WeRead Powered by ReaderPub
Rusbrock l'Admirable (œuvres choisies) cover

Rusbrock l'Admirable (œuvres choisies)

Chapter 79: CANTIQUE
Open in WeRead

Explore more books like this:

About This Book

A compilation of mystical writings by a contemplative presents vivid accounts of spiritual ascent, distinguishing active, practical love from passive quietism. It combines a biographical account, doctrinal prefaces, and treatises that analyze stages of inward life, illumination, and union, using intense, precise imagery. The translator and editor note textual choices and warn against spiritual errors while emphasizing charity and humility as fruits of contemplation. The collection balances visionary language with careful theological argumentation and pastoral concern.

LIVRE HUITIÈME
LES DEUX CANTIQUES

CANTIQUE

Celui qui connaît la vérité, et qui a la science de l’habitation intérieure, indépendant des amours et des douleurs de la terre, celui-là est heureux, et il est préservé du mal, tant que ses sens extérieurs sont recueillis sur la montagne. Jouir de Dieu ! ô joie des joies ! Quant à moi, suivant le conseil du sublime amour, j’ai si profondément pénétré les choses accidentelles, que j’ai trouvé la liberté et l’absolution des liens. Gloire à l’amour ! Il délivre de la misère ; il affranchit de l’extérieur. Il fait don de la nudité, et de la flamme, et de la fusion.

Je vous en supplie, connaissez-vous quelqu’un qui se soit ennuyé dans ses domaines ?

O essence éternelle ! tu ébranles absolument les puissances de l’âme. Quand tu ouvres le désert à l’esprit que tu guides, la paix descend sur lui, et, dans le silence profond de la jouissance, l’homme est illustré, et la clarté qui l’environne est digne de la nature très sublime de l’essence. Oh ! quelle horreur que de se retourner vers le dehors ! oh ! sources immenses ! oh ! torrents de lumière ! Celui qui boit de votre eau vit sans ennui ni peur. Ce n’est pas en vertu de son propre mérite qu’il a trouvé la liberté. Les lointains d’autrefois sont devenus pour lui voisinages. Il a l’inexprimable joie de ne plus trouver sur terre son semblable. Celui qui foule les sentiers de l’amour se porte bien au fond de lui-même. Il entend la voix mystérieuse qui dit toutes choses en une parole ; oh ! que Dieu nous abrège la route de ce pays-là ! La jouissance actuelle porte une joie qui fait fondre l’âme ! oh ! quel transport et quel salut dans cette parole : Je me souviens de Dieu !