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Mémoires pour servir à l'Histoire de mon temps (Tome 7) cover

Mémoires pour servir à l'Histoire de mon temps (Tome 7)

Chapter 24: III
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About This Book

The memoirs recount political events around 1842, treating parliamentary elections, the abrupt death of the heir to the throne, and the preparation and adoption of a regency law, while detailing debates and positions taken by leading statesmen. The author reflects on preserving independence of judgment amid popular pressure, relates conversations with contemporaries, and summarizes diplomatic correspondence and European reactions to the heir's death. The narrative describes funeral arrangements and parliamentary discussions involving prominent figures, and assesses consequences for the monarchy and the difficulty of governing in a representative age that demands both public approval and disinterested statesmanship.

De sa personne, il marche pour la cinquième fois dans l'Ouarensenis pour y détruire la puissance d'El-Hadj-Seghir, nouveau khalifat d'Abd-el-Kader. Le duc d'Aumale dirige cette expédition.

Résumé de ces deux campagnes:

L'insurrection générale de 1845 est éteinte.

Le Djebel-Amour, l'Ouarensenis, le Dahra, l'Ouennougha, ont soumis.

Le Bou-Thaleb (Constantine) et le sud de la province d'Oran sont pacifiés.

Quelques tribus marocaines, qui avaient violé notre territoire, sont vigoureusement châtiées.

La France paraît, à l'issue de cette longue lutte, aux yeux des indigènes, plus grande et plus redoutable qu'avant la crise.

Campagne d'été.

L'événement le plus intéressant de cet été de 1846 est la grande poursuite de l'Émir par le général Yusuf. Abd-el-Kader est surpris une première fois par lui, le 13 mars, à Gouigua, une seconde fois, le 5 avril, à Djemmet-el-Messad, et le 22, une troisième fois à Gharza. Vaincu, isolé, désespéré, l'Emir finit par disparaître dans le sud-ouest et s'enfonce dans le Maroc (juin 1846). Une conséquence affreuse de la situation critique de l'Emir fut le massacre des prisonniers de la deïra. 270 Français furent mis à mort; onze seulement furent épargnés, dans le but d'en tirer rançon.

Résultats:

Abd-el-Kader quitte l'Algérie.

Les tribus nomades de la province d'Oran se soumettent (Ouled-Ziad,
O-Abd-el-Kerim, Derraga, O-Houmen, O-Bou-Zezig, O-Aïssa, gens de
Chellala, de Bou-Semghoun, Hamian Charaga, O-Sidi-Nasser-Mackna,
etc…
)

Fondation d'Aumale et soumission des Beni-Zala.

Soumission des tribus kabyles du Sahel de Sétif.

L'automne et l'hiver se passent sans troubles sérieux.

Le 25 novembre, nos onze prisonniers de la deïra sont délivrés.

Les établissements militaires sont portés dans la zone intérieure. Médéah, chef-lieu de la division d'Alger; Batna, principal siége de l'autorité militaire dans la province de Constantine; Sidi-Bel-Abbès, chef-lieu de la subdivision d'Oran. (Le gouvernement et l'autorité militaire en Algérie étaient d'accord sur ce projet dont le développement devait être progressif.)

Le gouverneur général se propose de créer un poste chez les Flittas.

La position de Dar-ben-Abdallah est étudiée.

Année 1847. Faits accomplis pendant les quatre premiers mois.

Reconnaissance de notre autorité par les tribus kabyles des environs de
Sétif et de Bougie.

Reconnaissance de notre autorité par Ben-Salem, ancien khalifat de l'Émir.

Reconnaissance de Bel-Kassem ou Kassy, personnage très-influent du
Sebaou.

Reconnaissance de notre autorité par tous les chefs notables du Sebaou et des revers ouest et sud du Jurjura.

Bou-Maza se livre lui-même à Orléansville; il est amené en France.

Campagne de printemps.

Il s'agissait de mettre à profit les soumissions de Ben-Salem et de
Bel-Kassem.

Le gouverneur général voulut assurer les communications entre Sétif et Bougie et dirigea deux colonnes sur la Kabylie (mai 1847). Ces colonnes se rejoignent après de légers combats.

Résultats:

Reconnaissance de notre autorité par 55 tribus comprises dans le triangle formé par les trois points, Bougie, Hamza et Sétif. Le pays est organisé administrativement.

Dans la province de Constantine, trois colonnes sous le commandement du général Herbillon obtiennent la soumission de la grande tribu des Nemencha.

Les Beni-Salah se soumettent également et s'engagent à prévenir désormais tout désordre sur la route de Philippeville à Constantine.

Le maréchal quitte définitivement l'Algérie le 5 juin.

Voici l'état de nos positions stratégiques en Algérie à la fin du gouvernement du maréchal Bugeaud (1847).

Première ligne.—Ligne du littoral.

  PROVINCE D'ORAN……… Nemours, Rachgoun, Mers-el-Kebir,
  Arzew, Mostaganem.

  PROVINCE D'ALGER…….. Tenès, Cherchell, Alger, Dellys,
  Bougie.

  PROVINCE DE CONSTANTINE………. Gigelli, La Calle, Bône,
          Philippeville.

Deuxième ligne.—Ligne intérieure du Tell.

  PROVINCE D'ORAN……… Lalla-Maghrania, Tlemcen, Sidi-bel-Abbès,
  Mascara.

  PROVINCE D'ALGER……… Orléansville, Milianah, Medeah,
  Aumale.

PROVINCE DE CONSTANTINE…….. Sétif, Constantine, Guelma.

Troisième ligne.—Ligne des postes avancés au sud du Tell.

PROVINCE D'ORAN……… Sebdou, Daïa, Saïda, Tiaret.

PROVINCE D'ALGER…….. Teniet-el-Had, Boghar.

PROVINCE DE CONSTANTINE……. Batna, Biskara.

Bureaux arabes.

En 1831 (24 juin), le général Berthezène nomma un agha des Arabes (Sidi-Hadj-Maiddin), avec pouvoir de nommer dans les tribus les cheiks et les caïds, de recevoir les plaintes des Arabes, de les transmettre au commandant en chef et de punir les coupables d'après les lois musulmanes. Sidi-Hadj-Maiddin garda cette charge très-peu de temps et se retira chez les Hadjoutes (septembre 1832).

En 1833 (10 avril), pendant l'absence du duc de Rovigo, le maréchal de camp Avizard, commandant en chef par intérim, fit établir, par les conseils du général Trézel, un bureau qui prit le nom de Bureau arabe. Ce bureau, qui faisait partie de l'état-major général, fut dirigé d'abord par M. de Lamoricière, alors capitaine des zouaves[121].

[Note 121: Un des principaux avantages de la création du bureau arabe fut d'enlever la direction des affaires arabes aux interprètes qui jusque-là avaient été les seuls intermédiaires entre les indigènes et l'autorité française.]

En 1834 (18 novembre), le comte d'Erlon réunit la direction de ce bureau à la charge d'agha des Arabes, et y plaça un officier supérieur français (lieutenant-colonel Marey, commandant le corps des spahis réguliers d'Alger), qui fut chargé des rapports avec les tribus de l'intérieur et de la police du territoire.

Le nouvel agha devait avoir à sa disposition, pour l'aider, deux officiers et deux interprètes désignés par le commandant en chef.

On reconnut bientôt que cette institution de l'agha des Arabes n'atteignait pas le but qu'on se proposait, d'étendre nos rapports avec les tribus de l'intérieur et de les attirer sous notre domination, en respectant leurs usages et protégeant leurs intérêts; l'institution fut remplacée par la création d'une direction des affaires arabes, sous l'action immédiate du gouverneur général (15 avril 1837).

Le comte de Damrémont nomma, par arrêté du même jour, M. Pelissier, capitaine d'état-major, directeur des affaires arabes, auteur des Annales algériennes, et depuis consul à Sous (régence de Tunis).

Le 5 mars 1839, le maréchal comte Valée supprima la direction des affaires arabes, dont les attributions furent conférées à l'état-major général du gouverneur.

Enfin, le 16 août 1841, la direction des affaires arabes, créée par arrêté du 15 avril 1837, et rentrée dans les attributions de l'état-major général par décision du maréchal Valée, fut rétablie par ordre du lieutenant général Bugeaud.

Voici les considérants sur lesquels était basé le rétablissement de la direction des affaires arabes:

1º Considérant que le commandement des troupes indigènes irrégulières de la province d'Alger est devenu assez important pour absorber tous les moments de l'officier qui en est chargé[122];

[Note 122: Elles se montaient alors à un effectif de 806 hommes et 332 chevaux.]

2º Que la police du pays, en ce qui concerne les indigènes soumis, les relations à ouvrir avec les tribus non encore soumises, et généralement tout ce qui se rattache aux fonctions dévolues par les précédents arrêtés à l'agha des Arabes et au directeur des affaires arabes, suffisent pour motiver la création d'un emploi spécial.

3º Qu'il est important, tant sous le rapport de la discrétion que de la promptitude d'exécution, que l'officier revêtu de cet emploi soit attaché à notre état-major particulier, etc., etc.

M. Daumas, chef d'escadron au 2e régiment de chasseurs d'Afrique fut nommé directeur des affaires arabes.

La direction fonctionna ainsi jusqu'en 1844.

A cette époque, les affaires arabes avaient pris une telle extension que le maréchal Bugeaud crut devoir organiser à nouveau cette direction en même temps que le gouvernement des indigènes.

L'organisation du gouvernement des indigènes par le maréchal Bugeaud fut calquée sur celle d'Abd-el-Kader, au moins quant à ce qui concerne la hiérarchie adoptée pour les chefs indigènes; mais elle fut rendue mixte par l'adjonction des agents français, qui devaient représenter aux yeux des Arabes l'autorité suprême dont ils étaient les délégués.

Le but que voulait atteindre le maréchal était double:

1º Imposer aux tribus une hiérarchie des pouvoirs bien combinée, déjà pratiquée et entrée dans leurs habitudes.

2º Laisser la preuve de la conquête constamment sous leurs yeux et en marquer la trace dans toutes leurs transactions. Ce dernier rôle était réservé aux agents français qui, comme chefs militaires et comme chefs politiques, devaient tenir entre leurs mains la source réelle du pouvoir.

Le bureau arabe, dans la pensée du maréchal, ne devait pas être une autorité proprement dite, mais une sorte d'état-major chargé des affaires arabes auprès du commandant proprement dit, et n'agissant qu'au nom et par ordre de celui-ci. Ainsi, chaque cercle, chaque subdivision eut un bureau arabe, ou état-major spécial des affaires arabes. Le directeur des affaires arabes de la division fut le chef d'état-major des affaires arabes de la province. Enfin, le directeur central fut, auprès du gouverneur général, le chef d'état-major général des affaires arabes de toute l'Algérie. Un des grands avantages de ce système était le suivant: les commandants de cercles, de subdivisions, de divisions, le gouverneur général lui-même pouvaient changer; les institutions restaient, et les traditions de gouvernement des Arabes se transmettaient sans interruption dans le fonctionnement général de l'administration.

Un code succinct, renfermant les principales mesures administratives et judiciaires applicables aux tribus suivant les lieux et les circonstances, fut rédigé par les soins du lieutenant-colonel Daurnas, premier directeur central des affaires arabes. Ce code devint une règle uniforme pour tous les bureaux.

Ce travail achevé, parut le décret constitutif des bureaux arabes. Il est signé du maréchal duc de Dalmatie, et porte la date du 1er février 1844.

Article premier.—Il y aura, dans chaque division militaire de l'Algérie, auprès et sous l'autorité immédiate de l'officier général commandant, une direction des affaires arabes.

Des bureaux, désignés sous le nom de bureaux arabes, seront en outre institués:

Dans chaque subdivision, auprès et sous les ordres directs de l'officier général commandant;

Subsidiairement sur chacun des autres points occupés par l'armée où le besoin en sera reconnu, et sous des conditions semblables de subordination à l'égard des officiers investis du commandement.

Art. 2.—Les bureaux arabes seront de deux classes, savoir: de première classe, ceux établis aux chefs-lieux de subdivision; de deuxième classe, ceux établis sur les points secondaires.

Ces bureaux ressortiront respectivement à chacune de divisions militaires dans la circonscription de laquelle ils se trouveront placés.

Art. 3.—Les directions divisionnaires et les bureaux de leur ressort seront spécialement chargés des traductions et rédactions arabes, de la préparation et de l'expédition des ordres et autres travaux relatifs à la conduite des affaires arabes, de la surveillance des marchés et de l'établissement des comptes de toute nature à rendre au gouverneur général sur la situation politique et administrative du pays.

Indépendamment de ses attributions comme direction divisionnaire, la direction d'Alger centralisera le travail des directions d'Oran et de Constantine, sera chargée de la réunion et de la conservation des archives, et de la préparation des rapports et des comptes généraux à adresser au ministère de la guerre, et prendra, en conséquence, le titre de Direction centrale des affaires arabes.

Elle exercera sous l'autorité immédiate du gouverneur général.

Art. 4.—Partout et à tous les degrés, les affaires arabes dépendront du commandant militaire, qui aura seul qualité pour donner et signer les ordres, et pour correspondre avec son chef immédiat, suivant les règles de la hiérarchie, etc.

Les bureaux arabes, constitués comme il vient d'être dit, ont fonctionné pendant toute la durée du gouvernement du maréchal Bugeaud.

La seule modification qui y fut introduite fut celle par laquelle le directeur central des affaires arabes devint membre du conseil supérieur d'administration de l'Algérie, réorganisé par ordonnance royale du 15 avril 1845.

Le motif allégué à ce sujet par le maréchal duc de Dalmatie, dans son rapport au Roi, était l'importance du gouvernement des indigènes, qui exigeait que ce service fût représenté dans le conseil appelé à délibérer sur les grands intérêts du pays.

Il reste maintenant à faire connaître le nombre et l'emplacement des bureaux arabes.

A mesure que notre occupation s'étendait, les bureaux arabes s'installaient sur les points nouvellement conquis. Dès 1844, aux bureaux de Constantine, Médeah, Milianah, Mascara, Tlemcen, il fallait ajouter ceux de Boghar, Teniet-el-Had, Tiaret, Saïda. Cette même année, des points nouveaux dans le Tell étaient fortifiés, recevaient garnison et bureau arabe: Sétif, Batna, Orléansville, Ammi-Moussa, Tenès.

Enfin, la dernière année du commandement du maréchal Bugeaud, on comptait dans les trois provinces trente bureaux des deux classes, ainsi répartis:

Situation des bureaux arabes à la fin du gouvernement du maréchal Bugeaud (1847).

Direction centrale à Alger. +———————————-+————————————+——————————-+ | Direction | Direction | Dir. divisionnaire | | divisionnaire d'Alger.| divisionnaire d'Oran. | de Constantine. | | Bureaux arabes. | Bureaux arabes. | Bureaux arabes. | +—————-+—————-+—————-+——————+—————-+————-+ |1re classe | 2e classe |1re classe | 2e classe |1re classe |2e classe| +—————-+—————-+—————-+——————+—————-+————-+ | Alger. | | Oran. | Nemours. |Constantine| | | Dellys. | |Mostaganem.|Ammi-Moussa.| Bône. |La Calle.| | Blidah. | | Mascara. | Tiaret. | Sétif. | | | Milianah. |Cherchell. | | Saïda. | Batna. |Biskra. | | |Teniet-el- | Tiemcen. | Sebdou. | Guelma. | | | | Had. | | | | | | Médéah. | Boghar. | |Lalla-Ma- | Philippe- | | | | | | ghrania. | ville. | | | Aumale. | | | | | | | Orléans- | Tenès. | | | | | | ville. | | | | | | | Bougie. | | | | | | +—————-+—————-+—————-+——————+—————-+————-+ | 8 | 4 | 4 | 6 | 6 | 2 | +—————-+—————-+—————-+——————+—————-+————-+ | 12 | 10 | 8 | +———————————-+————————————+——————————-+ | Ensemble: 30 bureaux arabes. | +———————————————————————————————————+

On peut se rendre compte du développement des institutions des bureaux arabes en comparant leur situation en 1847 avec celle d'aujourd'hui.

Situation actuelle des bureaux arabes (1864).

+———————————-+————————————+——————————-+ | Direction | Direction | Dir. divisionnaire | | divisionnaire d'Alger.| divisionnaire d'Oran. | de Constantine. | | Bureaux arabes. | Bureaux arabes. | Bureaux arabes. | +—————-+—————-+—————-+——————+—————-+————-+ |1re classe | 2e classe |1re classe | 2e classe |1re classe |2e classe| +—————-+—————-+—————-+——————+—————-+————-+ | Dellys. |Tizi-Ouzou.| Oran. |Aïn-Temou- |Constanti- |El-Miliah| | | | | hent | ne. |(annexe).| | | | | (annexe). | | | | |Drà el-Miz-| Mostaga- | Ammi- | | Colio. | | | an. | nem.| Moussa.| | | | |Fort-Napo- | | Zamorah | |Djidgelli| | | léon. | | (annexe). | | | | Aumale. |Beni-Man- |Sidi-bel- | Daya | |Aïn-Beïda| | | çour | Abbès. | (annexe). | | | | | (annexe). | | | | | | Médeah. |Boghar. | Mascara. | Tiaret. | |Tebessa. | | |Laghouat. | | Saïda. | Bône. |La Calle.| | |Djelfa | | Géryville. | |Souk-Ak- | | | (annexe). | | | | ras. | | Milianah. |Cherchell. | Tlemcen. | Nemours. | Sétif. |Bordj- | | | | | | | ben- | | | | | | | Areridj.| | |Teniet-el- | | Lalla-Ma- | | Bougie. | | | Hàd. | | ghrania. | | | |Orléans- | Tenès. | | Sebdou. | |Bouçaada.| | ville. | | | | | | | | | | | |Takitount| | | | | | |(annexe).| | | | | | Batna. |Biskra. | +—————-+—————-+—————-+——————+—————-+————-+ | 5 | 10 | 5 | 10 | 4 | 12 | +—————-+—————-+—————-+——————+—————-+————-+ | 15 | 15 | 16 | +———————————-+————————————+——————————-+ | Ensemble: 46 bureaux arabes. | +———————————————————————————————————+

FIN DES PIÈCES HISTORIQUES DU TOME SEPTIÈME.

TABLE DES MATIÈRES DU TOME SEPTIÈME.

Chapitre XXXIX.

Élections de 1842.—Mort de M. le Duc d'Orléans. Loi de régence. (1842).

M. Royer-Collard et le général Foy.—Par quels motifs je me suis appliqué à garder toute l'indépendance de ma pensée et de ma conduite en présence des sentiments et des désirs populaires.—Mes entretiens avec le comte Siméon et M. Jouffroy peu avant leur mort.—Leur opinion sur notre politique.—Caractère et résultats des élections de la Chambre des députés en juillet 1842.—Mort de M. le duc d'Orléans.—Ma correspondance diplomatique après sa mort.—Attitude des gouvernements européens.—Conversation du prince de Metternich avec le comte de Flahault.—Obsèques de M. le duc d'Orléans à Paris et à Dreux.—Préparation et présentation du projet de loi sur la régence.—Discussion de ce projet dans les deux Chambres.—Le duc de Broglie, M. Dupin, M. Thiers, M. de Lamartine, M. Berryer et moi.—Sollicitude du roi Louis-Philippe.—Adoption du projet.—M. le duc d'Orléans et son caractère.—Conséquences de sa mort.

CHAPITRE XL.

Les îles Marquises et Taïti. (1841-1846.)

Un inconvénient du gouvernement représentatif.—Premières navigations dans l'océan Pacifique.—Découverte de l'île de Taïti.—Divers voyageurs qui l'ont visitée du XVIIe au XIXe siècle.—La Nouvelle-Zélande et la Compagnie nanto-bordelaise.—L'amiral Dupetit-Thouars et les îles Marquises.—Motifs de notre prise de possession des îles Marquises.—L'amiral Dupetit-Thouars à Taïti.—Établissement et conditions du protectorat français à Taïti.—Les missionnaires anglais à Taïti.—Les missions protestantes et les missions catholiques dans l'océan Pacifique.—Débats dans la Chambre des députés à ce sujet.—Le capitaine Bruat nommé gouverneur des établissements français dans l'océan Pacifique.—Retour de l'amiral Dupetit-Thouars à Taïti.—Il substitue la complète souveraineté de la France au protectorat.—Réclamation de la reine Pomaré et des Taïtiens.—Fermentation à Taïti.—Menées de M. Pritchard, ancien missionnaire anglais.—Il abat son pavillon de consul d'Angleterre et en cesse les fonctions.—Le gouvernement français ordonne le rétablissement du protectorat.—Débats dans les Chambres à ce sujet.—Arrestation, emprisonnement et expulsion de M. Pritchard à Taïti.—Effet de cet incident à Londres.—Langage de sir Robert Peel.—Mon langage.—Négociation à ce sujet.—Conduite et correspondance du capitaine Bruat.—L'expulsion de M. Pritchard est maintenue et une indemnité lui est accordée.—Motifs de cette double mesure.—Les amiraux Hamelin et Seymour, commandants des stations française et anglaise dans l'océan Pacifique, sont chargés de s'entendre pour la fixation du taux de l'indemnité.—Lettre que m'écrit le roi Louis-Philippe pour se charger du payement de l'indemnité.—Le cabinet s'y refuse.—Débat dans la Chambre des députés.—Attitude du cabinet.—Il n'obtient qu'une faible majorité.—Il annonce sa résolution de se retirer.—Démarche du parti conservateur.—Le cabinet reste en fonctions.—Appréciation de cet incident.

CHAPITRE XLI.

L'Algérie et le Maroc. (1841-1847).

Le général Bugeaud gouverneur général de l'Algérie.—Son caractère et ses deux idées principales sur sa mission.—Désaccord entre ces idées et les dispositions des Chambres.—Le cabinet est résolu à soutenir fortement le général Bugeaud dans l'oeuvre de la complète domination française sur toute l'Algérie.—Campagnes et succès du général Bugeaud.—Son jugement sur Abd-el-Kader.—Sa susceptibilité dans ses rapports avec le ministère de la guerre, les Chambres et les journaux.—Ses brochures.—Sa correspondance particulière avec moi.—Il est fait maréchal.—Abd-el-Kader se replie sur le Maroc.—Dispositions du peuple marocain et embarras de l'empereur Abd-el-Rhaman.—Invasion des Marocains sur le territoire de l'Algérie.—Nos réclamations à l'empereur du Maroc.—Mes instructions au consul général de France à Tanger.—Le prince de Joinville est nommé commandant d'une escadre qui se rend sur les côtes du Maroc.—Inquiétude du gouvernement anglais.—Méfiance de sir Robert Peel.—Sagacité et loyauté de lord Aberdeen.—Ses démarches pour décider l'empereur du Maroc à se rendre à nos demandes.—Elles ne réussissent pas; la guerre est déclarée.—Le prince de Joinville bombarde Tanger et prend Mogador.—Le maréchal Bugeaud bat et disperse l'armée marocaine sur les bords de l'Isly.—L'empereur du Maroc demande la paix.—Elle est conclue à Tanger.—Ses conditions et ses motifs.—Débats dans les Chambres à ce sujet.—Négociation pour la délimitation des frontières entre l'Algérie et le Maroc.—Traité de Lalla-Maghrania.—Velléités de retraite du maréchal Bugeaud.—Abd-el-Kader recommence la guerre en Algérie.—Incident des grottes du Dahra.—Le maréchal Bugeaud met en avant son plan de colonisation militaire.—Ce plan est mal vu dans les Chambres et dans le ministère de la guerre.—Le maréchal Bugeaud veut se retirer.—Il vient en France.—Nouvelle et générale insurrection en Algérie.—Le maréchal Bugeaud y retourne et triomphe de l'insurrection.—Il est disposé à poursuivre Abd-el-Kader dans le Maroc.—Je lui écris à ce sujet.—Il y renonce.—Il insiste sur son plan de colonisation militaire.—Sa lettre au Roi pour le réclamer.—Présentation à la Chambre des députés d'un projet de loi conforme à ses vues.—Mauvais accueil fait à ce projet.—Le maréchal Bugeaud en pressent l'insuccès.—Il est souffrant et ne se rend pas à Paris.—La commission de la Chambre des députés propose le rejet du projet de loi.—Le gouvernement le retire.—Le maréchal Bugeaud donne sa démission.—Le duc d'Aumale est nommé gouverneur général de l'Algérie.

CHAPITRE XLII.

Les musulmans à Paris.—La Turquie et la Grèce. (1842-1847.)

Chefs musulmans à Paris, de 1845 à 1847.—Ben-Achache, ambassadeur du Maroc.—Ahmed-Pacha, bey de Tunis.—Ibrahim-Pacha, fils du vice-roi d'Égypte Méhémet-Ali.—Mirza-Mohammed-Ali-Khan, ambassadeur de Perse.—Réchid-Pacha, grand-vizir.—Stérilité des tentatives de réforme de l'Empire ottoman.—Il ne faut pas se payer d'apparences.—Affaires de Syrie.—Progrès dans la condition des chrétiens de Syrie, de 1845 à 1848.—Affaire du consulat de France à Jérusalem en 1843.—Question des renégats en Turquie.—De la situation de l'Empire ottoman en Europe.—Affaires de Grèce.—M. Colettis et M. Piscatory.—M. Piscatory et sir Edmond Lyons.—Le roi Othon.—Mes instructions à M. Piscatory.—Révolution d'Athènes (15 septembre 1843).—Opinion de M. Colettis.—Assemblée nationale en Grèce.—Établissement du régime constitutionnel.—Sentiments des cabinets de Londres, de Pétersbourg et de Vienne.—Arrivée de M. Colettis en Grèce.—Ministère Maurocordato.—Sa chute.—Ministère Colettis et Metaxa.—M. Metaxa se retire.—Ministère Colettis.—Hostilité de sir Edmond Lyons.—Ma correspondance avec M. Colettis.—Attitude de sir Edmond Lyons envers M. Piscatory.—Instructions de lord Aberdeen.—Chute du cabinet de sir Robert Peel et de lord Aberdeen.—Lord Palmerston rentre aux affaires en Angleterre.—Son attitude envers la Grèce et le ministère de M. Colettis.—Fermeté de M. Colettis.—Troubles intérieurs en Grèce.—M. Colettis les réprime.—Querelle entre les cours d'Athènes et de Constantinople.—Maladie et mort de M. Colettis.

CHAPITRE XLIII.

La liberté d'enseignement.—Les jésuites et la cour de Rome. (1840-1846.)

En quoi consiste la liberté d'enseignement.—Résolution du cabinet du 29 octobre 1840 de tenir, à cet égard, la promesse de la charte de 1830.—Divers projets de loi présentés par MM. Villemain et Salvandy.—Caractère de l'Université de France, corps essentiellement laïque et national.—Que la liberté d'enseignement peut et doit exister en même temps que l'Université.—Succès permanent de l'Université.—Difficulté de sa situation quant à l'éducation religieuse.—Légitimité et nécessité de la liberté d'enseignement.—Lutte entre l'Université et une partie du clergé.—Par quelle fâcheuse combinaison les jésuites devinrent les principaux représentants de la liberté d'enseignement.—Du caractère primitif et historique de la congrégation des jésuites.—Méfiance et irritation publique contre elle.—On demande que les lois de l'État qui la frappent soient exécutées.—Je propose que la question des jésuites soit portée d'abord à Rome, devant le pouvoir spirituel de l'Église catholique.—Le Roi et le conseil adoptent ma proposition.—M. Rossi est nommé envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire par intérim à Rome.—Motifs de ce choix.—Négociation avec la cour de Rome pour la dissolution en France de la congrégation des jésuites, sans l'intervention du pouvoir civil.—Embarras et hésitation de la cour de Rome.—Grégoire XVI et le cardinal Lambruschini.—Succès de M. Rossi.—Le Saint-Siége décide la Société de Jésus à se dissoudre d'elle-même en France.—Effet de ce résultat de la négociation.—Efforts pour en retarder ou en éluder l'exécution.—Ces efforts échouent et les mesures convenues continuent de s'exécuter, quoique lentement.—Maladie du pape Grégoire XVI.—Troubles dans la Romagne.—M. Rossi est nommé ambassadeur ordinaire de France à Rome.—Mort de Grégoire XVI.—Pressentiments du conclave.

PIÈCES HISTORIQUES

I

1º Instructions données à l'amiral Dupetit-Thouars, par M. l'amiral Duperré, ministre de la marine et des colonies.

2º Le contre-amiral Dupetit-Thouars à M. le ministre de la marine et des colonies.

II

1º Le contre-amiral Dupetit-Thouars au ministre de la marine.

2º Instructions de l'amiral Roussin, ministre de la marine et des colonies, à M. le capitaine Bruat, nommé gouverneur des îles Marquises.

3º Instructions confidentielles de l'amiral Roussin, ministre de la marine et des colonies, à M. le capitaine Bruat, gouverneur des établissements français dans l'Océanie.

III

1º Le ministre de la marine à M. Bruat, gouverneur des établissements français dans l'Océanie, commissaire du Roi près la reine des îles de la Société.

2º Le ministre de la marine à M. Bruat, gouverneur des établissements français dans l'Océanie, commissaire du Roi près la reine des îles de la Société.

IV

1º Résumé des campagnes du maréchal Bugeaud, de 1841 à 1847, et principaux résultats de ces campagnes quant à l'extension et à la consolidation de la domination française en Algérie.

2º Bureaux arabes.

Fin de la table du tome septième.

___________________________________________________ Paris.—Imprimé chez Bonaventure, Ducessois et Cie.