A
- Abdere, v. Celare.
Abesse. Deesse. Deficere.
1. Abesse marque une absence qui se réduit à une relation de lieu, ne pas être quelque part, par opposition à adesse ; deesse marque une absence qui rend un tout incomplet, comme manquer, faire défaut, par opposition à esse et superesse. Cic. Brut. 80. “Calidio hoc unum, si nihil utilitatis habebat, abfuit, si opus erat, defuit.” “Si vous jugez cette qualité inutile, j’avouerai qu’elle n’existait pas chez Calidius ; si vous la jugez nécessaire, je conviendrai qu’elle lui faisait défaut.”
2. Deesse s’applique à ce qui nous fait complétement défaut, deficere, à ce qui commence à nous faire défaut. Cic. Verr. I, 11. “Vererer ne oratio deesset, ne vox viresque deficerent.” “Je craindrais que la parole ne me manque, que ma voix et mes forces ne faiblissent.”
- Abnuere, v. Negare.
Abolere. Delere.
Abolere, anéantir, faire disparaître et plonger dans l’oubli par tous les moyens possibles ; delere, détruire, mettre en mauvais état, hors de service. Abolere se dit plutôt des œuvres de l’esprit ; delere, des objets matériels. “Leges abolentur, urbes delentur.” “On annule les lois, on détruit les villes.”
Abominari. Exsecrari. Detestari.
Abominari, repousser un présage qui fait horreur, chercher à détourner par une pratique religieuse un malheur qui nous menace, par opposition à omen accipere ; exsecrari, maudire en excluant un coupable de la société des hommes, en le déclarant sacer, en le dévouant aux dieux des enfers, par opposition à bénir ; enfin detestari, chercher à éloigner de nous, en invoquant les dieux, un danger dont nous menace une personne ou une chose ; il a pour opposé appeler par ses prières.
Abundare. Redundare.
Abundare, abonder, sert, comme περιεῖναι, à parler avec éloge de l’abondance prise comme un symbole de plénitude et de richesse ; redundare, surabonder, se prend en mauvaise part, comme περισσεύειν ; la surabondance est prise comme le symbole de l’excès et du luxe. L’abundans existe en grande quantité, le redundans est superflu et inutile.
Accendere. Incendere. Inflammare. Comburere. Cremare.
Accendere, incendere et inflammare, mettre le feu : accendere, par dehors et par un seul point, comme allumer, ἀνάπτειν ; incendere, par le dedans, comme ἐνδαίειν ; inflammare, enflammer par le dehors ou le dedans, comme ἀναφλογίζειν. Comburere et cremare, consumer et brûler : comburere, comme ϰαταϰαίειν, sur des charbons ardents (c’est le causatif d’ardere) ; cremare, comme πιμπράναι, par flammes vives (c’est le causatif de flagrare). On brûle les morts, mortui cremantur, sur un bûcher flamboyant ; on brûle les vivants à petit feu, vivi comburuntur, et cette manière de parler rend plus frappante l’horreur de la mort par ce genre de supplice.
- Acceptus, v. Gratus.
Accidere. Evenire. Contingere. Obvenire. Obtingere.
Accidere, evenire et contingere marquent des événements favorables ou défavorables, le premier, lorsqu’ils sont inattendus, qu’ils surprennent ; le second, lorsqu’ils sont attendus, pressentis ; le troisième, lorsqu’on les a préparés, amenés ; obvenire et obtingere ne se disent que d’événements heureux. Les accidentia sont l’œuvre du hasard, les evenientia sont des conséquences de nos actions ou des circonstances ; les contingentia, des effets de nos efforts, de nos vœux, de nos fautes ; les obtingentia et les obvenientia, des faveurs du sort. Cic. Fam. VI, 21. “Timebam ne evenirent quæ acciderunt.” “Je craignais de voir ces hasards se réaliser.” Le premier des deux verbes, evenirent, se rapporte à Cicéron lui-même, à ses pressentiments ; le second, acciderunt, regarde les personnes qui se montrent surprises à l’heure de l’événement. Sen. Ep. 110. “Scies plura mala contingere nobis quam accidere”, c’est-à-dire que nos souffrances sont plus souvent les suites de nos propres vœux que l’effet d’un hasard aveugle.
Acer. Vehemens.
Acer présente la vivacité sous son aspect louable de feu, d’énergie, par opposition à frigidus, comme ὀξύς ; vehemens, sous son aspect blâmable de chaleur et de passion, par opposition à lenis, comme σφοδρός.
Acerbus. Amarus.
Acerbus marque une amertume qui emporte la bouche, par opposition à mitis, comme ὀξύς ; amarus, une amertume qui dégoûte, par opposition à dulcis, comme πιϰρός.
Acervus. Congeries. Strues. Cumulus.
1. Acervus et congeries, monceau d’objets de même espèce auparavant dispersés qu’on réunit et qu’on entasse en un lieu : acervus indique, comme σωρὸς, un certain ordre et suppose d’habitude une forme conique ; congeries admet tout le désordre de la négligence. Strues s’emploie, comme θημών, pour marquer que la mise en tas a produit un arrangement nouveau, donné aux objets rassemblés une forme déterminée, utile, artificielle. Curt. VIII, 7, 11. “Passim acervos struesque accendebant.” “Ils allumaient çà et là des tas et des piles de bois.”
2. Cumulus ne signifie point le tas lui-même, mais seulement la pointe qui le termine, la dernière pierre qui donne seule à une construction son élévation régulière et parfaite, à peu près comme ϰορυφή ; cumulare, en particulier, se rapproche tout à fait de ϰορυφοῦν. Comparez Liv. XXII, 59. “Superstantes cumulis cæsorum corporum” : “juchés sur des monceaux de victimes”, avec la fin du même chapitre : “Cannenses campos acervi Romanorum corporum tegunt.” “Des tas de cadavres romains couvrent la plaine de Cannes.” Et XXIII, 5. “Molibus ex humanorum corporum strue faciendis”. “Faire des digues en empilant des cadavres”.
Achivi. Achæi. Achaius. Achaicus. Troius. Troicus.
1. Achivi, les Grecs d’Homère, ᾿Αχαιοί ; Achæi se dit soit des habitants de l’Achaïe proprement dite, soit chez les poëtes de tous les Grecs considérés en général comme les contemporains des Romains. Cic. Divin. I, 16. “Cum Achivi cœpissent inter se strepere.” “Quand eurent commencé les querelles bruyantes des anciens Grecs.” Comparez avec Cæcil. 20. “Quod eum sibi Achæi patronum adoptarant”. “Parce que les Grecs de l’Achaïe l’avaient souhaité et choisi pour protecteur.”
2. Achaius est l’adjectif d’Achivus ; Achaicus celui d’Achæus.
3. Troius, adjectif réservé à l’ancienne Troie héroïque et homérique ; Troicus, adjectif usuel pour le pays de Troie, pour la Troade, sans allusion à la guerre de Troie.
Acies. Acumen. Cacumen. Mucro. Cuspis.
1. Acies, tranchant propre à couper ; acumen, pointe propre à piquer. Au figuré, l’acies mentis débrouille ce qui était confus, le fait connaître clairement : on met de l’ordre dans ses idées ; l’acumen mentis approfondit ce qui était caché, aboutit à des découvertes ingénieuses : on acquiert des idées nouvelles.
2. Acumen et cacumen, pointes naturelles : acumen, pointe du cône, du bec, etc. ; cacumen, terme spécial, pointe d’une montagne. Mucro et cuspis, pointes artificielles destinées à pénétrer et à blesser : mucro, pointe de l’épée, du poignard, etc. ; cuspis, de la lance, de la flèche, comme αἰχμή.
Actor. Comœdus. Ludio. Histrio.
1. Actor et les termes spéciaux de comœdus et tragœdus, l’acteur considéré comme un artiste estimable ; ludio, ludius, le comédien considéré comme un artisan vulgaire avec une idée accessoire de trivialité ; enfin histrio se dit tantôt de l’un, tantôt de l’autre, mais avec une idée accessoire de fanfaronnade et de bouffonnerie. Cic. Sext. 54. “Ipse ille maxime ludius non solum spectator, sed actor et acroama.” “Ce baladin lui-même, car il n’est pas un simple spectateur, il est, vous le savez, tour à tour acteur et bouffon[1].” Rosc. com. 10. “Nemo ex pessimo histrione bonum comœdum fieri posse existimaret.” “Personne n’imaginerait qu’un misérable farceur pût devenir un bon comédien.” Ep. ad. Qu. fr. I, a. E. “Hortor ut tanquam poetæ boni et actores industrii solent in extrema parte diligentissimus sis.” “Je t’engage à soigner extrêmement la fin à l’exemple des grands poètes et des acteurs consciencieux.”
- 1 Traduction Guéroult. Dans la collection Panckoucke. Cicéron, t. XIII, p. 375.
Adesse. Interesse. Præsentem esse.
1. Adesse, être près d’une personne ou d’une chose ; interesse, prendre part à une action. Cic. Verr. I, 40. “Crimina ea quæ notiora sunt his qui adsunt quam nobis... De illo nihil dixit in quo interfuit.” C“es accusations plus familières aux assistants qu’à nous-mêmes... Il n’a rien dit du fait auquel il a pris part.”
2. Adesse marque, en général, notre présence dans un cercle dont nous faisons partie ; præsentem esse, la présence immédiate, sensible, visible. D’un hôte qu’on attend on dit adest quand il se trouve dans nos murs ; on dit præsens est quand il est dans la même pièce que nous. Ter. Ad. III, 3, 29. “Non quia ades præsens dico hoc.” “Je ne dis pas cela parce que tu es près de moi, devant moi.”
Adhuc. Hactenus. Hucusque.
Adhuc est adverbe de temps : jusqu’à ce moment ; hactenus et hucusque sont adverbes de lieu : jusqu’à cet endroit ou jusqu’à ce point.
- Adigere, v. Cogere.
- Adimere, v. Demere.
- Adipisci, v. Invenire.
- Admirari, v. Vereri.
- Admodum, v. Perquam.
- Adolescens, v. Puer.
- Adorare, v. Vereri.
- Adscendere, v. Scandere.
- Adsequi, v. Invenire.
- Adsolere, v. Solere.
- Adspectus, adspicere, v. Videre.
- Adulari, v. Assentiri.
- Aduncus, v. Curvus.
- Advena, v. Exterus.
- Adventor, v. Hospes.
Adversarius. Hostis. Inimicus.
1. Adversarius, terme général pour tout adversaire à la guerre, dans la politique, en justice, comme ἀντιστάτης ; hostis, ennemi à la guerre, en campagne, par opposition à pacatus, comme πολέμιος ; inimicus, ennemi du fond du cœur, par opposition à amicus, comme ἐχθρός. Cic. Man. 10. “Pompeius sæpius cum hoste conflixit quam quisquam cum inimico concertavit.” “Pompée compte plus de combats contre des armées ennemies, que qui que ce soit au monde ne compte de luttes contre un ennemi particulier.” Liv. XXII, 39. “Nescio an infestior hic adversarius, quam ille hostis maneat.” “J’appréhende que ton adversaire ne reste plus dangereux que ton ennemi.”
2. Hostilis et inimicus indiquent une disposition permanente, infestus et infensus, un état passager : infestus ne suppose qu’une attitude hostile, et peut se dire même des objets inanimés qui nous menacent d’un danger ; infensus suppose des mouvements passionnés et ne se dit que des personnes. Tac. Ann. XV, 28. “Non infensum, nedum hostili odio Corbulonis nomen habebatur.” “Le nom de Corbulon n’avait jamais excité de ressentiment, loin d’être l’objet d’une haine nationale.” Sen. N. Q. III, pr. “Animus luxuriæ non adversus tantum, sed et infestus.” “Ame non-seulement contraire, mais rebelle aux plaisirs.” Liv. 11, 20. “Tarquinium infesto spiculo petit ; Tarquinius infenso cessit hosti.” “Il lance à Tarquin un trait dangereux ; Tarquin se retira devant cet ennemi furieux.”
3. Hosticus marque un rapport de convenance : ennemi, qui appartient à l’ennemi ; hostilis, une disposition, comme hostile.
Advocatus. Causidicus.
Dans l’âge d’argent de la langue latine, advocatus désigne un procureur par rapport aux services qu’il rend, et à son client dont il est l’ami et l’appui ; causidicus, par rapport à sa condition et à son métier, souvent avec une idée de mépris, comme un mercenaire.
- Ædes, v. Templum.
Ædificium. Domus. Ædes. Familia.
1. Ædificium, terme général pour toute espèce de bâtiment, comme οἰϰοδόμημα ; domus et ædes, ædium, maison d’habitation : domus, demeure, siége héréditaire d’une famille, comme οἶϰος ; ædes, assemblage d’appartements, comme δόμοι, δώματα. Virg. G. II, 461. “Ingentem foribus domus alta superbis mane salutantum totis vomit ædibus undam.” “La fière demeure par ses portes orgueilleuses rejette, dès le matin, de ses appartements encombrés un long flot de courtisans.”
2. Domus, la famille au sens patriarcal, comme une société close et intime ; familia, au sens politique, comme une partie de la noblesse, gens, de la cité, civitas, du peuple, populus.
Æger. Ægrotus. Morbidus. Morbus. Valetudo.
1. Æger, terme général qui s’applique à toute espèce d’incommodité et de malaise, au trouble d’esprit comme au mal physique ; ægrotus et morbidus supposent une maladie du corps ; ægrotus, chez l’homme, morbidus, chez un animal. L’æger se sent malade, l’ægrotus et le morbidus sont malades.
2. Morbus et valetudo désignent une maladie actuelle : morbus, comme un accident auquel l’homme est sujet ; valetudo, comme un état dont le malade a conscience.
- Ægre, v. Vix.
- Ægritudo, v. Cura.
- Ægrotus, v. Æger.
- Æmulatio, v. Imitatio.
- Æqualis, v. Æquus.
- Æquor, v. Mare.
Æquus. Par. Æqualis. Parilis. Compar. Impar. Dispar.
1. Æquum, égal en soi, uniforme, composé de parties similaires, par opposition à varius ; par, égal à quelque chose d’autre, et placé au même degré par opposition à superior et inferior. Æquo Marte présente dans son ensemble le combat des deux partis ; pari Marte oppose la fortune de l’un à celle de l’autre.
2. Par, marque une égalité de grandeur, de puissance, d’influence ou encore de nombre, d’équilibre, de proportions, comme ἴσος ; æqualis, une égalité de nature, comme ὅμοιος. Par, présente à l’esprit l’idée d’un homme d’action qui est pour le moins prêt et résolu à entrer en lutte avec ses pairs ; æqualis, l’idée d’un personnage inactif, et le mot ne se prête qu’à des comparaisons et à des parallèles. Paria, choses ou personnes opposées, hostiles, jalouses, qui se disputent la prééminence ; æqualia, choses ou personnes distinctes, mais unies, comme des parents qui ont des qualités et des sympathies communes. Pariter, au même degré, ἴσα ; æqualiter, de la même façon, ὁμοίως, ὁμῶς.
3. Par, tout à fait égal ; parilis, à peu près égal, c’est un intermédiaire entre par et similis.
4. Par, égal à quelque chose ou à quelqu’un, exprime un rapport simple ; compar, qui se dit de plusieurs choses ou de plusieurs personnes égales entre elles, un rapport réciproque, sans renchérir d’ailleurs sur le degré de ressemblance. Cette distinction se retrouve dans finitimi et confines, dans ἐγγύς et ξυνεγγύς.
5. Impar marque une inégalité, soit comme en arithmétique celle des nombres impairs qui ne sont point exactement divisibles par deux, soit une inégalité de force qui implique une infériorité relative ; dispar exprime une dissemblance et ne précise point de quel côté penche la balance dans un parallèle.
Æquus. Planus. Campus.
1. Æquum, terrain plat, surface horizontale, par opposition à ce qui monte ou descend, à superior, inferior et acclivis ; planum, la plaine unie, par opposition à un sol inégal, à montosus, saxosus. Æquum, signifie au figuré l’équité, parce que l’injustice commence dès que l’un se met au-dessus de l’autre ; planum, la clarté et la netteté, parce qu’on ne peut embrasser d’un seul regard qu’une plaine, où aucune hauteur n’arrête la vue.
2. Æquor et planities, la plaine par rapport à sa forme ; campus, par rapport à sa position, comme pays bas par opposition aux hauteurs.
- Æquus animus, v. Satis habere.
- Aer, v. Anima.
Ærarium. Fiscus.
Ærarium, la caisse de l’état ; fiscus, la cassette de l’empereur. Tac. Ann. VI, 2. “Bona Sejani ablata ærario, ut in fiscum cogerentur ; tanquam referret.” “Les richesses de Séjan retirées du trésor public entrèrent dans la cassette impériale, comme si cela eût tiré à conséquence.”
- Ærumna, v. Labor.
- Æstimare, v. Censere.
- Æstuare, v. Calere.
- Æternus, v. Continuus.
- Affari, v. Alloqui.
- Affatim, v. Satis.
- Affinis, v. Necessarius.
- Affirmare, v. Dicere.
- Ager, v. Rus et Villa.
Agere. Facere. Gerere. Opus. Factum. Age. I nunc. Degere.
1. Agere, marque un effet qui n’a lieu que dans le temps, comme agir ; facere, un effet qui se développe dans l’espace, comme faire. Les acta sont passés aussitôt que l’agens s’arrête, deviennent dès lors invisibles, et ne subsistent plus que par le souvenir ; les facta ne sont complets que quand le faciens s’arrête, et ne prennent qu’à partir de ce moment une existence propre. Cela doit s’entendre d’ailleurs d’acta et de facta considérés exclusivement comme participes, non comme substantifs. Agens donne l’idée de l’activité en général, faciens l’idée d’une activité pratique.
2. Agere, agir dans son propre intérêt ; gerere, dans l’intérêt d’un autre et par commission. Cic. Verr. I, 38. “Quæ etiamsi voluntate Dolabellæ fiebant, per istum tamen omnia gerebantur.” “Tout se faisait par la volonté de Dolabella, mais par l’entremise de Verrès.”
3. Opus, œuvre, ἔργον, est le substantif qui répond à facere ; factum (pris comme substantif), action, celui d’agere ; res gestæ, actes importants, hauts faits, πράξεις ; acta, mesures politiques. Cic. Att. XIV, 17. “Multa de facto ac de re gesta”, de nombreux détails, tant sur cette entreprise que sur ce grand acte : le premier, facto, s’appliquant à la tentative d’Amatius, le second, re gesta, au châtiment que lui a infligé Dolabella avec autant de sagesse que de courage.
4. Age, agedum, encouragement donné sérieusement ; i nunc, encouragement ironique.
5. Agere, mener une vie active et affairée ; degere, vivre dans l’oisiveté, soit parce que l’aisance nous dispense de travailler, soit parce que nous sommes réduits à l’inaction. Tac. Ann. XV, 74. “Deûm honor principi non ante habetur quam agere inter homines desierit.” “Avant de rendre à un prince les honneurs divins, on attend qu’il ne soit plus mêlé aux affaires de la vie.” Comparez avec IV, 41. “Ut Tiberium ad vitam procul Roma amœnis locis degendam impelleret.” “Afin de pousser Tibère à vivre loin de Rome dans le repos d’un agréable séjour.”
- Agere ferre, v. Vastare.
Agger. Vallum.
Agger, simple levée, comme une digue ; vallum, levée qui sert à clore un espace. L’agger peut tenir lieu d’une courtine de redoute dans des fortifications de campagne ; le vallum ou rempart fait toujours partie d’une forteresse, d’un camp, d’une place forte.
Ala. Penna. Pluma. Pinna.
1. Ala, la charpente, les muscles de l’aile, πτέρυξ ; penna, l’aile restreinte aux plumes qui concourent au vol, πτερόν. Plaut. Pœn. IV, 2, 48. “Meæ alæ pennas non habent.” “Je n’ai pas de plumes à mes ailes.”
2. Penna, plumes grandes et dures qui servent à voler ; pluma, duvet, petites plumes moelleuses qui servent à vêtir le corps de l’oiseau, comme πτίλον. Sen. Ep. 42. “Meministi, quum quemdam affirmares esse in tua potestate, dixisse me volaticum esse ac levem, et te non pedem ejus tenere, sed pennam ; mentitus sum, pluma tenebatur quam remisit et fugit.” “Un jour, tu dois t’en souvenir, tu prétendais avoir une personne en ton pouvoir, et je te répondais qu’elle était volage et légère, que tu ne la tenais point par le pied, mais par une plume. Eh bien, ce n’était pas vrai : tu ne la retenais que par une petite plume de duvet qu’elle t’a laissée, et la voilà partie.”
3. Penna, la plume entière, tuyau et barbes ; pinna, les barbes seules par opposition au tuyau.
- Alacer, v. Gaudere.
Alapa. Colaphus.
Alapa, soufflet, coup appliqué sur la figure avec le plat de la main, c’est une punition, mais infligée avec modération ; colaphus, coup assené sur la tête avec le poing fermé et avec des marques de colère et de fureur.
Albus. Candidus. Albidus.
1. Albus, le blanc considéré en général comme l’absence de toute couleur, ce qui n’a pas de couleur ; candidus, le blanc pris comme une couleur positive, la plus pure, la plus claire, en comparaison de laquelle toutes les autres paraissent sombres ou même sales ; c’est un beau blanc éclatant. L’album, qui a pour opposé ater, tire, comme le λευϰὸν, sur le jaune pâle ; le candidum, qui a pour opposé niger, tire, comme l᾿ἀργὸν, sur le bleu pâle. Alba cutis, peau d’un malade, d’un hydropique ; candida, d’une personne qui est dans la fleur de la jeunesse. Au figuré, albor est le symbole du bonheur et de la joie ; candor, de la pureté et de l’innocence.
2. Albus, blanc ; albidus, blanchâtre.
Alere. Nutrire. Nutricare.
Alere, nourrir de manière à pousser au développement et à la croissance ; nutrire et nutricare, nourrir pour prolonger et assurer l’existence. En d’autres termes alimenta adjuvant, nutrimenta sustentant. Les aliments profitent, la nourriture soutient. Cic. N. D. II, 63. “Neque ali, neque sustentari.” “N’être ni grassement, ni même pauvrement nourri.” Nutrire, terme général ; nutricare, terme particulier usité de préférence en parlant des animaux.
Alimenta. Penus. Cibus. Esca. Edulia. Cibare. Pascere.
1. Alimenta et penus, vivres quelconques, solides ou liquides : alimenta, en général, par rapport à l’homme pris individuellement ; penus, par rapport à l’économie domestique de toute une famille. Cibus et esca ne se disent que des aliments solides par opposition à potio. Cibus, aliment fourni par la nature, ressource alimentaire ; esca, mets qui a subi une préparation artificielle, plat apprêté. Cibus est le seul de ces deux mots qui se dise aussi de la nourriture des animaux ; esca, le seul qui convienne à l’appât qu’on leur prépare et qu’on leur présente. Cic. N. D. II, 47. “Animalia cibum partim dentibus capessunt.” “Un certain nombre d’animaux saisissent leur nourriture avec les dents.” Comparez avec II, 23. “Dii nec escis nec potionibus vescuntur.” “Les dieux se passent pour vivre de cuisine et de cave.”
2. Cibaria, denrées alimentaires ordinaires et usuelles ; edulia, morceaux friands et recherchés. Suet. Tib. 46. “Comites nunquam salario, cibariis tantum sustentavit.” “Les gens de sa suite ne tiraient de lui que des vivres, jamais de salaire.” Comparez avec Cal. 40. “Pro eduliis certum statumque exigebatur.” “Il avait mis un droit sur les comestibles.”
3. Cibare, nourrir de sa propre main comme une mère ou une bonne d’enfants ; pascere, fournir seulement la nourriture en qualité de tuteur ou de maître. Suet. Tib. 72. “Draconem manu sua cibaturus.” Comparez avec Vesp. 18. “Sineret se plebeculam pascere.” “Un dragon auquel il allait donner à manger de sa main.” “Il lui demanda la permission de laisser au petit peuple sa subsistance.”
- Aliquando, v. Nonnunquam.
- Alites, v. Volucres.
Alloqui. Appellare. Affari.
Alloqui, adresser la parole à quelqu’un, lui faire l’honneur de le saluer et de le reconnaître ; appellare, prendre les devants pour engager une personne dans une conversation, lui adresser des paroles sérieuses, sortir des phrases banales ; affari, apostropher d’un ton pathétique plein d’amitié ou de solennité. Cic. Cluent. 61. “Quum nemo recipere tecto, nemo alloqui, nemo respicere vellet.” “Lorsque personne ne voulait ni le recueillir sous son toit, ni l’entendre, ni lui adresser la parole, ni le regarder.” Comparez avec Phil. XIII, 2. “Salutabunt benigne, comiter appellabunt unumquemque nostrum.” “Ils auront pour chacun de nous un abord bienveillant, des paroles aimables et prévenantes.” Et Brut. 3. “Salutatio libri quo me hic affatus quasi jacentem excitavit.” “La dédicace du livre dans lequel il m’apostrophe et qui m’a retiré d’une sorte d’abattement.”
- Alsus, v. Frigere.
- Altercatio, v. Disceptatio.
Altus. Editus. Procerus. Arduus. Celsus. Excelsus. Sublimis.
1. Altus, terme général ; il se dit de la hauteur ou de la profondeur considérée comme une des trois dimensions de la géométrie, et doit s’entendre de la hauteur par opposition à humilis, à ce qui reste attaché terre à terre, au niveau du sol, comme ὑψηλός ; editus ; élevé par opposition à planus, à ce qui n’offre aux yeux qu’une surface plate ; enfin procerus, ce qui a poussé en hauteur ou en longueur. L’altitudo n’a ni mesure ni limite ; l’editum est de la taille d’une colline ; la proceritas, de celle d’un arbre ou d’un corps humain.
2. Altus, editus et procerus réduisent la hauteur à un simple rapport de lieu et d’espace ; arduus se dit de ce qui est d’abord haut, puis escarpé et inaccessible, au figuré : difficile, impossible ; celsus, haut par l’effet d’une tendance à s’étendre et à s’élancer, au figuré : fier ; excelsus et præcelsus, ce qui dépasse encore d’autres points culminants, au figuré : éminent ; sublimis, ce qui se soutient en l’air sans toucher à terre, ce qui plane, comme μετέωρος, au figuré : sublime.
Ambire. Circumire.
Circumire se dit d’un mouvement sinon exactement circulaire, du moins tenu de suivre tous les contours d’un espace, faire le tour ; ambire ne désigne qu’un mouvement de va-et-vient, en zigzag, aller çà et là, parcourir. Plin. Ep. II, 9. “Ambio domos stationesque circumeo.” “Je vais d’une maison à l’autre, je fais le tour des lieux de réunion.” Et Cic. Att. XIV, 21. “Antonium circumire veteranos ut acta Cæsaris sancirent”, c’est-à-dire qu’il les sollicite tous à la ronde depuis le premier jusqu’au dernier. Circumire est plus fort ici qu’ambire, lequel exprimerait en gros les sollicitations et les manœuvres d’Antoine.
- Ambo, v. Uterque.