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Missions au Sahara, tome 1 cover

Missions au Sahara, tome 1

Chapter 40: APPENDICE X
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About This Book

The author presents a synthetic account of multiple expeditions across the northern Sahara, combining field observations, maps, photographs, and bibliographic synthesis to analyze geology, stratigraphy, hydrography and prehistoric ethnography. He distinguishes northern sedimentary terrains from the metamorphic central regions and contrasts Quaternary remnants: incised riverbeds in the north and fossil dunes in the south. Chapters treat place-names and onomastics, a monograph of a former river, and interpretations of stratigraphic architecture, while appendices collect survey, astronomical and topographical data. Photographs and maps accompany the discussion and paleontological material is acknowledged but largely deferred to specialists.

[273]Ch. Trépied, Remarques sur la carte dressée par M. Villatte à la suite de son exploration de 1904 dans le Sahara central (La Géographie, XII, 1905, p. 231-238).

[274]Publiée dans La Géographie, 15 juillet 1904, p. 99.


APPENDICE II

INSCRIPTIONS

On ne s’est pas efforcé systématiquement de relever au passage les inscriptions Tifinar’ ; il serait même plus exact de dire qu’on a systématiquement évité de le faire. En présence de ces innombrables graffitti indéchiffrables, on est découragé par le sentiment de son impuissance.

Je retrouve pourtant dans mes notes quelques inscriptions soigneusement recopiées soit par moi-même, soit plus souvent par d’autres, et qu’il est préférable de réunir ici.

A Barrebi j’ai relevé, à côté des gravures, quelques inscriptions. Il en est d’arabes, tout à fait banales, comme celle dont voici la traduction « ... Dieu et le salut soit sur notre seigneur Mahomet, — Arbi ben Sleïman. » Les tifinar’ si on pouvait les lire ne seraient probablement pas beaucoup plus intéressants.

Inscription a. Inscription b. Inscription c.
Inscription d. Inscription e. Inscription f.

La dernière inscription (f) a été copiée par M. le lieutenant Pinta.

J’ai relevé soigneusement des inscriptions Berbères qui se trouvent au ksar d’Ouled Mahmoud, et que les indigènes prétendaient hébraïques[275].

Il y en a quelques-unes au vieux ksar abandonné, à 1500 mètres de l’actuel ; par exemple :

Ces inscriptions Berbères sont accompagnées d’une inscription arabe que j’ai lue ainsi : « ab (?) fils de Zenati, az (?) fille de Zenati ».

Les inscriptions les plus nombreuses et les plus soignées sont au ksar actuel sur une gara centrale qui domine les maisons. Le ksar a vingt-cinq ans à peine, et les inscriptions n’ont rien de commun avec les habitants actuels qui les croient juives, et qui ont bâti dessus. Ces inscriptions, que j’ai calquées, sont très soignées, à trait profond, je les crois particulièrement anciennes.

Inscription II (ksar actuel).

Inscription IIbis faisant suite à la précédente sur le même rocher et un peu au-dessous

Inscription III (sur un rocher voisin) Inscription IV (également sur un rocher voisin).

Sur le rocher où sont gravées ces deux dernières inscriptions on a bâti une maisonnette en pisé.

On m’avait signalé encore comme hébraïques des inscriptions situées à Abani, auprès de Tesfaout (Touat) : je me suis assuré qu’elles sont berbères comme on pourra s’en rendre compte sur les belles photographies dues à M. Auger interprète militaire. (Voir pl. XVIII, phot. 35 et 36.)

Enfin M. le lieutenant-colonel Laperrine qui s’est beaucoup occupé des caractères Tifinar’ et qui les connaît bien, a recopié sur mon carnet une inscription trouvée sur une dalle calcaire dans l’oued Aglagal (sud du Tadmaït).

Inscription juive du Touat.

Elle provient du ksar de R’ormali dans l’oasis de Bouda.

La pierre sur laquelle est gravée l’inscription est encastrée à la base d’un pilier en pisé, qui a manifestement servi jadis de support à la bascule d’un puits comblé. Les indigènes ne connaissent ni le sens, ni la langue de l’inscription, ni sa date, ni son origine. De mémoire d’homme elle a toujours été au ksar de R’ormali.

La seule face visible de la pierre est un parallélogramme irrégulier d’environ 0 m. 30 sur 0 m. 25. La pierre est du grès rouge. L’inscription est d’un travail remarquable, au moins pour le pays ; sans doute la surface de la pierre n’a même pas été aplanie, les contours des lettres sont souvent éclatés ; mais leur dessin est très net, leur gravure en creux très profonde. C’est un travail peu soigné à coup sûr, mais on dirait l’œuvre d’un professionnel, non d’un sauvage qui s’amuse. Les habitants actuels du Touat seraient tout à fait incapables de produire quelque chose de comparable.

On trouvera dans les C. R. Ac. Inscr., année 1903, p. 236, le texte de cette inscription. En voici la traduction telle que la donne M. Philippe Berger.

Ligne 1 : ceci est le tombeau de [Monispa ?], fille d’Amram : Qu’elle repose en Eden !
2 : de [Zathaloq !] et elle est morte dans les douleurs (de l’enfantement).
3 : le samedi, vingtième d’Ab, qui nous apporte la paix.
4 : en l’année 5089.

M. Philippe Berger fait suivre cette traduction de quelques observations suivantes.

« Ligne 1. Le nom de la défunte = Monispa, est douteux. Au contraire le nom de son père Amram est un nom très connu, et qui est parfaitement en situation ici.

« Ligne 2. Cette ligne débute par un groupe de lettres très obscur. La lettre initiale semblerait indiquer qu’il s’agit d’un nom géographique = à (ou de) Zithaloq ».... A la fin de la ligne on lit : « dans les douleurs », ou peut-être « dans sa jeunesse ».

« Ligne 4. L’année 5089 correspond à l’année 1329 de notre ère. »

[275]Cf. Comptes rendus Acad. Inscript., 1905, p. 83 et suiv.


APPENDICE III

TRADUCTION D’UN MANUSCRIT ARABE CONCERNANT LA MINE DE CUIVRE DE TAMEGROUN

Je dois la communication de ce manuscrit à M. le capitaine Martin, chef d’annexe de Beni Abbès ; il est à la bibliothèque de Guerzim.

Voici comment M. Stackler, interprète militaire, le décrit :

Ce manuscrit, qui semble avoir un siècle et demi d’existence, contient beaucoup de mots qui sont à peu près ou tout à fait illisibles ; il y a même un morceau qui, à force d’avoir été plié et déplié a fini par se déchirer entièrement et a disparu.

Voici la traduction que M. Stackler a bien voulu en faire.

Louange à Dieu seul !
Que le salut soit sur son envoyé et sur son serviteur.

Renseignements sur un endroit appelé tel et tel. — « Lorsqu’on arrive à cet endroit, on demande où se trouve la colline qui a tel nom, puis on la monte jusqu’à son sommet, on s’y assied avant le lever du soleil, et on regardé du côté du sud. Cela doit se passer pendant les saisons d’été et d’automne.

« En se levant le soleil donne sur trois trous rangés l’un à côté de l’autre ; il faut aborder celui du milieu, on y trouve une caverne étroite, qu’il faut suivre jusqu’à ce qu’on arrive à deux trous situés l’un à droite, l’autre à gauche.

« Celui de droite renferme de la terre verdâtre comme du sulfate de cuivre ; c’est du minerai d’or, qui ne perd que le quart de son poids. Celui de gauche contient de la terre jaune et rouge : c’est aussi du minerai d’or qui diminue du tiers de son poids. Le trou de droite renferme également un coffre contenant moitié perles et moitié argent. Le deuxième trou, celui de gauche, contient de la terre qui semble enduite d’huile ; c’est du minerai d’or qui ne diminue que très peu ; une livre de minerai donne à peu près une livre d’or. Ce dernier minerai n’a pas besoin d’être soumis à l’action du feu, on le passe simplement dans de l’eau vinaigrée. A l’ouest de la colline en question se trouvent trois redjems, et les ateliers de ceux qui extraient le métal. Il faut aborder le redjem du milieu, qui est le plus grand. En enlevant ses pierres on trouvera un morceau de tronc de palmier bouchant l’entrée d’une caverne. Il faut l’enlever et descendre jusqu’au fond de ce gouffre où l’on rencontre une porte. En ouvrant cette porte, on trouve un puits surmonté d’un pont en tronc de palmier mis en mouvement par l’influence d’un « djin ».

« Il faut égorger sur ce pont un hibou, le battre avec une tige de fenouil, et après avoir coloré cette tige du sang de l’oiseau, écrire la formule suivante : Si nous avons dicté ce Coran.... etc..., puis toujours sur le pont en question, on lit la sourate du tonnerre.

« Le pont reste immobile ; en le traversant, on trouve une maison composée de quatre chambres garnies d’or, d’argent, d’armes et de chevaux. Il faut se garder de parler. On prend alors ce qu’on veut.

« Si l’on est plusieurs, il faut entrer séparément.

« Le jour favorable pour cela est le samedi.

« Au sein du gouffre se trouvent encore deux « redjems » entre lesquels existe un trou. On y entre, et l’on trouve au fond, une terre ressemblant à des écailles de poisson. En faisant fondre une livre de cette terre on obtient une livre d’émeraudes.

« A droite de ce trou se trouve un autre trou contenant une mine de pierres de cristal et Dieu est le plus instruit.

« Le minerai d’argent est lourd et blanc, lorsqu’on en jette une partie dans un feu ardent, il fond mais il ne se sépare pas de ses impuretés. Voici cependant la manière dont on le rend pur : On le réduit en poussière, on le lave avec de l’eau et du sel, on le fait sécher et on le soumet à l’action du feu, sur du charbon, on le saupoudre enfin d’un peu (d’ahlidj ?) et le minerai se sépare de ses impuretés, coule et se réunit seul.

« Autre espèce de minerai. — Il est noir, tacheté de blanc, il tire sur le bleu. Lorsqu’on en soumet une partie à l’action du feu, la substance précieuse ne se sépare pas de ses impuretés, il faut pour l’épurer, le réduire en une poussière qu’on jette sur un brasier et qu’on arrose avec du goudron tiré du laurier-rose. Alors l’argent se sépare de ses impuretés coule au milieu des charbons et se réunit tout seul.

« Espèce de minerai d’argent. — C’est une pierre bleue, lourde, tirant sur le vert, couverte de points blancs et facile à pulvériser. Pour séparer la matière précieuse de ses impuretés, on réduit ce minerai en poussière, on le met ensuite sur un feu formé de charbons ardents, et alors, ô chercheur, lorsqu’on aperçoit une étincelle rouge qui s’en échappe, mêlée à de la fumée noire, il faut le mélanger avec du sesquicarbonate de soude et du sublimé corrosif. Le minerai se sépare alors de ses impuretés et coule en bas.

« Espèce de minerai d’or. — C’est une pierre de couleur verte, tirant sur le jaune ; elle est très lourde et renferme du soufre. Lorsqu’on la met sur le feu, elle fond et le soufre brûle. Pour la séparer de ses impuretés et pour pouvoir l’utiliser, il faut la laver avec de l’eau et du sel. L’or se détache alors de ses impuretés.

« Espèce de minerai d’or. — Il renferme des racines semblables à des racines de palmier, il est formé d’une terre rouge, comme la terre dont on fait les marmites. Lorsqu’on en met sur la langue, on la trouve amère.

« On trouve également des pierres semblables à des œufs de poule dans le milieu desquels est le minerai. On le prend, on l’enduit de vinaigre et d’huile, on le fait chauffer à la vapeur, comme on fait pour le couscous, on l’étend pour le faire refroidir puis on prend un creuset ayant un bec comme un tuyau, on place un autre creuset sous le premier, de manière que le métal une fois fondu tombe dedans, on le couvre enfin de fiente de pigeon sauvage et on souffle dessus jusqu’à ce qu’il fonde. On termine en frappant trois fois dessus, avec des ossements d’un être humain mort depuis longtemps. Le minerai se purifie alors, et l’on aperçoit l’or sur la surface de l’argent. Dieu le très haut est le plus instruit de tout cela. »

Je crains bien que ce document ne soit tout à fait dépourvu d’intérêt. Ce doit être un démarquage de quelque formulaire marocain de sorcellerie métallurgique. Il faut pourtant noter deux choses.

1o Sid el Bedri ben el Meki, marabout de Guerzim, propriétaire de ce manuscrit, qui a de la littérature, le sens des affaires, la figure et la réputation d’un homme très supérieur à la moyenne des indigènes attribue à son manuscrit la plus grande importance pratique.

2o Il y a réellement à Tamegroun un bel affleurement de cuivre, et l’on y voit des traces incontestables d’anciens travaux.


APPENDICE IV

ORTHOGRAPHE DE QUELQUES NOMS TOUAREGS

En matière de noms géographiques je n’ai pas essayé d’adapter systématiquement l’orthographe française à l’orthographe arabe ou berbère, j’ai même en certains cas préféré les formes usuelles aux formes correctes (Mouidir à Immidir, etc.).

En cours de route pourtant j’ai écrit certains noms touaregs, sous la dictée des indigènes et en tifinar’. En voici la liste par ordre alphabétique. J’admets d’ailleurs volontiers que d’autres indigènes eussent écrit les mêmes noms différemment.

Achegrad Kokodi
Açeref Meghdoua
Agatan El Meraguen
Azelmati Ouallen
Chemââ Taguellit
Eguérér Tamamat
Ichahenchaguerouthnin Tazelouaït
Ifisten Tchinka
Igamergan Tikadouin
Iguelitten Timreden
Inaláren Tingaran
Insemmen Tikeidi
Tsigenganat

N. B. — Les noms en italiques se rapportent à l’Adr’ar des Ifor’ass, les autres à l’Ahnet.


APPENDICE V

INSCRIPTIONS ARABES

Sur une meule dormante, utilisée comme stèle funéraire dans un cimetière de l’oued Tilemsi, et que j’ai déposée au laboratoire d’anthropologie du Muséum, M. Ben Cheneb, professeur à l’École des Lettres d’Alger, a déchiffré une inscription arabe, qu’il a traduite ainsi que suit :

Au nom de Dieu, le clément, le miséricordieux, toute âme est mortelle (Cor. III, 182). C’est le tombeau du saint, du vertueux, du jurisconsulte, du savant, du cheikh, Omar et Amin, surnommé El Amin ben Mançour ben Ahmâlâl ? ben Wankor ben Mançour. Que Dieu me pardonne et leur pardonne, à tous musulmans et musulmanes, croyants [et croyantes, ceux qui] parmi eux sont en vie [et ceux qui sont morts].

Notons que M. Benhazera, dans la grotte de Timissao, a copié une inscription arabe en caractères fort anciens, koufiques, mais qui n’a pas encore fait l’objet d’une publication détaillée.


APPENDICE VI

ÉTUDE MINÉRALOGIQUE DU MATÉRIEL NÉOLITHIQUE

Les haches, pilons, meules, etc., de la région Saharienne centrale et Soudanaise, ont été soumis à M. Lacroix, professeur de minéralogie au Muséum. Les roches qui les constituent ont paru trop banales pour mériter une étude approfondie au microscope et sur plaques minces.

En voici la liste :

Grès. — Une meule en grès ; — (cimetière de l’oued Tilemsi) ;

Une meule en grès à ciment ferrugineux ; — (cimetière de l’oued Tilemsi) ;

Un fragment de mortier, avec inscription funéraire en arabe, en grès ; — (cimetière de l’oued Tilemsi) ;

Une hache en grès à ciment ferrugineux ; — (Koulikoro).

Ces outils en grès sont rares, et semblent confinés dans la région du Niger. A cette exception près tout l’outillage est fabriqué avec des roches peu ou prou métamorphiques, ou éruptives.

Quartzites. — Deux haches en quartzite métamorphique probablement à amphibole ; — (oued Silet).

Une hache en quartzite ; — (au nord de Timissao).

Une hache en quartzite ; — (Aïr).

Une hache en quartzite ; — (cimetière de l’oued Tilemsi).

Deux meules sphériques, en quartzite à gros grains ; — (cimetière de l’oued Tilemsi).

Trois meules en olive, en quartzite micacé ; — (cimetière de l’oued Tilemsi).

Une meule en olive, en quartzite ; — (cimetière de l’oued Tilemsi).

Un pilon très allongé, en quartzite chloriteux ; — (au nord de Timissao).

Chloritoschistes. — Une meule sphérique, en chloritoschite.

Un fragment de bracelet, en chloritoschiste.

Un bracelet inachevé, en chloritoschiste ; — (oued Taoundrart).

Leptynite. — Un polissoir en leptynite ; — (oued Tougçemin).

Ryolite. — Une meule sphérique en ryolite ; — (nord d’In Ziza).

Une hache sphérique en ryolite ; — (nord d’In Ziza).

Diabase[276]. — Une hache en diabase ; — (oued Silet).

Une hache en diabase ; — (Gao).

Quatre haches en diabase ; — (cimetière de l’oued Tilemsi).

Granite. — Un fragment de mortier en granite altéré.

Cette liste suggère quelques observations. Aucune de ces roches ne paraît étrangère à la région étudiée ; chacune d’elles au contraire y est bien connue et fréquente ; — grès, dévonien au Sahara, et d’âge indéterminé au Soudan ; — schistes métamorphiques siluriens ; — granite et roches éruptives ; — tels sont en effet les éléments constitutifs du sous-sol. Il semble donc que les outils aient été fabriqués sur place, et non importés.

Le bracelet en chloritoschiste de l’oued Toundrart a été trouvé encore mal dégagé de la roche dans un atelier actuel ; on sait que les Touaregs fabriquent et portent encore, au-dessus du coude, des bracelets en pierre. Le polissoir de l’oued Tougçemin atteste apparemment l’existence d’un atelier ancien. Les objets en ryolite ont été trouvés à proximité d’In Ziza, qui est un volcan à coulées de ryolite.

Les objets en grès ont tous été trouvés dans la même région, les bords du Niger, et il est possible en effet que les grès soudanais à ciment ferrugineux se prêtent au travail de la pierre mieux que les grès éodévoniens du Sahara.

[276]On a entendu diabase dans le sens le plus large, roches anciennes à feldspath triclinique, et à pyroxène plus ou moins transformé en amphibole par ouralitisation. Aucune plaque mince n’ayant été étudiée, on n’a pas cherché à déterminer si la structure est ophitique ou microlithique, autrement dit si on a affaire à des diabases ou à des labradorites.


APPENDICE VII

MINERAI ET BIJOUX (?) DE CUIVRE

J’ai fait analyser par M. Bouhard, chimiste diplômé de la Faculté des sciences de Paris, un échantillon de minerai de cuivre, recueilli à Tamegroun ; c’est du quartz à imprégnation de malachite ; il contenait 3,37 p. 100 de cuivre. C’est une faible proportion, surtout si on considère que l’échantillon avait été choisi à cause de sa belle apparence.

J’ai fait analyser par le même chimiste, les objets en cuivre trouvés dans le redjem d’Ouan Tohra. M. Bouhard n’a pas trouvé d’étain. Il a noté en revanche la présence d’arsenic et de fer.

M. le Dr Hamy, ayant fait analyser les objets en cuivre trouvés dans les redjems d’Aïn Sefra a obtenu des résultats analogues, il a constaté l’absence d’étain.

Ce mobilier funéraire est donc en cuivre, et non pas en bronze. Faut-il conclure que c’est un produit des mines locales, nord-africaines ? La nature des impuretés (arsenic et fer) permettra peut-être un jour d’être affirmatif sur ce point, lorsque les gisements marocains et sahariens seront mieux connus ! (?).


APPENDICE VIII

NITRATES D’OULED MAHMOUD
ANALYSE DÉTAILLÉE

par M. Pouget, professeur de chimie à l’École des sciences d’Alger.

Échantillons de nitrates.

No 1. — Terre à nitrates.

Résultats analytiques. Composition p. 100.
Humidité 0,9 p. 100. Azotate de potasse (AzO3K) 0,9
Résidu insoluble dans l’eau 27,6 Azotate de soude (AzO3Na) 4,1
Chlorure de potassium (KCl) 5,4
Az2O5 3,45 Sulfate de soude (SO4Na2) 14,2
K2O 3,9 Chlorure de sodium (NaCl) 41,4
Na2O 29,5 Chlorure de magnésium (MgCl2) 3,8
Cl 31,2 Chlorure de calcium (CaCl2) 1,2
SO3 8,05 Humidité 0,9
MgO 1,6 Résidu insoluble 27,6
CaO (traces de brome) 0,6 99,5

Remarque : L’ensemble des azotates contenu dans la substance équivaut à 5,35 p. 100 d’azotate de soude ou à 6,45 d’azotate de potasse.

No 2. — Nitrates (salpêtre).

Résultats analytiques. Composition p. 100.
Humidité 4,1 p. 100. Azotate de potasse (AzO3K) 56,4
Résidu insoluble 1,3 Azotate de soude (AzO3Na) 33,7
Az2O5 52,3 Chlorure de sodium (NaCl) 2,6
K2O 25,2 Sulfate de soude (SO4Na2) 1,0
Na2O 14,1 Chlorure de magnésium (MgCl2) 0,5
Cl 2,0 Chlorure de calcium 0,02
SO3 0,6 Humidité 4,1
MgO 0,2 Résidu insoluble 1,3
CaO 0,02 99,62

No 3. — Résidu de la préparation du salpêtre.

Résultats analytiques. Composition p. 100.
Humidité 3,2 p. 100. Azotate de potasse (AzO3K) 2,2
Résidu insoluble 0,8 Azotate de soude (AzO3Na) 1,4
Az2O5 2,1 Chlorure de sodium (NaCl) 62,8
Na2O 47,3 Sulfate de soude (SO4Na2) 22,9
K2O 3,5 Chlorure de potassium (KCl) 3,9
Cl 41,3 Chlorure de magnésium (MgCl2) 2,1
SO3 12,9 Chlorure de calcium 0,4
MgO 0,9 Humidité 3,2
CaO 0,2 Résidu insoluble 0,8
99,7

Remarque. — Les nitrates contenus dans ce résidu équivalent à 3,8 p. 100 environ d’azotate de potasse, c’est-à-dire à une quantité plus grande que la moitié de celle que contient le minerai [6,45].

Le mode de préparation est donc très mauvais puisque les pertes en nitrate sont énormes, on peut approximativement les évaluer à 40 p. 100 au moins.

Le salpêtre lui-même contient encore une proportion notable d’azotate de soude bien que le chlorure de potassium soit en excès dans le minerai.

Le minerai est plutôt une terre à nitrate de soude qu’à nitrate de potasse, c’est par le traitement qu’on lui fait subir qu’on en extrait du salpêtre, le traitement transforme partiellement le nitrate de soude en nitrate de potasse grâce à la présence du chlorure de potassium.


APPENDICE IX

ANALYSE D’UN ÉCHANTILLON DE TOMELA PROVENANT D’AKABLI

par M. Pouget, professeur de chimie à l’École des sciences d’Alger.

Tomela. — Masses concrétionnées, de couleur gris verdâtre, légèrement ocreuses en certains points de la surface, on y rencontre quelques cristaux blancs d’aspect fibreux.

L’analyse de la partie non cristallisée donne les résultats suivants :

SO3 36,4 p. 100.
Al2O3 10,0
FeO 8,2
CaO 1,1
MgO 2,4
Silice et sable 1,4
Eau 40,2
99,7 p. 100.

Les principaux éléments constitutifs sont donc le sulfate d’alumine et le sulfate ferreux.

La partie cristalline (densité 1,87) contient :

SO3 38,4 p. 100.
Al2O3 16,4
FeO 3,6
Eau 41,1
99,5 p. 100.

On peut la considérer comme un mélange de sulfate d’alumine hydraté, de sulfate ferreux, et d’un sulfate d’alumine basique ; sa composition peut être représentée par la formule

2(SO4)3Al218H2OAlunogène. + SO4Fe72OMélantérite. + (SO4)2AlAlOAlumiane.

Est-ce un simple mélange, ou une espèce minéralogique ? L’analyse d’un seul échantillon ne se prêtant à aucune détermination cristallographique ne permet pas de conclure.

Pouget.


APPENDICE X

NOTE SUR LES MOLLUSQUES DU SAHARA
ET PLUS PARTICULIÈREMENT DU TOUAT

Par M. Louis Germain.

Au cours de sa belle exploration, M. Chudeau a recueilli une riche série de Mollusques terrestres et fluviatiles dont il a eu l’amabilité de me confier l’étude. Ces documents viennent heureusement compléter ceux réunis par les expéditions françaises antérieures et, notamment, par la Mission Chari-lac Tchad conduite par M. A. Chevalier[277].

La collection rapportée par M. Chudeau comprend surtout des Mollusques du bassin du lac Tchad. J’ai déjà, dans une courte note[278], donné quelques indications sur les espèces nouvelles et je compte publier prochainement une étude d’ensemble sur ce sujet[279]. Je me contenterai de donner ici quelques détails sur les coquilles vivantes et fossiles provenant du Sahara, c’est-à-dire de la région dont traite le présent volume.

Planorbis salinarum Morelet.

1868. Planorbis salinarum. Morelet, Mollusques terrestres fluviatiles, voyage Dr. Welwitsch, p. 85, no 56, Tab. V, fig. 4.

Un exemplaire de cette très intéressante espèce, qui n’était connue jusqu’ici que des ruisseaux de l’Angola, a été récoltée par M. Chudeau dans les alluvions, à Abalessa. C’est en vain que le voyageur a fouillé les environs de Tit dans l’espoir d’y découvrir de nouveaux Planorbes, mais je dois ajouter qu’en 1886, M. Palat a envoyé, au laboratoire de Malacologie du Muséum, un grand nombre de Planorbes subfossiles recueillis dans le Touat et qui se rapportent à ce même Planorbis salinarum auxquels sont mêlés de nombreux exemplaires du Planorbis Aucapitainieri Bourguignat[280] et un spécimen du Planorbis Rollandi Morlet[281]. Ce fait a une grande importance car il montre que le massif du Hoggar et le Touat sont sur la limite septentrionale d’extension de la faune équatoriale proprement dite, c’est-à-dire à la zone où se fait le mélange entre cette faune et celle du système européen.

Melania tuberculata Müller.

1774. Nerita tuberculata Müller, Verm. terr. et fluv. histor. ; II, p. 191.

1862. Melania tuberculata Bourguignat, Paléontologie Mollusques terr. fluv. Algérie ; p. 102.

1901. Melania (Striatella) tuberculata Pallary, Mollusques fossiles terr. fluv. Algérie ; p. 174, pl. III, fig. 32-33.

De nombreux exemplaires de cette espèce bien connue ont été récoltés à Adrar ainsi qu’à Taourirt, Tazoult et En Nefis.

Melanopsis maroccana Chemnitz.

1795. Buccinum maroccanum Chemnitz, Conchyl. Cabinet ; 1re édit. ; X, p. 285, pl. CCX, fig. 2080 et 2081.

1862. Melanopsis maroccana Bourguignat, Paléontologie Mollusques terr. fluv. Algérie ; p. 105.

1901. Melanopsis maroccana Pallary, Mollusques fossiles terr. fluv. Algérie ; p. 177.

Espèce extrêmement variable qui se rencontre abondamment dans toutes les eaux douces du sud de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc. M. Chudeau en a recueilli de très nombreux exemplaires vivants et fossiles provenant d’Abd el Kader, Kaberten, Zaouiet Kounta, Taourirt, Tazoult et En Nefis. Ces documents me permettront d’étudier en détail, dans mon mémoire définitif, le polymorphisme de ce Melanopsis.

Melanopsis Maresi Bourguignat.

1862. Melanopsis Maresi Bourguignat, Paléontologie Mollusques terr. fluv. Algérie ; p. 106, pl. VI, fig. 1 à 4.

1865. Melanopsis Maresi Bourguignat, Mollusques terr. fluv. recueillis par H. Duveyrier dans le Sahara ; p. 22, pl. XXVIII, fig. 18 à 21.

1901. Melanopsis Maresi Pallary, Mollusques fossiles terr. fluv. Algérie ; p. 179 ; — et pl. IV, fig. 22 [var. crenulata].

Cette espèce, si reconnaissable à sa columelle droite et aux fortes costulations dont son test est orné, a été récoltée, vivante et fossile, dans l’Iguidi (Échantillons communiqués à M. Chudeau par M. le lieutenant Mussel).

Cardium edule Linné.

1767. Cardium edule Linné, Systema naturæ, Ed. XII, p. 1124.

1878. Cardium edule Tournouër, Assoc. franç. avancement Sciences ; VII, p. 608.

1901. Cardium edule Pallary, Mollusques fossiles terr. fluv. Algérie ; p. 181.

M. Chudeau a recueilli, à Taourirt, de nombreux exemplaires de cette coquille, mêlés à quelques rares spécimens de Melania tuberculata Müller. Un autre échantillon provient de Timimoun. C’est la première fois que cette espèce marine est signalée aussi loin dans le sud. On trouvera, dans le travail de Tournouër[282], de très nombreuses indications concernant ce Mollusque particulièrement intéressant.

A cette courte liste, il convient d’ajouter un tuf d’origine fluviatile recueilli dans la région de Tin Tagaret et de Taloak (Ahnet) et qui renfermait, m’a dit M. Chudeau, de nombreux exemplaires d’une coquille appartenant au genre Physa. Les échantillons de ce tuf ont, malheureusement, été perdus pendant le voyage ; mais il est probable qu’il s’agit ici d’une espèce appartenant au groupe du Physa contorta Michaud[283], si abondamment répandu dans toutes les eaux douces du nord de l’Afrique.

Il faut ajouter aussi des couches à Cardium edule et à Melania, qui ont été observées par M. Chudeau à quelques kilomètres au nord de Tikeidi (Açedjerad) ; les échantillons ont été égarés.

On voit donc tout l’intérêt qui s’attache à la connaissance faunistique de ces régions et, principalement, du massif du Hoggar dont l’exploration méthodique serait féconde en résultats. Il est permis d’espérer que de nouvelles expéditions fourniront les matériaux nécessaires pour entreprendre une telle étude.

Louis Germain.

N. B. — J’avais recueilli à Zaouiet Kounta des Melanopsis fossiles et à Temassekh des Cardium edule, qui, ayant été égarés, manquent à la liste de M. Germain. Comme coquilles je ne crois pas qu’elles fussent particulièrement intéressantes ; mais ce sont deux gisements nouveaux à ajouter aux autres. Les mollusques actuels et fossiles, d’eau douce et d’eau saumâtre, sont très abondants au Touat.

E.-F. Gautier.