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Manuel de synonymie Latine

Chapter 225: Funus. Exsequiæ. Pompa.
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About This Book

A concise handbook that distills a larger multi-volume study into alphabetized entries defining Latin words, distinguishing closely related terms, and noting classical usage and opposites. It classifies synonyms into three pedagogical groups—those to learn early, those to teach at advanced stages, and those whose differences remain subtle—while omitting detailed etymologies and extended citations. Where useful, entries offer corresponding Greek or French equivalents and practical advice for teachers and students about when nuance matters in composition and textual interpretation.

Frenum. Habena. Oreæ.

1. Frenum, le frein à l’aide duquel le cavalier maîtrise le cheval sauvage, χαλινός ; habena, la bride avec laquelle il dirige le cheval docile, ἠνίον. Hor. Ep. I, 15, 13. “Læva stomachosus habena dicet eques ; sed equi frenato est auris in ore”, c’est-à-dire il n’obéit pas à la bride et il faut qu’il sente le frein. Cic. Orat. I, 53. “Senatum servire populo, cui populus ipse moderandi et regendi sui quasi quasdam habenas tradidisset.” “Le sénat devenir l’esclave du peuple, quand le peuple même lui avait donné tout pouvoir de le conduire et de le gouverner et mis pour ainsi dire les rênes en main !” Comparez avec Tac. Dial. 38. “Pompeius adstrinxit imposuitque quasi frenos eloquentiæ.” “Pompée rétrécit la carrière et mit pour ainsi dire un frein à l’éloquence.”

2. Oreæ, aureæ, qui n’est plus usité que dans le composé auriga, était peut-être le terme générique de frenum et d’habena à peu près comme harnais.

Frigere. Algere. Algidus. Alsus. Gelidus. Frigus. Gelu. Glacies.

1. Frigere, être froid par opposition à calere ; algere, avoir froid par opposition à æstuare.

2. Algidus se dit du froid qui fait une impression désagréable ; alsus, de la fraîcheur qui apporte du soulagement.

3. Frigidus se dit d’un degré de froid modéré par opposition à calidus ; gelidus, du degré de froid qui amène la congélation par opposition à fervidus.

4. Frigus, le froid en lui-même, celui qui arrive et s’en va ; frigedo, l’état d’un homme saisi par le froid, état qui commence et qui cesse ; c’est une forme archaïque tombée en désuétude par l’emploi général de frigus.

5. Gelu, gelus, gelum marquent, comme ϰρύος, le froid capable de produire la glace ; gelicidium, une manifestation isolée de ce froid, une nuit où il gèle, comme ϰρυμός ; et glacies, comme ϰρύσταλλος, l’effet de ce froid, la glace.

Frustra. Nequidquam. Incassum. Irritus.

1. Frustra, en vain, par rapport au sujet qui se voit trompé dans son attente et ses calculs ; nequidquam, inutilement, pour rien, pour moins que rien, par rapport à la chose qui ne s’est point faite.

2. Même différence entre frustra employé adjectivement qui se rapporte à la personne, et le véritable adjectif irritus, qui se rapporte à la chose.

3. Frustra et nequidquam marquent simplement le manque de succès, comme μάτην, sans allusion à une faute ; incassum renferme l’idée accessoire d’un défaut de réflexion, de cette réflexion qui aurait pu calculer et prévoir l’échec, comme dans bâtir en l’air, bâtir des châteaux en Espagne, εἰς ϰενόν.

Fulciri. Niti.

Fulciri, fultus, se soutenir, soutenu pour se garantir d’une chute, en s’appuyant par exemple contre un pilier ; niti, nisus, pour s’élancer en l’air ou avancer en prenant un point d’appui sur une base.

Fulgur. Fulguratio. Fulmen.

Fulgur, fulgetrum et fulguratio désignent, comme ἀστραπή, les apparitions de l’éclair à l’horizon : fulgur présente le phénomène comme momentané et isolé ; fulguratio, comme durable et répété. Fulmen, c’est, comme ϰεραυνός, l’effet de l’éclair qui tombe à terre, la foudre. Liv. XL, 59. Fulguribus præstringentibus aciem oculorum, sed fulmina etiam sic undique micabant ut peti viderentur corpora.” “Au milieu des éclairs qui éblouissaient les yeux, la foudre même étincelait de toute part au point de faire craindre pour les hommes.” Plin. H. N. II, 43. “Si in nube erumpat ardens, fulmina ; si longiore tractu nitatur, fulgetra ; his findi nubem, illis perrumpi.” “Quand le feu du ciel éclate dans un nuage, c’est la foudre ; quand l’effet se produit en longueur, c’est l’éclair : l’éclair sillonne la nue que la foudre déchire.”

Funus. Exsequiæ. Pompa.

Funus, le transport du cadavre comme ἐϰφορά ; exsequiæ et pompa, le cortége solennel qui accompagne le corps : exsequiæ, le cortége vivant composé de parents et d’amis ; pompa, la pompe inanimée composée des statues des ancêtres et autres ornements. Cic. Quint. 15. “Funus quo amici conveniunt ad exsequias cohonestandas.” “Le convoi où les amis se pressent pour embellir le cortége.” Nep. Att. 22. “Elatus est in lecticula, sine ulla funeris pompa, comitantibus omnibus bonis, maxima vulgi frequentia.” “On l’emporta dans une petite litière ; nulle pompe au convoi, mais un cortége de tous les gens de bien et un très-grand concours de peuple.”

Fustis. Ferula. Sudes. Trudis. Rudis. Scipio. Baculus.

1. Fustis et ferula, bâton qui sert à frapper ; sudes, trudis et rudis, à porter un coup de pointe ; scipio et baculus, à marcher.

2. Fustis, gourdin, bâton noueux assez gros pour donner la mort ; ferula, baguette ou verge pour corriger la jeunesse des écoles ; sudes et trudis, armes de guerre ; rudis, bâton servant de fleuret dans les salles d’armes ; scipio, bâton d’apparat et de dignité, symbole du pouvoir ou d’un âge vénérable ; baculus, bacillum, bâton utile et commode sur lequel on s’appuie, mais qui sert d’arme au besoin.

G

Garrire. Fabulari. Blatire. Blaterare. Loquax. Verbosus.

1. Garrire se dit du bavardage par allusion à la démangeaison de parler ; fabulari par allusion à la nullité, blatire et l’augmentatif blaterare à la folie de ce qu’on dit.

2. Le garrulus assomme par la nature, le loquax par le nombre de ses propos. En effet, garrulitas exprime le bavardage enfantin ou frivole né du plaisir de parler ou de s’entendre parler, sans égard à la valeur et au sens des paroles, ayant sa source dans un excès de vivacité juvénile ou même dans l’abus d’un talent distingué, λαλία ; loquacitas est le flux de paroles propre aux vieilles gens qui se croient sages, venant d’une incapacité d’être bref, qui a pour cause l’affaiblissement de l’âge, ἀδολεσχία. Le garrulus lasse et agace aisément par envie de plaire et de distraire ; le loquax ennuie souvent par envie d’instruire et d’être clair.

3. Garrulus et loquax se disent des personnes, des orateurs ; verbosus, des choses, des discours, des écrits.

Gaudere. Lætari. Hilaris. Alacer. Gestire. Exsultare.

1. Gaudere présente la joie comme un état de l’âme, par opposition à dolor, ἥδεσθαι ; lætari et hilarem esse, comme une manifestation de cet état. Tac. H. II, 29. “Ut Valens processit, gaudium, miseratio, favor ; versi in lætitiam... laudantes gratantesque.” “L’apparition de Valens dispose les soldats à la joie, à l’attendrissement, à l’amour ; leur joie se montre, ils le louent, le félicitent.”

2. Le lætus manifeste sa joie par une sérénité qui révèle un parfait contentement des circonstances présentes, par opposition à mœstus ; l’hilaris, par une surexcitation et une gaieté qui porte à la plaisanterie et au rire, par opposition à tristis ; l’alacer enfin par une vivacité qui dénote un excès de courage et d’ardeur, par opposition à territus. Le gaudens, lætus, hilaris a de la joie à propos d’un bonheur, l’alacer a en outre du plaisir à ce qu’il fait. Cic. Divin. I, 33, 73. “Equum alacrem lætus adspexit.” “Il regarda avec une joie visible ce généreux coursier.” La lætitia s’annonce de préférence par un front déridé et par une bouche qui sourit ; l’hilaritas par le mouvement des yeux qui brillent et rayonnent de joie ; l’alacritas, par des regards animés, pleins de feu et de courage. Sen. Ep. 116. “Quantam serenitatem lætitia dat !” “Quel air de sérénité donne l’expression de la joie !” Tac. Agr. 39. Fronte latus, pectore anxius.” “Le front riant, le cœur troublé.” Cic. Pis. 5. “Te hilarioribus oculis quam solitus es intuente.” “Tu avais dans les yeux et les regards plus de gaieté que de coutume.”

3. Gaudere et lætari marquent une joie modérée ; exsultare, gestire et peut-être encore le verbe archaïque vitulari, une joie passionnée, excessive, comme jubiler ou triompher : le gestiens trahit la sienne par une surexcitation involontaire de tout son être, par des yeux étincelants, par l’impossibilité de se tenir tranquille ; l’exsultans, en s’abandonnant de plein gré et sans réserve à la joie, et sinon par des sauts et des bonds, au moins par des explosions de joie que rien n’arrête et qui frisent l’extravagance.

4. Jucundus marque comme juvat me un mouvement de joie, lætus un état plus durable ; aussi lætus sert-il à Pline, Ep. V, 12, à exprimer l’idée avec plus de force. “Quam mihi a quocumque excoli jucundum, a te vero lætissimum est.” “Venant de quelqu’un d’autre, les embellissements de notre ville natale me procurent une émotion de plaisir, venant de toi un plaisir infini.”

Gens. Natio. Populus. Civitas.

1. Gens et natio, peuple au sens physique et ethnographique, comme une société fondée sur une origine et une parenté commune qui peut exister en dehors de tout progrès dans la civilisation ; populus et civitas, peuple au sens politique, comme société perfectionnée, civilisée et dotée d’une constitution. Sall. Cat. 10, 1. Nationes feræ et populi ingentes subacti.” “Des tribus sauvages et de grands peuples soumis par la force.”

2. Gens, race entière qui peut contenir plusieurs peuples ou peuplades, φύλον ; natio, tribu, peuplade, peuple issu et détaché de cette race, ἔθνος. Vell. Pat. II, 98. “Omnibus ejus gentis nationibus in arma accensis.” “Ayant allumé le feu de la guerre chez toutes les tribus de cette race.” Mais de même que gens dans ce sens physique d’un ensemble de peuplades est un terme plus étendu que natio, de même dans son sens politique et accessoire d’un groupe de familles qui se rattachent à une souche commune, γένος, c’est un terme moins étendu que populus ; d’où vient qu’on voit tantôt le populus former en qualité de peuple civilisé une branche, natio, de la race ou gentis naturelle. Liv. IV, 49. “Bolanis suæ gentis populo.” “Les Èques refusèrent leur appui aux Bolans”, quoique peuple de leur race : tantôt la gens former en qualité de société politique une partie du populi. Just. VII, 1. “Adunatis gentibus variorum populorum.” “Par la fusion des grandes familles de plusieurs peuples.”

3. Civitas, la cité, πόλις, envisagée dans ses rapports intérieurs, la réunion des habitants qui jouissent de la plénitude des droits de cité et qui sont les vrais maîtres du pays ; populus, le peuple, δῆμος, dans une acception plus générale, au point de vue des relations sociales tant au dedans qu’au dehors ; il comprend tous ceux qui appartiennent à l’État. Un peuple peut se décider à la guerre en qualité de civitas, mais il ne peut la faire que comme populus. La civitas est de toute nécessité sédentaire, le populus peut être une population nomade.

Gladius. Ensis. Pugio. Sica.

1. Gladius, terme ordinaire ; ensis, terme noble et poétique pour désigner l’épée.

2. Pugio, le poignard comme arme licite et apparente du soldat outre l’épée ; sica, comme arme déshonnête et cachée du bandit, venant en aide au poison.

Globus. Sphæra.

Globus, terme populaire pour toute espèce de corps sphérique ; sphæra, terme scientifique emprunté au grec pour la sphère mathématique.

Gloria. Claritas.

Gloria, la gloire qui fait parler des gens, ϰλέος ; claritas, la gloire éclatante qui attire les regards, δόξα.

Gradus. Gressus. Passus.

1. Gressus, le pas rapporté à la personne qui marche ; gradus, le pas même. Le gressus a lieu par le fait et l’action de la personne, le gradus est une distance à franchir.

2. Gressus ne se dit que de la marche ; passus se dit en outre de la station, pourvu que les pieds soient écartés comme pour marcher. Gressus désigne toute espèce d’allure trop courte ou trop longue, trop lente ou trop rapide pour mériter de s’appeler un pas ; passus ne désigne qu’un pas régulier et réglé qui pourrait servir au besoin de mesure de longueur. Virg. En. I, 414410. “Tendere gressus ad mœnia.” “Diriger sa marche vers les murs.” Comparez avec II, 723. “Julus... sequitur patrem non passibus æquis”, “Jule suit son père d’un pas inégal.”

Græci. Graii. Græculi. Græcanicus.

1. Græci, nom ethnographique et historique des Grecs, sans idée accessoire ; Graii, terme d’éloge pour désigner le peuple classique et héroïque de l’antiquité ; Græculi, terme de blâme pour le peuple dégénéré sans foi ni loi du temps des écrivains romains.

2. Græcum, ce qui est authentiquement grec, ce qui existe en Grèce ou qui en vient ; græcanicum, ce qui n’est grec que par imitation et plagiat.

Gratias agere, Habere, Referre. Grates. Gratari. Gratulari.

1. Gratiam ou gratias habere, savoir gré du fond du cœur, χάριν εἰδέναι ; gratias agere, remercier en paroles, εὐχαριστεῖν ; enfin, gratiam referre, prouver sa reconnaissance par des actes, χάριν φέρειν, ἀντιχαρίζεσθαι. Cic. Магс. 11, 33. “Maximas tibi omnes gratias agimus, majores etiam habemus.” “Nous t’offrons tous les plus vives actions de grâces, et notre reconnaissance va encore au delà.” Off. II, 20. “Inops etiamsi referre gratiam non potest, habere tamen potest.” “L’indigence, impuissante à payer de retour, peut néanmoins être reconnaissante.”

2. Gratias agere est la formule du langage ordinaire ; grates agere, celle du style noble et choisi. Cic. Somn. Grates tibi ago, summe sol, vobisque, reliqui cœlites.” “Souverain soleil, dieux du ciel, ma voix vous rend grâces.”

3. De même gratulari désigne des remercîments faits par occasion, sans accompagnement de sacrifice et des félicitations familières ; gratari, des prières de remercîment ou des félicitations solennelles. Liv. VII, 3. “Jovis templum gratantes ovantesque adire.” “Porter en triomphe au temple de Jupiter des remercîments solennels.” Comparez avec Ter. Heaut. V, 1, 6. “Desine deos gratulando obtundere.” “Cesse d’assourdir les dieux de tes remercîments.”

Gratus. Jucundus. Acceptus. Gratiosus.

1. Gratum, ce qui nous agrée, parce que nous y attachons du prix, ce qui nous paraît précieux, intéressant, ce qui vaut des remercîments ; jucundum, ce qui nous agrée, parce que nous y prenons du plaisir. Gratus peut se dire d’une nouvelle fâcheuse qui nous met à même de prendre nos mesures en temps utile ; la nouvelle n’en sera pas moins injucunda. Cic. Att. III, 24. “Ista veritas etiamsi jucunda non est, mihi tamen grata est.” “Quoique cette vérité ne me fasse point plaisir, elle ne laisse pas de m’être précieuse.” Famm. V, 18. “Cujus officia jucundiora scilicet sæpe mihi fuerunt, nunquam gratiora.” “Ses bons offices m’ont souvent paru plus agréables, ils ne m’ont jamais été plus chers.”

2. Gratus s’entend d’un sentiment ; il s’agit de ce qu’on souhaite ; acceptus, de l’expression de ce sentiment, lorsqu’on avoue que les choses viennent à propos.

3. Le gratus alicui ne rencontre point de défaveur, on l’aime ; le gratiosus apud aliquem est l’objet d’une faveur marquée et d’un attachement passionné, c’est le favori.

Gremium. Sinus.

Gremium, le giron, entre la ceinture et les genoux d’une personne assise, et au figuré le symbole de la sollicitude maternelle ; sinus, le sein, et au figuré le symbole de l’obscurité qui abrite et protége. Cic. Pis. 37. “Ætolia procul a barbaris disjuncta gentibus in sinu pacis posita medio fere Græciæ gremio continetur.” “Séparée des races barbares par son éloignement, située au sein de la paix, l’Étolie ne s’étend pas hors du giron de la Grèce.”

Gutta. Stilla. Stiria.

Gutta, goutte naturelle ; stilla, goutte mesurée artificiellement. C’est d’ailleurs l’idée de petitesse qui domine dans gutta, d’où guttatim, goutte à goutte ; dans stilla, c’est l’idée d’humidité, d’où stillatim, en dégouttant. Stilla, goutte liquide ; stiria, goutte gelée.

H

Hærere. Pendere.

Hærere, rester empêché sans qu’on puisse se détacher ou avancer ; pendere, être suspendu et ne pouvoir tomber à terre. Cic. Acadd. II, 39. “Ut videamus terra penitusne defixa sit et radicibus suis hæreat, an media pendeat.” “Pour voir si la terre est fixée par sa base et retenue par ses racines ou suspendue dans l’espace.”

Hariolari. Vaticinari.

Hariolari, prédire, avec une idée accessoire de charlatanisme, χρησμολογεῖν ; vaticinari, avec une idée accessoire d’inspiration, prophétiser, μαντεύεσθαι. Dans ce passage de Cicéron, Divin. I, 2. Hariolorum et vatum furibundæ prædictiones” ; harioli, ce sont ceux qui passent d’avance aux yeux du public pour des charlatans de profession ; vates, ceux que Cicéron, du haut de sa philosophie, regarde comme autant d’autres charlatans.

Homicida. Interfector. Peremptor. Interemptor. Percussor. Sicarius. Carnifex.

1. Homicida, meurtrier, en général, coupable du crime de meurtre, ἀνδροφόνος ; interfector, peremptor et interemptor, celui qui porte le coup mortel à une personne donnée, que cette action soit un crime ou non, φονεύς ; percussor et sicarius, instruments d’autrui et simples exécuteurs d’une volonté étrangère : le percussor exécute une condamnation officielle ; le sicaire ou sicarius loue et prête son bras pour un assassinat. Cic. Rosc. Am. 33, 93. “Erat tum multitudo sicariorum... et homines impune occidebantur... Si eos putas... quos qui leviore nomine appellant, percussores vocant, quæro in cujus fide sint et tutela.” “Il y avait alors de nombreux sicaires et on tuait avec impunité. Si vous entendez parler des assassins que les gens qui leur veulent donner le nom le plus léger appellent exécuteurs, cherchez quel est leur protecteur et leur appui.”

2. Le percussor est aux ordres de la puissance politique ; il frappe des citoyens, des proscrits ; le carnifex, aux ordres de la justice ; il sévit contre des coupables.

Homo. Mas. Vir. Homunculus. Homuncio. Homullus.

1. Homo, l’être humain, homme ou femme, par opposition à deus et bellua, ἄνθρωπος ; mas et vir, l’homme seul : mas, au sens physique, par opposition à femina, comme ἄρσην ; vir, au sens moral, par opposition à mulier, comme ἀνήρ. Sen. Polyb. 36. “Non sentire mala sua non est hominis, at non ferre non est viri.” “Il faut n’avoir rien d’humain pour ne pas sentir ses maux, rien de viril pour ne pas les supporter.”

2. Homunculus sert à marquer la faiblesse et l’impuissance de l’homme comme étant le lot de l’espèce entière, du genre humain, par opposition à la toute-puissance de la Divinité, à la grandeur de la nature et de l’univers ; homuncio et homullus désignent l’homme faible et sans conséquence en sa qualité d’individu, par opposition à d’autres hommes : homuncio, avec un sentiment de compassion ; homullus, avec un sentiment de mépris.

Honorare. Honestare.

Honorare, honorer quelqu’un par une distinction qu’on lui accorde en passant, lui faire honneur ; honestare, couvrir quelqu’un d’honneur en attachant à sa personne un éclat durable.

Hornus. Hornotinus.

Hornus, terme poétique ; hornotinus, forme prosaïque du même mot pour désigner ce qui a lieu pendant l’année.

Horridus. Hirtus. Hirsutus. Hispidus. Asper.

Horridus, terme général pour tout ce qui est grossier et rude par défaut de culture ; hirtus et hirsutus ont un rapport particulier à la rudesse du poil ou autre couverture, par opposition à moelleux ; hispidus et asper se rapportent à de fortes inégalités de surface, par opposition à lisse : hispidus marque que ces aspérités nuisent à la beauté ; c’est une question de coup d’œil ; asper, qu’elles blessent ; c’est une question de toucher. Vell. P. II, 4, caractérise d’abord par l’emploi d’hirtus, l’extérieur négligé de Marius, puis la rudesse de sa nature par l’emploi d’horridus.

Hortari. Monere.

L’exhortation, hortatio, s’adresse directement à la volonté pour l’obliger à prendre un parti, tandis que l’avertissement, monitio, s’adresse à la conscience et au jugement. L’hortatio a pour but l’action même ; la monitio, une représentation qui sert de voie pour conduire à l’action. Sall. Jug. 60. Monere alii, alii hortari.” “Ils avertissaient, exhortaient.” Cat. 60[1]. “Sed ego vos quo pauca monerem, convocavi.” “Je vous ai réunis pour vous donner quelques avertissements.” Sen. Ep. 13. “Nimium diu te cohortor quum tibi admonitione magis quam exhortatione opus sit.” “Je perds mon temps à vous exhorter ; vous avez plus besoin d’avis que de conseils.” Cic. Fam. X, 40. “Si aut aliter sentirem, certe admonitio tua me reprimere, aut si dubitarem, hortatio impellere posset.” “Si j’étais d’un autre sentiment, un avis de vous m’arrêterait ; si j’hésitais, un conseil de vous m’entraînerait.”

  • 1 Chap. LVIII, dans la collection Lemaire et la collection Panckoucke.

Hospes. Adventor.

Hospes, celui qui va loger chez un ami ; adventor, chez un aubergiste. Sen. Benef. I, 14. “Nemo se stabularii aut cauponis hospitem judicat.” “Personne ne se croit en relation d’hospitalité avec un logeur ou un aubergiste.”

Humanitas. Comitas. Facilitas. Civilitas.

Humanitas, vertu qui tient à l’éducation, qui part de l’intelligence pour ennoblir l’homme entier, esprit et cœur, qui change son être en douceur et en philanthropie, par opposition à feritas ; comitas, vertu morale, comme l’affabilité, qui traite le premier venu en homme sans s’arrêter au rang ; facilitas, vertu de société, comme l’obligeance indulgente et prévenante, qui rend aisé et agréable le commerce de la vie ; civilitas, vertu politique, comme l’humeur républicaine d’un prince qui ne fait point sentir la différence relative du maître au peuple et qui traite ses sujets en concitoyens. Nep. Milt. 8. “In Miltiade erat quum summa humanitas, tum mira comitas, ut nemo tam humilis esset cui non ad eum aditus pateret.” “Miltiade joignait à une humanité exquise une affabilité étonnante ; les plus humbles avaient un libre accès auprès de lui.”

Humanitus. Humane. Humaniter.

Humanitus fait allusion aux rapports extérieurs de l’homme avec les dieux ou la nature, et particulièrement à sa faiblesse et à sa fragilité, comme ἀνθρωπείως et ἀνθρωπίνως ; humane et humaniter s’entendent de l’homme pris en lui-même, des facultés et de la vocation qui en font un être perfectible, et alors humane facere est l’expression du développement moral, de la noblesse dans les sentiments, comme φιλανθρώπως ; humaniter facere, celle du progrès dans l’usage du monde, de la politesse, de l’aménité, comme ἐπιειϰῶς. Cic. Phil. I, 4. “Si quid mihi humanitus accidisset.” “S’il m’arrivait un de ces accidents auxquels la pauvre humanité est sujette.” Comparez avec Tusc. II, 27, 65. “Græci morbos tolerantes et humane ferunt.” “Contre des maladies à supporter les Grecs sont forts, ils sont hommes”, et Qu. Fr. II, 1. “Fecit humaniter Licinius, quod ad me misso senatu vesperi venit.” “C’est un aimable homme que Licinius ; il est venu chez moi le soir après la clôture du sénat.”

I-J