ou méritant d’être condamné, θῶος.
Cunæ. Cunabula.
Cunæ, le berceau même ; incunabula, la literie et les autres accessoires du berceau. Plaut. Truc. V, 13[1]. “Fasciis opus est, pulvinis, cunis, incunabulis.” “Il faut des bandes, des coussins, un berceau, de la literie et du linge.”
- 1 Ce qui reste du cinquième acte n’est pas divisé en scènes.
Cunctari. Hæsitare. Cessare.
Cunctari, hésiter par réflexion, μέλλειν ; hæsitare, par défaut de résolution ; cessare, par manque de force et d’énergie, ὀϰνεῖν. Le cunctans remet à commencer ; le cessans, à poursuivre.
Cupido. Cupiditas. Libido. Voluptas.
1. Cupido, le désir qui nous porte vers quelque chose conçu comme un principe d’activité par opposition à la répugnance ; cupiditas, la passion conçue comme un état par opposition au calme de l’âme. Il faut que cupido soit joint, et cupiditas peut être joint à un génitif exprimé ou sous-entendu ; cupido se rapporte alors par préférence aux biens ordinaires et à l’argent ; cupiditas, à des biens de toute sorte. Vell. P. II, 33. “Pecuniæ cupidine”, “par un vif amour de l’argent”. Et tout à la suite : “interminatam imperii cupiditatem”. “Une passion démesurée d’autorité.”
2. Cupido et cupiditas sont opposés au désir modéré ; mais libido, c’est la fantaisie et le caprice par opposition à la volonté raisonnable, ratio ou voluntas. Libidines, les caprices par rapport au défaut d’empire sur soi-même ; voluptates, les plaisirs par opposition aux goûts sérieux ou au chagrin. Tac. H. II, 31. “Minus Vitellii ignaræ voluptates quam Othonis flagrantissimæ libidines timebantur.” “Les plaisirs paresseux de Vitellius paraissaient moins redoutables que les caprices ardents d’Othon.”
Cur. Quare.
Cur sert aussi bien pour de véritables questions que pour des exclamations sous forme de questions ; quare ne s’emploie que pour des questions qui exigent une réponse.
Cura. Sollicitudo. Angor. Dolor. Ægritudo.
Cura, sollicitudo et angor, impression pénible causée par l’idée d’un mal, d’un danger à venir : cura, sous forme de pensée, le souci, la sollicitude, φροντὶς, par opposition à incuria ; sollicitudo, sous forme de sentiment, l’inquiétude, l’agitation, μέριμνα, par opposition à securitas ; angor, sous forme de passion, l’angoisse, l’anxiété, par opposition à solutus animus. Dolor et ægritudo se rapportent à un mal présent : dolor exprime un désagrément, la douleur, par opposition à gaudium, ἄλγος ; ægritudo, une maladie, la tristesse noire, ἀνία, par opposition à alacritas. Cic. Finn. I, 22. “Nec præterea res ulla est, quæ sua natura aut sollicitare possit aut angere.” “Et il n’y a rien hors de là qui soit de nature à causer de l’inquiétude ou de l’anxiété.” Accius dans Nonius. “Ubi cura, ibi anxitudo.” “Les soucis ne vont point sans humeur.” Plin. Ep. II, 11. “Cæsar mihi tantum studium, tantam etiam curam (nimium est dicere sollicitudinem) præstitit ut...” “César s’est montré si zélé pour moi, si soucieux même (car, de dire inquiet, ce serait trop) que...” Quintil. VIII, pr. 20. “Curam ego verborum, rerum volo esse sollicitudinem.” “J’entends que les mots donnent du souci, les choses de l’inquiétude.”
Curvus. Uncus. Pandus. Incurvus. Recurvus. Reduncus. Repandus. Aduncus.
1. Curvus ou en prose curvatus, terme général pour tout ce qui est courbé, depuis la courbe la plus faible jusqu’à la circonférence parfaite ; uncus suppose une forte courbure qui se rapproche du demi-cercle, comme un crochet ; pandus, une courbure faible qui s’éloigne peu de la ligne droite, comme une échancrure.
2. Les curva forment une courbe continue ; les incurva supposent une ligne droite dont l’extrémité seule dégénère et se termine en courbe, comme ἐπιϰαμπὴς, par exemple, le bâton augural ou le corps d’un homme qui se baisse, etc.
3. Recurvus, reduncus et repandus désignent des courbes tournées en dehors ; aduncus, une courbe tournée en dedans. Plin. H. N. XI, 37. “Cornua aliis adunca, aliis redunca.” “Chez les uns les cornes sont tournées en dedans, chez les autres en dehors.”
- Cuspis, v. Acies.
Custodia. Carcer. Ergastulum.
Custodia, lieu quel qu’il soit où sont retenus des prisonniers, fourrière ; carcer, prison bâtie exprès surtout pour les citoyens ; ergastulum, maison de correction pour des esclaves.
D
Damnum. Detrimentum. Jactura.
Damnum, perte qu’on fait par sa faute par opposition à lucrum ; detrimentum, perte qu’on éprouve par opposition à emolumentum ; enfin jactura, perte volontaire par laquelle on prétend échapper à une perte ou à un mal plus considérable. Damnum se dit seul d’une amende, tandis que dans la formule : “Videant consules ne quid respublica detrimenti capiat”, on ne rencontre jamais damnum.
- Dapes, v. Epulæ.
- Deamare, v. Diligere.
- Deambulare, v. Ambulare.
- Debere, v. Necesse est.
- Decernere, v. Destinare.
- Declarare, v. Ostendere.
- Desidia, v. Ignavia.
- Decipere, v. Fallere.
- Decorare, v. Comere.
- Dedecus, v. Ignominia.
- Dedicare, v. Sacrare.
- Deesse, v. Abesse.
- Deducere, v. Comitari.
- Deformis, v. Teter.
- Deficere, v. Abesse et Turbæ.
- Deflere, v. Lacrimare.
- Degere, v. Agere.
- Delectatio, v. Oblectatio.
- Defendere, v. Tueri.
- De integro, v. Iterum.
- Delere, v. Abolere.
Delibutus. Unctus. Oblitus.
Delibutus, mouillé avec un corps gras ; c’est le terme générique par rapport à unctus, oint d’une matière agréable, et à oblitus, enduit d’une matière malpropre.
Delictum. Peccatum. Malefactum. Maleficium. Facinus. Flagitium. Scelus. Nefas. Impietas.
1. Delictum et peccatum, transgression légère : delictum, des lois positives, par légèreté ; peccatum, des lois de la nature et de la raison, par sottise.
2. Malefactum est un synonyme et une sorte de périphrase des deux mots précédents. Maleficium et facinus engagent directement la morale dans la question. Maleficium, tout méfait qui mérite un châtiment, parce qu’il procède d’une mauvaise intention. Facinus, quand on le prend en mauvaise part, c’est, comme δεινόν τι, un forfait qui excite de l’étonnement ou de l’épouvante, à cause du degré extraordinaire d’audace qu’il exigeait.
3. Il y a autant de sortes de mauvaises actions que de sortes de devoirs, envers soi-même, envers les autres, envers les dieux. Flagitium est un manquement contre soi-même, contre son propre honneur, par débauche, inconduite, lâcheté, bref, par des actions qui proviennent de faiblesse morale plutôt que d’une force déréglée, par des manifestations de l’ignavia ; c’est une turpitude. Scelus est un manquement contre les autres, contre les droits des particuliers ou la paix de la société, par brigandage, meurtre et surtout par sédition, bref, par des manifestations de la malitia, un crime. Nefas est un manquement contre les dieux ou la nature, par blasphème, pillage d’un temple, meurtre de parents, trahison envers la patrie, bref, par des manifestations de l’impietas, un sacrilége.
Deligere. Eligere.
Deligere, faire son choix, ne pas laisser plus longtemps le choix en suspens ; eligere, choisir et ne pas prendre le premier venu.
Demere. Adimere. Eximere. Auferre. Eripere. Surripere. Furari.
1. Demere, adimere et eximere, enlever sans violence et sans ruse. Demere, séparer une partie d’un tout qui se trouve diminué par là ; il a pour opposé addere et adjicere ; adimere, prendre un bien à un propriétaire qui en devient plus pauvre ; il a pour opposés dare et reddere ; enfin, eximere, ôter un mal à une personne qui se sent alors comme allégée d’un fardeau.
2. Auferre, eripere, surripere et furari impliquent une idée d’arbitraire et d’injustice. Auferre est le terme général ; c’est à peu près prendre. Eripere, prendre par violence, comme arracher ; surripere et furari, secrètement et par ruse ; mais surripere, par un détournement qui peut avoir pour motif une nécessité de légitime défense et de prudence ; furari, en pratiquant le méprisable métier de voleur. Sen. Prov. 5. “Quid opus fuit auferre ? accipere potuistis ; sed ne nunc quidem auferetis, quia nihil eripitur nisi retinenti.” “Où était la nécessité de prendre ? vous n’aviez qu’à ouvrir la main pour recevoir. Et il ne vous sera pas donné de prendre, même à présent, car on n’arrache rien qu’à celui qui veut garder.” Cic. Verr. I, 4, 60. “Si quis clam surripiat aut eripiat palam atque auferat.” “Qu’on dérobe secrètement ou qu’on arrache ouvertement et qu’on prenne.” Et II, 1, 13. “Non furem sed ereptorem.” “Ce n’est pas un voleur, mais un ravisseur.”
- Demoliri, v. Destruere.
- Denegare, v. Negare.
- Denuo, v. Iterum.
- Demori, v. Mors.
- Densus, v. Angustus.
- Deplorare, v. Lacrimare.
Depravare. Corrumpere.
Depravare, terme relatif, gâter, mais de manière qu’on puisse encore réparer le mal ; il se dira de ce qui a pris un mauvais pli ; corrumpere, terme absolu, abîmer, mettre hors d’usage, en sorte qu’il n’y ait plus de remède ; il se dira de ce qui est brisé.
- Deridere, v. Ridere.
- Desciscere, v. Turbæ.
- Desertum, v. Solitudo.
- Deserere, v. Relinquere.
- Desiderare, v. Requirere.
Desinere. Desistere.
Desinere marque un fait et se dit des personnes, des choses et des actions, comme cesser ; desistere marque un acte de volonté dont les personnes seules sont capables, comme renoncer.
- Desolatus, v. Relinquere.
- Despicere, v. Spernere.
- Desperare, v. Exspes.
Destinare. Obstinare. Decernere. Statuere. Constituere.
1. Destinare et obstinare présentent une résolution à laquelle on s’arrête, comme un acte psychologique ; decernere et statuere, comme un acte politique.
2. Destinare, prendre un parti décisif dont les conséquences sont prévues ; obstinare, prendre une résolution irrévocable dans laquelle on persiste avec opiniâtreté ou entêtement.
3. Decernere désigne comme conclure le résultat définitif d’une délibération en forme ou pour le moins d’un examen conduit avec la gravité qui préside à une discussion entre collègues ; statuere marque comme résoudre le terme d’une situation incertaine, et on emploie dans le même cas constituere, quand le sujet ou le régime de l’action est au pluriel. Cic. Fr. Tull.[1] “Hoc judicium sic exspectatur, ut non unæ rei statui, sed omnibus constitui putetur.” “Ce qu’on attend de ce jugement, ce n’est pas tant une décision sur un intérêt particulier qu’un règlement sur un intérêt général.”
- 1 Tome XXXVI, p. 269, §9 dans le Cicéron de la collection Panckoucke.
- Destinatio, v. Pervicacia.
- Destituere, v. Relinquere.
Destruere. Demoliri.
Destruere, abattre une œuvre d’art ; demoliri, une construction solide.
Deterior. Pejor.
Deterior se dit, comme χείρων, de celui qui est inférieur aux autres, qui est moins estimable ; pejor, comme ϰαϰίων et pire, de celui qui est plus corrompu, plus dangereux. On trouve dans Sall. Or. Phil. 3. “Æmilius omnium flagitiorum postremus, qui pejor an ignavior sit deliberari non potest.” “Æmilius, le dernier de tous les misérables. Est-il plus méchant que lâche ou plus lâche que méchant ? c’est ce qu’il est impossible de décider.” Et dans ce passage deterior ne formerait pas un contraste avec ignavior. Catulle emploie, en badinant, le superlatif pessimi, qui contient l’idée d’une certaine énergie ; deterrimus, pitoyable ou chétif, ne se dit jamais par plaisanterie.
- Detestari, v. Abominari.
- Detrectatio, v. Invidia.
- Deus, v. Numen.
- Detinere, v. Manere.
- Detrimentum, v. Damnum.
Deversorium. Hospitium. Caupona. Taberna. Popina. Ganeum.
Deversorium, tout quartier où l’on descend tant que dure un voyage, dans une propriété à soi, chez des amis, chez des hôteliers ; hospitium, l’asile qu’on trouve chez un ami avec lequel on est en relation d’hospitalité ; caupona, l’auberge ; tous ces lieux fournissent le logement comme des hôtelleries. Les tabernæ, popinæ, ganea ne fournissent que la pension, comme les restaurants : les tabernæ, pour les gens du commun, comme les cabarets ; les popinæ, pour les gens du grand monde et les gastronomes, comme certaines maisons de traiteurs ; les ganea, pour ces deux sortes de gens et en outre pour les voluptueux.
Dicere. Aio. Inquam. Asseverare. Affirmare. Contendere. Fari. Fabulari.
1. Dicere, parler pour instruire ; il se rapporte à celui qui écoute, par opposition à tacere, comme le neutre loqui et λέγειν ; aio, parler pour affirmer ; il se rapporte à celui qui parle, par opposition à nego, comme φημί.
2. Ait se joint au discours indirect et régit un infinitif ; inquit, au discours direct ; il amène un indicatif, un impératif ou un subjonctif.
3. Aio marque la simple affirmation d’une proposition qu’on se borne à énoncer ; asseverare, affirmare, contendere, marquent une affirmation énergique ; asseverare, c’est affirmer sérieusement, par opposition à une affirmation plaisante ou légère, à jocari ; affirmare, affirmer en garantissant la certitude, par opposition au doute et aux rumeurs, à dubitare ; contendere, affirmer en dépit des contradicteurs et soutenir son opinion envers et contre tous, par opposition à céder et à renoncer.
4. Dicere, dire, sans idée accessoire ; loqui, pris comme verbe actif, contient une idée accessoire de mépris : ce qu’on dit n’est que vains propos. Cic. Att. XIV, 4. “Horribile est quæ loquantur, quæ minitentur.” “Leurs propos, leurs menaces font horreur.”
5. Loqui, pris comme verbe intransitif, parler en général ; fabulari, parler sans façon ou du moins sans gêne, pour passer le temps, sans donner une grande attention au fond ou à la gravité du discours, causer, λαλεῖν ; enfin, dicere, pris comme verbe neutre, parler avec art, en s’étudiant, particulièrement à la tribune, λέγειν. Liv. XLV, 39. “Tu, centurio, miles, quid de imperatore Paulo senatus decreverit potius quam quid Sergio Galba fabuletur, audi, et hoc dicere me potius quam illum audi ; ille nihil præterquam loqui, et id ipsum maledice et maligne didicit.” “Centurions et soldats, prêtez l’oreille au décret du sénat sur la victoire de votre général plutôt qu’aux déclamations mensongères de Galba. Prêtez l’oreille à mon langage plutôt qu’au sien. C’est un homme qui n’a rien étudié, hors l’art de parler, et encore pour insulter et pour nuire.” Cic. Brut. 58. “Scipio sane mihi bene et loqui videtur et dicere.” “Il me semble que Scipion brille également dans le langage ordinaire et dans le langage étudié.” Orat. III, 10. “Neque enim conamur docere eum dicere qui loqui nesciat.” “Nous n’entreprenons point d’enseigner l’art de la parole à celui qui ne sait pas ce que c’est que parler.” Suet. Claud. 4. “Qui tam ἀσαῶς loquatur, quî possit quum declamat σαφῶς dicere quæ dicenda sunt, non video.” C“omment, avec une parole aussi confuse, on pourrait, parlant en public, dire clairement ce qu’il faut dire, c’est ce que je ne vois pas.”
6. Fari présente la parole comme le simple usage mécanique des organes de la voix pour former des sons et des mots articulés, par opposition à infantem esse ; loqui, comme le moyen d’exprimer ses pensées, par opposition à tacere. Et comme fari peut se réduire à prononcer des paroles isolées, on y rattache aisément l’idée d’un laconisme extraordinaire, imposant, digne d’un oracle, comme dans les arrêts du destin, fati, tandis que loqui fait songer aux discours ordinaires des hommes qui dégénèrent souvent en loquacité, loquacitas.
Dies. Tempus. Tempestas. Die. Interdiu.
1. Dies, le temps envisagé dans sa nature purement abstraite, comme simple extension et simple progression ; tempus et tempestas, le temps de la météorologie et de l’astronomie, la température, les rapports de la durée. Tempus marque plutôt un simple point, un moment, une époque ; tempestas, tout un espace, une période. Dies docebit a trait à un long espace de temps qui doit s’écouler avant que nous soyons instruits, comme χρόνος ; tempus docebit, au moment favorable qui nous instruira, comme ϰαιρός.
2. Die, par jour, chaque jour, par opposition à l’heure et à l’année ; interdiu et diu, de jour, par opposition à noctu ; mais interdiu se prend dans toute sorte de circonstances ; diu est toujours joint à noctuque. Cic. Att. XIII, 28. “Credibile non est quantum scribam die.” “Vous auriez peine à croire combien j’écris chaque jour.” Cels. Med. I, 3. “Qui semel et qui bis die cibum... assumit.” “Celui qui mange une fois et celui qui mange deux fois par jour.” Tac. H. II., 5. “Noctu diuque.” “Nuit et jour.”
- Dies festi, v. Solemnia.
Differre. Proferre. Procrastinare. Prorogare.
1. Differre marque le renvoi à un autre temps considéré par son côté négatif : loin de faire la chose présentement, on la laisse là ; proferre et procrastinare marquent le délai pris par le côté positif : la chose aura lieu dans un temps à venir ; une autre fois, sans dire quand, si l’on se sert de proferre ; dans un avenir très-rapproché, si l’on se sert de procrastinare.
2. Differre, etc., se disent d’une action qu’on tarde å commencer ; prorogare, d’un état auquel on tarde à mettre fin, comme prolonger.
- Difficilis, v. Arduus et Austerus.
- Digladiari, v. Pugnare.
- Diligentia, v. Opera.
- Dignum esse, v. Merere.
Diligere. Amare. Deamare. Adamare. Caritas. Amor. pietas.
1. Diligere, c’est l’amour qui naît de l’estime, le résultat de nos réflexions sur le mérite de l’objet aimé, comme φιλεῖν ; amare, c’est l’amour par inclination, celui qui a son origine dans le sentiment, qui est involontaire ou même irrésistible, comme ἐρᾷν, ἔρασθαι. Diligere désigne l’amour pur, dégagé du joug des sens et de l’égoïsme, calme et paisible : amare, l’amour ardent qui confine à la passion, qu’il soit d’ailleurs sensuel ou platonique. Cic. Att. XIV, 17. “Tantum accessit ut mihi nunc denique amare videar, ante dilexisse.” “Il me semble, tant mon amour a grandi, qu’il ne mérite ce nom que d’aujourd’hui et que je n’avais auparavant que de l’affection.”
2. Amare, aimer en général ; deamare, verbe augmentatif, aimer à en mourir, comme amore deperire ; et adamare, verbe inchoatif, commencer à aimer.
3. Caritas, entendu de l’effet qu’on produit, c’est l’affection que les autres ont pour nous. C’est une sorte de substantif à sens neutre par rapport au substantif à sens actif, amor, le penchant que nous éprouvons pour un autre ; d’où viennent ces constructions : caritas apud aliquem ; mais amor erga aliquem.
4. Caritas, entendu de l’effet qu’on ressent, tout amour qui tourne à la tendresse, particulièrement celui des parents pour les enfants, sans aucun mélange de sensualité, il ne se dit que des personnes, comme ἀγάπη ou στοργή ; amor, l’amour ardent et passionné pour des personnes ou des choses, comme ἔρως ; enfin, pietas, c’est l’amour instinctif pour des personnes et des choses que les liens sacrés de la nature nous obligent à aimer, dieux, parents, patrie, bienfaiteurs. La caritas se complaît dans l’objet aimé, se réjouit de le posséder et se manifeste par des prévenances et des sacrifices ; l’amor vise à réduire toujours davantage le même objet en son pouvoir ; il est difficile à satisfaire ; la pietas se laisse aller à un penchant naturel et à un sentiment religieux.
- Diluculum, v. Mane.
- Dimicare, v. Pugnare.
- Dirimere, v. Dividere.
- Dimetari, dimetiri, v. Metiri.
- Dimittere, v. Mittere.
- Diripere, v. Vastare.
- Dirus, v. Atrox.
Disceptatio. Litigatio. Controversia. Contentio. Altercatio. Jurgium. Rixa.
1. Disceptatio, litigatio et controversia, différends susceptibles d’être terminés à l’amiable et par des voies régulières ; contentio, altercatio et jurgium, différends entachés de passion et de violence, mais qui se passent néanmoins en paroles ; rixæ, différends qui se traduisent ou menacent de se traduire en voies de fait, comme les querelles et les batteries, et qui tiennent le milieu entre jurgium et pugna. Liv. XXXV, 17. “Ex disceptatione altercationem fecerunt.” “La dispute dégénéra en altercation.” Tac. H. I, 64. “Jurgia primum, mox rixæ inter Batavos et legionarios.” “Il y eut d’abord de gros mots, puis des rixes entre les Bataves et les légionnaires.” Dial. 26. “Cassius Severus non pugnat, sed rixatur.” “Cassius Sévérus cherche des rixes, sinon des batailles.”
2. Il y a lutte, controversia, entre deux partis dès qu’ils sont opposés l’un à l’autre ; débat, disceptatio, dès qu’ils s’engagent dans une dispute sous prétexte de rechercher la vérité ou de démêler le droit sans avoir dans le principe des intentions hostiles ; contestation, litigatio, dès qu’ils s’inspirent d’un esprit d’hostilité et d’intérêt personnel.
3. La contentio veut absolument avoir raison et atteindre son but en mettant toutes ses forces en jeu dans quelque intention que ce soit ; l’altercatio ou échange de paroles ne veut pas demeurer en reste de propos avec son adversaire, elle veut avoir le dernier mot ; le jurgium n’écoute rien et décharge sa mauvaise humeur par des paroles dures. La contentio offre une image sérieuse, celle d’un effort vigoureux ; l’altercatio, l’image comique de personnes qui s’échauffent à la manière des femmes ; le jurgium, l’image repoussante de la colère brutale.
Discernere. Distinguere.
Discernere, discerner, diviser conformément à des notions acquises ; distinguere, distinguer par des signes et des marques.