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Miette et Noré

Chapter 22: LES OUILLÈRES
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About This Book

A long lyrical narrative in verse celebrates rural life under a bright southern light, mixing vivid landscape description, folk-song rhythms, and episodic scenes that evoke everyday presence and communal feeling. The poet foregrounds a modern peasant figure seen in direct relation to nature rather than social struggle, favoring joy and freedom over lament. Interspersed commentary and prefatory notes reflect on poetic method, prosody, and the value of spontaneous, popular expression, while occasional unpublished stanzas and formal experiments broaden the work’s range between narrative song and reflective poetics.

LES OUILLÈRES

PRÉLUDE

Le blé sec vibre aux moindres brises ;
L’olivier met sur les moissons,
Çà et là, des ronds d’ombres grises
Aussi chaudes que des rayons.
Nos coteaux pierreux, où s’étage
La vigne au flanc disjoint des murs,
Sont des escaliers de feuillage
Et des cascades de blés mûrs !
Dans les plaines, par longues lignes,
Les beaux blés, ruisseaux d’or vivant,
Serrés entre le vert des vignes,
S’en viennent à nous — du levant.
Et toujours droites, continues,
Les ouillères, belles à voir,
Ressemblent à des avenues
Pleines de merveille et d’espoir !
Là, — vin et pain, — la vie entière,
Bien avant la cuve et le four,
N’étant encore que lumière,
Coule, belle comme le jour.
Et sur la terre basse ou haute,
Ici, là-bas, toujours, encor,
Cent ruisseaux pareils, côte à côte,
Roulent vers nous la vie et l’or ;
Et les pampres marquent les rives
De ces torrents de blé vermeil
Dont chaque jour les sources vives
S’ouvrent là-haut, — dans le soleil !