Que les prisonniers même avec lui conjurés.

Il faudroit même avec un s, parce qu'il est adjectif de prisonniers. Mais Voltaire est tombé dans la faute qu'il condamne, lorsqu'il a dit:

Commandons aux cœurs même et forçons les esprits.

Mais lorsque même est adverbe, il ne prend jamais d's. Racine a cependant commis cette erreur.

Jusqu'ici la fortune, et la victoire mêmes,
Cachoient mes cheveux blancs sous trente diadêmes.

Il faut même sans s, parce qu'il est adverbe; c'est comme s'il y avoit, et la victoire aussi.

Menue. Petites herbes de la salade; dites, fournitures, s. f. Menue est un adjectif.

Messelier. Celui qui garde les récoltes; dites, messier, s. m.

Messi. Expression de remercîment; dites, merci: merci, Monsieur.

Midi. Il est midi précise. Cette expression renferme un solécisme. Le mot midi est masculin; dites, il est midi précis.

Mieux. Il a mieux de cent mille livres de rentes. Jamais l'adverbe mieux ne s'emploie pour plus; dites donc, il a plus de cent mille livres de rentes. Mieux exprime la manière, et plus la quantité; ne dites pas: il aime mieux sa fille que son fils; mais dites: il aime plus.

Mignotise. Espece de petit œillet; dites, mignardise, s. f.

Mite. Gants de femme qui n'ont que le pouce; dites, mitaines, s. f.: il m'a donné de jolies mitaines.

Mœurs. Ne prononcez pas l's, à moins que ce mot qui n'a point de singulier, ne soit suivi d'un autre qui commence par une voyelle.

Moi. Ce pronom de la premiere personne, et les autres, occasionnent des erreurs dans la place qu'on leur fait occuper: donnez-moi-le, donnez-lui-le, sont des fautes communes; il faut savoir, pour les éviter, que le régime direct exprimé par le, la, les, etc., se place toujours avant le régime indirect; dites, donnez-le-moi; donnez-le-lui. On tombe encore dans une faute à l'égard du pronom personnel; on dit, menez-m'y, pour dire, menez-y-moi, ou mieux, il faut m'y mener, et jamais, menez-moi-zy. Venez-moi voir est encore une expression très-usitée, et qui n'est pas correcte. Quand ce pronom régime est avant le verbe, il faut employer me au lieu de moi; dites, venez me voir; venez me parler, et non pas venez-moi parler.

Moine. Jouet d'enfant, qu'on fait tourner à coups de fouet; dites, sabot, s. m.: faire aller son sabot.

Monter. Il a monté; dites, il est monté; ces deux expressions sont exactes, mais ne se disent pas indifféremment. Le verbe avoir marque l'action, et le verbe être l'existence ou le repos; si donc vous voulez n'avoir égard qu'à l'état, sans considérer l'action du sujet qui l'a faite, dites, il est monté. Dans ces deux questions: la procession est-elle passée? la procession a-t-elle passé? la seconde differe de l'autre, en ce que, dans la premiere, je ne fais attention qu'à l'action, qui a pu être faite ou non: a-t-elle passé aujourd'hui? et non, est-elle passée aujourd'hui?

Monticule. Ce mot est masculin, ainsi que mont, dont il est le diminutif; dites, un monticule, s. m.

Mordure. Dites, morsure, s. f.

Mornains. Sorte de raisins qui ont les graines rondes, et ordinairement claires; dites, chasselas, s. m.: j'aime le chasselas.

Morte. Endroit d'une riviere où l'eau tourne; dites, tournant d'eau. On dit morte, pour cessation de travail; le mot morte n'est pas françois dans ce sens.

Moucher. Je mouche beaucoup; dites, je me mouche beaucoup, en redoublant le pronom de la premiere personne. Ce verbe exprimant une action, il faut faire connoître sur qui elle se fait: je mouche la chandelle.

Mouchon. Le bout de la mèche d'une chandelle allumée; dites, moucheron, s. m.; et mouchure, pour désigner ce qu'on a retranché d'une chandelle qu'on a mouchée.

Moudre. Je moulus, je moulois, j'ai moulu, je moudrai, que je moule, que je moulusse.

Moule. Jeter au moule; cette expression n'est pas correcte; dites, jeter en moule.

Mourve, mourveux. Dites, morve, morveux.

Moutardelle. Gros saucisson qui vient d'Italie; dites, mortadelle, s. f.

Moyennant que, n'est pas françois: j'y irai moyennant que vous y soyez; dites, pourvu que.

N.

Nerte. Sorte d'arbrisseau toujours verd, dont les feuilles sont menues; dites, myrte, s. m. Le myrte étoit consacré à Vénus. Nerte signifioit autrefois, noirceur, noirâtre.

Neuf. Nom de nombre. Suivi d'un mot qui commence par une voyelle, l'f finale se change en v dans la prononciation: neuf enfants; prononcez, neuv enfants.

Niguedouille. Sot, niais: vous êtes un niguedouille; dites, nigaud, d'où l'on a formé le verbe nigauder, action de faire des nigauderies.

Nioche. Cette fille est nioche; dites, lâche ou nonchalante.

Nogat. Espece de gâteau où l'on met des amandes; dites, nougat, s. m.

Nonante, nonanter. Faire quatre-vingt-dix au piquet; dites, faire repic; et au lieu de soixanter, dites, faire pic.

Nourriceux. Mari d'une nourrice; dites, nourricier, s. m.

Nourrissage d'un enfant; dites, allaitement.

Nouveau. Savez-vous quelque nouveau? dites, nouvelle, qui est substantif dans ce sens, au lieu que l'autre est toujours pris adjectivement.

O.

Observer. J'observe à la cour. Ce mot signifie remarquer; on ne remarque pas à quelqu'un, on lui fait remarquer; dites donc, je fais observer à la cour; je vous ferai observer, et non pas, je vous observerai; à moins qu'on ne veuille dire, je vous épierai, je vous soignerai. Cette faute est d'autant plus à remarquer, que nos meilleurs auteurs ne s'en sont pas garantis.

Occasion. Avez-vous occasion de cette marchandise? Cette locution est vicieuse: on peut bien acheter telle marchandise par occasion, mais on n'a pas occasion d'une chose, on en a besoin.

Oignon. Ne prononcez pas l'i, le g est mouillé. Ne dites pas, une liasse d'oignons, mais un chapelet d'oignons, ou plutôt, une glane d'oignons.

On. Le pronom indéfini on ne se met pas toujours indifféremment pour l'on. Il faut se servir de on quand il n'y a point de voyelles qui se heurtent rudement, et autrement mettez l'on: on se souvient des services qu'on a rendus, et l'on oublie souvent ceux que l'on a reçus. Mais la poésie, en vertu de ses licences, emploie l'un et l'autre indifféremment.

Ongle. Partie dure et ferme qui couvre le dessus du bout des doigts: de grandes ongles. Ce substantif est toujours masculin; dites donc, de grands ongles, des ongles longs.

Onglet. Ce qui garantit le doigt; dites, doigtier, s. m.

Oragan. Grand orage, tempête violente; dites, ouragan, s. m.: un grand ouragan.

Oratoires. Il y avoit à Lyon une communauté de prêtres qu'on nommoit Oratoriens, et la place où étoit située leur église, s'appelloit et s'appelle encore, place de l'Oratoire, ou place des Oratoriens, et non place des Oratoires.

Orge. Ce mot est féminin, excepté dans cette phrase: de l'orge mondé.

Orgues. Instrument. Ce mot est masculin au singulier, et féminin au pluriel; vous direz donc, un bel orgue, et de belles orgues.

Oubli. Pâte légere en forme spirale: marchand d'oublis, dites, oublies, s. f.: de bonnes oublies.

Ouiller. Ce mot manque à notre langue. On dit, remplir les tonneaux, vin de remplage; c'est-à-dire, le vin qui sert à remplir le vide des tonneaux.

Oursin. Petit ours; dites, ourson, s. m.

Ouvrier. Jour ouvrier; l'ouvrier est celui qui travaille, qui fait son métier, son œuvre; dites, jour ouvrable, en parlant du jour consacré au travail.

P.

Pache. Faire une pache, pour dire, un marché, une convention.

Paillasse. Ouvrage d'osier dans lequel on met le pain pour le porter au four; dites, panier à pain. On ne doit pas se servir du mot paillasse, pour exprimer la toile du lit, dans laquelle on met la paille; cela s'appelle, garde-paille, s. m.

Pain enchanté. Dites, pain à cacheter. On nomme pain à chanter, le pain que le prêtre consacre à l'autel. De là est venu ce mot, qu'on a corrompu.

Paire. Une chose unique, composée de deux pieces. Ne dites pas, un paire; ce mot est féminin; dites, une paire.

Paniere. Ouvrage de maçonnerie sur lequel repose l'âtre; dites, ceintre de la cheminée.

Panneau. Piece de bois qui se met en travers au-dessus d'une porte ou d'une fenêtre; dites, linteau, s. m.: le linteau de la porte est cassé.

Pantomine. Sorte de ballet ou d'acteurs qui s'expriment par des gestes; dites, pantomime, s. m. en parlant de l'acteur, et féminin en parlant de la danse. Ce nom est formé de deux mots grecs, pantos, tout, et mimos, imitateur. C'est un adjectif pris ordinairement en qualité de substantif: un acteur pantomime, une danse pantomime.

Pâque. Ce mot est féminin quand il signifie la fête des Juifs (la Pâque), et masculin quand il exprime celle des chrétiens; alors, il prend ordinairement un s, et n'admet point d'article: Pâques est venu; et au pluriel, il est toujours féminin: Pâques fleuries.

Par terre. Mettre par terre; dites, mettre à terre. Ne confondez pas tomber par terre, et tomber à terre: ce qui tombe par terre, tient à la terre, et ce qui tombe à terre, n'y tient pas.

Parapel. Muraille à hauteur d'appui le long d'un quai; dites, parapet.

Parasine. Dites, poix résine.

Pardonnable. Cette personne n'est pas pardonnable; dites, excusable. Le premier ne se dit que des choses.

Pardonner. Pardonner quelqu'un. Le mot pardonner signifie donner le pardon; on donne le pardon à quelqu'un; dites donc, je pardonne à mon ennemi, et non pas, je pardonne mon ennemi.

Paresol. Dites, parasol; ne dites pas non plus, parepluie, parevent; mais parapluie, paravent.

Pariure, gageure. Dites, pari: faire un pari, ou une promesse réciproque de payer.

Participe. Le participe passé est un écueil pour beaucoup de personnes, et même pour quelques écrivains. Dans cet exemple,

Pauvre Didon, où t'a réduite
De tes maris le triste sort?
L'un en mourant cause ta fuite,
L'autre en fuyant cause ta mort.

Faut-il dire, t'a réduit ou réduite? Voici la regle: si le participe est précédé d'un pronom régi à l'accusatif, ce participe prend le genre et le nombre du pronom. Ainsi, dans le cas dont il s'agit, je vois que le pronom la est régime de l'auxiliaire placé devant le participe; il faut donc accorder ce dernier mot avec le pronom féminin, et dire réduite. De même, lorsqu'on dit, elle s'est tuée, le est régime direct ou accusatif de l'auxiliaire; c'est comme si l'on disoit, elle a tué elle. Si au contraire le participe n'a point devant lui de pronom à l'accusatif, ou qui soit régime direct, vous ne les ferez point accorder; ainsi, vous direz: je vous ai ouvert les portes; je vous ai écrit des lettres; au lieu que vous diriez, s'il y avoit un pronom régime direct: les portes que j'ai ouvertes, les lettres que j'ai écrites. Si le pronom est regi par le verbe qui suit le participe, il n'y a point d'accord: la maison que j'ai fait faire. Le pronom que est régi par le verbe faire, et non pas par le participe. Mais quelle est la raison qui détermine l'accord lorsque l'objet est avant, et le rejette lorsque l'objet est après le participe? La voici: quand l'objet est énoncé avant, on connoît le genre et le nombre du nom représenté par le pronom objet, et on assujettit le participe à prendre les accidents de cet objet; mais si le participe précede cet objet, il ne s'accorde pas avec un mot dont il ne connoît ni le genre ni le nombre.

Participer à; participer de. Deux expressions différentes, et que l'on confond souvent. La premiere signifie, prendre sa part dans une chose: un associé dans une affaire, participe aux profits et aux pertes. Participer de, signifie tenir de la nature de; ainsi, on dit, qu'un minéral participe du vitriol; que le mulet participe de l'âne et du cheval. En conséquence, ne dites pas, comme certain auteur critique: «Le style de ce discours devoit naturellement participer au vice du sujet»; dites, devoit participer du vice.

Passer. Passer du linge; dites, repasser.

Patat. Ancienne monnoie; dites, patard, s. m.

Pâté. Mélange de pain et de viande pour les animaux. Ce substantif est du genre féminin; dites, donner la pâtée. Pâté est un mêts que fait le pâtissier. Ce dernier est masculin.

Patis. Le patis d'une poule; dites, le jabot.

Patte. Patte à briquet, patte mouillée. Ce mot ne se prend plus dans ce sens; il signifie le pied d'un animal: patte de devant; animal à quatre pattes. Chiffon, s. m., mauvais linge, sont les seuls mots qui peuvent exprimer la premiere idée. On trouve cependant dans des auteurs du quinzieme et du seixieme siecles, et notamment dans Françoise Labbé, patte mouillée; ce qui prouve que ce terme a été long-temps en usage, même parmi les écrivains. Patte mouillée est devenue une expression proverbiale; mais à Lyon, la premiere dénomination a prévalu.

Pége. Matiere gluante et noire; dites, poix.

Pêcherie. Lieu où l'on vend le poisson; dites, poissonnerie. La pêcherie est l'endroit où se fait la pêche.

Pelosse. Fruit d'un arbre qui croît dans les buissons; dites, prunelle, s. f., et appelez l'arbre, prunelier.

Pendule. Signifiant poids d'une pendule, est masculin; et signifiant horloge, il est du genre féminin: on a ôté le pendule de cette pendule.

Penser. Représenter quelques images à son esprit. Le peuple fait souvent de ce verbe, un verbe passif, en disant, je me suis pensé, pour j'ai pensé. Je me suis pansé, écrit avec un a, signifie qu'on a levé l'appareil d'une plaie, ou qu'on y a appliqué les choses nécessaires. C'est dans ce dernier sens qu'un Roi de France fit une excellente réplique à un de ses sujets qui faisoit de fréquens voyages en Angleterre: Qu'allez-vous faire si souvent dans ce pays, lui demanda le Monarque? Apprendre à penser, répondit le sujet: les chevaux? répliqua Louis XV.

Percerette. Outil de fer propre à percer; dites, vrille, s. f.: cette vrille est trop petite.

Perdrigone. Sorte de prune; dites, perdrigon, s. m.: perdrigon blanc.

Pereroux. Artisan qui fait et vend des chaudrons et autres ustensiles de cuisine; dites, chaudronnier, s. m.: il est bon chaudronnier. Ce mot vient de pérole, usité encore en Languedoc, pour exprimer un chaudron; on disoit autrefois, perrolier, marchand de chaudrons. Il y a à Lyon une rue qu'on appelle de la Pérollerie, sans doute, parce qu'on y vend des ustensiles de cuisine, qu'on nommait autrefois pérolleries.

Pesanter. Soutenir un poids pour juger ce qu'il pese; dites, soupeser: soupesez cela.

Pétriere. Grand coffre de bois dont on se sert pour pétrir le pain; dites, pétrin, s. m.: il y a assez de farine dans le pétrin.

Picarlat. Petit faisceau de morceaux de bois liés par les deux bouts; dites, cotrets, s. m.: achetez une charge de cotrets.

Picou de cerise; dites, tige ou queue.

Pichon. Petit chien; dites, bichon, et au féminin, bichonne.

Pidance ou pitance. Le premier de ces mots n'est pas françois; et le dernier est pris dans une fausse acception; c'est-à-dire, qu'on en restreint la signification aux mêts, tandis qu'il exprime la portion de pain, de vin et de viande, qu'on donne à chaque repas dans une communauté: double pitance, s. f. Quelques étymologistes prétendent que ce mot vient de pitacium, tablette enduite de poix ou de cire. Dans l'Hôtel-dieu, personne ne recevoit sa portion de pain ou de viande, sans être inscrit sur le catalogue de la maison.

Pigeon patou. Oiseau domestique; dites, pigeon pattu: une paire de pigeons pattus. Je crois que ce mot pattus vient de patulus, épais; parce qu'en effet ces sortes de pigeons ont les pattes plus larges et plus épaisses que les autres.

Pigrieche. Pie criarde, et au figuré, une femme d'une humeur aigre et querelleuse; dites, pie-grieche, s. f.

Pilliet. Piece de toile qu'on met aux enfants, en guise de serviette; dites, bavette, s. f.: cet enfant est à la bavette.

Pillocher. Manger négligemment; dites, pignocher, v.

Pince. Instrument de fer pour arranger le feu; dites, pincettes, s. f. pl. La pince est un pli fait au linge. C'est encore une espèce de tenaille.

Pincer. Pincer de la harpe: pincer la harpe me sembleroit plus exact; c'est, peut-être, par ellipse qu'on dit, pincer de la harpe, comme on dit toucher du clavecin, au lieu de, pincer les cordes de la harpe, toucher les touches du clavecin.

Pine-vinette. Arbrisseau garni de piquants; dites, épine-vinette, s. f.

Pipi. Petite peau blanche, qui vient quelquefois au bout de la langue des oiseaux, et qui les empêche de boire; dites, pepie, s. f. On dit familierement qu'un homme a la pepie, pour dire qu'il a soif.

Pitrogner. Écraser et broyer; dites, patrouiller, v.

Platte. Bateau où l'on lave; dites, bateau de lessive: la lavandiere est déjà revenue du bateau de lessive. C'est une dénomination locale qui signifie un bateau plat, où l'on se tient pour laver; cette usine ayant une destination particuliere, il faut un terme particulier aussi; mais ce mot n'est consacré dans aucun dictionnaire.

Plie. Dites, une levée, une main de cartes. On dit souvent au piquet: j'ai six plies; dites, six levées, s. f.

Plotte. Petit coussinet pour ficher des épingles; dites, pelote, s. f. un peloton, s. m.: rendez-moi ma pelotte, ou mon peloton.

Plus; plus pire. Cet adjectif n'admet jamais le comparatif plus. Pire est lui-même le comparatif de mauvais: il n'est pire eau que l'eau qui dort. On ne dit pas non plus: Il est plus bon qu'un autre.

Pluvigner. Il pluvigne, il tombe une pluie fine. Ce mot n'est pas françois; dites, il pleut, ou servez-vous d'une périphrase, comme dans l'explication.

Poche. Mettez votre mouchoir à votre poche; dites, dans votre poche.

Pochon. Dites, tache d'encre ou pâté. On a fait pochon du verbe pocher. Pocher un œil. Pocher, en terme d'écriture, signifie barbouiller.

Pois gourmands. Dites, pois goulus.

Pontonier. Celui qui conduit une barque et qui traverse les personnes; dites, passeur, s. m. Le pontonier est celui qui perçoit les droits de pontonage; mais, pour l'ordinaire, le passeur est aussi le pontonier.

Portable. Cet habit n'est plus portable; dites, cet habit n'est plus mettable.

Portant. Ne dites pas, il est bien portant; dites, il se porte bien. Voltaire trouvoit ridicule notre expression, il se porte bien, pour dire, il jouit d'une parfaite santé; mais on ajoute au ridicule, en disant, il est bien portant. Ce verbe étant actif, il veut un régime; sans quoi, on pourroit demander: portant quoi? il faut donc le conjuguer avec deux pronoms personnels. Cette expression cependant est reçue généralement.

Portion. Breuvage. Portion cordiale; dites, potion, s. f.: potion calmante.

Postume. Enflure avec putréfaction; dites, apostême.

Potet. Petit vaisseau où l'on met la mangeaille des oiseaux; dites, auget, s. m., diminutif de auge.

Poture. Mettre un cheval en poture, pour dire, mettre un cheval saisi, dans une écurie, aux dépens du propriétaire; dites, mettre un cheval en fourriere.

Poturon. Espece de citrouille; dites, potiron, s. m.

Poule grasse. Herbe bonne à la salade; dites, mâche, s. f.: de la mâche ou salade de chanoine.

Poumonie. Maladie des poumons; dites, pulmonie, s. f. On appelle pulmonique celui dont les poumons sont attaqués, et non poumonique.

Pourpe; pourpeux. Ce fruit n'a point de pourpe, c'est-à-dire, de parties charnues; dites, poulpe, s. f., poulpeux: poisson poulpeux, qui a de la poulpe.

Pourreau. Plante potagere, d'un goût fort, et qui est d'un grand usage pour la soupe; dites, poireau ou porreau, s. m.; achetez des porreaux.

Poutre. Grosse piece de bois, qui sert à former les planchers, ou plutôt à les soutenir. Ce substantif est féminin; dites, une grosse poutre.

Près, prêt. Elle est prête à accoucher. Cette expression n'est pas correcte et rend mal la pensée. Il faut distinguer l'adjectif prêt, de la préposition près. Le premier de ces mots signifie préparé, disposé, et demande après lui la préposition à: il est prêt à partir. Le second marque l'approche: elle est près d'accoucher. Celui qui est près de mourir, n'est pas toujours prêt à mourir. Cette faute se trouve souvent dans les vers de Racine, et quelquefois dans les œuvres de J. J. Rousseau.

Presson. Barre de fer; dites, pince ou lévier.

Preuve. Rejeton d'un cep de vigne, mis en terre pour prendre racine; dites, provin, d'où l'on a formé le verbe provigner.

Prévalue. J'ai été contraint de payer cent louis, pour la prévalue de mes fonds; dites, pour la plus-value.

Prévenir. Cela prévient de telle cause; dites, cela provient. Le mot prévenir signifie, aller au devant; et le mot provenir, veut dire qui vient de, qui dérive de: la bonté provient quelquefois du bonheur.

Prie-Dieu. Se mettre à genoux sur un prie-Dieu: dites, prié-Dieu, s. m.

Profiter une chose. Je profiterai bien cette étoffe: on profite d'une chose, on en tire bon parti, mais on ne profite pas une chose.

Promener. Je promene beaucoup. Il faut conjuguer ce verbe, avec deux pronoms personnels, à moins que le sujet ne soit différent de l'objet, ou le nominatif de son régime: je me promene, tu te promenes, il se promene, etc.

Prorata. Être taxé à prorata de sa fortune; dites, au prorata, c'est-à-dire, à proportion, à raison, etc.

Puer. Se conjugue ainsi à l'indicatif présent, je pus, tu pus, il put, et non, je pue.

Purésie. Douleur de côté, piquante et très-violente, causée par l'inflammation de la plevre; dites, pleurésie, s. f.: il a une pleurésie.

Q.

Quadrupler, v. Qui vaut quatre. Il faut prononcer ce mot ainsi: quoadrupler; quadrupler ses rentes. Il faut prononcer de même, quadruple, quadrupede, quadrature, etc.

Quand. Il est arrivé quand vous; dites, il est arrivé en même temps que vous. Le mot quand, pris en qualité d'adverbe, signifie, en quel temps; mais il ne veut jamais dire, en même temps.

Quelqu'un. Un quelqu'un m'a dit que la paix alloit se conclure. Le mot quelqu'un ne doit pas prendre le pronom indéfini un devant lui; dites simplement, quelqu'un m'a dit.

Quérelle. Contestation. L'e de la premiere syllabe est muet; dites, querelle, s. f.: une querelle. Quereller.

Quina. Dites, quinquina, s. m. Le quinquina est un tonique.

Quincher. Crier d'un ton aigre. Nous n'avons point de verbe qui exprime cette maniere de crier.

R.

Rabilleur. Celui qui fait profession de remettre les os rompus ou disloqués; dites, bailleul ou renoueur, s. m.: le bailleul lui a remis le bras. Ce mot vient de r'habiller, remettre les habits, les raccommoder.

Rablet; rablé. Homme rablet, c'est-à-dire, homme fort et robuste, qui a le rable épais; dites, rablu, adj.: un homme rablu.

Rache-pied. J'ai travaillé six heures de rache-pied, c'est-à-dire, sans relâche; dites, d'arrache-pied, expression adverbiale.

Racle-fourneau. Celui qui fait le métier de ramoner les cheminées; dites, ramoneur, s. m.: Faites venir le ramoneur.

Radée. Grosse pluie survenue tout-à-coup; dites, averse, s. f. Nous étions au chemin au fort de l'averse.

Radice. Sorte de gâteau que font les pâtissiers; dites, brioche, s. f.; voilà une bonne brioche.

Raffouler et raffoler. Gronder, se fâcher. Le premier de ces mots n'est pas françois; le second n'exprime point l'idée qu'on y attache. Raffoler, signifie se prendre de passion pour quelqu'un ou pour quelque chose: il s'est pris de passion pour cet ouvrage, il en raffole continuellement.

Rafroidir. Le dîné se rafroidit; dites, refroidit, en faisant l'e muet.

Raillé. Il se dit des étoffes, dont le tissu est relâché, ou effilé; dites, éraillé, adj.: mon jupon est tout éraillé.

Ramoulade. Espece de sauce piquante; dites, rémolade, s. f.: cette rémolade est bien faite.

Ranche. Sur la même ranche; dites, sur la même ligne ou rangée.

Rancuneur. Qui garde de la rancune; dites, rancunier, adj: cet homme est bien rancunier.

Ranger. Il y a une différence à faire entre ranger et arranger. On range pour mettre de l'ordre, et on arrange, pour donner de l'agrément. Ne dites pas, cette femme a ses cheveux et son bonnet bien rangés, mais bien arrangés: ses robes sont bien rangées, c'est-à-dire, serrées dans une armoire. On arrange un appartement, pour s'y loger commodément; on le range pour qu'il n'y ait point de confusion dans les meubles. On arrange une bibliothèque, pour la mettre en état de recevoir les livres qu'on doit y placer; et on y range les livres, dans l'ordre qu'ils doivent avoir, pour qu'on les trouve facilement. Il ne faut pas s'étonner qu'on ait confondu le mot ranger, qui signifie ordre, avec le mot arranger, qui porte l'idée d'agrément et de commodité; il n'y a point d'agrément ni de commodité, sans ordre.

Rappeler. Je ne m'en rappelle pas. Il y a un solécisme dans cette phrase: on se rappelle quelqu'un, quelque chose, et non pas, de quelqu'un, de quelque chose. Ce verbe est actif, comme appeler dont il est le duplicatif; dites donc, je me le rappelle, ou je m'en souviens.

Rapport. Ne dites pas, par rapport que, mais par rapport à ce que.

Rase. Il a mis le pied dans la rase; dites, ruisseau, s. m.: il a mis le pied dans le ruisseau.

Rassie. Une miche rassie; une femme rassie; une humeur rassie. Le mot rassis, est le participe passé du verbe rasseoir, et ce participe fait rassise au féminin, comme assis fait assise: une miche rassise, une femme assise. Un poète a dit:

Qu'un honnête homme une fois en sa vie
Fasse un Sonnet, une Ode, une Élégie,
Je le crois bien;
Mais que l'on ait la tête bien rassise,
Quand on en fait métier et marchandise,
Je n'en crois rien.

Rate-volage. Espece d'oiseau nocturne, qui a des ailes membraneuses, et qui ressemble à une souris; dites, chauve-souris, s. f.

Rave. Petite rave, espece de racine; dites, raifort, s. m.

Rayon. Planche qu'on met dans un buffet ou une armoire, contre un mur, pour y entreposer quelque chose; dites, tablette: les tablettes d'une armoire, d'une bibliothèque, et non pas les rayons. Les Suisses appellent ces tablettes, des tablards. Remarquez que le mot rayon doit se prononcer comme si l'a étoit un e, parce que l'y tient la place de deux i.

Rebiffade. Brusquerie; maniere de rebuter; dites, rebuffade, s. f.: j'ai essuyé plusieurs rebuffades de sa part.

Rebiffer. Il se rebiffe contre son maître; dites, il se rebeque, v.

Rebrouer. Repousser avec rudesse et mépris; dites, rabrouer, v.: je l'ai rabroué de la belle maniere.

Recolte. Dites, récolte, en mettant et prononçant l'e fermé.

Recouvrir. Il a recouvert son bien et sa santé; dites, recouvrer, recouvré. Recouvrir, c'est couvrir une seconde fois; recouvrer, c'est récupérer, retrouver, ravoir.

Redonder. Un son qui redonde, un son redondant. Redonder, signifie, être superflu, être surabondant; un son résonne; un lieu, une grotte, une voûte, retentit du son qui la frappe.

Redouble. Avoir la fiévre avec des redoubles; dites, redoublemens, s. m.

Refoin. L'herbe qui repousse après que les prés ont été fauchés; dites, regain, s. m.

Règle. On prononce le premier e de ce mot fort ouvert, en le marquant d'un accent grave. Cette prononciation est vicieuse; cet e est moyen, et rejete, par conséquent, tout signe orthographique: j'en dis autant des mots, il achève, il soulève; il faut leur donner le son du premier e de pere, mere. Regle, souleve, acheve, changent la prononciation qu'ils ont à l'infinitif, à cause de l'e muet final.

Regnicole. On prononçoit autrefois fortement le gn, comme dans ignée, stagnation, inexpugnable, gnome; on prononce aujourd'hui, comme dans regne.

Regret. Faire regret; cela fait regret; c'est une phrase insignifiante. On a du regret, on cause du regret; mais on ne fait pas regret. Par cette derniere expression, on veut faire entendre que cela répugne, que cela fait mal au cœur.

Reguelisse. Faire de la tisanne avec du reguelisse; dites et écrivez, de la réglisse. Ce mot est féminin et n'a que trois syllabes.

Reguingotte. Espece de casaque plus large et plus longue qu'un habit, pour se garantir de la pluie; dites, redingotte, s. f.: Prêtez-moi une redingotte.

Reins. Des reins fortes, dites, des reins forts. Ce nom est masculin et toujours pluriel.

Releveuse; releverie. Dites, sage-femme.

Remarquer. Je vous remarquerai; dites, je vous ferai remarquer. Voyez, observer.

Remise. Sorte de voiture; dites, un remise, s. m.: un remise vaut mieux qu'un fiacre: la remise est l'endroit où l'on met le remise.

Remonder. Dites, émonder.

Remorier. Se ressouvenir; dites, remémorer ou se remémorer, v. Je voudrois bien me remémorer ce qu'il m'a dit. Ce mot vieillit.

Rempailler. Mettre de la paille à des chaises; dites, empailler une chaise.

Remué. Remué de germain; dites, issu de germain.

Remuer. Se remuer, changer d'appartement; dites, déménager, v.

Rencontre. J'ai eu un bon rencontre. Ce mot étoit autrefois masculin. Il y a, à Lyon, une rue, qu'on nomme rue du Bon-rencontre. Ce mot à présent est féminin, excepté dans l'appellation de la rue dont il s'agit.

Renette. Pomme renette; dites, de reinette. Les pommes de reinette sont un peu tardives.

Renvenir. Ce mot n'est pas françois; dites, s'en retourner, s'en revenir. Il s'est en allé, est aussi une expression vicieuse; dites, il s'en est allé.

Repartir; partager, distribuer, prend un accent aigu sur l'e: répartir, v. Répartie, réponse saillante; le premier e est muet; dites, repartie, sans accent, s. f.

Répentir. Le premier e est muet; dites, sans accent, repentir.

Dieu fit du repentir la vertu des mortels.

Repetasser. Raccommoder grossiérement; dites, rapetasser, v.

Repondre; reponse. Il faut toujours mettre et prononcer un accent aigu sur le premier e de ces mots: répondre à quelqu'un.

Reposer. Prenez la peine de vous reposer; expression qu'une fausse politesse a introduite: il n'y a point de peine à se reposer. Les termes sont en contradiction avec eux-mêmes, ainsi que dans cette autre locution: prenez la peine de vous asseoir; dites, veuillez vous reposer; veuillez vous asseoir. Ce dernier verbe se conjugue ainsi, je m'assieds, tu t'assieds, il s'assied, nous nous asseyons, vous vous asseyez, ils s'asseyent; je m'asseyois; je m'assis; je m'assiérai ou je m'asseyerai; je m'assierois, ou je m'asseyerois; assieds-toi, que je m'asseye, que je m'assisse.

Reprin. Ce qui sort du son, lorsqu'on le repasse; dites, recoupe, s. f.

Reprocher. Les oignons me reprochent; dites, me donnent des retours, des renvois.

Requinquiller. Cette femme se requinquille, pour dire qu'elle se pare plus qu'il ne convient à son âge; dites, se requinque.

Résimoler. Cueillir dans une vigne, ce qui reste après la vendange; dites, grapiller, v.: j'ai envoyé ces enfants grapiller dans la vigne.

Retaper les cheveux. Des cheveux retapés; dites, taper des cheveux; des cheveux tapés.

Revange. Action par laquelle on se venge du mal qu'on a reçu; dites, revanche, s. f.: prendre sa revanche. Revanger n'est pas françois; dites, revancher, v.

Ric-rac. Expression proverbiale, qui signifie à la rigueur; dites, ric-à-ric, adverbe: traiter avec quelqu'un ric-à-ric.

Rien. Je n'ai rien dîné. Le mot rien vient du mot latin rem, quelque chose; précédé d'une négation, il signifie nulle chose. Cette phrase, je n'ai rien dîné ou rien soupé, voudroit dire, je n'ai soupé nulle chose, je n'ai dîné nulle chose; expression absurde; dites seulement, je n'ai pas soupé, je n'ai pas dîné. Ces verbes ne prennent pas de régime direct. On dit: souper de quelque chose, et non quelque chose. Ce mot n'admet point la négation pas. Ainsi Racine a eu tort de dire, dans les plaideurs:

On ne veut pas rien faire ici qui vous déplaise.

Les femmes savantes de Moliere vouloient chasser leur servante, pour avoir fait cette faute:

De pas mis avec rien tu fais la récidive:
C'est, comme on te l'a dit, trop d'une négative.

Rien. Cela ne fait en rien, cela ne fait de rien. Barbarismes de phrases; dites, cela ne fait rien, sans employer aucune préposition devant le mot rien, qui signifie chose, et aucune chose, quand il est précédé d'une négation.

Ripopé. Ce vin n'est que de la ripopé. Ce mot est masculin; dites, du ripopé.

Risoler. Faire rôtir. Risoler des marrons; dites, rissoler, v.: vous n'avez pas assez rissolé les châtaignes.

Robinet. Dites, fouet, s. m.

Role. L'o dans ce mot est long et marqué d'un accent circonflexe. On écrivoit autrefois, roole pour allonger la premiere syllabe. J'en dis autant du verbe enrôler, qui est formé du premier.

Ruelle de veau. Dites, rouelle.

Ruette. Petite rue; dites, ruelle, s. f.

S.

Sable. De la sable noire. Ce mot est masculin; dites, du sable noir. L'a est long, ainsi que dans sablon.

Sablier. Boîte dans laquelle on met du sable ou du poussier, pour sécher l'écriture; dites, poudrier, s. m. Le sablier est une horloge de verre qui mesure le temps par le moyen du sable.

Sacristaine. Celle qui, dans un monastere de filles, a soin de la sacristie; dites, sacristine, s. f.: j'ai remis la chasuble à la sacristine.

Sade. Qui a de la saveur: cette sauce est sade. Ce mot autrefois signifioit, gentil, élégant, dont l'opposé est maussade; aujourd'hui l'on dit d'un fruit, qu'il est savoureux, d'une sauce, qu'elle est piquante.

Sang. Ne prononcez pas le g, à moins que ce mot, ainsi que long et rang, ne soit suivi d'une voyelle, et alors le g se prononce comme un c. Suer sang et eau: un rang élevé, un long ouvrage.

Sans dessus dessous, sans devant derriere. Écrivez, sens dessus dessous, sens devant derriere; c'est-à-dire, que le sens de dessus se trouve dessous, et que le sens de devant se trouve derriere.

Sardagne. Royaume; dites et écrivez, Sardaigne: le Roi de Sardaigne.

Sarron. Mettre du sarron sur l'écriture; dites, poussiere, ou sciûre de bois.

Saulée. Allée plantée de saules; dites, saussaie, s. f. Le premier seroit plus conforme à l'analogie; mais il est moins conforme au bon usage, et l'usage est la loi suprême des langues.

Sauter en l'air. Pléonasme. On dit fort bien sauter aux nues, pour s'impatienter fort; mais il n'est pas permis de dire, sauter en l'air. Le premier mot suffit, parce que, dès qu'on saute, on est en l'air. Je conviens que sauter en l'air marque particulierement qu'on saute en s'élevant; c'est le contraire de sauter en bas. Je ne crois pas néanmoins que ce pléonasme soit autorisé par le bon usage.

Savoir à dire. Je vous le saurai à dire; dites, je vous en informerai.

Savourée. Herbe dont on assaisonne les sauces; dites, de la sariette, s. f.

Scarole. Sorte de chicorée; dites, scariole, s. f.: manger des scarioles.

Secousse. Prendre sa secousse, pour mieux sauter; dites, son escousse, s. f.

Seille. Vaisseau de bois, pour laver ou pour d'autres usages, qui a les bords fort bas; dites, baquet, s. m. ou petit cuvier. La premiere de ces dénominations est générale; mais elle n'en est pas moins vicieuse.

Sembler. Il semble à son pere. Sembler, signifie paroître, et non pas être semblable; dites donc, il ressemble à son pere.

Sens. De sens froid; écrivez, de sang froid.

Sentinelle. Celui qui fait le guet: un bon sentinelle. Ce mot est du genre féminin; dites, une bonne sentinelle. Ce mot se prend aussi pour la fonction de la sentinelle: il fait sentinelle.

Sentir mauvais. On dit souvent: cette personne sent mauvaise; cette fleur sent bonne. Dans ces exemples, l'adjectif devient adverbe, et ne prend ni genre, ni nombre. On abuse encore de ce mot, quand on dit: je ne peux pas sentir cette personne, pour faire entendre qu'on la déteste, qu'on ne peut pas la voir, ni vivre avec elle.

Sequelette. Une sequelette. Ce mot est masculin et n'a que trois syllabes; dites et prononcez, un squelette.

Serbatane. Long tuyau par lequel on peut jeter quelque chose en souflant; dites, sarbacane, s. f.

Sercler. Ôter les mauvaises herbes dites, sarcler, du latin, sarrire, sarculum.

Serge d'amende. Étoffe de laine, qui se fabrique à Mende; dites, serge de Mende.

Serment. Bois que pousse le cep; dites, sarment, s. m.: un fagot de sarmens.

Sie. Cela sie bien; écrivez, sied, et prononcez, sioit.

Simouille. Pâte faite avec la farine la plus fine; dites, semoule, s. f.: une soupe de semoule.

Simple. En parlant d'une herbe; plante médicinale: la centaurée est une simple; dites, est un simple, s. m.

Soi. Racine a dit: