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Paroles d'un croyant, 1833 cover

Paroles d'un croyant, 1833

Chapter 32: XXXI
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About This Book

A collection of hortatory, prophetic addresses that blend Christian theology, apocalyptic vision, and social critique. The speaker frames imminent spiritual upheaval with vivid imagery—storm, darkness, rising peoples—and interprets contemporary disorder as both divine chastisement and prelude to renewal. Passages contrast a corrupt, fear-driven rule with a future reign of God, denounce kings and privileges for opposing brotherly love, and urge popular unity, moral awakening, and the primacy of the Spirit. Recurrent motifs include the cross, the serpent, and the promise of a second creation, while calls for charity and liberation link spiritual regeneration to social transformation.

XXXI

Je voyois un hêtre monter à une prodigieuse hauteur. Du sommet presque jusqu’au bas, il étaloit d’énormes branches, qui couvroient la terre alentour, de sorte qu’elle étoit nue ; il n’y venoit pas un seul brin d’herbe. Du pied du géant partoit un chêne qui, après s’être élevé de quelques pieds, se courboit, se tordoit, puis s’étendoit horizontalement, puis se relevoit encore et se tordoit de nouveau ; et enfin on l’apercevoit allongeant sa tête maigre et dépouillée sous les branches vigoureuses du hêtre, pour chercher un peu d’air et un peu de lumière.

Et je pensai en moi-même : voilà comme les petits croissent à l’ombre des grands.

Qui se rassemble autour des puissants du monde ? Qui approche d’eux ? ce n’est pas le pauvre ; on le chasse : sa vue souilleroit leurs regards. On l’éloigne avec soin de leur présence et de leurs palais ; on ne le laisse pas même traverser leurs jardins ouverts à tous, hormis à lui, parce que son corps usé de travail est recouvert des vêtements de l’indigence.

Qui donc se rassemble autour des puissants du monde ? les riches et les flatteurs qui veulent le devenir, les femmes perdues, les ministres infâmes de leurs plaisirs secrets, les baladins, les fous qui distraient leur conscience, et les faux prophètes qui la trompent.

Qui encore ? les hommes de violence et de ruse, les agents d’oppression, les durs exacteurs, tous ceux qui disent : Livrez-nous le peuple, et nous ferons couler son or dans vos coffres et sa graisse dans vos veines.

Là où gît le corps les aigles s’assembleront.

Les petits oiseaux font leur nid dans l’herbe, et les oiseaux de proie sur les arbres élevés.