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Physiologie du goût

Chapter 48: ENVOI
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About This Book

A collection of lucid meditations and essays that treat taste and dining as subjects of physiology, philosophy, and social observation. It combines sensory theory, practical notes on digestion and cookery, classifications of foods and sauces, and witty aphorisms to argue for cultivated appreciation and moderation rather than mere excess. Short reflections and anecdotes move between technical guidance, etiquette for convivial meals, and commentary on how senses, habits, and culture shape culinary judgment, aiming to instruct readers in both the art and the science of gastronomic enjoyment.



XXIII.

Bonheur en voyage.

J'étais un jour monté sur mon cheval la Joie, et je parcourais les coteaux riants du Jura.

C'était dans les plus mauvais jours de la révolution; et j'allais à Dôle, auprès du représentant Prôt, pour en obtenir un sauf-conduit qui devait m'empêcher d'aller en prison, et probablement ensuite à l'échafaud.

En arrivant, vers onze heures du matin, à une auberge du petit bourg ou village de Mont-sous-Vaudrey, je fis d'abord bien soigner ma monture; et de là, passant à la cuisine, j'y fus frappé d'un spectacle qu'aucun voyageur n'eût pu voir sans plaisir.

Devant un feu vif et brillant tournait une broche admirablement garnie de cailles, rois de cailles, et de ces petits râles à pied verts qui sont toujours si gras. Ce gibier de choix rendait ses dernières gouttes sur une immense rôtie, dont la facture annonçait la main d'un chasseur; et tout auprès, on voyait déjà cuit un de ces levrauts à côtes rondes, que les Parisiens ne connaissent pas, et dont le fumet embaumerait une église.

«Bon! dis-je en moi-même, ranimé par cette vue, la Providence ne m'abandonne pas tout-à-fait. Cueillons encore cette fleur en passant; il sera toujours temps de mourir.»

Alors, en m'adressant à l'hôte qui, pendant cet examen sifflait, les mains derrière le dos, en promenant dans la cuisine sa statue de géant, je lui dis: «Mon cher, qu'allez-vous me donner de bon pour mon dîner?--Rien que de bon, monsieur; bon bouilli, bonne soupe aux pommes de terre, bonne épaule de mouton et bons haricots.»

À cette réponse inattendue, un frisson de désappointement parcourut tout mon corps; on sait que je ne mange point de bouilli, parce que c'est de la viande moins son jus; les pommes de terre et les haricots sont obésigènes; je ne me sentais pas des dents d'acier pour déchirer l'éclanche; ce menu était fait exprès pour me désoler, et tous mes maux retombèrent sur moi.

L'hôte me régalait d'un air sournois, et avait l'air de deviner la cause de mon désappointement... «Et pour qui réservez-vous donc tout ce joli gibier? lui dis-je d'un air tout-à-fait contrarié.--Hélas! monsieur, répondit-il d'un ton sympathique, je ne puis en disposer; tout cela appartient à des messieurs de justice qui sont ici depuis dix jours, pour une expertise qui intéresse une dame fort riche; ils ont fini hier et se régalent pour célébrer cet événement heureux; c'est ce que nous appelons ici faire la révolte.--Monsieur, répliquai-je après avoir musé quelques instants, faites-moi le plaisir de dire à ces messieurs qu'un homme de bonne compagnie demande, comme une faveur, d'être admis à dîner avec eux, qu'il prendra sa part de la dépense, et qu'il leur en aura surtout une extrême obligation.» Je dis, il partit, et ne revint plus.

Mais, peu après, je vis entrer un petit homme gras, frais, joufflu, trapu, guilleret, qui vint rôder dans la cuisine, déplaça quelques meubles, leva le couvercle d'une casserole et disparut.

«Bon, dis-je en moi-même, voilà le frère tuileur qui vient me reconnaître!» Et je commençai à espérer, car l'expérience m'avait déjà appris que mon extérieur n'est pas repoussant.

Le coeur ne m'en battit pas moins comme à un candidat sur la fin du dépouillement du scrutin, quand l'hôte reparut et vint m'annoncer que ces messieurs étaient très flattés de ma proposition, et n'attendaient que moi pour se mettre à table.

Je partis en entrechats; je reçus l'accueil le plus flatteur, et au bout de quelques minutes j'avais pris racine.

Quel bon dîner!!! Je n'en ferai pas le détail; mais je dois une mention honorable à une fricassée de poulets de haute facture, telle qu'on n'en trouve qu'en province, et si richement dotée de truffes, qu'il y en avait assez pour retremper le vieux Tithon.

On connaît déjà le rôt; son goût répondait à son extérieur: il était cuit à point, et la difficulté que j'avais éprouvée à m'en approcher en rehaussait encore la saveur.

Le dessert était composé d'une crème à la vanille, de fromage de choix et de fruits excellents. Nous arrosions tout cela avec un vin léger et couleur de grenat; plus tard avec du vin de l'Ermitage; plus tard encore, avec du vin de paille, également doux et généreux: le tout fut couronné par de très bon café, confectionné par le tuileur guilleret, qui eut aussi l'attention de ne nous laisser pas manquer de certaines liqueurs de Verdun, qu'il sortit d'une espèce de tabernacle dont il avait la clef.

Non seulement le dîner fut bon, mais il fut très gai.

Après avoir parlé avec circonspection des affaires du temps, ces messieurs s'attaquèrent de plaisanteries qui me mirent au fait d'une partie de leur biographie; ils parlèrent peu de l'affaire qui les avait réunis; on dit quelques bons contes, on chanta; je m'y joignis par quelques couplets inédits; j'en fis même un en impromptu, et qui fut fort applaudi suivant l'usage; le voici:

Air: du maréchal ferrant.


Qu'il est doux pour les voyageurs

De trouver d'aimables buveurs:

C'est une vraie 75 béatitude.

Entouré d'aussi bons enfants,

Ma foi je passerais céans,

Libre de toute inquiétude,

Quatre jours,

Quinze jours,

Trente jours,

Une année,

Et bénirais ma destinée.

Note 75: (retour) Il y a ici une faute que nous conservons par respect pour le texte de l'auteur, le passage qui suit le couplet fait voir d'ailleurs que nous ne faisons en cela que suivre son intention.

Si je rapporte ce couplet, ce n'est pas que je le crois excellent, j'en ai fait, grâce au ciel! de meilleurs, et j'aurais refait celui-là si j'avais voulu; mais j'ai préféré lui laisser sa tournure d'impromptu afin que le lecteur convienne que celui qui, avec un comité révolutionnaire en croupe, pouvait se jouer ainsi, celui-là, dis-je, avait bien certainement la tête et le coeur d'un Français.

Il y avait bien quatre heures que nous étions à table, et on commençait à s'occuper de la manière de finir la soirée; on allait faire une longue promenade pour aider la digestion, et en rentrant on ferait une partie de bête hombrée pour attendre le repas du soir qui se composait d'un plat de truites en réserve, et des reliefs du dîner encore très désirables.

À toutes ces propositions je fus obligé de répondre par un refus, le soleil penchant vers l'horizon m'avertissait de partir. Ces messieurs insistèrent autant que la politesse le permet, et s'arrêtèrent quand je leur assurai que je ne voyageais pas tout-à-fait pour mon plaisir.

On a déjà deviné qu'ils ne voulurent pas entendre parler de mon écot: ainsi, sans me faire de questions importunes, ils voulurent me voir monter à cheval, et nous nous séparâmes après avoir fait et reçu les adieux les plus affectueux.

Si quelqu'un de ceux qui m'accueillirent si bien existe encore, et que ce livre tombe entre ses mains, je désire qu'il sache, qu'après plus de trente ans, ce chapitre a été écrit avec la plus vive gratitude.

Un bonheur ne vient jamais seul; et mon voyage eut un succès que je n'aurais presque pas espéré.

Je trouvai, à la vérité, le représentant Prôt fortement prévenu contre moi: il me regarda d'un air sinistre; et je crus qu'il allait me faire arrêter; mais j'en fus quitte pour la peur, et après quelques éclaircissements, il me sembla que ses traits se détendaient un peu.

Je ne suis point de ceux que la peur rend cruels, et je crois que cet homme n'était pas méchant; mais il avait peu de capacité et ne savait que faire du pouvoir redoutable qui lui avait été confié: c'était un enfant armé de la massue d'Hercule.

M. Amondru, dont je retrace ici le nom avec bien du plaisir, eut véritablement quelque peine à lui faire accepter un souper où il était convenu que je me trouverais; cependant il y vint et me reçût d'une manière qui était bien loin de me satisfaire.

Je fus un peu moins mal accueilli de madame Prôt, à qui j'allai présenter mon hommage. Les circonstances où je me présentais admettaient au moins un intérêt de curiosité.

Dès les premières phrases, elle me demanda si j'aimais la musique. Oh bonheur inespéré! elle paraissait en faire ses délices, et comme je suis moi-même très bon musicien, dès ce moment nos coeurs vibrèrent à l'unisson.

Nous causâmes avant souper, et nous fîmes ce qu'on appelle une main à fond. Elle me parla des traités de composition, je les connaissais tous; elle me parla des opéras les plus à la mode, je les savais par coeur; elle me nomma les auteurs les plus connus, je les avais vus pour la plupart. Elle ne finissait pas, parce que depuis longtemps elle n'avait rencontré personne avec qui traiter ce chapitre, dont elle parlait en amateur, quoique j'aie su depuis qu'elle avait professé comme maîtresse de chant.

Après souper elle envoya chercher ses cahiers; elle chanta, je chantai, nous chantâmes; jamais je n'y mis plus de zèle, jamais je n'y eus plus de plaisir. M. Prôt avait déjà parlé plusieurs fois de se retirer qu'elle n'en avait pas tenu compte, et nous sonnions comme deux trompettes le duo de la Fausse Magie.

Vous souvient-il de cette fête.

quand il fit entendre l'ordre du départ.

Il fallut bien finir; mais au moment où nous nous quittâmes, madame Prôt me dit: «Citoyen, quand on cultive comme vous les beaux-arts, on ne trahit pas son pays. Je sais que vous demandez quelque chose à mon mari: vous l'aurez; c'est moi qui vous le promets.»

À ce discours consolant, je lui baisai la main du plus chaud de mon coeur; et effectivement dès le lendemain matin je reçus mon sauf-conduit bien signé et magnifiquement cacheté.

Ainsi fut rempli le but de mon voyage. Je revins chez moi la tête haute; et grâce à l'harmonie, cette aimable fille du Ciel, mon ascension fut retardée d'un bon nombre d'années.



XXIV.

Poétique.

Nulla placere diu, nec vivere carmina possunt,

Quae scribuntur aquæ potoribus. Ut male sanos

Adscripsit Liber Satyris Faunisque poetas,

Vina fere dulces oluerunt mane Camoenæ.

Laudibus arguitur vini vinosus Homerus;

Ennius ipsr pater nunquam, nisi potus, ad arma

Prosiluit dicenda: «Forum putealque Libonis

«Mandabo siccis; adimam cantare severis.»

Hoc simul edixit, non cessavere poetæ

Nocturno certare mero, dotare diurno,

Horat. Epirt. I,19.

Si j'avais eu assez de temps j'aurais fait un choix raisonné de poésies gastronomiques depuis les Grecs et les Latins jusqu'à nos jours, et je l'aurais divisé par époques historiques, pour montrer l'alliance intime qui a toujours existé entre l'art de bien dire et l'art de bien manger.

Ce que je n'ai pas fait, un autre le fera 76. Nous verrons comment la table a toujours donné le ton à la lyre, et on aura une preuve additionnelle de l'influence du physique sur le moral.

Note 76: (retour) Voilà, si je ne me trompe, le troisième ouvrage que je délègue aux travailleurs: 1° Monographie de l'Obésité; 2° Traité théorique et pratique des Haltes de chasse; 3° Recueil chronologique de Poésies gastronomiques.

Jusque vers le milieu du dix-huitième siècle, les poésies de ce genre ont eu surtout pour objet de célébrer Bacchus et ses dons, parce qu'alors boire du vin et en boire beaucoup était le plus haut degré d'exaltation gustuelle auquel on eût pu parvenir. Cependant, pour rompre la monotonie et agrandir la carrière, on y associait l'Amour, association dont il n'est pas certain que l'amour se trouve bien.

La découverte du nouveau monde et les acquisitions qui en ont été la suite ont amené un nouvel ordre de choses.

Le sucre, le café, le thé, le chocolat, les liqueurs alcooliques et tous les mélanges qui en résultent ont fait de la bonne chère un tout plus composé, dont le vin n'est plus qu'un accessoire plus ou moins obligé; car le thé peut très bien remplacer le vin à déjeuner 77.

Note 77: (retour) Les Anglais et les Hollandais mangent à déjeuner du pain, du beurre, du poisson, du jambon, des oeufs, et ne boivent presque jamais que du thé.

Ainsi une carrière plus vaste s'est ouverte aux poètes de nos jours; ils ont pu chanter les plaisirs de la table sans être nécessairement obligés de se noyer dans la tonne, et déjà des pièces charmantes ont célébré les nouveaux trésors dont la gastronomie s'est enrichie.

Comme un autre j'ai ouvert les recueils, et j'ai joui du parfum de ces offrandes éthérées. Mais, tout en admirant les ressources du talent et goûtant l'harmonie des vers, j'avais une satisfaction de plus qu'un autre en voyant tous ces auteurs se coordonner à mon système favori; car la plupart de ces jolies choses ont été faites pour dîner, en dînant ou après dîner.

J'espère bien que les ouvriers habiles exploiteront la partie de mon domaine que je leur abandonne, et je me contente en ce moment d'offrir à mes lecteurs un petit nombre de pièces choisies au gré de mon caprice, accompagnées de notes très courtes, pour qu'on ne se creuse pas la tête pour chercher la raison de mon choix.

CHANSON

DE DÉMOCARES AU FESTIN DE DENIAS.

Cette chanson est tirée du Voyage du jeune Anacharsis: cette raison suffit.

Buvons, chantons Bacchus,

Il se plaît à nos danses, il se plaît à nos chants; il étouffe l'envie, la haine et les chagrins. Aux Grâces séduisantes, aux Amours enchanteurs, il donna la naissance.

Aimons, buvons; chantons Bacchus.

L'avenir n'est point encore; le présent n'est bientôt plus; le seul instant de la vie est l'instant de la jouissance.

Aimons, buvons; chantons Bacchus.

Sages de nos folies, riches de nos plaisirs, foulons aux pieds la terre et ses vaines grandeurs; et dans la douce ivresse que des moments si beaux font couler dans nos âmes,

Buvons, chantons Bacchus.

(Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, tom. II, chap. 25.)




Celle-ci est de Motin, qui, dit-on, fit le premier en France des chansons à boire. Elle est du vrai bon temps de l'ivrognerie, et ne manque pas de verve.

Air:


Que j'aime en tout temps la taverne!

Que librement je m'y gouverne!

Elle n'a rien d'égal à soi;

J'y vois tout ce que je demande:

Et les torchons y sont pour moi

De fine toile de Hollande.


Pendant que le chaud nous outrage,

On ne trouve point de bocage

Agréable et frais comme elle est;

Et quand la froidure m'y mène,

Un malheureux fagot m'y plaît

Plus que tout le bois de Vincenne.


J'y trouve à souhait toutes choses;

Les chardons m'y semblent des roses,

Et les tripes des ortolans;

L'on n'y combat jamais qu'au verre.

Les cabarets et les brelans

Sont les paradis de la terre.


C'est Bacchus que nous devons suivre;

Le nectar dont il nous enivre

A quelque chose de divin,

Et quiconque a cette louange

D'être homme sans boire du vin,

S'il en buvait, serait un ange.


Le vin me rit, je le caresse;

C'est lui qui bannit ma tristesse,

Et réveille tous mes esprits:

Nous nous aimons de même force.

Je le prends, après j'en suis pris;

Je le porte, et puis il m'emporte.


Quand j'ai mis quarte dessus pinte,

Je suis gai, l'oreille me tinte,

Je recule au lieu d'avancer:

Avec le premier je me frotte,

Et je fais, sans savoir danser,

De beaux entrechats dans la crotte.


Pour moi, jusqu'à ce que je meure,

Je veux que le vin blanc demeure,

Avec le clairet dans mon corps,

Pourvu que la paix les assemble:

Car je les jetterai dehors,

S'ils ne s'accordent bien ensemble.


La suivante est de Racan, un de nos plus anciens poètes; elle est pleine de grâce et de philosophie, a servi de modèle à beaucoup d'autres, et paraît plus jeune que son extrait de naissance.

À MAYNARD.


Pourquoi se donner tant de peine?

Buvons plutôt à perdre haleine,

De ce nectar délicieux,

Qui, pour l'excellence, précède

Celui même que Ganymède

Verse dans la coupe des dieux.


C'est lui qui fait que les années,

Nous durent moins que les journées.

C'est lui qui nous fait rajeunir,

Et qui bannit de nos pensées

Le regret des choses passées

Et la crainte de l'avenir.


Buvons, Maynard, à pleine tasse

L'âge insensiblement se passe,

Et nous mène à nos derniers jours;

L'on a beau faire des prières,

Les ans, non plus que les rivières,

Jamais ne rebroussent leur cours.


Le printemps, vêtu de verdure,

Chassera bientôt la froidure.

La mer a son flux et reflux;

Mais, depuis que notre jeunesse

Quitte la place à la vieillesse,

Le temps ne la ramène plus.


Les lois de la mort sont fatales

Aussi bien au maisons royales

Qu'aux taudis couverts de roseaux;

Tous nos jours sont sujets aux Parques;

Ceux des bergers et des monarques

Sont coupés des mêmes ciseaux.


Leurs rigueurs, par qui tout s'efface,

Ravissent, en bien peu d'espace,

Ce qu'on a de mieux établi,

Et bientôt nous mèneront boire,

Au-delà de la rive noire,

Dans les eaux du fleuve d'oubli.


Celle-ci est du professeur qui l'a aussi mise en musique. Il a reculé devant les embarras de la gravure, malgré le plaisir qu'il aurait eu de se savoir sur tous les pianos; mais par un bonheur inouï, elle peut se chanter et on la chantera sur l'air du vaudeville de Figaro.

LE CHOIX DES SCIENCES.


Me poursuivons plus la gloire;

Elle vend cher ses faveurs;

Tâchons d'oublier l'histoire:

C'est un tissu de malheurs.

Mais appliquons-nous à boire

Ce vin qu'aimaient nos aïeux.

Qu'il est bon, quand il est vieux! (bis.)


J'ai quitté l'astronomie,

Je m'égarais dans les cieux;

Je renonce à la chimie,

Ce goût devient trop coûteux.

Mais pour la gastronomie

Je veux suivre mon penchant.

Qu'il est doux d'être gourmand! (bis.)


Jeune, je lisais sans cesse;

Mes cheveux en sont tout gris!

Les sept sages de la Grèce

Ne m'ont pourtant rien appris.

Je travaille la paresse:

C'est un aimable péché,

Ah! comme on est bien couché! (bis.)


J'étais fort en médecine

Je m'en tirais à plaisir.

Mais tout ce qu'elle imagine

Ne fait qu'aider à mourir.

Je préfère la cuisine:

C'est un art réparateur.

Quel grand homme qu'un traiteur! (bis.)


Ces travaux sont un peu rudes,

Mais sur le déclin du jour,

Pour égayer mes études,

Je laisse approcher l'amour.

Malgré les caquets des prudes,

L'amour est un joli jeu:

Jouons-le toujours un peu! (bis.)


J'ai vu naître le couplet suivant, et voilà pourquoi je l'ai planté. Les truffes sont la divinité du jour, et peut-être cette idolâtrie ne nous fait-elle pas honneur.

IMPROMPTU.


Buvons à la truffe noire,

Et ne soyons point ingrats;

Elle assure la victoire

Dans les plus charmants combats.

Au secours

Des amours,

Du plaisir, la Providence

Envoya cette substance:

Qu'on en serve tous les jours.


Par M. B... de V..., amateur distingué,

et élève chéri du professeur.


Je finis par une pièce de vers qui appartient à la Méditation XXVI.

J'ai voulu la mettre en musique, et n'ai pas réussi à mon gré; un autre fera mieux, surtout s'il se monte un peu la tête. L'harmonie doit en être forte, et marquer au deuxième couplet que le malade expire.

L'AGONIE.


Romance physiologique.


Dans tous mes sens! hélas! faiblit la vie,

Mon oeil est terne et mon corps sans chaleur.

Louis en pleurs, et cette tendre amie

En frémissant met la main sur mon coeur.

Des visiteurs la troupe fugitive

A pris congé pour ne plus revenir

Le docteur part et le pasteur arrive:

Je vais mourir.


Je veux prier, ma tête s'y refuse,

Je veux varier, et ne puis m'exprimer,

Un tintement m'inquiète et m'abuse,

Je ne sais quoi me parait voltiger.

Je ne vois plus. Ma poitrine oppressée

Va s'épuiser pour former un soupir:

Il errera sur ma bouche glacée...

Je vais mourir.


Par le Professeur.



XXV

M. Henrion de Pensey

Je croyais de bonne foi être le premier qui eût conçu, de nos jours, l'idée de l'Académie des Gastronomes; mais je crains bien d'avoir été devancé; comme cela arrive quelquefois. On peut en juger par le fait suivant, qui a près de quinze ans de date.

M. le président Henrion de Pensey, dont l'enjouement spirituel a bravé les glaces de l'âge, s'adressant à trois des savants les plus distingués de l'époque actuelle (MM. de Laplace, Chaptal et Bertholet), leur disait, en 1812: «Je regarde la découverte d'un mets nouveau, qui soutient notre appétit et prolonge nos jouissances, comme un événement bien plus intéressant que la découverte d'une étoile; on en voit toujours assez.

«Je ne regarderai point, continuait ce magistrat, les sciences comme suffisamment honorées, ni comme convenablement représentées, tant que je ne verrai pas un cuisinier siéger à la première classe de l'Institut.»

Ce cher président était toujours en joie quand il songeait à l'objet de mon travail; il voulait me fournir une épigraphe, et disait que ce ne fut pas l'Esprit des Lois qui ouvrit à M. de Montesquieu les portes de l'Académie. C'est de lui que j'ai appris que le professeur Berriat Saint-Prix avait fait un roman; et c'est encore lui qui m'a indiqué le chapitre où il est parlé de l'industrie alimentaire des émigrés. Aussi, comme il faut que justice se fasse, je lui ai érigé le quatrain suivant qui contient a la fois son histoire et son éloge.

VERS


POUR ÊTRE MIS AU BAS DU PORTRAIT
DE M. HENRION DE PENSEY.


Dans ses doctes travaux il fut infatigable;

Il eut de grands emplois, qu'il remplit dignement:

Et quoiqu'il fût profond, érudit et savant,

Il ne se crut jamais dispensé d'être aimable.

M. le président Henrion reçut, en 1814, le portefeuille de la justice, et les employés de ce ministère ont gardé la mémoire de la réponse qu'il leur fit, lorsqu'ils vinrent en corps lui présenter un premier hommage.

«Messieurs, leur dit-il avec ce ton paternel qui sied si bien à sa haute taille et à son grand âge, il est probable que je ne resterai pas avec vous assez de temps pour vous faire du bien; mais du moins soyez assurés que je ne vous ferai pas de mal.»



XXVI.

Indications.

Voilà mon ouvrage fini; et cependant, pour montrer que je ne suis pas hors d'haleine, je vais faire d'une pierre trois coups.

Je donnerai à mes lecteurs de tous les pays des indications dont ils feront leur profit; je donnerai à mes artistes de prédilection un souvenir dont ils sont dignes, et je donnerai au public un échantillon du bois dont je me chauffe.

1° Madame Chevet, magasin de comestibles, Palais-Royal, 220, près du Théâtre-Français. Je suis pour elle un client plus fidèle que gros consommateur: nos rapports datent de son apparition sur l'horizon gastronomique, et elle a eu la bonté de pleurer ma mort; ce n'était heureusement qu'une méprise par ressemblance.

Madame Chevet est l'intermédiaire obligé entre la haute comestibilité et les grandes fortunes. Elle doit sa prospérité à la pureté de sa foi commerciale: tout ce que le temps a atteint disparaît de chez elle comme par enchantement. La nature de son commerce exige qu'elle fasse un gain assez prononcé; mais le prix une fois convenu, on est sûr d'avoir de l'excellent.

Cette foi sera héréditaire; et ses demoiselles, à peine échappées à l'enfance, suivent déjà invariablement les mêmes principes.

Madame Chevet a des chargés d'affaires dans tous les pays où peuvent atteindre les voeux du gastronome le plus capricieux; et plus elle a de rivaux, plus elle s'est élevée dans l'opinion.

2° M. Achard, pâtissier-petit-fournier, rue de Grammont, n° 9, Lyonnais, établi depuis environ dix ans, a commencé sa réputation par des biscuits de fécule et des gaufres à la vanille qui ont été longtemps inimitées.

Tout ce qui est dans son magasin a quelque chose de fini et de coquet qu'on chercherait vainement ailleurs; la main de l'homme n'y paraît pas. On dirait des productions naturelles de quelque pays enchanté: aussi, tout ce qui se fait chez lui est enlevé le jour même, on peut dire qu'il n'a point de lendemain.

Dans les beaux jours équinoxiaux, on voit arriver à chaque instant rue de Grammont quelque brillant carricle, ordinairement chargé d'un beau titus et d'une jolie emplumée. Le premier se précipite chez Achard, où il s'arme d'un gros cornet de friandises. À son retour, il est salué par un: «Ô mon ami! que cela a bonne mine!» ou bien, «0 dear! how it looks good! my mouth!...» Et vite le cheval part, et mène tout cela au bois de Boulogne.

Les gourmands ont tant d'ardeur et de bonté, qu'ils ont supporté pendant longtemps les aspérités d'une demoiselle de boutique disgracieuse. Cet inconvénient a disparu; le comptoir est renouvelé et la jolie petite main de mademoiselle Anna Achard donne un nouveau mérite à des préparations qui se recommandent déjà par elles-mêmes.

3° M. Limet, rue de Richelieu, n° 79, mon voisin, boulanger de plusieurs altesses, a aussi fixé mon choix.

Acquéreur d'un fonds assez insignifiant, il l'a promptement élevé à un haut degré de prospérité et de réputation.

Ses pains taxés sont très beaux; et il est difficile de réunir dans les pains de luxe tant de blancheur, de saveur et de légèreté.

Les étrangers, aussi bien que les habitants des départements, trouvent toujours chez M. Limet le pain auquel ils sont accoutumés; aussi les consommateurs viennent en personne, défilent et font quelquefois queue.

Ces succès n'étonneront pas quand on saura que M. Limet ne se traîne pas dans l'ornière de la routine, qu'il travaille avec assiduité pour découvrir de nouvelles ressources, et qu'il est dirigé par des savants du premier ordre.



XXVII

Les Privations

Élégie historique.

Premiers parents du genre humain, dont la gourmandise est historique, qui vous perdîtes pour une pomme, que n'auriez-vous pas fait pour une dinde aux truffes? mais il n'était dans le paradis terrestre ni cuisiniers ni confiseurs.

Que je vous plains!

Rois puissants qui ruinâtes, la superbe Troie, votre valeur passera d'âge en âge; mais votre table était mauvaise. Réduits à la cuisse de boeuf et au dos de cochon, vous ignorâtes toujours les charmes de la matelotte et les délices de la fricassée de poulets.

Que je vous plains!

Aspasie, Chloé, et vous toutes dont le ciseau des Grecs éternisa les termes pour le désespoir des belles d'aujourd'hui, jamais votre bouche charmante n'aspira la suavité d'une meringue à la vanille ou à la rose; à peine vous élevâtes-vous jusqu'au pain d'épice.

Que je vous plains!

Douces prêtresses de Vesta, comblées à la fois de tant d'honneurs et menacées de si horribles supplices, si du moins vous aviez goûté ces sirops aimables qui rafraîchissent l'âme, ces fruits confits qui bravent les saisons, ces crèmes parfumées, merveilles de nos jours.

Que je vous plains!

Financiers romains qui pressurâtes tout l'univers connu, jamais vos salons si renommés ne virent paraître ni ces gelées succulentes, délices des paresseux; ni ces glaces variées, dont le froid braverait la zone torride.

Que je vous plains!

Paladins invincibles, célébrés par des chantres gabeurs, quand vous auriez pourfendu des géants, délivré des dames, exterminé des armées, jamais, hélas! jamais une captive aux yeux noirs ne vous présenta le champagne mousseux, le malvoisie de Madère, les liqueurs, création du grand siècle; vous en étiez réduits à la cervoise ou au surêne herbé.

Que je vous plains!

Abbés crossés, mitrés, dispensateurs des faveurs du ciel; et vous, templiers terribles, qui armâtes vos bras pour l'extermination des Sarrazins, vous ne connûtes pas les douceurs du chocolat qui restaure ou de la fève arabique qui fait penser.

Que je vous plains!

Superbes châtelaines, qui, pendant le vide des croisades, éleviez au rang suprême vos aumôniers et vos pages, vous ne partageâtes point avec eux les charmes du biscuit et les délices du macaron.

Que je vous plains!

Et vous enfin, gastronomes de 1825, qui trouvez déjà la satiété au sein de l'abondance, et rêvez des préparations nouvelles, vous ne jouirez pas des découvertes que les sciences préparent pour l'an 1900, telles que les esculences minérales, les liqueurs, résultat de la pression de cent atmosphères; vous ne verrez pas les importations que des voyageurs qui ne sont pas encore nés feront arriver de cette moitié du globe qui reste encore à découvrir ou à explorer.

Que je vous plains!

ENVOI

AUX GASTRONOMES DES DEUX MONDES.

Excellences!

E travail dont je vous fais hommage a pour but de développer à tous les yeux les principes de la science dont vous êtes l'ornement et le soutien.

J'offre aussi un premier encens à la Gastronomie, cette jeune immortelle, qui, à peine parée de sa couronne d'étoiles, s'élève déjà au-dessus de ses soeurs, semblable à Calypso,

qui dépassait de toute la tête le groupe charmant des nymphes dont elle était entourée.

Le temple de la Gastronomie, ornement de la métropole du monde, élèvera bientôt vers le ciel ses portiques immenses; vous les ferez retentir de vos voix; vous les enrichirez de vos dons; et quand l'académie promise par les oracles s'établira sur les bases immuables du plaisir et de la nécessité, gourmands éclairés, convives aimables, vous en serez les membres ou les correspondants.

En attendant, levez vers le ciel vos faces radieuses; avancez dans votre force et votre majesté; l'univers esculent est ouvert devant vous.

Travaillez, Excellences, professez pour le bien de la science; digérez dans votre intérêt particulier; et si, dans le cours de vos travaux, il vous arrive de faire quelque découverte importante, veuillez en faire part au plus humble de vos serviteurs.

L'Auteur des Méditations gastronomiques.





TABLE DES MATIÈRES.

PHYSIOLOGIE DU GOÛT.



INTRODUCTION, PAR ALPHONSE KARR.

APHORISMES du Professeur, pour
     servir de prolégomènes à son
     ouvrage et de base éternelle
     à la science.

DIALOGUE ENTRE L'AUTEUR ET SON AMI.

BIOGRAPHIE.

PRÉFACE.

MÉDITATION I.
DES SENS.
     Nombre des Sens.
     Mise en action des Sens.
     Perfectionnement des Sens.
     Puissance du Goût.
     But de l'action des Sens.

MÉDITATION II.
DU GOÛT.
     Définition du Goût.
     Mécanique du Goût.
     Sensation du Goût.
     Des Saveurs.
     Influence de l'Odorat sur le Goût.
     Analyse de là sensation du Goût.
     Ordre des diverses impressions du Goût.
     Jouissances dont le Goût est l'occasion.
     Suprématie de l'Homme.
     Méthode adoptée par l'Auteur.

MÉDITATION III.
DE LA GASTRONOMIE.
     Origine des sciences.
     Origine de la Gastronomie.
     Définition de la Gastronomie.
     Objets divers dont s'occupe la Gastronomie.
     Utilité des connaissances gastronomiques.
     Influence de la Gastronomie dans les affaires.
     Académie des Gastronomes.

MÉDITATION IV.
DE L'APPÉTIT.
     Définition de l'Appétit.
     Anecdote.
     Grands Appétits.

MÉDITATION V.
DES ALIMENTS EN GÉNÉRAL.
     _Section première._

     DÉFINITIONS:--Des Aliments.
     Travaux analytiques.
     Osmazôme.
     Principe des aliments.
     Règne végétal.
     Différence du gras au maigre.
     Observations particulières.

MÉDITATION VI.
     _Section II._

     SPÉCIALITÉS.
     § Ier    -- Pot-au-feu, Potage, etc
     § II.    -- Du bouilli.
     § III.   -- Volailles.
     § IV.    -- Du Coq-d'Inde.
              -- Dindoniphiles.
              -- Influence financière du Dindon.
              -- Exploit du Professeur.
     § V.     --Du Gibier.
     § VI.    -- Du Poisson.
              --Anecdote.
              --_Muria_.--_Garum_.
              --Réflexion philosophique.
     § VII.   --Des Truffes.
              --De la vertu érotique des Truffes.
              --Les Truffes sont-elles indigestes?
     § VIII.  --Du Sucre.
              --Du Sucre indigène.
              --Divers usages du Sucre.
     § IX.    --Origine du Café.
              --Diverses manières de faire le Café.
              --Effets du Café.
     § X.     --Du Chocolat.
              --Son origine.
              --Propriétés du Chocolat.
              --Difficultés pour faire du bon Chocolat.
              --Manière officielle de préparer le Chocolat.

MÉDITATION VII.
     THÉORIE DE LA FRITURE.
     Allocution.
     § Ier--Chimie.
     § II.--Application.

MÉDITATION VIII.
     DE LA SOIF.
     Diverses espèces de Soif.
     Causes de la Soif.
     Exemple.

MÉDITATION IX.
     DES BOISSONS.
     Eau.
     Prompt effet des Boissons.
     Boissons fortes.

MÉDITATION X ET ÉPISODIQUE.
     SUR LA FIN DU MONDE.

MÉDITATION XI.
     DE LA GOURMANDISE
     Définitions.
     Avantages de la Gourmandise.
     Suite. 123
     Pouvoir de la Gourmandise.
     Portrait d'une jolie Gourmande.
     Anecdote.
     Les femmes sont gourmandes.
     Effets de la Gourmandise sur la Sociabilité.
     Influence de la Gourmandise sur le bonheur conjugal.
     Note d'un Gastronome patriote.

MÉDITATION XII.
     DES GOURMANDS.
     N'est pas gourmand qui veut..
     Napoléon..
     Gourmands par prédestination..
     Prédestination sensuelle.
     Gourmands par état.
     Les Financiers.
     Les Médecins.
     Objurgation.
     Les Gens de lettres.
     Les Dévots.
     Les Chevaliers et les Abbés.
     Longévité annoncée aux Gourmands.
     M. du Belloy, archevêque de Paris.

MÉDITATION XIII.
     ÉPROUVETTES GASTRONOMIQUES.
              { 1re série.  5,000 fr.
              {           (Médiocrité).
     Revenu   { 2e série. 15,000fr.
     présumé. {           (Aisance).
              { 3e série. 30,000 fr.
              {           (Richesse).
     Observation générale.

MÉDITATION XIV.
     DU PLAISIR DE LA TABLE.
     Origine du plaisir de la Table.
     Différence entre le plaisir de manger et le plaisir de la Table.
     Effets.
     Accessoires industriels.
     Dix-huitième et dix-neuvième siècle.
     Esquisse.

MÉDITATION XV.
     DES HALTES DE CHASSE.
     Les Dames.

MÉDITATION XVI.
     DE LA DIGESTION.
     Ingestion.
     Office de l'Estomac.
     Influence de la Digestion.

MÉDITATION XVII.
     DU REPOS.
     Temps du Repos.

MÉDITATION XVIII.
     DU SOMMEIL.
     Définition.

MÉDITATION XIX;
     DES RÊVES.
     Recherche à faire.
     Nature des Songes.
     Système du docteur Gall.
     Première Observation.
     Deuxième Observation.
     Résultat.
     Influence de l'âge.
     Phénomène des Songes.
     Première Observation.
     Deuxième Observation.
     Troisième Observation.

MÉDITATION XX.
DE L'INFLUENCE DE LA DIÈTE SUR LE REPOS, LE SOMMEIL ET LES SONGES.
     Effets de la Diète sur le Travail.
     Effets delà Diète sur les Rêves.
     Suite.
     Résultat.

MÉDITATION XXI.
     DE L'OBÉSITÉ.
     Causes de l'Obésité.
     Suite.
     Suite.
     Anecdote.
     Inconvénients de l'Obésité.
     Exemples d'Obésité.

MÉDITATION XXII.
     TRAITEMENT PRÉSERVATIF OU CURATIF DE L'OBÉSITÉ.
     Généralités.
     Suite du régime.
     Danger des Acides.
     Ceinture antiobésique.
     Du Quinquina.

MÉDITATION XXIII.
     DE LA MAIGREUR.
     Définition.
     Espèces.
     Effets de la Maigreur.
     Prédestination naturelle.
     Régime incrassant

MÉDITATION XXIV.
     DU JEUNE.
     Définition.
     Origine du Jeûne.
     Comment on jeûnait.
     Origine du relâchement.

MÉDITATION XXV.
     DE L'ÉPUISEMENT.
     Traitement.
     Cure opérée par le Professeur.

MÉDITATION XXVI.
     DE LA MORT.

MÉDITATION XXVII.
     HISTOIRE PHILOSOPHIQUE DE LA CUISINE.
     Ordre d'alimentation.
     Découverte du feu.
     Cuisson.
     Festins des Orientaux.--Des Grecs.
     Festins des Romains.
     Résurrection de Lucullus.
     _Lecti sternium_ et _Incubitatium_.
     Poésie.
     Irruption des Barbares.
     Siècles de  Louis XIV et de
                 Louis XV.
                 Louis XVI.
     Amélioration sous le rapport de l'art.
     Derniers perfectionnements.

MÉDITATION XXVIII.
     DES RESTAURATEURS.
     Etablissement.
     Avantages des Restaurants.
     Examen du Salon.
     Inconvénients du Salon.
     Émulation.
     Restaurateurs à prix fixe.
     Beauvilliers.
     Le Gastronome chez le Restaurateur.

MÉDITATION XXIX.
     LA GOURMANDISE CLASSIQUE MISE EN ACTION.
     Histoire de M. de Borose.
     Cortège d'une Héritière.

MÉDITATION XXX.
     BOUQUET.
     Mythologie gastronomique.


=SECONDE PARTIE.=

TRANSITION.

VARIÉTÉS.
     Préparation de l'Omelette au thon.
     Notes théoriques pour les préparations.
       I.  _L'Omelette du Curé.
       II.  _Les OEufs au jus_.
       III.  _Victoire nationale_.
       IV.  _Les Ablutions_.
       V.  _Mystification du Professeur et défaite d'un Général_.
       VI.  _Le plat d'Anguille_.
       VII.  _L'Asperge_.
       VIII.  _Le Piége_.
       IX.  _Le Turbot_.
       X.  _Divers Magistères restaurants_,
             par le Professeur, improvisés
             pour le cas de la Méditation XXV.
           A.
           B.
           C.
       XI.  _La Poularde de Bresse_.
       XII.  _Le Faisan_.
       XIII.  _Industrie gastronomique des Emigrés_.
       XIV.  _Autres souvenirs d'émigration_.
             Le Tisserand.
             L'Affamé.
             Le Lion d'Argent.
             Séjour en Amérique.
             Bataille.
       XV.  _La Botte d'Asperges_.
       XVI.  _De la Fondée_.
             Recette de la Fondue.
       XVII.  _Désappointement.
       XVIII.  _Effets merveilleux d'un Dîner classique_.
       XIX.  _Effets et dangers des liqueurs fortes_.
       XX.  _Les Chevaliers et les Abbés_.
       XXI.  _Miscellanea_.
       XXII.  _Une Journée chez les Bernardins._
       XXIII.  _Bonheur en Voyage_.
       XXIV.  _Poétique_.
             Chanson de Démocarès au festin de Dénias.
             Chanson de Molin.
             Chanson de Racan à Maynard.
             _Le Choix des Sciences_,
               chanson par le Professeur.
             _Impromptu_, par M. Boscary
               de Villeplaine.
             _L'Agonie_, romance physiologique,
               par le Professeur.
       XXV.  _M. Henrion de Pensey_.
       XXVI.  _Indications_.
       XXVII.  _Les Privations_.--Elégie historique.
               _Envoi aux Gastronomes des deux Mondes_.

FIN DE LA TABLE

PARIS.--Typographie de A. LACOUR, rue St-Hyacinthe-St-Michel, 33.