The Great Powers and Palestine, 1840-1841.
Memorandum delivered by the Russian Government to the Prussian Government in October 1840.
Des opinions diverses et pour la plupart contradictoires, ont circulé récemment en Europe, et surtout en France, sur les facilités que les grandes Puissances intervenues dans les affaires de l'Orient, auraient, dans ce moment, pour accomplir l'œuvre que les Croisés d'autrefois avaient vainement tentée dans leurs longues et sanglantes guerres. Le projet d'ériger une Souveraineté Chrétienne en Palestine, a été mis, si non sérieusement discuté. D'autres ont pensé à la possibilité de faire revivre l'ancien ordre des Chevaliers du St. Sépulcre pour lui confier la garde de ce sanctuaire. Il y a eu même quelques individus qui ont exprimé le vœu d'appeler dans la ville de Salomon les Juifs dispersés dans différents pays pour tenter la conversion sociale et religieuse de ce peuple d'antique et coupable origine.
Il serait superflu de discuter ici tous ces projets, on ne s'arrêtera qu'à l'examen d'une autre combinaison dont la réalisation serait désirable, si elle était possible. Il s'agirait de l'assentiment de la Porte et d'une entente entre les principales cours de l'Europe pour ériger Jérusalem une ville libre, avec un rayon de territoire convenable et sous une administration municipale organisée sous les auspices des Puissances qui se déclareraient les protectrices et les garanties de ce petit état ecclésiastique.[140]
Un pareil arrangement doit assurément réunir beaucoup de suffrages. Cependant, avant d'aborder la question d'une manière sérieuse, soit avec les autres Cabinets, soit avec le Divan il importe de calculer d'avance les moyens dont on disposera pour mener l'œuvre à bon terme, les difficultés locales qu'on aura à surmonter dans la réalisation du plan convenu et les probabilités qui s'offrent pour le maintien du nouvel ordre de choses qu'on parviendrait à établir. Sous tous ces rapports on peut consulter avec profit les renseignements et les donnés que le Ministère de Sa Majesté possède, et qui lui ont été fournis en partie par les indigènes, mais plus particulièrement par deux employés du service de S.M. qui ont visité la terre sainte à des époques différentes, et recueilli sur les lieux mêmes des informations dont on ne saurait revoquer en doute l'exactitude.
Il résulte de l'ensemble de ces informations:
1. Que la ville de Jérusalem, située entre la Syrie, l'Egypte et le désert, a été de tout temps exposée d'une part aux incursions des Arabes Bédouins et de l'autre aux vexations des Pachas voisins.
2. Que sa population, composée d'environ 15/m. âmes, parmi lesquelles on compte à peine un millier de Chrétiens appartenant à diverses communions, n'offre guère d'éléments propres à la formation d'une administration municipale indigène, digne de quelque confiance, sous le rapport politique ou religieux.
3. Que l'éloignement des côtes de la mer, distantes de la ville de près de deux journées de marche à travers une route escarpée et déserte, ne permettrait pas aux bâtiments de guerre Européens de prendre sous la protection de leurs canons la défense de la cité et de ses habitants.
4. Que la population Musulmane et Arabe établie depuis des siècles dans le pays et qui possède dans la seule ville de Jérusalem plus de trente mosquées, ainsi que le fameux temple de Salomon que les premiers califes conquérants ont rebâti, s'assujettiraient difficilement à un Gouvernement Chrétien quelconque, qui ne disposerait pas de beaucoup de ressources et d'une forte garnison, pour en imposer aux hordes des Bédouins et pour réduire par les armes tout ce qui s'opposerait au nouvel ordre de choses.
Les mêmes rapports signalent, sous les plus tristes couleurs, la désunion profonde et la rivalité incessante qui existe entre les Chrétiens des diverses communions, admis à l'adoration du St. Sépulcre et dont les scandaleuses dissensions, loin d'être amorties ou contenues par la sainteté du lieu, y ont éclaté souvent avec une vivacité haîneuse et une obstination fanatique que la présence des autorités Musulmanes pouvait seule contenir dans de certaines bornes.
Nous savons enfin de manière à ne pas pouvoir en douter que les religieux Latins, pour la plupart Espagnols et Portugais d'origine, et qui, durant leur mission en terre sainte, se trouvent sous la protection spéciale de la France, sont les principaux fauteurs de cette rivalité si peu évangélique, en s'élevant sans cesse des prétentions sur la possession exclusive et la garde du St. Sépulcre et en invoquant en leur faveur les traités de François I avec la Porte et même les souvenirs des Baudouin et de Godefroi.
Enclosure in Russian Mem. of October 1840.
1. Publication d'un nouveau Hatti Schérif avec pleine confirmation de tous ceux qui ont été émanés sous les règnes antérieurs en faveur de l'Église et du Clergé de Jérusalem.
2. Nomination d'un Pacha ou moschir de la Palestine, homme de sens et de justice, qui fixerait sa résidence, soit à Jérusalem, soit à Jaffa, avec une autorité civile et militaire, suffisante pour y maintenir le bon ordre et pour faire respecter les lieux de sa jurisdiction par les Bédouins du désert qui, n'étant plus contenus par la crainte des troupes Égyptiennes, recommenceront probablement bientôt leurs brigandages habituels sur les couvents Chrétiens des environs de Jérusalem et sur les caravanes des pèlerins que la dévotion appelle des pays les plus éloignés.
3. Défense positive au Clergé Grec comme à celui des Catholiques et des Arméniens, de renouveler leurs dissensions anciennes et souvent puériles en cherchant à se calomnier mutuellement et à s'exclure des églises et des oratoires, dont les Hatti Chériffs précités ont fixé la possession à chacune de ces communautés.
4. Défense sévère au Mollah et au Cadi de Jérusalem de rançonner les religieux et les supérieurs des couvens, toutes les fois que ces ecclésiastiques ont recours à la justice locale, ou qu'ils cherchent à se disculper de quelque avanie.
5. La crainte de ces mêmes avanies et les frais considérables d'installation, auxquels étaient exposés les patriarches de Jérusalem toutes les fois qu'ils se rendaient dans leur diocèse, ayant obligé depuis quelques années ces prélats à séjourner à Constantinople, en laissant à leurs vicaires le gouvernement de leur église, la Porte ferait aujourd'hui un acte de politique et d'équité à la fois, en accordant au patriarche actuel d'autorisation et les facilités dont il peut avoir besoin, pour se rendre sur les lieux de sa jurisdiction spirituelle, et veiller de près à la discipline de ses subordonnés et au redressement des désordres ou des abus, que les troubles récens et les changemens politiques survenus dans ces contrés, peuvent y avoir introduits.
6. Toute innovation dans l'antique hiérarchie de l'église d'Orient serait rejeté comme dangereuse et inutile et toute réclamation de priorité ou de privilège de la part des religieux des autres communions, ne serait admise qu'après un examen impartial et approfondi de la question. Dans les cas de cette nature, il semblerait que le tribunal le plus compétent, à en juger, serait une commission ou conseil du Gouverneur de la province, du patriarche de Jérusalem, ou en son absence, de son vicaire, du supérieur des ecclésiastiques Arméniens et d'un commissaire ad hoc, choisi et nommé par la Porte parmi les prélats les mieux réputés de la nation Grecque établis à Constantinople.
Ce conseil pourrait aussi fixer aux deservans des cultes respectifs, les heures des prières et des cérémonies, en régularisant d'une manière équitable et définitive ce point qui a été souvent un sujet de litige et qui a même occasionné des rixes scandaleuses dans l'enceinte d'un Temple, où l'union et l'humilité devraient règner constamment.
7. La réparation des églises et des couvens ruinés ou endommagés par le temps et les incendies, sera permise par les autorités locales, toutes les fois que les supérieurs de ces communautés en demanderont l'autorisation, et le Gouvernement n'exigera pas dans ces occasions des cadeaux ou des bénéfices arbitraires.
8. Défense sévère serait faite aux soldats Turcs préposés à la garde des portes de l'église qui renferme le Saint Sépulcre, de s'introduire dans l'antérieur du temple, sous prétexte d'y faire la police. Ces gardiens recevraient également l'ordre de témoigner tous les égards et tout le respect qui sont dûs au patriarche et à ses délégués.
9. Pour ce qui concerne plus spécialement les pèlerins Russes qui visitent chaque année les lieux saintes, la sublime Porte serait invitée à prescrire à ces officiers civils et militaires de leur accorder toute protection et assistance. Et afin que ces voyageurs, étrangers pour la plupart aux usages et à la langue du pays, ne soient exposés à des avanies ou à des retards dans l'accomplissement de leurs vœux, le consul de S.M. Impériale résidant à Jaffa aura l'autorisation d'accompagner, toutes les fois qu'il le jugera nécessaire, la caravane des pèlerins de sa nation et de veiller sur eux pendant le tems de leur séjour à Jérusalem.
10. Les religieux de la plupart des nations chrétiennes possèdent à Jérusalem des établissements pieux où ils se réunissent, soit pour y demeurer, soit pour y célébrer les cérémonies de leur rit dans leur propre langue.
Les ecclésiastiques Russes sont seuls privés de cet avantage, et doivent par conséquent recourir, toutes les fois qu'ils visitent la terre sainte, à l'hospitalité et à l'assistance spirituelle de leurs co-religionaires les ecclésiastiques Grecs. Il serait de toute justice que la Porte autorisât le Patriarche d'assigner une des églises ou monastères de la ville à l'usage exclusif du clergé et des pèlerins Russes, et que les autorités civiles et militaires du pays eussent l'ordre précis de reconnaître et de respecter cet établissement, comme étant placé sous la protection spéciale de la Russie et sur le surveillance de son Consul.
Memorandum delivered by the Austrian Government to the Prussian Government in October 1840.
Les succès obtenus en Syrie qui ont amené la soumission de Méhémet Ali et la détermination de Sa Hautesse de la faire suivre par l'investiture du Pacha d'Egypte du Gouvernement héréditaire de cette Province viennent de mettre au grand jour le résultat vers lequel tendaient les transactions de Londres, dictées par les vœux uniformes des Puissances Chrétiennes, d'assurer la paix politique de l'Europe par le maintien de l'indépendance et de l'intégrité de l'Empire Ottoman qui devait ressortir du règlement définitif des rapports entre la Sublime Porte et le Gouvernement de l'Egypte. La Syrie qui avait été placée pendant quelque tems sous la domination de ce dernier et avait offert aux étrangers une sécurité analogue à celle qu'ils trouvaient en Egypte, pendant que la population indigène Syrienne se voyant assimilée à celle de cette province et menacée de perdre toutes les conditions d'un état social tout différent et basé sur des lois positives, des transactions historiques et des habitudes gouvernementales garantissant la propriété, la liberté du commerce, &c., &c.; la Syrie rentrée maintenant par les succès des armées du Sultan et de ses alliés sous la domination du Grand Seigneur, réclame les soins les plus assidus du Gouvernement Ottoman, afin d'ôter tout prétexte raisonnable à ceux qui voudraient déverser un blâme sur les résultats obtenus en 1840, en alléguant que la condition de cette Province intéressante, aurait empiré à leur suite.
Les Puissances qui ont prêté leurs conseils et leurs secours à S.H. dans le but invariable d'assurer l'indépendance de son pouvoir et l'intégrité de son Empire contre les usurpations d'un sujet rebelle, doivent abandonner maintenant au Sultan le soin de faire participer ses sujets en Syrie aux bienveillantes dispositions pour ses peuples, énoncées dès le commencement de son règne par le Hat de Gulhané; et si leurs conseils doivent tendre à hâter leur réalisation, elles auront dans les voies d'une sage politique, à en surveiller l'exécution.
Mais le fait même, nouveau dans l'histoire, du secours porté par des Puissances Chrétiennes au Grand Seigneur contre un sujet rebelle, auquel l'opinion publique attribuait le mérite d'avoir procuré, dans les pays soumis à sa domination de fait, aux Chrétiens tant indigènes qu'étrangers plus de sécurité pour leurs personnes et une plus grande tolérance que celles qu'ils y trouvaient auparavant, impose à ces Puissances comme devoir de conscience de peser mûrement les moyens pour épargner tant au Grand Seigneur, leur allié, qu'à Elles-mêmes, le blâme qui pourrait ressortir pour Elles, si la condition des Chrétiens en Syrie allait se présenter sous un jour moins favorable, à la suite de la réintégration de cette Province sous la domination directe du Grand Seigneur. C'est pour obvier à cette fâcheuse éventualité que le Cabinet Impérial soumet à ses Alliés les considérations suivantes:
Les Chrétiens en Syrie sont ou fixés dans le pays, ou ils y résident temporairement. Les premiers constitués en corps de nations, comme Maronites, Arméniens, &c., &c., jouissent d'une existence politique découlant de capitulations, traités, privilèges, &c., &c., et se trouvent sous des Chefs ressortant de ces derniers; la Sublime Porte vient d'énoncer sa ferme volonté de donner à cet état de choses, les développements et la fixité qu'il réclame et pour lequel ces Populations ont acquis un nouveau titre à la suite du dévouement qu'elles viennent de montrer pour rentrer sous la domination légitime.
Une autre partie de la population sédentaire Chrétienne est répandue dans le reste du pays, soumise aux lois générales et protégée par le Hat de Gulhané. Elle ne saurait demander que la stricte observation de ces dispositions par les autorités locales, et toute la tendance du Gouvernement Ottoman est là pour la leur assurer dans l'avenir.
La population Chrétienne transitoire se compose en partie de ceux qui y arrivent comme étrangers pour leurs affaires de commerce, les traités existant avec les différentes Puissances et la protection consulaire assurent leur condition. Mais la Syrie renferme les lieux que l'origine de la Religion Chrétienne a sanctifiés pour toujours et où la piété des fidèles a établi de nombreuses fondations et qui ont attiré de tous tems de nombreux pèlerins; ces fondations et ces pèlerins ont joui depuis l'occupation Mahométane de nombreux privilèges, qui, à partir de 1059 jusqu'en 1803, se sont succédés et dont l'effet n'a pu être suspendu ou contrarié que par le fait des autorités locales Musulmanes, qui, au lieu de se conformer aux dispositions souveraines et à l'esprit de la législation et du centre, gardiennes de la foi jurée, et favorables à une tolérance conforme aux principes du Coran et à un Gouvernement éclairé, se sont laissées égarer par un esprit de lucre et de partialité.
Il paraît donc que l'action tutélaire du centre du Gouvernement, qui doit vouloir le maintien des concessions faites, des privilèges donnés, &c., &c., a manqué jusqu'ici d'organes propres pour obvier à ces abus, et que le but spécial, dont ils sont l'objet, la protection des lieux saints et des pèlerins de toute la Chrétienté qui vont les visiter, ne saurait être atteint, tant qu'il ne formerait qu'une des attributions des administrations ordinaires; ne serait-ce pas ici le cas pour que la Porte se décidât à nommer un employé spécial, afin d'assurer le maintien des anciens privilèges et l'exécution des dispositions du Hat de Gulhané à l'égard des lieux saints, et les Chrétiens qui forment la population sédentaire et mouvante Chrétienne de ces lieux?
Cet employé d'un rang assez élevé pour assurer sa position et garantir les attributions de sa place vis-à-vis l'autorité du Pacha revêtu du Gouvernement civil et militaire, cet employé chargé directement de tout ce qui aurait rapport aux lieux saints et aux pèlerins et mis en contact avec les représentans des Gouvernemens Chrétiens nommés ad hoc, qui, sous la dénomination de Procureurs, auraient à soutenir les droits de leurs nationaux sous le point de vue confessionnel; cet employé placé pour sa personne en rapport direct avec le centre du Gouvernement à Constantinople, ne recevant d'ordres que de là où toute réclamation possible contre lui et tout appel en dernière instance s'adresserait également par les organes diplomatiques des Puissances Chrétiennes, répondrait à un besoin qu'il est facile de pressentir dès ce jour, et dont l'expérience démontrera ou l'utilité, s'il est nommé à tems, ou la nécessité si l'on tarde à y pourvoir.
Il ne s'agit pas de faire du nouveau pour le fond; il s'agit de maintenir des privilèges, et de régulariser de nouveau ce qui a existé et ce qui est tombé en désuétude dans le cours des siècles. Le pèlerin religieux est respectable aux yeux du croyant, le gardien des lieux saints ne l'est pas moins, le Gouvernement central et l'esprit religieux du peuple le reconnaissent et le sentent également; ce n'est que les abus des passions et des positions subalternes qui ont fait et qui font le mal et auxquels il s'agit d'opposer la digue d'une entente entre les Puissances et la Porte qui aurait pour objet de régulariser l'action d'une autorité bien organisée dépendant directement du centre de l'Empire, autorité qui ne saurait avoir un autre intérêt que celui de répondre au but de son institution.
(F.O. Docs. 64/235.)
Lord Clanricarde to Lord Palmerston (Extract).
St. Petersburg,
February 23, 1841.
My Lord,—...The memorandum of Prince Metternich, suggesting the establishment of a Turkish Commissioner in the Holy Land, for the protection of Christian Pilgrims, and Travellers, and proposing a joint, or simultaneous application from the European Powers to the Porte, in which France might take a part, and thus be drawn out of her isolated position, has been coldly received by the Russian Government. Count Nesselrode said it did not appear to him a necessary or desirable measure, and that the Consuls in Syria were adequate to protect the Europeans, whom Commerce, piety, or curiosity might attract to that Country....
The Emperor and his Ministers seem to think that age, and a great sense of the responsibility that is upon him, have of late much increased Prince Metternich's natural caution and timidity.
I have the Honour to be with the Highest Respect, My Lord,
Your Lordship's most obedient Humble Servant,
Clanricarde.
The Viscount Palmerston, G.C.B.
Mémoire of the King of Prussia dated February 24, 1841, delivered to Lord Palmerston by Baron Bülow.
Les événements importants qui viennent de s'accomplir en Orient, ont replacé sous l'autorité souveraine du Sultan la Palestine et y ont rétabli l'état politique qui existait avant l'occupation de Méhémet Ali. Ce n'est pas par ses propres moyens que le Sultan a réussi à expulser son vassal rebelle de cette contrée, berceau du christianisme et cher à toutes les communions de la grande Eglise chrétienne. Le chef de la religion musulmane doit ce succès à un Traité que quatre des Puissances chrétiennes ont conclu avec lui et qui a reçu son exécution par la valeur chevaleresque de militaires chrétiens. Plus le noble désintéressement des Puissances qui ont porté secours à l'Empereur des Ottomans, leur fournit des titres à sa reconnaissance moins il peut être douteux que ces mêmes Puissances sont pleinement en droit de réclamer de ce souverain des concessions dans un but purement spirituel et uniquement destinées à relever l'exercice du culte chrétien de la triste condition où il se trouve dans la contrée même qui l'a vu naître.
Le Roi, notre auguste maître, a saisi cette idée. Profondément attaché à ses convictions religieuses et pénétré de ses devoirs comme Prince chrétien, Sa Majesté se reconnaît dans le concours de la Prusse aux stipulations du 15 Juillet 1839 un droit et se sent la vocation de signaler à l'attention des autres Puissances chrétiennes l'opportunité du moment actuel et les précieuses facilités qu'il offre, pour obtenir du Grand-Seigneur l'amélioration du sort des chrétiens qui habitent la Terre sainte, l'affranchissement de leur culte et l'établissement d'institutions qui garantissent à l'avenir aux Chrétiens de toutes les confessions le libre accès des lieux, objets de leur vénération et témoins des événemens sur lesquels repose l'espérance de leur salut éternel.
Sa Majesté est persuadée que les autres Souverains partageront les sentiments qu'Elle professe Elle-même. D'ailleurs il est incontestable que depuis une demi-siècle, les esprits les plus élevés ont déjà plaidé la cause que le Roi, notre auguste maître, recommande à la sollicitude des grandes Cours Européennes. Il serait superflu de citer des noms, mais le nombre et la qualité des voyageurs de toutes les nations et de toutes les confessions chrétiennes, qui affluent à Jérusalem, attestent déjà que la Chrétienté prend toujours un vif intérêt aux lieux saints et que cet intérêt, loin de se refroidir, se ravive avec le progrès que l'esprit religieux fait en Europe.
En comptant avec une entière assurance sur les sympathies de SS.MM. l'Empereur d'Autriche, de Russie et de la Reine de la Grande Bretagne pour les vœux qu'il forme à ce sujet, le Roi, notre auguste maître, Leur fait proposer de faire valoir auprès de la Porte Ottomane les immenses services qu'elles viennent de lui rendre, pour l'engager à conclure avec les grandes Puissances Européennes un arrangement qui place les villes saintes de Jérusalem, Bethléhem et Nazareth, sauf les droits de souveraineté du Sultan, sous la protection commune de ces Puissances.
D'après les idées de Sa Majesté l'arrangement à conclure porterait que
1. Les populations chrétiennes des dites villes, les églises, couvents, hospitaux qui en dépendent, ainsi que les pèlerins, les savants, les artistes, les artisans chrétiens, &c., &c., qui y feraient un séjour passager, obtiendraient des immunités et des franchises telles que l'intervention des autorités turques dans leur administration intérieure fût exclue. Ces immunités et franchises seraient cependant accordées sans préjudice des droits de Souveraineté du Sultan.
2. Les habitans chrétiens des dites villes cesseraient d'appartenir à la catégorie de Rayahs; ils seraient à l'avenir exclusivement justiciables, quant à leur personnes et quant à leur propriétés, des Résidents des cinq grandes Puissances Européennes, de manière que leurs obligations envers la Porte se réduiraient à un tribut dont le montant annuel serait acquitté par la communauté (non par les individus).
3. Le propriété des lieux saints à Jérusalem, Bethléhem et Nazareth passerait aux cinq grandes Puissances chrétiennes et ferait l'objet d'un arrangement spécial à conclure avec ceux qui se trouvent maintenant en possession de ces localités.
4. Les chrétiens habitant soit pour toujours soit temporairement les villes saintes, se formeraient d'après les différentes confessions, en autant de corps spéciaux, catholiques-romains, grecs, évangéliques. Les Arméniens et les Syriens se joindraient au premier ou au second de ces corps, selon leur rit actuel. Chacun de ces corps serait considéré comme une communauté spéciale légalement constituée. Toutes les communautés jouiraient de droits fixés d'avance à l'égard des lieux saints; la communauté évangélique serait autorisée à établir un culte selon ses rits, à fonder un hospital, &c., &c. Les Chrétiens de cette confession seraient admis à faire leur dévotion dans l'église du St. Sépulcre et dans la Basilique de Bethléhem, dont les parties seraient spécialement destinées à leur usage.
5. La direction des communautés serait confiée à trois Résidents. Celui de la communauté catholique serait à la nomination de l'Autriche et de la France, la Russie nommerait le Résident pour la communauté grecque; la Grande Bretagne et la Prusse celui des protestants. Chaque Puissance qui nommerait un résident, mettrait à sa disposition un garde de 60 soldats. La formation de ses gardes ferait l'objet d'une stipulation ultérieure.
On choisirait quelques points pour les fortifier autant qu'il le faudrait, pour les mettre à l'abri d'une incursion subite de hordes arabes et pour que les communautés chrétiennes pussent s'en servir pour mettre en sûreté les vases sacrés précieux et leurs propriétés en général.
L'ancienne place du temple et la mosquée d'Omar resteraient dans tous les cas aux Turcs.
On pourrait encore soumettre à une délibération commune, si les cinq Puissances ne stipuleraient pas également en faveur des Juifs domiciliés à Jérusalem et de ceux qui s'y rendent en pèlerinage, des immunités analogues à celles à obtenir pour les Chrétiens.
Covering Letter from Baron Bülow to Lord Palmerston, March 6, 1841 (Extract).
...Il faudra donc faire obtenir aux membres de l'église évangélique (sans distinction des communions spéciales qui la composent) la propriété exclusive d'une place distincte près du St. Sépulcre de Jérusalem et dans l'église du même nom pour y faire leurs prières et pour y célébrer leur culte. Cette place serait mise sous la protection spéciale des deux Puissances qui en garantiraient la possession paisible à la communauté protestante. Il s'agira aussi d'acquérir pour cette communauté le mont Sion afin d'y bâtir un hospice pour tous ceux qui visiteront ces contrés par des motifs religieux ou scientifiques, d'établir des presbytères et des hospitaux, de fonder des écoles pour les enfans de la population protestante (peut-être aussi pour les enfans juifs), enfin de construire des ouvrages de fortification dont la faible garnison, mentionnée dans le mémoire, aura besoin pour se défendre....
(F.O. Docs., 64/235.)
Lord Beauvale to Lord Palmerston.
Vienna, March 2nd, 1841.
My Lord,—The King of Prussia has sent His Minister at this Court a proposition for regulating the position of the Christians in Syria, which, if it were acted upon, would in Prince Metternich's opinion throw that Country into inextricable confusion. His Highness transmitted a few days back a memorandum on the subject to London which He persists in regarding as establishing the only advantageous mode of treating the question, and as He purposes drawing up a statement of his objections to the Prussian proposition, He earnestly entreats that no acquiescence may be given to any part of it on behalf of the British Government until those objections have been submitted to Your Lordship.
I have the honor to be with the greatest respect, My Lord,
Your Lordship's Most Obedient Humble Servant,
Beauvale.
The Viscount Palmerston, G.C.B.
Lord Palmerston to Lord Beauvale, (Draft).
F.O., March 11th, 1841.
My Lord,—With reference to Your Excellency's despatch No. 38 of the 2nd instant reporting Prince Metternich's objections to the Prussian scheme for regulating the position of the Christians in Syria, I have to inform Your Excellency that H.M.'s Government agree very much with Prince Metternich's as to that scheme.
P.
(F.O. Docs. 1/296.)
Memorandum of Austrian Government delivered to Lord Palmerston by Prince Esterhazy, March 31, 1841.
Sur le Mémorandum du 3 Février[141] et le mémoire Prussien, relativement à la protection des Chrétiens en Syrie.
La différence entre le mémorandum du 3 fév. et le mémoire prussien consiste en ce que le premier fournit un moyen pratique pour porter remède au mal existant, sans entreprendre une reforme dangereuse, tandis que l'autre tend à introduire un nouvel ordre de choses en faveur de la représentation de l'Église évangélique, par des moyens inexécutables.
Le travail du 3 fevr. se base sur la vérité, que ni les populations chrétiennes sédentaires et mouvantes, ni les couvens des trois confessions, catholique, grecque et arménienne, n'ont jamais eu à se plaindre d'un manque de tolérance musulmane. C'est un témoignage irrécusable qu'on peut recueillir sur les lieux auprès de ceux même qui y sont les plus intéressés.
Des firmans sans nombre, relatifs à des privilèges et à la donation de lieux saints aux environs de Jérusalem, Bethléhem et Nazareth se trouvent déposés aux archives des différens couvens, et s'ils n'ont point été mis en exécution et forment le sujet de disputes continuelles entre les trois confessions, la faute n'en est pas au Gouvernement Turc, mais uniquement à la vénalité des Musselims, comme autorités locales.
L'exécution des firmans toujours mise arbitrairement à un prix très élevé est devenu de la part des Musselims une spéculation financière.
La désunion regrettable qui règne entre les confessions, ou comme on les appelle sur les lieux, les trois nations, exploite cette corruptibilité, tantôt pour suspendre l'exécution d'un firman jalousé, tantôt pour obtenir moyennant l'intervention du Musselim un second firman annullant le premier, ce qui a surtout lieu, lorsqu'il s'agit de la donation d'un lieu saint. En pareil cas la confession la plus offrante est sûre d'atteindre son but et rien n'est plus à désirer que la punition sévère du trafic illicite et honteux, qui se pratique avec les firmans et l'irrévocabilité de ceux une fois émanés.
C'est donc en parfaite connoissance du véritable siége du mal, que le mémorandum du 3 février a cherché le remède dans le renfort de l'action tutélaire du Gouv. par un employé sultanique spécial d'un rang assez élevé pour être placé à côté des Musselims; employé qui serait chargé directement de tout ce qui aurait rapport aux lieux saints et aux pèlerins—qui serait mis en contact avec les Représentans des Gouvernement Chrétiens nommés ad hoc, sous la dénomination de procureurs et qui ne recevrait d'ordres que de Constantinople où les plaintes élevées contre lui seraient portées à la connoissance du Gouvernement dans la voie diplomatique.
Le mémoire prussien tendant à établir sur les lieux une représentation de l'église évangélique et sa participation aux fondations existantes, suscite une question toute nouvelle, dont la portée n'est pas à calculer.
Sans considérer l'opposition de Rome, du St. Synode de St. Pétersbourg, et du Patriarchat grec à Constantinople le mémoire suggère des moyens qui, loin de porter remède au mal existant, feraient naître des nouvelles complications et accroître la désunion parmi les confessions chrétiennes. Ce regrettable résultat serait surtout amené par les points suivans du mémoire prussien:
A. La propriété des lieux saints à Jérusalem, Bethléhem et Nazareth passerait aux cinq grandes Puissances.
Mais cette propriété est aux différentes confessions, qui déjà jalouses de la partager entre trois, ne voudraient certainement pas faire une cession de droits acquis, en faveur d'une quatrième prétendant.
B. Les Chrétiens évangéliques auraient dans l'église du St. Sépulcre à Jérusalem et dans celle de Bethléhem des parties spécialement destinées à leur usage.
Mais dans ces deux églises chaque pouce de terrain est disputé par les trois confessions. Toute la Basilique de Bethléhem fut adjugée, il y a 80 ans, aux Grecs; en vertu d'un firman obtenu par des sommes considérables, eux et les Arméniens possèdent seuls la propriété de la Grotte de la Nativité; les moins franciscains n'osent point y dire la messe, et il n'y a que l'autel de la Ste. Crèche qui appartienne à ces derniers. Dans le temple de Jérusalem existent les mêmes subdivisions exclusives. Chaque chapelle forme pour ainsi dire une monopole; celle du Calvaire est partagée en deux—l'autel des Grecs occupant la place de l'exaltation de la croix, celui des Catholiques celle du crucifiement. Comment faire entrer une quatrième confession dans un partage déjà si contesté? La répartition toute faite de localités dont la propriété est aussi hautement appréciée par la confession qui la possède qu'enviée par la confession qui voudrait l'usurper, s'opposerait du reste à une pareille entreprise.
C. Chaque Puissance, qui nommerait un résident, mettrait à sa disposition 60 soldats.
A part d'autres considérations qui rendent ce moyen inadmissible, il fournirait des armes à une guerre de religion en petit qui, vu les élémens de jalousie et de discorde déjà existans, ne manquerait pas d'éclater.
(F.O. Docs. 7/302.)
British Jews and Palestine, 1841-1843.
Colonel Churchill to Sir Moses Montefiore.
June 14th, 1841.
My dear Sir Moses,—I have not yet had the pleasure of hearing from you, but I would fain hope that my letters have reached you safe.
I enclose you a petition which has been drawn by the Brothers Harari, in which they state their claims and their earnest desire to be immediately under British protection. I am sorry to say that such a measure is much required even now, not only for them, but also for all the Jews in Damascus.
They are still liable to persecutions similar to those from which, through your active and generous intervention, they have so lately escaped. The Christians still regard them with malevolence, and the statement in the petition enclosed is perfectly correct.
I cannot conceal from you my most anxious desire to see your countrymen endeavour once more to resume their existence as a people. I consider the object to be perfectly attainable. But, two things are indispensably necessary. Firstly, that the Jews will themselves take up the matter universally and unanimously. Secondly, that the European Powers will aid them in their views. It is for the Jews to make a commencement. Let the principal persons of their community place themselves at the head of the movement. Let them meet, concert and petition. In fact the agitation must be simultaneous throughout Europe. There is no Government which can possibly take offence at such public meetings. The result would be that you would conjure up a new element in Eastern diplomacy—an element which under such auspices as those of the wealthy and influential members of the Jewish community could not fail not only of attracting great attention and of exciting extraordinary interest, but also of producing great events.
Were the resources which you all possess steadily directed towards the regeneration of Syria and Palestine, there cannot be a doubt but that, under the blessing of the Most High, those countries would amply repay the undertaking, and that you would end by obtaining the sovereignty of at least Palestine. That the present attempt to prop up the Turkish Empire as at present constituted is a miserable failure, we who see what is going on around us must at once acknowledge. What turn events will take no one can possibly tell, but of this I am perfectly certain that these countries must be rescued from the grasp of ignorant and fanatical rulers, that the march of civilisation must progress, and its various elements of commercial prosperity must be developed. It is needless to observe that such will never be the case under the blundering and decrepit despotism of the Turks or the Egyptians. Syria and Palestine, in a word, must be taken under European protection and governed in the sense and according to the spirit of European administration. It must ultimately come to this. What a great advantage it would be, nay, how indispensably necessary, when at length the Eastern Question comes to be argued and debated with this new ray of light thrown around it, for the Jews to be ready and prepared to say: "Behold us here all waiting, burning to return to that land which you seek to remould and regenerate. Already we feel ourselves a people. The sentiment has gone forth amongst us and has been agitated and has become to us a second nature; that Palestine demands back again her sons. We only ask a summons from these Powers on whose counsels the fate of the East depends to enter upon the glorious task of rescuing our beloved country from the withering influence of centuries of desolation and of crowning her plains and valleys and mountain-tops once more, with all the beauty and freshness and abundance of her pristine greatness." I say it is for the Jews to be ready against such a crisis in diplomacy. I therefore would strenuously urge this subject upon your calm consideration, upon the consideration of those who, by their position and influence amongst you are most likely to take the lead in such a glorious struggle for national existence. I had once intended to have addressed the Jews here in their Synagogue upon the subject, but I have reflected that such a proceeding might have awakened the jealousy of the local Government. I have, however, prepared a rough petition which will be signed by all the Jews here and in other parts of Syria, and which I shall then forward to you. Probably two or three months will elapse first. There are many considerations to be weighed and examined as the question develops itself—but a beginning must be made—a resolution must be taken, an agitation must be commenced, and where the stake is "Country and Home" where is the heart that will not leap and bound to the appeal?
I am the Resident Officer at Damascus until further order.
Believe me to be, Dear Sir Moses,
Yours very faithfully,
Chas. H. Churchill.
Before closing my letter, I cannot avoid offering one or two further considerations.
Supposing that you and your colleagues should at once and earnestly interest yourselves upon this important subject of the recovery of your ancient country, it appears to me (forming my opinions upon the present attitude of affairs in the Turkish Empire) that it could only be as subjects of the Porte that you could commence to regain a footing in Palestine. Your first object would be to interest the Five Great Powers in your views and to get them to advocate your view with the Sultan upon the clear understanding that the Jews, if permitted to colonise any part of Syria and Palestine, should be under the protection of the Great Powers, that they should have the internal regulation of their own affairs, that they should be exempt from military service (except on their own account as a measure of defence against the incursions of the Bedouin Arabs), and that they should only be called upon to pay a tribute to the Porte on the usual mode of taxation.
No doubt, such an undertaking will require Patriotism in the fullest sense of the word, energy and great perseverance. It will require large capital at the outset, but with good prospect of remuneration, returned after the lapse of a few years.
In all enterprises men must be prepared to make great sacrifices, whether of time, health or resources. To reflect calmly before commencing an undertaking and once begun to carry it through, vanquishing, surmounting, triumphing over every obstacle, this is worthy of man's existence and carries with it its own reward, if the judgment is sound, the head clear and the heart honest. I humbly venture to give my opinion upon a subject, which no doubt has already occupied your thought—and the bare mention of which, I know, makes every Jewish heart vibrate. The only question is—when and how.
The blessing of the Most High must be invoked on the endeavour. Political events seem to warrant the conclusion that the hour is nigh at hand when the Jewish people may justly and with every reasonable prospect of success put their hands to the glorious work of National Regeneration. If you think otherwise I shall bend at once to your decision, only begging you to appreciate my motive, which is simply an ardent desire for the welfare and prosperity of a people to whom we all owe our possession of those blessed truths which direct our minds with unerring faith to the enjoyment of another and better world.—C. H. C.
I will keep you "au fait" of all that passes in this country if you wish it.
15th August, 1842.
My dear Sir Moses,—I have delayed until now sending to you a written statement of my proposition regarding the Jews of Syria and Palestine partly because I knew you were absent last week from England and partly because I wished to keep the document by me for a few days previous to committing it finally to your care. The subject, I am sure, must in your eyes appear most worthy of consideration, and I trust that when you have perused my paper and matured the contents in your mind, you will come to such a decision as will induce you to give my proposition your warmest support. It appears to me that it might with advantage be brought under the notice of the Jews on the Continent, and if this be your opinion, perhaps you could get my paper, which, as you will perceive, I have drawn up in the shape of an "address," translated into German and forwarded to your friends in Prussia and Germany. I do sincerely believe that were the Jews as a body, both in England and on the Continent of Europe, to so arrange as to present a joint application to the British Government in the sense I propose, they would have reason to rejoice hereafter that they had taken such a step.
I have nothing more to add, as my Document, which I enclose, will express to you all I can say upon the subject.
The only question that remains for your personal consideration is whether you possess the power of having the proposition laid before the leading Jews, abroad as well as in England for their deliberate judgment.
May I beg you to present my kind regards to Lady Montefiore, and believe me to be,
Dear Sir Moses,
Yours most sincerely,
Chas. H. Churchill.
Proposal of Colonel Churchill (Extract).
Human efforts preceded by prayer and undertaken in faith the whole history of your nation shows to be almost invariably blessed. If such then be your conviction it remains for you to consider whether you may not in all humility, but with earnest sincerity and confiding hope direct your most strenuous attention towards the land of your Fathers with the view of doing all in your power to ameliorate the conditions of your brethren now residing there and with heartfelt aspiration of being approved by Almighty God whilst you endeavour as much as in you lies to render that Land once more a refuge and resting-place to such of your brethren scattered throughout the world as may resort to it.
Hundreds and thousands of your countrymen would strain every effort to accomplish the means of living amidst those scenes rendered sacred by ancient recollections, and which they regard with filial affection, but the dread of the insecurity of life and property which has rested so long upon the soil of "Judea" has hitherto been a bar to the accomplishment of their natural desire.
My proposition is that the Jews of England conjointly with their brethren on the Continent of Europe should make an application to the British Government through the Earl of Aberdeen to accredit and send out a fit and proper person to reside in Syria for the sole and express purpose of superintending and watching over the interests of the Jews residing in that country. The duties and powers of such a public officer to be a matter of arrangement between the Secretary of State for Foreign Affairs and the Committee of Jews conducting the negotiations. It is, I hope, superfluous for me to enlarge upon the incalculable benefit which would accrue to your nation at large were such an important measure to be accomplished, or to allude more than briefly to the spirit of confidence and revival which would be excited in the breasts of your fellow-countrymen all over the world were they to be held and acknowledged agents for the Jewish people resident in Syria and Palestine under the auspices and sanction of Great Britain....
..."God has put into my heart the desire to serve His ancient people. ...I have discharged a duty imposed on me by my conscience."...
Resolution of the Board of Deputies of British Jews.
November 8th, 1842.
That the President be requested to reply to Colonel Churchill to the effect that this Board, being appointed for the fulfilment of special duties and deriving its pecuniary resources from the contributions to the several congregations it represents, is precluded from originating any measures for carrying out the benevolent views of Colonel Churchill respecting the Jews of Syria, that this Board is fully convinced that much good would arise from the realisation of Colonel Churchill's intentions, but is of opinion that any measures in reference to this subject should emanate from the general body of the Jews throughout Europe, and that this Board doubts not that if the Jews of other countries entertain the proposition those of Great Britain would be ready and desirous to contribute towards it their most zealous support.
Colonel Churchill to the Secretary of the Board of Deputies.
Beyrout, Jany. 8th, 1843.
Sir,—I have the honour to acknowledge the receipt of the official Communication which the Board of Deputies of British Jews has been pleased to address to me.
It affords me the greatest gratification to learn that the British Jews would zealously co-operate with the general body of their countrymen in endeavouring to procure the permanent amelioration of the condition of Jews in Syria and Palestine.
I humbly venture to express a hope that the Board of Deputies will still continue to entertain this subject, and that it will not think it inexpedient to endeavour to ascertain the feelings and wishes of the Jews in the rest of Europe on a question so interesting and important, one in which is necessarily involved that of the prospective regeneration of their long-suffering and afflicted country.
I beg leave to offer my best thanks and warmest acknowledgements to the Board of Deputies for the kind manner in which it has been pleased to receive my previous communication, and to assure it that my services are ever at its command.
I have the honour to be, &c.,
Chas. Churchill.
(Minute-Books of Board of Deputies, 1841-43.)
The Entente Powers and Palestine, 1917.
Extract from Agreement between Great Britain, France and Russia, dated February 21, 1917.
"5.... With a view to securing the religious interests of the Entente Powers, Palestine, with the Holy Places, is separated from Turkish territory and subjected to a special régime to be determined by agreement between Russia, France and England."
(Manchester Guardian, January 19, 1918.)
Great Britain and Zionism, 1917.
Mr. Balfour to Lord Rothschild.
Foreign Office,
November 2nd, 1917.
Dear Lord Rothschild,—I have much pleasure in conveying to you, on behalf of His Majesty's Government, the following declaration of sympathy with Jewish Zionist aspirations which has been submitted to, and approved by, the Cabinet:—
"His Majesty's Government view with favour the establishment in Palestine of a national home for the Jewish people, and will use their best endeavours to facilitate the achievement of this object, it being clearly understood that nothing shall be done which may prejudice the civil and religious rights of existing non-Jewish communities in Palestine, or the rights and political status enjoyed by Jews in any other country."
I should be grateful if you would bring this declaration to the knowledge of the Zionist Federation.
Yours sincerely,
Arthur James Balfour.
(Times, November 9, 1917.)
APPENDIX.
INTERNATIONAL ANTI-SEMITISM IN 1498.
The earliest appearance of the Jewish Question in international European politics—or rather the earliest reference to it in the British State Papers—happened in 1498, shortly after the great expulsion of the Jews from Spain. In that year Ferdinand and Isabella of Spain sent a mission to England on business connected with Prince Arthur's marriage. The mission was apparently instructed to deal with the Jewish Question. The envoys expressed to the King their sorrow that, while Spain had been purged of infidelity, Flanders and England were infested by that scourge. Thereupon, according to a dispatch from the chief of the mission, Henry VII, laying both hands on his breast, swore that he would persecute without mercy any Jew or heretic that the King or Queen of Spain might point out in his dominions.
DOCUMENT.