Ripa. Littus. Ora. Acta.
1. Ripa, bord d’une rivière, ὄχθη ; littus, ora, acta, bord de la mer. Mela. III, 9. “Oras ad Eurum sequentibus nihil memorabile occurrit ; vasta omnia vastis præcisa montibus ripæ potius sunt quam littora.” “Le rivage suivi dans la direction de l’est n’a rien de remarquable ; des espaces arides coupés par des montagnes nues font songer aux bords d’un torrent et ne rappellent guère les bords de la mer.” Vitruv. II, 9, 14. “Circa ripam fluminis Padi et littora maris Adriatici.” “Au bord du Pô et sur les côtes de l’Adriatique.”
2. Littus, bord conçu comme une ligne qui sépare la terre de la mer, ἠιὼν et ῥηγμὶν, la côte ; ora et acta, comme un espace et une zone qui s’étend le long de la mer, le rivage, ἀϰτὴ et αἰγιαλός : ora, au sens géographique, comme terre riveraine, par opposition à l’intérieur des terres ; mais acta, au sens esthétique, celui d’un rivage qui offre des paysages charmants et un séjour agréable. Liv. XXIV, 8. “Classem paravimus ut Africæ oram popularemur, ut tuta nobis Italiæ littora essent.” “Nous avons équipé une flotte : c’est pour dévaster le rivage de l’Afrique et pour mettre à l’abri de toute insulte les côtes de l’Italie”, Plin. Ep. V, 6, 2. “Gravis et pestilens ora Tuscorum, quæ per littus extenditur.” “Il y a en Toscane, le long de la côte, une zone malsaine et empestée.” On trouve littoris ora, c’est-à-dire ora per littus extensa. Prudent. contr. Symm. IV, 136. “Invenit expositum secreti in littoris acta.” “Il le trouve exposé dans un enfoncement sur une côte retirée.” Cic. Famm. IX, 6. “Ea tractes quorum et usus et delectatio est omnibus illis actis et voluptatibus anteponenda.” “Faites-vous des occupations utiles et attrayantes, préférables à tous les paysages, à tous les plaisirs qu’on demande aux bords de la mer.” C’est un mot emprunté au grec que Tacite préfère remplacer, H. III, 76, par la périphrase amœna littorum.
- Ritus, v. Consuetudo.
- Rixa, v. Disceptatio.
- Robustus, v. Validus.
- Rivalitas, v. Imitatio.
- Robur, v. Potentia.
Rogare. Orare. Obsecrare. Obtestari. Precari. Supplicare.
1. Rogare et orare se disent d’une demande, d’une requête ; on exprime tranquillement un désir : le rogans se sent l’égal de celui auquel il s’adresse et ne veut qu’une complaisance, comme l’αἰτῶν ; l’orans reconnaît la supériorité de l’autre et demande un bienfait, comme le δεόμενος. Obsecrare et obtestari expriment une requête passionnée, comme conjurer : l’obsecrans est vif, comme le λιπαρῶν ; l’obtestans est pressant. Cic. Att. XVI, 16. “Igitur, mi Plance, rogo te atque etiam oro.” “Oui, mon cher Plancus, c’est une demande et même une requête.” Pseudocic. Red. 16. “Pro mea vos salute non rogavit solum, verum etiam obsecravit.” “Il ne vous a pas demandé, il vous a adjurés de me sauver.”
2. Precari se dit d’une prière faite avec calme en levant les mains au ciel, comme εὔχεσθαι ; supplicare, d’une invocation passionnée, comme ἱϰετεύειν ; on se jette à genoux ou par terre, on se tord les mains. Mais precor se dit aussi par hyperbole de toute sollicitation, et supplicare, de toute humble requête adressée à des hommes. Cic. Parad. V, 3. “Noctu venire domum ad eum, precari, denique supplicare.” “Aller le trouver la nuit dans sa maison, prier, supplier.”
Rogare. Interrogare. Percontari. Sciscitari.
Rogare, interrogare et quærere, faire des questions : rogare, en comptant sur une réponse, on veut savoir ; interrogare, en espérant une réponse, on souhaite de savoir. Percontari et sciscitari, presser de questions : percontari, par envie de s’instruire, d’un ton sérieux et posé, il s’agit de s’éclairer ; sciscitari, avec un air de curiosité, d’indiscrétion, de précipitation, de finesse ; il s’agit de se renseigner.
Ruina. Strages.
Ruina, écroulement de matériaux superposés avec ordre, dont la base vient à céder ; strages, chute d’un corps qui se tenait debout et qu’un choc renverse. Liv. IV, 33. “Strages ruinæ similis.” “Un abatis qui ressemble à un écroulement.”
Rumor. Fama.
Rumor, bruit ou nouvelle qui se propage par des voies incertaines, obscures, clandestines, par opposition à la certitude ; fama, tradition que répand la voix publique, par opposition à ce qu’on sait pour l’avoir vu de ses propres yeux. Le bruit, rumor, intéresse par sa nouveauté ; c’est un sujet de curiosité, il passe avec la génération au milieu de laquelle il est né ; la tradition, fama, intéresse par son importance ; elle entre dans le domaine de la science et se transmet comme un héritage à la postérité.
Rus. Ager. Rusticus. Agrestis. Rusticanus.
1. Rus, la campagne, par opposition à la ville, le village avec sa banlieue ; ager, la campagne, par opposition à une localité quelconque, les champs. Cels. Med. 1. “Sanum oportet... modo ruri esse, modo in urbe, sæpiusque in agro.” “Il faut, pour se porter bien, vivre tantôt à la campagne, tantôt à la ville, surtout aux champs.”
2. Rusticus, ἀγροῖϰος, celui qui habite le village ; agrestis, ἄγριος, celui qui a grandi aux champs, en sauvage, comme ferus : le terme est cependant plus doux, car ferus exprime directement la sauvagerie comme faisant le fond du caractère, et agrestis en rappelle seulement l’idée par la désignation du séjour ou de l’origine.
3. Transportant ces termes aux qualités de l’esprit, rusticus désigne plutôt la grossièreté intellectuelle ; agrestis, la grossièreté morale. Rusticus s’entend, comme champêtre, de la timidité et de la simplicité ; il se rapproche dans le bon sens de l’innocence et dans le mauvais de la gaucherie ; agrestis marque, comme rustique, l’effronterie et la bassesse ; il ne se prend jamais en bonne part, il confine à la feritas. Le rusticus (opposé urbanus) ne blesse que les conventions du savoir-vivre ; l’agrestis (opposé humanus) blesse les lois naturelles de la décence.
4. Quand Cicéron veut adoucir encore l’idée exprimée par rusticus et prévenir toute équivoque, il emploie de préférence rusticanus. Rusticus désigne alors le paysan qui naît, vit et meurt au village ; rusticanus, le citadin que les circonstances y relèguent. On peut ranger parmi ces derniers les provinciaux, municipes, en qualité de rusticorum similes.
S
Sabulo. Harena. Sabura.
Sabulo, et dans Pline sabulum, le sable considéré comme une espèce de terre légère ; harena, arena, comme une terre sèche, pierreuse, comme des parcelles ou de la poussière de pierre, par opposition à un sol fertile ; enfin, sabura, saburra se rapporte particulièrement à l’usage qu’on fait du sable pour lester les vaisseaux.
- Sacellum, v. Templum.
Sacer. Sanctus.
Sacer, sacré, s’entend, comme ἱερὸς, de ce qui est la propriété des dieux, par opposition à profanus ; sanctus, saint, de ce qui est sous leur protection, à l’abri de toute souillure, pur et sans tache, par opposition à pollutus, comme ὅσιος. Sanctus homo, âme pure, agréable aux dieux ; sacer, mortel maudit, dévoué aux dieux à titre de victime expiatoire. Et de même sancire signifie mettre sous la protection immédiate des dieux, en parlant, par exemple, de lois et de traités d’alliance ; sacrare, dédier aux dieux, en parlant, par exemple, de temples et d’autels.
- Sacramentum, v. Jusjurandum.
Sacrare. Consecrare. Dicare. Dedicare.
Sacrare, consecrare, mettre au nombre des choses saintes, on tient à marquer que tout usage profane de ces choses est et demeure retiré et interdit aux hommes ; dicare et dedicare, consacrer, on tient à marquer qu’on attribue aux dieux la propriété de la chose. Consecrare peut s’employer absolument, mais dedicare exige qu’on nomme le nouveau propriétaire.
Sæpe. Crebro. Frequenter. Frequentare. Celebrare.
1. Sæpe, souvent, par opposition à semel, à nonnunquam, à semper, comme πολλάϰις ; il s’agit de la répétition des mêmes actes en des temps différents ; crebro et frequenter, fréquemment, par opposition à raro ; il s’agit de la pluralité des objets ou des événements : crebro, coup sur coup et plutôt trop que trop peu, comme θαμά ; frequenter, bien des fois. Creber se dit en général d’une multitude pressée et entassée ; frequens, d’une foule nombreuse. Frequens contient un éloge, comme largus ; creber, un blâme, comme spissus. Et on dit du sénat frequentes senatores, lorsqu’il s’agit de marquer qu’il est au complet ; on emploierait crebri, si la place manquait à cause de la presse et si les sénateurs étaient à l’étroit sur leurs siéges.
2. Frequentare, visiter souvent un lieu, ne le point négliger ; celebrare, le visiter souvent et le rendre par là animé et bruyant.
Sævitia. Crudelitas.
Sævitia, cruauté sanguinaire du tyran qui a, comme la bête féroce, du plaisir à tuer et à faire souffrir, par opposition à mansuetudo ; crudelitas, cruauté froide du juge ou du souverain qui applique la loi dans toute sa sévérité, par opposition à clementia.
Salus. Sanitas. Valens. Saluber. Sanus. Salutaris.
1. Salus marque en général la prolongation de l’existence, par opposition à interitus ; sanitas, un état de bonne santé, par opposition à ægritudo ; il s’entend du corps dans son acception primitive, de l’âme dans son acception usuelle.
2. Sanus et valens, qui approchent du sens d’integer, marquent un état sain, mais temporaire ; saluber et validus, qui approchent du sens de robustus, un état sain et constant. Salubris oratio, langue saine par excellence, pleine d’une vigueur naturelle ; sana oratio, langage sobre et réfléchi.
3. Sanus et saluber présentent la santé comme un état de bien-être ; valens et validus, comme une faculté qui rend propre à l’action.
4. Au sens transitif, saluber, salubre, se dit de ce qui procure et conserve la santé, sanitatem, par opposition à pestilens, comme ὑγιεινός ; salutaris, salutaire, de ce qui sauve et conserve la vie, salutem, par opposition à pestiferus, comme σωτήριος. Caton, dans Plin., H. N. XVIII, 6. “Nihil salutare est nisi quod toto anno salubre.” “Le seul régime salutaire, c’est un régime salubre d’un bout de l’année à l’autre.”
Salvus. Sospes. Incolumis. Integer.
Salvus et sospes, σῶς, conservé et sauvé, par opposition à perdu : salvus, en langage ordinaire ; sospes, dans le style élevé. Incolumis et integer, ἀσϰηθὴς, sain et sauf, entier, intact : incolumis, par opposition à une blessure, etc. ; integer, par opposition à une insulte. Tac. H. I, 84. “Mea cum vestra salus incolumitate senatus firmatur”, c’est-à-dire notre salut dépend de ce qu’on ne touche pas à un seul cheveu du sénat. Et I, 66. “Verba Fabii salutem incolumitatemque Viennensium commendantis” : salus se rapporte au danger de mort, incolumitas, au danger du pillage. Cic. Dejot. 15. “Sunt tuæ clementiæ monumenta... eorum incolumitates quibus salutem dedisti.” “La preuve la plus solide de ta clémence, c’est que les personnes qui te doivent leur salut n’ont pas souffert le moindre dommage.”
Sanguis. Cruor. Sanguineus. Sanguinolentus. Cruentus.
1. Sanguis, le sang qui circule dans le corps et qui entretient la vie, αἷμα ; cruor, le sang qui coule ou qui a coulé du corps, ϐρότος. Cic. N. D. II, 55. “Sanguis per venas in omne corpus diffunditur.” “Des vaisseaux distribuent le sang dans tout le corps.” Comparez avec Rosc. Am. VII, 19. “Ut cruorem inimici quam recentissimum ostenderet.” “Pour faire parade du sang encore tout frais versé de son ennemi.” Tac. Ann. XII, 47. “Mox ubi sanguis artus extremos suffuderit, levi ictu cruorem eliciunt atque invicem lambunt.” “Dès que le sang s’est porté aux extrémités, un coup léger le fait jaillir et chacun des deux lèche celui de l’autre.” Sanguis est le principe de la vie physique, cruor le symbole du meurtre.
2. Sanguineus, qui se compose de sang ; sanguinolentus, qui a l’odeur ou l’aspect du sang ; cruentus, taché de sang.
Sanies. Pus.
Sanies, pus liquide et dégoûtant ; pus, rongeur et pernicieux.
- Sanitas, sanus, v. Salus.
Sapiens. Prudens. Callidus. Scitus. Solers. Cordatus. Catus.
1. Sapiens, celui qui, n’ayant que des intentions pures, choisit les bonnes routes et s’attache imperturbablement à les suivre ; prudens et callidus, celui qui sait choisir les meilleurs moyens et s’en servir avec circonspection : prudentia, sagacité ou prudence naturelle qui fait le fond du caractère ; calliditas, connaissance du monde et des hommes acquise et gagnée par l’expérience et la pratique. Cic. Fr. Scaur. 5. “Hominis prudentis natura, callidi usu, doctrina eruditi.” “Un homme que la nature a doué de finesse, que l’expérience a mûri, à qui la science a tout appris.”
2. Prudens, celui qui possède un coup d’œil juste et pratique, par opposition à stultus, comme perspicace ; scitus, celui qui a du tact, de l’esprit naturel et du savoir-faire, comme avisé ; solers, sollers, celui qui possède un génie pratique et inventif, comme ingénieux, par opposition à iners ; cordatus, celui qui a un sens droit, par opposition à excors ; catus, celui qui découvre et connaît des voies et des moyens secrets, comme délié.
Sapor. Gustus. Gustare. Libare.
1. Sapor, la saveur propre et particulière à un corps, par opposition à odor, etc. ; gustus ou gustatus, la perception de cette saveur ou le sens du goût, par opposition à olfactus, etc. Sen. Ep. 109. “Debet esse aptatus ad hujus modi gustum, ut ille tali sapore capiatur.” “Il faut être accoutumé au goût du miel pour en apprécier la saveur.”
2. Le libans ne fait que porter les choses aux lèvres ou à la bouche ; le gustans en perçoit la saveur et en distingue le goût. Ovid. Am. I, 4, 34. “Si tibi forte dabit, quæ prægustaverit ipse, rejice libatas illius ore dapes.” “S’il arrive qu’il commence par goûter au morceau qu’il t’offre, rejette le mets qui a effleuré ses lèvres.”
Satelles. Stipator.
Satelles, garde du corps considéré comme un mercenaire ; stipator, comme un défenseur. Cic. Rull. II, 13. “Ex equestri loco ducentos in singulos annos stipatores corporis constituit, eosdem ministros et satellites potestatis.” “Il tire tous les ans de l’ordre des chevaliers une compagnie de deux cents gardes qui deviennent les serviteurs et les satellites du pouvoir.”
Satis. Affatim. Abunde.
1. Satis désigne, comme suffisamment et ἱϰανῶς, la juste mesure sans idée accessoire ; affatim et abunde y ajoutent cette idée qu’il y a plutôt trop que trop peu ; mais abunde, copieusement, ἅλις, se prend au sens absolu par rapport à la chose, il y a assez ; affatim, ἀφθόνως, jusqu’à pleine satisfaction, se prend au sens relatif, par rapport à la personne, on en a assez. On peut avoir à son avis assez travaillé, affatim, sans que la quantité de travail soit suffisante et que ce soit satis. Cic. Att. II, 16. “Puto enim me Dicæarcho affatim satis fecisse.” “Je me suis donné suffisamment de mal pour Dicéarque, et je trouve que c’est assez.” Et XVI, 1. “Satis est et affatim prorsus.” “Cela suffit très-amplement.” Liv. IV, 22. “Frumentum non necessitati satis, sed copiæ quoque abunde ex ante confecto sufficiebat.” “Les anciens magasins fournissaient du blé en suffisance, et même fort au-delà, en abondance.”
2. Satiare, satisfaire, apaiser un besoin en général, la faim, un désir vif ; saturare, apaiser une envie contre nature, manie, faim canine, haine, soif du sang.
Satis habere. Contentum esse. Boni consulere. Contentus. Æquus animus.
1. Satis habere, estimer suffisant, exprime un jugement : il n’y a point de passion qui soit en jeu et qui empêche d’apprécier la juste mesure ; contentum esse, se contenter, exprime un sentiment : c’est une marque de modestie et d’empire sur soi-même ; enfin, boni consulere, se déclarer satisfait, exprime un acte de volonté : on renonce à voir un vœu se réaliser, on s’accommode résolument de ce qui ne peut être évité. Satis habere se construit avec l’infinitif ; contentum esse, avec l’ablatif ou avec quod.
2. Contentus animus marque un contentement relatif : on prend son parti d’une chose, on ne murmure point de ce que le bonheur reste incomplet ; æquus animus exprime le contentement absolu : on se sent complétement satisfait et on n’aspire point à un état plus heureux.
Saxum. Rupes. Cautes. Petræ. Scopuli. Lapis. Calculus. Scrupulus.
1. Saxum, rupes et cautes, grandes masses ; lapis, calx et scrupus, petites masses de pierre. Plin. H. N. XXXVI, 22. “Silex viridis ubi invenitur, lapis, non saxum est.” “Le jade vert est une pierre qu’on ne trouve qu’en morceaux, ce n’est point une roche.”
2. Saxa, grandes masses de pierre de toute forme, πέτραι ; rupes et petræ, masses de pierre escarpées et hautes, rochers qui peuvent être un obstacle ; cautes et scopuli, masses de pierre pleines d’aspérités et de pointes, dangereuses, écueils : cautes, roches basses, invisibles sous l’eau, perfides ; scopuli, écueils qui se dressent au-dessus des eaux, qui menacent, qui annoncent le danger, σϰόπελοι.
3. Lapis, terme général, la pierre comme matière, sans égard à sa forme, λίθος ; calculus, pierre polie et ronde, galet ; scrupus, scrupulus, pierre raboteuse et anguleuse, caillou ; mais ce sens de scrupus n’a pour lui que l’autorité des grammairiens, et il ne se rencontre guère dans les auteurs qu’au sens figuré de scrupule.
Scandere. Adscendere. Escendere. Conscendere. Inscendere.
Scandere, gravir une hauteur escarpée, grimper avec effort, en s’aidant des pieds et des mains. Adscendere, escendere, conscendere et inscendere, monter en général : adscendere, sans idée accessoire, simplement par opposition à descendere ; escendere, escalader une hauteur qui sert de défense, comme un rempart, des murailles, ou encore monter en quelque lieu où l’on doit être en vue, comme une tribune aux harangues ; conscendere, monter à plusieurs, par exemple, sur un vaisseau ; inscendere, monter dans un lieu fermé, par exemple, dans une voiture.
- Scapha, v. Navigium.
Scelestus. Sceleratus. Nefarius. Nefandus. Impius.
Scelestus se rapporte aux intentions, comme ad scelera pronus et promptus ; sceleratus, aux actions, comme sceleribus pollutus atque opertus. C’est toujours l’adjectif sceleratus qui accompagne des termes physiques, comme porta, campus, vicus, porte, champ, quartier de ville où un crime a été commis, et en général des objets ne peuvent pas s’appeler scelesta, à moins d’être personnifiés. Et de même nefarius et impius ont trait à l’impiété de la personne, avec cette seule différence que la perversité : de l’impius éclate dans ses sentiments, celle du nefarius dans ses sentiments et ses actions ; mais nefandus se rapporte exclusivement au caractère exécrable de l’action.
- Scelus, v. Delictum.
- Scientia, v. Cognitio.
- Scipio, v. Fustis.
- Scitus, v. Sapiens.
- Scopuli, v. Saxum.
- Scrobs, v. Specus.
- Scrupulus, v. Saxum.
- Schola, v. Ludus.
- Scindere, v. Findere.
- Sciscitari, v. Rogare.
- Scobina, v. Lima.
- Scropha, v. Sus.
- Scrutari, v. Quærere.
Scutum. Clypeus. Parma.
Scutum, grand bouclier qui couvre l’homme entier, σάϰος ; clypeus et parma, bouclier de grandeur moyenne et de forme ronde, ἀσπίς : clypeus, pour l’infanterie ; parma, pour l’infanterie et la cavalerie ; enfin, pelta, petit bouclier en forme de demi-lune ; cetra, petit bouclier de cuir. Liv. IX, 19. “Macedonibus clupeus... Romano scutum, majus corpori tegumentum.” “Les Macédoniens ont le bouclier rond, les Romains le grand bouclier droit, qui couvre bien mieux le corps.” XXXI, 36. “Cetratos, quos peltastas vocant, in insidiis abdiderat.” “Il avait mis en embuscade une troupe de ces soldats qui portent de petits boucliers de cuir et qu’on appelle ordinairement peltastes.”
Sedes. Sedile. Sella.
Sedes, siége offert par la nature, ἕδος ; sedile et sella, meuble fait pour s’asseoir : sedile, quelle que soit la forme, chaise ou banc, mobile ou à demeure, ἕδρα ; sella, de forme déterminée, chaise ou fauteuil, θρόνος.
Semper. Usque.
Semper, toujours et éternellement, sans restriction ni limite, au sens absolu ; usque, toujours, mais dans des limites déterminées, au sens relatif, usque dum, donec, etc. ; on le rencontre sans complément dans les poëtes, par exemple : Hor. Sat. I, 9, 19. “Usque sequar te.” “Je te suivrai jusqu’au bout.”
- Sempiternus, v. Continuus.
- Senecta, senectus, senium, v. Vetus.
- Senex, v. Puer et Vetus.
- Sensim, v. Paulatim.
Sententia. Opinio. Suffragium.
1. Sententia, manière de voir fondée sur ce qu’on sait clairement, conviction acquise, γνώμη ; opinio, opinion fondée sur un simple sentiment, δόξα.
2. Sententia, vote motivé du sénateur, etc., γνώμη ; suffragium, simple suffrage qui se réduit à un oui, à un non ou à un nom propre, ψῆφος.
- Sentes, v. Dumi.
- Sentire, v. Intelligere.
Seorsum. Separatim.
Seorsum, à part, pour empêcher de tomber dans le domaine commun, avec une idée accessoire de secret ; separatim, séparément, pour prévenir la confusion, avec une idée accessoire d’ordre.
Sepelire. Condere.
Sepelire et condere s’entendent de la cérémonie funèbre prise dans toute son étendue ; c’est conduire un mort à sa dernière demeure, avec plus ou moins de pompe, qu’on ait ou non commencé par brûler les restes : sepelire est le terme propre et technique ; condere, le terme général et euphémique. Humare, mettre en terre ; c’est le dernier acte des funérailles, par opposition à cremare.
Sera. Claustrum. Pessulus. Repagulum. Obex.
Seræ et claustra, serrures : sera, serrure mobile, cadenas ; claustrum, serrure fixe. Pessuli, repagula et obices, verrous qui tiennent lieu de serrures : pessulus, petit verrou pour les fores ; repagulum, grand verrou pour les valvas, et obex pour les portas.
Series. Ordo.
Series, série, succession mécanique, accidentelle d’objets de même nature et de même espèce ; ordo, suite, enchaînement nécessaire, conçu comme tel, de choses qui vont ensemble par destination. Series exprime une notion mathématique ; ordo, une idée morale.
Serius. Severus.
Severus se prend au sens actif, on ne plaisante pas ; serius a le sens neutre et s’entend de ce qui ne saurait être un sujet de plaisanterie. Severe veut dire gravement ; serio, sérieusement. Severus se joint, comme épithète, à des noms de personnes ; serius, à des noms de choses. Hor. A. P. 107. “Decent vultum severum seria dictu.” “Un rôle grave ne souffre que des propos sérieux.” Sen. Tranq. 15. “Nihil magnum, nihil severum nec serium quidem ex tanto apparatu putat.” “Tout compte fait, il ne reste à ses yeux rien de grand, rien de grave ni même de sérieux sur ce vaste théâtre du monde.” Severus s’oppose à hilaris, à remissus, à luxuriosus ; serius, à jucundus, jocosus, et serio, à joco, per jocum. Tout cela n’empêche pas qu’on ne rencontre à la place de serius le positif severus et surtout le comparatif severior, le superlatif severissimus, le substantif severitas, parce que la langue latine n’a point tiré de serius des formes correspondantes.
Sermo. Colloquium. Oratio.
Sermo, conversation qui a lieu par hasard ou du moins sans but déterminé et sérieux ; colloquium, entretien prémédité qui roule sur un point convenu.
2. Sermo, discours familier ; oratio, discours travaillé et conforme aux règles de l’art. Qu’une personne prenne et conserve un certain temps la parole dans une compagnie, c’est un sermo ; on ne doit guère qu’au hasard de ne pas être interrompu ; mais l’oratio a une étendue déterminée, un commencement, un milieu et une fin ; on compte qu’on ne sera pas interrompu. Le langage de la vie commune est celui qui règne dans le sermo, soit en prose, soit en vers, comme chez les comiques et dans les Sermonibus d’Horace ; dans l’oratio, c’est une langue choisie et savante. Cic. Orat. 19. “Mollis est oratio philosophorum et umbratilis... Itaque sermo potius quam oratio dicitur.” “Les discours des philosophes ont un fond de douceur et un goût de retraite. Ils méritent plutôt le nom de causeries que celui de discours.” Tac. H. I, 19. “Apud senatum non comptior Galbæ, non longior... sermo ; Pisonis comis oratio.” “Qu’il fût au sénat ou à l’armée, Galba ne mettait ni plus de façon ni plus de temps à ses discours ; Pison soignait fort les siens.”