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Traité de la concupiscence cover

Traité de la concupiscence

Chapter 21: CHAPITRE XX Erreur encore plus grande de ceux qui tournent à leur propre gloire les œuvres qui appartiennent à la véritable vertu.
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About This Book

The work offers a compact theological and moral exposition of scripture warning against worldly attachment, analyzing concupiscence as disordered desire and its roots in curiosity, pride, and sensuality. It blends homiletic exhortation, scriptural commentary, and moral reflection to diagnose how love of the world corrupts judgment and spiritual life, at times extending critique to learning and historical curiosity. Drawing on patristic and biblical sources, the text proposes interior practices, self-knowledge, and renunciation as remedies, and uses concise, often paradoxical arguments and vivid prose. It closes with lyrical meditations on nature that underline the call to a hidden, contemplative devotion.

CHAPITRE XX
Erreur encore plus grande de ceux qui tournent à leur propre gloire les œuvres qui appartiennent à la véritable vertu.

Ce ne sont là pas toutefois ceux que la gloire trompe le plus. Plus vains encore et plus déçus par leur orgueil sont ceux qui sacrifient à la gloire, non des choses vaines, mais les propres œuvres que la vertu devait produire. Tels sont ceux qui font leurs bonnes œuvres, pour être glorifiés des hommes : qui sonnent de la trompette devant eux-mêmes quand ils font l’aumône : qui affectent de prier dans les coins des rues et d’attrouper le monde autour d’eux : qui veulent rendre leurs jeûnes publics, et les faire paraître dans la pâleur de leur visage[132].

[132] Matth., XXIII, 2, 5, 16.

Ceux qui parmi les Païens, ou parmi les Juifs, ou même, par le dernier aveuglement, parmi les Chrétiens, ont été justes, équitables, tempérants, cléments, pour se faire admirer des hommes, sont de ce rang. Et tous ils ont reçu leur récompense ; et ils sont beaucoup plus punis que ceux qui mettent la gloire dans des choses vaines. Car plus les œuvres qu’ils étalent sont solides par elles-mêmes, plus il est indigne et injuste de les sacrifier à l’orgueil, et de tenir la vertu si peu de chose, qu’on ne daigne la rechercher que pour en être loué par les hommes, comme si Dieu ne lui suffisait pas.