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Oeuvres poétiques Tome 1 cover

Oeuvres poétiques Tome 1

Chapter 27: ENCORE AULTRES BALADES
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About This Book

The volume gathers a wide-ranging poetic and didactic output in medieval vernacular forms, from short courtly lyrics—ballades, virelais, lais and rondeaux—to playful jeux and amorous complaints, alongside epistolary pieces and longer moral and devotional compositions. Poems intended for circulation among patrons coexist with reflective prose that examines learning, prudence, and religious devotion; certain texts also disclose the author's private impressions and emotional life. An accompanying editorial apparatus reconstructs the manuscript tradition and arranges the pieces by form and probable original sequence, allowing readers to follow both entertainment and instruction across a single collected corpus.

XXXI

(Même sujet.)

Bien viegnez bons, bien viegniez renommez,

Bien viegniez vous chevaliers de grant pris,

Bien viegniez preux et de chascun clamez

4

Vaillans et fors et aux armes apris;

Estre appellez devez en tout pourpris

Chevalereux, trés vertueux et fermes,

Durs a travail pour grans cops ramener,

Fors et eslus, et pour voz belles armes

9

On vous doit bien de lorier couronner.

Vous, bon seigneur du Chastel, qui amez

Estes de ceulz qui ont tout bien empris;

Vous, Bataille, vaillant et affermez;

13

Et Barbasan, en qui n'a nul mespris;

Champaigne, aussi de grant vaillance espris;

Et Archambault; Clignet aux belles armes;

Keralouÿs; vous tous sept, pour donner

Exemple aux bons et grant joye a voz dames,

18

On vous doit bien de lorier couronner.

Or avez vous noz nuisans diffamez,

Louez soit Dieux qui de si grans perilz

Vous a gittez, tant vous a enamez

22

Que vous avez desconfiz, mors et pris

Les sept Anglois de grant orgueil surpris,

Dont loz avez et d'ommes et de femmes;

Et puis que Dieux a joye retourner

Victorieux vous fait ou corps les ames,

27

On vous doit bien de lorier couronner.

Jadis les bons on couronnoit de palmes

Et de lorier en signe de regner;

En hault honneur et, pour suivre ces termes,

31

On vous doit bien de lorier couronner.

Note XXXI:—3 B p. digne d'estre c.—4 B et des a. a.—24 B D. a. l.

XXXII

Quant je voy ces amoureux

Tant de si doulz semblans faire

L'un a l'autre, et savoureux

4

Et doulz regars entretraire,

Doulcement rire, et eulx traire

A part, et les tours qu'ilz font,

7

A pou que mon cuer ne font!

Car lors me souvient, pour eulx,

De cil, dont ne puis retraire

Mon cuer qui est desireux

11

Que ainsi le peusse attraire;

Mais le doulz et debonnaire

Est loings, dont en dueil parfont

14

A pou que mon cuer ne font!

Ainsi sera langoreux

Mon cuer en ce grief contraire,

Plein de pensers doloureux

18

Jusques par deça repaire

Cil qu'amours me fait tant plaire;

Mais du mal qui me confont

21

A pou que mon cuer ne font!

Princes, je ne me puis taire,

Quant je voy gent paire a paire

Qui de joye se reffont,

25

A pou que mon cuer ne font!

Note XXXII:—Manque dans B.

XXXIII

(Au Sénéchal de Hainaut. 1402.)

Seneschal vaillant et sage

De Hainault, plein de valour,

Chevalier ou vacellage

4

Et prouece fait demour,

Finerez vous jamais jour

Par mainte terre lontaine

7

D'entreprendre armes et peine?

Veult donc vo noble corage

Vo beau corps mettre a doulour

En peril de mort sauvage,

11

Pour tousdis porsuivre honnour?

Est vo vueil que sanz sejour

Ainsi vo vie se peine

14

D'entreprendre armes et peine?

Vous ne plaignez le domage

Dont il s'ensuivroit maint plour

Se Fortune et son oultrage

18

Vous jouoit de son faulx tour.

Dieux vous en gard, qui tousjour

A victoire vous amaine,

21

D'entreprendre armes et peine.

Mais je croy qu'en grant cremour

Mettez celle, qui s'amour

A du tout en vo demaine,

25

D'entreprendre armes et peine.

Note XXXIII:—19 B qui tout jour—22 M. croiez q.

XXXIV

Trés belle, je n'ose dire

La doulour et la pointure

Dont Amours mon cuer martire

4

Pour vostre gente figure;

Mais du grief mal que j'endure

Apercevoir

7

Vueillez le voir.

Car tant doubte l'escondire

Que la doulour que j'endure

Je n'ose dire n'escripre;

11

Mais, sanz en faire murmure,

De ma grief doulour obscure

Apercevoir

14

Vueillez le voir.

Et vous plaise estre le mire

De mon mal, car je vous jure

Que vostre, sans contredire,

18

Suis et seray, c'est droiture,

Et se vous aim d'amour pure

Apercevoir

21

Vueillez le voir.

Si ne soiez vers moy dure,

Ains de ma pesance sure

Apercevoir

25

Vueillez le voir.

Note XXXIV:—Cette ballade et toutes les suivantes manquent dans B22 à 26 omis dans A².

XXXV

Ha! le plus doulz qui jamais soit formé!

Le plus plaisant qu'oncques nulle acointast!

Le plus parfait pour estre bon clamé!

4

Le mieulz amé qu'oncques mais femme amast!

De mon vray cuer le savoreux repast!

Tout quanque j'aim, mon savoreux desir!

Mon seul amé, mon paradis en terre

Et de mes yeulz le trés parfait plaisir!

9

Vostre doulceur me meine dure guerre.

Vostre doulceur voirement entammé

A le mien cuer, qui jamais ne pensast

Estre en ce point, mais si l'a enflammé

13

Ardent desir qu'en vie ne durast

Se doulz penser ne le reconfortast;

Mais souvenir vient avec lui gésir,

Lors en pensant vous embrace et vous serre,

Mais quant ne puis le doulz baisier saisir

18

Vostre doulceur me meine dure guerre.

Mon doulz ami de tout mon cuer amé,

Il n'est penser qui de mon cuer gitast

Le doulz regard que voz yeulz enfermé

22

Ont dedens lui; riens n'est qui l'en ostast,

Ne le parler et le gracieux tast

Des doulces mains qui, sanz lait desplaisir,

Vueiilent partout encerchier et enquerre,

Mais quant ne puis de mes yeulz vous choisir

27

Vostre doulceur me meine dure guerre.

Trés bel et bon, qui mon cuer vient saisir,

Ne m'oubliez, ce vous vueil je requerre;

Car, quant veoir ne vous puis a loisir,

31

Vostre doulceur me meine dure guerre.

XXXVI

(A la reine Isabelle de Bavière.)

Redoubtée, excellent, trés sage et digne,

Noble, vaillant, de hault honneur porprise,

Renommée Roÿne trés benigne,

4

La souvraine des dames que l'en prise,

Je pri cil Dieu, qui sur tout a maistrise,

Qui a ce jour de l'an si bonne estraine

Il vous en voit qu'adès en vous esprise

8

Soit, sanz cesser, toute joye mondaine.

Ma redoubtée, ou tout le monde encline,

Pour ce que sçay que, comme bien aprise,

Livres amez, moy vostre serve indigne

12

Vous envoie cestui ou est comprise

Matière qu'ay en haulte place prise;

En gré l'aiez, trés noble et de sens pleine,

En qui tousjours, sanz ja estre desprise,

16

Soit, sanz cesser, toute joye mondaine.

Et s'il vous plaist, trés poissant, vraie et fine.

Que vostre grant haultece un petit lise

En mon dittié, et vo sens determine

20

De la cause qui est en termes mise.

Mieulx en vauldra en tout cas mon emprise,

Si en jugiez, princepce trés hautaine,

A qui Dieux doint grace qu'en toute guise

24

Soit, sanz cesser, toute joye mondaine.

Haulte, poissant et pleine de franchise,

Trés humblement a vo valeur certaine

Me recomand en qui trouvée et quise

28

Soit, sanz cesser, toute joye mondaine.

Note XXXVI:—4 souveraine—9 Ma trés souvraine—23 A q. d. D.

RONDEL

Mon chier seigneur, soiez de ma partie

Assaille m'ont a grant guerre desclose

Lez aliez du Romans de la Rose

4

Pour ce qu'a eulx je ne suis convertie.

Bataille m'ont si cruelle bastie

Que bien cuident m'avoir ja presqu'enclose,

7

Mon chier seigneur, soiez de ma partie.

Pour leur assaulz ne seray alentie

De mon propos, mais c'est commune chose

Que l'en cuert sus a qui droit deffendre ose;

Mais se je suis de sens pou avertie,

12

Mon chier seigneur, soiez de ma partie.

XXXVII

Jadis avoit en la cité d'Athenes

Fleur d'estude de clergie souvraine;

Mais, non obstant les sentences certaines

4

De leur grant sens, une erreur trop vilaine

Les decepvoit, car pluseurs divers dieux

Aouroient, dont aucuns pour leur mieulx

Y preschierent qu'ilz devoient savoir

Qu'il n'est qu'un Dieu, mais mal en prist a cieux;

9

On est souvent batu pour dire voir.

Aristote le trés sage, aux haultaines

Sciences prompt, d'ycelle cité, pleine

De tel erreur, fu fuitis; maintes peines

13

Il en souffri Socrates qui fontaine

De sens estoit; fu chaciez de cil lieux

Pluseurs autres occis des envieulx

Pour verité dire, et apercevoir

Peut bien chascun que partout soubz les cieulx

18

On est souvent batu pour dire voir.

Se ainsi va des sentences mondaines;

Pour ce le di que pluseurs ont ataine

Sur moy, pour tant que paroles trés vaines,

22

Deshonnestes et diffame incertaine,

Reprendre osay, en jeunes et en vieulx,

Et le Romant, plaisant aux curieux,

De la Rose, que l'en devroit ardoir!

Mais pour ce mot maint me sauldroit aux yeux

27

On est souvent batu pour dire voir.

Princes, certes, voir dire est anyeux

Aux mençongeurs qui veulent decevoir,

Pour ce au pere voit on mentir le fieulx:

31

On est souvent batu pour dire voir.

Note XXXVII:—8 que un—Vers 13 et 14, on pourrait ponctuer d'une autre façon: Mettre point et virgule après souffri, le supprimer après de sens estoit, et reporter le même signe à la fin du v. 14.—17 Ce puet c.—19 Et a.—22 Deshonneur—30 metir.

XXXVIII

(Sur la Cour du Duc Philippe de Bourgogne, 1403)

Gentillece qui les vaiilans cuers duit

De courtoisie fait sa messagiere

Qui ses rapors trés gracieux conduit

Et toute gent reçoit a lie chiere;

5

Si voit on bien resplendir sa lumiere

En une court de France solennée,

De prince hault tellement gouvernée

Que personne n'y a qui toute aduite

Ne soit d'honneur, dont, chose est certenée,

10

Selon seigneur voit on maignée duite.

Le trés hault duc filz de roy, qui est vuit

De tout orgueil et qui sagece a chiere,

Philippe bon des Bourguignons reduit

Et les Flamens touz a soubz sa baniere,

15

En est le chief, en qui prudence entiere

Maint, si qu'il n'a o lui personne née,

Qui en touz cas ne soit si ordonnée

Qu'on peut dire de sa trés plaisant suite,

Tant noblement est et bien dottrinée,

20

Selon seigneur voit on maignée duite.

Bel fait veoir celle court qui reluit

De nobles gens en fait et en maniere

Si beaulz, si gens, si courtois, que deduit

Est du veoir; et sanz maniere fiere,

25

Si gracieux que c'est joye plainiere;

Et aux armes nulz meilleurs de l'année

On ne verra en champ ne a journée,

Mais, s'ilz sont bons et hardis et sanz fuitte,

C'est bien raison par coustume affermée

30

Selon seigneur voit on maignée duite.

Prince excellent, se bien moriginée

Est vostre court par noblece conduitte,

Le proverbe dit, c'est chose infourmée:

34

Selon seigneur voit on maignée duite.

Note XXXVIII:—5 sa banniere—8 t. duite—9 de h.—27 n'en c.

XXXIX

Fleur des meilleurs, haulte honnourée dame

De tout mon cuer trés amée et cherie,

Bonne, saige, trés parfaitte et sans blasme,

4

Helas! vueillez que par vous soit garie

Ma dure paine,

Appercevoir vueillez que je me paine

De vous servir, ne je n'ay autre envie,

8

Car je vous ay retenue a ma vie.

Et de pieça me tient, car corps et ame,

Pensée, amour soubz vostre seigneurie

Trés mon enffance y mis ne depuis ame

12

Ne l'en osta, ne n'en sera garie,

Chose est certaine,

Ja ma douleur, fors par vous qui fontaine

Estes, dont puet ma joye estre assouvie,

16

Car je vous ay retenue a ma vie.

Belle plaisant que mon cuer tant reclame,

Par vo pitié vous plaise que ravie

Soit l'ardure du desir qui m'enflame.

20

N'est ce pas droit que me soit remerie

L'amour certaine

Dont je vous aim, trés doulce tresmontaine,

Puis que serés toujours de moy servie,

24

Car je vous ay retenue a ma vie.

Ma souveraine

Dame, amez moi, car je vous acertaine

De n'en partir ja se je ne devie,

28

Car je vous ay retenue a ma vie.

Note XXXIX:—14 Jamais nul jour f.—18 q. tarie.

XL

Ne doubtez point du contraire,

Car dit vous en ay le voir,

Belle, commant sans retraire

4

Vous aim et sans decevoir

Vueillez ley appercevoir,

Et m'amez, ostez m'arsure,

Car, sans reconfort avoir,

8

Je mourray se m'estes dure.

Voz beaux yeux viennent attraire

Sy mon cuer que desmouvoir

Ne l'en puis; d'autre part traire

12

Luy vient Amours qui ravoir

Le veult, et force et sçavoir

M'ostent, n'il n'y a mesure,

Dont par tel mal recepvoir

16

Je mourray se m'estes dure.

S'il vous plaise vers moy traire

Pitié qui face esmouvoir

Vo cuer, par quoy vous puist plaire

20

M'amer, car si mon devoir

Feray, sans m'en desmouvoir

De vous servir, je vous jure,

Mais bien vous faiz assavoir:

24

Je mourray se m'estes dure.

Ma dame, corps, ame, avoir

Est tout vostre, ayez en cure;

Puis que ne l'en puis ravoir,

28

Je mourray se m'estes dure.

Note XL:—22 le v. j.

XLI

Merveilles est et seroit fort a croire

Es estranges contrées qu'il peust estre,

Qu'en ce pays, qui de longue memoire

4

Est renommé en honnour sur tout estre,

Que verité, depuis le greigneur maistre

Jusqu'au petit, si a paine trouvée

Fust comme elle est, c'est bien chose senestre

8

Qu'en France soit si mençonge eslevée.

Mais de parler bel n'y voit on recroire

Les principaulx, et pour faire gens paistre

Grans promesses, dont l'atente n'est voire,

12

Ne leur coustent riens, mais qui s'en empestre

Se puet de vent comme pluvier repaistre;

Car long effait en yst, chose est prouvée,

Cest lait renom n'aquiert se noble en estre

16

Qu'en France soit si mençonge eslevée.

Et quant a moy, pour ce que si nottoire

Mençonge voy, il n'est chose terrestre

Qu'on me die, quiconques la m'avoire,

20

Ne promesce jurée de main destre,

Que, je croye se le voy ne voy n'estre;

Car pou y truys fors que fraude esprouvée,

Et c'est pitié, par le hault Dieu celestre,

24

Qu'en France soit si mençonge eslevée.

Ha! haulx princes, pour Dieu ne vous adresce

Vice si lait, c'est chose reprouvée;

Sy déboutés tout homme qui empetre

28

Qu'en France soit si mençonge eslevée.

Note XLI:—6 Jusques au p.—14 Par l. e. ou y.—15 C. l. r. qu'a sa n.—10 trés fort a c. d.—19 Que on.

XLII

(Sur la Mort du Duc de Bourgogne.) [27 avril 1404.]

Plourez, Françoys, tout d'un commun vouloir,

Grans et petis, plourez ceste grant perte;

Plourez, bon Roy, bien vous devez douloir,

Plourer devez vostre grevance apperte;

5

Plurez la mort de cil qui par desserte

Amer deviez et par droit de lignaige,

Vostre loyal noble oncle le trés saige

Des Bourgongnons prince et duc excellent;

Car je vous dy, qu'en mainte grant besongne,

Encor dirés trestuit a cuer dollent

11

Affaire eussions du bon duc de Bourgongne.

Plourez, Berry, et plourez tuit sy hoir,

Car cause avez: mort la vous a ouverte;

Duc d'Orliens, moult vous en doit chaloir,

Car par son scens mainte faulte est couverte;

16

Duc des Bretons, plourez, car je suys certe

Qu'affaire arés de luy en vo jeune aage;

Plourez, Flamens, son noble seignourage;

Tout noble sanc, allez vous adoullant;

Plourez, ses gens, car joye vous eslongne,

Dont vous dirés souvent en vous doullant

22

Affaire eussions du bon duc de Bourgongne.

Plourez, Roÿne, et ayez le cuer noir

Pour cil par qui feustes au trosne offerte;

Plourez, dames, sans en joye manoir;

France, plourez, d'un pillier es deserte,

27

Dont tu reçoys eschec a descouverte,

Gar toy du mat quant mort par son oultrage

Tel chevalier t'a toulu, c'est dommaige;

Plourez, puepple commun, sans estre lent,

Car moult perdez et chascun le tesmoingne,

Dont vous dirés souvent mate et relent:

33

«Affaire eussions du bon duc de Bourgongne.»

Princes royaulx, priez par bon tallent

Pour le bon duc; car, sans moult grant parlongne,

En voz conssaulx de duc arés tallent,

37

Affaire eussions du bon duc de Bourgongne.

Note XLII:—24 P. c. pour q.—34 p. pour b. t.

XLIII

Dames d'onneur, gardez voz renommées,

Pour Dieu mercis eschevez le contraire

De bon renom, que ne soyés blasmées;

4

Ne vueillez point acointances attraire

Telles, qu'on puist recorder ne retraire

Par voz maintiens qu'ayez legiers les cuers,

Ne qu'en nul cas vous daignissiez meffaire,

8

Et ne croyez flajolz de decepveurs.

Car pou vous vault cuidier bien estre amées

D'ommes pluseurs, de recepvoir salaire

De mauvais loz, par parolles semées

12

En divers lieux, qu'il eust en vostre affaire

Legiereté; sy vous est neccessaire

D'avoir recort toudis des deshonneurs,

La ou cheoir on puet par foulour faire,

16

Et ne croyez flajolz de decepveurs.

Or soyés dont de parfait scens armées

Contre ceulx, qui tant taschent a soubztraire

L'onneur de vous, et de qui diffamées

20

Estes souvent sans cause, et pour vous plaire

Font le courtoys; et je ne m'en puis taire,

Car j'en congnois et sçay de telz vanteurs

Qui vous flattent; vueillez vous ent retraire

24

Et ne croyez flajolz de decepveurs.

Chieres dames, ne vous vueille desplaire,

Se je vous lo a garder des flateurs

Qui ne taschent qu'a voz honneurs deffaire,

28

Et ne croyez flajolz de decepveurs.

Note XLIII:—5 que on—9 C. p. vauldroit c.—18 soultraire.

XLIV

Du mois de May je me tieng pour contente,

D'Amours aussi de qui me vient la joye,

Par ce que voy souvent com droite rente

4

Ung bel amy que j'ay qui me resjoye;

Ce tient mon cuer en leece ou que soye,

Car choisy l'ay de tous biens pour ma part.

C'est mon plaisir, n'aultre ne me resjoye,

8

Ne mon penser nulle heure ne s'en part.

O quel solas et quel joyeuse attente

Ce m'est quant suis en lieu seulette et coye

Ou je l'attens, combien qu'a l'eure sente

12

Moult grant frayeur de paour qu'on le voye!

Mais quant vers moy a achevé la voye

Lors de baisiers serrez donnons tel part

Que la doulceur oublier ne pourroye

16

Ne mon penser nulle heure ne s'en part.

Et se penser y ay, cuer et entente,

Merveilles n'est, c'est droiz qu'avoir lui doye,

Car le grant bien de lui m'i maine et tente

20

Et sa doulceur et ce que tout s'employe

A me servir, si sçay que s'amour moye

Est nuement n'ailleurs point n'en depart,

Pareillement il m'en est par tel voye

24

Ne mon penser nulle heure ne s'en part.

Mon doulx ami, qui es comble et monjoye

De tout honneur et bonté, il m'est tart

Qu'entre mes bras briefment je te festoye,

28

Ne mon penser nulle heure ne s'en part.

Note XLIV:—Omise dans A¹—12 que on.

XLV

Par ta valour et par ton maintien saige,

Par ta doulceur et trés plaisant maniere,

Et les grans biens et l'amoureux langaige

4

Qui en toy sont, tu as m'amour entiere

En tout, en tout acquise en tel maniere

Que sans cesser je ne pensse autre part.

Adès m'est vis que devant moy te voye,

Ne nulle heure le mien cuer ne s'en part.

9

Mon doulx amy, d'autre ne me vient joye.

Sy as tant fait que mon cuer, qui sauvaige

D'amours estoit, et qui ne faisoit chiere

D'amer jamais, ore est ou doulx servage

13

Du dieu d'amours, si qu'estre ne puis fiere

N'a luy n'a toy, ains convient que plainiere-

Ment me soye donnée sans depart

A toy, amis, n'est rayson que je doye

Desobeïr au bien qu'il me depart.

18

Mon doulx amy, d'autre ne me vient joye.

Et puis qu'Amours, par son hault seigneurage,

Veult que tous deux soions soubz sa baniere,

Or lui faisons de trés bon cuer hommage

22

Sans departir, amis, en tel maniere

Que soies mien, et plus ne seray fiere

A ton doulx vueil qui d'onneur ne se part.

Aimes moy bien, car tu as l'amour moye,

A toy me don, je te prens pour ma part.

27

Mon doulx amy, d'autre ne me vient joye.

Fin cuer plaisant, or soions main et tart

Loyaulx amans, quant a moy je l'ottroye,

Plaisant desir le me conseille a part.

31

Mon doulx amy, d'autre ne me vient joye.

Note XLV:—Omise dans A².

XLVI

Se je puis estre certaine

De ce dont je suis en doubte,

C'est que je n'aye pas plaine-

4

Ment t'amour et que ja route

Soit ta foy; amis, escoute:

Saiches que, par saint Nycaise,

7

Je m'en mettré a mon aise.

Ta maniere m'acertaine

Et monstre, se je voy goute,

Que d'amours foibleste et vaine

11

Tu m'aimes, dont je suis toute

Esbahie; mais s'acoute:

S'ainsi est, ne t'en desplaise,

14

Je m'en mettré a mon aise.

Car tousjours vivroye en paine

D'ainsi m'estre a toy trestoute

Donnée, et qu'a mon demaine

18

Ne t' eusse aussi, si redoubte

Le fillé ou je me boute,

Pour ce, tout soit ce a mesaise,

21

Je m'en mettré a mon aise.

J'ay ja plouré mainte goute

Pour toy pluseurs jours de route;

Mais, se ton cuer ne m'apaise,

25

Je m'en mettré a mon aise.

Note XLVI:—16 me e.—18 A¹ Ne te e.—22 Car j'ay p.

XLVII

Belle plaisant, sur toutes trés amée,

De tout mon cuer ma souvraine maistresce,

Appercevez que, plus que chose née,

4

Vous aims et crains et vous sers en humblesce,

Et pour ce, oster le mal qui tant me blesce

Vous plaise tost et ouÿr ma clamour,

7

Et me vueillez ottroyer vostre amour.

Et se par vous m'est tel joye donnée

Vous me mettrés en la voye et adresce

D'estre vaillant, et bien guerredonnée

11

Sera toute ma paine et ma destresce,

Or le faittes, ma souvraine princesce,

Sy n'y mettez plus dongier ne demour,

14

Et me vueillez ottroyer vostre amour.

Mon fin cuer doulx, ma dame redoubtée,

Retenez moy, car je vous fais promesce

Que vostre honneur sera par moy gardée

18

Entierement, et tousjours sans paresce

Vous serviray com ma doulce deesse;

Sy me prenez a mercy, doulce flour,

21

Et me vueillez ottroyer vostre amour.

Plaisant tresor, faittes moy tel largesce

De voz doulx biens que ma douleur en cesse,

Secourez tost le mal ou je demour,

25

Et me vueillez ottroyer vostre amour.

Note XLVII:—10 guerdonnée.

XLVIII

Amours, Amours, tu scés plus d'une voye

D'attrapper gens a ta mussée trappe;

Et qui fouÿr te cuide se forvoye,

4

Car il n'est riens que doulx regart n'atrappe:

C'est ton veneur, cuer n'est qui luy eschape.

Plaisant maintien, courtoysie et lengaige,

Sont tes levriers, compaignie est la sente

Ou tu chaces plus souvent qu'en boscaige;

9

Je le scay bien, il fault que je m'en sente.

Certes, tes tours mie n'appercevoye,

Ne comme tu scez soubz couverte chappe

Surprendre cuers; quant si bien me devoye

13

De toy garder a mon dit; mais l'aggrappe

Dont tu tires a toy si mon cuer happe

Que il convient que je te face hommaige,

Ou vueilie ou non, et qu'a toy me consente;

Car ton pouoir seigneurist fol et saige:

18

Je le sçay bien, il fault que je m'en sente.

J'apperçoy bien que je me decevoye

De te cuidier fouyr, car sy m'entrappe

Doulx Souvenir que mucié ne savoye;

22

Et, quant je cuit ganchir, je me reffrappe

Dedens tes las, et Plaisance me frappe

De l'autre part; tu te tiens ou passage

Pour traire a moy; Biauté y est presente.

Rendre me fault, ou soit scens ou follage;

27

Je le sçay bien, il fault que je m'en sente.

Ha! dieux d'amours, puis qu'en ton doulx servage

Prendre me veulx, faiz que ne m'en repente,

Car eschapper ne puis ton seigneuraige;

31

Je le sçay bien, il fault que je m'en sente.

Note XLVIII:—11 Ne comment—25 De t.—28 p. qu'a t.

XLIX

Trop hardement et grant presumpcion

Aucuns instruit a oser diffamer

Les plus souvrains, faignant entencion

Juste et loyal, disant qu'on puet blasmer

5

Tout viccieux, maudire et non amer;

Mais l'inutille

Parolle qui puet mettre en une ville

Noise et contens, traÿson et deffait,

Destruccion en contrée fertille;

10

Je dis que c'est pechié a qui le fait.

Pour ceulx le di, qui, par destraccion,

Osent blasmer princes, pour enflamer

Puepple contre eulx par grief commossion,

Et les osent, ours, lyons, loups nommer,

15

Et fiers tirans les fleurs qu'on sieult clamer

Lis trés nobille,

Pilliers de foy, sousteneurs d'euvangille;

Pour les flatter ne le dis; mais deffait

Dont puet venir esclande a plus de mille;

20

Je dis que c'est pechié a qui le fait.

Sy ne faites, bons François, mencion,

Que vous ayés tirans fiers plains d'amer;

Laissiez parler a autre nacion;

Car ne sçavés qu'est tirant, et semer

25

Souffrez a tort telz diz, ne mesamer

Voz souvrains qui le

Sueffrent de leur doulceur, c'est chose ville

De soustenir contre eulx si grant tort fait,

Et de ditter balades de tel stille,

30

Je dis que c'est pechié a qui le fait.

Princes poissans, criminelle ou civille

Vengeance pour telz diz en voz cuers n'ait;

Car qui glaive contre son puepple afille,

34

Je dis que c'est pechié a qui le fait.

Note XLIX:—4 que on— q. doit b.—8 premier et manque dans A²—9 Rebellion—12 Vont diffamant p.—18 m. meffait—26 A souverains.

L

Gentil homme, qui veult prouesce acquerre,

Escoute cy; entens qu'il te fault faire:

Armes suivir t'estuet en mainte terre;

4

Estre loyal contre ton adversaire; 4

De bataille ne fouïr, non sus traire;

Et doubter Dieu; parolle avoir tardive;

En fait d'assault trouver voye soultive;

8

Ne soit ton cuer de lascheté repris; 8

Des tours d'armes duis dois estre et apris;

Amer ton prince; et a ton chevetaine

Estre loyal; avoir ferme couraige;

Croire conseil; promesse avoir certaine;

13

S'ainsi le faiz, tu seras preux et saige. 13

Te gouverner par grant avis en guerre;

A voyagier souvent te doit moult plaire;

Princes et cours estranges tu dois querre,

17

Tout enquerir leur estat et affaire; 17

Des bons parler et a toy les attraire;

Contre raison ta parolle n'estrive;

Ne mesdire de personne qui vive;

21

Porter honneur aux vaillans ou a pris; 21

Henter les bons; n'avoir povre en despris;

Pour acquerir honneur ne plaindre paine;

Trop convoiteux n'estre, mès du tien large;

Et ta parolle soit vraye et non vaine;

26

S'ainsi le faiz, tu seras preux et saige. 26

Sans bon conseil de faire armes requerre

Ne dois autruy, et s'il n'est neccessaire

Pour ton honneur, ta bouche et tes dens serre,

30

Qu'il n'en ysse chose qui face a taire; 30

L'autruy bienfait dois voulentiers retraire;

Taire le tien; ne t'entendre en oysive;

Estre attrempé; n'avoir teste hastive;

34

Fouÿr tout vice et avoir en mespris; 34

Tost achever ce que tu as empris;

N'avoir orgueil ne parolle hautaine;

Ta contenance seure et non sauvaige.

Par bel maintien en tous lieux te demaine;

39

S'ainsi le faiz, tu seras preux et saige. 39

Prince gentil, ceste voye est certaine

Pour acquerir de hault honneur la targe;

Homme noble, suis la, je t'acertaine:

43

S'ainsi le faiz, tu seras preux et saige.

Note L:—10 et manque dans A¹—25 pas est ajouté en interligne après non.

LI

Trop sont divers et merveilleux les tours

De l'inconstant, double et faulsse Fortune;

Car ses maulx sont moult loncs, et ses biens cours;

4

Nous le voyons, et c'est chose commune,

Dont je ne voy pourveance fors qu'une

Contre elle; c'est que l'omme soit si saige

Qu'il n'ait des biens d'elle leece aucune,

8

Et ait ou mal fort et poissant couraige.

Veoir pouons que tout vient a rebours

Souvent aux bons par sa fellasse enfrune,

Et aux mauvais, sans desserte ou labours,

12

Rent bon guerdon, mais de deux voyes l'une:

Ou reconfort ou lenguir en rencune;

Prendre conseil convient si qu'homs se targe

De bon espoir, quoy qu'elle luy soit brune,

16

Et ait ou mal fort et poissant couraige.

Car puis que ses joyes ne font qu'un cours

Par le monde general en commune

Que nous veons plus souvent en decours

20

Sus les greigneurs meismes que n'est la lune,

Homme ne doit les prisier une prune,

Mais, s'ilz viennent, pensser qu'en petit d'aage

Perdre on les puet, seurté n'y ait aucune,

24

Et ait ou mal fort et poissant couraige.

Princes, soyés certains qu'oncques ne fu ne

Ja ne sera Fortune fors voulaige;

En soit chascun avisié et chascune,

28

Et ait ou mal fort et poissant couraige.

Note LI:—3 A et se b. c.—7 es b.—10 fallace—14 P. c. si c. q.—15 que elle—22 pense.

LII

Qui est celluy qui ne sent la pointure

Aucunement d'amours, qui point ne blesce,

Ou mois de May jolis, plain de verdure?

4

Sy ne croy pas, Prince de grant noblesce, 4

Hault et poissant, que vraye amour ne drece

Voz nobles faiz en toute bonne voye;

Et pour ce a vous ma balade s'adresce,

8

Ce jour de May gracieux plain de joye. 8

Car je vous voy plus qu'autre créature

Reampli de biens et haulte gentillesce;

Pour ce je tiens que vous en tout temps dure

12

Douls souvenir, qui departir ne laisse 12

Loyal amour de vous, et que maistresce

Avez plaisant et belle, en qui s'employe

Vo noble cuer, qu'elle tient sans tristesce,

16

Ce jour de May gracieux plain de joye. 16

Si affiert bien que mettés temps et cure

D'amours servir, qui de sa grant richesce

Guerredonner vous puet de nourriture

20

Doulce, plaisant, et qui fait en prouesce 20

Les bons monter, et que vo cuer s'eslesse

En ce doulx temps, qui aux amans envoye

Plaisant pensser et cuer tient en leesse

24

Ce jour de May gracieux plain de joye. 24

Prince amoureux, doulx, humain, sans hautece

De nul orgueil, par moy Amours vous proye

Que gay soyés pour vo doulce deesse,

28

Ce jour de May gracieux plain de joye. 28

Note LII:—15 que elle.

LIII

Je ne croy pas que ma malle fortune

Puisse souffrir qu'aucun bien me secuere;

Car de long temps, par rigle trop commune,

4

M'a couru sus, et quanque je labeure

N'est fors en vain; car tout despiece en l'eure

La desloyal qui tout mal me pourchace;

7

Quant bien me doit venir, meseur l'en chace.

N'il ne me vient a nulle heure pas une

Riens a droit point, pour chose que je queure,

La ou secours cuid trouver, mais nesune

11

Voye n'y a: il fault que je demeure

A tousjours mais ainsi, par quoy je pleure

Souvent, veant que, par diverse chace,

14

Quant bien me doit venir, meseur l'en chace.

Et puis qu'ainsi tel fortune respune

A tout boneur pour moy et tout deveure

Mes reconfors, avoir ne doy aucune

18

Esperance de jamais veoir l'eure

D'avoir reppos du mal qui m'acuere;

Car je congnois qu'a tout quanque rechace,

21

Quant bien me doit venir, meseur l'en chace.

Princes, ainsi a cuer plus noir que meure

Me fault lenguir; car tout vent me dechace;

Est ce bien droit meschief qui me cuert seure,

25

Quant bien me doit venir, meseur l'en chace?








ENCORE AULTRES BALADES

Note: Les cinq ballades et les quatre rondeaux qui suivent ne se trouvent que dans le ms. Harley 4431 du Musée Britannique folios 49 v° à 53.

I

Mon doulx amy du quel je tien

Le loyal cuer, et pour le tien

Le mien en eschange te donne.

Je te pry, ne te doubte en rien,

5

Car je te jur et promet bien

Que se ne truys aultre que bonne

Ta voulenté vers ma personne,

En ce qui peut honneur toucher,

Se ne passez de droit la bonne,

10

Je t'ameray et tiendray chier.

Et s'il te plaist qu'en ce lïen

Soit ton trés doulx cuer et le mien,

Et que ton vueil au mien s'ordonne,

Si qu'en nostre fait n'ait que bien,

15

Saches de vray et le retien,

Sanz qu'aultre foiz plus t'en sermonne,

Que l'amour qui en moy s'entonne,

Dont ta doulceur me vient preschier,

Durera, puis que m'y adonne.

20

Je t'ameray et tendray chier.

Par si que toudis ton maintien

Soit tel qu'ainsi que je le tien,

Non obstant qu'acueil t'abandonne,

M'onneur garderas par moyen

25

De loyauté se tu es sien;

Tout le surplus je te pardonne,

Car, quoy que desir t'araisonne

Par force d'amour me touchier,

Mais que trop ne te desordonne,

30

Je t'ameray et tendray chier.

Pour ce, amis, gaignes la couronne

Sur tous amans, ne t'approchier

D'aultre vueil; sanz t'estre felonne

35

Je t'ameray et tendray chier.

Note I:—16, 22 et 23 que a—28 te t. Corr. me.

II

Ton alée me met en tel tristece,

Mon doulx ami, que ne puis avoir joye.

Dieux! joye helas! et dont vendroit l'adrece,

4

Dont tant fust pou, se je ne te veoye,

M'en peust venir? Il n'y a tour ne voye;

Car esleu t'ay pour ma part de tous biens,

Tu es le tout et non mie partie;

Pour ce, de toy, que j'aim sur toute riens,

9

Certes trop m'est dure la departie.

La departie, lasse! c'est destresse

Trop dure a cuer que grant amour mestroye!

Quant est de moy bien scay que sanz leece

13

Demoureray, et, quel part que je soye,

N'aray plaisir ne chose qui m'esjoye.

Or je ne sçay quelz maulz seront les tiens

Ne quieulx regraiz aras de ta partie,

Mais quant a moy pour engriger les miens

18

Certes trop m'est dure la departie. 18

Et non pour tant le mal que si me blesse

Sera plus court, s'il te plaist toutevoye

Que ton retour soit brief, mais c'est simplece

22

Du dire a moy, je croy, ne que je doye

Penser qu'a toy en soit au fort se voye

Sauf ton honneur y a; tost t'en reviens,

Car te promet pour vray, sanz foy mentie,

Quoy qu'en faces, saches et le retiens,

27

Certes trop m'est dure la departie.

Amours me tient pour toy en ses lyens,

Mon doulx amy, ou soit sens ou sotie,

Que de tes yeulx et tes plaisans maintiens

31

Certes trop m'est dure la departie.

Note II:—23 que a.