Disertus. Facundus. Eloquens.
Disertus et facundus désignent un talent oratoire donné par la nature ; eloquens un art de la parole acquis et perfectionné. Celui qui parle avec clarté et précision s’appelle disertus, celui qui parle avec élégance et agrément, facundus, celui qui réunit les deux, savoir la netteté et la beauté du discours, eloquens. Le disertus fera un bon maître, mais il se peut qu’il n’ait pas également cultivé toutes les facultés de son esprit ; le facundus brille en société, mais tout son savoir-faire peut n’être qu’une facilité superficielle dans le maniement de la parole, sans profondeur et sans solidité ; l’eloquens, avant de prendre la parole comme homme d’état ou comme écrivain, doit s’être rendu parfaitement maître de la langue et de l’art à force de talent et d’études variées. Cic. Orat. 5, 19. “Antonius... disertos ait se vidisse multos, eloquentem omnino neminem.” “J’ai souvent rencontré une parole nette, dit Antoine ; je n’ai jamais entendu une voix parfaitement éloquente.” Quintil, VIII, pr. 13. “Diserto satis dicere quæ oporteat ; ornate autem dicere proprium est eloquentissimi.” “On est disert quand on sait dire ce qu’il faut ; mais de parer la parole, c’est le fait de la plus haute éloquence.” Suet. Cal. 53. “Eloquentiæ quam plurimum adtendit, quamvis facundus et promptus.” “Il s’applique fort à l’éloquence, quoiqu’il ait naturellement la parole agréable et facile.”
Disserere. Disputare.
Disserere, soutenir son opinion en style didactique, en développant ses raisons ; disputare en style polémique en tenant compte des raisons contraires, en opposant à un adversaire imaginaire ou réel raison pour raison, afin de constater par une sorte de bilan de quel côté est la plus grosse somme de vérité. Le disserens vise simplement à exprimer ses vues personnelles ; le disputans veut faire prévaloir les siennes en qualité de vérités indépendantes de toute personnalité. En outre disserere marque une manière plus libre ; disputare, une manière plus méthodique de traiter le sujet.
- Distinguere, v. Discernere.
- Diu, diuturnus, diutinus, v. Pridem.
- Distribuere, v. Dividere.
- Divellere, v. Frangere.
- Diversus, v. Varius.
Dividere. Partiri. Dirimere. Dispertire. Distribuere.
1. Dividere et dirimere, diviser sans autre but que de détruire l’unité de l’ensemble et de réduire en parties ; partiri, dans le but d’obtenir par voie de séparation des parties dont il soit possible de disposer. De là divide et impera et dividere sententias, mais partiri prædam.
2. Divisio marque dans les traités de rhétorique la décomposition de l’espèce en variétés ; partitio, celle du tout en ses parties.
3. Dividere ne se rapporte qu’à une réunion matérielle dans l’espace et ne détruit qu’une relation extérieure ; mais dirimere se rapporte à l’union organique d’un tout et supprime des rapports intimes. Liv. XXII, 15. “Casilinum urbs... Volturno flumine diremta Falernum ac Campanum agrum dividit.” C’est qu’aux yeux de l’auteur une rivière qui coupe une ville en deux constitue une séparation contre nature, tandis que la séparation de deux territoires contigus par une ville est toute naturelle.
4. Dividere signifie encore distribuer sans idée accessoire ; dispertire, c’est répartir entre futurs propriétaires ; distribuere, entre propriétaires légitimes, ou encore mettre chaque partie à une place convenable et appropriée.
Divinare. Præsagire. Præsentire. Prævidere. Vaticinari. Prædicere.
1. Divinare se dit d’un pressentiment qui provient d’une inspiration divine et d’un secours surnaturel, comme μαντεύεσθαι ; præsagire, d’un pressentiment par voie naturelle, par suite d’un tour d’esprit particulier qui confine au surnaturel ; præsentire et prævidere, par un développement extraordinaire des dons naturels de l’esprit, à savoir præsentire par une vision immédiate, prævidere, par de profondes et heureuses combinaisons, par prévoyance.
2. Divinare, etc., simples actes de l’entendement ; vaticinatio et prædictio, expression et communication de ce qu’on pressent : vaticinatio, par le fait du divinans et du præsagiens, c’est la prophétie, προφητεία ; prædictio, par le fait du præsentiens et du prævidens, c’est la prédiction.
Divitiæ. Opes. Gazæ. Locuples. Opulentus. Copiosus.
1. Divitiæ et gazæ, la richesse en général, comme propriété, comme moyen de satisfaire ses désirs de toute sorte ; opes, comme le moyen de réaliser un but élevé, de se faire valoir, d’acquérir ou de conserver de l’influence. Divitiæ, la richesse du simple particulier, πλοῦτος ; opes, la fortune mise au service de l’homme d’État ou de l’ambitieux politique ; gazæ, le trésor d’un roi ou d’un prince, θησαυροί.
2. Dives, riche par opposition à pauper, πλούσιος ; locuples, qui est dans l’aisance, par opposition à egens, egenus, ἀφνειός ; opulentus et copiosus, quia de grandes ressources par opposition à inops, comme εὔπορος.
Doctor. Præceptor. Magister.
Doctor, le maître qui expose la théorie considéré par rapport à la science ou à l’art qu’il enseigne, il s’oppose à l’auditeur ; præceptor, le maître qui initie à la pratique par rapport au pupille qu’il façonne, il s’oppose à l’écolier ; magister, le maître en général par rapport à sa supériorité et à son ascendant et par opposition aux profanes. Cic. Orat. III, 15. “Vetus illa doctrina eadem videtur et recte faciendi et bene dicendi magistra, neque disjuncti doctores, sed iidem erant vivendi præceptores atque dicendi.” “On voit cette ancienne méthode gouverner à la fois la conduite et la parole ; point de maîtres distincts ; ceux qui forment à la parole forment en même temps à la vie.”
Doctrina. Eruditio.
Doctrina, le savoir considéré comme un des moyens divers par lesquels l’esprit se développe ; eruditio, la science qui transforme l’esprit et l’amène à la dernière perfection. Le savoir, doctrina, ne donne qu’une supériorité de connaissances, il se rattache et s’oppose à l’idée qu’exprime le mot exercitatio, lequel implique une supériorité de savoir-faire ; réduit même à la théorie sèche et mis en regard de la pratique plus visiblement utile, il est exposé à être mal vu et ridiculisé. La science parfaite, eruditio, se rapproche beaucoup plus de la pratique, elle implique une certaine influence, des connaissances acquises et des études sur le perfectionnement de l’homme entier, elle représente la vraie humanité dans l’ordre intellectuel, comme humanitas dans l’ordre moral.
- Doctrina, v. Litteræ.
Dolor. Tristitia. Mœstitia. Luctus.
1. Dolor, le sentiment des douleurs, le déplaisir intérieur, par opposition à gaudium ; tristitia, mœror, luctus, l’expression de ce sentiment. Tristitia et mæstitia, manifestation naturelle qui perce involontairement dans l’attitude et dans la physionomie ; luctus, manifestation artificielle, faite à dessein, au grand jour, à l’aide de signes conventionnels, comme de se couper les cheveux, de mettre des habits de deuil, etc., πένθος. Mœror sert en même temps d’augmentatif à dolor, et luctus à mœror et tristitia, en ce sens que la manifestation extérieure vient se joindre au sentiment au lieu de lui être opposée. Cic. Att. XII, 28. “Mœrorem, minui, dolorem, nec potui, nec si possem vellem.” “J’ai retranché quelque chose des marques de ma douleur ; mais pour ma douleur même je n’ai rien pris sur elle, et je le pourrais que je ne le voudrais pas.” Phil. XI, 1. “Magno in dolore sum, vel in mœrore potius, quem ex miserabili morte C. Trebonii accepimus.” “Je suis dans la grande douleur, ou plutôt dans les effusions de douleur où nous jette la mort déplorable de C. Trébonius.” Plin. Ep. V, 9. “Illud non triste solum, verum etiam luctuosum quod J. Avitus decessit.” “La perte de J. Avitus ne cause pas seulement un chagrin visible, c’est un deuil.” Tac. Agr. 43. “Finis vitæ ejus nobis luctuosus, amicis tristis.” “Sa fin nous plonge dans le deuil, et ses amis dans la tristesse” (la parenté seule prend le deuil). Tac. Ann. II, 82. “Quanquam nec insignibus lugentium abstinebant, altius animis mœrebant.” “Les marques de deuil ne faisaient pas défaut, mais c’étaient surtout les cœurs qui étaient contristés.” Cic. Sext. 29, 39. “Luctum nos hausimus majorem, dolorem ille animi non minorem.” “Ce fut pour nous la source d’une douleur plus expansive, pour lui celle d’une douleur concentrée tout aussi vive.”
2. Tristitia présente la manifestation du chagrin par son côté repoussant, celui des idées noires, de l’ennui, de la mauvaise humeur, par opposition à hilaritas ; mœstitia, par son côté pitoyable, celui de la désolation, d’une douleur ordinairement justifiée qui nous plonge dans la mélancolie, par opposition à lætus. Tristitia est le fait de la réflexion, mæstitia, du sentiment. On reconnaît le tristis comme le truculentus à son regard farouche, à son front plissé, à ses sourcils contractés ; le mœstus comme l’afflictus à ses yeux mornes et à son regard baissé. Tac. Hist. I, 82. “Rarus per vias populus, mœsta plebs ; dejecti in terram militum vultus ac plus tristitiæ quam pœnitentiæ.” “Très-peu de monde dans les rues, la population consternée ; des soldats qui baissaient les yeux, mais d’un air sombre plutôt que d’un air de regret.” Cic. Mur. 24, 49. “Tristem ipsum, mœstos amicos.” “Vous-même soucieux, vos amis désolés.”
- Dolor, v. Cura.
Donum. Munus. Largitio. Donarium. Donativum. Liberalitas.
1. Donum, cadeau désintéressé, le donateur n’ayant pas d’autre vue que de faire plaisir, δῶρον ; munus, présent qui engage la reconnaissance, qui est une marque d’amour ou de faveur de la part du donateur, γέρας ; enfin largitio, présent intéressé destiné à gagner et à corrompre les gens sous couleur de bienfaisance, la plupart du temps dans un but politique. Suet. Cæs. 28. “Aliis captivorum millia dono afferens”, c’est-à-dire en pur don et non point seulement par manière de prêt. Comparez avec Ner. 46. “Auspicanti Sporus annulum muneri obtulit”, c’est-à-dire par honnêteté. Tac. Hist. I, 52. “Id comitatem bonitatemque faventes vocabant quod sine modo donaret sua, largiretur aliena.” “Les partisans de Vitellius vantaient son caractère facile et bienveillant lorsqu’ils lui voyaient dissiper ses propres biens en cadeaux, ceux des autres en largesses.”
2. Donarium, terme particulier pour une offrande qu’on fait à un temple ; donativum, pour un don militaire que le nouvel empereur accordait aux soldats à son avénement ; liberalitas, pour une munificence de l’empereur destinée à soutenir un noble tombé dans la pauvreté.
Dorsum. Tergum.
Dorsum, le dos au sens horizontal, celui de l’animal, par opposition au ventre, νῶτον ; tergum, le dos au sens vertical, celui de l’homme par opposition à la poitrine, μετάφρενον. Dorsum montis, la crête ; tergum, le revers d’une montagne.
Dubius. Ambiguus. Anceps.
Dubius et ambiguus, douteux quand il ne s’agit que d’un bon ou d’un mauvais succès, d’un bonheur ou d’un malheur ; anceps, quand il y va de l’existence entière, d’être ou de ne pas être. Vell. P. II, 79. “Ea patrando bello mora fuit, quod postea dubia et interdum ancipiti fortuna gestum est.” “Tels sont les retards que souffrit l’ouverture de cette guerre où la fortune intervint dans la suite avec des chances douteuses et quelquefois critiques.”
Dumi. Sentes. Vepres.
Dumi, fourrés de broussailles qui offrent un aspect sauvage ; sentes, buissons épineux où l’on se blesse ; vepres réunit les deux idées : broussailles épineuses qui font du sol un lieu sauvage.
Duplex. Duplum. Geminus. Dupliciter. Bifariam.
1. Duplex, double en parlant de quantités déterminées qu’il suffit de compter ; duplum, en parlant de quantités indéterminées qu’il faut peser ou mesurer. Duplex s’emploie adjectivement, duplum substantivement. Quintil. VIII, 6, 42. “In quo et numerus est duplex, nec duplum virium.” “Armée deux fois plus nombreuse, mais sans offrir le double de forces.”
2. Étant donnés des objets semblables et pareils au nombre de deux, c’est l’idée du nombre deux qui domine dans duplex comme dans διπλοῦς ; c’est l’idée de ressemblance et de parité qui domine dans geminus comme dans δίδυμος. Dans ce passage de Cic. Part. 6. “Verba geminata et duplicata, vel etiam sæpius iterata”, geminata se rapporte à la répétition d’une idée par le moyen de termes synonymes, duplicata à la répétition d’un même mot.
3. Dupliciter est toujours adverbe de manière : de deux manières, à un double point de vue ; bifariam est adverbe de lieu : en deux endroits ou en deux parties. Cic. Fam. IX, 20. “Dupliciter delectatus sum litteris tuis.” “Ta lettre me charme de deux manières.” Comparez avec Tusc. III, 11. “Bifariam quatuor perturbationes æqualiter distributæ sunt.” “Les quatre passions fondamentales ont été également réparties en deux catégories.”
E
Ebrius. Vinolentus. Temulentus. Crapula. Ebriosus.
1. Ebrietas présente par leur beau côté les suites d’un excès de vin, c’est l’exaltation, l’animation, qui touchent à l’inspiration, μέθη ; vinolentia et le terme archaïque de temulentia les font envisager par leur vilain côté, celui d’un homme qui se soûle et tombe dans l’abrutissement, οἶνωσις ; enfin, crapula exprime la cause matérielle de cet état, les fumées du vin, comme ϰραιπάλη.
2. Ebrius et le mot d’origine étrangère madulsa désignent l’état passager d’un homme qui est ivre ; ebriosus l’habitude d’un homme qui s’enivre.
- Ecce, v. En.
- Editus, v. Altus.
- Edulia, v. Alimenta.
- Egestas, v. Paupertas.
- Egere, v. Carere.
- Egregius, v. Eminens.
- Ejulare, v. Lacrimare.
- Elaborare, v. Labor.
- Eligere, v. Deligere.
- Elonginquo, v. Procul.
- Eloquens, v. Disertus.
Eloqui. Enunciare. Proloqui. Pronunciare. Recitare.
1. Eloqui et enunciare marquent un acte de l’intelligence par lequel on exprime une idée qui était dans l’esprit : l’eloquens tient autant de compte de la forme que du fond ; il veut donner à la pensée le tour le plus parfait ; l’enuncians ne s’attache qu’au fond ; son but est rempli dès qu’il a fait passer ses idées dans le domaine public, qu’il les a communiquées. Le style, elocutio, appartient à la rhétorique ; la proposition et le jugement, enunciatio, appartiennent à la grammaire et à la logique.
2. Proloqui marque un acte moral par lequel on se résout à exprimer une pensée qu’on tenait secrète, par opposition à reticere, comme profiteri ; enfin, pronunciare marque un acte physique par lequel on exprime mécaniquement et intelligiblement ce qu’on a pensé ou écrit, comme recitare.
3. Pronunciare est un simple usage des organes de la parole et ne suppose pas d’autre but que de se faire pleinement entendre ; recitare est le fait de l’art : on vise à produire une impression agréable par une juste modulation de la voix conforme aux règles de la déclamation. La pronunciatio ne s’applique qu’aux lettres, aux syllabes et aux mots considérés comme les éléments et le corps du discours ; la recitatio se rapporte, en outre, aux termes et au sens considérés comme l’âme du discours.
Emere. Mercari. Redimere.
1. Emere, faire une emplette ; c’est l’acquisition de l’objet qui est le point capital, et le prix à payer n’est qu’une idée accessoire, πρέασθαι ; mercari, acheter, il s’agit de la conclusion d’un marché fait dans toutes les règles, généralement entre commerçants, ἐμπολᾷν.
2. Emere s’applique à des objets de commerce proprement dits ; redimere, à des objets qui ne constituent point aux yeux de la loi et de la morale de vrais articles de commerce, que l’acquéreur pourrait réclamer comme un dû ou qu’il devrait obtenir par faveur sans bourse délier, par exemple, la paix, la justice, l’affection. Cic. Sext. 30, 66. “Quis autem rex qui illo anno non aut emendum sibi quod non habebat, aut redimendum quod habebat arbitrabatur ?” “Quel est le roi qui ne se soit cru réduit cette année ou à acheter ce qu’il n’avait point ou à racheter ce qu’il avait ?”
Eminens. Excellens. Præclarus. Præstans. Insignis. Singularis. Unicus.
1. Eminens, excellens, præclarus et præstans servent à constater de sang-froid une supériorité ; egregius, à la proclamer avec enthousiasme ; eximius, avec admiration.
2. Eximius, etc., se rapportent tous à des qualités louables et ne peuvent se joindre que par ironie à des vices ou à des fautes ; insignis, singularis et unicus sont des termes indifférents qui expriment également la louange ou le blâme à un haut degré.
- Eminet, v. Apparet.
- Eminus, v. Procul.
- Emissarius, v. Explorator.
- Emolumentum, v. Lucrum.
- Emori, v. Mors.
En. Ecce.
En, vois ici ce qui était resté jusqu’à présent caché à tes yeux, comme ἤν, ἠνί, ἠνίδε ; ecce, vois là ce que tu n’aurais jamais soupçonné, comme ἰδού.
Epulæ. Convivium. Dapes. Epulum. Comissatio.
Epulæ est le terme général, le repas, le manger, frugal ou recherché, en famille ou avec des convives, au logis ou en public ; convivium, repas de société, en compagnie ; dapes, banquet religieux à la suite d’un sacrifice ; epulum, banquet solennel, ordinairement politique, en l’honneur d’un personnage ou d’un succès ; comissatio, débauche de table, orgie.
Equus. Caballus. Mannus. Canterius.
Equus, terme général pour le cheval, c’est le nom de l’espèce ; caballus, cheval commun ; mannus, cheval de petite taille et de luxe, poney ; canterius, cheval coupé, hongre. Sen. Ep. 85. “Cato censorius canterio vehebatur et hippoperis quidem impositis. Oh ! quantum decus sæculi, Catonem uno caballo esse contentum et ne toto quidem ! Ita non obesis omnibus mannis et asturconibus et tolutariis præferres unum illum equum ab ipso Catone defrictum ?” “Caton le censeur voyageait sur un hongre qui portait ses bagages. Oh ! quelle gloire pour un siècle que ce Caton qui se contentait d’un cheval commun ou plutôt d’une place sur ce cheval ! Est-ce que vous ne préférez pas à tous les poneys potelés, aux coursiers d’Asturie, aux trotteurs, cet unique cheval que Caton pansait lui-même ?”
Errare. Vagari. Palari.
Errare, s’égarer, πλανᾶσθαι, aller çà et là malgré soi, faute de connaître le bon chemin ; vagari et palari, errer de propos délibéré : vagari, ἀλᾶσθαι, par ennui d’un séjour fixe ou du droit chemin, en changeant souvent de direction ; palari, en s’éloignant de la société dans laquelle on se trouve pour courir seul. “Erramus ignari ; vagamur soluti ; palamur dispersi.” “On s’égare par ignorance ; on mène une vie errante lorsqu’on ne tient à rien ; on s’écarte pour se disperser.” Tac. H. I, 68. “Undique populatio et cædes ; ipsi in medio vagi ; abjectis armis magna pars, saucii aut palantes in montem Vocetium perfugiunt.” “Partout des ravages et des massacres ; errant entre les deux corps ennemis, jetant leurs armes, blessés ou dispersés pour la plupart, les Helvétiens cherchent un refuge sur le mont Vocétius.”
Erudire. Formare. Instituere.
Erudire et formare présentent l’éducation par son côté idéal, comme un des éléments de la perfection humaine : erudire, en général, l’éducation délivre de l’ignorance ; formare, dans un sens particulier ; elle transporte l’homme dans une sphère spéciale ; elle le façonne pour un but déterminé vers lequel elle dirige l’âme ; instituere présente la même éducation par son côté positif ; elle rend propre à un métier.
Et. Que. Ac. Atque.
Et est la conjonction dont l’usage est le plus général ; que et et-et servent à unir des termes opposés : que, dès qu’il y a opposition, par exemple terra marique ; et-et, pour marquer expressément l’opposition, par exemple et terra et mari ; ac et atque unissent des synonymes : atque se place devant les voyelles et les consonnes gutturales ; ac, devant le reste des consonnes, par exemple, vir fortis ac strenuus.
- Evenire, v. Accidere.
- E vestigio, v. Repente.
- Evertere, v. Perdere.
- Evocare, v. Arcessere.
- Excellens, v. Eminens.
- Excelsus, v. Altus.
- Excipere, v. Sumere.
- Excors, v. Amens.
Excubiæ. Stationes. Vigiliæ.
Excubiæ, sentinelles devant un palais, garde d’honneur et sauve-garde ; stationes, garde placée à une porte, poste avancé ; vigiliæ, garde de nuit, patrouille.
- Excusatio, v. Purgatio.
Exemplum. Exemplar.
Exemplum, exemple pris entre beaucoup d’autres à cause de sa convenance relative ; il s’applique à un cas déterminé ; exemplar, exemple choisi de préférence à d’autres à cause de sa perfection ou de sa convenance absolue ; il représente une idée générale, modèle. Vell. P. II, 100. “Antonius singulare exemplum clementiæ Cæsaris.” “Antoine, exemple frappant de la clémence de César.” Comparez avec Tac. Ann. XII, 37. “Si incolumem servaveris, æternum exemplar clementiæ ero” (clementiæ, et non pas clementiæ tuæ). “Si tu me sauves, au lieu de me frapper, ta conduite envers moi restera éternellement un modèle de clémence.”
Exercitus. Copiæ.
Exercitus, armée composée de plusieurs légions ; copiæ, troupes composées de plusieurs cohortes.
Exilis. Macer. Gracilis. Tenuis.
Exilis et macer se disent de l’exténuation considérée comme un vice interne et y rattachent directement une idée de blâme. C’est un rétrécissement causé par le défaut de sucs nourriciers. Exilis est un terme général qui se dit de toute espèce de corps et qui marque un appauvrissement et un manque de forces, par opposition à uber, misérable ; macer, maigre, se dit particulièrement du corps des animaux ; il désigne une certaine sécheresse, un certain épuisement, par opposition à pinguis. Gracilis et tenuis se rapportent à la forme, à l’apparence et sont des termes indifférents ou des termes d’éloge : tenuis, mince, délicat, se dit en général de toute sorte de corps, par opposition à crassus ; gracilis a un air de ressemblance avec procerus et se dit en particulier du corps des animaux, élancé, par opposition à opimus, à obesus.
- Eximere, v. Demere.
- Existimare, v. Censere.
- Experiri, v. Tentare.
- Expilare, v. Vastare.
- Eximius, v. Eminens.
- Exitium, exitus, v. Lues.
- Expetere, v. Velle.
Explorator. Speculator. Emissarius.
Exploratores, éclaireurs chargés ouvertement de reconnaître le terrain ou l’ennemi ; speculatores, espions envoyés secrètement pour découvrir par ruse la situation et les plans de l’ennemi ; emissarii, agents secrets chargés au besoin de mesures et de missions extraordinaires.
- Exprobrare, v. Objicere.
- Exsequiæ, v. Funus.
- Exspectare, v. Manere.
- Exsecrari, v. Abominari.
- Exsomnis, v. Vigil.
Exspes. Desperans.
Exspes marque en général l’état d’une personne qui a cessé d’espérer ; desperans présente le désespoir sous l’aspect d’un sentiment douloureux.
- Exstructus, v. Præditus.
- Exta, v. Caro.
- Extemplo, v. Repente.
- Exsul, v. Perfuga.
- Exsultare, v. Gaudere.
Exterus. Externus. Peregrinus. Alienigena. Extrarius. Extraneus. Advena. Hospes.
1. Exterus et externus, l’étranger dans son pays ; peregrinus, alienigena, advena et hospes, l’étranger qui réside temporairement dans notre pays.
2. Externus ne marque qu’un rapport de lieu et se dit également des choses et des personnes ; exterus marque un rapport interne et ne se dit que des personnes. Externæ nationes est une expression purement géographique ; ce sont les peuples du dehors ; exteræ nationes est un terme politique ; ce sont les peuples étrangers.
3. Extraneus se dit du monde extérieur, par opposition à la parenté, à la famille, à la patrie ; extrarius, par opposition au moi. Cic. ap. Colum. XII. “Comparata est opera mulieris ad domesticam diligentiam ; viri autem ad exercitationem forensem et extraneam.” “La femme est destinée à donner ses soins aux travaux du ménage ; l’homme, aux affaires du Forum et aux occupations extérieures.” Comparez avec Inv. II, 56. “Utilitas aut in corpore posita est aut in extrariis rebus.” “L’utilité est en nous ou hors de nous.”
4. Peregrinus, celui qui n’est pas citoyen, par opposition à civis ; alienigena, celui qui est né à l’étranger, par opposition à indigena ; advena, l’émigrant établi dans un pays, par opposition à αὐτόχθων, à aborigines ou encore à indigena ; hospes, le nouveau-venu, par opposition à popularis.
5. Peregrinus, l’étranger au titre politique, privé du droit de cité et de séjour, avec une idée de mépris ; hospes, l’étranger à titre d’homme et d’égal, en jouissance du droit d’hospitalité. Cic. Rull. II, 34. “Nos autem qui hinc Roma veneramus, jam non hospites sed peregrini atque advenæ nominabamur.” “Mais nous qui n’arrivions que de Rome, on ne se bornait pas à nous traiter de nouveau-venus ; nous étions des étrangers sans droit de cité, des émigrants en quête d’un établissement.”
Extremus. Ultimus. Postremus. Novissimus.
Extremus et ultimus, le dernier, quand il s’agit d’une quantité indivise, d’un espace continu : extremus se dit de la partie extrême d’un espace ou d’une surface, par opposition à intimus et medius, comme ἔσχατος ; ultimus, du point extrême d’une ligne, par opposition à citimus et proximus, comme λοῖσθος. Postremus et novissimus, le dernier quand il s’agit d’une quantité qui offre des subdivisions, d’une série numérique : postremus, ὕστατος, celui qui vient après les autres dans une série toute faite où il occupe la dernière place, par opposition à ceux qui tiennent la tête ; novissimus, le dernier dans une série en formation où il vient s’ajouter à tous les autres, le tout dernier, par opposition au néant qui vient ensuite, comme νέατος.
- Exuviæ, v. Præda.