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Poésies populaires Serbes / Traduites sur les originaux avec une introduction et des notes cover

Poésies populaires Serbes / Traduites sur les originaux avec une introduction et des notes

Chapter 109: LXIII
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About This Book

A curated collection of translations of Serbian popular poetry, presenting heroic epics, domestic songs, and shorter lyrical pieces alongside an introductory historical overview and scholarly notes. The editor provides glossaries and explanatory entries for names, places, and cultural terms, and discusses musical accompaniment and performance practice that shape the poems. Translations aim to reproduce narrative episodes, traditional motifs, and ritual expressions while the commentary supplies ethnographic and historical context to clarify recurring figures, events, and customs found across the songs.

Pierre Doïtchin, le ban de Varadin, boit du vin. il en a bu pour trois cents ducats en un jour, et encore avec cela (pour) son cheval noir et sa masse dorée. Le roi Mathias, le seigneur du pays, le querelle: «Dieu t'anéantisse, Pierre Doïtchin, ban de Varadin! voilà que tu as bu pour trois cents ducats en un jour, et avec cela (pour) ton cheval noir et ta masse dorée?» Mais Pierre Doïtchin, le ban de Varadin, lui répond: «Ne me querelle point, roi Mathias, seigneur du pays! si tu avais été à la taverne où je fus, et embrassé comme moi la tavernière qui est là, tu aurais bu Pest la ville de plaine et Bude l'acropole.»

LXIII

Un amandier s'élevait haut et svelte, au-dessous dormait Mehmed-Aga avec la jeune Fatime; pour couche, ils ont la terre noire et l'herbe humide; pour couverture, le ciel serein et les étoiles brillantes; et pour coussin, chacun les bras blancs de l'autre.

LXIV

Si je pouvais me changer en mouche je saurais où passer l'hiver: je me poserais sur le visage d'une veuve ou sur les seins blancs d'une fille.

LXV

LA TZETIGNIENNE ET LE PETIT RADOITZA

Trente habitants de Tzétigné sont à boire au bord de la Tzétigna, la calme et froide rivière, et c'est une fille de Tzétigné qui leur sert le vin. A mesure qu'à chacun elle présentait le verre, il n'étendait pas la main pour prendre le vin, mais pour toucher le sein de la jeune fille, tant que celle-ci se prit à dire: «J'en atteste Dieu, vous trente Tzétigniens, si je puis être votre servante à tous; je ne puis être votre épouse à tous, mais celle du brave seulement qui s'élancera dans la rivière à la nage, couvert de ses habits et de ses armes, et la traversera d'une rive à l'autre; celui-là m'aura pour sa fidèle épouse.»

Tous à ces mots baissèrent la tête, les regards fixés sur la terre; seul, le petit Radoïtza ne baissa point la tête, mais s'élançant sur ses pieds légers, il saisit ses armes brillantes, acheva de revêtir ses habits. et s'élança dans la Tzétigna. Le brave nagea tout droit, il traversa d'une rive à l'autre; mais comme il revenait au bord opposé, il s'enfonça un peu sous l'eau, il n'enfonça point parce qu'il était fatigué, mais il s'enfonça pour mettre à l'épreuve sa belle et savoir si elle voulait être sa fidèle épouse. Quand la jeune Tzétignienne vit cela, elle descendit dans la rivière; ce que voyant le petit Radoïtza, il s'avança en nageant vers la rive, et sortant de l'eau il prit la jeune fille, la prit par sa blanche main et l'emmena à sa blanche maison.

LXVI

LE TCHÉLÉBI MOUÏO ET FATIME LIOUBOVITCH.

Fatime Lioubovitch était à broder dans le jardin sous le jaune oranger, là vint à passer le tchélébi Mouïo, qui la salua au nom de Dieu: «Dieu t'assiste, Fatime Lioubovitch! prends-moi, pour toi cela vaudra mieux[1].» —«Es-tu fou, tchélébi Mouïo, pour domestique je ne te voudrais pas et moins encore pour que tu baises mon visage.» —«Si de moi tu ne veux, Fatime, vrai comme ma tête est vivante sur mes épaules, je publierai partout où j'irai que tu portes un enfant dans ton sein.» Fatime pourtant n'en tient pas de compte, mais continue de broder sur son métier. Mouïo mortifié s'éloigne et traverse la vaste campagne, mais voici que la nouvelle lui arrive que le pacha a planté sa tente, qu'il l'a plantée dans la plaine de Rakitno, et qu'avec lui il a des agas et des spahis. Là se dirige le tchélébi Mouïo, devant le pacha humblement il s'incline, lui baise le genou et le bas (de son caftan), et le pacha lui tient ce discours: «Comment te va, tchélébi Mouïo? as-tu traversé l'Hertzégovine? as-tu visité la maison des Lioubovitch? comment vont les neuf frères? sont-ils en santé et en joie?» —«J'ai passé par l'Hertzégovine, et visité la maison des Lioubovitch, en santé sont les neuf frères, en santé ils sont, mais non en joie, car ils ont une soeur unique, qui porte un enfant dans son sein: c'est l'enfant du pacha de Bosnie.» Le pacha de Novi-Bazar se met à rire: «C'est bien, puisqu'il est de bonne race.» Pourtant le pacha avait grand dépit, vite il écrit une lettre menue, et dans la lettre à Fatime il disait: «Trouve-toi vite dans la plaine de Rakitno.» Puis il appelle son tatar, et l'expédie vers la maison des Lioubovitch. Quand le tatar à la maison arriva et que la jeune Fatime l'aperçut, aussitôt pressentant quelque malheur, elle se dirigea en hâte vers Rakitno. Là devant le pacha humblement elle s'incline, lui baise la main et le bas du caftan; mais voyant que le pacha la regardait de travers, elle ôte sa jaune tunique et reste nue dans sa fine chemise: «Sois un juge équitable, seigneur pacha, sois un juge équitable et que Dieu te conserve! pourrais-je ici cacher une pomme, comment donc un enfant sous ma ceinture? Si tu ne veux être un juge équitable, je suis venue pieds nus à Rakitno, pieds nus j'irai jusqu'au sultan, je me plaindrai au sultan à Stamboul, afin qu'il te fasse mettre à mort.» Quand le pacha eut entendu Fatime, une violente colère s'empara de lui, et il fit de l'oeil un signe au bourreau qui abattit la tête de Mouïo. Il prit Fatime pour son épouse et en fit une jeune pachinitza.

[Note 1: Que de rester chez tes frères.]

FIN

TABLE DES MATIÈRES

INDEX EXPLICATIF des noms de personnes et de lieux, et des mots étrangers qui se rencontrent dans l'ouvrage

INTRODUCTION
NOTES

TRANSCRIPTION de quelques sons de la langue Serbe

LA BATAILLE DE KOÇOVO

      Notice
       I.
      II. La Chute de l'Empire Serbe
     III.
      IV.
       V.
          Notes

MARKO KRALIEVITCH

       Notice
       Note
       I. Ouroch et les Merniavtchévitch
      II. Marko et la Vila
     III. Marko et le faucon
      IV. Les noces de Marko
       V. Marko reconnaît le sabre de son père
      VI. Marko et le bey Kostadin
     VII. Marko et Alil-Aga
    VIII. Marko et la fille du roi des Maures
      IX. Marko va à la chasse avec les Turcs
       X. Marko laboureur
      XI. Mort de Marko
     XII. La Soeur du capitaine Léka (analyse)
          NOTES

LES HAÏDOUKS
NOTICE

       I. Prédrag et Nénad
      II. Starina Novak et le knèze Bogoçav
     III. Novak et Radivoï vendent Grouïtza
      IV. Starina Novak et le brave Radivoï
      V. Grouïtza et le Maure
      VI. Grouïtza et le pacha de Zagorié
     VII. Le Mariage de Grouïtza Novakovitch
    VIII. Trahison de la femme de Grouïtza
      IX. Thadée de Sègne (extrait)
       X. La femme du haïdouk Voukoçar
      XI. Le Vieux Vouïadin
     XII. Le Petit Radoïtza
    XIII. Radé de Sokol et Achin-Bey (l'hivernage des
          haïdouks)
          NOTES

POÉSIES HÉROÏQUES DIVERSES

    I. La Fondation de Scutari
    II. Doïtchin l'infirme
    III. Le Partage des Iakchitch
    IV. Les Iakchitch éprouvent leurs femmes
    V. Dons moscovites et cadeaux turcs
    VI. Ianko de Cattaro et Alil fils de Mouïo
    VII. La Fuite de Karageorge
    NOTES

CHANTS DOMESTIQUES (I-LXVI)

FIN DE LA TABLE.

End of Project Gutenberg's Poésies populaires Serbes, by Auguste Dozon