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Paroles d'un croyant, 1833 cover

Paroles d'un croyant, 1833

Chapter 39: XXXVIII
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About This Book

A collection of hortatory, prophetic addresses that blend Christian theology, apocalyptic vision, and social critique. The speaker frames imminent spiritual upheaval with vivid imagery—storm, darkness, rising peoples—and interprets contemporary disorder as both divine chastisement and prelude to renewal. Passages contrast a corrupt, fear-driven rule with a future reign of God, denounce kings and privileges for opposing brotherly love, and urge popular unity, moral awakening, and the primacy of the Spirit. Recurrent motifs include the cross, the serpent, and the promise of a second creation, while calls for charity and liberation link spiritual regeneration to social transformation.

XXXVIII

Le laboureur porte le poids du jour, s’expose à la pluie, au soleil, aux vents, pour préparer par son travail la moisson qui remplira ses greniers à l’automne.

La justice est la moisson des peuples.

L’artisan se lève avant l’aube, allume sa petite lampe, et fatigue sans relâche pour gagner un peu de pain qui le nourrisse lui et ses enfants.

La justice est le pain des peuples.

Le marchand ne refuse aucun labeur, ne se plaint d’aucunes peines ; il use son corps et oublie le sommeil, afin d’amasser des richesses.

La liberté est la richesse des peuples.

Le matelot traverse les mers, se livre aux flots et aux tempêtes, se hasarde entre les écueils, souffre le froid et le chaud, afin de s’assurer quelque repos dans ses vieux ans.

La liberté est le repos des peuples.

Le soldat se soumet aux plus dures privations, il veille et combat, et donne son sang, pour ce qu’il appelle la gloire.

La liberté est la gloire des peuples.

S’il est un peuple qui estime moins la justice et la liberté, que le laboureur sa moisson, l’artisan un peu de pain, le marchand les richesses, le matelot le repos et le soldat la gloire ; élevez autour de ce peuple une haute muraille, afin que son haleine n’infecte pas le reste de la terre.

Quand viendra le grand jour du jugement des peuples, il lui sera dit : Qu’as-tu fait de ton âme ? on n’en a vu ni signe ni trace. Les jouissances de la brute ont été tout pour toi. Tu as aimé la boue, va pourrir dans la boue.

Et le peuple, au contraire, qui au-dessus des biens matériels aura placé dans son cœur les vrais biens ; qui pour les conquérir n’aura épargné aucun travail, aucune fatigue, aucun sacrifice, entendra cette parole :

A ceux qui ont une âme, la récompense des âmes. Parce que tu as aimé plus que toutes choses la liberté et la justice, viens, et possède à jamais la justice et la liberté.