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Manuel de synonymie Latine

Chapter 368: O
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About This Book

A concise handbook that distills a larger multi-volume study into alphabetized entries defining Latin words, distinguishing closely related terms, and noting classical usage and opposites. It classifies synonyms into three pedagogical groups—those to learn early, those to teach at advanced stages, and those whose differences remain subtle—while omitting detailed etymologies and extended citations. Where useful, entries offer corresponding Greek or French equivalents and practical advice for teachers and students about when nuance matters in composition and textual interpretation.

Merere. Dignum esse. Mereri.

1. Merere et mereri, mériter par une action ; dignum esse, être digne par une qualité.

2. Merere est habituellement transitif, il se joint à un accusatif ou à une proposition explicative ; mereri est intransitif, et se joint à une expression adverbiale. Cic. Rosc. Com. 15. “Fructum quem meruerunt retribuam.” “Je leur payerai le tribut d’éloges qu’ils ont mérité.” Comparez avec Catil. II, 2, 4. “Si illum ut erat (sous-entendu : de me) meritus morte mulctassem”. “Si je lui avais infligé la peine de mort comme je le lui devais.”

3. Merere, employé comme verbe intransitif ou sans complément, signifie servir en qualité de soldat, par ellipse de stipendia ; mereri, employé comme verbe transitif ou avec un complément signifie gagner, acquérir quelque chose, sans idée de mérite.

Meridies. Medius dies.

Meridies, le coup de midi considéré comme un point qui sépare la matinée de l’après-midi ; medius dies, le milieu de la journée considéré comme un espace qui est compris entre le matin et le soir.

Merx. Mercimonium.

Merx, la marchandise qui est par le fait un article de commerce ; mercimonium, celle qui peut le devenir, la matière première. Tac. A. XI, 5. “Nec quidquam publicæ mercis tam venale fuit.” “De toutes les marchandises qui sont dans le commerce, aucune ne se vendait mieux.” Comparez avec XV, 38. Mercimonium quo flamma alitur.” “Les matières les plus propres à servir d’aliment à la flamme.”

Metiri. Metari. Dimetiri. Dimetari.

1. Metiri, mesurer un espace pour en connaître la grandeur ; metari, jalonner l’espace mesuré pour en indiquer les limites.

2. On emploie dimetiri et dimetari pour indiquer en outre qu’on mesure et qu’on jalonne les subdivisions ; metari castra se rapporte simplement à l’enceinte des retranchements, mais quand Tite-Live dit par préférence VIII, 38, “Locum castris dimetari, c’est qu’il marque expressément, ce qui d’ailleurs va de soi, qu’on a aussi jalonné les places d’armes, principia, l’emplacement de la tente du général, prætorium, etc., dans l’intérieur du camp.

Misereri. Miserari. Miseret me.

1. Misereri, avoir le cœur plein de pitié, comme compatir et ἐλεεῖν ; miserari, montrer de la pitié en paroles, comme plaindre et οἰϰτείρειν. Les Latins n’ont point de terme spécial pour la pitié en action ou erbarmen de l’allemand.

2. Misereor tui présente la pitié comme un acte de libre arbitre, il peint la générosité de la personne qui compatit, comme si on disait en allemand : ich erbarme mich dein, j’ai pitié de toi. Miseret me tui présente la pitié comme une impression irrésistible, tout mérite moral disparaît, et la grandeur du malheur d’autrui en ressort d’autant, comme si on disait en allemand es erbarmt mich dein, tu me fais pitié. Car miserere est un verbe causatif, comme οἰϰτίζειν.

Missile. Hasta. Lancea. Jaculum. Verutum. Tragulum. Pilum.

Missile, terme général pour toute espèce d’arme qui sert à combattre de loin, trait ou flèche ; hasta et lancea, armes de main et de jet, la pique : hasta, l’arme nationale des Romains, δόρυ ; lancea, arme étrangère attribuée aux Suèves, λόγχη. Pilum, jaculum, verutum, sont plutôt des armes de jet, le javelot : jaculum, terme général comprenant l’arme de ce genre usitée à la chasse ou épieu, ϐέλος ; verutum et tragulum, termes techniques pour les javelots militaires, ἄϰων ; pilum, terme spécial pour le javelot du légionnaire romain. Liv. IX, 19. “Romano pilum haud paulo quam hasta vehementius ictu missuque telum.” “Le légionnaire romain a son javelot qui n’a guère moins de pénétration que la pique comme arme de main et de jet.”

Mitis. Lenis. Placidus.

Mitis, doux par caractère, par opposition à acerbus, comme μείλιχος ; lenis, doux dans ses actions, par opposition à vehemens, comme πρᾶος ; placidus, dans ses façons, par opposition à turbidus, comme ἤπιος.

Mittere. Legare. Amittere. Dimittere. Omittere.

1. Mittere, exprime l’idée générique, comme envoyer ; legare, a un sens spécial et politique, comme déléguer. Le missus est un serviteur ou un messager ; le legatus, un représentant.

2. Amittere et dimittere, laisser échapper de ses mains ce qu’on tenait en son pouvoir amittere, contre sa volonté, comme perdre ; dimittere, après en avoir usé, comme congédier. Omittere, laisser passer quelque chose devant soi sans en prendre possession. Et, pour préciser : amittimus inviti et casu, omittimus volentes et sponte. Amittere occasionem, c’est perdre une occasion et se mettre hors d’état de l’utiliser par indolence, tandis qu’omittere, c’est renoncer à en tirer parti et ne pas vouloir l’utiliser pour en faire peu de cas. Et vitam amittere, c’est perdre la vie, mais omittere, c’est la sacrifier.

Modo—modo. Nunc—nunc.

Modo—modo ne devrait s’appliquer à la rigueur qu’à des actions passées ou futures ; nunc—nunc à des actions présentes. Cette distinction est tombée en désuétude, mais nunc—nunc a du moins un tour plus vif et appartient à la poésie et à la prose élevée, comme tantôt... tantôt ; modo—modo est, comme une fois... une autre fois, le terme propre de la prose dont Cicéron se sert constamment.

Modus. Modestia. Moderatio. Temperatio. Continentia. Abstinentia.

1. Modus, l’idée de la mesure et de la règle prise comme un précepte moral indépendant de toute personnalité, ce que les Grecs entendent par μέτριον, μηδὲν ἄγαν ; modestia et moderatio, la même idée par rapport au sujet qui la possède ou la pratique : modestia, sous forme de sentiment, et moderatio sous la forme d’une conduite que dirige ce sentiment de la mesure et de la règle.

2. Moderatio, la modération qui est fille de l’intelligence, du calcul et de la réflexion, elle est parente de la prudentia ; temperatio et temperantia, qualité qui pénètre l’homme entier et ennoblit tout son être, elle est parente de la sapientia. La moderatio suppose, comme l’empire sur soi-même, une lutte des passions avec la raison dans laquelle la raison a le dessus ; la temperatio suppose, comme la tranquillité d’esprit, une raison qui a déjà pris le dessus, soit par un effet de la nature, soit par progrès moral.

3. Temperatus, temperatio, expriment simplement une qualité louable qui peut appartenir aux choses ; temperans, temperantia, une vertu dont les êtres raisonnables sont seuls susceptibles.

4. Moderatio, la modération dans l’action par opposition à cupiditas ; continentia, dans la jouissance par opposition à libido.

5. Continentia, l’empire qu’on exerce sur les désirs sensuels, la continence ; abstinentia, sur la convoitise de la propriété d’autrui, l’honnêteté stricte. Il est moins exact de traduire abstinentia par désintéressement, cette dernière vertu n’étant imposée que par la morale, tandis que l’abstinentia est commandée par la loi.

6. La modestia craint de dépasser la juste mesure ou modus par égard pour la morale qui la prescrit ; la verecundia et la reverentia, par égard pour des personnes auxquelles le verecundus craint de déplaire et auxquelles le reverens croit devoir du respect ; enfin, la pudor, par égard pour elle-même afin de ne pas s’exposer au mépris. Varron, dans Non. “Non te tui saltem pudet, si nihil mei revereare ?” “N’as-tu point de honte pour toi-même, si tu n’as plus aucun respect pour moi ?” Terent. Phorm. I, 5, 3, ou II, 1, 3. “Non simultatem meam revereri ? Saltem pudere ?” “Ne pas reculer par respect devant mon inimitié ? Ne pas rougir pour lui-même ?”

Moles. Onus. Pondus. Gravitas.

Moles et onus, la pesanteur envisagée par son côté désavantageux : moles, au sens absolu, comme un obstacle, en parlant d’un objet difficile à remuer à cause de sa grandeur, ὄγϰος ; onus, au sens relatif, comme une charge ou un fardeau qui accable le porteur, φόρτος. Pondus, la pesanteur envisagée par son côté avantageux, comme puissance et comme force, le poids, ἄχθος. Enfin, gravitas réunit ces deux rapports et exprime tantôt la pesanteur qui est à charge, tantôt le poids qui devient une force active, ϐάρος.

Mons. Jugum.

Mons, la montagne, par rapport à sa dimension en hauteur, ὄρος ; jugum, par rapport à ses dimensions en largeur et en longueur. Jugum a deux sens. Il se dit de la courbe supérieure de la montagne, courbe qui prend encore les noms plus précis de dorsum et de cacumen, selon qu’elle est aplatie ou pointue, par opposition à radices montis. Il se dit aussi des contre-forts d’une montagne et particulièrement des hauteurs par lesquelles différentes montagnes sont réunies de manière à former une chaîne. Par opposition à mons. Liv. XXII, 18. “Sub jugo montis prælium fuit.” “Le combat eut lieu au-dessous de la crête de la montagne.” Comparez avec XLI, 18. “Petilius adversus Balistæ et Leti jugum, quod eos montes perpetuo dorso conjungit, castra habuit.” “Pétilius campa en face des contre-forts du Baliste et du Létus qui réunissent ces montagnes par une crête continue.”

Mors. Letum. Nex. Obitus. Interitus. Perire. Oppetere. Demori. Intermori. Emori.

1. Mors et letum, la mort naturelle : mors, qui est le terme ordinaire, se prend simplement au sens physique ; c’est le chemin qui mène à la dissolution, θάνατος ; letum est le terme choisi, solennel, la mort imposée par le destin, οἶτος ; nex, la mort violente, terme passif, par opposition au terme actif de cædes.

2. Mors, letum, nex, sont des termes propres ; obitus et interitus, des euphémismes. Obitus désigne, comme exitus, une mort naturelle ; interitus et perire désignent habituellement, comme exitium, une mort violente. Plin. Ep. III, 7. “Silius ultimus ex Neronianis consularibus obiit, quo consule Nero periit.” “De tous les consulaires du règne de Néron, Silius fut le dernier à partir ; la mort violente de Néron date de son consulat.” Plaut. Epid. III, 4, 56. “Malo cruciatu pereas atque obeas cito.” “Va-t’en périr dans les tourments, pars au plus vite.”

3. Perire présente la mort comme une destruction et une corruption ; interire, comme une disparition, en sorte qu’à la rigueur celui-là regarde plutôt le corps, celui-ci plutôt l’âme. Plaut. Capt. III, 5, 32. “Qui per virtutem periit, at non interiit”, c’est-à-dire celui qui meurt par un noble trépas, de celui-là le corps seul périt, l’essence de son être (il ne s’agit pas ici de l’âme, mais de la renommée et de la gloire) ne passe point. En outre, perire désigne une mort prompte et tragique, particulièrement par suicide ; interire, une mort lente et douloureuse ou encore une mort paisible. Tac. Ann. XV, 44. “Et pereuntibus Christianis addita ludibria, ut ferarum tergis contecti laniatu canum interirent.” “Et pour se faire un jeu de la mort violente des chrétiens, on les couvrait de peaux de bêtes sauvages, et ils mouraient lentement déchirés par les chiens.” Serv. ap. Cic Famm. IV, 5. “Si quis nostrum interiit aut occisus est.” “Si l’un de nous est mort tranquillement ou s’il a été tué.”

4. Obire mortem présente la mort comme un accident physique ; on reste tout à fait passif ; oppetere, comme un acte moral : si l’on ne va pas chercher la mort, on l’attend du moins avec une fermeté méprisante.

5. Demori, sortir par la mort d’une société dans laquelle on laisse un vide ; intermori, être frappé pour un temps de mort apparente, ἐϰθανεῖν ; emori, mourir tout à fait, par opposition à un semblant de vie passée dans le malheur, l’esclavage et la honte, πανδίϰως θανεῖν. Cic. Pis. 7. “Ut emori potius quam servire præstaret.” “Plutôt mille morts que l’esclavage.”

Mulcere. Palpare.

Mulcere, passer légèrement la main sur un corps rude, par exemple, sur des cheveux pour les lisser ; au figuré, adoucir un homme en colère, comme ϰαταψῆν ; palpare, toucher légèrement un corps lisse, par exemple, la peau nue, pour causer par l’attouchement une sensation agréable ; au figuré, se mettre en frais d’amabilité, cajoler, comme ψηλαφᾷν.

Murus. Paries. Mœnia. Maceria. Parietinæ. Munimenta.

1. Murus, toute espèce de bâtisse en forme de mur, au point de vue exclusif de la forme, sans égard à la destination, τεῖχος ; paries, mur latéral, mur mitoyen ou cloison servant à établir des séparations, τοῖχος ; mœnia, murs d’une ville pour servir de défense contre l’ennemi, περίϐολος ; maceria, le mur qui entoure une pièce de terre pour en marquer les limites et pour la protéger contre les voleurs, la clôture d’un jardin, d’un vignoble, θριγϰός. Virg. Æn. VI, 549. Mœnia lata videt triplici circumdata muro.” “Il voit une vaste enceinte entourée d’un triple mur.” Tac. Ann. XV, 43. “Nero instituit, ut urbis domus non communione parietum sed propriis quæque muris ambirentur.” “Néron décida que les maisons de Rome n’auraient plus de murs mitoyens, que chacune aurait les siens.”

2. Muri, mœnia, etc., murs en bon état d’entretien ; parietinæ, murs en ruine.

3. Mœnia, remparts d’une ville propres à résister à un coup de main ; munimenta, fortifications régulières d’une place forte ou d’un camp retranché, capables de braver un assaut.

Mutilare. Truncare.

Mutilare se dit de mutilations légères, comme de briser les cornes, de couper le nez, les doigts, etc. ; truncare, de mutilations graves, comme de trancher les bras, les pieds, les mains. On peut comparer les mutilata membra à des rameaux et à des scions rompus ; les truncata, à de grosses branches abattues.

N

Nasus. Nares.

Nasus, le nez, partie saillante du visage, ῥίν ; nares, les fosses nasales ou narines, organe actif du sens de l’odorat, μυϰτῆρες.

Navigium. Navis. Celox. Lembus. Liburna. Scapha. Cymba. Linter.

Navigium est le terme général, comme bâtiment ; navis, véritable vaisseau destiné à de longues traversées ; celox, lembus et liburna, bateaux qu’on peut équiper et armer en guerre ; scapha, cymba et linter, canots ou nacelles destinés à de courtes excursions et à un simple trajet d’un bord à l’autre scapha et cymba, larges, en forme de chaloupe ; linter, long et effilé, en forme de pirogue.

Necessarius. Propinquus. Cognatus. Consanguineus. Affinis.

1. Necessarius, toute personne à laquelle on est lié par un rapport durable, par des relations d’affaires en qualité de collega, de patronus, de cliens, ou par des relations privées en qualité de familiaris, d’amicus, comme προσήϰοντες ; propinquus, toute personne à laquelle on tient par des rapports de famille, parent quelconque, comme ἀγχιστεῖς et ἔται : c’est le terme générique qui comprend, outre le cognatus et le consanguineus ou parents par le sang, l’affinis ou parent par mariage ou alliance, comme ϰηδεστής.

2. Cognatio, la parenté par le sang entre membres de la famille, comme σύναιμος ; consanguinitas, celle de nations qui appartiennent à la même race, comme συγγενής. Cæs. B. G. VII, 32. “Hominem summæ potentiæ et magnæ cognationis.” “Personnage très-puissant et de grande famille.” Comparez avec I, 11. “Ambarii necessarii et consanguinei Æduorum.” “Les Ambarriens attachés aux Éduens et de même race qu’eux.”

Necesse est. Oportet. Opus est. Debere.

1. Necesse est exprime une exigence de la nature et de la nécessité, comme ἀνάγϰη ἐστίν ; oportet, une exigence de la morale et de l’honneur, comme χρή ; opus est, de la prudence, comme δεῖ. Cic. Orat. II, 25. “Jure omnia defenduntur quæ sunt ejus generis, ut aut oportuerit, aut licuerit, aut necesse fuerit.” “On excuse tous les faits de ce genre en se rejetant sur une obligation morale, sur une liberté consacrée par l’usage ou sur la nécessité.” Att. IV, 6. “Si loquor de republica quod oportet, insanus, si quod opus est, servus existimor.” “Si je parle honneur à propos des affaires publiques, je passe pour un insensé ; si je parle prudence, je passe pour un esclave.” Sen. Ep. 94. “Emo non quod opus est, sed quod necesse est ; quod non opus est, asse carum est.” “Je ne fais point tous les achats qu’exigerait la prudence, mais seulement ceux qu’exige la nécessité ; pour une acquisition que la prudence ne commande pas, c’est trop d’une pièce de cuivre.” Sall. Jug. 31. “Nihil vi, nihil secessione opus est ; necesse est suomet ipsi more præcipites eant.” “La prudence n’exige de vous ni violence ni retraite sur le mont sacré ; il faut de toute nécessité que leur propre conduite les entraîne à leur perte.”

2. Oportet exprime le droit que les autres exercent sur nous au nom de la morale ; debere, l’obligation morale à laquelle nous nous sentons soumis, comme ὀφείλειν. Tac. H. IV, 7. “Accusatores etiamsi puniri non oporteat, ostentari non debere.” “Si on n’était point obligé en droit à punir les accusateurs, du moins ne devait-on pas les montrer au public.”

Negare. Infitiari. Infitias ire. Denegare. Pernegare. Recusare. Abnuere. Renuere. Repudiare.

1. Negare, nier au nom de la vérité qu’on voit ou qu’on prétend voir, comme ἀποφάναι, οὐ φάναι ; infiteri, infitiari et infitias ire, renier, désavouer pour quelque raison d’intérêt personnel, comme ἀρνεῖσθαι. Cic. Fr. Tog. cand. p. 525. Or. “Denique illi negare potuerunt et negarunt ; tu tibi ne infitiandæ quidem impudentiæ locum reliquisti.” “Pour eux, ils pouvaient nier et ils ont nié le fait ; pour toi, tu ne t’es même pas réservé le moyen de désavouer ton effronterie.”

2. Infiteri, terme vieilli ; infitiari, terme usuel et général. Infitias ire ne se construit en prose qu’avec une négation et répond alors à ne pas disconvenir.

3. Negatio, négation qui a pour but ou pour effet d’instruire l’auditeur ; pernegatio ou negitatio, de le convaincre quand il se montre incrédule ; denegatio, de le chagriner, particulièrement à propos d’une prière qu’on n’exauce pas. Mart. Ep. IV, 82. Negare jussi, pernegare non jussi.” “J’ai voulu un non tout court, je n’ai pas voulu de non répétés.” Cic. Phil. XI, 8, 19. “In quo maximum nobis onus imposuit ; assensero : ambitionem induxero in curiam ; negaro : videbor suffragio meo tanquam comitiis honorem homini amicissimo denegasse.” “L. César nous a mis là sur les épaules un pesant fardeau. Dire oui, c’est introduire des cabales dans le palais du sénat ; dire non, c’est paraître dénier par mon vote, comme par une décision des comices, cet honneur à mon meilleur ami.”

4. Negare ne suppose qu’une demande, ou faite ou faisable, à laquelle on répond non ; recusare suppose une insinuation qu’on repousse, d’où il résulte que negare est une manière de parler plus répandue et plus douce que recusare ; car le negans, qu’on questionne ou qu’on prie, nie simplement la possibilité de la chose ; le recusans se retranche sur-le-champ dans son droit, il proteste contre l’insinuation en homme qu’on menace ou sur lequel on empiète. Aussi negare, denegare, sont-ils plus usités à propos d’affaires particulières ; recusare, à propos d’affaires publiques.

5. Negare et recusare exigent des paroles ou des discours ; abnuere et renuere n’exigent guère que des signes ou des gestes : abnuere, un geste de la main pour congédier, comme ἀπονεύω ; renuere, un signe qui consiste à retirer la tête en arrière, comme ἀνανεύω.

6. Abnuere est une manière amicale ; renuere, une manière hautaine de dire non.

7. Recusare se rapporte à un objet qui s’annonce comme un fardeau et qui entreprend sur la résignation des gens, par opposition à suscipere ; repudiare, à un objet qui s’annonce comme un bien et qui promet du profit ou du plaisir, par opposition à assumere. Cic. Finn. I, 10,33. “Sæpe eveniet ut et voluptates repudiandæ sint et molestia non recusanda.” “Il y aura souvent lieu et de congédier les plaisirs et de ne pas repousser la peine.”

Neutiquam. Nequaquam. Minime.

Neutiquam, en aucun cas, par opposition à utique ; nequaquam, en aucune façon ; minime, pas le moins du monde.

Nihil est. Nihili est. Nullus est.

Nihil est exprime le comble de l’impuissance et de l’incapacité, comme être autant que rien ; nihili est, le défaut absolu de valeur, l’inutilité complète, comme ne compter pour rien ; enfin, nullus est, la négation de l’existence : n’être plus.

Nominare. Nuncupare. Vocare. Appellare.

Nominare et nuncupare, désigner une personne par son nom : nominare, par un nom qui lui appartient de vieille date ; nuncupare, donner un nom à un objet qui n’en a pas encore, dénommer, surnommer. Appellare et vocare, désigner une personne ou un objet par un nom, un titre ou un attribut quelconque.

Nonnunquam. Interdum. Aliquando.

Nonnunquam, de temps à autre, opposé à nunquam et semper, se rapproche de l’idée exprimée par sæpius, comme ἔσθ’ ὅτε ; interdum, parfois, opposé à crebro, se rapproche de l’idée exprimée par rarius, comme ἐνίοτε ; enfin, aliquando, quelquefois, une ou deux fois, opposé à semel, se rapproche de l’idée exprimée par propenunquam, comme ποτέ. Les interdum facta sont des faits isolés ; les nonnunquam facta, des faits qui se répètent ; les aliquando facta, des faits rares. Cic. Sext. 54. Comitiorum et concionum significationes interdum veræ sunt, nonnunquam vitiatæ et corruptæ.” “Les manifestations de comices et des autres assemblées sont parfois vraies ; ne sont-elles pas, de temps à autre, entachées de fraude et de violence ?”

Novus. Recens. Novicius.

1. Novus, nouveau, se dit de ce qui n’existait pas précédemment, par opposition à antiquus, comme νέος ; recens, récent, de ce qui n’existe pas depuis longtemps, comme ϰαινός.

2. Novus se prend généralement pour tout ce qui est nouveau ; il y a, de plus, dans novicius, l’idée accessoire du novice qui a de nouvelles habitudes à prendre ou du nouveau venu auquel il faut que les autres s’habituent.

Numen. Deus. Divus. Semo. Heros.

Numen, pris dans son acception générale, tout être divin, δαίμων. C’est le terme générique, par rapport à deus, anciennement divus, le dieu, θεός, et à semideus, le demi-dieu, ἡμίθεος, ou semo, moitié homme, moitié dieu. L’usage a donné pour équivalent à ces deux mots, outre heros, qui est d’origine étrangère, numen, pris dans son acception restreinte. Plin. Pan. 2, 3. “Nusquam ut deo, nusquam ut numini blandimur.” “Nous ne cherchons aucune occasion de lui complaire comme à un dieu, ni même comme à un demi-dieu.”

Nuper. Modo.

Nuper, il y a quelques jours, quelques mois, même quelques années, dernièrement, νεωστί ; modo, il y a quelques instants, à l’instant même, ἄ ρτι. Cic. Verr. IV, 3, 6. Nuper homines nobiles ejusmodi ; sed quid dico nuper ? imo vero modo ac plane paulo ante vidimus.” “De ces hommes illustres nous en avons vu dernièrement. Et que signifie ce dernièrement ? Ne les voyions-nous pas encore tout à l’heure, à l’instant ?” Tusc. I, 24. “Quanta memoria fuit nuper Charmadas ! quanta qui modo fuit Scepsius Metrodorus !” “Et, dans ces derniers temps, quelle mémoire chez Charmadas ! quelle encore chez Scepsius Métrodorus, qui vient à peine de s’éteindre !”

O

Objicere. Exprobrare.

Objicere, adresser à quelqu’un un reproche dont il peut se justifier comme d’une accusation ; exprobrare, un blâme qu’il est obligé de laisser peser sur lui. L’objiciens entend qu’on s’explique ; l’exprobrans ne cherche qu’à couvrir de honte. Cic. Verr. V, 50, 132. “Num casus bellicos tibi exprobrare aut objicere videor ?” “Est-ce que j’ai l’air de tirer contre toi des hasards de la guerre un sujet de blâme ou de reproche ?”