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Paroles d'un croyant, 1833 cover

Paroles d'un croyant, 1833

Chapter 19: XVIII
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About This Book

A collection of hortatory, prophetic addresses that blend Christian theology, apocalyptic vision, and social critique. The speaker frames imminent spiritual upheaval with vivid imagery—storm, darkness, rising peoples—and interprets contemporary disorder as both divine chastisement and prelude to renewal. Passages contrast a corrupt, fear-driven rule with a future reign of God, denounce kings and privileges for opposing brotherly love, and urge popular unity, moral awakening, and the primacy of the Spirit. Recurrent motifs include the cross, the serpent, and the promise of a second creation, while calls for charity and liberation link spiritual regeneration to social transformation.

XVIII

Vous n’avez qu’un père, qui est Dieu, et qu’un maître, qui est le Christ.

Quand donc on vous dira de ceux qui possèdent sur la terre une grande puissance : Voilà vos maîtres, ne le croyez point. S’ils sont justes, ce sont vos serviteurs ; s’ils ne le sont pas, ce sont vos tyrans.

Tous naissent égaux : nul, en venant au monde, n’apporte avec lui le droit de commander.

J’ai vu dans un berceau un enfant criant et bavant, et autour de lui étoient des vieillards qui lui disoient, Seigneur, et qui, s’agenouillant, l’adoroient. Et j’ai compris toute la misère de l’homme.

C’est le péché qui a fait les princes ; parce qu’au lieu de s’aimer et de s’aider comme des frères, les hommes ont commencé à se nuire les uns aux autres.

Alors parmi eux ils en choisirent un ou plusieurs, qu’ils croyoient les plus justes, afin de protéger les bons contre les méchants, et que le foible pût vivre en paix.

Et le pouvoir qu’ils exerçoient étoit un pouvoir légitime, car c’étoit le pouvoir de Dieu qui veut que la justice règne, et le pouvoir du peuple qui les avoit élus.

Et c’est pourquoi chacun étoit tenu en conscience de leur obéir.

Mais il s’en trouva aussi bientôt qui voulurent régner par eux-mêmes, comme s’ils eussent été d’une nature plus élevée que celle de leurs frères.

Et le pouvoir de ceux-ci n’est pas légitime, car c’est le pouvoir de Satan, et leur domination est celle de l’orgueil et de la convoitise.

Et c’est pourquoi, lorsqu’on n’a pas à craindre qu’il en résulte plus de mal, chacun peut et quelquefois doit en conscience leur résister.

Dans la balance du droit éternel, votre volonté pèse plus que la volonté des rois : car ce sont les peuples qui font les rois, et les rois sont faits pour les peuples, et les peuples ne sont pas faits pour les rois.

Le Père céleste n’a point formé les membres de ses enfants pour qu’ils fussent brisés par des fers, ni leur âme pour qu’elle fût meurtrie par la servitude.

Il les a unis en famille, et toutes les familles sont sœurs ; il les a unis en nations, et toutes les nations sont sœurs ; et quiconque sépare les familles des familles, les nations des nations, divise ce que Dieu a uni : il fait l’œuvre de Satan.

Et ce qui unit les familles aux familles, les nations aux nations, c’est premièrement la loi de Dieu, la loi de justice et de charité, et ensuite la loi de liberté, qui est aussi la loi de Dieu.

Car sans la liberté quelle union existeroit-il entre les hommes ? Ils seroient unis comme le cheval est uni à celui qui le monte, comme le fouet du maître à la peau de l’esclave.

Si donc quelqu’un vient et dit : Vous êtes à moi ; répondez : Non ; nous sommes à Dieu, qui est notre père, et au Christ, qui est notre seul maître.