WeRead Powered by ReaderPub
Manuel de synonymie Latine cover

Manuel de synonymie Latine

Chapter 65: Ater. Niger. Pullus.
Open in WeRead

About This Book

A concise handbook that distills a larger multi-volume study into alphabetized entries defining Latin words, distinguishing closely related terms, and noting classical usage and opposites. It classifies synonyms into three pedagogical groups—those to learn early, those to teach at advanced stages, and those whose differences remain subtle—while omitting detailed etymologies and extended citations. Where useful, entries offer corresponding Greek or French equivalents and practical advice for teachers and students about when nuance matters in composition and textual interpretation.

Ambulare. Spatiari. Deambulare. Inambulare. Obambulare.

1. Ambulare présente la promenade comme un exercice fait à loisir, c’est un mouvement de va-et-vient par opposition d’une part à stare et cubare, d’autre part à currere et salire ; spatiari donne l’idée d’un exercice au grand air, par opposition à l’espace restreint d’une chambre ou d’un lieu fermé.

2. Deambulare, aller et venir jusqu’à ce qu’on soit fatigué ; inambulare, se promener dans un espace limité ; obambulare, se promener le long d’un mur, d’une allée, ou à côté d’un compagnon de promenade.

Amens. Demens. Insanus. Vesanus. Excors. Vecors. Furor. Delirium. Rabies. Cerritus. Lymphatus.

1. L’amentia a un caractère négatif et passif ; la dementia, une influence positive et violente. L’amens manque de raison : ou bien il n’agit pas du tout, ou il agit sans raison, comme un idiot, ἄφρων ; le demens, tout en croyant bien faire, rompt en visière à la raison, comme l’insensé, παράφρων. On dit amens metu, terrore, hébété par la peur, par l’épouvante ; mais demens scelere, discordia, devenu fou à la suite d’un crime, d’une querelle.

2. Insanus a un sens privatif ; vesanus, un sens dépravatif. L’insanus n’a plus d’empire sur les sens, la raison le fuit, il dépasse dans un accès de passion la mesure et le but et nous paraît coupable. C’est un homme en démence. Le vesanus, aveuglé par des illusions, sort de la bonne voie, poursuit un but trompeur et nous paraît malheureux. C’est un visionnaire.

3. Excors, stupide, tout à fait incapable de réflexion et d’examen, par opposition à cordatus ; vecors, extravagant, incapable de réfléchir avec calme, parce que l’âme est possédée par une idée fixe.

4. Furor, surexcitation de l’esprit, extase, transport, μανιϰός ; delirium, affaissement des facultés de l’esprit par des causes physiques, comme chez une personne qui tombe en enfance ; rabies, accès de fureur méchante qui étouffe le sens moral, λύσσα. Le furibundus oublie les lois de la matière ; le delirus radote ; le rabidus veut mordre et nuire à toute force.

5. Cerritus et lymphatus représentent l’emportement comme un état de possession : cerritus ou ceritus, possédé de Cérès ; lymphatus, possédé des nymphes.

  • Amictus, amiculum, v. Vestis.

Amicus. Amans. Amator.

Amicus suppose une affection mutuelle, cordiale et paisible, ami, φίλος ; amans et amator, un amour qui peut fort bien ne pas être partagé et qui n’en est que plus ardent : amans, un amour de passage ; amator, une passion durable, comme ἐραστής. Cic. “Alba tunc antiquissimus non solum amicus, verum etiam amator.” “Alba dont l’amitié parfaite s’élevait alors jusqu’à la constance de l’amour.” Tusc. IV, 12. “Inter ebriositatem et ebrietatem interest, aliudque est amatorem esse, aliud amantem.” “Je fais une différence entre l’ivrognerie et l’ivresse, je distingue l’amant de l’amoureux.”

Amittere. Perdere. Jactura.

1. Amittere, perdre en ce sens que l’objet perdu cesse d’être en notre pouvoir, comme ἀποϐαλεῖν, par opposition à retinere ; perdere, en ce sens que l’objet est détruit et ne peut plus servir à personne, comme διολέσαι, par opposition à servare. Tac. Ann. II, 25. Perdita classe, amissis armis.” “Malgré la ruine de leur flotte et la perte de leurs armes.”

2. Amissio, perte involontaire ; jactura, perte volontaire à laquelle on se soumet, sacrifice qu’on fait pour éviter une plus grande perte, à l’exemple du marin qui jette la cargaison par-dessus bord pour sauver son vaisseau et sa vie. Plin. Ep. 1, 12. Jacturam gravissimam feci, si jactura dicenda est tanti viri amissio.” “Je suis accablé par un malheur auquel ma volonté devrait souscrire, si je puis parler ainsi de la perte qui me prive d’un si grand homme.” (Il s’agit de Corellius Rufus qui a cherché dans le suicide la fin de ses souffrances.)

Amplecti. Complecti.

Amplecti se dit d’un geste auquel on n’emploie souvent qu’un seul bras, et qui témoigne d’une inclination et d’une sympathie paisible ; complecti, c’est entourer, serrer avec les deux bras en signe d’amour et de passion ou d’abandon familier. De même au figuré : amplecti, c’est prendre quelque chose en main par opposition à négliger et à dédaigner ; complecti, c’est s’emparer tout à fait d’une chose par opposition à posséder à demi, à peu près.

Angustus. Arctus. Densus. Spissus.

1. Angustus et arctus ont trait à l’espace même et à la proximité des limites qui le restreignent ; densus et spissus, aux objets que l’espace contient et à leur voisinage entre eux.

2. L’angustum a pour limites de simples lignes, et offre la plupart du temps une figure oblongue, étroite, il a pour opposé latus, comme στενός ; l’arctum est clos par des barrières, des murailles, des montagnes, et offre une surface carrée ou circulaire, resserrée, par opposition à laxus, comme στενωπός. On ne peut jamais appeler arctus le clavus angustus. Mela. III, 2, 8. “Rhenus ad dextram primo angustus et sui similis, post ingens lacus Flevo dicitur... fitque iterum arctior, iterumque fluvius emittitur.” “A droite le Rhin est d’abord étroit et conserve quelque temps ce caractère, puis il se transforme en un lac considérable appelé le Flévon, après quoi il rentre dans une gorge d’où il ressort sous la forme d’un simple cours d’eau” : selon que l’on se représente les bords du Rhin comme de simples lignes ou comme des murailles.

3. Densus présente simplement les objets comme très-rapprochés les uns des autres, sans lacune apparente, par opposition à rarus, comme δασὺς et θαμειός ; spissus les représente comme entassés les uns sur les autres sans aucun intervalle, par opposition à solutus, comme πυϰνὸς et συχνός. L’idée qui domine dans densus est celle d’une surabondance d’objets qu’il n’est pas nécessaire d’écarter les uns des autres pour couvrir un vaste espace ; dans spissus, c’est l’absence de vides : les objets sont tellement pressés qu’ils remplissent tous les intervalles.

Anima. Aer. Aura. Spiritus. Sublime.

Anima et aer, l’air pris comme élément, ἀήρ : anima, par opposition aux trois autres éléments, à terra, mare, ignis ; mais aer, terme étranger et savant, par opposition à l’air épuré des célestes demeures, à æther ; aura et spiritus, l’air en mouvement : aura, l’air doucement agité, le souffle léger qui évente, αὖρα ; spiritus, l’air qui se précipite, qui entraîne, tout courant d’air analogue à une inspiration ou à une expiration, πνεῦμα ; enfin sublime, l’air suspendu au-dessus de nous : ce dernier marque un simple rapport de lieu par opposition à humus, comme μετάρσιον, μετέωρον.

Anima. Animus. Mens.

1. Anima, l’âme de la physiologie, le principe de la vie animale chez les hommes et les bêtes, vie qui cesse avec la respiration, ψυχή ; animus, l’âme de la psychologie et de la morale, le principe de la personnalité qui cesse avec la volonté, θυμός. Au sens mythologique les âmes des morts s’appellent animæ, ce sont des ombres ; au sens métaphysique animi, ce sont des esprits. L’anima est un des éléments de l’existence du corps ; le même corps n’a pas d’opposé plus tranché qu’animus. Sen. Ep. 4. “Difficile est animum perducere ad contemptionem animæ.” “Il est difficile d’amener l’âme raisonnable jusqu’au mépris de l’âme sensitive.” Juven. XV, 148. “Principio indulsit communis conditor illis tantum animas, nobis animum quoque.” “Au commencement le créateur commun n’accorda aux animaux que des âmes sensitives, il nous accorda en outre une âme raisonnable.”

2. Animus, l’âme humaine prise comme le réceptacle commun de toutes les facultés spirituelles ; il est alors, avec mens, la faculté pensante, dans le rapport du tout à une de ses parties. Cic. Rep. II, 40. “Ea quæ latet in animis hominum quæque pars animi mens vocatur.” “L’intelligence enfouie dans nos âmes et qu’on peut appeler une partie de l’âme.” Mais comme dans la vie l’âme vaut surtout par la volonté, animus devient à son tour une faculté de l’âme, celle du sentiment et de la volonté qui prend place à côté de l’intelligence, de la conscience, mens. Tac. H. I, 84. “Quem nobis animum, quas mentes imprecentur ?” “Quels sentiments, quelles dispositions d’esprit nous souhaiteraient-ils ?” Ter. Andr. I, 1, 137. “Mala mens, malus animus.” “Mauvaise tête, mauvais cœur.” Et enfin, comme la pensée précède la volonté, que la volonté sert d’intermédiaire entre la pensée et l’action, qu’elle peut être considérée comme la servante de la pensée, tout comme le corps est le serviteur de la volonté, réciproquement mens se trouvera avec animus dans le rapport d’un tout à sa partie. Cic. Tusc. III, 5. “Mens cui regnum totius animi a natura tributum est.” “La raison qui exerce une autorité naturelle sur tous les sentiments.”

Animadvertere. Notare.

Animadvertere se dit de l’esprit qui remarque et observe ; notare, d’une marque à laquelle on a recours pour attirer l’attention.

Animal. Animans. Bellua. Bestia. Pecus. Fera.

1. Animal et animans, les animaux considérés comme des êtres doués de vie, l’homme compris : animal caractérise la nature de l’être ; quel que soit son aspect, il appartient à la classe des êtres animés ; l’opposé est inanimus, l’équivalent grec ζῶον. Animans précise l’état dans lequel se trouve l’être : il vit, il respire ; l’opposé est exanimus. On dit animalium cadavera ; animantium cadavera ferait un non-sens. Bellua, bestia et pecus ont trait à l’intelligence ; c’est l’animal déraisonnable par contraste direct avec homo ; bestia et fera expriment une sorte de rapport moral, c’est la brute hostile à l’homme.

2. Bellua désigne particulièrement un animal grand et lourd, par exemple un éléphant, une baleine, par préférence les monstres marins ; pecus, un animal domestique, par préférence des moins intelligents, par exemple un taureau, un mouton, par opposition à l’animal en liberté : c’est le bétail ; bestia, bête nuisible, surtout dévorante, par exemple un tigre, un loup, par opposition aux oiseaux, comme θηρίον ; fera, bête farouche, hôte des forêts, par exemple un cerf, un loup, un tigre, par opposition aux animaux domestiques, comme le gibier et les bêtes sauvages, θήρ. Curt. IX, 10, 10. “Indi maritimi ferarum pellibus tecti piscibus sole duratis et majorum quoque belluarum, quas fluctus ejecit, carne vescuntur.” “Les Indiens des provinces maritimes, couverts de la dépouille des bêtes sauvages, se nourrissent de poisson séché au soleil et même de la chair des monstres marins que les flots ont rejetés.”

Annales. Historiæ.

Annales, traité général d’histoire et en particulier histoire du passé composée sur les sources, Tite-Live et Tacite ; historiæ, étude d’histoire contemporaine, d’événements auxquels l’auteur a assisté, Salluste et Tacite. L’auteur des annales se propose de faire, année par année, une énumération aussi variée que complète de toutes les particularités mémorables ; celui des historiæ traite un point d’histoire et laisse de côté les événements les plus remarquables quand ils ne s’y rattachent pas.

Antiquus. Priscus. Vetus. Vetustus. Veternus. Pristinus.

1. Antiquum et priscum, ce qui a existé autrefois et qui n’est plus, par opposition à novum, comme παλαιός ; vetus et vetustum, ce qui existe depuis longtemps et n’a plus de part ni aux inconvénients ni aux priviléges de la jeunesse, par opposition à recens, comme γέρων, γεραιὸς, γερούσιος">. Antiquus homo, homme du bon vieux temps ; vetus, vieillard. Les classiques s’appellent antiqui scriptores, en ce sens que leur siècle est depuis longtemps passé ; veteres, en ce sens qu’ils subsistent et servent de modèles depuis deux mille ans. Cic. Verr. II, 21. “Vereor ne hæc nimis antiqua et jam obsoleta videantur.” “J’ai peur que ces exemples de modération n’aient vieilli et ne paraissent hors d’usage.” Comparez avec Orat. I, 37. “Ut illi vetus atque usitata exceptio daretur.” “Pour lui donner le bénéfice de ce privilége ancien et souvent appliqué.”

2. Vetus se rapporte exclusivement à la durée et présente l’âge soit comme un avantage, soit comme un désavantage ; vetustus a trait aux priviléges de l’âge : ce qui subsiste de vieille date est plus solide, plus respectable, plus à l’épreuve que les nouveautés ; il a pour opposé novicius. Enfin veternus fait allusion aux infirmités du grand âge usé par les années, affaibli, épuisé pour avoir duré trop longtemps. Mais comme dans le beau siècle de la langue on ne rencontre veternus que sous la forme de substantif, veternum, dans le sens de somnolence, vetus le supplée régulièrement et désigne plus souvent la décadence que la vigueur de l’âge. Tac. Ann. XI, 14 et 15. Veterrimis Græcorum.” Les caractères de l’alphabet latin sont empruntés aux plus vieilles formes des lettres grecques. Et vetustissima Italiæ disciplina.” La science des aruspices, la plus auguste par son antiquité de toutes les sciences que l’Italie cultive.

3. Antiquus se dit simplement des choses du vieux temps, du temps passé, par opposition au présent ; priscus est un terme pompeux qui ajoute à l’idée principale d’antiquité une idée accessoire de respect et de sainteté, comme ἀρχαῖος, par opposition à la mode du jour.

4. Antiquus et priscus se disent d’une époque écoulée depuis très-longtemps ; pristinus, d’un temps passé quelconque, comme πρότερος, antérieur.

Anus. Vetula.

Anus, servant de féminin à senex, femme âgée, avec une idée de respect, ou encore vieille femme, avec une idée de défaveur, par allusion à sa faiblesse, à sa crédulité, à son bavardage ; vetula, vieille laide et qui n’a rien d’aimable.

Aperire. Patefacere. Aperte. Palam. Manifesto. Propalam.

1. Aperire, découvrir un espace fermé par le haut, c’est-à-dire horizontalement, par exemple une fosse, une source, et par cette opération rendre visible ; patefacere, ouvrir un espace fermé par le côté, c’est-à-dire verticalement, par des portes, des barrières, des clôtures, et par cette opération rendre accessible.

2. Returare, donner accès par une ouverture qui était bouchée ; recludere, par une ouverture fermée à clef ; reserare, paг une ouverture fermée au verrou.

3. Aperte, ouvertement et sans se cacher, en sorte que tout le monde puisse apprendre et savoir les choses, par opposition à occulte, comme φανερῶς ; palam, publiquement et sans secret, en sorte que tout le monde puisse voir et entendre, comme ἀναφανδόν ; manifesto, manifestement, de manière à rendre superflues les recherches, les conjectures, le secours et l’effort des sens et de l’esprit, comme δῆλον.

4. Palam marque qu’on expose les choses à la vue du public par effronterie ; propalam, par dessein prémédité. Cic. Orat. I, 35. “Neque proposito argento neque tabulis et signis propalam collocatis”, c’est-à-dire à l’admiration de tout le monde. Comparez avec Pis. 36. “Mensis palam propositis”, c’est-à-dire effrontément et sans gêne.

Apparet. Eminet.

Apparet se dit de ce qui est visible à l’observation ; eminet, de ce qui se fait remarquer de soi-même et saute aux yeux. Sen. Ir. I, 1. Apparent alii affectus, hic (scil. iræ) eminet.” “Les signes des autres passions sont visibles, ceux de la colère sont frappants.”

Aqua. Unda. Fluctus. Fluentum.

1. Aqua, l’eau prise comme matière élémentaire, par opposition à terra ; unda, l’élément liquide toujours en mouvement, par opposition à solum ; lympha, simple synonyme poétique d’aqua, avec l’idée accessoire d’une belle eau claire, sens fondé sur une ressemblance fortuite de son avec la première syllabe de l’adjectif limpidus, qui n’a point la même racine.

2. Unda est un intermédiaire entre aqua et fluctus, comme aura entre aer et ventus. Car unda désigne comme onde l’eau qui semble se mouvoir d’elle-même, mais fluctus et fluenta, le flot, l’eau agitée par quelque cause extérieure, comme une tempête : fluctus, en général, c’est la mer avec ses flots ; fluentum, la vague isolée. La mer orageuse, le torrent impétueux, roulent seuls des fluctus, mais toute eau qui n’est pas stagnante a des undas. Aussi y a-t-il une grande différence entre ces deux images dans Cic. Mil. 2, 5. “Tempestates et procellas in illis duntaxat fluctibus concionum semper putavi Miloni esse subeundas”, c’est-à-dire dans les assemblées orageuses et agitées du peuple ; et Planc. 6, 15. “Si campus atque illæ undæ comitiorum, ut mare profundum et immensum, sic effervescunt quodam quasi æstu”, c’est-à-dire les réunions populaires faciles à émouvoir. Sen. N. Q. III, 10. “Quid si ullam undam superesse mireris tot fluctibus fractis ?” “Étonnez-vous plutôt qu’il reste des ondes à la mer pour venir remplacer au rivage tant de flots qui s’y sont brisés.” Et IV, 2. “Nec mergit cadens unda, sed planis aquis tradit.” “Et l’onde ne les submerge pas dans sa chute, elle les lance sur des eaux immobiles.”

Arcana. Secreta. Mysteria.

Arcana et mysteria, les secrets envisagés par leur côté honorable, ceux qui tirent d’eux-mêmes leur raison d’être, qui tiennent à la nature des choses et qui méritent à ce titre d’inspirer un saint respect ; arcana est d’ailleurs un terme populaire pour toute sorte de secrets ; mysteria, un terme savant pour les secrets religieux comparables aux mystères d’Éleusis ; enfin, secreta, les secrets, au sens le plus vulgaire, ceux qui ont une origine purement humaine, en parlant des choses qu’on tient cachées par crainte. Tac. I, 6. “Sallustius Crispus particeps secretorum... monuit Liviam ne arcana domus vulgarentur.” “Sallustius Crispus, pour qui Tibère et Livie n’avaient rien de caché, engagea Livie à ne plus livrer au public les augustes secrets de la famille impériale.”

Arcere. Prohibere.

Arcere, repousser et empêcher d’entrer, par opposition à admittere ; prohibere, tenir éloigné et empêcher d’approcher, par opposition à adhibere. L’arcens se tient sur la défensive, comme le resistens, et agit par sollicitude pour la personne menacée ; le prohibens prend l’offensive, comme le propulsans, et agit par inimitié contre l’agresseur.

Arcessere. Accire. Evocare. Accersere.

1. Arcessere et accersere, termes généraux, signifient simplement faire venir ; accire, inviter, suppose qu’on s’adresse à un égal ; evocare, mander, à un inférieur. L’arcessens pousse à se présenter, l’acciens engage, l’evocans ordonne. Cic. Att. V, 1. “Tu invita mulieres, ego accivero pueros.” “Chargeons-nous, toi de prier les femmes, moi d’inviter les jeunes gens.” Comparez avec Dej. 5. “Venit vel rogatus ut amicus, vel arcessitus ut socius, vel evocatus ut qui senatui parere didicisset.” “Il s’est présenté ou en ami dont on souhaitait l’arrivée, ou en allié qu’on faisait venir, ou en sujet mandé par le sénat et dressé à lui obéir.” Liv. X, 19. Collegæ auxilium quod acciendum ultro fuerit.” “Le secours de son collègue qu’il aurait dû demander sans façon.” Comparez avec XLIV, 31. Evocati litteris imperatoris.” “Mandés par un ordre écrit du général.” Et XXXIX, 11. “Æbutia accita ad Sulpiciam venit.” “Ebutia vint trouver Sulpicie comme elle l’en avait priée.” Mais 12. “Ut Hispalam libertinam arcesseret ad sese.” “Afin de faire venir l’affranchie Hispala.”

2. Arcessere signifiait primitivement pousser à venir ; accersere, à accourir en toute hâte ; mais la ressemblance de son a fait confondre les deux mots.

Ardere. Flagrare.

Ardere, brûler comme un brasier, αίθειν ; flagrare, être en flammes, comme φλέγεσθαι. Au figuré, ardere marque une passion qui couve ; flagrare, une passion qui éclate. Cic. Or. III, 2, 8. “Non vidit Crassus flagrantem bello Italiam, non ardentem invidia senatum.” “Crassus n’a vu ni l’Italie dévorée par les flammes de la guerre, ni le sénat consumé par le feu de la jalousie.”

Arduus. Difficilis.

Arduus, difficile à atteindre, par opposition à pronus ; difficilis, à exécuter, par opposition à facilis. Arduus est d’ailleurs le terme le plus fort et marque une difficulté voisine de l’impossibilité. Plin. Ep. VI, 17. “Est enim res difficilis, ardua.” “La chose est pleine de difficultés et d’obstacles.” Tac. H. II, 76. “Æstimare debent an quod inchoatur, reipublicæ utile, ipsis gloriosum aut promptum effectu, aut certe non arduum sit.” “Tous ceux qui osent former de grands desseins sont tenus d’examiner si leur entreprise est utile à la république, si elle paraît d’une exécution facile, ou du moins si elle ne présente pas trop d’obstacles.” Cic. Verr. I, 51. “Cum sibi omnes ad illum allegationes difficiles, omnes aditus arduos ac pæne interclusos viderent.” “Voyant les difficultés qu’il y avait pour eux à faire parvenir une députation jusqu’à lui, toutes les voies hérissées d’obstacles et pour ainsi dire barrées.”

Arguere. Incusare. Culpare. Criminari. Insimulare. Deferre. Accusare.

Arguere, terme général pour toutes les manières de mettre au jour une faute supposée ou réelle par devant la justice ou ailleurs, incriminer ; incusare et le terme rare de culpare ne marquent qu’une accusation extrajudiciaire ; criminari, accuser avec des sentiments d’hostilité ou de méchanceté, en noircissant ; insimulare, accuser faussement, sans reculer devant la calomnie, rendre suspect ; deferre, dénoncer au juge ; accusare, accuser au criminel. Cic. Lig. IV, 10. Arguis fatentem. Non est satis. Accusas eum.” “Il avoue, et tu l’incrimines. Tu ne t’en tiens pas là. Tu le poursuis devant les juges criminels.”

Aridus. Torridus. Siccus.

Aridus et torridus marquent une privation de sucs : les arida ont perdu leur humidité naturelle par l’effet d’un feu qui agit à l’intérieur ; l’équivalent grec est αὖος, l’opposé humidus ; les torrida, par l’effet d’une chaleur qui agit du dehors au dedans ; ils ont pour opposé uvidus, comme σϰληρός ; siccus ne marque qu’une sécheresse extérieure, limitée à la surface, par opposition à madidus, comme ξηρός. Plin. H. N. XII, 12. “Ne sint fragilia et arida potius quam sicca folia.” “De peur que les feuilles ne soient cassantes et tout à fait desséchées, au lieu d’être simplement sèches.” Et XV, 29 : “Cato docuit vinum fieri ex nigra myrta siccata usque in ariditatem in umbra.” “Caton a enseigné qu’on peut fabriquer du vin avec les baies de myrte noir qu’on fait sécher à l’ombre jusqu’à ce que la dessiccation soit parfaite.”

Armus. Humerus. Ala. Axilla.

Armus, le sommet du bras chez l’homme, de la jambe de devant chez les animaux, mais partie du corps entier à la différence de scapula, l’omoplate, qui n’est qu’une partie du squelette, ὦμος ; humerus, la surface plane qui existe chez l’homme au-dessus du bras, l’épaule, ἐπωμίς ; ala et axilla, le creux qui se forme sous le bras, l’aisselle, μασχάλη. Ovid. Met. XII, 396. “Ex humeris medios coma dependebat in armos.” “Des épaules, sa chevelure descendait jusqu’au-dessous de la naissance des jambes.” (Il s’agit du centaure Cyllarus.)

Ascia. Securis.

Ascia, la hache du charpentier pour débiter le bois ; securis, le couperet du boucher pour dépecer la viande.

Assentiri. Assentari. Blandiri. Adulari.

1. Assentiri, donner son assentiment par conviction ; l’opposé est dissentire ; assentari, exprimer son assentiment, que ce soit par conviction ou par hypocrisie, l’opposé est adversari.

2. Assentari désigne la flatterie qui a horreur de contredire, comme θωπεύειν ; blandiri, celle qui fait dire des choses agréables, comme ἀρεσϰεύειν ; adulari, celle qui cherche à plaire en s’abaissant, comme ϰολαϰεύειν. Entre flatteurs, l’assentans recherche la faveur d’autrui en résignant son droit à toute opinion indépendante ; le blandiens, par des complaisances et des marques visibles d’affection ; l’adulans, en s’abaissant et en donnant des marques d’un indigne respect. L’assentatio, ou l’art de celui qui dit toujours oui, procède de lâcheté ou de sottise ; les blanditiæ ou cajoleries procèdent avant tout de l’envie de paraître aimable, et au pis aller de l’égoïsme ; l’adulatio ou la flatterie, la flagornerie, ϰολαϰεία, de sentiments bas, bons pour des esclaves ou des chiens. Sen. Ir. III, 8. “Magis adhuc proderunt submissi et humani et dulces, non tamen usque in adulationem, nam iracundos nimia assentatio offendit. Erat certe amicus... cui non magis tutum erat blandiri quam maledicere.” “Un commerce plus profitable pour vous, tant que vous en serez là, c’est celui des personnes respectueuses, polies, douces, sans descendre jusqu’à l’adulation, car une complaisance excessive choque les tempéraments colériques. Je possédais en ce genre un ami qu’il n’y avait pas plus de sûreté à choyer qu’à rudoyer.” Et II, 28. “Sæpe adulatio dum blanditur offendit.” “L’adulation, en voulant complaire, s’expose à choquer.”

Astutus. Callidus. Vafer. Versutus.

Astutus, en vieux latin astus, et callidus s’entendent de la finesse au sens intellectuel ; c’est une variété de la prudence : astutus se dit de la sagacité qui invente et dirige des menées secrètes ; il est synonyme de solers, rusé ; callidus se dit de la pénétration qui débrouille les affaires embarrassées, de la prudence pratique qui provient de la connaissance des hommes et de l’expérience du monde ; il est synonyme de rerum peritus et signifie, par corruption, délié, comme ϰερδαλέος. Vafer et versutus désignent la finesse par son côté immoral, comme un effet de l’improbité : vafer caractérise l’adresse à créer des difficultés, surtout en justice, en fait de chicanes d’avocat, comme madré, πανοῦργος ; versutus, la prestesse dans l’art de se déguiser, de se tirer d’embarras par tous les moyens, retors, comme στροφαῖος ; il a pour opposé simplex. Plin. Ep. VII, 6. “Juvenis ingeniosus sed parum callidus.” “Jeune homme qui a de l’esprit naturel, mais qui n’est guère avisé.” Cic. Brut. 48. Callidus et in capiendo adversario versutus.” “Avisé et même retors quand il s’agit d’embarrasser un adversaire.”

Ater. Niger. Pullus.

1. Ater, le noir considéré comme une négation de la couleur, par opposition à albus ; niger, le noir comme étant une couleur par lui-même et la plus foncée de toutes, par opposition à candidus. L’atrum ne cause qu’une impression triste et sombre ; le nigrum produit une impression sévère et imposante qui se concilie avec la beauté, comme dans Hor. Carm. I, 32, 11. “Lycum nigris oculis nigroque crine decorum.” “Lycus paré de ses yeux noirs et de ses cheveux noirs.” Tac. G. 43. Nigra scuta, tincta corpora, atras ad prælia noctes legunt.” “Ils ont des boucliers noirs, ils se peignent le corps, ils choisissent pour leurs attaques des nuits sombres.”

2. Ater et niger, le noir parfait, foncé, pullus, le brun qui tire sur le noir ; ce dernier rappelle la parenté qui existe entre une couleur sombre et la malpropreté.

  • Atque, v. Et.

Atrox. Trux. Truculentus. Dirus. Sævus. Torvus.

1. Atrox, trux et truculentus se disent de ce qui a un extérieur effrayant, de ce qui fait sur l’imagination, sur les yeux et les oreilles une impression terrible, comme épouvantable : atrox marque une qualité des choses ; trux et truculentus, des qualités personnelles. Dirus et sævus se disent de ce qui est vraiment terrible et dangereux : dirus, par essence, par une propriété des choses, effroyable, δεινὸς, mais sævus, par caractère, par une qualité propre à des êtres animés, sanguinaire, cruel, αἰνός. Plin. Pan. 53. Atrocissima effigies sævissimi domini.” “L’image effroyable du plus cruel des maîtres.” Mela. II, 7. “Ionium pelagus... atrox, sævum, c’est-à-dire qui a un aspect menaçant et ne cause d’ailleurs que trop de malheurs.

2. Trux désigne uu regard, une voix épouvantable par leur côté héroïque ou tragique, comme autant de signes d’un courage barbare ou de quelque sentiment cruel ; truculentus, par leur côté trivial ou comique, comme des signes de mauvaise humeur ou d’une passion basse. L’esclave de la comédie de Plaute est truculentus, Achille courroucé est trux. Mais truculentior, truculentissimus servent de comparatif et de superlatif à trux.

3. Trux et truculentus vultus regard courroucé qui inspire la crainte, comme τραχύς ; torvus (regard pénétrant, etc.) regard pénétrant, perçant, toujours farouche, comme τορὸν ou ταυρηδὸν ϐλέπων. Plin. H. N. XI, 54. “Contuitu quoque multiformes, truces, torvi, flagrantes.” “Le regard varie à l’infini l’aspect que prennent les yeux ; ils paraissent courroucés et effrayants, perçants et farouches, étincelants”, etc.