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Rusbrock l'Admirable (œuvres choisies) cover

Rusbrock l'Admirable (œuvres choisies)

Chapter 65: EFFETS DE L’AMOUR
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About This Book

A compilation of mystical writings by a contemplative presents vivid accounts of spiritual ascent, distinguishing active, practical love from passive quietism. It combines a biographical account, doctrinal prefaces, and treatises that analyze stages of inward life, illumination, and union, using intense, precise imagery. The translator and editor note textual choices and warn against spiritual errors while emphasizing charity and humility as fruits of contemplation. The collection balances visionary language with careful theological argumentation and pastoral concern.

EFFETS DE L’AMOUR

L’éternel amour répand lumière et grâce dans toutes les puissances de l’âme ; voilà pourquoi il y a des vertus. La grâce de Dieu touche et remue les forces suprêmes : de là la charité ; de là la lumière ; de là l’amour de la justice ; de là l’adoration discrète et active du plan divin ; de là la liberté supérieure aux images ; de là la victoire sans fatigue ; de là la sublime défaillance agissante et féconde, qui vous plonge, plus haut que vous-même, dans l’unité de l’esprit. C’est une activité merveilleuse, dont la continuation persévérante donne au contemplateur la joie de sentir sans intermédiaire l’union divine. Il sent en lui ce contact divin qui est le rajeunissement de la grâce et de toutes les vertus. Car la grâce coule jusque dans les puissances inférieures. Elle atteint le fond de l’homme, elle excite cet amour profond et sensible qui est le désir de Dieu. Cet amour pénètre dans le cœur, les sens, la chair, le sang, toute la nature physique de l’homme. Il excite dans ses membres une ardeur, une impatience, il exerce une pression, et la créature surmontée ne sait plus comment se conduire. Cet amour enivre, et l’homme enivré est porté, comme dans l’autre ivresse, à de singulières démonstrations, et, s’il lui reste un peu de mollesse, il a de la peine à ne rien laisser voir. Il y en a qui lèvent les yeux au ciel, dans l’impatience du désir. D’autres pleurent ; d’autres chantent ; d’autres crient ; d’autres bondissent de joie ou de douleur ; d’autres courent ; quelquefois les mains se rapprochent ; on s’incline ; on tombe à genoux, on s’incline, on gesticule. Tant que l’homme persévère, tendu vers le trésor de Dieu, et vivant dans son esprit, il sent son contact et l’impatience de l’amour se renouvelle au fond de lui, avec toutes les splendeurs dont j’ai parlé. Par cette impression physique, il doit s’élever à une impression spirituelle et par cette impression spirituelle à une impression divine, et se plonger lui-même dans la béatitude qui ne change pas.

Le sentiment de l’immutabilité est la béatitude suressentielle, béatitude de Dieu, participable par les élus. Béatitude essentielle à Dieu ; superessentielle à nous ; silence caligineux de la paix éternelle. Les Personnes divines se plongent et s’absorbent dans l’essentielle unité de l’amour, et cependant chacune d’elles, suivant ses propriétés particulières, persiste dans son activité.