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Poésies Complètes - Tome 1 cover

Poésies Complètes - Tome 1

Chapter 125: TABLE
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About This Book

A chronological collection of the poet's early and mid-career verse that gathers pieces composed over many years and restores them to their original ordering. The poems move between intimate domestic interiors, small painterly landscapes with a restrained, Flemish-like touch, and fanciful lyrics that privilege ornament, musicality, and imaginative detail over linear narrative. A preface frames the poems with an explicit defense of art for art's sake, asserting that beauty and luxury serve aesthetic ends rather than practical utility. Editorial restorations recover original titles, dedications, epigraphs and previously omitted or unpublished pieces, presenting recurring concerns of longing, reverie, and the pleasures of pure sensation.

ÉLÉGIE

J'ai fait une remarque hier en te quittant.

Sans doute j'ai mal vu; mais quand on aime tant

On a peur; on se fait avec la moindre chose

Un sujet de tourments. On veut savoir la cause

De chaque effet. Un mot, un geste, une ombre, un rien,

La plus folle chimère, un souvenir ancien

Qui dormait dans un coin du cœur et qui s'éveille,

Tout vous effraie. On dit qu'infortune pareille

Ne s'est pas encor vue et que l'on en mourra;

L'on n'en meurt pas; demain peut-être on en rira.

Vous veniez pour vous plaindre: un baiser, un sourire,

Et vous ne savez plus ce que vous veniez dire.

Quand tu liras ces vers, sans doute tu diras

Que mon idée est folle et tu m'embrasseras,

Et puis, j'oublîrai tout, excepté que je t'aime

Et que je t'aimerai toujours. Fais-en de même.

Or, voici ma remarque; il m'a semblé cela.

Je voudrais oublier toutes ces choses-là;

Mais je ne puis. Hier tu paraissais distraite,

Et ce n'est pas ainsi, certes, que Juliette

Laisse aller Roméo qui part. En ce moment

Où mon âme pâmée à chaque embrassement

S'élançait sur ta bouche au-devant de ton âme,

Où ma prunelle en pleurs baignait ma joue en flamme,

Où mon cœur éperdu, sur ton cœur qu'il cherchait,

Vibrait comme une lyre au toucher de l'archet,

Où mes deux bras noués, comme ceux d'un avare

Qui tient son or et craint qu'un larron s'en empare,

Te tenaient enfermée et t'enchaînaient à moi,

Toi, tu ne disais rien; tu n'écoutais pas, toi;

Mes baisers s'éteignaient sur ta lèvre glacée;

Je ne te sentais pas sentir; ta main pressée

N'entendait pas la mienne et ne répondait rien.

J'étais là, devant toi, comme un musicien,

Tourmentant le clavier d'un clavecin sans cordes.

O mon âme! pourquoi faut-il, quand tu débordes,

Comme un lis rempli d'eau que le vent fait pencher,

Que l'âme où tout en pleurs tu voudrais t'épancher

Se ferme et te repousse, et te laisse répandre

Tes plus divins parfums sans en vouloir rien prendre!

J'ai cherché vainement pourquoi cette froideur,

Après tant de baisers vivants et pleins d'ardeur,

Après tant de serments et de douces paroles,

Tant de soupirs d'ivresse et de caresses folles;

Je n'ai rien pu trouver autre chose, sinon

Qu'on était fou d'avoir au fond du cœur un nom

Que l'on ne dira pas, et que c'était chimère

D'aimer une autre femme au monde que sa mère.

Rousseau dit quelque part:—Regardez votre amant

Au sortir de vos bras.—Il a raison vraiment.

Lorsque, le désir mort, naît la mélancolie,

Que l'amour satisfait se recueille et s'oublie,

Comme au sein de sa mère un enfant qui s'endort,

Que l'ennui vient d'entrer et que le plaisir sort,

Le moment est venu de regarder en face

L'amant qu'on s'est choisi. Quoi qu'il dise ou qu'il fasse,

Vous lirez sur son front son amour tel qu'il est.

Le mot sans doute est beau, mais ce qui m'en déplaît,

C'est qu'il s'adresse à l'homme et non pas à la femme.

Quand le corps assouvi laisse en paix régner l'âme,

Qu'on s'écoute penser et qu'on entend son cœur,

Et que dans la maîtresse on embrasse la sœur,

La première lassée est la femme. La honte

D'avoir été vaincue au fond d'elle surmonte

Le bonheur d'être aimée; elle hait son amant,

Comme on hait un vainqueur, et, certe, en ce moment

Les choses sont ainsi; s'il est quelqu'un au monde

Qu'elle haïsse bien et de haine profonde,

C'est lui, car c'est son maître et son seigneur; il peut

Divulguer tout; il peut la perdre s'il le veut;

Il ne le voudra pas, mais il le peut. La crainte

A remplacé l'amour; une froide contrainte

Succède aux beaux élans de folle liberté.

Adieu l'enivrement, le rire et la gaîté.

La femme se repent et l'homme se repose:

Il a touché son but, il a gagné sa cause;

C'est le triomphateur, le vainqueur, le César,

Qui, la couronne au front, au-devant de son char,

Malgré tout son amour, s'il peut la prendre vive,

Traînera sans pitié Cléopâtre captive.

Aspic, dresse ton col tout gonflé de venin:

Sors du panier de fleurs, siffle et mords ce beau sein.

César attend dehors! il lui faut Cléopâtre

Pour suivre le triomphe et paraître au théâtre;

Il faut que sur leurs bancs les chevaliers romains

Disent:—Heureux César! et lui battent des mains.

La femme sait cela, que de reine et maîtresse

Elle devient esclave, et que son pouvoir cesse;

Mais le sceptre qu'hier, dans l'oubli du plaisir,

Elle a laissé tomber, aujourd'hui le désir

Le lui remet en main et la fait souveraine.

Il faut que son amant à ses genoux se traîne

Et lui baise les pieds et demande pardon.

Mais elle maintenant, froide et sans abandon,

Avec un double fil nouant son nouveau masque,

Ainsi qu'un chevalier à l'abri sous son casque,

Guette à couvert l'instant où, faible et désarmé,

Se livre à son poignard l'amant qu'on croit aimé.

Mon ange, n'est-ce pas qu'une telle pensée

N'eût pas dû me venir et doit être chassée,

Et que je suis bien fou de douter d'un amour

Dont personne ne doute, et prouvé chaque jour?

J'ai tort; mais que veux-tu? ces angoisses si vives,

Ces haines, ces retours et ces alternatives,

Ces désespoirs mortels suivis d'espoirs charmants,

C'est l'amour, c'est ainsi que vivent les amants.

Cette existence-là, c'est la mienne, la nôtre;

Telle qu'elle est, pourtant, je n'en voudrais pas d'autre.

On est bien malheureux; mais pour un tel malheur

Les heureux volontiers changeraient leur bonheur.

Aimer! ce mot-là seul contient toute la vie.

Près de l'amour que sont les choses qu'on envie?

Trésors, sceptres, lauriers, qu'est tout cela, mon Dieu!

Comme la gloire est creuse et vous contente peu!

L'amour seul peut combler les profondeurs de l'ame

Et toute ambition meurt aux bras d'une femme!

LA BONNE JOURNÉE

Ce jour, je l'ai passé ployé sur mon pupitre,

Sans jeter une fois l'œil à travers la vitre.

Par Apollo! cent vers! je devrais être las;

On le serait à moins; mais je ne le suis pas.

Je ne sais quelle joie intime et souveraine

Me fait le regard vif et la face sereine;

Comme après la rosée une petite fleur,

Mon front se lève en haut avec moins de pâleur;

Un sourire d'orgueil sur mes lèvres rayonne,

Et mon souffle pressé plus fortement résonne.

J'ai rempli mon devoir comme un brave ouvrier.

Rien ne m'a pu distraire; en vain mon lévrier,

Entre mes deux genoux posant sa longue tête,

Semblait me dire:—En chasse! en vain d'un air de fête

Le ciel tout bleu dardait, par le coin du carreau,

Un filet de soleil jusque sur mon bureau;

Près de ma pipe, en vain, ma joyeuse bouteille

M'étalait son gros ventre et souriait vermeille;

En vain ma bien-aimée, avec son beau sein nu,

Se penchait en riant de son rire ingénu,

Sur mon fauteuil gothique, et dans ma chevelure

Répandait les parfums de son haleine pure.

Sourd comme saint Antoine à la tentation,

J'ai poursuivi mon œuvre avec religion,

L'œuvre de mon amour qui, mort, me fera vivre,

Et ma journée ajoute un feuillet à mon livre.

L'HIPPOPOTAME

L'hippopotame au large ventre

Habite aux Jungles de Java,

Où grondent, au fond de chaque antre,

Plus de monstres qu'on n'en rêva.

Le boa se déroule et siffle,

Le tigre fait son hurlement,

Le buffle en colère renifle,

Lui dort ou paît tranquillement.

Il ne craint ni kriss ni zagaies,

Il regarde l'homme sans fuir,

Et rit des balles des cipayes

Qui rebondissent sur son cuir.

Je suis comme l'hippopotame:

De ma conviction couvert,

Forte armure que rien n'entame,

Je vais sans peur par le désert.

VILLANELLE RHYTHMIQUE

Quand viendra la saison nouvelle,

Quand auront disparu les froids,

Tous les deux nous irons, ma belle,

Pour cueillir le muguet au bois;

Sous nos pieds égrenant les perles

Que l'on voit au matin trembler,

Nous irons écouter les merles

Siffler.

Le printemps est venu, ma belle,

C'est le mois des amants béni,

Et l'oiseau, satinant son aile,

Dit des vers au rebord du nid.

Oh! viens donc sur le banc de mousse,

Pour parler de nos beaux amours,

Et dis-moi de ta voix si douce:

Toujours!

Loin, bien loin, égarant nos courses,

Faisons fuir le lapin caché,

Et le daim au miroir des sources

Admirant son grand bois penché,

Puis, chez nous, tout joyeux, tout aises,

En panier enlaçant nos doigts,

Revenons rapportant des fraises

Des bois.

LE SOMMET DE LA TOUR

Lorsque l'on veut monter aux tours des cathédrales,

On prend l'escalier noir qui roule ses spirales,

Comme un serpent de pierre au ventre d'un clocher.

L'on chemine d'abord dans une nuit profonde,

Sans trèfle de soleil et de lumière blonde,

Tâtant le mur des mains, de peur de trébucher;

Car les hautes maisons voisines de l'église

Vers le pied de la tour versent leur ombre grise,

Qu'un rayon lumineux ne vient jamais trancher.

S'envolant tout à coup, les chouettes peureuses

Vous flagellent le front de leurs ailes poudreuses,

Et les chauves-souris s'abattent sur vos bras:

Les spectres, les terreurs qui hantent les ténèbres,

Vous frôlent en passant de leurs crêpes funèbres;

Vous les entendez geindre et chuchoter tout bas.

A travers l'ombre on voit la chimère accroupie

Remuer, et l'écho de la voûte assoupie

Derrière votre pas suscite un autre pas.

Vous sentez à l'épaule une pénible haleine,

Un souffle intermittent, comme d'une âme en peine

Qu'on aurait éveillée et qui vous poursuivrait;

Et si l'humidité fait, des yeux de la voûte,

Larmes du monument, tomber l'eau goutte à goutte,

Il semble qu'on dérange une ombre qui pleurait.

Chaque fois que la vis, en tournant, se dérobe,

Sur la dernière marche un dernier pli de robe,

Irritante terreur, brusquement disparaît.

Bientôt le jour, filtrant par les fentes étroites,

Sur le mur opposé trace des lignes droites,

Comme une barre d'or sur un écusson noir.

L'on est déjà plus haut que les toits de la ville,

Édifices sans nom, masse confuse et vile,

Et par les arceaux gris le ciel bleu se fait voir.

Les hiboux disparus font place aux tourterelles,

Qui lustrent au soleil le satin de leurs ailes

Et semblent roucouler des promesses d'espoir.

Des essaims familiers perchent sur les tarasques,

Et, sans se rebuter de la laideur des masques,

Dans chaque bouche ouverte un oiseau fait son nid.

Les guivres, les dragons et les formes étranges

Ne sont plus maintenant que des figures d'anges,

Séraphiques gardiens taillés dans le granit,

Qui depuis huit cents ans, pensives sentinelles,

Dans leurs niches de pierre, appuyés sur leurs ailes,

Montent leur faction qui jamais ne finit.

Vous débouchez enfin sur une plate-forme,

Et vous apercevez, ainsi qu'un monstre énorme,

La Cité grommelante, accroupie alentour.

Comme un requin, ouvrant ses immenses mâchoires,

Elle mord l'horizon de ses mille dents noires,

Dont chacune est un dôme, un clocher, une tour.

A travers le brouillard, de ses naseaux de plâtre,

Elle souffle dans l'air son haleine bleuâtre,

Que dore par flocons un chaud reflet de jour.

Comme sur l'eau qui bout monte et chante l'écume,

Sur la ville toujours plane une ardente brume,

Un bourdonnement sourd fait de cent bruits confus.

Ce sont les tintements et les grêles volées

Des cloches, de leurs voix sonores ou fêlées,

Chantant à plein gosier dans leurs beffrois touffus;

C'est le vent dans le ciel et l'homme sur la terre;

C'est le bruit des tambours et des clairons de guerre,

Ou des canons grondeurs sonnant sur leurs affûts;

C'est la rumeur des chars, dont la prompte lanterne

File comme une étoile à travers l'ombre terne,

Emportant un heureux aux bras de son désir;

Le soupir de la vierge au balcon accoudée,

Le marteau sur l'enclume et le fait sur l'idée,

Le cri de la douleur ou le chant du plaisir.

Dans cette symphonie au colossal orchestre,

Que n'écrira jamais musicien terrestre,

Chaque objet fait sa note impossible à saisir.

Vous pensiez être en haut; mais voici qu'une aiguille,

Où le ciel découpé par dentelles scintille,

Se présente soudain devant vos pieds lassés.

Il faut monter encor, dans la mince tourelle,

L'escalier qui serpente en spirale plus frêle,

Se pendant aux crampons de loin en loin placés.

Le vent, d'un air moqueur, à vos oreilles siffle,

La goule étend sa griffe et la guivre renifle,

Le vertige alourdit vos pas embarrassés.

Vous voyez loin de vous, comme dans des abîmes

S'aplanir les clochers et les plus hautes cimes,

Des aigles les plus fiers vous dominez l'essor.

Votre sueur se fige à votre front en nage;

L'air trop vif vous étouffe: allons, enfant, courage!

Vous êtes près des cieux; allons, un pas encor!

Et vous pourrez toucher, de votre main surprise,

L'archange colossal que fait tourner la brise,

Le saint Michel géant qui tient un glaive d'or;

Et si, vous accoudant sur la rampe de marbre,

Qui palpite au grand vent, comme une branche d'arbre,

Vous dirigez en bas un œil moins effrayé,

Vous verrez la campagne à plus de trente lieues,

Un immense horizon, bordé de franges bleues,

Se déroulant sous vous comme un tapis rayé;

Les carrés de blé d'or, les cultures zébrées,

Les plaques de gazon de troupeaux noirs tigrées;

Et, dans le sainfoin rouge, un chemin blanc frayé;

Les cités, les hameaux, nids semés dans la plaine,

Et, partout où se groupe une famille humaine,

Un clocher vers le ciel comme un doigt s'allongeant.

Vous verrez dans le golfe, aux bras des promontoires,

La mer se diaprer et se gaufrer de moires,

Comme un kandjiar turc damasquiné d'argent;

Les vaisseaux, alcyons balancés sur leurs ailes,

Piquer l'azur lointain de blanches étincelles

Et croiser en tous sens leur vol intelligent.

Comme un sein plein de lait gonflant leurs voiles rondes,

Sur la foi de l'aimant, ils vont chercher des mondes,

Des rivages nouveaux sur de nouvelles mers:

Dans l'Inde, de parfums, d'or et de soleil pleine,

Dans la Chine bizarre, aux tours de porcelaine,

Chimérique pays peuplé de dragons verts;

Ou vers Otaïti, la belle fleur des ondes,

De ses longs cheveux noirs tordant les perles blondes,

Comme une autre Vénus, fille des flots amers;

A Ceylan, à Java, plus loin encor peut-être,

Dans quelque île déserte et dont on se rend maître,

Vers une autre Amérique échappée à Colomb.

Hélas! et vous aussi, sans crainte, ô mes pensées,

Livrant aux vents du ciel vos ailes empressées,

Vous tentez un voyage aventureux et long.

Si la foudre et le nord respectent vos antennes,

Des pays inconnus et des îles lointaines

Que rapporterez-vous? de l'or, ou bien du plomb?..

La spirale soudain s'interrompt et se brise.

Comme celui qui monte au clocher de l'église,

Me voici maintenant au sommet de ma tour.

J'ai planté le drapeau tout au haut de mon œuvre.

Ah! que depuis longtemps, pauvre et rude manœuvre,

Insensible à la joie, à la vie, à l'amour,

Pour garder mon dessin avec ses lignes pures,

J'émousse mon ciseau contre des pierres dures,

Élevant à grand'peine une assise par jour!

Pendant combien de mois suis-je resté sous terre,

Creusant comme un mineur ma fouille solitaire,

Et cherchant le roc vif pour mes fondations!

Et pourtant le soleil riait sur la nature;

Les fleurs faisaient l'amour et toute créature

Livrait sa fantaisie au vent des passions.

Le printemps dans les bois faisait courir la séve,

Et le flot, en chantant, venait baiser la grève;

Tout n'était que parfum, plaisir, joie et rayons!

Patient architecte, avec mes mains pensives

Sur mes piliers trapus inclinant mes ogives,

Je fouillais sous l'église un temple souterrain.

Puis l'église elle-même, avec ses colonnettes,

Qui semble, tant elle a d'aiguilles et d'arêtes,

Un madrépore immense, un polypier marin;

Et le clocher hardi, grand peuplier de pierre,

Où gazouillent, quand vient l'heure de la prière

Avec les blancs ramiers, des nids d'oiseaux d'airain.

Du haut de cette tour à grand'peine achevée,

Pourrai-je t'entrevoir, perspective rêvée,

Terre de Chanaan où tendait mon effort?

Pourrai-je apercevoir la figure du monde,

Les astres dans le ciel accomplissant leur ronde,

Et les vaisseaux quittant et regagnant le port?

Si mon clocher passait seulement de la tête

Les toits et les tuyaux de la ville, ou le faîte

De ce donjon aigu qui du brouillard ressort;

S'il était assez haut pour découvrir l'étoile

Que la colline bleue avec son dos me voile,

Le croissant qui s'écorne au toit de la maison;

Pour voir, au ciel de smalt, les flottantes nuées

Par le vent du matin mollement remuées,

Comme un troupeau de l'air secouer leur toison;

Et la gloire, la gloire, astre et soleil de l'âme,

Dans un océan d'or, avec le globe en flamme,

Majestueusement monter à l'horizon!

354

TABLE

Avertissement des Éditeurs i
POÉSIES, 1830-1832 [2].—ALBERTUS, 1832
Préface 3
Méditation. (Él. I.) 9
Moyen âge. (Int. VI.) 10
Élégie I. (Él. VI.) 11
Paysage. (Pays. VII.) 12
La jeune fille. (Él. V.) 13
Le Marais. (Pays. X.) 14
Sonnet I. (Fant. X) 16
Serment. (Él. VIII.) 17
Les Souhaits. (Fant. V.) 18
Le Luxembourg. (Él. II.) 20
Le Sentier. (Pays. IV.) 21
Cauchemar 22
La Demoiselle. (Pays. III.) 21
Les deux âges. (Él. IV.) 28
Le Far-niente 29
Stances. (Él. XVI.) 30
Promenade nocturne. (Pays. V.) 32
Sonnet II. (Fant. XI.) 34
La Basilique. (Int. VII.) 55
L'Oiseau captif. (Él. XII.) 58
Rêve. (Él. IX.) 40
Pensées d'automne. (Pays. IX.) 41
Infidélité. (Él. XX.) 43
A mon ami Auguste M***. (Fant. VII) 45
Élégie II. 46
Veillée. (Int. III.) 48
Élégie III. (Él. X.) 50
Clémence. (Él. XIV.) 51
Voyage 52
Le Coin du feu. (Int. II.) 55
La Tête de mort. (Int. IV.) 56
Ballade. (Pays. VI.) 59
Une âme. (Él. XIII.) 64
Souvenir. (Él. XV.) 65
Sonnet III. (Fant. XIII.) 66
Maria. (Él. III.) 67
A mon ami Eugène de N***. (Int. V.) 68
Le Jardin des Plantes. (Pays. II.) 72
Le Champ de bataille. (Fant. IV.) 74
Imitation de Byron. (Fant. I.) 77
Ballade. (Él. VII.) 79
Soleil couchant. (Pays. XIII.) 80
Sonnet IV. (Fant. XIII.) 81
Enfantillage. (Pays. I.) 82
Nonchaloir. (Él. XVIII.) 85
Déclaration. (Él. XVII.) 84
Pluie. (Pays. VIII.) 85
Point de vue. (Pays. XII.) 87
Le Retour. (Pays. XI.) 88
Pan de mur. (Pays. XIV.) 91
Colère 93
Sonnet V. (Fant. XIV.) 95
Justification. (Él. XIX.) 96
Frisson. (Int. I.) 98
Sonnet VI. (Fant. XV.) 103
Élégie IV. (Él. XI.) 104
Sonnet VII 107
Paris. (Pays. XV.) 108
Un Vers de Wordsworth. (Fant. III.) 111
Débauche. (Fant. VII.) 112
Le Bengali. (Fant. II.) 114
Le cavalier poursuivi. (Fant. VIII.) 116
ALBERTUS ou l'ame et le péché 123
POÉSIES DIVERSES, 1833-1838
Le Nuage 187
Les Colombes 188
Les Papillons 189
Ténèbres 190
Thébaïde 198
Rocaille 206
Pastel 207
Watteau 208
Le Triomphe de Pétrarque 209
Melancholia 215
Niobé 223
Cariatides 224
La Chimère 225
La Diva 226
Après le Bal 230
Tombée du jour 234
La dernière feuille 235
Le Trou du serpent 236
Les Vendeurs du temple 237
A un jeune Tribun 246
Choc de cavaliers 253
Le Pot de fleurs 254
Le Sphinx 255
Pensée de minuit 256
La Chanson de Mignon 262
Romance 267
Le Spectre de la Rose 269
Lamento 271
Dédain 273
Ce Monde-ci et l'autre 276
Versailles 280
La Caravane 281
Destinée 282
Notre-Dame 283
Magdalena 289
Chant du grillon 297
Absence 303
Au Sommeil 305
Terza rima 307
Montée sur le Brocken 309
Le premier rayon de mai 311
Le Lion du Cirque 313
Lamento 315
Barcarolle 317
Tristesse 319
Qui sera roi? 321
Compensation 327
Chinoiserie 329
Sonnet 330
A deux beaux yeux 331
Le Thermodon 332
Élégie 338
La bonne journée 342
L'Hippopotame 344
Villanelle rhythmique 345
Le Sommet de la tour 347

[2] Nous avons pensé que les bibliophiles accueilleraient, comme un renseignement précieux, l'indication du classement de l'édition du 1845. Nous l'avons donc placée à cette table, entre parenthèse.