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Manuel de synonymie Latine

Chapter 80: C
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About This Book

A concise handbook that distills a larger multi-volume study into alphabetized entries defining Latin words, distinguishing closely related terms, and noting classical usage and opposites. It classifies synonyms into three pedagogical groups—those to learn early, those to teach at advanced stages, and those whose differences remain subtle—while omitting detailed etymologies and extended citations. Where useful, entries offer corresponding Greek or French equivalents and practical advice for teachers and students about when nuance matters in composition and textual interpretation.

Attonitus. Stupens.

Attonitus, comme frappé de la foudre, c’est un état passager ; stupens, pétrifié, c’est un état durable. Curt. VIII, 2, 3. Attoniti et stupentibus similes.” “Comme frappés de la foudre et pour ainsi dire pétrifiés.”

Audere. Conari. Moliri.

Audere se dit d’une entreprise considérée sous le rapport du danger de l’action et du courage de la personne, comme oser ; conari, sous le rapport de l’importance de l’action et de l’énergie de la personne, comme tenter ; enfin moliri, sous le rapport de la difficulté de l’action et des efforts qu’elle exige de la part de la personne, comme entreprendre.

  • Audacia, audentia, v. Fides.

Audire. Auscultare.

Audire, entendre, ἀϰούειν, c’est un terme purement passif, comme olfacere ; auscultare, écouter, ἀϰροᾶσθαι ; c’est vouloir entendre, écouter avec attention, soit en cachette, soit au grand jour, par un acte de volonté, comme odorari. Ter. Ad. IV, 5, 45. “Æsch. Pater, obsecro, ausculta. Mic. Æschine, audivi omnia.” “Esch. Père, je t’en supplie, écoute-moi. Mic. Eschine, j’ai tout entendu.”

Auguria. Auspicia. Prodigia. Ostenta. Portenta. Monstra. Omina.

Auguria et auspicia, apparitions naturelles qui n’ont de sens que pour les personnes versées dans l’art d’interpréter les signes : auguria, pour les membres savants du collége des augures ; auspicia, pour les magistrats qui avaient le droit de prendre les auspices. Prodigia, ostenta, portenta, monstra, apparitions surnaturelles qui frappent aussi le vulgaire et qu’un devin ne peut qu’expliquer avec plus d’exactitude ; enfin omina, signes que toute personne à qui ils apparaissent s’explique elle-même sans intermédiaire. L’idée qui domine dans prodigium est celle de la portée et des conséquences du phénomène ; dans ostentum, c’est le merveilleux et le grandiose ; dans portentum, le côté effrayant, l’annonce du danger ; dans monstrum, le côté contre nature et hideux.

Austerus. Severus. Difficilis. Morosus. Tetricus.

1. Austerus présente la sévérité comme une tournure d’esprit ; severus, comme une qualité morale. L’austerus, dont l’opposé est jucundus, répugne à la plaisanterie et aux futilités ; il demande du sérieux et du positif dans l’art, dans la science, dans le commerce de la société, au risque de passer pour un esprit sec ; le severus, dont l’opposé est luxuriosus, est rigoureux ; il hait tout libertinage, tout relâchement ; il exige des autres et de lui de l’empire sur soi-même et de l’énergie, au risque de passer pour un cœur dur. Le stoïcien est austerus comme philosophe, severus comme homme.

2. Austerus et severus n’impliquent point de blâme ; mais difficilis, morosus et tetricus désignent l’abus de la rigueur. Le difficilis ignore l’art d’un commerce facile et agréable, à cause de son tempérament hypocondriaque ; le morosus est scrupuleux ; il veut tout redresser par excès de conscience et défaut de tolérance ; le tetricus est roide et gênant par pédantisme et défaut de bonne humeur.

Auxilium. Opem ferre. Opitulari. Juvare. Adjuvare.

1. Auxilium, opem ferre et opitulari, secourir, supposent un opprimé qu’il s’agit de tirer d’embarras et de danger en venant à son secours, par opposition à deserere, destituere : il faut se représenter l’auxilium ferens comme un allié qui se met au service de la personne ou des intérêts de l’opprimé ; l’opem ferens, comme un bienfaiteur qui fait profiter le faible de sa puissance et de sa force. Juvare et adjuvare ne supposent, comme soutenir, qu’une personne qui réussira mieux et plus vite dans ce qu’elle entreprend, si on l’assiste, par opposition à impedire. Ter. Heaut. V, 2, 39. “Matres solent esse filiis in peccato adjutrices, auxilio in paterna injuria.” “Les mères ne manquent jamais de se prêter aux sottises de leurs fils et de les secourir contre l’oppression d’un père.” Quand Tarquin, dans Liv. II, 6, prie les Véiens : ferrent opem, adjuvarent, il faut se le représenter d’abord comme exilé, exulans, ensuite comme prétendant, regnum repetiturus.

2. Opem et auxilium ferre ont l’accent sur le substantif ; c’est du secours qu’on porte, non autre chose ; opitulari et le terme poétique auxiliari ont l’accent sur leur racine verbale ; c’est secourir sans hésiter.

Ave. Salve. Vale.

Ave, formule de salutation qui s’emploie également à l’arrivée et au départ, comme χαῖρε ; salve, formule d’usage à l’arrivée ; vale, au départ, comme ἔῤῥωσο. Suet. Galb. 4. “Ut liberti mane salvere, vespere valere sibi singuli dicerent.” “Il maintint l’usage qui obligeait ses affranchis à venir lui souhaiter chacun le bonjour le matin, et le soir une bonne nuit.”

Axes. Plancæ. Tabulæ.

Axes ou asses et plancæ, planches brutes qu’on emploie telles qu’elles sortent de la scie : asses, terme usuel ; plancæ, terme technique, comme ais. Tabulæ, planches travaillées avec plus de fini à l’aide du rabot, pour servir à des meubles de luxe.

B

Balbus. Blæsus.

Balbus, bègue, c’est un défaut habituel ; blæsus, qui bégaye, c’est un accident temporaire.

Bibere. Potare.

Bibere, boire à la façon des hommes, πίνειν ; potare, à la façon des bêtes et en prendre plus qu’on n’en peut porter. Sen. Ep. 122. “Inter nudos bibunt, imo potant.” “Ils boivent, ils se soûlent de vin au milieu des baigneurs nus.” Plaut. Curc. I, 1, 88. “Agite, bibite, festivæ fores, potate, fite mihi volentes propitiæ.” “Bois, bois, charmante porte, soûle-toi, sois-moi bienveillante et favorable.”

Bonus. Bene moratus. Probus. Frugi. Honestus. Sanctus.

1. Bonus, bene moratus, probus et frugi marquent un degré inférieur de moralité qui consiste à éviter le blâme et le châtiment, la haine et le mépris. Bonus se prend au sens populaire selon lequel la bienveillance et la bonté de cœur constituent un des principaux éléments de la moralité, comme bon, ἀγαθὸς, par opposition à malus. Bene moratus se dit, dans un sens plus philosophique, d’un caractère formé par l’éducation dont les traits indispensables sont de l’empire sur soi-même, de la droiture, un certain détachement de l’égoïsme vulgaire, moral, qui a des mœurs, εὔτροπος. Probus s’entend de celui qui ne fait de tort ou d’injustice à personne, le brave homme, l’honnête homme, l’homme juste. Frugi, c’est celui que son savoir-faire, son exactitude, son application, rendent un personnage utile dans la vie pratique, l’homme brave et rangé, par opposition à nequam, comme χρηστός. Quintil. VI, 4, 11. “Non est altercandi ars... res animi jacentis et mollis supra modum frontis, fallitque plerumque quod probitas vocatur quæ est imbecillitas.” “Il faut, pour paraître en maître aux débats, une âme qui ne se laisse point abattre, un front qui ne se courbe pas trop vite, et la commune erreur vient de ce qu’on donne en cette matière le nom de probité à la pure faiblesse d’esprit.” Cic. Dej. 10. Frugi hominem dici non multum laudis habet in rege.” “Ce n’est pas faire un grand éloge d’un roi que de l’appeler un homme rangé.”

2. Honestus et sanctus désignent un degré supérieur de moralité qui s’inspire d’une raison plus haute, qui s’élève au-dessus du vulgaire et de la morale au jour le jour. Honestus, âme noble et héroïque qui conforme sa conduite aux principes d’un honneur exquis, par opposition à turpis. Sanctus, âme religieuse et sainte que gouverne le désir de plaire à Dieu.

  • Brachium, v. Ulna.

Brevis. Curtus.

Brevis, court par nature ; curtus, raccourci.

C

Cadaver. Corpus.

Il y a entre cadaver et corpus à peu près la même différence qu’entre os et ossements. Le corps inanimé désigné par cadaver n’est qu’un objet matériel ; désigné par corpus, c’est la dépouille mortelle d’une personne, et on emploie toujours ce dernier mot quand on s’intéresse au mort.

Cæteri. Reliqui.

Cæteri, les autres, par opposition aux premiers nommés, comme οἱ ἄλλοι ; l’opposition est fortement marquée ; reliqui, le reste, comme simple complément du tout, οἱ λοιποί. Cic. Brut. 2, 6. “Si viveret Hortensius, cætera fortasse desideraret una cum reliquis bonis civibus ; hunc aut præter cæteros aut cum paucis sustineret dolorem.” “Si Hortensius vivait, il partagerait sans doute les autres privations avec le reste des bons citoyens ; mais une douleur qu’il aurait de plus que les autres citoyens ou qu’on n’aurait guère avec lui serait...”

Calere. Fervere. Æstuare. Calefacere. Fovere.

1. Calere et fervere, il fait chaud, il fait très-chaud, désignent la chaleur même : calidus, dont l’opposé est frigidus, un degré de chaleur modéré ; fervidus, dont l’opposé est gelidus, le degré du point d’ébullition. Æstuare, dont l’opposé est algere, désigne la sensation que la chaleur fait éprouver, comme avoir chaud.

2. Calefacere, chauffer, au sens purement physique, sans idée accessoire ; fovere, chauffer, avec allusion à la sensation agréable ou à l’effet bienfaisant de la chaleur.

Candela. Lucerna.

Candela, chandelle que l’on peut porter comme une torche, λαμπάς ; lucerna, lumière qui brûle sur une table et qu’on ne saurait se représenter autrement.

Canere. Cantare. Psallere. Canticum. Cantilena. Carmen. Poema. Poeta. Vates.

1. Canere, terme général, faire de la musique, canere voce, tibiis, fidibus, μέλπειν ; cantare se dit de la musique vocale, ἀείδειν ; psallere, de la musique instrumentale exécutée avec des instruments à cordes.

2. Cantica et cantilenæ, compositions exclusivement destinées à être chantées, dans lesquelles les paroles et la mélodie sont inséparables, comme dans les chants populaires, et qui servent d’expression à la joie et aux plaisirs de la vie, par opposition au discours, au langage parlé : canticum, chanson favorite qui égaye ; cantilena, chanson rebattue qui a perdu le charme de la nouveauté et n’est plus qu’une vieillerie. Carmina et poemata, poésies susceptibles d’être chantées, mais dont les paroles sont une œuvre d’art, ayant une valeur propre, et qui sont consacrées à la religion ou au dieu des vers, par opposition à la prose et à la vérité pratique. Carmina, dans sa signification primitive, désigne des chants religieux, ἐπῳδαὶ, et par extension d’autres poésies, surtout de petites pièces et des morceaux lyriques, comme ᾠδαί ; poemata, des productions d’un art avancé, de longs poèmes, la plupart du temps épiques ou tragiques, comme ποιήματα. Le carmen est le fruit d’une inspiration naïve ; le poema, d’une inspiration qui se connaît et se maîtrise.

3. Poeta, terme savant, technique, ne fait voir dans le poète que l’artiste ; vates, terme religieux qui appartient à la vieille langue latine, le présente comme une personne sainte.

Caper. Hircus. Hædus.

Caper, terme général, nom du bouc en histoire naturelle, τράγος ; hircus, vieux bouc qui a toute sa croissance ; hœdus, hædus, jeune bouc, ἔριφος.

Carere. Egere. Indigere.

1. Carere se rapporte à ce qu’on souhaite de posséder, c’est être privé de quelque chose, s’en passer, par opposition à habere ; egere et indigere se rapportent à ce qu’il nous faut absolument et dont nous ne pouvons pas nous passer, comme avoir besoin, par opposition à abundare. Sen. V. B. 7. “Voluptate virtus sæpe caret, nunquam indiget.” “Le plaisir a beau fuir la vertu, elle n’en est jamais en peine.” Ep. 9. “Sapiens eget nulla re ; egere enim necessitatis est.” “Le sage n’a aucun besoin, car qui dit besoin dit nécessité.” Cic. Ep. ad Qu. Fr. I, 3, 2. “Nunc commisi ut me vivo careres, vivo me aliis indigeres.” “Je t’ai donc imposé de mon vivant des privations, réduit de mon vivant à dépendre des autres.”

2. Egere marque le besoin même, par opposition à uti ; indigere, le sentiment pressant du besoin et le vif désir de le voir satisfait.

Caro. Pulpa. Viscera. Exta. Intestina. Ilia.

1. Caro, la chair en général, comme substance, par opposition à la graisse, aux nerfs, aux muscles ; pulpa, terme particulier pour la chair qui se mange et qui a du goût, par opposition aux os ; viscera, toutes les chairs et parties charnues comprises entre la peau et les os.

2. Viscera, au sens restreint, désigne toutes les parties internes du corps ; exta, les parties molles de la poitrine, comme le cœur, les poumons ; intestina, interanea et ilia, les parties molles du ventre, surtout les intestins : intestina, et après le siècle d’Auguste, interanea, les intestins considérés comme organes de la digestion ; ilia, tout ce qui se trouve dans l’abdomen, et particulièrement les parties mangeables.

Cassis. Galea. Cudo.

Cassis, cassida, casque de métal ; galea, casque de peau et à proprement parler de peau de belette ; cudo, casque de forme inconnue. Tac. G. 6. “Paucis loricæ ; vix uni alterive cassis aut galea.” “Un petit nombre de cuirasses ; à peine un ou deux casques de métal ou de peau.”

Castus. Pudicus. Pudens. Pudibundus.

1. Castus représente la chasteté comme une vertu innée, pur, innocent ; pudicus, comme une vertu morale, pudique, modeste.

2. Pudicus, pudicitia, la modestie naturelle, la peur de paraître nu aux yeux des autres, et l’esprit de chasteté qui en est la suite au point de vue exclusif des rapports des deux sexes, la pudicité ; pudens, pudor, la modestie en général, la peur de se faire voir sous un jour fâcheux et de s’exposer au mépris, le sens de l’honneur. Cic. Catil. II, 11, 25. “Ex hac parte pudor pugnat, illinc petulantia ; hinc pudicitia, illinc stuprum.” “La modestie est aux prises avec l’effronterie, la pudeur avec la débauche.”

3. Pudicus et pudens s’entendent de la modestie à l’état de qualité permanente ; pudibundus, d’un accès de modestie.

4. La modestie, pudor, procède de l’estime de soi-même, on ne veut point se compromettre aux yeux des autres ; la délicatesse, verecundia, procède de l’estime qu’on a pour les autres, on ne veut donner aucun sujet de scandale à ceux qu’on estime.

Casu. Forte. Fortuito. Fortasse. Forsitan. Haud scio an.

Casu, forte et fortuito, marquent les chances diverses : casu, la chance inattendue, par accident, par concours de circonstances, il est opposé à consulto, συμϐεϐηϰότως ; forte, la chance ordinaire, par hasard, τυχόν ; fortuito, fortuitu, qui sont emphatiques, la chance extraordinaire, par pur hasard, ἀπὸ τύχης ; ils ont pour opposé causa. Fortasse, forsitan et haud scio an marquent une éventualité : fortasse et fortassis, quand on reconnaît et qu’on affirme la possibilité : peut-être et même vraisemblablement : ils se construisent avec l’indicatif, ἴσως ; forsitan, forsan, quand on admet simplement la possibilité : après tout, il est possible : ils se joignent au subjonctif, τάχ᾽ ἄν ; haud scio an, quand on feint par modestie de ne pas être sûr de son fait, qu’on restreint l’affirmation par euphémisme. Fortasse verum est et forsitan verum sit veulent dire : la chose est vraie peut-être, peut-être aussi ne l’est-elle pas ; mais haud scio an verum sit : je la tiens pour vraie, mais sans vouloir la donner pour certaine.

Casus. Fors. Fortuna. Fors fortuna. Fatum.

1. Casus présente le hasard comme un fait brutal qui ne se rattache ni aux calculs de l’homme, ni à des causes connues, συμφορά ; fors, comme une sorte d’être fabuleux qui influe sur les choses humaines sans dessein et sans but, sans autre fin, pour ainsi dire, que de taquiner les mortels et de confondre leurs calculs, τύχη.

2. Fors, pris comme un vrai personnage mythologique, c’est le même hasard sous les traits d’un bonheur aveugle ; fortuna, c’est le bonheur qui n’est ni aveugle ni étourdi, qui intervient dans la marche des affaires humaines pour accorder ou refuser sa faveur ; enfin, fors fortuna est une chance heureuse, ἀγαθὴ τύχη.

3. Tous ces êtres sont en opposition avec les dii et le fatum qui amènent ou détournent un événement non par humeur et caprice, mais par des motifs plus élevés, les dii, selon les lois appréciables de la morale, selon le mérite et la dignité, selon le droit et l’équité ; le fatum, selon les lois mystérieuses de l’ordre éternel qui préside à l’univers, comme l’εἰμαρμένη, la μοῖρα. Tac. Hist. IV, 26. “Quod in pace fors seu natura, tunc fatum et ira deorum vocabatur.” “En temps de paix, on aurait appliqué à ces faits les noms de hasard et d’accidents naturels ; on n’avait plus maintenant à la bouche que les mots de fatalité et de colère divine.”

Caterva. Cohors. Agmen. Grex. Globus. Turba.

Caterva, cohors et agmen, multitude assemblée en bon ordre : caterva, en masse qui constitue un tout, comme par exemple un bataillon ; cohors, sous forme d’escorte et de cortége autour d’un chef ; agmen, en procession solennelle. Turba, grex et globus, multitude réunie sans ordre : grex, sans aucun arrangement ; turba, avec une idée accessoire de désordre et d’embarras ; globus, en foule qui se presse, se gêne et aboutit à former le cercle, chacun cherchant à gagner le centre.

Celare. Occulere. Occultare. Clam. Abdere. Condere. Abscondere. Recondere.

1. Celare, verbe abstrait, comme céler, tenir secret, ϰεύθειν, par opposition à fateri, il est synonyme de reticere ; occulere, occultare, verbes concrets, comme cacher, ϰρύπτειν, par opposition à aperire, ils sont synonymes d’obtegere. Les celanda restent inconnus hors le cas de trahison ; les occultanda seraient exposés à tous les regards si l’on manquait de prévoyance et de précaution.

2. Clam et clanculum signifient de même secrètement, par opposition à palam ; occulte, en cachette, par opposition à aperte.

3. Occulere se dit de toutes les manières de cacher, mais occultare, c’est cacher avec soin ou même avec sollicitude, et ce dernier verbe ne peut pas plus trouver place dans les propositions négatives que redolere et autres, aussi forts de sens.

4. Occultare couvrir d’un voile quelconque pour soustraire à la vue ; abdere, condere et abscondere, dérober les choses à la vue en les éloignant : abdere, en les mettant simplement de côté, hors du chemin, comme ἀποϰρύπτειν ; condere, en les rangeant à leur place et en les serrant, comme ϰαταϰρύπτειν ; recondere, en les gardant avec un soin extrême ; abscondere, en les gardant après les avoir mises à l’écart.

Celeber. Inclytus. Clarus. Illustris. Nobilis.

Celeber et inclytus, termes généraux pour signifier la célébrité, surtout en parlant des choses, et qui ne s’appliquent guère aux personnes que chez les poëtes ; clarus, illustris et nobilis ont particulièrement rapport à la politique : clarus, célèbre par des services éminents rendus à la patrie ; illustris, considéré à cause de son rang et de sa fortune ; nobilis, qui appartient à une famille dont les membres ont déjà occupé de hautes positions dans l’État.

Censere. Judicare. Arbitrari. Æstimare. Opinari. Putare. Reri. Autumare. Existimare. Credere.

1. Censere, judicare, arbitrari, æstimare, émettre un avis à titre d’autorité compétente et commise à cet effet : censere, comme censeur ou comme sénateur votant ; judicare, comme juge qui rend un arrêt ; arbitrari, comme arbitre ; æstimare, comme taxateur ou commissaire-priseur. Opinari, putare, reri et existimare, émettre une opinion comme simple particulier, en son propre et privé nom : opinari exprime un simple sentiment/ou un pressentiment, par opposition à la conviction claire et nette et à la certitude, comme croire ; putare, le résultat d’un calcul ; reri est une expression poétique ; autumare, un mot vieilli.

2. Æstimare présente l’avis à donner sous l’aspect d’un devoir de police rempli par un véritable taxateur, estimer quelque chose, au propre ou au figuré, d’après son prix et sa valeur en argent ; existimare, sous l’aspect d’un devoir de morale, estimer une chose par sa valeur intrinsèque ou par ce qu’elle a de vrai. Cicéron n’oppose comme opinion particulière au jugement de l’autorité compétente, judicio, que l’existimatio, jamais l’æstimatio.

3. Censere, etc., présentent l’opinion et la croyance comme basées sur des réflexions et sur une conviction personnelles ; credere, comme basées sur la confiance qu’on accorde au témoignage d’autrui. Sen. Tranq. 11. “Non putavi hoc futurum, nunquam hoc eventurum credidissem, à savoir : si quis mihi prædixisset. “Cela n’entrait pas dans mes prévisions ; je n’aurais jamais cru que cela pût arriver” (même si on me l’avait prédit).

4. Opinor, employé sous forme de parenthèse est une formule de modestie, comme οἶμαι, à ce que je crois ; credo est une formule d’ironie, comme ὡς ἔοιϰεν. Ce dernier peut signifier : 1º je l’imagine bien, j’imagine, dans des affirmations qui vont d’elles-mêmes, et l’ironie tombe alors soit sur celui auquel il faut dire ou répéter les choses, soit sur celui qui paraîtrait tenté d’avoir quelque doute ; 2° oui, je le crois, ou : ne devrait-on pas croire ? à propos d’affirmations absurdes qu’on se juge autorisé à prêter aux autres et à placer dans leur bouche ; 3º je le crois, naturellement, cela se conçoit, à propos de propositions évidentes, quand on demande pour ainsi dire la permission de ne pas les commenter.

Chorda. Fides.

Chorda, la corde isolée ; fides exprime toujours au singulier comme au pluriel une idée collective, c’est la garniture entière ou l’instrument même.

Cicur. Mansuetus.

Cicur, apprivoisé au sens purement physique, terme de classification en histoire naturelle, par opposition à ferus ; mansuetus, apprivoisé au sens moral, lequel suppose un adoucissement de caractère, par opposition à sævus.

Citus. Celer. Velox. Pernix. Properus. Festinus.

1. Citus et celer s’entendent d’un mouvement rapide, par opposition à tardus, il s’agit simplement de vitesse ; velox et pernix, opposés à lentus, se disent de l’agilité due à la force du corps et développée par l’exercice, par l’art ; properus et festinus, de la hâte, de la volonté d’atteindre un but dans le moins de temps possible, par opposition à segnis.

2. Citus marque un mouvement prompt et vif, il se rapproche de vegetus ; celer, un mouvement violent et entraînant, il se rapproche de rapidus.

3. Pernicitas, c’est en général l’agilité et la prestesse dans tous les exercices du corps, saut, escalade, voltige ; velocitas, c’est par préférence la vitesse à la course, au vol, à la nage. Plaut. Mil. III, 1, 36. “Clare oculis video, pernix sum manibus, pedibus mobilis.” “J’ai des yeux qui voient clair, des mains lestes, des pieds qui ne tiennent pas en place.” Virg. Æn. IV, 180. “Famam pedibus celerem et pernicibus alis.” “La Renommée dont la course est rapide et le vol agile.” Curt. VII, 7, 53. “Equorum velocitati par est hominum pernicitas.” “L’agilité des hommes égale la vitesse des chevaux.”

4. Properus, properare marquent la hâte d’aller droit au but à force d’énergie, elle est opposée au laisser-aller, à cessare ; festinus, festinare, la hâte qui provient d’impatience et qui est voisine de la précipitation.