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Manuel de synonymie Latine

Chapter 506: Stirps. Truncus.
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About This Book

A concise handbook that distills a larger multi-volume study into alphabetized entries defining Latin words, distinguishing closely related terms, and noting classical usage and opposites. It classifies synonyms into three pedagogical groups—those to learn early, those to teach at advanced stages, and those whose differences remain subtle—while omitting detailed etymologies and extended citations. Where useful, entries offer corresponding Greek or French equivalents and practical advice for teachers and students about when nuance matters in composition and textual interpretation.

Servus. Famulus. Mancipium. Minister. Ancilla. Servitus. Servitium.

1. Servus, ancilla, famulus et mancipium, personne qui n’est point libre, esclave ; minister, serviteur libre, subalterne. Plin. Ep. X, 97. Ancillæ quæ ministræ dicebantur.” “Des femmes esclaves qu’on appelait des servantes.” Il s’agit des réunions des chrétiens.

2. Servus, l’esclave au sens politique et légal, comme soumis au joug, par opposition à dominus, δοῦλος et δμώς ; famulus, au sens patriarcal, comme membre et partie de la famille, par opposition à herus, οἰϰέτης ; enfin, mancipium, au sens économique, comme propriété et marchandise, ἀνδράποδον.

3. Serva, la femme esclave, quand il s’agit de faire ressortir l’état légal ; ancilla, la femme esclave dans la vie ordinaire, comme féminin usuel de servus.

4. Servitus, l’esclavage, au sens indifférent, comme une condition régulière, naturelle, légale ; servitium, comme un état extraordinaire, violent, honteux, avec une idée de mépris ou de compassion. Mais la plupart des prosateurs n’emploient, comme terme abstrait, que servitus, et ils se servent de servitium, particulièrement de servitia, comme d’un terme concret en lieu et place de servi.

Severitas. Gravitas. Strenuitas.

Severitas, la gravité qui tient à la manière de penser et de juger ; gravitas, celle qui impose aux gens ; strenuitas, celle qui paraît dans les actions.

Silere. Tacere. Reticere. Obticere.

1. Silere, ne faire aucun bruit, σιωπᾷν, par opposition à strepere ; tacere, ne dire mot, se taire, σιγᾷν, par opposition à loqui, dicere. Le composé reticere signifie se taire quand on a quelque chose à dire et qu’on le garde pour soi, par opposition à eloqui, proloqui ; le composé obticere, obticescere, rester muet en face d’une personne qui adresse une question ou qui attend une explication, par opposition à respondere. Cic. Harusp. 28. “Sed tamen facile tacentibus cæteris reticuissem.” “Il m’eût été facile d’être discret, si les autres avaient su se taire.”

2. Tacens et tacitus présentent le silence comme un état temporaire : tacens se dit de toute personne qui ne parle point ; tacitus, de celle qui, ayant sujet de parler, à dessein ne parle point et observe un silence significatif ; taciturnus marque une qualité habituelle, comme silencieux et taciturne.

Silva. Saltus. Nemus. Lucus.

Silva, forêt en général, abondante en arbres qui fournissent du bois, ὕλη ; saltus, forêt considérée comme un lieu sauvage, bois de montagnes, νάπη ; nemus, comme un lieu agréable, bocage, parc ; lucus, comme un lieu saint, bois consacré aux dieux, ἄλσος, ἄλτις.

Sinister. Lævus.

Ils s’entendent tous les deux du côté gauche. Sinister est le terme usuel et prosaïque, comme ἀριστερός ; lævus, le terme choisi et poétique, comme σϰαιός. Au figuré sinister est le symbole de la défaveur et de la mauvaise chance ; lævus, celui de la perversité et de la maladresse.

Sistere. Inhibere. Statuere.

Sistere et inhibere, rendre immobile, arrêter : sistere, en parlant d’un être qui vit et qui court ; inhibere, d’un objet inanimé qui a été mis en mouvement. Statuere, fixer à demeure, établir sur un pied solide.

Socius. Sodalis. Sociennus. Amicus. Familiaris. Particeps. Consors.

1. Socii, gens unis pour agir en commun par des intérêts mutuels, compagnons, etc. ; sodales et socienni, ἑταῖροι, pour jouir en commun de la vie, parce qu’ils se plaisent mutuellement, camarades : sodalis, terme noble ; sociennus, terme comique. Socius se joint à un génitif qui marque le but de l’association ou sociatio ; sodalis, à un génitif ou à un adjectif possessif qui désigne l’autre sodalis : socius periculi, culpæ, mais sodalis meus.

2. Sodalis, camarade avec lequel on a des rapports de société et surtout des rapports agréables ; amicus, ami avec lequel on fait échange des sentiments sacrés de l’amour et de l’estime ; familiaris, ami intime avec lequel on n’a qu’un cœur et qu’une âme, étant lié pour les affaires frivoles comme pour les affaires sérieuses.

3. Le socius rei travaille ou souffre avec un autre ; le particeps et le consors partagent une jouissance ou une possession : le particeps, par une intervention volontaire, par opposition à expers, comme μέτοχος ; le consors, parce qu’il lui échoit une part, par opposition à exsors. Cic. Balb. 28. “Fuit hic multorum illi laborum socius aliquando ; est fortasse nunc nonnullorum particeps commodorum.” “Il a été à plusieurs reprises le compagnon de ses nombreux travaux ; peut-être veut-il bien partager à présent quelques avantages avec lui.” L’associé à l’empire est un socius imperii, en ce sens qu’il aide à expédier les affaires du gouvernement ; c’est un consors, en ce sens qu’il a dû être appelé à cette dignité.

Solemnia. Feriæ. Dies festi. Festa.

Solemnia, les fêtes considérées comme des institutions solennelles et périodiques ; feriæ, comme des jours de repos et de délassement ; festa, ou en prose dies festi, comme des jours de joie.

Solere. Consuevisse. Adsolere.

1. Solere s’emploie à propos d’événements et de toute sorte d’actions, comme avoir coutume, φιλεῖν ; consuevisse ne se dit que d’une action personnelle, comme être habitué, εἰωθέναι. Dans Liv. XXXVIII, 17. “Hæc quibus insolita atque insueta sunt Græci timeant.” “Les Grecs ne sont ni accoutumés ni habitués aux maux qui les menacent” : insolitus ne fait allusion qu’à la fréquence du fait ; insuetus marque qu’il faut que le sujet soit actif, soit passif, se familiarise avec lui.

2. Solet se prend en bonne ou en mauvaise part ; assolet contient un éloge et revient à recte ou rite solet.

Solitudo. Vasta. Deserta. Tesca.

Solitudo exprime la solitude d’un lieu dans un sens indifférent ou avec éloge ; vasta, deserta, tesca loca se prennent en mauvaise part : vasta loca, lieux sans culture, par opposition à culta ; deserta, espaces inhabités, par opposition à habitata ; et tesca, tesqua, désert où règne un silence effrayant, par opposition à celebria loca.

Solum. Fundus. Vadum. Fundamentum.

Solum, fundus et vadum, base et fond naturel : solum, le sol sur lequel on a le pied ferme, par opposition aux éléments mobiles, à l’air, à l’eau ; fundus, fond d’un vase, par opposition au reste de l’espace que le vase enferme ; vadum, fond d’un cours d’eau, d’un lac, de la mer, par opposition à l’eau qui coule ou porte dessus. Fundamentum, fondement, base artificielle sur laquelle repose un édifice, etc., et qui n’est pas moins nécessaire que le sol même, solum, lorsqu’il s’agit d’élever une construction. On dit proverbialement : Omnis res jam in vado est, couler une affaire, à fond, par une métaphore empruntée d’un nageur qui atteint le fond de l’eau ; mais : Largitio fundum non habet : Profusion n’a pas de fond, par une métaphore empruntée au tonneau des Danaïdes. Cic. Brut. 74. Solum et quasi fundamentum oratoris vides.” “Tu as sous les yeux le sol et même le fondement sur lequel bâtit l’orateur.”

Somnus. Sopor. Somnium. Insomnium.

1. Somnus, terme usuel, prosaïque ; sopor, terme choisi, poétique, pour désigner le sommeil. Sopor n’a en prose que la signification causative : c’est une drogue ou une influence soporifique ; ce n’est point un profond sommeil.

2. Somnium, le rêve, en prose, ὄναρ ; insomnium, en poésie, ἐνύπνιον.

Spectrum. Mostellum. Manes. Lemures.

Ces quatre termes se disent également d’un esprit qui revient après la mort. Ils diffèrent en ce que spectrum renferme l’idée d’une apparition surnaturelle ; mostellum, celle d’une apparition effrayante ; manes, celle d’un esprit bienfaisant ; lemures, d’un esprit taquin.

Specus. Caverna. Antrum. Spelunca. Spelæum. Fovea. Scrobs.

1. Specus et caverna, cavités soit souterraines, soit au niveau du sol, sorte de termes génériques, par rapport à antrum, spelunca et spelæum, cavités à ouverture verticale qui pénètrent dans une montagne, et à scrobs, fovea et favissa, fosses à ouverture horizontale qui s’enfoncent sous terre.

2. Specus, crevasse à ouverture longitudinale ; caverna, trou à ouverture ronde.

3. Spelunca, caverne, au sens physique, avec allusion à son obscurité et à son aspect effrayant ; antrum, grotte, au sens esthétique, avec allusion à son aspect pittoresque et à sa fraîcheur ; enfin, spelæum, mot d’origine étrangère qui ne se trouve que chez les poëtes, tanière et repaire des bêtes.

4. Fovea, fosse qu’on laisse ouverte ou qu’on recouvre pour servir de magasin et surtout de piége pour prendre une bête sauvage ; scrobs, fosse que l’on comble sur-le-champ et qu’on ne creuse que pour mettre quelque chose en terre, comme un plant d’arbre ou un cadavre.

Spernere. Contemnere. Despicere. Aspernari. Recusare. Fastidire. Negligere.

1. Spernimus rejicienda, fugienda, ut libidines.” “Nous dédaignons ce qu’il convient de rejeter ou d’éviter, comme les caprices.” Contemnimus magna, metuenda, ut pericula, mortem.” “Nous méprisons les maux qui effrayent par leur grandeur, comme les dangers et la mort.” Despicimus infra nos posita, ut vulgi opiniones.” “Nous regardons de haut en bas ce qui est au-dessous de nous, comme les opinions du vulgaire” (Lambin). En d’autres termes, spernere, spernari, aspernari, ne pas se soucier, par opposition à appetere, concupiscere, à peu près comme ἀποϐάλλειν ; contemnere, et chez les poētes temnere, ne pas craindre, par opposition à timere, metuere, comme ϰαταφρονεῖν ; enfin, despicere, despectare, ne faire aucun cas, par opposition à suspicere, revereri, admirari, comme ὀλιγωρεῖν.

2. Spernere présente le dédain sous l’aspect d’un sentiment qui se contient ; il est synonyme de parvi putare, negligere, comme mépriser et dédaigner ; spernari et aspernari, qui est plus usité, se disent de l’expression du dédain ; ils sont synonymes de recusare, abnuere, rejicere, comme repousser. L’idée saillante est dans spernere celle du peu d’estime ; dans aspernari, celle de l’aversion. Spernere se rapporte à un objet qu’il ne tiendrait qu’à nous de posséder ; aspernari, à un objet qui nous est offert ou imposé.

3. Aspernari, avouer son aversion sans pousser les choses plus loin ; recusare, protester et refuser irrévocablement. Curt. VI, 6, 7. “Principes aspernantes quidem, sed recusare non ausos Persicis ornaverat vestibus.” “Les chefs, qui ne cachaient point leur aversion, mais qui n’osaient aller jusqu’à un refus, se virent parés par ses mains du costume persan.”

4. Le spernens obéit à une antipathie qu’autorisent la morale et la raison ; il a plus ou moins conscience des motifs qui lui font dédaigner quelque chose ; le fastidiens obéit à une antipathie physique et instinctive, innée ou accidentelle, qui provient d’un accès de satiété ou de quelque cause analogue ; enfin, le negligens n’obéit ni aux suggestions de la raison ni à celles de l’instinct et du sentiment : il agit sans penser ni vouloir.

Sponte. Ultro. Sua sponte. Voluntate. Libenter.

1. Sponte, de soi-même ; ultro, soudainement. Sponte se rapporte à l’impulsion qui fait agir ; ultro, à l’effet. Liv. X, 19. “Orare ne collegæ auxilium, quod acciendum ultro fuerit, sua sponte oblatum sperneretur.” “On le prie de ne point dédaigner le secours de son collègue, qu’il aurait dû demander par une résolution soudaine et qu’on lui offrait de bon cœur.” Sponte accusare veut dire être porté de soi-même à intenter une accusation ; ultro accusare, aller jusqu’à prendre le rôle d’accusateur lorsqu’on devrait s’estimer heureux de n’être pas accusé soi-même. Cette expression elliptique ultro accusavit s’explique donc par la phrase complète : “Haud contentus non accusari ab altero ultro etiam progressus est, ut ipse accusaret alterum”, ou ultro progressus accusavit alterum”.

2. Sponte, de propos délibéré, s’oppose à casu, à necessitate ; sua sponte, par sa propre impulsion et par cette impulsion seule, αὐτομάτως, à rogatus, provocatus ou invitatus.

3. Sponte et spontaneus, ἑϰὼν et ἑϰούσιος, présentent une action volontaire et libre comme une affaire d’intelligence ; voluntate et voluntarius, ἐθελοντὴς, comme une affaire de volonté, par opposition à invite ; enfin, libenter et libens, ἄσμενος, comme une affaire de sentiment, par opposition à tædio.

Stella. Astrum. Sidus.

Stella, toute étoile prise à part dans le nombre immense des globes que contient l’univers, ἀστήρ ; astrum, chacun des grands corps lumineux qui sont au ciel, le soleil, la lune et les principales étoiles distinguées par un nom propre, ἄστρον ; enfin, sidus, assemblage d’étoiles, constellation et même, à cause de la parenté qu’il y a entre les idées de foule et de grandeur, étoile de première grandeur, astre, τέρας, τείρεα. Astrum et stella, étoiles, au sens physique, comme des corps célestes lumineux ; sidus, au sens astronomique et astrologique, comme des météores dont l’apparition possède un sens et exerce de l’influence sur les affaires de ce monde. Sen. Helv. 9. “Dum ortus siderum, occasus intervallaque et causas investigare velocius meandi vel tardius, spectare tot per noctem stellas micantes liceat.” “Pourvu qu’on me permette d’observer le lever des constellations, leur coucher, leurs distances, les causes qui accélèrent ou retardent leur marche, d’arrêter mes regards sur cette foule d’étoiles qui brillent dans le cours de la nuit.”

Stipes. Vallus. Palus. Sudes.

Stipes et vallus, gros pieu, poutre ou pilotis qui ne peut être enfoncé qu’à l’aide d’un mouton : stipes, bon à différents usages, à la guerre et ailleurs ; vallus, façonné tout exprès pour servir de palissade. Palus et sudes, menu pieu, perche ou branche, facile à enfoncer : le palus s’emploie à toute sorte d’usages, comme pieu de haie, surtout comme piquet, échalas ou tuteur ; le sudes sert spécialement par la pointe, comme palis, pique ou javelot.

Stirps. Genus. Gens. Prosapia. Posteritas. Progenies. Proles. Suboles.

1. Stirps, genus et gens, qui sont des termes abstraits et collectifs par rapport à majores, désignent ordinairement la race ou la ligne ascendante ; prosapia, progenies, propago, proles, suboles, la lignée ou la ligne descendante, ce sont des termes abstraits et collectifs par rapport à posteri.

2. Prosapia, terme archaïque et pompeux qui n’est d’usage qu’en parlant de familles d’une antique noblesse ; posteritas, terme usuel, prosaïque ; progenies, terme choisi, noble ; proles et suboles, termes poétiques : proles présente les enfants comme des fruits nouveaux, comme une jeune génération destinée à vivre à côté de l’ancienne ; suboles, comme des rejetons destinés à remplacer la génération qui s’en va.

3. Gens, famille politique ; genus, famille naturelle. La gens se compose de familles que le fondateur de l’État a réunies en communauté ou en association ; le genus, d’espèces et d’individus qui, en vertu de leurs caractères communs, appartiennent à une seule et même classe.

Stirps. Truncus.

Stirps, la tige ou partie essentielle par laquelle l’arbre vit et se conserve, par opposition aux branches et aux feuilles considérées comme des excroissances et des dépendances ; truncus, le tronc, partie nue et sèche, par opposition aux branches, aux feuilles, à la couronne qui servent de parure à l’arbre. Il correspond au tronc du corps humain.

Strabo. Pætus.

Strabo, celui qui louche par nature, infirmité ou mauvaise habitude ; pætus, celui qui fait des yeux louches à dessein et par espièglerie.

Studium. Benevolentia. Favor. Amor. Gratia.

1. Studium désigne ordinairement l’amour et l’attachement de l’inférieur pour le supérieur, du soldat pour son général, du sujet pour son souverain, du disciple pour son maître, du partisan pour son chef et son parti ; favor, l’amour et la faveur du supérieur pour l’inférieur, du public pour un comédien, du peuple pour un candidat, du juge pour une des parties ; enfin, benevolentia, l’amour et la bienveillance pour un égal. Dans Cic. Rosc. Com. 10. “Quod studium et quem favorem secum in scenam attulit Panurgus ?” “Quel zèle et quelle faveur quand Panurge entre en scène ! il faut se représenter le public d’abord comme auditeur, puis comme juge de l’acteur.” Orat. I, 21. “Ego qui incensus essem studio utriusque vestrum, Crassi vero etiam amore.” “Moi qui étais tout feu dans mon zèle pour vous deux, dans mon amour pour Crassus.”

2. Studium, favor et benevolentia expriment une inclination passagère occasionnée et limitée par les circonstances, calme ou même tiède ; amor, un amour enraciné au fond de l’âme et voisin de la passion. Cic. Fam. I, 9. “Nihil est quod studio et benevolentia vel potius amore effici non possit.” “Je ne sais rien que le zèle et la bienveillance ou plutôt l’amour ne soit capable d’accomplir.” Att. V, 10. Amores hominum in te et in nos quædam benevolentia.” “L’amour qu’on te porte et une certaine bienveillance qu’on a pour nous.”

3. Favor, faveur qu’on accorde, par opposition à invidentia ; gratia, faveur dont on jouit, par opposition à invidia.

Stupidus. Brutus. Bardus. Stultus. Fatuus. Stolidus.

Stupidus, brutus et bardus sont des termes exclusivement négatifs qui marquent un défaut d’intelligence : stupidus, celui de l’homme qui comprend difficilement, qui est épais, ἀναίσθητος ; brutus, celui de la brute et de l’homme qu’un vice d’organisation ravale au niveau de la brute, qui n’entend rien, qui est dépourvu de raison, ϐλὰξ, idiot ; bardus, celui de l’homme qui ne comprend qu’avec lenteur, qui n’a aucun talent, ϐραδὺς, lourd. Stultus, fatuus et stolidus expriment une qualité positive de l’esprit qui a des idées fausses et qui juge de travers : stultus, un défaut de sagesse pratique qui est de la déraison, μωρὸς, sot, par opposition à prudens ; fatuus, un défaut de bon sens qui est de la puérilité, comme nigaud ; stolidus, un défaut de convenance et de modération qui est de la grossièreté, comme impertinent. Liv. XXV, 19. “Id non promissum magis stolide quam stulte creditum.” “Promesse impertinente, sotte crédulité.”

Suavis. Dulcis.

Suavis s’entend, comme ἡδὺς, d’une odeur agréable, et au figuré d’un attrait qui se fait suivre ; dulcis s’entend, comme γλυϰὺς, d’une saveur agréable, et au figuré d’un charme qui entraîne ; il sert à renchérir sur suavis dans Plin. Ep. V, 8, 10. “Hæc vel maxima vi, amaritudine, instantia ; illa tractu et suavitate atque etiam dulcedine placet.” “L’historien ne plaît guère que par la force, l’austérité, la chaleur ; l’orateur plaît par l’abondance, l’agrément et la grâce.” Plin. H. N. XV, 2732. Dulce et pingue et suave.” “Le lait, qui n’est point précisément un corps gras, ne flatte que médiocrement l’odorat et la langue.”

Succensere. Irasci. Indignari. Stomachari.

Succensere, garder rancune, et ægre, graviter, moleste, difficiliter ferre, prendre en mal, expriment un mécontentement contenu ; irasci, indignari et stomachari, un mécontentement qui éclate. La colère, ira, porte l’empreinte de la passion ; elle a soif de vengeance ; l’indignation, indignatio, offre l’image du sentiment moral qui se soulève ou se révolte ; elle proclame sa désapprobation ou son mépris ; l’emportement, stomachatio, est la marque d’un tempérament irritable, la bile déborde, la mauvaise humeur se fait jour, on est bruyant et querelleur. L’iratus se présente sous les traits d’un ennemi, il inspire de la crainte ; l’indignabundus, sous ceux d’un juge, il impose ; le stomachans, sous ceux d’un maniaque, il est ridicule.

Sumere. Capere. Prehendere. Accipere. Excipere. Recipere. Suscipere. Recuperare.

1. Sumere, se munir d’un objet pour s’en servir, comme αἱρεῖν ; capere, s’en saisir pour le posséder, comme λαϐεῖν ; enfin, prehendere, mettre la main dessus pour en être physiquement maître. Cic. Phil. XII, 7. “Saga sumpsimus, arma cepimus.” “Nous avons pris des habits de guerre, nous avons saisi nos armes.”

2. Accipere, recevoir ce qu’on nous offre, δέχεσθαι, on y met de l’empressement ; excipere, accueillir ce qui vient à nous, ce que nous attendions, ὑποδέχεσθαι ; recipere, prendre sous sa protection, par générosité ; suscipere, prendre un fardeau sur soi, entreprendre par dévouement. L’accipiens prend dans la main, l’excipiens dans les bras, le recipiens sur son cœur, le suscipiens sur les bras ou sur le dos.

3. Recipere, recouvrer sans qu’il en coûte de la peine ; recuperare, regagner par ses efforts. Liv. XLII, 53. “Urbem recipit, par une simple occupation. Comparez XXVI, 39. “Urbe recuperata, par conquête.

Summus. Supremus.

Summus, marque le plus haut degré d’élévation dans un sens indifférent, ce n’est qu’une question de lieu, ἄϰρος, par opposition à imus ; supremus, terme poétique et pompeux, contient une idée accessoire de sublimité, comme ὕπατος, par opposition à infimus.

Sumptus. Impensæ.

Sumptus, dépense qui ébrèche la fortune et le capital, voisine de la prodigalité ; impensæ, dépenses qui servent à atteindre un but et qui tiennent du sacrifice.

Superbia. Arrogantia. Fastus. Insolentia.

La superbia met les autres au-dessous d’elle par contentement de soi-même, elle ne voit dans leurs qualités que des reflets de ses propres mérites, c’est l’orgueil par opposition à l’humilité ; l’arrogantia veut se prévaloir aux dépens des autres d’avantages ou de priviléges qui ne lui appartiennent point, c’est l’arrogance opposée à la modestie ; le fastus repousse les hommes, comme s’ils n’étaient pas dignes d’entrer en relation avec lui, c’est l’air superbe par opposition à la simplicité ; l’insolentia abuse grossièrement de sa supériorité pour humilier le faible, c’est la hauteur par opposition à l’humanité et à la générosité. Le superbus veut éclipser les autres ; l’arrogans, empiéter sur eux ; le fastosus les méprise ; l’insolens les bafoue.