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The Paris Sketch Book of Mr. M. A. Titmarsh cover

The Paris Sketch Book of Mr. M. A. Titmarsh

Chapter 23: LE GRENIER.
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About This Book

A series of witty, observational sketches set in Paris that blend travel anecdote, social satire, and art criticism. The narrator records street scenes, public festivals, gallery visits, theatre and caricature, courtroom and salon gossip, and compact fictional tales, alternating anecdote with reflective pieces on painting, politics, and manners. Tone shifts from playful to mournful or ironic as vignettes explore gamblers, artists, theatrical life, and provincial visitors, while occasional meditations broaden to include palace interiors and cultural contrasts, producing a varied portrait of urban life and artistic society.

LE GRENIER.

Je viens revoir l’asile où ma jeunesse
De la misère a subi les leçons.
J’avais vingt ans, une folle maîtresse,
De francs amis et l’amour des chansons
Bravant le monde et les sots et les sages,
Sans avenir, riche de mon printemps,
Leste et joyeux je montais six étages.
Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans!

C’est un grenier, point ne veux qu’on l’ignore.
Là fut mon lit, bien chétif et bien dur;
Là fut ma table; et je retrouve encore
Trois pieds d’un vers charbonnés sur le mur.
Apparaissez, plaisirs de mon bel âge,
Que d’un coup d’aile a fustigés le temps,
Vingt fois pour vous j’ai mis ma montre en gage.
Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans!

Lisette ici doit surtout apparaître,
Vive, jolie, avec un frais chapeau;
Déjà sa main à l’étroite fenêtre
Suspend son schal, en guise de rideau.
Sa robe aussi va parer ma couchette;
Respecte, Amour, ses plis longs et flottans.
J’ai su depuis qui payait sa toilette.
Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans!

A table un jour, jour de grande richesse,
De mes amis les voix brillaient en choeur,
Quand jusqu’ici monte un cri d’allégresse:
A Marengo Bonaparte est vainqueur.
Le canon gronde; un autre chant commence;
Nous célébrons tant de faits éclatans.
Les rois jamais n’envahiront la France.
Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans!

Quittons ce toit où ma raison s’enivre.
Oh! qu’ils sont loin ces jours si regrettés!
J’échangerais ce qu’il me reste à vivre
Contre un des mois qu’ici Dieu m’a comptés,
Pour rêver gloire, amour, plaisir, folie,
Pour dépenser sa vie en peu d’instans,
D’un long espoir pour la voir embellie,
Dans un grenier qu’on est bien à vingt ans!