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Manuel de synonymie Latine

Chapter 535: U
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About This Book

A concise handbook that distills a larger multi-volume study into alphabetized entries defining Latin words, distinguishing closely related terms, and noting classical usage and opposites. It classifies synonyms into three pedagogical groups—those to learn early, those to teach at advanced stages, and those whose differences remain subtle—while omitting detailed etymologies and extended citations. Where useful, entries offer corresponding Greek or French equivalents and practical advice for teachers and students about when nuance matters in composition and textual interpretation.

Sus. Verres. Scrofa. Porcus.

Sus, terme général, nom du cochon en histoire naturelle, ὗς ; verres, scrofa, porcus, termes d’économie rurale : verres, verrat ; scrofa, truie ; porcus, jeune porc ou goret. Le mot sus contient une idée accessoire de malpropreté ; le mot porcus, de graisse et d’embonpoint.

Suspirare. Gemere.

Suspirare, soupirer, s’entend d’une aspiration profonde et d’une forte expiration, à la suite d’un serrement de cœur ; gemere, gémir, tient plus de la volonté, on donne de l’air à une poitrine oppressée. Un soupir, suspirium exprime la gêne ; un gémissement, gemitus, la douleur. Cic. Att. II, 21. “Cum diu occulte suspirassent, postea jam gemere, ad extremum vero loqui omnes et clamare cœperunt.” “A des soupirs longtemps étouffés succèdent les gémissements, puis enfin, un concert de plaintes et de cris.”

  • Sustinere, sustentare, v. Ferre.

T

Tardus. Lentus.

Tardus, marque la lenteur qui perd du temps par opposition à citus ; lentus, celle qui prend ses aises et marche à pas comptés, par opposition à acer.

Tellus. Terra. Solum. Humus.

Tellus, la terre considérée comme un tout, comme le centre du monde, comme une déesse, par opposition à d’autres corps célestes ou à d’autres divinités, γαῖα, γῆ ; terra, comme matière et élément par opposition aux autres éléments, γαῖα, γῆ ; solum, comme l’élément solide opposé particulièrement à l’eau, πέδον ; enfin humus, comme la partie la plus basse du monde visible par opposition à la région de l’air. Les désinences des dérivés terrenus opposé à igneus, solidus à fluidus, humilis à sublimis, correspondent à ces différentes significations.

Templum. Fanum. Delubrum. Ædes. Sacellum.

1. Templum, fanum et delubrum, le temple avec le terrain consacré qui l’entoure, ἱερόν ; ædes, l’édifice même, ναός ; enfin, sacellum, emplacement consacré, sans édifice, avec un simple autel.

2. Au sens restreint templum, temple monumental d’une grande divinité ; fanum et delubrum, temple modeste d’un dieu inférieur ou d’un héros.

Tenere. Habere. Possidere.

Tenere, tenir dans sa main, c’est la possession physique ; habere, avoir en son pouvoir, c’est la possession de fait ; possidere, avoir en propriété, c’est la possession de droit. Plin. Ep. I, 16. Tenet, habet, possidet.” “Saturninus m’attache, me domine, me possède.”

Tentare. Periclitari. Experiri. Periculum. Discrimen.

1. Tentare et periclitari, faire une tentative pour s’éclairer : tentare, avec le désir de s’instruire, en prenant de la peine, c’est un essai ; periclitari, avec courage, en méprisant le danger qu’il peut y avoir, c’est une épreuve ; experiri, acquérir des lumières par cette tentative, c’est une expérience.

2. Periculum, le danger considéré dans sa durée ; discrimen, comme un simple point dans le temps, comme le moment critique et le point culminant du periculi. Liv. VI, 17. “In ipso discrimine periculi destituat.” “Abandonner au plus fort de la crise.”

Tergus. Cutis. Pellis. Vellus.

Tergus et cutis, couverture extérieure des chairs à l’état de membrane nue et lisse : tergus, peau grossière des animaux recouvrant une chair tendre et bonne à manger, le cuir δέρμα ; cutis, peau fine de l’homme protégeant la chair vive et sensible, χρώς. Pellis et vellus, peau avec sa garniture : pellis, peau garnie de poils ou pili, fourrure, δορά ; vellus, peau laineuse, garnie de flocons ou villi, toison, μαλλός. On dit en parlant des hommes, cutem ; des éléphants, serpents, etc., tergora ; des lions, chèvres, chiens, etc., pelles ; des brebis, vellera. Juven. X, 192. “Deformem pro cute pellem.” “Une peau fine autrefois, pleine à présent de rides et de poils.”

Teter. Fœdus. Turpis. Deformis.

Teter, tæter, ce qui nous paraît odieux parce qu’il trouble notre sécurité en nous inspirant de la crainte ou en nous donnant des frissons, à peu près comme effroyable, épouvantable, ϐλοσυρός ; fœdus, parce qu’il offense la nature, parce qu’il excite en nous du dégoût ou de l’horreur, comme affreux, μιαρός ; turpis, parce qu’il offense le sens moral ou les convenances en provoquant notre désapprobation ou notre mépris, par opposition à honestus, gloriosus, comme laid, honteux, αἰσχρός ; deformis, parce qu’il blesse le goût et déplaît, par opposition à formosus, comme mal fait, δυσειδής. Cic. Off. I, 34. “Luxuria cum omni ætate turpis, tum senectuti fœdissima est.” “La débauche honteuse à tout âge est affreuse dans la vieillesse.” Rep. II, 26. “Tyrannus quo neque tetrius neque fœdius... animal ullum cogitari potest.” “Un tyran, l’être le plus effroyable, le plus affreux que l’imagination puisse concevoir.” Vatin. 3. “Quanquam sis omni diritate teterrimus.” “Quoique ta dureté fasse de toi un effroyable personnage.” Vell. P. II, 69. “In Vatinio deformitas corporis cum turpitudine certabat ingenii.” “Chez Vatinius la difformité allait de pair avec la turpitude.”

Toxicum. Venenum. Virus.

Toxicum, terme d’histoire naturelle, poison, sans idée accessoire ; venenum, liqueur ou potion empoisonnée qui peut être douce et séduisante ; virus, liqueur ou breuvage malfaisant et repoussant. Liv. II, 52. “Tribuni plebem agitare suo veneno, agraria lege.” “Le peuple que travaille le poison préparé par les tribuns, la loi agraire.” Comparez Cic. Læl. 23. “Evomat virus acerbitatis suæ.” “Qu’il vomisse le venin de sa misanthropie.”

Trabes. Tignum.

Trabes, trabs, poutrelle longue et mince qui se rapproche de la perche ; tignum, poutre courte et épaisse qui se rapproche de la bille. Un radeau se compose de trabibus et non point de tignis ; au contraire, les pièces de charpente destinées à servir de supports dans une construction se composent de tignis et non point de trabibus, car ce dernier terme désigne de préférence les traverses supportées. Cæs. B. C. II, 9. “Supra eum locum duo tigna transversa injecerunt, quibus suspenderent eam contignationem, supraque ea tigna directo transversas trabes injecerunt, easque axibus religaverunt.” “Ils jetèrent par-dessus deux poutres[1] qui se croisaient à angle droit et qui devaient supporter la plate-forme, sur les poutres un grillage de poutrelles[2] reliées par des ais[3].”

  • 1 Sablières.
  • 2 Longrines et traverses.
  • 3 Voliges.

Trans. Uls. Ultra.

Trans et uls, de l’autre côté, πέραν, par opposition à cis ; ce sont des prépositions qu’on n’accentue pas et qui servent simplement à distinguer un côté de l’autre, elles appartiennent à la même classe que super : trans, est le terme usuel ; uls a vieilli, il est tombé en désuétude. Ultra, au delà, πέρα, par opposition à citra ; on appuie sur le mot pour donner une haute idée de l’éloignement de cet autre côté au delà duquel il faut chercher l’objet, c’est une particule de la même classe que supra. La séparation exprimée par ultra fait songer à une frontière, la séparation exprimée par trans à un obstacle. Tac. Germ. 29. “Protulit magnitudo populi Romani ultra Rhenum ultraque veteres terminos imperii reverentiam... Non numeraverim inter Germaniæ populos, quamquam trans Rhenum Danubiumque consederint, eos qui decumates agros exercent.” “La grandeur du peuple romain a porté au delà du Rhin et au delà des vieilles bornes le respect de son autorité... Je ne compte point parmi les peuples de la Germanie, quoiqu’établis de l’autre côté du Rhin et du Danube, ceux qui cultivent les champs soumis à la dîme.”

Transversus. Obliquus.

Transversum, perpendiculaire, ce qui se dirige à angles droits à partir d’un point donné sur une droite ; obliquum, oblique, ce qui s’éloigne du même point en faisant un angle aigu ou obtus.

Tueri. Defendere.

Tueri ne suppose qu’un danger possible, comme protéger, par opposition à negligere ; defendere, suppose une attaque, comme défendre, par opposition à deserere. Les mineurs ont des protecteurs ou tuteurs, tutores, les accusés des défenseurs, defensores. Le tuens fait preuve de sollicitude et d’amour en cherchant à prévenir le danger ; le defendens, de courage et de force en faisant face au danger. Sen. Tranq. 11. “Neque ille solum militat qui in acie stat et dextrum lævumque cornu defendit ; sed et qui portas tuetur.” “Le nom de soldat n’est pas exclusivement réservé à celui qui tient ferme à son rang de bataille et qui défend l’aile droite ou l’aile gauche ; il convient également à celui qui garde les portes.”

Tum. Tunc.

Tum, adverbe qui correspond à is, comme en ce temps-ci ; tunc, adverbe qui correspond à ille, comme en ce temps-là.

Turbæ. Tumultus. Seditio. Secessio. Deficere. Desciscere.

1. Turbæ et tumultus, désordres de police : turbæ, attentatoires au bon ordre ; tumultus, à la tranquillité publique. Seditio et secessio, mouvements politiques par suite d’une différence d’opinions nette et tranchée, de principes contradictoires : seditio, quand l’union vient seulement d’être troublée et que la lutte des partis se passe encore en paroles ; secessio, quand on a renoncé à tout espoir de conciliation et que les partis sont en présence prêts à se battre ou qu’ils ont du moins rompu tout commerce.

2. Les seditiosi et les secedentes sont citoyens et membres d’une communauté libre dont ils troublent seulement l’union ; les deficientes et desciscentes violent un contrat en qualité de sujets qui se soulèvent ou d’alliés qui font défaut : deficere, terme général, présente la défection par son côté moral, comme une désertion qui provient d’infidélité, d’hésitation et de lâcheté ; desciscere, par son côté politique, comme un changement de principes et de système.

Turgere. Tumere.

Turgere, exprime une augmentation de volume qui tient à un excès de force et d’abondance, comme σπαργᾷν, σφριγᾷν ; tumere, contient l’idée du néant et du vide déguisés sous l’enflure, comme οἰδᾷν. On appelle les voiles turgida lorsque le vent qui les gonfle est considéré comme un corps réel, capable en effet de les remplir, et tumida, lorsqu’on ne veut voir dans le même vent que de l’air, un air qui n’est rien et qui paraît seulement remplir les voiles.

Tutus. Securus. Incuriosus.

1. Tutus se rapporte à la réalité de la chose et s’entend de celui qui est en sûreté, comme ἀσφαλής ; securus se rapporte à la persuasion de l’esprit et s’entend de celui qui se croit en sûreté. Au sens réfléchi, tutus arrive à exprimer l’idée de prévoyance, et securus celle d’imprévoyance par euphémisme. Sen. Ep. 97. Tuta scelera esse possunt, secura non possunt.” “Le crime peut être en sûreté, mais il ne possède jamais la sécurité.” Cependant, comme il n’existe point de substantif tiré de tutus, securitas se prend aussi par catachrèse dans le sens de sûreté.

2. Securus, securitas expriment l’absence d’inquiétude et de soucis comme un état de l’âme, c’est la sécurité, ἀμέριμνος, par opposition à sollicitus ; incuriosus, incuria, expriment le manque de soin et d’attention, au point de vue pratique, comme insouciant, ὀλίγωρος, par opposition à cura. Sen. Ep. 100. “Fabianus non erat negligens in oratione, sed securus.” “Il y avait dans les discours de Fabianus un air je ne dis pas de négligence, mais d’assurance.”

U

Udus. Uvidus. Humidus. Aquosus. Madidus.

1. Uvidum et udum, ὑγρὸν, humide, dans tout le sens du mot, ce qui est entièrement composé d’eau ou d’un autre liquide, en réalité, en apparence, ou encore par hyperbole, humore constans ; humidum et humectum, humide au sens restreint, ce qui est seulement imprégné de parties aqueuses, “humore mixtum”. Sen. N. Q. II, 25. “Dicis nubes attritas edere ignem cum sint humidæ, imo udæ.” “Tu dis qu’il sort du feu des nuages qui sont chargés ou plutôt composés d’eau.” Udus, qui a pour opposés sudus et solidus, est synonyme d’aquanus dans Tertullien ; mais humidus, qui a pour opposé aridus, est synonyme d’aquosus, à cette différence près qu’en employant aquosus, on se représente encore le sec et l’humide comme distincts ; ils existent l’un à côté de l’autre, tandis qu’en employant humidus, on se les représente comme mélangés et confondus. Pratum aquosum signifierait une prairie où il y a des mares et des étangs ; mais pratum humidum, une prairie arrosée.

2. Udus n’est qu’une contraction d’uvidus ; humectus n’est que le participe d’humidus. Pacuv. ap. Varr. “Terra exhalabat auroram humidam, humectam.” “La terre exhalait une vapeur humide, chargée d’eau.”

3. Humidus, humens se rapporte, comme humide. à la constitution intérieure du corps ; madidus, madens, μυδαλέος, ruisselant, ne se rapporte qu’à l’extérieur et à la surface du corps, par opposition à siccus. Cic. Phil. XIV, 3. Imbuti sanguine gladii legionum exercituumque nostrorum, vel madefacti potius duobus consulum, tertio Cæsaris prælio.” “L’épée de nos légions et de nos armées est trempée dans le sang ; elle a ruisselé de sang dans les deux combats livrés par les consuls, dans le troisième combat livré par César.” Imbuere, causatif d’imbibere, se rapporte, en effet, à l’humidité qui pénètre à l’intérieur ; madefieri, à celle qui s’amasse au dehors et qui peut provenir indifféremment de deux causes, savoir d’un trop-plein au dedans ou de la nature imperméable d’une surface.

Ulna. Lacertus. Brachium. Cubitus.

Ulna, le bras entier, depuis l’épaule jusqu’à la main, servant à mesurer l’aune ; lacertus, le haut du bras, depuis l’épaule jusqu’au coude ; brachium, l’avant-bras ; cubitus, le pli entre deux, le coude.

Una. Simul.

Una, ensemble, dans le même lieu, ὁμοῦ ; simul, à la fois, dans le même temps ou le même instant, ἅμα.

Uncus. Hamus.

Uncus, grand crochet comparable à une ancre ; hamus, petit crochet comparable à un hameçon.

Uterque. Ambo. Utervis. Uterlibet.

1. Uterque, chacun des deux, s’applique à un tout dans lequel on distingue deux unités, comme ἑϰάτερος ; ambo, tous les deux, à un tout dans lequel on distingue deux moitiés, comme ἄμφω. Cic. Finn. II, 7. “Hic, qui utramque probat, ambobus debuit uti.” “Puisqu’on admet les deux points de fait, on devrait les représenter tous les deux par un terme spécial.” Ter. Ad. I, 2, 50. “Curemus æquam uterque partem ; tu alterum, ego item alterum ; nam ambos curare proреmоdum reposcere illum est quem dedisti.” “Prenons chacun une part égale de la tâche ; garde Ctésiphon, moi Eschine. T’occuper ainsi de tous les deux, c’est presque me redemander celui que tu m’as donné.” La différence de construction est visible dans Cic. Muren. 18, 37. “Duæ res in prætura desideratæ sunt, quæ ambæ in consulatu Murenæ profuerunt... Horum utrumque ei fortuna ad consulatus petitionem reservavit.” “Deux choses manquèrent à Muréna dans la demande de la préture ; et toutes deux l’ont merveilleusement servi quand il a sollicité le consulat... La fortune lui réservait chacun de ces deux avantages dans ses démarches pour le consulat.” Et Orat. III, 26. “A quibus utrisque submittitur aliquid.” “Le poëte et le compositeur sacrifient chacun à la simplicité.”

2. Uterque et ambo sont copulatifs et se décomposent en unus et alter ; l’attribut est nécessairement commun ; utervis, celui des deux que vous voudrez, et uterlibet, celui des deux qu’il vous plaira, sont disjonctifs et se décomposent en unus vel alter ; l’attribut est commun par accident. Ter. Andr. Prol. 10. “Qui utramvis recte norit, ambas noverit.” “Il suffit de posséder une de ces deux pièces de Ménandre, celle que vous voudrez, pour les posséder toutes les deux.”

Uti. Usurpare. Frui. Frunisci.

Uti et usurpare expriment l’action de faire usage d’une chose, d’en disposer à son avantage ; mais uti se dit d’un usage permanent ; usurpare, d’un acte isolé. Frui et la vieille forme frunisci expriment le sentiment agréable qui accompagne cet usage, comme jouir : frui est le verbe primitif, frunisci, le verbe inchoatif. Sen. Vit. B. 10. “Tu voluptate frueris, ego utor.” “Tu ne cherches dans le plaisir que la jouissance, j’y cherche le profit.” Flor. II, 6. “Hannibal quum victoria posset uti, frui maluit.” “Annibal pouvait user de sa victoire, il aima mieux en jouir.” Cic. Rosc. Am. 45, 131. “Commoda, quibus utimur, lucem, qua fruimur, spiritumque, quem ducimus, a Deo nobis dari.” “Les avantages dont nous profitons tous les jours, la lumière dont nous jouissons, l’air que nous respirons sont des dons de Dieu.” Cic. Cat. III, 2, 5. “Quorum opera... assidue utor.” “Je profite constamment de leur activité.” Comparez avec Finn. II, 35, 118. “In ea, quam sæpe usurpabas, tranquillitate degere omnem vitam.” “Laisser couler sa vie entière dans la tranquillité que tu as su trouver en mainte occasion.” Cic. Orat. 51, 169. “Post inventa conclusio est, qua credo usuros veteres illos fuisse, si jam nota et usurpata res esset.” “La période oratoire fut inventée plus tard ; je crois que les anciens en auraient fait usage s’ils l’avaient connue et vu employer.”

V

Vacare. Otiari. Feriari. Cessare. Nihil agere.

Vacare, avoir son temps libre, par opposition à l’occupatio, qui oblige au travail ; otiari, n’avoir point d’affaires, par opposition aux negotia, qui font du travail un devoir ; feriari, jouir du repos des jours de fête, par opposition à la besogne journalière ; cessare, cesser son travail et se reposer, par opposition à la peine qu’on vient de prendre ; nihil agere, ne rien faire, par opposition à l’activité en général.

Validus. Firmus. Robustus.

1. Validus, fort, au sens actif, pour l’attaque et l’exécution, vigoureux, par opposition à imbecillis, comme σθεναρός ; firmus et robustus, fort, au sens passif, pour la défense, pour supporter quelque chose : le firmum tire sa force d’une assiette inébranlable, on y met sa confiance, il s’oppose à labans, vacillans et même à imbecillus, en grec ϐέϐαιος, ferme ; le robustum tire la sienne de sa nature compacte, de l’impénétrabilité de sa matière, il dure, par opposition à tenerum, comme ῥωμαλέος et ἰσχυρὸς, solide.

2. Imbecillitas convient à la faiblesse d’esprit ; infirmitas, à la faiblesse corporelle. Cic. Finn. V, 45. “In infirma ætate imbecillaque mente” : “un âge qui n’est point fait, une intelligence qui n’a point de ressort”. Et quand ils ne se disent tous deux de l’esprit, imbecillitas signifie une faiblesse naturelle de tête ou de cœur, par exemple, un défaut de talent ou de courage ; infirmitas, une faiblesse morale, par exemple, la versatilité qui empêche qu’on ne se fie à nous. Cæs. B. G. VII, 77. “Nolite stultitia ac temeritate vestra aut imbecillitate animi omnem Galliam prosternere.” “Ne cédez ni à une folle hardiesse ni à une faiblesse d’esprit qui causerait la chute de toute la Gaule.” Comparez avec IV, 5. “Cæsar infirmitatem Gallorum veritus quod sunt in consiliis capiendis mobiles et rebus plerumque novis student.” “César avait peur de la versatilité des Gaulois, qui sont inconstants dans leurs desseins et amoureux de changements.”

Varius. Diversus. Contrarius. Versicolor. Variegare.

1. Varium exprime les différences qu’on remarque dans un seul et même objet ; diversum, celles qui distinguent un objet d’un autre. Catull. 47, 10. “Quos longe simul a domo profectos diverse variæ viæ reportant”, c’est-à-dire que toutes sortes de voies ramènent chez eux dans des directions tout à fait différentes. Tac. H. I, 25. “Otho postquam vario sermone callidos et audaces cognovit, pretio et promissis onerat... Suspensos cæterorum animos diversis artibus (i. e. spe et metu) stimulant.” “Othon cause avec eux, varie l’entretien, s’assure qu’ils sont rusés et hardis, les achète à prix d’or et les comble de promesses... Pour les autres, on aiguillonne par divers moyens ces esprits incertains.”

2. Les diversa n’ont rien de commun entre eux et s’en vont dans des directions divergentes ou même opposées ; les contraria se font face et sont diamétralement opposés. D’où la gradation Cic. Divin. II, 55. Diversas aut etiam contrarias.” “Tout ce qui est du domaine de la conjecture... est sujet de la part des hommes aux interprétations les plus diverses et souvent les plus opposées[1].” Vell. P. II, 75. Diversa præsentibus et contraria exspectatis sperare.” “Avoir des espérances qui s’écartent des conjonctures et qui sont contraires aux probabilités.”

3. Varium, bigarré, qui offre plusieurs couleurs à la fois, ποιϰίλον ; versicolor, chatoyant, qui change autant de fois de couleur qu’il y a de manières de l’exposer à la lumière, αἴολον. Propert. III, 13, 32. “Aut variam plumæ versicoloris avem.” “Un oiseau bigarré dont le plumage chatoie.” Pline (XXXVII, 10) exprime les deux idées par des périphrases lorsqu’il appelle à la fois la pierre mithrax multicolor et “contra solem varie refulgens”.

4. Variare signifie en général donner un aspect varié ; variegare signifie en particulier donner un aspect dont la variété est dans les couleurs, barioler.

  • 1 Traduction de la collection Panckoucke.