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Paroles d'un croyant, 1833 cover

Paroles d'un croyant, 1833

Chapter 5: IV
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About This Book

A collection of hortatory, prophetic addresses that blend Christian theology, apocalyptic vision, and social critique. The speaker frames imminent spiritual upheaval with vivid imagery—storm, darkness, rising peoples—and interprets contemporary disorder as both divine chastisement and prelude to renewal. Passages contrast a corrupt, fear-driven rule with a future reign of God, denounce kings and privileges for opposing brotherly love, and urge popular unity, moral awakening, and the primacy of the Spirit. Recurrent motifs include the cross, the serpent, and the promise of a second creation, while calls for charity and liberation link spiritual regeneration to social transformation.

IV

Vous êtes fils d’un même père, et la même mère vous a allaités ; pourquoi donc ne vous aimez-vous pas les uns les autres comme des frères ? et pourquoi vous traitez-vous bien plutôt en ennemis ?

Celui qui n’aime pas son frère est maudit sept fois, et celui qui se fait l’ennemi de son frère est maudit septante fois sept fois.

C’est pourquoi les rois et les princes, et tous ceux que le monde appelle grands ont été maudits : ils n’ont point aimé leurs frères et ils les ont traités en ennemis.

Aimez-vous les uns les autres, et vous ne craindrez ni les grands, ni les princes, ni les rois.

Ils ne sont forts contre vous que parce que vous n’êtes point unis, que parce que vous ne vous aimez point comme des frères les uns les autres.

Ne dites point : Celui-là est d’un peuple, et moi je suis d’un autre peuple. Car tous les peuples ont eu sur la terre le même père, qui est Adam, et ont dans le ciel le même père, qui est Dieu.

Si l’on frappe un membre, tout le corps souffre. Vous êtes tous un même corps : on ne peut opprimer l’un de vous, que tous ne soient opprimés.

Si un loup se jette sur un troupeau, il ne le dévore pas tout entier sur-le-champ : il saisit un mouton et le mange. Puis sa faim étant revenue, il en saisit un autre et le mange, et ainsi jusqu’au dernier ; car sa faim revient toujours.

Ne soyez pas comme les moutons, qui, lorsque le loup a enlevé l’un d’eux, s’effraient un moment et puis se remettent à paître. Car, pensent-ils, peut-être se contentera-t-il d’une première ou d’une seconde proie : et qu’ai-je à faire de m’inquiéter de ceux qu’il dévore ? Qu’est-ce que cela me fait, à moi ? il ne me restera que plus d’herbe.

En vérité, je vous le dis : Ceux qui pensent ainsi en eux-mêmes sont marqués pour être la pâture de la bête qui vit de chair et de sang.