XIX
LE BUT FINAL
Ah! le savoir au moins, ce serait bon, pourtant!
Voir le but, quel qu'il soit, rendrait enfin content
Le cœur humain, gonflé d'espoir et de colère.
Si tout n'est pas perdu de l'œuvre séculaire,
Nous lutterons encor, jour à jour, en chantant,
Pour porter jusqu'aux cieux l'édifice éclatant
Du progrès éternel, que le temps accélère.
Hélas! le besoin vil d'apaiser notre faim,
La lutte pour la vie, est la suprême fin
Vers qui tend tout l'effort de nos âmes hautaines.
L'esprit subtil y va par des chemins divers,
Et, malgré la fierté des visions lointaines,
Nos douleurs sont sans fruit pour l'immense univers.