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Théologie hindoue. Le Kama soutra. cover

Théologie hindoue. Le Kama soutra.

Chapter 2: CHAPITRE I
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About This Book

A classical Indian treatise systematically explores desire and the arts of love as one aim of life, alongside duty and livelihood. It combines philosophical precepts with practical advice on courtship, marriage, household relations, sexual techniques and positions, the conduct of lovers and courtesans, and rules of etiquette for social and erotic interaction. Organized into chapters that classify temperaments, situations, and methods for attraction, separation, and reconciliation, it mixes moral reflection, social norms, and aesthetic examples to guide behavior in intimate and communal life.

TITRE IV

DES DIFFÉRENTES MANIÈRES DE SE TENIR ET D'AGIR DANS L'UNION SEXUELLE

CHAPITRE I

Classification des hommes et des femmes d'après les dimensions de leurs organes sexuels, l'intensité de leur passion et la durée de l'acte charnel.

On divise les hommes en trois classes, d'après les dimensions de leur linga.

Classe N° 1, Le lièvre.—N° 2, Le taureau.—N° 3, L'étalon.

On divise également les femmes en trois classes correspondantes d'après les dimensions de leur yoni.

N° 1, La gazelle.—N° 2, La cavale.—N° 3, L'éléphant (Voir l'Appendice, N° 1).

Il y a ainsi trois unions égales, c'est-à-dire entre des classes qui se correspondent, et six inégales, c'est-à-dire qui ne se correspondent pas.

Les unions du N° 2 (taureau) avec le N° 1 (gazelle), et du N° 3 (étalon) avec le N° 2 (cavale), sont dites supérieures.

Celle du N° 3 (étalon) avec le N° 1 (gazelle) est dite très supérieure.

Les unions N° 1 (lièvre) avec N° 2 (cavale), et N° 2 (taureau) avec
N° 3 (éléphant), sont dites unions inférieures.

Celle N° 1 (lièvre) avec N° 3 (éléphant) est dite très inférieure.

Les unions supérieures sont celles qui procurent le plus de satisfaction.

On classe de la même manière les hommes et les femmes, d'après le degré d'intensité de la passion génésique, faible, moyen et fort (Appendice N° 2).

Ce point de vue donne, pour les unions, autant de combinaisons que le précédent.

Il y a, en outre, une troisième classification semblable, d'après le temps au bout duquel se produit, chez l'homme et chez la femme, le spasme génésique, et elle donne lieu, pour les unions, aux mêmes combinaisons (Appendice N° 3).

En combinant entre eux les numéros des trois classifications, on a un très grand nombre de cas.

Il appartient aux hommes, et surtout aux maris, de prendre, dans chaque cas, les moyens les plus propres à atteindre le but de l'union (Appendice N° 4).

Dans le premier acte d'une réunion pour l'accouplement, la passion de l'homme est intense et son terme court; c'est le contraire dans les actes suivants. Chez la femme, c'est l'inverse qui a lieu.

APPENDICE AU CHAPITRE I

N° 1.—Dimensions des organes.

Beaucoup de rhétoriciens connaissent les distiques suivants:

OVIDE

  Noscitur e pedibus quantum sit virginis antrum
  Noscitur e naso quanta sit hasta viro.

  Chez une femme: petit pied, petit bijou;
  Chez un homme: gros nez, gros membre.

MARTIAL

Mentula tant magna est, lantus tibi, Papile nasus Ut possis, quoties arrigis, olfacere.

Littéralement: Ton nez est si long, Hapilus, et ta mentule si grande que tu peux la flairer quand elle est debout.

  En vers: Jean a le nez si long et la verge si grande
  Qu'il peut se moucher quand il bande.

Le même, Livre XI, 71.

Lydie est aussi large que le derrière d'un cheval de bronze, qu'un vieux soulier tombé dans la boue, qu'un matelas vide de sa laine. On dit que j'ai besogné Lydie dans une piscine d'eau de mer; c'est bien plutôt une piscine que j'ai besognée.

N° 2.—Intensité de la passion.

Martial X. 60.—Sur Chloé et Phlogis.

Vous demandez laquelle de Chloé ou Phlogis vaut le mieux pour l'amour. Chloé est plus belle, mais Phlogis est un volcan qui rajeunirait Nestor. Chloé, au contraire, ne sent rien, ne dit rien. On la croirait absente ou de marbre. Dieu fasse que Phlogis ait les formes de Chloé et Chloé le feu de Phlogis.

Docteur Villemont, Amour conjugal.—C'est un péché plus grand de forniquer avec une laide qu'avec une belle. Se griser avec du bon vin est un péché véniel; avec du mauvais, un péché mortel.

Docteur P. Garnier.—La science repousse aujourd'hui l'ancienne théorie de la toute puissance du clitoris sur la production des désirs vénériens chez la femme et son développement exagéré n'est point la cause directe de la luxure et de la tribadie. Beaucoup de femmes sont insensibles aux titillations de cet organe puisqu'un certain nombre se masturbent en introduisant dans le vagin des corps qui ont la forme de phallus.

L'absence de l'un des organes génitaux, clitoris, vagin ou ovaire, suffit quelquefois, mais exceptionnellement, à'éteindre le désir chez la femme. Le sens génésique se trouve dans toutes les parties du système génital de la femme, il n'est exclusivement dans aucune d'elles. Certaines femmes très amoureuses n'éprouvent aucune sensibilité spéciale dans le clitoris et dans les bulbes du vagin, cette sensibilité est répandue uniformément dans tout l'appareil génital, dans les seins plus qu'ailleurs. C'est du coeur et de l'imagination qu'émanent les désirs de la femme et c'est en excitant ses sentiments qu'on peut et qu'on doit les provoquer.

La menstruation ne se développe pas seule. L'excitabilité génitale se décèle souvent avec cet âge par le prurit et la masturbation chez les petites filles et persiste encore plus souvent après chez de vieilles femmes lascives.

L'état passif de la femme dans la copulation lui rend cet acte possible indéfiniment, tandis que l'âge et les excès limitent l'homme étroitement à cet égard.

L'embonpoint n'éteint point le désir chez la femme, mais les femmes passionnées sont généralement très maigres.

La frigidité féminine a ses degrés et n'est souvent que relative. Malgré sa fréquence, la répulsion en est très rarement la cause; l'attraction, le plaisir font seuls défaut. Elle n'empêche que très rarement la femme de se marier, ne la rend jamais stérile ni mère imparfaite.

Il existe des hommes et des femmes qui vivent continuellement sous l'influence des organes génitaux. Ce sont ordinairement des sujets pauvres d'intelligence et des idiots.

Phacès cite un prince maure qui, en trois jours, donnait satisfaction à ses quarante femmes. On cite une femme publique qui, pendant dix ans, a reçu tous les jours dix hommes sans en souffrir.

C'est surtout chez la femme douée d'une ardente imagination que la continence provoque l'exaltation cérébrale et celle de l'organe génital.

No 3.—Durée de l'acte charnel.

Ovide, Art d'aimer, Livre II.

Allez doucement dans l'hyménée et ne vous hâtez pas d'atteindre le but; ne laissez pas votre maîtresse en arrière, et ne souffrez pas non plus qu'elle vous devance dans la course. Le plaisir n'est parfait que lorsque, également vaincus, l'homme et la femme rendent en même temps les armes.

J'aime à entendre la voix émue de ma maîtresse exprimer son bonheur et me prier de le faire durer.

Qu'il m'est doux de la voir se pâmer de plaisir et me demander merci.

La nature n'a point accordé cet avantage à la première jeunesse de la femme; il est réservé à l'âge qui suit le septième lustre.

A cet âge, et même à un âge plus avancé, les femmes instruites par l'expérience, qui seule forme les artistes, savent mieux tous les secrets de l'art d'aimer.

Elles rajeunissent leur corps à force de soins; par mille attitudes savantes, elles savent varier et doubler les plaisirs de Vénus; elles font goûter le plaisir sans recourir à des moyens honteux pour rallumer vos feux; la jouissance qu'elles procurent, elles la partagent également. C'est pour vous, c'est pour elles qu'elles agissent alors.

Nous emprunterons la note suivante et quelques autres au _Bréviaire de l'amour expérimental _de Jules Guyot, petit livre publié après la mort de l'auteur par trois savants très haut placés dans l'estime publique, pour l'usage des gens du monde, même les plus chatouilleux au point de vue de la décence.

N° 4.—Simultanéité des spasmes.

Docteur Jules Guyot, 11° méditation.

La meilleure préparation pour la fécondation est la continence de l'homme.

L'époque la plus favorable à la conception est le septennaire qui suit la menstruation.

Les conditions nécessaires sont la simultanéité des deux spasmes ou, à défaut, le spasme de la femme provoqué le plus tôt possible après celui de l'homme.

L'ignorance ou la négligence de cette pratique est la cause des neuf dixièmes des unions stériles (cela explique et corrobore le conseil de Sanchez).

Cependant, par une déplorable facilité à la conception, la fécondation se produit très souvent sans que le spasme de la femme ait eu lieu.

CHAPITRE II

Positions et attitudes diverses dans l'acte sexuel qui permettent la fécondation.

Dans l'union supérieure, la femme doit se placer de manière à ouvrir l'yoni.

Dans l'union égale, elle se couche sur le dos dans la position naturelle et laisse l'homme lui faire un collier de ses bras.

Dans l'union inférieure, elle se pose de façon à rétrécir l'yoni; il est bon aussi qu'elle prenne des médicaments propres à hâter le moment où sa passion est satisfaite.

Pour la femme Gazelle, N° 1, couchée, il est trois positions:

PLEINEMENT OUVERTE.—Elle tient sa tête très basse, de manière à élever le milieu du corps. L'homme doit alors appliquer sur son linga ou sur l'yoni de la salive ou quelque onguent lubréfiant pour faciliter l'introduction.

BAILLANTE.—La femme lève les cuisses et les écarte.

CELLE DE L'ÉPOUSE D'INDRA.—Elle croise ses pieds sur ses cuisses, ce qui exige une certaine habitude. Cette position est très utile pour l'union très supérieure (N° 4 étalon, avec N° 1 gazelle).

Pour les unions inférieures et très inférieures, on a:

1° La position bouclante: l'homme et la femme étant couchés, ont leurs jambes étendues et appliquées directement, celles de l'un sur celles de l'autre.

La position peut être horizontale, de côté; dans cette dernière position, l'homme doit se tenir sur le côté gauche.

Cette règle doit être suivie toute les fois que l'on est couché et quelque soit le numéro typique de la femme.

POSITION DE PRESSION.—Après que la connexion s'est faite dans la position bouclante, la femme serre son amant avec ses cuisses.

POSITION ENTRELACÉE.—La femme croise, avec l'une de ses cuisses, la cuisse de l'homme.

POSITION DITE DE LA CAVALE.—La femme serre, comme dans un étau, le linga engagé dans son yoni. Cela s'apprend seulement par la pratique et se fait, principalement, par les femmes du pays d'Andra.

Souvarnanabha donne en outre:

LA POSITION MONTANTE.—Dans laquelle la femme lève ses jambes toutes droites.

LA POSITION BAILLANTE.—La femme place ses deux jambes sur les épaules de l'homme.

LA POSITION SERRÉE.—L'homme serre contre lui les deux pieds croisés et relevés de la femme; si un pied seulement est levé, la position est demi-serrée. La femme met un pied sur l'épaule de l'homme et étend l'autre jambe de côté; puis elle prend une position semblable du côté opposé, et continue ainsi alternativement.

L'ENFONCEMENT DU CLOU.—Une des jambes de la femme est sur la tête de l'homme et l'autre est étendue de côté.

LA POSITION DU CRABE.—Les deux pieds de la femme sont tirés et placés sur son estomac.

LE PAQUET.—La femme lève et croise ses cuisses.

LA FORME DU LOTUS.—Dans cette position, la femme croise ses jambes l'une sur l'autre, en tenant les cuisses écartées. Cette position est celle indiquée plus haut sous le nom de l'épouse d'Indra.

LA POSITION TOURNANTE.—L'homme, pendant la connexion, tourne autour de la femme sans se détacher d'elle, ni interrompre l'acte, tandis que la femme tient son corps embrassé; cela s'apprend seulement en s'y exerçant.

Il est facile et il convient, dit Souvernanabha, de s'unir de toutes les manières possibles étant dans le bain; mais Vatsyayana condamne toute connexion dans l'eau, comme contraire à la loi religieuse.

Quand la femme se tient sur ses mains et ses pieds comme un quadrupède, et que son amant la monte comme un taureau, cela s'appelle l'union de la vache. Dans cette position, on peut faire sur le dos toutes mignardises qui se font ordinairement sur le devant du corps. L'homme peut aussi saisir avec sa main droite les seins et avec la main gauche titiller le clitoris, tandis qu'il meut son linga dans le vagin, ce qui double la volupté de la femme ainsi caressée et peut hâter son spasme de manière à le faire coïncider avec celui de l'homme.

C'est la position où la matrice est la mieux située pour la conception, car alors son fond est plus bas que son orifice. C'est la plus naturelle et la moins voluptueuse, car le clitoris n'est point touché, à moins qu'on n'y porte la main.

APPENDICE AU CHAPITRE II

Note 1.—OVIDE, _Art d'aimer. _Livre III.

Ovide ne voit dans les attitudes diverses qu'un moyen de coquetterie pour les belles.

Que les femmes dit-il, apprennent à se connaître pour s'offrir avec tous les avantages aux combats de l'amour.

Si vous brillez par la beauté de vos traits, couchez-vous sur le dos; si vous avez une croupe élégante, présentez en aux yeux toute les richesses. Si vos jambes sont bien faites, placez les sur les épaules de votre amant, comme Mélanion posait sur ses épaules les jambes d'Alalante. Si vous êtes de petite taille, que votre amant remplisse le rôle de coursier. Celle dont la taille a des inflexions voluptueuses appuiera ses genoux sur le lit, en inclinant légèrement la tête. Celle dont les cuisses ont la ferme beauté de la jeunesse, dont les seins ont une courbure gracieuse, se couchera obliquement sur le lit de manière que son amant, debout près d'elle, la voie dans cette position charmante.

Celle dont les flancs portent les traces des travaux de Lucine combattra comme le Parthe, le dos tourné.

Vénus, la mère des amours, en sait varier les jeux de mille manières; mais la position la plus simple et la moins fatigante, est de s'étendre sur le côté droit.

Déjazet avait l'habitude de dormir sur le dos, parce que, disait-elle, «arrive qui plante!»

Note 2.—Théologiens.

Le P. Gury, art. 997.—Les fins qui rendent honnête l'acte conjugal sont:

1° La génération qui est l'une des principales;

2° Le moyen de satisfaire les obligations entre époux;

3° Le moyen de prévenir l'incontinence chez les époux;

4° Le désir d'animer ou de faire naître un amour honnête, de montrer ou provoquer l'affection conjugale.

(On peut remarquer que les deux dernières fins légitiment tous les plaisirs naturels entre époux, même stériles par le fait de leur conformation naturelle).

Art. 911.—La position tout à fait licite est celle que la nature elle-même enseigne; c'est-à-dire, la femme couchée dessous et l'homme dessus (faire la bête à deux dos, comme dit Rabelais).

Aucune position, quoique contre nature, n'est, en principe, gravement défendue, pourvu que l'acte conjugal puisse être accompli, parce qu'il n'y a pas d'obstacle à la génération.

Toute position contre nature, prise pour un motif légitime, est exempte de faute; car, parfois, ces positions sont plus commodes ou seules possibles; et toute commodité ou nécessité peut rendre légitime cette dérogation, légère en elle-même, à l'ordre naturel.

Art. 912.—Cela peut arriver pour différentes causes, même celle de la froideur, lorsqu'on est plus excité dans cette position.

Si l'homme, dit Sanchez, ne peut être amené à connaître sa femme hormis dans une certaine position, qui doutera que la femme est tenue de la prendre?

La position, quelle qu'elle soit, n'est condamnée en aucune façon, si elle est la seule possible.

C'est aussi l'opinion de saint Thomas et de plusieurs autres grands théologiens, notamment en ce qui concerne la position à retro.

Note 3.—Les hommes de l'art.

Docteur Debay, Hygiène de l'homme et de la femme.

Toutes attitudes favorables à la fécondation sont permises, toutes celles qui y mettent obstacle doivent être proscrites. Ainsi les attitudes assises, indolentes, paresseuses éludent souvent le but de la nature. L'attitude droite est on ne peut plus fatigante, elle expose l'homme à de graves accidents, par exemple des tremblements convulsifs et des paralysies dans les jambes dans la seconde jeunesse.

La posture à retro doit être recommandée dans l'état de grossesse ou d'obésité de la femme et lorsque le membre viril n'a pas la longueur requise.

Lorsque celui-ci est trop long, il peut blesser le col de l'utérus et l'homme doit limiter son introduction à l'aide d'un bourrelet.

Aujourd'hui on applique à la racine de la verge, avant l'érection, un anneau creux en caoutchouc de la longueur nécesaire; il est aussi facile à mettre qu'à retirer. A son défaut, dit Venête (Cologne 1696), la femme pourra le remplacer agréablement par sa main.

CHAPITRE III

Attitudes qui ont pour but unique la volupté.

Lorsque l'homme et la femme s'unissent debout, appuyés l'un contre l'autre ou bien contre un mur ou un pilier, c'est l'union appuyée.

Quand l'homme, adossé à un mur, soulève et soutient la femme assise sur ses mains jointes et entre ses bras, tandis que celle-ci, les bras entrelacés autour de son cou, l'embrasse avec ses cuisses vers le milieu du corps, et s'imprime à elle-même un mouvement, à l'aide de ses pieds qui touchent le mur auquel l'homme est appuyé, cela s'appelle la connexion par suspension.

(Cette position est figurée dans la collection des fermiers généraux, reproduction des camées érotiques antiques).

On peut, de même, imiter l'acte du chien, du bouc, du daim, la montée et la pénétration forcée de l'âne et du chat, le bond du tigre, le frottement du verrat et la saillie de la jument par l'étalon, en opérant comme ces différents animaux avec leurs femelles.

L'UNION D'UN HOMME AVEC DEUX FEMMES.

Quand un homme caresse deux femmes dans le même moment, cela s'appelle l'union double. Elle peut se faire lorsque deux femmes se tiennent horizontalement sur le bord d'un lit, l'une sur l'autre, face à face, comme deux amants, et les jambes en dehors du lit; le linga passe alternativement d'un yoni dans l'autre, par des coups successifs, les uns à recto, les autres à retro.

L'union simultanée avec plusieurs femmes s'appelle l'union avec un troupeau de vaches.

On a de même _l'union dans l'eau; _c'est celle de l'éléphant avec plusieurs femelles, qui ne se pratique, dit-on, que dans l'eau; _l'union avec plusieurs chèvres, celle avec plusieurs gazelles, _c'est-à-dire que l'homme reproduit avec plusieurs femmes les mêmes actes que ces animaux avec plusieurs femelles.

Dans le Gramaneré, plusieurs hommes jeunes jouissent d'une femme qui peut être l'épouse de l'un d'eux, l'un après l'autre ou tous en même temps. La femme est étendue sur l'un d'eux; un autre consomme l'hyménée de l'yoni et du linga; un troisième se sert de sa bouche, un quatrième embrasse étroitement le milieu de son corps et ils continuent de cette manière, en jouissant alternativement des différentes parties de la femme (App. n° 1).

La même chose peut se faire quand plusieurs hommes sont en compagnie avec une courtisane, ou quand il n'y a qu'une courtisane pour satisfaire un grand nombre d'hommes.

L'inverse peut se faire par les femmes du harem royal, quand, accidentellement, elles peuvent y introduire un homme.

Dans le sud de l'Inde, on pratique aussi l'union basse, c'est-à-dire l'introduction du linga dans l'anus (App. n° 2).

L'aphorisme suivant forme, en deux vers, la conclusion du sujet:

«L'homme ingénieux multiplie les modes d'union en imitant les quadrupèdes et les oiseaux; car ces différents modes pratiqués suivant l'usage de chaque pays et les goûts de chaque personne inspirent aux femmes l'amour, l'amitié et le respect.»

APPENDICE AU CHAPITRE III

N° 1. Martial, livre X.—«Deux galants se rencontrèrent un matin, chez Phillis, elle les satisfit tous les deux en même temps: l'un la prit par devant, et l'autre par derrière.»

N° 2. La Sodomie.—Dans l'Inde, cette pratique, à cause des souillures qu'elle est censée entraîner, n'a jamais eu beaucoup de faveur.

Les musulmans l'y ont propagée en l'approuvant.

Il ne paraît être ici question que de l'union basse, entre un homme et une femme; elle est moins révoltante que la sodomie parfaite, qualification que les théologiens donnent à l'union avec un mignon.

Le P. Gury, art. 434.—«La sodomie parfaite n'est pas de la même espèce que la sodomie imparfaite, parce que, dans la première, l'homme est porté vers le même sexe et contre la nature, dans la seconde il est porté contre la nature.

«La première a un nom grec: la Philopédie [Grec: Philopaidia], amour des jeunes garçons.»

On sait combien la Philopédie était en faveur chez les Grecs et les Romains. Tous les vers d'Anacréon sont consacrés à Batyle. Qui ne connaît le vers de Virgile:

«Formosum pastor Corydon ardebat Alexim!

N° 3. Les Latins.—Parmi les poètes latins qui ont chanté l'amour,
Ovide est le seul qui se taise sur les mignons.

Catulle et Tibulle se montrent attachés à leurs mignons autant qu'à leurs maîtresses. Catulle, poésie XV. «Je te recommande mes amours, Aurélius, toi qui es redoutable à tous les adolescents beaux ou laids. Satisfais ta passion quand et comme il te plaira, dans toutes les ruelles où tu trouveras un mignon de bonne volonté, je n'en excepte que le mien seul; mais si la fureur lubrique s'attaque à lui, malheur à toi! Puisses-tu, les mains liées, publiquement exposé, subir l'affreux supplice que le raifort et les mulets font souffrir à l'adultère (sans doute le même qu'en Chine).

Tibulle, dans l'Élégie IV, livre I, donne des leçons aux amants des jeunes garçons.

«Prête-toi à toutes les fantaisies de l'objet que tu aimes.

«Pour l'accompagner, ne crains ni la fatigue de la route, ni le chaud, ni le froid, ni les intempéries.

«Veut-il traverser l'onde azurée, prends la rame.

«Veut-il s'exercer à l'escrime, badine d'une main légère, et souvent laisse ton flanc à découvert, alors tu pourras essayer de lui ravir un baiser qu'il laissera prendre en résistant.

«Bientôt, il accordera ces baisers à tes prières, et enfin, de lui-même, il s'enlacera à ton cou.

«Mais hélas, les jeunes garçons ont pris l'habitude d'exiger des présents. Enfants, aimez les doctes poètes, l'or ne doit pas l'emporter sur la muse. Que le barbare qui est sourd à leur voix, qui vend son amour, soit attaché au char de Cybèle, qu'il se mutile honteusement au son de la flûte phrygienne.

«Vénus elle-même veut qu'on écoute les doux propos; elle s'intéresse aux plaintes de l'amant qui supplie, à ses larmes touchantes.»

Dans son célèbre chapitre: Des Amours, Lucien complète ces leçons par la description de la séduction finale.

Après avoir vu et contemplé, le désir vient de se rapprocher par l'attouchement. Il commence par le chatouiller seulement du bout des doigts en quelque endroit découvert, puis il promène la main sur tout son corps de la même manière, ce qu'on lui permet sans difficulté. Ensuite il essaie de prendre un baiser, chaste d'abord, où ses lèvres sont simplement juxtaposées à celles de son ami et s'en écartent avant de les avoir touchées complètement, de manière à n'éveiller chez lui aucun soupçon. A mesure qu'il trouve plus de complaisance, il renouvelle les baisers et les prolonge comme dans une sorte d'effusion, sans passion, mais alors, aucune de ses mains ne reste inactive. Ces embrassements apparents dans les vêtements condensent la volupté et augmentent progressivement l'excitation; alors par une manoeuvre lubrique, il glisse la main sous le sein de son ami et presse les mamelons qui entrent en érection; ensuite il caresse mollement de ses doigts le ventre arrondi et ferme et descend dans la tendre touffe qui ombrage la puissance des organes.

«Si enim vel summis tantum digitis attigerit, totum corpus fructus ille percurrit. Hoc ubi facilè consecutus est, tertio tentat osculum, non statim luxuriosum illud sed placidè admovens labia labiis quæ prius etiam quam plane se contigerint desistant, nullo suspicionis relicto vestigio. Deindè concedenti se quoque accommodans longioribus amplexibus quasi illiquescit, etiam placidè os diducens nullamque manum otiosam esse patitur: nam manifesta illa in vestimentis complexionis voluptatem conglutinant, aut latenter lubrico lapsu dextra sinum subiens, mamillas premit paulum ultrà naturam tumentes, et duriusculi ventris rotonditatem digitis molliter percurrit, post hoc etiam primæ laluginis in pube florem.»

L'amour, trouvant une occasion favorable, s'emporte à une entreprise plus hardie et frappe enfin le but qu'il a visé.

Dans sa satyre VI contre les femmes, l'austère Juvénal conseille de prendre un mignon plutôt qu'une épouse.

«Le lit conjugal a été souillé dès l'âge d'argent, et tu te laisses,
Posthume, atteler au joug.

«Manques-tu de moyens pour y échapper? N'y a-t-il plus de cordes? plus de fenêtres aux derniers étages? N'as-tu pas le pont Emilien près de ta demeure?

«Et s'il te déplaît de quitter ce monde, pourquoi ne préfères-tu pas à une fiancée cet adolescent qui dort près de toi? Lui au moins ne profitera pas, la nuit, de votre intimité, pour te tourmenter, pour te demander des cadeaux; il n'exige point que tu t'attaches à ses flancs et que tu te mettes hors d'haleine aussi longtemps qu'il lui plaît.»

On peut voir dans ce conseil une simple boutade poétique; de même il ne faut voir qu'une ironie dans la conclusion de Lucien sur le même sujet.

N°4.—Dans le chapitre XXXVIII déjà cité, Lucien se met en scène avec un partisan des femmes et un Philopède, qui l'ont pris pour juge entre eux, Chariclès, l'avocat de l'amour avec les femmes, parle avec beaucoup de raison et d'éloquence et termine ainsi:

«On peut, à la rigueur, concevoir jusqu'à un certain point que l'homme use de la femme comme vous usez d'un mignon, mais jamais et en aucune façon il ne doit remplir l'office de femme.

«Si le commerce d'un homme avec son semblable est honnête, qu'à l'avenir les femmes puissent s'aimer et s'unir entre elles! que ceinte de ces instruments infâmes, inventés par le libertinage, monstrueuse imitation faite pour la stérilité (peut-être importés à Rome de l'Inde où nous verrons plus loin qu'ils étaient fort en usage), une femme embrasse une autre femme comme le ferait un homme, que l'obscénité de nos tribades triomphe impudemment. Que nos gynécées se remplissent de Philénis qui se déshonorent par des amours androgynes. Et combien ne vaudrait-il pas mieux qu'une femme poussât la fureur de sa luxure jusqu'à vouloir faire l'homme que de voir celui-ci se dégrader au point de jouer le rôle d'une femme.»

L'avocat de la philopédie, un rhéteur d'Athènes, réplique:

«L'amour avec un mignon est le seul qui puisse allier la volupté à la vertu, car les femmes sont une chaîne et souvent un tourment qui ne laisse point l'homme maître de lui-même, tandis qu'un jeune garçon peut être un ami, un disciple, un compagnon d'exercices de tout genre. D'ailleurs l'amour masculin a sur l'autre la supériorité du plaisir sur la fonction, du superflu sur le nécessaire, etc. etc.»

Ce discours ressemble beaucoup à celui de l'avocat dans les Plaideurs de Racine, et Lucien le prête au philopède avec une intention évidente de ridicule. La cause est entendue, le juge prononce la sentence suivante, fine ironie contre la philosophie et les philosophes de son temps:

«Le mariage est infiniment utile aux hommes; il rend heureux quand on rencontre bien. Mais la philopédie, considérée comme la sanction d'une amitié pure et chaste (cas de Socrate et d'Alcibiade), n'appartient, selon moi, qu'à la seule philosophie. Je permets donc à tous hommes de se marier, mais les philosophes seuls ont le droit d'aimer les jeunes gens; la vertu des femmes n'est pas pour eux assez parfaite. Ne sois point fâché, Chariclès, si Corinthe (la ville des courtisanes) le cède à Athènes (la ville des philosophes et des mignons).»

N° 5.—Martial adresse nombre d'épigrammes aux philopèdes et aux gitons.

IX, 64.—«Tous les gitons t'invitent à souper, Phébus; celui qui vit de sa mentule n'est pas, je pense, un homme pur.

XI, 22.—Il maudit un pédéraste masturbant.

XI, 26.—Au jeune Théophorus. «Donne-moi, enfant, des baisers parfumés de Falerne et passe-moi la coupe après y avoir trempé les lèvres. Si tu m'accordes en outre les vraies jouissances de l'amour, moins heureux sera Jupiter avec son Ganymède.»

XII, 64.—Sur Cinna. D'un esclave plus blond, plus frais que le fût jamais esclave, Cinna fait son cuisinier, Cinna est un fin gourmet.»

XII, 69.—A Paullus. «Comme pour tes coupes et tes tableaux, Paullus, tu n'as, en fait d'amis, que des modèles.»

XII, 75.—Sur les mignons. «Politimus n'est bien qu'avec les jeunes filles; Atticus regrette ingénument d'être garçon; Secundus a les fesses nourries de glands; Diodymus est lascif et fait la coquette; Amphion pouvait naître fille. Je préfère, ami, les douces faveurs de ces mignons, leurs dédains superbes et leurs caprices à une dot d'un million de sesterces.»

XI, 43.—Contre Sabellus.

«Tu m'as lu, Sabellus, sur des scènes de débauche, des vers par trop excessifs et tels que n'en contiennent pas les livres obscènes d'Elephanta. Il s'agit de nouvelles postures érotiques, de l'accouplement par cinq formant une chaîne, enfin de tout ce qu'il est possible de faire quand les lumières sont éteintes; ce n'était pas la peine d'être si éloquent.»

«N° 6. La sodomie dans les armées et chez les femmes.

D'après Catulle, la philopédie était de son temps tout à fait générale à Rome, dont la plupart des citoyens étaient encore à cette époque des soldats. C'est dans les camps, sans doute, qu'ils avaient contracté ces habitudes qu'on trouve déjà chez les Grecs dans les armées.

Ainsi on lit dans la Retraite des Dix mille (Xénophon) que, pour alléger la marche, on ne permit aux mercenaires d'emmener avec eux aucun impedimentum, butin ou esclave, excepté un jeune garçon pour chaque soldat.

Les Mille et une Nuits sont un recueil de Sodomies que la traduction de Galand a transformées en galanteries décentes.

Cette débauche existe dans nos corps indigènes d'Afrique et, pour ce motif, on ne devrait point y admettre de Français, même comme engagés volontaires.

Malheureusement on la trouve aussi dans les compagnies de discipline. On voit à quelle démoralisation sont exposés les enfants de famille honnêtes condamnés par les conseils de guerre.

Il fut un temps où quelques officiers d'Afrique avaient pris goût à la sodomie imparfaite.

Les patronnes de quelques maisons de tolérance de France se plaignaient des offenses faites par eux à la dignité de leurs nymphes.

Cependant quelques femmes provoquent à cette débauche et y prennent un certain plaisir (la proximité du rectum et du canal vaginal établit une sympathie du premier avec le vagin et l'utérus) et elles l'accompagnent ou la font accompagner d'une autre, le clytorisme. On a remarqué dans les hôpitaux que, chez toutes les femmes traitées pour ulcérations anales, on trouve en même temps des déformations vulvaires provenant de la manualisation et du saphisme. La crainte de la conception est sans doute le motif déterminant de cette double débauche. Cependant on a vu des femmes qui avaient remplacé le vagin absent par l'urètre et le rectum, être ainsi fécondées.

A la clinique gynécologique et siphyligraphique de l'hôpital de
Lourcine, le docteur Martineau s'exprimait ainsi:

«Ceux d'entre vous qui assistent à mes visites ont pu s'assurer de la fréquence de la sodomie chez les femmes qui fréquentent l'hôpital de Lourcine. Si je la vois coïncider chez les filles publiques avec la prostitution ordinaire, je la constate le plus souvent chez les femmes qui ignorent l'abjection d'un acte qui leur est imposé par leur mari.

«A l'hôpital de Lourcine je dois même dire que c'est le cas le plus ordinaire; je l'observe bien plus fréquemment chez les femmes mariées, chez les jeunes femmes, chez les filles débauchées, il est vrai, mais non prostituées. En consultant mes observations, je trouve surtout des domestiques, des couturières, des modistes, des demoiselles de café, etc, etc., et très rarement des prostituées. La sodomie donc, pas plus que les déformations vulvaires provenant de la manualisation et du saphisme, n'appartient pas à la prostitution. On la rencontre indifféremment chez la femme mariée et chez celle qui vit dans le concubinage; chez toutes on trouve, en même temps que les traces de sodomie, des déformations vulvaires provenant de la manualisation et du saphisme.

La sodomie s'observe à tous les âges de la femme, depuis huit ans jusqu'à cinquante et même plus; elle est surtout fréquente entre seize et vingt-cinq ans parmi les observations recueillies à l'hôpital de Lourcine. Les femmes qui viennent là ne présentent pas des habitudes invétérées de sodomie comme les prostituées.»

A. Tardieu avait fait les mêmes remarques, et il nous dit:

«Chose singulière, c'est principalement dans les rapports conjugaux que se sont produits les faits de cette nature. C'est, en général, très peu de temps après le mariage que les hommes commencent à imposer à leurs femmes leurs goûts dépravés. Celles-ci, dans leur innocence, s'y soumettent d'abord; mais plus tard, averties par la douleur ou renseignées par une amie, par leur mère, elles se refusent plus ou moins opiniâtrement à des actes qui ne sont plus dès lors tentés ou accomplis que par la violence. C'est dans ces derniers cas seulement que le médecin intervient, consulté par la justice. La cour suprême a rendu plusieurs arrêts consacrant le principe que le crime d'attentat à la pudeur peut exister de la part du mari se livrant sur sa femme à des actes contraires à la fin légitime du mariage, s'ils ont été accomplis avec violence physique.»

Les révélations des hommes de l'art expliquent comment des théologiens ont pu, sans être des érotomanes ou des exploiteurs de consciences, tracer aux confesseurs la règle suivante:

«Immédiatement avant le mariage, avertir la fiancée qu'elle devra se refuser à tout ce qui est contraire à la procréation, et en cas de doute sur l'application de cette prescription dans le mariage, consulter au besoin son confesseur.»

Il peut arriver, surtout dans le bas peuple, qu'une femme ne trouve pas chez une autre de son intimité, pas même chez sa mère, les lumières ou la moralité nécessaires pour être bien et suffisamment renseignée.

CHAPITRE IV

Le rôle de l'homme dans l'union.

L'homme doit faire tout ce qu'il peut pour procurer le plaisir à la femme.

Lorsque la femme est sur son lit et comme absorbée par sa conversation, l'homme défait le noeud de son vêtement inférieur; et, si elle le querelle, il lui ferme la bouche par des baisers.

Beaucoup d'auteurs sont d'avis qu'il doit commencer par lui sucer le mamelon des seins.

Lorsque son linga est en érection, il la touche avec les mains en différents endroits et caresse agréablement les diverses parties de son corps.

Si la femme est timide et se rencontre avec lui pour la première fois, il placera sa main entre ses cuisses qu'elle serrera instinctivement.

Si c'est une très jeune fille, il mettra les mains sur ses seins qu'elle couvrira sans doute avec les siennes, sous les aisselles et sur le cou.

Si c'est une femme mûre, il fera tout ce qui pourra plaire à tous deux et ce qui conviendra pour l'occasion.

Puis il lui prendra la chevelure et le menton entre ses doigts pour les baiser.

Si c'est une jeune fille, elle rougira et fermera les yeux.

Par la manière dont elle recevra ses caresses, il devinera ce qui lui plaît le plus dans l'union.

A ce sujet, Souvarnanabha dit: Quelque chose que l'homme fasse dans l'union pour son plaisir, il doit toujours presser la partie du corps de la femme vers laquelle elle tourne les yeux.

Voici quels sont les signes de la jouissance et de la satisfaction chez la femme.

Son corps se détend, ses yeux se ferment, elle perd toute timidité, fait effort pour que les deux organes soient unis aussi étroitement que possible.

Quand, au contraire, elle n'éprouve point de jouissance, elle frappe sur le lit avec les mains, ne laisse point l'homme avancer, elle est maussade, mord l'homme, lui donne des coups de pied et continue son mouvement quand l'homme a fini.

Dans ce cas, l'homme doit frotter, en l'ébranlant, le yoni de la femme avec sa main et ses doigts (comme l'éléphant frotte avec sa trompe) avant de commencer l'union, jusqu'à ce qu'il soit humide, et, ensuite, y introduire son linga.

Il reprend le même mouvement avec sa main après son spasme, si celui de la femme ne s'est pas encore produit (voir à ce sujet l'appendice).

Il y a neuf actes que l'homme doit accomplir.

1° LA PÉNÉTRATION OU MOUVEMENT EN AVANT.—Les deux organes se portent tout droit l'un vers l'autre, exactement en face;

2° LA FRICTION ou BARATEMENT.—Le linga tenu dans la main est tourné en rond dans le yoni, autour des bords (comme dans le baratement du beurre);

3° LE PERCEMENT.—Le yoni est abaissé et le linga frappe sa partie supérieure;

4° LE FROTTEMENT.—Dans la même situation, le linga frappe contre la partie inférieure du yoni;

5° LA PRESSION.—Le linga presse le yoni pendant un temps long;

6° LE COUP.—Le linga, tiré hors du yoni, y revient ensuite et le frappe fort et à fond; la sortie rend de la vigueur au linga, retarde le spasme de l'homme; le retour tend à accélérer celui de la femme;

7° LE COUP DU VERRAT.—Le linga revient frapper seulement une partie du yoni;

8° LE COUP DU TAUREAU.—Le linga dans sa rentrée frappe à la fois les deux côtés du yoni;

9° LE SPORT DU MOINEAU.—Le linga a un mouvement très rapide de va et vient dans le yoni sans en sortir.

Cela se fait généralement vers la fin de l'union, lorsque l'homme sent qu'il ne peut plus retarder son spasme.

APPENDICE AU CHAPITRE IV

PLAISIR DE LA FEMME DANS L'UNION

Vatsyayana discute longuement les opinions des anciens sages sur la semence de la femme; nous préférons donner les résultats de la science moderne sur ces questions si vieilles.

Dans l'union, le clitoris grossit et se dresse; les grandes et les petites lèvres se gonflent; le tissu érectile du vagin entre en action, excité par le frottement; la muqueuse vulvo-utérine sécrète, conjointement avec les glandes, une humeur visqueuse qui rend le canal plus glissant.

Cette sécrétion, bien qu'elle apparaisse quelquefois sous la forme d'un fluide laiteux, n'est point une éjaculation, car la femme n'a pas d'appareil éjaculateur.

Le plaisir, chez la femme, est dû, pour la plus grande partie, aux chatouillements exercés sur le clitoris, et, pour le reste, aux frottements produits sur les parois du vagin et les petites lèvres, pendant l'action.

Si le spasme voluptueux a moins de violence chez la femme, il est par contre plus prolongé que chez l'homme.

Les femmes nerveuses ou à imagination ardente éprouvent un plaisir très vif au moindre chatouillement des parties. Tout contact par l'homme les impressionne.

Les femmes lymphatiques, grasses, n'arrivent au spasme vénérien qu'après de longues caresses et excitations des organes.

Le Docteur Jules Guyot, _bréviaire de l'amour Expérimental, _s'exprime ainsi sur le sujet, dans sa 3e méditation.

«Tant que le spasme n'est pas déterminé dans les deux parties, la fonction n'est pas accomplie; l'homme n'a pas émis le fluide vivant, la femme n'a pas projeté de ses limbes, dans l'utérus, des ovules avec toute l'énergie nécessaire.»

Une cause déterminante du spasme réside dans les mamelles et surtout dans les titillations et la succion des mamelons.

Beaucoup de jeunes filles croient permis et permettent à leurs amies et quelquefois à leurs amis la titillation et la succion de leurs seins; leur pudeur ne s'en effarouche point comme de l'attouchement des parties secrètes. C'est ce que le docteur Gauthier appelle l'onanipumammaire, très commun dans les pensionnats.

L'impression ressentie détermine constamment l'érection du clitoris; et la friction de ce dernier organe, simultanée à la succion ou à la friction des mamelons, amène nécessairement le spasme génésique.

Rarement, le baiser avec les lèvres et dans la bouche peut produire un pareil résultat.

Dans l'état de besoin et de désir, les lèvres vaginales de la femme sont fermes et vibrantes, les seins sont gonflés et les mamelons en érection.

Si la femme ne présente pas ces signes, l'homme doit les déterminer par ses caresses, et ne doit accomplir la connexion que lorsqu'il est parvenu à produire le désir chez la femme.

Dans ce cas, il commence par toucher délicatement le clitoris.

Le clitoris est placé en haut et en avant de la vulve, sous deux petites lèvres, tout près et au-dessous du pubis ou mont de Vénus, à la commissure supérieure des grandes lèvres, comme serait un bouton de violette caché sous les feuilles supérieures; il est court, et le plus souvent a 2 ou 3 centimètres de long; il est de quelques centimètres au-dessus du vagin, canal de 4 à 10 centimètres de diamètre qui monte de la vulve à la matrice ou utérus.

La vulve ou vestibule des organes génitaux de la femme s'ouvre de haut en bas par deux replis membraneux placés de chaque côté; ce sont les grandes et les petites lèvres, celles-ci au-dessous de celles-là, qui, par leur accolement naturel, forment le vestibule.

Par suite de cette disposition, le pénis, en s'introduisant dans le vagin, ne touche que rarement le clitoris; mais il le touche dans la connexion complète, par le contact et le frottement extérieur des surfaces supérieures du pénis et des parties subspubiennes de la femme; en d'autres termes, le pénis qui se meut de bas en haut vient choquer ou presser la tête du clitoris qui lui se dirige toujours de haut en bas. Dans ce cas, l'excitation du clitoris se communique nécessairement à tout le reste de l'appareil génital de la femme.

Lorsque le vagin entre en érection, soit spontanément, soit par l'excitation des autres organes, il se porte en avant, s'entr'ouvre et favorise ainsi l'introduction du pénis qui, si cette introduction était intempestive ou violente, pourrait déchirer les parois du vagin et blesser la femme au col de l'utérus.

«La matrice,» dit Platon, «est un animal qui se meut extraordinairement quand elle hait ou aime passionnément quelque chose. Son instinct est surprenant lorsque par son mouvement précipité elle s'approche du membre de l'homme pour en tirer de quoi s'humecter et se procurer du plaisir[28].

[Note 28: Cuveillier.—La matrice (mater) ou utérus (utriculus, outre) est l'organe de la gestation, le vase où se produit la fécondation par la semence virile des oeufs détachés de l'ovaire.]

Si les parties de la femme n'entrent point en érection, le pénis se meut dans le vagin qui reste insensible; dans ce cas l'homme seul éprouve un plaisir et le spasme, par l'effet de la friction exercée sur les parois internes du vagin par le pénis.

L'homme peut ainsi s'épuiser sans que la femme éprouve aucun plaisir, parce que, soit par ignorance de la nature de la femme, soit par impétuosité passionnelle, il n'agit que sur les muqueuses vaginales.

Dans ces conditions, la femme reste froide, insensible, souvent même elle souffre; l'homme s'offense de son inertie, de sa stérilité, car elle ne peut concevoir en cet état.

De là naissent la désaffection et l'infidélité souvent réciproques qui seraient évitées sûrement par des rapports mieux compris entre époux.

C'est sans doute pour éviter ces fâcheux effets que des théologiens permettent et même conseillent à la femme des attouchements sur elle-même qui suppléent à l'insuffisance du mari pour déterminer son spasme et pour, autant que possible, le faire coïncider avec celui de l'homme.

La matrice est située dans l'excavation du bassin; son axe, dirigé obliquement de haut en bas et d'avant en arrière, occupe la ligne médiane entre la vessie et le rectum. Il est maintenu dans sa position par les ligaments ronds et les ligaments larges qui, lâches et flexibles, lui permettent de flotter, pour ainsi dire, dans l'excavation du bassin et d'y exécuter des mouvements plus ou moins étendus. C'est pour quoi on l'attire facilement vers la vulve dans certaines opérations chirurgicales et, lors de la grossesse, elle se déplace et s'élève dans l'abdomen.

CHAPITRE V

Ce qui se passe quand la femme prend le rôle actif.

Certaines conditions physiques dans lesquelles se trouve l'un des amants, notamment la fatigue de l'homme à la suite d'efforts prolongés sans crise finale (il est des hommes qui restent ainsi indéfiniment en érection), peuvent déterminer la femme à prendre alors le rôle actif. Souvent l'amour du changement et la curiosité suffisent pour l'y décider.

Il y a deux cas: celui ou la femme, durant la connexion, pivote sur l'homme de manière à continuer l'union sans interrompre le plaisir; et celui où elle prend la position de l'homme dès le début de l'action.

Dans ce dernier cas, avec des fleurs dans ses cheveux flottants, et des sourires mêlés de gros soupirs, elle presse le sein de son amant avec ses seins, et, baissant la tête un grand nombre de fois, elle le caresse de toutes les manières dont il avait l'habitude de la caresser et de l'exciter, en lui disant: «Vous avez été mon vainqueur, je veux, à mon tour, vous faire demander grâce.»

Par intervalles, elle jouera la honte, la fatigue et le désir de terminer la connexion.

Cependant, outre les neuf actes propres à l'homme elle fera encore les trois suivants.

Les PINCES.—Elle tient le linga dans l'yoni, le fait pénétrer par une sorte d'aspiration répétée, le serre et le garde ainsi longtemps..

Le PIVOT.—Pendant la connexion, la femme tourne autour de l'homme comme une roue horizontale autour d'un axe vertical.

Le BALANCEMENT.—C'est l'inverse du baratement; l'homme soulève le milieu de son corps et la femme imprime au milieu du sien et aux organes engagés ensemble un mouvement oscillatoire et tournant (App. n° 1).

Quand la femme est fatiguée, elle pose sa tête sur celle de son amant et reste ainsi, les organes continuant à être unis; quand elle est reposée, l'homme tourne autour d'elle et recommence l'action (App. _n°2).

APPENDICE AU CHAPITRE V

N° 1.—Dans Pétrone, Satyricon, CXI.

«Une mère amène sa fille à Eumolpe. Le vieillard se couche sur le dos dans son lit, fait étendre la jeune fille sur son corps, membres contre membres; puis il enjoint à son valet Coréas de se glisser sous le lit et s'appuyer sur le parquet pour soulever son maître avec ses reins. L'ordre est d'aller doucement. Il obéit et répond par des mouvements égaux à ceux de l'habile écolière.

«Cependant l'exercice touche à sa fin, Eumolpe crie à l'esclave de presser la mesure, et ainsi balancé entre la nymphe et Coréas, il semble jouer à l'escarpolette.

N° 2.—Ovide, _Art d'aimer, _livre III.

«Femmes, laissez-vous aller à la volupté; qu'elle remue jusqu'à la moelle de vos os et que le plaisir soit égal et pour vous et pour votre amant; qu'il s'exhale en petits cris de joie, en tendres paroles, en doux murmures, que les propos licencieux redoublent votre ardeur.

«Que je plains la femme qui ne ressent point le plaisir, qu'elle feigne au moins d'en éprouver et qu'elle ne se trahisse point dans cette feinte!

«Que ses cris, ses yeux tournés, ses torsions concourent à nous tromper et que sa voix mourante, sa respiration oppressée achèvent l'illusion.

«O honte! la volupté a ses tricheries et ses mystères!

«Aussi n'ayez point dans votre chambre à coucher une lumière trop vive; beaucoup de choses, chez une belle, ont besoin du demi-jour.»

CHAPITRE VI

De l'Auparishtaka ou hyménée avec la bouche.

DES EUNUQUES ET AUTRES PERSONNES QUI SONT LES INSTRUMENTS DE CETTE UNION
(App. n° 1).

Il y a deux sortes d'eunuques: ceux qui s'habillent en hommes et ceux qui se font passer pour des femmes.

Ce que l'on fait aux femmes sur le Jadgana, se fait dans la bouche de ces eunuques; cela s'appelle l'auparishtaka (App. n° 2). C'est le moyen d'existence de ces eunuques qui vivent comme des courtisanes (App. n°3).

Les eunuques qui s'habillent en hommes cachent leurs désirs. Quand ils veulent y donner cours, ils font le métier de masseurs.

Un eunuque de cette sorte tire à lui les cuisses de l'homme qu'il masse et lui touche les joints des cuisses et le jadgana.

S'il trouve le linga en érection, il l'excite par le jeu de la main.

Si l'homme, qui connaît par là son intention, ne lui-dit pas de procéder à l'auparishtaka, il commence de lui-même à besogner.

Si, au contraire, l'homme lui en fait la demande, l'eunuque paraît s'offenser d'une telle proposition, n'y consent et ne s'y prête qu'avec difficulté.

Il se livre alors à huit exercices gradués, mais ne passe de l'un à l'autre que sur la demande de l'homme.

1° L'UNION NOMINALE.—L'eunuque, tenant le linga dans la main et le pressant entre ses lèvres, imprime un mouvement à sa bouche.

2° La MORSURE SUR LES CÔTÉS.—L'eunuque saisit avec ses doigts ramassés comme le bouton d'une plante ou d'une fleur le bout du linga et il en serre les côtés avec ses lèvres et même avec les dents.

3° La SUCCION EXTÉRIEURE.—L'eunuque presse le bout du linga avec ses lèvres fortement serrées elle pousse dehors par cette pression, et puis le reprend avec ses lèvres et répète le même jeu.

4° La SUCCION INTÉRIEURE.—L'eunuque introduit le linga Dans sa bouche, le presse avec ses lèvres et le tire en dehors; puis il le reprend dans sa bouche et continue ainsi.

5° Le BAISER.—L'eunuque, tenant le linga dans sa main, le baise à la manière décrite pour le baiser de la lèvre inférieure.

6° Le LÈCHEMENT.—Après le baiser, l'eunuque touche le linga de tous les côtés avec la langue et en lèche le bout.

7° La SUCCION DE LA MANGUE.—L'eunuque met la moitié du linga dans sa bouche et le suce avec force.

8° L'AVALEMENT.—L'eunuque introduit le linga tout entier dans sa bouche et en presse le bout au fond de sa gorge, comme s'il voulait l'avaler.

Les domestiques mâles font quelquefois l'auparishtaka à leur maître. Il se pratique aussi entre intimes.

Quelques femmes du harem, très ardentes, se le font aussi entre elles, en unissant la bouche à l'yoni (c'est un mode des amours lesbiennes ou saphiques, la titillation du clitoris par la langue).

Quelques hommes caressent ainsi le yoni des femmes et y font les mêmes actes et mignardises que dans le baiser de la bouche (App. 4 et 5). Dans ce cas, quand la femme est renversée, la tête en bas, vers les pieds de l'homme, celui-ci caresse le yoni avec sa bouche et sa langue. C'est l'union de la corneille (figurée au temple souterrain d'Éléphanta).

Par passion pour cette sorte de plaisirs, des courtisanes quittent des amants généreux et possédant de bonnes qualités pour s'attacher à des esclaves et à des cornacs (App. 6).

Contrairement à l'opinion des anciens casuistes qui sont plus sévères, Vatsyayana est d'avis que l'Auparishtaka n'est défendu qu'aux maris avec leurs femmes. Il ajoute que, pour les pratiques de l'amour, on ne doit obéir qu'à l'usage du pays et à son propre goût.

On retrouve cette maxime chez les philosophes grecs et chez ceux du
XVIIIe siècle.

«L'amour, dit Zenon, est un dieu libre, n'ayant d'autre fonction à remplir que l'union et la concorde.»

«Tout est femme dans ce qu'on aime, dit Lamettrie, l'amour ne connaît d'autres bornes que celles du plaisir.»

Ce principe a été appliqué sans réserve, aussi bien dans le siècle du grand Frédéric que dans celui de Périclès. Frédéric lui-même passait pour sodomiste; Catherine de Russie se livrait à toutes les dépravations et avait constamment deux amants bien choisis. Que n'a-t-on pas dit du Régent et de ses filles!

APPENDICE AU CHAPITRE VI

N° 1.—Usage actuel de l'Auparishtaka.

L'auparishtaka, aujourd'hui relégué dans les mauvais lieux et dans les ménages onanistes (Gauthier, Onanisme buccal), parait avoir été très commun anciennement dans l'Inde.

On en trouve dans les gravures du chevalier Richard Payne, intitulé le Culte de Priape, une représentation empruntée au temple souterrain d'Éléphanta, et où l'homme agit sur la femme qui a la tête en bas.

Les différentes sortes d'auparishtaka se voient aussi dans les sculptures des temples de Civa, à Bhuvaneshwara, près de Cuttak, dans l'Orissa, qui remontent jusqu'au VIIIe siècle.

L'auparishtaka ne paraît pas habituel maintenant dans l'Hindoustan.

Il y a, en Algérie, des Arabes qui provoquent les hommes à cette débauche; pour quelques-uns, c'est un moyen de chantage ou de vol.

Dans les maisons de tolérance de Paris, celles mêmes qui sont tenues sur un grand pied, les femmes se prêtent à cette pratique et y provoquent même.

Beaucoup de célibataires d'un âge mûr qui fréquentent ces maisons préfèrent cette pratique à la connexion, non par libertinage, mais parce qu'elle satisfait, sans danger pour leur santé, ce qui n'est chez eux qu'un simple besoin d'hygiène analogue au bain.

N° 2.—Emploi ancien des eunuques.

L'emploi des eunuques est fort ancien en Orient, puisque Putiphar était eunuque.

(Comme Puliphar avait une fille, il faut admettre, ou que la mère de cette fille avait rencontré mieux que Joseph, ou que Puliphar n'était eunuque qu'en apparence et par hermaphrodisme).

A Rome, beaucoup de maris en avaient un pour garder leur femme.

Ovide, livre II, Les Amours, adresse à Bagoas l'Élégie deuxième pour qu'il ne soit pas un gardien trop sévère:

«O toi, Bagoas, qui n'es ni homme ni femme, gardien de ma maîtresse, laisse-lui prendre à la dérobée un peu de liberté, et tout ce que tu lui en accorderas, elle te le rendra. Consens à être de complicité avec elle. Un complice discret gouverne la maison, il ne sent plus le fouet. Pour cacher au mari la vérité, on le berce de chimères, et maîtres autant l'un que l'autre, le complice et le mari approuveront ce qu'approuvé la femme.

«Une femme caressante obtient de son époux tout ce qu'elle désire.

«Toutefois, que de temps en temps elle te querelle; qu'elle feigne de verser des larmes et te traite de bourreau.

«Tu lui reprocheras alors des fantes dentelle se justifiera aisément; elle deviendra par là irréprochable aux yeux de son mari. Ces complaisances te seront bien payées, et tu y gagneras bientôt ta propre liberté.»

N° 3.—Autre emploi des eunuques.

Aujourd'hui les eunuques servent de plastron pour la sodomie aux musulmans de l'Inde; ils ne se déguisent plus en femmes, attendu que ceux-ci préfèrent les jeunes garçons, à tel point que les Bayadères qui vont chanter et danser chez les princes musulmans s'habillent quelquefois en hommes, pour répondre à leur goût (voir les Chants des Bayadères).

Dans tout l'Orient, les masseurs des bains, qui sont des adolescents, s'offrent d'eux-mêmes comme plastrons.

Le nombre des eunuques alla toujours en augmentant à Rome, malgré un édit de Domitien qui interdit la castration, et que Martial a loué dans son Épigramme 3 du livre, VI:

«On se faisait un jeu de violer les droits sacrés du mariage, un jeu de mutiler des hommes innocents. Vous défendez cette infamie, César! et vous rendez service aux générations futures. Personne, sous votre règne, ne sera eunuque ni adultère. Avant vous, cependant, ô moeurs! l'eunuque lui-même était un adultère.»

Déjà considérable sous les empereurs grecs, le nombre des eunuques le devint bien plus encore sous les successeurs de Mahomet.

On alla jusqu'à faire des eunuques femelles. On fendait le ventre aux jeunes filles pour extirper les ovaires et on coupait le clitoris jusqu'à sa racine, ensuite on fermait la vulve en rétrécissant les grandes lèvres par des points de suture. On obtenait des êtres sans sexe et sans désirs dont on était plus sûr que des eunuques, mâles encore capables de désirs ou bien dont, à défaut même des sens, le coeur pouvait être captivé.

N° 4.—Obscénités sur les chars sacrés de l'Inde.

Cette caresse est la principale de celles figurées sur le char sacré de Mazulipatam par un groupe de six personnes: un homme besognant cinq femmes avec sa langue, ses pieds et ses mains. Rien de plus dégoûtant que cette peinture de grandeur plus que naturelle, dont les enfants des deux sexes se montrent tous les détails constamment exposés à tous les yeux.

Très souvent la masturbation, comme manifestation d'amour, est figurée sur les chars sacrés Sur celui de Chandernagor une gopi s'y livre en regardant Krishna. Les cariatydes d'un char récemment fait à Pondichéry sont des singes se masturbant.

N° 5.—Épigrammes de Martial.

L'Auparishtaka était fort pratiqué à Rome du temps de Domitien, ainsi que le montrent les épigrammes suivants de Martial:

L. II, 49. «Je ne veux pas épouser Thalisma, c'est une libertine… mais elle se donne à de jeunes garçons… Je l'épouse.»

L. JI, 50. Contre Lesbie: «Tu suces et tu bois de l'eau, Lesbie; c'est très bien, tu laves l'endroit qui en a besoin.»

L. II, 73. «Lyris suce, même quand elle n'est pas ivre.»

L. 111, 75. Contre Luperculus. «Depuis longtemps, Luperculus, ta mentule a perdu toute vigueur et les aphrodysiaques n'ont pu lui rendre sa vertu. Maintenant tu commences à corrompre à force d'argent des bouches pures, et tu ne réussis pas mieux. Il t'en a bien coûté pour rester impuissant!

L. III, 88. Contre deux frères impudiques. «Ils sont frères jumeaux, mais lèchent chacun un sexe différent; dites s'ils sont plus ressemblants que différents!»

L. III, 96. «Tu lèches ma maîtresse et tu ne lui fais rien autre chose; puis tu babilles comme si tu étais besogneur. Si je t'y prends, Gargitius, je te ferai taire (en te coupant la langue).»

Dans l'épigramme 43 du livre IV, Martial reproche à Coracinus d'être cunnilingue.

L. IV, 50. «Pourquoi, Thaïs, me répéter que je suis trop vieux? on n'est jamais trop vieux pour lécher.»

L. XI, 25. «Cette libertine éhontée, cette connaissance intime de tant de fillettes, la mentule de Lunius, ne peut plus se dresser; gare à sa langue !» Dans l'épigramme 46 du livre XI, Martial conseille l'Auparishtaka à un vieillard.

L. XI, 47. «Pourquoi Blattara fuit-il tout commerce avec les femmes?
Pourquoi joue-t-il de la langue?—Pour ne pas besogner (impuissant).»

L. XI, 61. Sur Mantius. «Mantius ne peut plus raidir sa langue libertine, car pendant qu'il la plongeait dans une vulve gonflée de luxure, et qu'il y demeurait attaché, entendant dans l'intérieur les vagissements de l'enfant, une maladie honteuse a paralysé cette langue avide; aujourd'hui il n'est plus possible à Mantius d'être pur ni impur.»

L. XII, 86. Contre Fabullus. «Les philopèdes, dis-tu, puent de la bouche; dis-moi, ô Fabulus, que sentent les cunnilingues?»

On a peine à croire à un tel dévergondage; cependant, comme Martial adresse plusieurs de ses épigrammes aux hommes qui vivent de leur impudicité, on peut admettre tout comme possible. Le docteur Garnier cite une classe de faits de ce genre et les explique naturellement ainsi que la sodomie, en faisant remarquer que souvent l'anus est un foyer érogène.

N° 6.—Talents intimes.

On voit, non-seulement dans l'Inde, mais en tout pays, des hommes distingués enchaînés par des femmes sans jeunesse, esprit ni beauté, mais possédant quelques talents intimes comme ceux qui ont fait la fortune de la du Barry.

Diderot donne, dans les _Bijoux indiscrets, _sous le titre: le _Bijou voyageur, _les récits d'une femme laide et sotte qui a gagné une grande fortune par une complaisance cosmopolite. Ceux qui concernent l'Allemagne, l'Italie, et l'Espagne, et qui sont écrits respectivement en latin, en italien et en espagnol, sont curieux; ils nous mettent au courant des vices dominant dans ces pays au XVIIIe siècle. A Vienne, ce sont les raffinements indiens, les mignardises et l'hyménée par la bouche, les seins, etc. En Italie, ce sont les amours florentins (in vas non naturale); en Espagne, des tours de force de prouesses amoureuses, des nuits de plaisir sans trêve ni merci. Pourquoi le _Bijou voyageur _ne se sert-il du français que pour lier et commenter ses indiscrétions polyglottes? Diderot fait lui-même la réponse:

«Le lecteur français veut être respecté.»

N° 7.—Docteur GARNIER, Onanisme buccal.

L'onanisme en général et souvent l'onanisme buccal est aujourd'hui fréquent. Il est la règle dans les unions libres, sans être une exception dans les autres. L'influence directe d'organes étrangers, actifs, conscients, pour ainsi dire, comme les lèvres, la bouche et surtout la langue, a pour effet une impression beaucoup plus vive et profonde que les rapports naturels.