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Rusbrock l'Admirable (œuvres choisies) cover

Rusbrock l'Admirable (œuvres choisies)

Chapter 41: LES DEUX CHÉRUBINS
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About This Book

A compilation of mystical writings by a contemplative presents vivid accounts of spiritual ascent, distinguishing active, practical love from passive quietism. It combines a biographical account, doctrinal prefaces, and treatises that analyze stages of inward life, illumination, and union, using intense, precise imagery. The translator and editor note textual choices and warn against spiritual errors while emphasizing charity and humility as fruits of contemplation. The collection balances visionary language with careful theological argumentation and pastoral concern.

LES DEUX CHÉRUBINS

Les deux chérubins aux ailes étendues, qui, placés des deux côtés du Propitiatoire, le regardaient et se regardaient l’un l’autre, ces deux chérubins étaient deux figures en or. Cet or doit nous apprendre la suprême noblesse de l’esprit dévoué à Dieu, et dépouillé de toute propriété. Le premier Chérubin représente le transport de l’esprit et la contemplation qui plonge dans la lumière divine un regard sans défaut. Le second est la jouissance éternelle, plongé dans celui qui est sans nom, sans vêtement et sans forme. Voilà l’or vrai, la charité et la sagesse. Ils assistent à droite et à gauche le même acte ; car ils sont inséparables dans leur activité brûlante. Malgré les étreintes de l’unité, ils gardent leur distinction. Ils sont les assistants de la propitiation divine. Ils étendent leurs ailes ; car ils sont emportés dans les hauteurs de la vision jouissante. Ils couvrent le lieu appelé oraculum : car ils abritent l’inspiration secrète de l’âme, et c’est à leur ombre que Dieu nous parle et nous répond.

La contemplation simple, qui plonge dans la lumière divine, et la jouissance simple, qui va vers son attrait, se regardent l’une et l’autre ; car l’une vit avec l’autre. Et leurs faces sont tournées vers le Propitiatoire, c’est-à-dire vers l’amour en joie.

L’amour qui jouit plane sur l’amour qui agit. Mais celui-là, loin de priver celui-ci de son action, l’excite et le pousse à une fécondité pratique toujours croissante et toujours renouvelée. Ainsi toutes les puissances sont complétées l’une par l’autre. Plus vous êtes élevé au-dessus de vous-même dans la sublimité de l’amour et de la jouissance, plus vous êtes fécond en vous-même par la vertu de l’activité. Entre les deux chérubins, entre la contemplation et la jouissance, est l’habitation de Dieu en nous. C’est de là que coulent la grâce et la sagesse. C’est là que nous apprenons la volonté du Seigneur.