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Paroles d'un croyant, 1833 cover

Paroles d'un croyant, 1833

Chapter 26: XXV
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About This Book

A collection of hortatory, prophetic addresses that blend Christian theology, apocalyptic vision, and social critique. The speaker frames imminent spiritual upheaval with vivid imagery—storm, darkness, rising peoples—and interprets contemporary disorder as both divine chastisement and prelude to renewal. Passages contrast a corrupt, fear-driven rule with a future reign of God, denounce kings and privileges for opposing brotherly love, and urge popular unity, moral awakening, and the primacy of the Spirit. Recurrent motifs include the cross, the serpent, and the promise of a second creation, while calls for charity and liberation link spiritual regeneration to social transformation.

XXV

Ce que vos yeux voient, ce que touchent vos mains, ce ne sont que des ombres, et le son qui frappe votre oreille n’est qu’un grossier écho de la voix intime et mystérieuse qui adore, et prie, et gémit au sein de la création.

Car toute créature gémit, toute créature est dans le travail de l’enfantement, et s’efforce de naître à la vie véritable, de passer des ténèbres à la lumière, de la région des apparences à celle des réalités.

Ce soleil si brillant, si beau, n’est que le vêtement, l’emblême obscur du vrai soleil, qui éclaire et échauffe les âmes.

Cette terre, si riche, si verdoyante, n’est que le pâle suaire de la nature : car la nature, déchue aussi, est descendue comme l’homme dans le tombeau, mais comme lui elle en sortira.

Sous cette enveloppe épaisse du corps, vous ressemblez à un voyageur qui la nuit dans sa tente, voit ou croit voir des fantômes passer.

Le monde réel est voilé pour vous. Celui qui se retire au fond de lui-même, l’y entrevoit comme dans le lointain. De secrètes puissances qui sommeillent en lui, se réveillent un moment, soulèvent un coin du voile que le temps retient de sa main ridée, et l’œil intérieur est ravi des merveilles qu’il contemple.

Vous êtes assis au bord de l’océan des êtres, mais vous ne pénétrez point dans ses profondeurs. Vous marchez le soir le long de la mer, et vous ne voyez qu’un peu d’écume que le flot jette sur le rivage.

A quoi vous comparerai-je encore ?

Vous êtes comme l’enfant dans le sein de sa mère, attendant l’heure de la naissance ; comme l’insecte ailé dans le ver qui rampe, aspirant à sortir de cette prison terrestre, pour prendre votre essor vers les cieux.