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Paul Appell: Biographie, Bibliographie Analytique des Écrits

Chapter 10: NOTES.
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About This Book

A concise biographical and analytico-bibliographic survey outlines the subject's life and assembles a systematic catalogue of his writings. Sections provide critical analysis of his mathematical contributions, addressing topics in analysis, functions of one and several variables, periodic and abelian functions, differential equations, and applications to mechanics. Separate parts treat geometry, historical essays, educational and pedagogical papers, and miscellaneous publications. Appendices and notes supply bibliographic details, reports by contemporaries, and corrections, while the combined narrative, analytical commentary, and enumerated works guide readers through the scope and organization of the corpus.

NOTES.

1 Charles Appell est né à Strasbourg le 20 avril 1842, place Saint-Étienne, dans la maison appelée le Ritterhus. Il a été arrêté le 27 janvier 1888, condamné le 9 juillet 1888 à 1 an de prison, 9 ans de forteresse et à 10 260 marks de frais de justice. Mis en liberté le 20 décembre 1896, un an avant l'expiration de sa peine, il est mort le 22 mars 1905. Le Musée de Strasbourg contient son portrait dû au peintre Alsacien Beyer. On trouve de nombreux détails sur la vie de Charles Appell dans les Journaux suivants:

Journal d'Alsace-Lorraine, Strasbourg, 23 et 25 mars 1905; 27 mars 1905, petite édition du Lundi (avec un portrait),

Strassburger Bürger-Zeitung, 23 mars 1905.

Le Messager d'Alsace, Paris, 60, rue de La Rochefoucauld, 25 mars 1905 (avec un portrait), 1er avril, 8 avril (avec un portrait), 15 avril 1905 (avec l'Arrêt de la Haute-Cour de Leipzig).

Le Temps, Paris, 24 mars 1905.

L'Écho de Paris, Paris, 27 mars 1905.

2 Traité des Fonctions elliptiques et de leurs Applications, par G.-H. Halphen, Paris G.-V., 1re P., 1886, gr. in-8, p. 468-483.


GRADES. FONCTIONS. TITRES HONORIFIQUES. PRIX. DÉCORATIONS.

Paul-Émile APPELL,

Né à Strasbourg (Bas-Rhin, France) le 27 septembre 1855.

Élève au Collège Saint-Arbogast, à Strasbourg, de 1864-1868.

Élève au petit Séminaire de Strasbourg, pendant l'année scolaire 1868-1869.

Élève au Lycée de Strasbourg, pendant l'année scolaire 1869-1870.

Élève en Mathématiques spéciales au Lycée de Nancy, pendant l'année scolaire 1872-1873.

Bachelier ès Lettres, reçu à Nancy, le 9 novembre 1871.

Bachelier ès Sciences, reçu à Nancy, le 14 novembre 1871.

Admis le second à l'École Normale supérieure, Section des Sciences, le 11 août 1873 et le troisième à l'École Polytechnique, le 14 octobre 1873.

Élève à l'École Normale supérieure, Section des Sciences, pendant la période triennale d'octobre 1873 à août 1876.

Licencié ès Sciences mathématiques, reçu le 8 juillet 1875.

Licencié ès Sciences physiques, reçu le 25 juillet 1875.

Docteur ès Sciences mathématiques de la Faculté des Sciences de Paris, reçu le 20 juin 1876.

Agrégé des Sciences mathématiques, reçu le premier le 8 septembre 1876.

Chargé des fonctions de répétiteur d'Analyse et de Mécanique à l'École pratique des Hautes-Études, Section des Sciences mathématiques, le 14 septembre 1876.

Maître de Conférences de Mathématiques à la Faculté des Sciences de Paris, du 1er mars 1878 à la fin de l'année scolaire 1878-1879.

Chargé du Cours de Mécanique rationnelle et appliquée à la Faculté des Sciences de Dijon, du 11 novembre 1879 au 25 octobre 1881.

Suppléant de M. Briot à l'École Normale supérieure pour les Conférences de Mécanique et d'Astronomie pendant l'année scolaire 1881-1882.

Chargé, à la Faculté des Sciences de Paris, de Conférences préparatoires à l'Agrégation des Sciences mathématiques, du 16 décembre 1881 au 15 mars 1883.

Maître de Conférences de Mécanique et d'Astronomie à l'École Normale supérieure, nommé le 17 octobre 1882.

Suppléant de M. V. Puiseux à la Faculté des Sciences de Paris pour le Cours d'Astronomie mathématique et de Mécanique céleste, pendant le second semestre de l'année scolaire 1882-1883.

Autorisé à se faire suppléer par M. E. Picard à l'École Normale supérieure, pour les Conférences de Mécanique et d'Astronomie, du 25 février 1883 au 30 novembre 1885.

Chargé du Cours de Mécanique rationnelle à la Faculté des Sciences de Paris, le 10 novembre 1883.

Professeur de Mécanique rationnelle à la Faculté des Sciences de Paris, depuis le 23 novembre 1885.

M. P. Appell, professeur de Mécanique rationnelle à la Sorbonne, et M. P. Painlevé, professeur de Mathématiques générales à la Sorbonne, ont été autorisés à échanger leur enseignement du 19 octobre 1903 au 1er novembre 1910.

Membre de la Commission de patronage de l'École pratique des Hautes-Études, Section des Sciences mathématiques, depuis le 16 janvier 1901.

Doyen de la Faculté des Sciences de l'Université de Paris, depuis le 1er avril 1903.

Membre du Conseil académique de Paris et du Conseil de l'Université de Paris, au titre de Doyen de la Faculté des Sciences, depuis le 1er avril 1903.

Membre du Conseil supérieur de l'Instruction publique, délégué par les Facultés des Sciences, depuis le 31 mai 1904. Membre de la Section permanente de ce Conseil depuis le 21 juin 1904.

Chargé de Conférences de Mathématiques à l'École Normale supérieure d'Enseignement secondaire pour les Jeunes Filles, à Sèvres, depuis le 13 novembre 1884.

Répétiteur de Mécanique à l'École Polytechnique, nommé auxiliaire le 1er décembre 1890, nommé adjoint le 30 mai 1895. Démissionnaire le 31 janvier 1909.

Examinateur d'Admission à l'École Centrale des Arts et Manufactures, session de 1894.

Professeur d'Analyse mathématique à l'École Centrale des Arts et Manufactures, depuis le 1er novembre 1895.

Président du Jury d'Agrégation des Sciences mathématiques de 1894 à 1903.

Président du Jury d'Agrégation de Mathématiques de l'Enseignement secondaire des Jeunes Filles, depuis 1904.

Membre de l'Académie des Sciences (Institut national de France), à Paris, élu, dans la Section de Géométrie, le 7 novembre 1892.

Membre étranger de l'Académie royale des Lincei, à Rome, élu le 17 juillet 1904.

Membre de la Société Philomathique de Paris, élu le 9 mars 1878. Membre correspondant du 11 novembre 1879 au 31 décembre 1898.

Membre associé de l'Académie de Stanislas, à Nancy, élu le 22 janvier 1904.

Docteur honoris causâ en Mathématiques de l'Université royale Frédéricienne de Christiania, élu le 6 septembre 1902.

Au Ministère de l'Instruction publique:

Membre du Comité des Travaux historiques et scientifiques, nommé le 7 mars 1893.

Membre du Comité consultatif des Sciences, depuis le 1er mai 1903.

Membre de la Commission relative au Baccalauréat de l'Enseignement secondaire, nommé le 6 juillet 1904.

Membre du Conseil des Observatoires de province, depuis sa création le 15 février 1907.

Membre de la Commission chargée d'élaborer un projet de statut pour le personnel auxiliaire (chef des travaux et préparateurs) et le personnel subalterne (mécaniciens et garçons) des Facultés, nommé 15 mars 1910.

A l'Université de Paris:

Membre du Conseil de l'Observatoire de Nice, depuis le 1er avril 1903.

Vice-Président du Conseil de perfectionnement de l'Institut aérotechnique, depuis mars 1910.

Membre de la Commission des Inventions intéressant les Armées de terre et de mer, au Ministère de la Guerre, nommé le 14 juin 1894.

Membre de la Commission d'Aéronautique, à l'Académie des Sciences, élu le 27 octobre 1902.

Membre du Conseil de perfectionnement de l'École Polytechnique, délégué du Ministère de l'Instruction publique, le 1er novembre 1907.

Membre du Comité de rédaction des Annales scientifiques de l'École Normale supérieure, depuis janvier 1882.

Directeur de la Section de Mécanique dans l'Édition Française de l'Encyclopédie des Sciences mathématiques pures et appliquées, depuis 1904.

Président de la Société mathématique de France, en 1885.

Membre du Conseil d'Administration de l'Association amicale de Secours des anciens Élèves de l'École Normale supérieure, élu le 11 janvier 1891. Vice-Président de ce Conseil de 1900 à 1906. Président de ce Conseil de 1906 à 1908. Administrateur Honoraire depuis 1908.

Vice-Président du Congrès des Mathématiciens, tenu à Paris du 6 au 12 août 1900.

Vice-Président de la Société astronomique de France, à Paris, du 5 avril 1905 au 1er avril 1908.

Président de l'Association Française pour l'Avancement des Sciences et du Conseil d'Administration, du 6 août 1907 au 8 août 1908. Élu Vice-Président le 7 août 1906. Élu Membre de la Commission permanente de Publication le 8 août 1908.

Président du Comité de direction du Groupement des Universités et Grandes Écoles de France pour les Rapports avec l'Amérique latine, depuis janvier 1907.

Président d'honneur de la Section Française de la Commission internationale de l'Enseignement mathématique, élu le 1er mars 1909.

Vice-Président du Comité de direction de l'Office national des Universités et Écoles Françaises, élu le 15 juillet 1910.

Membre honoraire de la Société mathématique de Kharkow, élu le 12 octobre 1903 (v. s.).

Membre honoraire de la Société de Littérature et de Philosophie de Manchester, élu le 17 avril 1894.

Membre honoraire de la Société mathématique de Calcutta, élu le 28 janvier 1910.

Médaille d'Or dans le Concours international institué par S. M. le Roi de Suède et de Norvège Oscar II, à l'occasion du 60e anniversaire de sa naissance, décernée le 21 janvier 1889.

Décerné par l'Académie des Sciences de l'Institut national de France:

Prix Bordin (Géométrie), le 21 décembre 1885.

Prix Poncelet, le 26 décembre 1887.

Prix Petit d'Ormoy, le 30 décembre 1889.

Officier d'Académie, nommé le 23 avril 1881.

Officier de l'Instruction publique, nommé le 30 décembre 1886.

Chevalier de la Légion d'honneur, nommé le 4 mars 1889.

Officier de la Légion d'honneur, promu le 31 décembre 1895.

Commandeur de la Légion d'honneur, promu le 30 novembre 1904.

Chevalier de l'Étoile Polaire de Suède, nommé le 12 avril 1884.


SECTION II.

ANALYSE MATHÉMATIQUE.

Rapport de M. CHARLES HERMITE sur le Mémoire présenté par M. PAUL APPELL au Concours ouvert par S. M. le Roi de Suède et de Norvège OSCAR II, et récompensé d'une Médaille d'Or le 21 janvier 1889.

Les expressions des fonctions elliptiques par des séries simples de sinus et de cosinus, telles que les donne la formule de Fourier, ont, à bien des points de vue, une grande importance en Analyse. Elles ont été employées avec succès et jouent un rôle important dans beaucoup d'applications du calcul à la Physique et à l'Astronomie. Elles ont conduit Jacobi aux formules si remarquables du § 40 des Fundamenta, où le grand géomètre, allant au delà des propositions connues de l'Arithmétique, obtient le nombre de décompositions d'un entier quelconque en 2, 4, 6 et 8 carrés, exprimé au moyen des diviseurs de ce nombre. D'autres résultats, d'une nature plus cachée, sur le nombre des classes de formes quadratiques de déterminants négatifs, devaient encore découler de la même source analytique et mettre dans tout son jour l'étroite correspondance des identités de la théorie des fonctions elliptiques avec la théorie des nombres. Nous les rappelons succinctement pour faire comprendre quelles espérances on avait dû concevoir de la découverte mémorable de Göpel et Rosenhain, lorsqu'on eut, sous une forme entièrement semblable à celle des fonctions elliptiques, les fonctions quadruplement périodiques de deux variables, inverses des intégrales hyperelliptiques de première classe. Assurément il était possible de joindre aux expressions de ces nouvelles transcendantes, par des quotients de fonctions Θ, des développements en séries simples de sinus et de cosinus; mais la détermination effective des coefficients présente les plus grandes difficultés et n'a pu jusqu'à présent être abordée. Elle est le principal objet du Mémoire dont nous allons analyser les méthodes et les résultats.

I. La solution donnée par Jacobi du problème de la rotation d'un corps solide autour d'un point fixe, lorsqu'il n'y a pas de forces accélératrices, a été l'origine d'une notion analytique importante. Les expressions de l'illustre auteur présentent, en effet, dans le cas le plus simple, l'exemple de fonctions qui se reproduisent multipliées par des constantes lorsqu'on augmente la variable de l'une ou l'autre des périodes. On a reconnu qu'elles constituent un nouveau genre de fonctions, plus générales que les fonctions doublement périodiques, dont le rôle comme élément analytique propre se montre dans beaucoup de questions importantes. Elles s'offrent, en particulier, dans la rotation d'un corps grave de révolution suspendu par un point de son axe, dans la recherche de la figure de l'élastique gauche, dans le mouvement d'un corps solide dans un liquide indéfini, lorsqu'il n'y a pas de forces accélératrices, etc. Enfin elles donnent une méthode régulière, d'une application facile, pour effectuer l'intégration des équations différentielles linéaires d'ordre quelconque, à coefficients doublement périodiques, dans tous les cas où la solution est une fonction uniforme. Sous un autre point de vue, ces transcendantes peuvent encore être considérées comme provenant de l'intégrale elliptique la plus générale qui aura été mise en exponentielle, en y remplaçant la variable par un sinus d'amplitude. On peut aussi ne pas faire ce changement et conserver l'intégrale qui, suivant le contour décrit par la variable, est susceptible d'une infinité de déterminations. Ces valeurs multiples s'obtenant par l'addition de constantes, les expressions dont nous parlons auront la propriété de se reproduire, multipliées par des facteurs constants, lorsqu'on fait décrire certains chemins à la variable. Qu'au lieu de considérer la variable sur un plan unique on recoure à la conception de Riemann, de manière à remplacer, par une fonction à sens unique, affectée de coupures, une expression à déterminations multiples, on parvient à une quantité dont les valeurs, lorsqu'on passe d'un bord à l'autre de la coupure, se reproduisent multipliées par une constante. Nous nous trouvons ainsi amenés à l'idée fondamentale de l'auteur, à la notion analytique des nouvelles transcendantes, auxquelles il donne la dénomination de fonctions à multiplicateurs et dont il établit les propriétés; voici succinctement les résultats auxquels il est parvenu.

II. Son point de départ est dans la considération d'une équation algébrique de genre p, et de la surface correspondante de Riemann, rendue simplement connexe au moyen de coupures; ce sont les éléments qui lui permettent de définir d'une manière complète et précise les fonctions à multiplicateurs, d'après les conditions suivantes. Elles seront uniformes sur la surface, elles ne présenteront aucune autre singularité que des pôles, et elles prendront aux deux bords infiniment voisins d'une coupure des valeurs qui ne diffèrent que par des multiplicateurs constants. Ceci posé, voici un premier résultat d'une grande importance: toutes les fonctions qui satisfont aux conditions posées, leurs multiplicateurs étant des constantes données d'avance, peuvent s'exprimer au moyen des intégrales normales de troisième espèce qui sont attachées à l'équation algébrique. Viennent ensuite plusieurs théorèmes; le suivant qui est une généralisation de la proposition célèbre d'Abel, sur les intégrales de différentielles algébriques, mérite une attention particulière. Il consiste en ce que la somme des valeurs que prend une intégrale abélienne de première espèce, aux zéros d'une fonction à multiplicateurs, est égale à la somme des valeurs qui correspondent aux infinis de la même fonction, augmentée d'une constante dépendant uniquement des multiplicateurs. Après avoir déduit de là d'importantes conséquences sur le nombre des constantes arbitraires d'une fonction qui a des multiplicateurs et des pôles donnés, l'auteur démontre qu'il existe en général p-1 relations entre les pôles et les résidus d'une fonction à multiplicateurs, et p dans un cas spécial, comprenant en particulier celui des fonctions algébriques. Ce cas spécial intéressant tient à l'existence d'une fonction sans zéros, ni infinis, et qui admet les multiplicateurs donnés.

III. Les intégrales de fonctions à multiplicateurs font ensuite le sujet d'une étude approfondie. L'auteur obtient, à leur égard, un ensemble de propositions qui correspondent exactement aux théorèmes célèbres de Riemann sur les intégrales abéliennes. Nous indiquerons, comme exemples, leur classification en intégrales de première espèce qui sont toujours finies, en intégrales de deuxième espèce n'ayant que des pôles, et en intégrales de troisième espèce où s'offrent des infinis logarithmiques. Nous citerons encore cette importante proposition, qu'en général il existe p-1 intégrales de première espèce, linéairement indépendantes, et p dans le cas particulier dont il a été question précédemment. Les modules de périodicité de ces intégrales, le long des coupures, sont liés aux multiplicateurs par des relations qui deviennent identiques lorsque les multiplicateurs se réduisent à l'unité et que les intégrales deviennent abéliennes. Entre les modules de périodicité de deux intégrales de première espèce, à multiplicateurs inverses, existe une équation qui coïncide, dans le cas particulier des multiplicateurs égaux à l'unité, avec la relation d'une importance capitale découverte par Riemann, entre les modules de périodicité de deux intégrales abéliennes de première espèce. Enfin l'auteur forme les intégrales normales de fonctions à multiplicateurs de deuxième et de troisième espèce; il établit des relations entre les modules de périodicité de ces intégrales et leurs multiplicateurs, puis d'autres entre ces modules et ceux d'une intégrale de première espèce aux multiplicateurs inverses. L'ensemble de ces résultats rend manifeste l'analogie de la nouvelle théorie avec celle des intégrales abéliennes; la différence de nature analytique entre les deux genres de quantités apparaît toutefois dans cette circonstance, qu'il existe une intégrale de troisième espèce, avec un seul infini logarithmique, tandis qu'une intégrale abélienne de troisième espèce possède au moins deux infinis de cette nature. En dernier lieu, nous signalerons, dans la théorie des intégrales de deuxième espèce, ce théorème d'un grand intérêt, que toute fonction à multiplicateurs s'exprime par une somme d'intégrales de seconde espèce, ayant les mêmes multiplicateurs et devenant chacune infinie en un seul point. C'est, comme on le voit, la généralisation de la belle formule de Riemann-Roch, qui représente une fonction algébrique quelconque par une somme d'intégrales abéliennes de deuxième espèce.

IV. Nous venons d'indiquer rapidement les points les plus essentiels de la théorie des fonctions à multiplicateurs. Nous avons montré qu'elle a pour première origine les fonctions algébriques, leurs propriétés et celles de leurs intégrales, telles que Riemann les a fait connaître; nous avons montré qu'elles constituent par l'ensemble de leurs caractères de nouveaux éléments analytiques où l'on retrouve, dans un sens beaucoup plus général, toutes les propriétés des fonctions doublement périodiques de deuxième espèce. Il nous faut maintenant revenir à la question principale que l'auteur a eue en vue en entreprenant ces belles et profondes recherches où il a montré le plus remarquable talent d'invention. Son but était d'obtenir les intégrales définies réelles qui représentent les coefficients des développements, par la formule de Fourier, des fonctions elliptiques et des fonctions abéliennes de deux variables à quatre paires de périodes simultanées. Un changement de variables le conduit d'abord à des fonctions à multiplicateurs, et, pour le cas des sinus d'amplitude qu'il traite en premier lieu, ses principes généraux lui permettent d'obtenir les coefficients du développement avec autant de simplicité que d'élégance. En appliquant ensuite la même méthode aux transcendantes de Göpel et de Rosenhain, il trouve les coefficients sous la forme d'une fonction rationnelle des constantes p, q, r qui figurent dans les fonctions Θ à deux variables, multipliée par une intégrale définie où entrent deux entiers indéterminés. C'est, pour la théorie des fonctions abéliennes, un résultat du plus haut intérêt: il donne la solution d'une question restée jusqu'ici inabordable, sous une forme qui permettra d'en poursuivre les conséquences; il ouvre la voie pour l'étude approfondie des développements par la formule de Fourier, des fonctions abéliennes, et obtenir pour ces fonctions des développements procédant suivant les puissances des trois quantités p, q, r. On peut donc attendre de voir ainsi se combler une grande lacune dans la théorie de ces transcendantes; on peut donc espérer de voir se rétablir, autant que le comporte la nature des choses, l'analogie avec les fonctions elliptiques, dans ce point d'une importance capitale où elles se lient aux propriétés des nombres. Pressé par la date fixée pour le terme du concours, l'auteur a dû ajourner ces recherches qui auraient pu devenir le couronnement de son beau et savant Mémoire. Mais il a grandement accompli sa tâche en posant les fondements d'une théorie qui ajoute au domaine de l'Analyse un nouveau genre de fonctions, dont il a encore indiqué une autre application importante à l'intégration des équations linéaires d'ordre quelconque à coefficients algébriques.

Nous pensons, en résumé, que le travail dont nous venons de faire l'exposé est l'œuvre d'un géomètre de premier ordre, et qu'il sera placé au nombre des plus importantes productions mathématiques qui aient appelé dans ces dernières années l'attention des analystes.

Paris, 10 Janvier 1889.

AM, t. 13, 1890, p. VII-XII.

Voir la Lettre de M. G. Mittag-Leffler: C R, t. 108, 25 fév. 1889, p. 387.


OUVRAGES.

1. Notice sur les Travaux scientifiques de M. PAUL APPELL,

Rédigée par lui-même à l'appui de sa candidature comme membre de l'Académie des Sciences, dans la Section de Géométrie.

Paris, G.-V., in-4: 1re éd., 1884, 39 p.; 2e éd., 1889, 83 p.; 3e éd. 1892, in-4, 112 p.

2. Théorie des Fonctions algébriques et de leurs Intégrales, par PAUL APPELL et ÉDOUARD GOURSAT.

Étude des Fonctions analytiques sur une surface de Riemann.

Paris, G.-V., 1895, gr. in-8, x-530 p.

Préface de Ch. Hermite: p. a g.

Présentation par M. P. Appell à l'Académie des Sciences: C R, t. 120, 18 fév. 1895, p. 362-363.

Analyse par G. Koenigs: RO, t. 4, 15 fév. 1893, p. 173-174.

Analyse par R. Le Vavasseur: B S M, 2e s., t. 18, 1re p., nov. 1894, p. 242-277.

Analyse par P. Staeckel: J F M, Bd. 26, J. 1895, S. 416-425.

Analyse par Robert Fricke: Z M P, 41. J., 1896, Abt., S. 94-100.

Analyse par Ed. Weyr: C M F, R. 26, 1897, p. 241-246.

Analyse par C. Juel: N T M, Afd. B., 8 aa., 1897, p. 91-93.

3. Principes de la Théorie des Fonctions elliptiques et Applications, par P. APPELL et É. LACOUR.

Paris, G.-V., 1897, gr. in-8, IX-421 p.

Présentation par M. P. Appell des fasc. I et II à l'Académie des Sciences: C R, t. 122, 29 juin 1896, p. 1523-1524;—t. 123, 30 novembre 1896, p. 932.

Analyse par J. Tannery: B S M, 2e s., t. 21, 1re p., fév. 1897, p. 50-55.

Analyse par P. Staeckel: J F M, Bd. 28, J. 1897, S. 382-383.

Analyse: M M P, 8. J., 1897, Lit., S. 17-19.

Analyse par Koygowski: W M, t. 1, 1897, p. 118-119.

Analyse par Robert Fricke: Z M P, 43. Bd., 1898, Abt., S. 140-143.

4. Éléments d'Analyse mathématique,

A l'usage des Ingénieurs et des Physiciens.

Cours professé à l'École Centrale des Arts et Manufactures.

Paris, G. C. et C. N., 10 août 1898, gr. in-8, VI-720 p.;—G.-V., 2e éd., 1905, gr. in-8, VII-714 p.

Analyse par A. G. Greenhill: E M, 1re a., 15 janv. 1899, p. 66-72.

Analyse par Gomes Teixeira: J S T, v. 13, 1897, p. 167-169.

Analyse par P. Mansion: R Q S, 2e s., t. 15, avr. 1899, p. 596-603.

Analyse par C. Bourlet: B S M, 2e s., 1er p., t. 23, juin 1899, p. 136-139,—t. 29, avr. 1905, p. 96.

Analyse: M M P, 10. J., 1899, Lit., S. 32-33.

Analyse par S. Dickstein: W M, t. 3, 1899, p. 65-67.

Analyse par M. Cantor: Z M P, 44. Bd., 1899, Abt., 5 u. 6 Ht., S. 153-155.

Analyse par P. H. Schoute: N A W, T. R., D. 4, 1900, p. 158-160.

Analyse par H. Liebmann: A M P G, d. R., 12. Bd., 1907, S. 81-82.


MÉMOIRES. NOTES.

Analyse pure:

1º Fonctions d'un point analytique.

1. Sur les intégrales de fonctions à multiplicateurs et leur application au développement des fonctions abéliennes en séries trigonométriques.

Ce Mémoire a obtenu, le 21 janvier 1889, la Médaille d'Or accordée par S. M. le Roi de Suède et de Norvège, Oscar II, à l'occasion du 60e anniversaire de sa naissance.

A M, t. 13, 1890, 174 p.

Rapport de Ch. Hermite: A M, t. 13, 1890, p. VII-XII.

Analyse par Hurwitz: J F M, Bd. 22, J. 1890, S. 412-418.

2. 3. Sur les fonctions uniformes d'un point analytique (x, y).

C R, t. 94, 13 mars 1882, p. 700-703.

A M, t. 1, 1882-1883, 2 sept. 1882, p. 109-131, 132-144.

Analyse par J. Tannery: B S M, 2e s., t. 8, 2e p., août 1884, p. 138-142.

4. Théorèmes sur les fonctions d'un point analytique.

C R, t. 95, 9 oct. 1882, p. 624-626.

5. Sur une classe de fonctions dont les logarithmes sont des sommes d'intégrales abéliennes de première et de troisième espèce.

C R, t. 92, 18 avr. 1881, p. 960-962.

6. Relations entre les résidus d'une fonction d'un point analytique (x, y) qui se reproduit, multipliée par une constante, quand le point (x, y) décrit un cycle.

C R, t. 95, 23 oct. 1882, p. 914-919.

7. Généralisation des fonctions doublement périodiques de seconde espèce.

J L, 3e s., t. 9, janv. 1883, p. 5-24.

Analyse: B S M, 2e s., t. 9, 2e p., janv. 1885, p. 20-21.

Analyse par Hamburger: J F M, Bd. 15, J. 1883, S. 412-413.

2º Séries. Intégrales définies. Généralités sur les fonctions d' une variable.

8. Sur certaines séries ordonnées par rapport aux puissances d'une variable.

M. P. Appell donne des exemples de cas où l'on peut reconnaître l'existence d'un pôle ou d'un point critique pour une fonction définie par une série entière, et déterminer la partie principale.

C R, t. 87, 28 oct. 1878, p. 689-692.

9. Évaluation d'une intégrale définie.

Les intégrales évaluées par M. P. Appell dans cette Note portent sur des fonctions hypergéométriques; elles comprennent, en particulier, la réduction de l'intégrale eulérienne de première espèce B(p, q) aux fonctions Γ, et les formules relatives aux polynomes qui naissent de la série hypergéométrique et qui ont été considérés par Jacobi.

C R, t. 87, 2 déc. 1878, p. 874-876.

10. Sur la série hypergéométrique et les polynomes de Jacobi.

M. P. Appell indique quelques applications de l'intégrale définie dont il a donné l'expression dans la Note nº 9.

C R, t. 89, 7 juil. 1879, p. 31-38.

11. Sur les séries divergentes à termes positifs.

M. P. Appell donne divers théorèmes sur les séries divergentes numériques et sur les séries ordonnées par rapport aux puissances d'une variable, généralisant ceux de la Note nº 8.

A M P G, 64. Teil, 16 sept. 1879, S. 387-392.

12. Développement en série entière de (1 + ax)1∕x.

A M P G, 65. Teil, 6 janv. 1880, S. 171-175.

Analyse par Hoppe: J F M, Bd. 12, J. 1880, S. 191-192.

13. Développement en séries trigonométriques des polynomes de M. Léauté.

N A M, 3e s., t. 16, juin 1897, p. 265-268.

14. Sur une classe de polynomes.

M. P. Appell étudie des polynomes Pn(x) de degré n tels que

dPn=nPn−1.
dx

Ces polynomes forment une classe spéciale comprenant les polynomes que Ch. Hermite a déduits de la différentiation de ex2 et les polynomes introduits par M. Léauté pour le développement d'une fonction dont on connaît les valeurs moyennes des dérivées dans un intervalle. M. Appell définit en même temps une opération fonctionnelle qui consiste à former le polynome (PQ)n obtenu en remplaçant, dans Pn, chaque puissance xk par un polynome Qk (x). Ces polynomes ont été rencontrés par M. Pincherle dans diverses recherches (A M B, s. 2, t. 12, 1888, p. 126).

A S E N, 2e s., t. 9, avr. 1880, p. 119-144.

Analyse par Hamburger: J F M, Bd. 12, J. 1880, S. 342-345.

Analyse: B S M, 2e s., t. 6, 2e p., janv. 1882, p. 6-9.

15. 16. Développements en série d'une fonction holomorphe dans une aire limitée par des arcs de cercle.

C R, t. 94, 1er mai 1882, p. 1238-1240.

M A, Bd. 21, 1883, 23 sept. 1882, S. 118-124.

Analyse par Hamburger: J F M, Bd. 15, J. 1883, S. 324-325.

17. Développements en série dans une aire limitée par des arcs de cercle.

A M, t. 1, 1882-1883, p. 145-152.

18. Sur certains développements en série de puissances.

M. P. Appell présente des remarques se rapportant aux Notes nos 16 et 17, sur le degré d'indétermination des coefficients.

B S M F, t. 11, 1882-1883, 18 fév. 1883, p. 65-71.

19. Définition d'une opération sur les fonctions.

Cette Note contient la définition d'une opération itérative d'ordre fractionnaire.

B S P, 7e s., t. 3, 1878-1879, 12 avr. 1879, p. 166.

3º Fonctions périodiques et doublement périodiques d'une variable. Périodicité générale.

20. Sur une méthode élémentaire pour obtenir les développements en série trigonométrique des fonctions elliptiques.

B S M F, t. 13, 1884-1885, 6 déc. 1884, p. 13-18.

Remarques de M. H. Poincaré: B S M F, t. 13, 1884-1885, 20 déc. 1884, p. 19-27.

Analyse: B S M, 2e s., t. 10, 2e p., juin 1886, p. 140-141, 141-142.

21. Sur un problème d'interpolation relatif aux fonctions elliptiques.

B S M, 2e s., t. 10, 1re p., mai 1886, p. 109-114.

22. Sur les fonctions elliptiques.

M. P. Appell définit les fonctions elliptiques in abstracto et expose leur réduction aux fonctions Θ. Cette méthode peut être étendue aux fonctions de deux variables (Voir nos 51 et 52, p. 28).

C R, t. 110, 6 janv. 1890, p. 32-34.

23. Sur une expression nouvelle des fonctions elliptiques par le quotient de deux séries.

A J M, v. 14, nº 1, 1892, p. 9-14.

Analyse par J. Hadamard: R O, t. 3, 30 nov. 1892, p. 796.

Analyse par Staeckel: J F M, Bd. 23, J. 1891, S. 476.

24. Décomposition en éléments simples des fonctions doublement périodiques de troisième espèce.

C R, t. 97, 17 déc. 1883, p. 1419-1422.

25 à 27. Sur les fonctions doublement périodiques de troisième espèce.

Dans le Mémoire nº 25, M. P. Appell étudie la décomposition en éléments simples des fonctions doublement périodiques de troisième espèce, et présente des remarques sur certaines fonctions d'un point analytique (x, y). Les principaux résultats qu'il démontre se trouvent indiqués dans la Note nº 26.

Le Mémoire nº 27 fait suite aux Mémoires nos 25 et 28.

Voir Notice sur M. Paul Appell, p. 5.

A S E N, 3e s., t. 1, avril, mai 1884, p. 135-164.

C R, t. 101, 28 déc. 1885, p. 1478-1480.

A S E N, 3e s., t. 3, janv., fév. 1886, p. 9-42.

Analyse du Mémoire nº 25: B S M, 2e s., t. 9, 2e p., août 1885, p. 154-158.

Analyse par F. Müller de la Note nº 26: J F M, Bd. 17, J. 1885, S. 409-410.

Analyse du Mémoire nº 27: B S M, 2e s., t. 12, 2e p., fév. 1888, p. 18-19.

28. Développements en séries des fonctions doublement périodiques de troisième espèce.

A S E N, 3e s., t. 2, janv. 1885, p. 9-36.

Analyse par F. Müller: J F M, Bd. 17, J. 1885, S. 409-410.

29. Application du théorème de M. Mittag-Leffler aux fonctions doublement périodiques de troisième espèce.

Dans ce Mémoire, M. P. Appell donne, du théorème de M. Mittag-Leffler, une application dans laquelle les degrés des polynomes qu'on retranche de la partie principale croissent indéfiniment.

A S E N, 3e s., t. 2, févr., mars 1885, p. 67-74.

Analyse par Hurwitz: J F M, Bd. 17, J. 1885, S. 381-383.

30. Quelques exemples de séries doublement périodiques.

N A M, 3e s., t. 15, mars 1896, p. 126-129.

31. Formation d'une fonction F(x) possédant la propriété F[φ(x)] = F(x).

M. P. Appell généralise le mode de représentation analytique des fonctions périodiques et applique à plusieurs exemples la formule qu'il a obtenue.

C R, t. 88, 21 avr. 1879, p. 807-810.

32. Sur les fonctions telles que

F (sin π x) = (Fx).
2

M. P. Appell applique la méthode qu'il a exposée dans la Note nº 31, en lui faisant subir quelques légères modifications pour simplifier le calcul.

C R, t. 88, 19 mai 1879, p. 1022-1024.

33. Sur quelques applications de la fonction Γ(x) et d'une autre fonction transcendante.

C R, t. 86, 15 avr. 1878, p. 953-956.

34. Sur une classe de fonctions analogues aux fonctions eulériennes étudiées par M. Heine.

C R, t. 89, 17 nov. 1879, p. 841-844.

Analyse par F. Müller: J F M, Bd. 11, J. 1879, S. 501-503.

35. Sur une classe de fonctions qui se rattachent aux fonctions de M. Heine.

C R, t. 89, 15 déc. 1879, p. 1031-1032.

36. Sur une classe de fonctions analogues aux fonctions eulériennes.

Dans ce Mémoire, M. P. Appell développe les considérations qu'il a présentées dans les Notes nos 33 à 35. Il étudie en particulier des relations fonctionnelles, renfermant des fonctions Θ, ou des fonctions elliptiques, dans lesquelles interviennent trois périodes.

M A, Bd. 19, 1882, août 1881, S. 84-102.

37. Sur les fonctions uniformes doublement périodiques à points singuliers essentiels.