ICI
UNE REINE
FUT TROP HEUREUSE
DE DEVENIR
BERGERE.
La reine se prêta au desir du berger, & tous les ans, tant qu'elle a vécu, ne manqua pas de venir en pélerinage à la fontaine, & d'y célébrer une fête champêtre, sous les habits de bergere.
L'ORIGINE DU PUITS DE LA VÉRITÉ.
PARABOLE.
En ce tems-là: la vérité fut arrêtée aux barrieres de la capitale des Sybarites. La belle enfant, lui dirent les commis, que contient cette balle cachée sous votre manteau?—Des livres étrangers.—Bons à confisquer; & vous, condamnée à l'amende.—Mais je ne possede rien.—Eh bien! nous allons nous saisir de votre personne.—
Et ils alloient exécuter leur contrainte par corps; mais dans le voisinage du bureau des entrées, la vérité apperçut un puits ouvert. Pour éviter une esclandre & la perte de sa liberté, elle aima mieux se précipiter au fond du puits, où elle est encore; personne jusqu'à présent n'ayant osé l'en retirer.
FIN.
Note 1: L'empereur Vespasien mit un impôt sur les urines.[Retour au Texte Principal]
Note 2: Pline & Plutarque parlent d'un peuple sans bouche, qu'ils nomment Astômes.[Retour au Texte Principal]
Note 3: Au rapport d'Hérodote, il y avoit en Syrie un certain ordre de femmes nommées Clima-Cides, dont la profession journaliere étoit de marcher sur leurs pieds, sur leurs mains à-la-fois, & dans cette posture, de servir d'escabeau aux dames pour les aider à monter dans leur char, liv. v.[Retour au Texte Principal]
Note 4: Ex Africa parte Ptoembari, Ptoemphanæ qui canem pre rege habent, motu ejus imperia augurantes. Plinius, hist. nat. liv. VI. 20.[Retour au Texte Principal]