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Rusbrock l'Admirable (œuvres choisies)

Chapter 75: SUBLIMITÉ DU DON DE CONSEIL
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About This Book

A compilation of mystical writings by a contemplative presents vivid accounts of spiritual ascent, distinguishing active, practical love from passive quietism. It combines a biographical account, doctrinal prefaces, and treatises that analyze stages of inward life, illumination, and union, using intense, precise imagery. The translator and editor note textual choices and warn against spiritual errors while emphasizing charity and humility as fruits of contemplation. The collection balances visionary language with careful theological argumentation and pastoral concern.

SUBLIMITÉ DU DON DE CONSEIL

Celui qui veut posséder le don de conseil dans la plénitude de sa perfection doit viser à la ressemblance même de Dieu et ne pas se contenter d’une excellence inférieure. Il faut que, ravi par l’amour, il adhère à l’essence suressentielle. Ceux qui s’inclinent et s’abîment dans l’essence supersubstantielle, y trouveront la jouissance immense : ils recevront avec une joie immense la lumière simple dans la puissance de l’unité. Ceux qui vont dans ce lieu sacré, impénétrable à l’ennui terrestre, ne peuvent échapper aux mains du ravissement qui les plonge dans la lumière simple où ils s’éloignent d’eux-mêmes par la fuite sublime, très lointaine et sans retour. Et ils deviennent le trône où le Dieu des délices se repose avec le ciel entier. Ainsi, sans défaillance, nous aspirerons, la bouche ouverte, vers l’essence superessentielle. Mais toujours penchés sur le monde inférieur, par toute pratique, par toute vérité, par toute activité, par toute justice, nous dessinerons notre royaume intérieur à l’image et ressemblance du Seigneur Dieu. Mais un désir médiocre, qui ne vous suspendrait pas à l’essence divine, serait un cruel empêchement. Les gens du désir médiocre ne reçoivent pas le rayon ; ils ne sont pas touchés par l’ignorance sublime, par l’ignorance essentielle des mesures humaines ; ils subsistent en eux-mêmes. Ils font défaut à la lumière ; ils n’aspirent pas, la bouche ouverte, vers le lieu où l’homme ne se connaît plus. C’est pourquoi les gens du désir médiocre ne sont pas dévorés sur terre par la gueule béante de la béatitude.