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Paris tel qu'il est

Chapter 13: LES PETITS OISEAUX
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About This Book

A collection of short, witty sketches and feuilletons that observe metropolitan life through anecdotes, social incident, and theatrical notice. The pieces mix light satire and irony to expose everyday absurdities—misdirected telegrams, domestic misunderstandings, fashionable society talk, and dramatic premieres—while shifting between comic narrative and pointed commentary. Each item functions as a self-contained vignette, offering brisk portraits of manners, institutions, and public life that together form a mosaic of urban behaviors and petty follies.

Ainsi voilà bien des années que les bons esprits font une croisade en faveur des petits oiseaux, sans obtenir de grands résultats.

Après la promulgation de la loi Grammont, il s'est fondé une société protectrice des animaux; son siège est à Paris, son influence partout, grâce à des efforts persévérants. Tout les pays du monde profitent des enseignements que leur prodiguent les hommes éminents qui sont à sa tête, un seul reste rétif:

C'est la France.

Il faut en rire, tant c'est triste!

La société a répété sur tous les tons:

«Grâce pour les petits oiseaux; outre qu'il est cruel et odieux de tuer ou de blesser ces infiniment petits, leur mort cause un véritable préjudice. Ils vivent d'insectes qui détruisent les récoltes. Chaque petit oiseau qui tombe emporte avec lui dix livres de pain et dix litres de vin que mangeront les vers.»

C'est concluant pourtant. Eh bien, non, on continue à détruire ces pauvres petits protecteurs, et l'on se plaint de la misère.

Jusqu'ici on s'était contenté de les tuer, de les manger; les fusils, les lacets, les cages, la glue allaient leur train; mais il paraît que ce n'était pas suffisant.

Maintenant, tenez, c'est à ne pas y croire: maintenant on les exporte!

On les exporte comme s'ils faisaient partie de l'article de Paris; on les déporte comme s'ils avaient fait partie de la Commune.

«On vient d'embarquer au Havre une cargaison de petits oiseaux pour la nouvelle-Zélande, qui est, paraît-il, ravagée par les chenilles.»

C'est un journal grave, sérieux, honnête, qui dit cela sans autres commentaires.

La Nouvelle-Zélande est dévorée par les chenilles; et la France donc! N'en a-t-elle pas de toutes les couleurs, des noires, des rouges, des jaunes, des vertes, des bleues, sans compter les chenilles qui mangent les budgets. Hélas! pour celles-là, les oiseaux n'y peuvent rien.

Il y a une conclusion toute simple à tirer de ce fait.

La Nouvelle-Zélande est dévorée de chenilles, la France aussi.

Les Nouveaux-Zélandais détruisent leurs chenilles avec les oiseaux des Français, qui gardent leurs chenilles. Donc, les Nouveaux-Zélandais sont très intelligents et les Français ne sont que des... gens moins intelligents que les Nouveaux-Zélandais.—C'est bien dur tout de même.