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Paroles d'un croyant, 1833 cover

Paroles d'un croyant, 1833

Chapter 38: XXXVII
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About This Book

A collection of hortatory, prophetic addresses that blend Christian theology, apocalyptic vision, and social critique. The speaker frames imminent spiritual upheaval with vivid imagery—storm, darkness, rising peoples—and interprets contemporary disorder as both divine chastisement and prelude to renewal. Passages contrast a corrupt, fear-driven rule with a future reign of God, denounce kings and privileges for opposing brotherly love, and urge popular unity, moral awakening, and the primacy of the Spirit. Recurrent motifs include the cross, the serpent, and the promise of a second creation, while calls for charity and liberation link spiritual regeneration to social transformation.

XXXVII

Vous avez besoin de beaucoup de patience et d’un courage qui ne se lasse point : car vous ne vaincrez pas en un jour.

La liberté est le pain que les peuples doivent gagner à la sueur de leur front.

Plusieurs commencent avec ardeur, et puis ils se rebutent, avant d’être arrivés au temps de la moisson.

Ils ressemblent aux hommes mous et lâches qui, ne pouvant supporter le travail d’arracher de leurs champs les mauvaises herbes à mesure qu’elles croissent, sèment et ne recueillent point, parce qu’ils ont laissé étouffer la bonne semence.

Je vous le dis, il y a toujours une grande famine dans ce pays-là.

Ils ressemblent encore aux hommes insensés qui, ayant élevé jusqu’au toit une maison pour s’y loger, négligent de la couvrir, parce qu’ils craignent un peu de fatigue de plus.

Les vents et les pluies viennent, et la maison s’écroule, et ceux qui l’avoient bâtie sont tout-à-coup ensevelis sous ses ruines.

Quand même vos espérances auroient été trompées non-seulement sept fois, mais septante fois sept fois, ne perdez jamais l’espérance.

Lorsqu’on a foi en elle, la cause juste triomphe toujours, et celui-là se sauve qui persévère jusqu’à la fin.

Ne dites pas : C’est souffrir beaucoup pour des biens qui ne viendront que tard.

Si ces biens viennent tard, si vous n’en jouissez que peu de temps, ou que même il ne vous soit pas donné d’en jouir du tout, vos enfants en jouiront, et les enfants de vos enfants.

Ils n’auront que ce que vous leur laisserez : voyez donc si vous voulez leur laisser des fers et des verges et la faim pour héritage.

Celui qui se demande ce que vaut la justice, profane en son cœur la justice ; et celui qui suppute ce que coûte la liberté renonce en son cœur à la liberté.

La liberté et la justice vous pèseront dans la même balance où vous les aurez pesées. Apprenez donc à en connoître le prix.

Il y a des peuples qui ne l’ont point connu, et jamais misère n’égala leur misère.

S’il est sur la terre quelque chose de grand, c’est la résolution ferme d’un peuple qui marche sous l’œil de Dieu, sans se lasser un moment, à la conquête des droits qu’il tient de lui ; qui ne compte ni ses blessures, ni les jours sans repos, ni les nuits sans sommeil, et qui se dit : Qu’est-ce que cela ? La justice et la liberté sont dignes de bien d’autres travaux.

Il pourra éprouver des infortunes, des revers, des trahisons, être vendu par quelque Juda. Que rien ne le décourage.

Car je vous le dis en vérité, quand il descendroit comme le Christ dans le tombeau, comme le Christ il en sortiroit le troisième jour, vainqueur de la mort, et du prince de ce monde, et des ministres du prince de ce monde.