529 L'hôtel de Rambouillet d'aujourd'hui étoit à M. de Pisani. Madame de Rambouillet disoit à madame d'Aiguillon: «Madame, s'il plaisoit à M. le cardinal de traiter M. Rambouillet comme son hôtel, il l'agrandiroit honnêtement.» Le service qu'il lui a rendu en gagnant Monsieur à la Journée des dupes le méritoit bien. (T.)

Le vieux hôtel de Rambouillet, acheté par le cardinal de Richelieu, est devenu le Palais-Cardinal. (Voyez l'article de M. et de madame de Rambouillet.)

530 Il laissa le Palais-Cardinal, comme on le voit par son testament, au dauphin, pour loger le dauphin, ou du moins l'héritier présomptif de la couronne. Quand la cour y alla loger, peu de temps après la mort du feu Roi, on fit mettre: Palais-Royal. Cela fut fort ridicule de changer cette inscription. En 1647, madame d'Aiguillon prit son temps, et ayant représenté le tort que cela faisoit à son oncle, on lui permit de remettre: Palais-Cardinal. Le peuple disoit que c'étoit que la Reine l'avoit donné au cardinal Mazarin. (T.)

531 Honoré Barentin, maître de la chambre aux deniers. Voyez la Chasse aux larrons, par Jean Bourgoin, sans date, in-8°, p. 88. Cest un livre curieux, écrit sous le règne de Louis XIII, où l'on voit les commencements de bien des gens devenus depuis de grands personnages.

532 L'église de la Sorbonne a depuis été ornée du mausolée du cardinal de Richelieu, par Girardin. Ce bel ouvrage, conservé pendant la révolution au Musée des Petits-Augustins, par les soins de M. Alexandre Le Noir, a été replacé dans la Sorbonne, quand cette église restaurée a été rendue au culte pour quelques années.

533 Le nom est resté en blanc au manuscrit; ce doit être Marie de Levis, abbesse d'Avenai, puis de Saint-Pierre de Lyon, fille de Anne de Levis, duc de Ventadour.

534 J'ai appris que ce qui donna le plus occasion à la réforme de quelques monastères de dames, fut la folie d'une madame Frontenac, fille de M. de Frontenac, premier maître d'hôtel, religieuse à Poissy, qui, non contente de faire l'amour, s'avisa, avec cinq autres religieuses et leurs six galants, de venir danser une entrée de ballet à Saint-Germain devant le Roi. On crut d'abord que ce ballet venoit de Paris; mais dès le lendemain on sut l'affaire, et le jour même les six religieuses furent envoyées en exil. Avant cela elles avoient chacune leur logement à part et leur jardin, et mangeoient en leur particulier si elles vouloient. Elles ne purent jamais obtenir de la prieure qu'elle leur pardonnât et les reçût à faire pénitence, disant qu'elles gâteroient les autres. (T.).

535 Louis de Valois, comte de Lauraguais, d'Alais, etc., duc d'Angoulême après son père, obtint en 1637 la charge de colonel général de la cavalerie légère, et le gouvernement de Provence.

536 Le Père Caussin fut exilé à Quimper-Corentin. (Voyez l'Histoire du ministère du cardinal Richelieu, par M. Jay, tom. 2, pag. 71 et suiv.) On trouve dans le même volume, pag. 307, une lettre très-curieuse du Père Caussin à madame Louise-Angélique de La Fayette, qui contient le récit des circonstances qui avoient déterminé celle-ci à se faire religieuse.

537 En 1639.

538 Au sujet de ce siége d'Hesdin, je me rappelle qu'un baron de Languedoc dont j'ai oublié le nom, parent de madame de Cavoye, avoit trouvé une sorte de boulets creux qu'on emplissoit de poudre à canon, et qui, avec une certaine mèche qui s'allumoit quand on tiroit, crevoit en terre et faisoit quasi autant d'effet qu'une mine. Le feu Roi Louis XIII en fit l'épreuve à Versailles, où on fit construire exprès une demi-lune de terre. Saint-Aoust, lieutenant-général de l'artillerie, envoya par malice de méchante poudre; le baron s'en plaignit, le Roi se fâcha. Saint-Aoust vint et en apporta de la bonne. L'effet fut grand; le Roi présenta le baron au cardinal à Ruel; le cardinal feignit d'en être ravi; mais à cause que cela étoit un grand profit à l'artillerie, en réduisant l'équipage au quart des charrettes, il fit si bien qu'on ordonna à cet homme de se retirer. Rien n'étoit plus utile pour les ouvrages de terre. (T.)—On attribue l'invention de la bombe à un ingénieur italien qui s'en servit contre la ville de Berg-op-Zoom; cependant, selon quelques historiens, des bombes furent employées en 1495 à l'attaque d'une forteresse du royaume de Naples; selon d'autres le comte de Mansfeld lança les premières bombes en 1588 dans Walhtendonck, ville de Gueldre. Les bombes furent employées pour la première fois en France au siége de Mézières en 1521; le maréchal de la Force s'en servit en 1634, au siége de la Motte, sous Louis XIII. (Mémorial portatif de chronologie; Paris, 1829, t. 1, p. 476.)

539 Elle a été publiée sous ce titre: L'Idée d'un bon magistrat en la vie et en la mort de M. de Cordes, conseiller au Châtelet de Paris, par A.G.E.D.V. (Antoine Godeau, évêque de Vence, Paris, 1645, in-12.) Il s'appeloit Denis de Cordes; il mourut en novembre 1642, et fut enterré à Saint-Méry.

540 Jean Duvergier de Haurane, abbé de Saint-Cyran, fut mis à la Bastille le 14 mai 1638, et il mourut en 1643, peu de temps après être sorti de prison. Sa captivité fut généralement attribuée à ce qu'il n'avoit pas voulu opiner pour la nullité du mariage de Gaston avec Marguerite de Lorraine.

541 Saint-Ibal a été cause du malheur de M. le comte, car il lui mit dans la tête de faire le fier et de terrasser le cardinal. (T.)

542 Le prince de Simmeren, de la maison palatine, étoit à Sédan, lorsque M. le comte s'y retira. Étant retourné en son pays, quand la bataille de Sédan fut donnée, il écrivit naïvement cette lettre à M. le comte de Soissons: «Le bruit court ici que vous avez gagné la bataille, mais que vous y avez été tué. Mandez-moi ce qui en est, car je serois très-fâché de votre mort.» M. le comte de Roussi m'a dit avoir vu la lettre. (T.)

543 Cela me fait souvenir d'un savant médecin de la Faculté, nommé Patin, qui tout de même a feint qu'un de ses malades à qui il fit promettre à l'article de la mort de lui venir dire s'il y avoit un purgatoire, lui étoit apparu un matin, mais sans lui rien dire, car ces gens qui reviennent de l'autre monde ne parlent jamais. (T.)

544 Marthe Brossier étoit fille d'un tisserand de Romorantin; elle fut renvoyée dans son pays par arrêt du 23 juin 1599, avec défense d'en sortir. Le Discours véritable sur le fait de Marthe Brossier, Paris, 1599, in-8o, a été attribué au médecin Marescot. (Voyez la Biographie universelle.) Il paroîtroit, d'après Tallemant, que cet ouvrage pourroit être de Le Bouthilier.

545 Claude Quillet, l'un de nos meilleurs poètes latins modernes, auteur du poème de la Callipédie. Il mourut en septembre 1661.

546 On appeloit Bullion le Gros Guillaume raccourci. Les gens de lettres le haïssoient, car il faisoit profession de les mépriser. (T.)

547 Voyez le Traité historique des monnoies de France de Le Blanc; Amsterdam, 1692, p. 298 et suiv.

548 Talon l'aîné, avocat-général, homme de petite cervelle, alla sottement en présence du Roi au parlement louer le cardinal de Richelieu par-dessus les maisons. En sortant le cardinal lui dit: «Monsieur Talon, vous n'avez rien fait aujourd'hui, ni pour vous ni pour moi.» (T.)

549 Instruction du Chrétien. La première édition de ce livre, qui en compte au moins vingt-quatre, est de Poitiers, 1621, in-8o.

550 Le Catéchisme a été corrigé depuis par Desmarest, qui l'a mis en l'état où on le voit aujourd'hui. (T.)

551 Ce n'est pas dans son Catéchisme intitulé: Instruction du chrétien, que le cardinal commit la singulière erreur que Tallemant signale ici. C'est dans les Principaux points de la Foi catholique, défendus contre l'écrit adressé au Roi par les ministres de Charenton; Poitiers, 1617, in-8o. Il y traduit Terentianus Maurus, qui est le nom d'un grammairien, par le Maure de Térence, croyant que cet auteur avoit laissé une pièce de ce titre dont il étoit question dans le passage qu'il avoit à traduire.

552 Paris, 1646, in-4o.

553 Paris, 1651, in-folio.

554 Mémoires de l'état de la France sous Charles IX. Le Traité de la servitude volontaire a été imprimé pour la première fois, en 1578, dans le tome 3 de ce Recueil, folio 116.

555 On publia d'abord du cardinal l'Histoire de la mère et du fils, qui fut mal à propos attribuée à Mézerai. Ce n'est qu'en 1823 que M. Petitot donna, d'après le manuscrit du dépôt des Affaires étrangères, les Mémoires du cardinal de Richelieu, compris dans la deuxième série des Mémoires relatifs à l'histoire de France.

556 Psaphon, habitant de la Lybie, voulant être reconnu pour un dieu, réunit un grand nombre d'oiseaux, et leur apprit à répéter: Psaphon est un grand dieu. Leur éducation terminée, il les rendit à la liberté, et les Lybiens, frappés de ce prodige, décernèrent à Psaphon les honneurs divins.

557 La première édition de l'ouvrage de Pellisson parut en 1653 (Paris, in-8o), sous le titre de Relation contenant l'Histoire de l'Académie françoise.

558 Il rétablit la pension de Vaugelas, qui étoit de douze cents écus; mais Vaugelas n'en fut point payé. (T.)

559 Il y avoit à Vitré, en Bretagne, un avocat peu employé, nommé Des Vallées. Cet homme étoit si né aux langues, qu'en moins de rien il les devinoit, en faisoit la syntaxe et le dictionnaire. En cinq ou six leçons il montroit l'hébreu. Il prétendoit avoir trouvé une langue-matrice qui lui faisoit entendre toutes les autres. Le cardinal de Richelieu le fit venir ici; mais Des Vallées se brouilla avec Demuys, le professeur en langue hébraïque, et avec un autre; cet autre étoit peut-être Sionita, cet homme du Liban, qui travailloit à sa Bible de Legeay. Le Pailleur, qui étoit de ses amis, lui avoit demandé sur toutes choses de ne les point choquer. Un jour que Le Pailleur, en voyant quelques épreuves, demanda si cela étoit corrigé, Des Vallées dit: «Voire, ce ne sont que des ignorants.» Demuys sut cela, et le décria. Le cardinal vouloit cependant qu'il fît imprimer ce qu'il savoit de cette langue-matrice: «Mais vous me faites divulguer mon secret, donnez-moi donc de quoi vivre.» Le cardinal le négligea, et le secret a été enterré avec Des Vallées. (T.)

560 Les pièces dont il fournissoit le sujet à Bois-Robert, Colletet, L'Estoile, Corneille et Rotrou, à chacun desquels il distribuoit un acte à faire, et que pour cette raison on appeloit les pièces des Cinq-Auteurs.

561 Il avoit assez méchant goût. On lui a vu se faire rejouer plus de trois fois une ridicule pièce en prose que La Serre avoit faite. C'est Thomas Morus. En un endroit Anne de Boulen disoit au roi Henri VIII, qui lui offroit une promesse de mariage: «Sire, des promesses de mariage, les petites filles s'en moquent.» En un autre, elle moralisoit sur la fragilité des choses humaines, et disoit au Roi que le trône des rois étoit un trône de paille: «C'est donc, disoit le Roi, de paille de diamant.» On appelle une paille certaine marque dans les diamants qui est un défaut. (T.)

562 Henri Coiffier, dit Ruzé, marquis de Cinq-Mars, grand-écuyer de France.

563 Fontrailles, homme de qualité de Languedoc, bossu devant et derrière, et fort laid de visage, mais qui n'a pas la mine d'un sot. Il est fort petit et gros. (T.)—Il s'appeloit Louis d'Astarac, vicomte de Fontrailles. On a de lui une relation des choses qui se sont passées à la cour pendant la faveur de Cinq-Mars. Elle a été publiée avec les Mémoires de Montresor. (Voyez cette relation dans la deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, tom. 54, pag. 409.)

564 Momon, expression empruntée d'un jeu de dés, dont les acteurs étoient masqués. Couvrir ce momon, paroît signifier ici accepter le défi. (Voyez le Dict. de Trévoux.)

565 Le bruit ayant couru qu'il avoit fait venir des gens pour assassiner le cardinal, M. le duc d'Enghien offrit à Son Éminence de le tuer. Le marquis de Pienne le sut et le dit à Rumigny, qui conseilla à M. le Grand de le dire au Roi. Il dit le lendemain à Rumigny: «Le Roi m'a dit: Prends de mes gardes, cher ami.—Et pourquoi n'en avez-vous pas pris? lui dit Rumigny en le regardant entre les deux yeux. Vous ne me dites pas vrai.» Le jeune homme rougit. «Au moins, ajouta Rumigny, allez chez M. le duc accompagné de trois ou quatre de vos amis, pour lui faire voir que vous n'avez point de peur.» Il y fut. M. le duc jouoit; on le reçut fort bien, et on causa fort gaîment. Rumigny l'y accompagna. (T.)

566 Le maréchal de La Motte, sous prétexte d'empêcher le secours de Perpignan, car exprès il faisoit courir le bruit que les ennemis avoient ce dessein-là, s'avança à trente lieues de la ville. Le maréchal manda au cardinal qu'il s'étoit avancé pour le servir, et qu'il lui donnoit sa parole de le dégager quand il voudroit, et de le venir enlever à la porte du logis du Roi; qu'il avoit mille hommes dont il lui répondoit comme de lui-même. Le cardinal dit qu'il admirait l'adresse qu'avoit eue le maréchal, et lui manda qu'il n'avançât pas davantage. M. le Grand, qui avoit plus d'esprit que de cervelle, se douta du dessein du maréchal, et en avertit le Roi.

567 Abraham Fabert, qui fut depuis créé maréchal de France.

568 Un jour il contesta sur la guerre contre le maréchal de La Meilleraye. Le Roi lui dit que c'étoit bien à lui, qui n'avoit rien vu, à disputer contre un homme qui faisoit la guerre depuis si long-temps.—«Sire, répondit-il, quand on a du sens et de la lumière, on sait les choses sans les avoir vues.» (T.)

569 Quoi que Rumigny pût dire à M. le Grand, il négligea de se remettre bien avec le Roi; il se fioit sur son Traité avec l'Espagne. Il avoit envoyé Montmort, parent de Fontrailles, au comte de Brion, car on n'osoit, à cause de La Rivière, s'adresser à Monsieur directement. Par malheur pour lui, M. de Brion étoit à Paris aux noces de mademoiselle de Bourbon et de M. de Longueville. Cela empêcha qu'il n'eût réponse, et donna le temps d'avoir le Traité d'Espagne. La princesse Marie avoit promis à Cinq-Mars de l'épouser quand il se serait plus élevé: cela avoit contribué à lui faire tourner la tête. (T.)

570 Avant que de se mêler d'intrigue, Fontrailles avoit mis tout son bien à couvert. Il a vingt-deux mille livres de rente en fonds de terre, sans un sou de dettes. Il dit une plaisante chose au feu Roi qui lui montroit des louis: «Sire, lui dit-il, j'aime les vieux amis et les vieux écus.» Il ne veut point qu'on raille de sa bosse; sur tout le reste il entend raillerie. Il étoit des esprits forts du Marais. Ces messieurs se mirent, il y a près de vingt ans, à porter des bottes qui avoient de fort longs pieds, mais non pas si longs qu'on les a portés depuis. Quelques capitaines aux gardes dansèrent un ballet des longs pieds. Fontrailles alla prendre cela pour eux, et engagea le comte de Fiesque et Rumigny à se battre. Le comte et son homme se blessèrent. Fontrailles fut culbuté par le sien, et Rumigny désarma le troisième. Ces messieurs du Marais chargèrent les filous, et leur enjoignirent de ne voler plus dans le Marais. Ainsi le Marais fut quelque temps un lieu de sûreté en dépit de lui. Espenan, soldat de fortune, qui avoit été garde de M. d'Épernon, épousa sa sœur. Il avoit gagné la mère et le cadet de Fontrailles. Cet Espenan avoit été en crédit pour avoir déposé contre M. de La Valette à l'assemblée de Fontarabie. Fontrailles le fit appeler en vain plusieurs fois en duel. Le cadet se mit si fort contre l'aîné qu'il lui envoya un cartel. Fontrailles en eut horreur, et, par l'avis de Rumigny, conta cela à tout le monde. Le cadet fût blâmé. Il est mort à la guerre en Catalogne. (T.)

571 Fontrailles essaya de passer en Espagne; mais, n'y étant pas parvenu, il se retira en Angleterre, où il resta jusqu'après la mort du cardinal. (Relation de Fontrailles, au lieu déjà cité, p. 443.)

572 Le Roi, à son passage à Lyon, dit cent puérilités au chancelier, et entre autres qu'il n'avoit jamais pu habituer ce méchant garçon à dire tous les jours son Pater. Une autre fois, en faisant des confitures, le Roi dit: «L'âme de Cinq-Mars étoit aussi noire que le cul de ce poëlon.» (T.)

573 Voici le texte de cette loi: Utrum, qui occiderunt parentes, an etiam conscii, pœnâ parricidii adficiantur, quæri potest? Et ait Macianus, etiam conscios eâdem pœnâ adficiendos, non solum parricidas. (L. 6, au Digeste de lege Pompeiâ, de parricidiis.) Toute la loi est dans l'interprétation du mot conscius, qui signifie tout à la fois, celui qui a connoissance du crime, et le complice du crime. La première interprétation est d'une atrocité qui auroit toujours dû la faire repousser.

574 Le nom est resté en blanc au manuscrit.

575 Quelques-uns des faits relatifs à Cinq-Mars sont placés, dans le manuscrit original, à l'article de Louis XIII; on a cru devoir les réunir tous ici, pour éviter la confusion et les redites.

576 Cyprien Perrot, conseiller de la grand'chambre, père du président Perrot, et ami intime du président de Thou l'historien, trouva un jour par hasard un acte par lequel il paroîssoit que l'avocat de Thou, de qui venoit ce président et le premier président du Parlement, étoit fils d'un habitant d'Atis, village qui est à une journée de Paris; cela le fit rire. Il l'envoya au président, et lui manda que par cette pièce il prouveroit bien nettement qu'il venoit des comtes de Toul. C'étoit la chimère de la famille. Le président prit cela comme il devoit: il n'en fit que rire, et M. Perrot fut un de ses exécuteurs testamentaires. Perrot, sieur d'Ablancourt, y étoit quand on trouva cette pièce; c'est de lui que nous tenons ce fait. (T.)

577 Chirurgien célèbre de ce temps.

578 Tragi-comédie en cinq actes en vers, avec un prologue, attribuée au cardinal, mais bien plutôt faite par Desmarets, d'après un plan fourni par l'Éminence, et sous ses yeux. Elle fut représentée sur le théâtre de l'hôtel de Bourgogne, avec une grande magnificence, et, malgré son peu de succès, elle fut imprimée en 1643, in-4o.

579 Par grimace il composa un conseil, et fit Saint-Chaumont ministre d'État; car il ne vouloit pas des gens bien forts. Saint-Chaumont, qui croyoit qu'on donnoit cela à son mérite, en eut bien de la joie. Il rencontra Gordes, capitaine des gardes-du-corps, à qui il le dit: «Oh! oh! dit Gordes, tu te moques.» Il entre en riant à gorge déployée, et dit au Roi: «Sire, Saint-Chaumont dit que Votre Majesté l'a fait ministre d'État; quelque sot croirait cela.» (T.)

580 Henri-Joseph de Peyre, comte de Troisville (on prononçait Tréville), homme de l'esprit le plus juste et du goût le plus délicat. Il se retira du monde après la mort de Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans.

581 Arnoul, qui travailloit à la marine, dit que le dessein du cardinal de Richelieu étoit d'envoyer le cardinal Mazarin à Rome pour y servir le Roi; et qu'il lui dit en sa présence: «Monsieur Arnoul, dans combien de temps pouvez-vous apprêter un vaisseau pour passer M. le cardinal Mazarin en Italie?—Monseigneur, dit Arnoul, il y en aura un de prêt au premier jour.» Le Mazarin alla supplier Arnoul de différer, et cependant le cardinal se porta plus mal. Jamais le Mazarin n'a reconnu ce service. (T.)

582 Il se fit fermer son cautère, parce que son bras maigrissoit trop. Cela pourroit bien l'avoir tué; il ne vécut plus guère après. (T.)

583 C'est par erreur que cet article a été classé ici. Il n'auroit dû trouver place que dans le volume suivant, parmi les articles des habitués de l'hôtel Rambouillet.