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Paris tel qu'il est

Chapter 15: LA ROSIÈRE DE SURESNES
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About This Book

A collection of short, witty sketches and feuilletons that observe metropolitan life through anecdotes, social incident, and theatrical notice. The pieces mix light satire and irony to expose everyday absurdities—misdirected telegrams, domestic misunderstandings, fashionable society talk, and dramatic premieres—while shifting between comic narrative and pointed commentary. Each item functions as a self-contained vignette, offering brisk portraits of manners, institutions, and public life that together form a mosaic of urban behaviors and petty follies.

L'origine de la rose de Suresnes ne se perd pas dans la nuit des temps comme la rose de Nanterre; elle n'en est que plus fraîche, ce qui ne l'empêche pas de vivre en parfaite intelligence avec ses aînées, les roses de Nanterre et de Salency.

Cette origine est très authentique; il est bon de bien l'indiquer, afin qu'elle ne soit pas faussée quand elle arrivera à l'état de légende.

Une pauvre mère, madame la comtesse des Bassyns de Richemont, perdit sa fille, une enfant de quatre ans, qu'elle adorait. Le pauvre petit être succombait aux suites d'un accident de voiture, qu'on avait cru insignifiant d'abord.

Les habitants de Suresnes avaient été témoins de l'accident, ils furent aussi témoins de la grandeur d'âme de cette malheureuse mère, et, pleins d'admiration et de compassion pour elle, ils partagèrent sa douleur.

La comtesse, touchée au fond de l'âme, institua un prix de vertu; elle voulut qu'il y eût tous les ans une fille admirée dans ce village où elle avait perdu sa fille; elle voulut qu'il y eût aussi une mère heureuse là où elle avait tant pleuré.

Elle ne fit, du reste, aucune condition, si ce n'est que la première fille, issue du mariage de la rosière, s'appellerait Camille, le nom de sa chère regrettée.

C'est une idée qui viendrait à bien des mères.