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Manuel de synonymie Latine

Chapter 414: Præditus. Instructus. Exstructus. Ornatus.
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About This Book

A concise handbook that distills a larger multi-volume study into alphabetized entries defining Latin words, distinguishing closely related terms, and noting classical usage and opposites. It classifies synonyms into three pedagogical groups—those to learn early, those to teach at advanced stages, and those whose differences remain subtle—while omitting detailed etymologies and extended citations. Where useful, entries offer corresponding Greek or French equivalents and practical advice for teachers and students about when nuance matters in composition and textual interpretation.

Perfuga. Transfuga. Profugus. Fugitivus. Extorris. Exul. Perfugium. Suffugium. Refugium.

1. Perfuga et transfuga, le déserteur qui fuit d’un parti vers l’autre, αὐτόμολος : mais le transfuge, perfuga, passe à l’ennemi en criminel qui trahit son parti ; le transfuga n’est qu’un homme irrésolu qui abandonne les siens pour aller ailleurs. Profugus et fugitivus, le fugitif qui abandonne sa demeure : le profugus est un infortuné qui cède à la force en fuyant sa patrie et qui court le monde comme un banni, φυγάς ; le fugitivus est un coupable qui se dérobe à son devoir, à son poste, à sa prison, à son maître, δραπέτης. On entend généralement par perfuga et transfuga un soldat, par profugus un citoyen, par fugitivus un esclave. Liv. XXX, 43. “De perfugis gravius quam de fugitivis consultum.” “Les transfuges furent plus sévèrement traités que les esclaves fugitifs.”

2. Perfugium, asile public et sûr dans des dangers sérieux ; suffugium, asile sinon secret, du moins fortuit et temporaire contre des contrariétés ; refugium, asile préparé ou du moins choisi d’avance en cas de retraite.

3. Profugus marque un état de fait, celui d’un homme qui fuit hors de son pays ; extorris, un état politique, comme proscrit ; exul, un état légal comme exilé. L’extorris subit un malheur, il ne peut plus rester dans sa patrie ; l’exul subit un châtiment, il n’a plus le droit d’y rester. Appul. Met. V, p. 101. Extorres et... velut exulantes.” “Proscrits et comme exilés.”

Perlucidus. Pellucidus. Perlegere. Pellegere. Perlicere. Pellicere. Perjurare. Pejerare.

Examinant ces mots par couples, le premier des deux, qui est la forme primitive, a chaque fois l’accent sur l’adverbe per ; le second, qui est une forme adoucie par l’assimilation de l’r en l ou par l’élimination de l’r, a l’accent sur le nom ou sur le verbe, et la racine accentuée prédomine dans la signification du composé.

1. Perlucidus, très-lumineux ; pellucidus, transparent.

2. Perlegere, lire d’un bout à l’autre ; pellegere, parcourir, feuilleter.

3. Perlicere, attirer avec une force irrésistible ; pellicere, séduire.

4. Perjurare, prêter un faux serment ; pejerare, violer un serment.

Perperam. Falso. False. Fallaciter.

1. Perperam s’entend de la fausseté du fait, comme inexactement ; falso, de la personne qui se trompe, comme par erreur, par méprise...

2. Falso agere ne se dit que d’une erreur où l’on est ou d’une illusion qu’on se fait ; false et fallaciter agere supposent qu’on va contre ce qu’on sait et contre sa conscience : false, comme faussement, par crainte et faiblesse de caractère ; fallaciter, comme fallacieusement, avec la mauvaise intention de duper et de trahir. Comparez Tacite, Ann. I, 1. “Tiberii res... ob metum false compositæ sunt” (d’après le texte de Wolf). “La peur a dicté des faussetés aux historiens de Tibère” ; avec Germ. 36. “Inter impotentes et validos falso quiescas.” “Entre des voisins puissants et forts un peuple ne goûte qu’un repos trompeur.”

3. Les idées exprimées par falso et false sont réunies dans l’adjectif falsus, qui ne se distingue que de fallax. Cic. Phil. XII, 2. “Spes falsa et fallax.” “Fausse et perfide espérance.” Tac. Ann. XVI, 32. “Specie bonorum falsos et amicitiæ fallaces.” “La fausseté sous un semblant de vertu, la perfidie sous un semblant d’amitié.”

Perquam. Valde. Admodum. Magnopere.

Perquam, extraordinairement, avec une nuance de surprise chez la personne qui parle ; valde, très, admodum, assez, et multum, servent simplement à renforcer le sens de l’attribut ou du verbe, magnopere, du verbe seul.

Pervicacia. Perseverantia. Pertinacia. Contumacia. Destinatio. Obstinatio.

1. Pervicacia et perseverantia présentent comme une vertu l’attachement à un sentiment dans lequel on est entré : la pervicacia est fondée sur une énergie naturelle, c’est l’ardeur opposée à la lassitude ; la perseverantia, sur le développement des qualités sérieuses, c’est la persistance opposée à la versatilité. Pertinacia et contumacia expriment un défaut : la pertinacia provient d’un attachement opiniâtre à une résolution prise comme l’entêtement et la présomption, par opposition à la condescendance ; la contumacia, de l’orgueil qu’on met à défendre son libre arbitre, même contre une autorité compétente et légitime, comme l’arrogance et l’esprit de résistance par opposition à la docilité ou obsequium. Accius dans Non. “Tu pertinaciam esse, Antiloche, hanc prædicas, ego pervicaciam esse aio et a me uti volo.” “Tu soutiens que c’est de l’entêtement ; je dis que c’est une fermeté généreuse que je tiens à montrer.” Cic. Inv. II, 54. “Unicuique virtuti finitimum vitium reperietur, ut pertinacia quæ finitima perseverantiæ est.” “On rencontrera un défaut dans le voisinage de toutes les vertus ; c’est ainsi que l’entêtement est voisin de la persévérance.”

2. Pervicacia, etc., marquent la stabilité dans une résolution prise ; destinatio et obstinatio ont plus de rapport à l’acte qui consiste à la prendre : destinatio, lorsqu’elle est irrévocable, c’est de la décision ; obstinatio, lorsqu’on s’y attache en dépit de tous les obstacles, même insurmontables, et de toutes les représentations raisonnables, c’est de l’endurcissement.

Petere. Rogare. Postulare. Exigere. Poscere. Flagitare.

1. Petere et rogare, termes généraux pour toute espèce de demande, soit qu’on prie, soit qu’on exige ; ils tiennent le milieu entre poscere et orare, sauf à se rapprocher quelque peu du dernier : petere se rapporte à l’objet qu’on souhaite ; rogare, à la personne à laquelle on s’adresse, d’où petere aliquid ab aliquo, mais rogare aliquem aliquid. Cic. Verr. IV, 28, 64. “Iste petit a rege et eum pluribus verbis rogat, ut id ad se mittat.” “Il tâche d’obtenir cela du roi et l’en sollicite longuement.” Famm. II, 6. “Ne id quod petat, exigere magis quam rogare videatur.” “Pour tâcher d’en venir à ses fins sans se donner des airs de créancier plutôt que de solliciteur.”

2. Postulare et exigere se disent d’une demande pure et simple par laquelle on fait tranquillement connaître sa volonté : postulare s’entend plutôt de ce qu’on veut et souhaite ; exigere, de ce qu’on prétend. Poscere et flagitare se disent d’une demande pressante : poscere, d’une demande faite d’un ton décidé, avec le sentiment de son droit ou de sa puissance ; flagitare, d’une demande faite avec impétuosité dans la passion et dans l’impatience du désir. Tac. H. II, 39. “Othone per literas flagitante ut maturarent, militibus ut imperator pugnæ adesset poscentibus ; plerique copias trans Padum agentes acciri postulabant.” “La lettre d’Othon exprimait une vive impatience d’en finir ; les soldats exigeaient que l’empereur payât de sa personne au jour de la bataille ; un très-grand nombre souhaitaient qu’on fît venir les troupes établies au delà du Pô.” Cic. Verr. III, 34. “Incipiunt postulare, poscere, minari.” “Viennent les demandes, les exigences, les menaces.” Planc. 19. Poscere atque etiam flagitare crimen.” “Exiger, vouloir emporter une accusation.” Legg. I, 5. Postulatur a te jam diu vel flagitatur potius historia.” “Voilà longtemps qu’on te demande ou plutôt qu’on brûle de t’arracher cette histoire.”

Petulans. Procax. Protervus. Lascivus.

Le petulans blesse le sentiment des convenances, modestia, par caprice, par des agaceries et des provocations inutiles ; le procax, par indiscrétion, impertinence et importunité ; le protervus, par impétuosité, par un laisser-aller qui ne respecte rien ; le lascivus, par une joie bruyante et folâtre. Il faut chercher l’origine de la petulantia dans l’aversion pour le repos et la paix ou même dans la méchanceté ; celle de la procacitas dans la hardiesse ou l’impudence ; celle de la protervitas dans le sentiment exagéré de sa force ou dans l’orgueil ; celle de la lascivia dans la gaieté du caractère ou dans le défaut de gravité. Liv. XXXVIII, 24. “Flagitatum quoque stipendium, procacius quam ex more et modestia militari erat.” “On réclama vivement la solde avec une impudence contraire à tous les usages et à la subordination.”

Piget. Tædet. Pœnitet.

Piget se dit en général de ce qu’on ne se soucie ni de faire ni de souffrir ; tædet, de ce qu’on ne se soucie point de faire ni de souffrir plus longtemps ; pænitet, de ce qu’on aimerait mieux n’avoir jamais fait ni souffert.

Pinguis. Opimus. Obesus. Corpulentus.

1. Pinguis, gras dans un sens indifférent ou défavorable, la graisse étant de toutes les parties constituantes du corps la plus insensible et la moins élastique, d’où au figuré mou ; opimus, gras dans le bon sens, quand c’est un signe que les chairs sont pleines et qu’on est bien nourri, d’où au figuré abondant.

2. Obesus se dit de l’embonpoint, mais en associant à l’idée principale une idée accessoire de pesanteur par opposition à gracilis ; corpulentus se dit de l’embonpoint pris par son beau côté, par rapport à la prestance qui l’accompagne.

Plane. Omnino. Prorsus. Penitus. Utique.

Plane, nettement, netto par opposition à pæne ou à vix ; omnino, entièrement, et en général par opposition aux subdivisions, aux cas isolés, aux exceptions, à magna ex parte ou à separatim, comme ὅλως ; prorsus, précisément, par opposition à en quelque sorte ou à pour ainsi dire ; penitus, de fond en comble, jusqu’au fond, par opposition à dans une certaine mesure ou à superficiellement, πάντως ; utique, dans tous les cas, il a pour opposés à tout hasard, peut-être, ὁπωσδήποτε.

Plerique. Plurimi.

Plerique, superlatif absolu, un très-grand nombre ; plurimi, superlatif relatif, la plupart. Tac. Ann. XIII, 27. Plurimis equitum, plerisque senatorum non aliunde originem trahi.” “La plupart des chevaliers, un très-grand nombre de sénateurs n’avaient pas d’autre origine.”

Pluvia. Imber. Nimbus.

Pluvia, phénomène bienfaisant, pluie générale qui abreuve le sol altéré, ὑετός ; imber et nimbus, phénomène désagréable, pluie locale qui vient gâter une belle journée : imber, lorsqu’elle est accompagnée d’un temps froid et orageux ; nimbus, d’un temps couvert.

Poculum. Calix. Scyphus. Simpuvium. Cyathus. Crater.

1. Poculum et calix, qui appartiennent à la vieille langue latine, se disent de tout vase à boire, sans autre idée que celle de l’usage auquel il sert : poculum, vase ordinaire pour les repas ; calix, vase, coupe plus riche pour les festins. Scyphus, cantharus, cymbium, culigna, mots étrangers empruntés au grec, se disent de certaines espèces de vases par rapport à leur forme.

2. Poculum, etc. servent tous de vases à boire ; le vieux mot romain simpuvium et cyathus qui est venu plus tard, vases à puiser pour remplir les pocula en prenant au crater, comme on remplit les verres à punch en puisant avec la cuiller dans le bol.

Polliceri. Promittere. Spondere. Recipere.

Polliceri, promettre de plein gré, par un acte de complaisance et de prévenance, ἐπαγγέλλεσθαι ; promittere, à la suite d’une demande, par un acte de consentement, avec l’intention de tenir, ὑπισχνεῖσθαι ; spondere et despondere, promettre formellement, à la suite d’une stipulatio par un engagement qui lie en justice, ἐγγυᾶν ; recipere, prendre sur soi et s’engager d’honneur pour tranquilliser une personne qui est dans la peine, ἀναδέχεσθαι. Le pollicens fait des offres agréables ; le promittens ouvre une perspective satisfaisante ; le spondens donne une garantie judiciaire ; le recipiens nous ôte nos soucis. Cic. Att. XIII, 1. “Quoniam de æstate polliceris vel potius recipis.” “Puisque tu t’avances sur ce sujet ou plutôt puisque tu te fais fort” ; car le pollicens n’engage que sa bonne volonté, le recipiens répond du succès. Sen. Ep. 19. “Jam non promittunt de te sed spondent.” “Ils ne se bornent plus à promettre, ils s’engagent pour toi.” Cic. Famm. VII, 5. “Neque minus ei prolixe de tua voluntate promisi quam eram solitus de mea polliceri.” “Et je lui ai promis ta bienveillance avec autant d’assurance que si je n’avais eu qu’à m’avancer pour mon compte : car Cicéron ne pouvait donner au nom de Trébatius que des espérances, mais il pouvait faire de son chef des promesses positives.”

Porca. Sulcus. Lira.

Porca, billon, terre relevée entre deux sillons ; sulcus, creux du sillon, trace faite dans la terre par la charrue ; lira, tantôt l’un, tantôt l’autre.

Posse. Quire. Valere. Pollere.

1. Posse et quire sont originairement transitifs : posse, être apte par vigueur et par force, δύνασθαι ; quire, par le concours de toutes les qualités qu’on possède, comme οἷόν τ’ εἶναι. Cic. Tusc. II, 27. “Barbari ferro decertare acerrime possunt, viriliter ægrotare non queunt.” “Les barbares peuvent bien se battre à outrance le fer à la main ; aux prises avec la maladie, ils sont incapables d’être hommes.” Valere et pollere sont neutres, d’où possum ou queo vincere, mais valeo ou polleo ad vincendum.

2. Valere, posséder une juste mesure de forces, valoir un autre homme, par opposition à des forces insuffisantes, comme σθένειν ; pollere, avoir un excès de forces et de ressources et se distinguer par là de la foule, par opposition à des forces ordinaires, comme ἰσχύειν.

Potentia. Potentatus. Potestas. Vis. Robur.

Potentia, potentatus et potestas, puissance qui vient du dehors, qui a des hommes pour instruments et pour sujets ; vis et robur, puissance, force intérieure, indépendante du concours et de la bonne volonté d’autrui. Potentia, pouvoir de fait qui se fait sentir à volonté, δύναμις ; potentatus, rang du souverain reconnu par le peuple, δυναστεία ; potestas, autorité légitime et légalement déférée, ἐξουσία. Tac. Ann. XIII, 19. “Nihil tam fluxum est quam fama potentiæ non sua vi nixæ.” “Rien de si fragile que le crédit d’un pouvoir qui n’a point en lui-même les éléments de sa force.” Vis, la force active et agressive, comme faculté de contraindre les autres, ϰράτος ; robur, la force au repos, comme faculté de résister et de durer, ῥώμη.

Præbere. Exhibere. Præstare. Repræsentare.

Præbere et exhibere, aller spontanément au-devant d’un besoin ou d’un désir : le præbens cède son bien à quelqu’un ; l’exhibens se dessaisit du sien en faveur du public. Præstare et repræsentare, s’exécuter pour remplir un devoir : le præstans se libère, pour ainsi dire, d’une dette en se rangeant à son devoir ; le repræsentans accomplit une promesse, au lieu de tarder encore à la tenir.

Præda. Manubiæ. Spolia. Exuviæ. Rapina. Prædo. Latro. Pirata.

1. Præda et manubiæ, le butin considéré comme un bien de conquête et comme un profit ; spolia et exuviæ, considéré en outre comme une marque de victoire et d’honneur.

2. Præda, toute espèce de butin ; manubiæ, le butin légitime du soldat, fait à la guerre ; rapina, le butin illégitime du prædo, qui trouble la paix publique, le fruit du vol.

3. Prædo, brigand en général, celui qui exerce le brigandage comme un métier, ληστής. C’est le terme générique, par rapport à latro, le voleur de grands chemins, σίνις, et à pirata, le pirate. Raptor, le ravisseur d’une personne ou d’un objet déterminé, ἁρπαϰτήρ.

Præditus. Instructus. Exstructus. Ornatus.

1. Præditus s’entend d’une qualité éminente qui est un titre d’honneur ; instructus et exstructus, d’une qualité solide qui rend propre à certains usages. Les deux idées sont réunies dans ornatus. L’instrumentum sert, le decus donne de l’éclat, l’ornamentum semble tirer son lustre d’une utilité éminente. Instructus suggérera, par exemple, l’image d’un armement complet qui est un gage de protection et de sécurité ; ornatus, celle d’un armement parfait et imposant. Il faut se placer à un point de vue élevé et viser à l’idéal pour juger l’ornatus indispensable ; c’est du luxe, par rapport aux besoins ordinaires de la vie. Cic. Phil. X, 4. “Græcia copiis non instructa solum, sed etiam ornata.” “La Grèce, qui abonde en ressources solides et même apparentes.” Sen. Tranq. 9. “Sicut plerisque libri non studiorum instrumenta, sed cœnationum ornamenta sunt.” “Pour beaucoup de gens, une bibliothèque n’est point un instrument d’étude, c’est un décor indispensable dans une salle à manger.”

2. Instructus se rapporte à des personnes et à des objets destinés à jouer un rôle offensif ou défensif ; exstructus, à des objets dont la destination est passive, par exemple, instructæ naves, mais exstructæ mensæ. Les exstructa ne laissent plus rien à faire ; les instructa ont reçu un premier achèvement, une préparation complète et n’ont plus qu’à remplir leur destination.

3. Instructus se rapporte à la simple possession des moyens ; paratus, au propriétaire de ces moyens, prêt lui-même à en tirer parti.

Præmium. Pretium. Merces.

Præmium, récompense honorable destinée à distinguer celui qui la reçoit, par opposition à pœna, ἆθλον, γέρας ; pretium et merces, payement destiné à acquitter une dette : pretium, prix d’achat pour une marchandise qu’on nous cède, par opposition à gratia, ὦνος ; merces, ce qu’on paye pour tout ce qu’on prend ou tient à louage, hommes et choses, μισθός.

Præterea. Insuper. Ultro.

Præterea, de plus, marque simplement qu’on ajoute ce qu’il faut pour compléter un compte, comme πρὸς τούτοις ; insuper, en sus, par-dessus le marché, qu’on fait mesure comble, comme προσέτι ; enfin, ultro, en outre, que ce qu’on ajoute va fort au delà de ce qu’on avait déjà fait, en sorte que tout ce qui a précédé n’a plus aucune valeur.

Pridem. Diu. Dudum. Diuturnus. Diutinus.

1. Pridem marque un point dans le temps, une époque, comme il y a longtemps ; diu et dudum marquent un espace, une période, comme depuis longtemps : diu, depuis bien des jours, des mois, des années ; dudum, depuis plusieurs minutes ou plusieurs heures. Jam pridem mortuus est veut dire : il est mort il y a très-longtemps, c’est un aoriste ; mais jam diu mortuus est : il est depuis longtemps dans la tombe, c’est un parfait. Cic. Cat. I, 1. “Ad mortem te duci jam pridem oportebat ; in te conferri pestem illam quam tu in nos omnes jam diu machinaris.” “Il y a longtemps que j’aurais dû te faire conduire au supplice et amasser sur ta tête tous les maux que tu nous prépares depuis longtemps.” Tac. Ann. XV, 64. “Seneca Statium Annæum diu sibi amicitiæ fide et arte medicinæ probatum orat, provisum pridem venenum promeret.” “Sénèque prie Statius Annæus, qui avait depuis longtemps sa confiance comme ami et comme médecin, de lui apporter le poison dont ils étaient autrefois convenus.”

2. Diuturnus se dit d’une longue durée, soit indifféremment, comme de quelque chose de long, en général, soit par éloge, comme de quelque chose de durable et de solide, par opposition à ce qui passe vite, χρόνιος ; diutinus exprime un blâme et se dit de ce qui pèse ou ennuie, comme αἰανός. Cic. Senect. 19. “Nihil mihi diuturnum videtur, in quo est aliquid extremum.” “Une durée dont je vois le terme ne me paraît jamais longue.” Comparez avec Famm. XI, 8. “Libertatis desiderio et odio diutinæ servitutis.” “Par regret de la liberté et par haine d’un esclavage prolongé.”

Primores. Principes. Proceres. Optimates.

Primores et principes, les personnages qui jouent un rôle dans l’État, la classe des citoyens influents et notables, par opposition à la foule : primores, ceux qui sont tout portés à cette hauteur par le privilége de la naissance, de la fortune et du rang ; principes, ceux qui, par leur esprit, leurs talents politiques, leur activité, deviennent orateurs, chefs de parti, et s’élèvent aux premières places parmi les primores même et dans tout l’État. Proceres, les grands envisagés dans leur condition naturelle, comme noblesse, par opposition au commun du peuple ; optimates, les mêmes grands considérés comme parti politique, comme aristocrates, par opposition aux démocrates. Accius dans Non. Primores procerum provocaret nomine.” “Nommer, en les défiant, les premiers personnages de la noblesse.”

Primus. Princeps. Imperator. Cæsar.

1. Primus, le premier à paraître dans l’espace ou dans le temps, en sorte que les autres lui succèdent ; princeps, le premier à faire une chose, celui dont les autres suivent l’exemple.

2. Princeps, l’empereur investi en matière civile de l’autorité suprême qui lui avait été insensiblement dévolue en sa qualité de prince du sénat, princeps senatus ; imperator, l’empereur investi de la plus haute autorité militaire, personne, hors lui et les membres de sa famille, ne pouvant plus être proclamé imperator ; enfin, Cæsar, l’empereur, comme membre, et à partir de Galba, comme simple successeur de la famille et de la dynastie de César.

Privus. Proprius. Peculiaris.

Privus se dit de la propriété de fait, par opposition à ce que les autres possèdent, à alienus, comme οἰϰεῖος ; proprius, de la propriété exclusive, par opposition aux biens de droit commun, à communis, comme ἴδιος ; enfin peculiaris, des biens qu’on a en propre, par opposition à ceux qu’on partage avec tout le monde, à universalis.

Procul. Longe. Eminus. E longinquo.

1. Procul, à une certaine distance qui permet encore de voir les objets, par opposition à juxta, comme ἄποθεν ; longe, à une grande distance, hors de la portée de la vue, par opposition à prope, comme τῆλε.

2. Eminus, de loin, d’une distance dont la mesure est donnée par la portée des traits ; il est opposé à cominus, comme πόῤῥωθεν ; e longinquo, de très-loin, d’une forte distance, par opposition à e propinquo, comme τηλόθεν.

Prodigus. Profusus. Helluo. Nepos.

Prodigus et profusus présentent la dissipation comme un trait de caractère : prodigus, en ce sens qu’on ne connaît pas la valeur de l’argent et du bien, qu’on n’est ni désireux ni capable de les faire valoir parcimonieusement, comme le prodigue ; profusus, en ce sens que rien ne paraît trop cher pour satisfaire des fantaisies, par frivolité, comme le dissipateur. Helluo et nepos s’entendent d’un caractère qui se résume tout entier en une seule manie, celle de la dissipation : helluo, le viveur et le libertin émérite ; nepos, le fils de famille qui mange son avoir et celui de ses parents.