1. Dictionnaires.—F. Raynouard, Lexique roman, 6 vol. Paris, 1838-1844.
E. Levy, Provenzalisches Supplement-Wœrterbuch, Leipzig, 1894 et années suivantes. Ce complément magistral de l'œuvre de Raynouard comprendra environ six volumes grand in-8; cinq ont déjà paru ainsi que le premier fascicule du tome VI (jusqu'au mot Past).
Pour paraître à la fin de 1908: Emil Levy, Petit dictionnaire provençal-français, Heidelberg, G. Winter.
J.-B.-B. Roquefort, Glossaire de la langue romane, 3 vol. Paris, 1808-1820.
[De Rochegude] Essai d'un glossaire occitanien pour servir à l'intelligence des poésies des troubadours. Toulouse, 1819.
2. Grammaires.—Raynouard, Grammaire de la langue romane (Tome I du Choix) Cf. Résumé de la grammaire romane (Tome I du Lexique).
F. Diez, Grammaire des langues romanes, traduction Gaston Paris, A. Brachet, Morel-Fatio, Paris, 1873-1876, 3 vol.
W. Meyer-Lübke, Grammaire des langues romanes, traduction Rabiet et Doutrepont, 4 vol. Paris, 1889-1905.
C.-H. Grandgent, An outline of the Phonology and Morphology of old provençal. Boston, 1905. (Ne contient que la phonétique et la morphologie; pour la syntaxe se reporter à Diez ou à Meyer-Lübke.)
H. Suchier, Die französische und provenzalische Sprache, dans Grœber, Grundriss der romanischen Philologie, 3 vol. Strasbourg, 1888-1902. La partie traitée par H. Suchier a été traduite en français sous le titre suivant: H. Suchier, Le français et le provençal, trad. par Ph. Monet, Paris, 1891. D'autre part une nouvelle édition du tome I du Grundiss de Grœber vient de paraître (1906).
Voir aussi l'excellente introduction grammaticale au Manualetto provenzale, de M. Crescini, et les précis plus sommaires des Chrestomathies provençales de Bartsch (le tableau des formes a été supprimé dans la dernière édition donnée par Koschwitz) et de M. C. Appel.
Enfin citons en dernier lieu un autre excellent manuel: l'Altprovenzalisches Elementarbuch, par O. Schultz-Gora, Heidelberg, 1906.
3. Textes.—A. Collections.—Le Parnasse occitanien, ou Choix de poésies originales des Troubadours [par de Rochegude], Toulouse, 1819.
F. Raynouard, Choix des poésies originales des Troubadours, 6 vol. Paris, 1816-1821.
C.-A.-F. Mahn, Die Werke der Troubadours, 4 vol. Berlin, 1846-1853.
Id., Gedichte der Troubadours, 4 vol. Berlin, 1856-1873.
B. Chrestomathies.—K. Bartsch, Chrestomathie provençale, 6e édition (publiée par Koschwitz), 1904. Nos citations sont faites d'après la 4e édition.
C. Appel, Provenzalische Chrestomathie, 3e édition, 1907. Nos citations sont faites d'après la première édition.
V. Crescini, Manualetto provenzale, 2e édition, 1905.
C. Éditions.—Il existe des éditions complètes de plusieurs troubadours. Nous nous contentons d'énumérer les plus importantes.
Poésies de Guillaume IX, par A. Jeanroy, Paris-Toulouse, 1905.
Le troubadour Cercamon, par le Dr Dejeanne, Paris-Toulouse.
U.-A. Canello, La vita e le opere del trovatore Arnaldo Daniello, Halle, 1883.
Bertran de Born a été édité plusieurs fois (éd. A. Stimming, 2e éd., 1892, éd. A. Thomas, Toulouse, 1888).
A. Kolsen, Giraut de Bornelh (tome I, fasc. 1, Halle, 1907).
Une édition de Bernard de Ventadour, par M. C. Appel, est en préparation. Une édition de Marcabrun par le Dr Dejeanne va paraître incessamment.
K. Bartsch, Die Lieder Peire Vidal's, Berlin, 1857.
Plusieurs éditions de troubadours ont été publiées dans la Bibliothèque méridionale (Toulouse); ce sont: Bertran de Born (éd. A. Thomas, cf. supra), Montanhagol (éd. Coulet); Bertran d'Alamanon (éd. Salverda de Grave); Elias de Barjols (éd. Stronski). D'autres ont été publiées dans la Romanisch Bibliotheke (Leipzig): Sordel (éd. de Lollis), Folquet de Romans (éd. Zenker), ou dans l'Altfranzösische Bibliothek (Heilbronn): N'At de Mons, éd. Bernhard. Cf. encore les éditions de Peire d'Alvergne, par R. Zenker (Erlangen, 1900), de Guillem Figueira, par E. Levy (Thèse de Berlin, 1880), de Peire Rogier, par C. Appel (Berlin, 1892), de Pons de Capduelh, par Napolski, etc.
D. Manuscrits.—Le travail capital sur les manuscrits des troubadours est celui de M. Grœber, Die Liedersammlungen der Troubadours, Strasbourg, 1877 (Romanische Studien, IX).
4. Histoire littéraire.—[Millot] Histoire littéraire des troubadours, 3 vol. Paris, 1774. (D'après les manuscrits de Sainte-Palaye).
F. Diez, Leben und Werke der Troubadours, 2e édition, revue par K. Bartsch, Leipzig, 1882. La 1re édition avait été traduite en français par de Roisin.
F. Diez, Die Poesie der Troubadours, 2e édition, revue par K. Bartsch, Leipzig, 1883.
C. Fauriel, Histoire de la poésie provençale, 3 vol. Paris, 1846. Ouvrage vieilli, mais contenant d'excellents chapitres sur la poésie «lyrique» des troubadours.
K. Bartsch, Grundriss zur Geschichte der provenzalischen Literatur, Elberfeld, 1872. La première partie (p. 1-95) contient un aperçu de l'histoire de la littérature provençale, des renseignements sur les manuscrits, sur les éditions, etc. La deuxième comprend la liste alphabétique des troubadours, avec l'indication du premier vers de chacune de leurs poésies lyriques. C'est d'après cette liste que se font ordinairement les citations dans les études littéraires: ainsi Gr., 101, 2, renvoie à la deuxième poésie lyrique (ordre alphabétique) de Bonifaci Calvo qui porte le numéro 101 dans le Grundriss de Bartsch. Une nouvelle édition de cet indispensable instrument de travail est en préparation et paraîtra sans doute bientôt.
C. Chabaneau, Les Biographies des Troubadours, Toulouse, 1885; fait partie de l'Histoire générale de Languedoc (tome X). A la suite des biographies vient une liste des troubadours contenant non seulement l'indication de leurs poésies lyriques, mais de leurs autres compositions, et d'abondantes et précieuses notes biographiques, renvois, rapprochements, etc.
A. Stimming, Provenzalische Litteratur, dans le Grundriss de Grœber, tome II, 2e partie.
A. Jeanroy, La poésie provençale du Moyen Age (Revue des Deux Mondes, 1899 et suiv.).
A. Restori, Letteratura provenzale, Milan, 1891 (Manuali Hœpli) Excellent petit manuel, traduit en français par A. Martel.
A. Jeanroy, Les Origines de la Poésie lyrique en France, 2e édition, Paris, 1904.
A. Pätzold, Die individuellen Eigenthümlichkeiten einiger hervorragender Trobadors im Minneliede, Marbourg, 1897 (Excellent par les innombrables citations qu'il renferme).
Ou peut citer encore les chapitres consacrés aux troubadours dans l'Esquisse historique de la littérature française au Moyen âge de Gaston Paris, dans les histoires de la littérature française de MM. Lintilhac et Lanson et dans la Geschichte der franzœsischen Litteratur de MM. Suchier et Birch-Hirschfeld.
M. V. Crescini, professeur à l'Université de Padoue, prépare une Histoire de la littérature provençale.
1 Roger, L'enseignement des lettres classiques, d'Ausone à Alcuin, Paris, 1905.
2 Kiener, Verfassungsgeschichte der Provence seit der Ostgothenherrschaft bis zur Errichtung der Konsulate (510-1200). Leipzig, 1900, p. 48.
3 Les limites approximatives du franco-provençal sont données d'après la première carte du Grundriss de Grœber, t. I.
4 Cette langue s'appela d'abord langue romane, puis prit le nom de limousine; la dénomination de provençal date du XIIIe siècle: c'était, dans ce sens, la langue de la «Province» comprenant à peu près tout le Sud de la France.
5 M. Chabaneau, en classant par province d'origine les troubadours dont il existe une biographie (111, un quart environ du chiffre total) donne pour l'Aquitaine quarante-un noms: parmi eux Guillaume de Poitiers, les troubadours gascons Cercamon et Marcabrun, Jaufre Rudel et Rigaut de Barbezieux (Saintonge), Arnaut de Mareuil, Arnaut Daniel, Giraut de Bornelh, Bertran de Born, etc. L'Auvergne et le Velay ont douze troubadours avec biographie: parmi eux Peire d'Auvergne, Peire Rogier, Peirol, Peire Cardenal. Le Languedoc en a dix-huit, parmi lesquels les Toulousains Peire Vidal et Aimeric de Péguillan, Raimon de Miraval, Guiraut Riquier. Enfin la Provence et le Viennois présentent vingt-huit noms; les principaux sont ceux de Raimbaut d'Orange, de la comtesse de Die, Folquet de Marseille, Raimbaut de Vaquières, Folquet de Romans, etc. Quoique cette liste ne comprenne qu'un quart des troubadours (et que, par conséquent, la classification soit incomplète) il faut remarquer que parmi ces troubadours se trouvent les plus illustres.
6 Sur les genres populaires dans l'ancienne poésie provençale, cf. Ludwig Roemer. Die volksthümlichen Dichtungsarten der altprovenzalischen Lyrik, Marbourg, 1884, et Jeanroy, Origines de la poésie lyrique en France.
7 Sur la métrique des troubadours cf. P. Maus, Peire Cardenal's Strophenbau, Marbourg, 1884.
8 Le poème de Sainte Foy d'Agen a été publié par M. Leite de Vasconcellos dans la Romania, XXXI (1902), p. 177 et suiv.
9 Cf. Jeanroy, Origines, 1re partie, chap. I.
Voir pour tout ce chapitre les Biographies des Troubadours, par M. C. Chabaneau (Histoire générale de Languedoc, éd. Privat, tome X).
1 Cf. en particulier Chabaneau, Notes sur quelques manuscrits provençaux égarés ou perdus, Paris, 1886.
2 Paul Meyer, Les derniers Troubadours de la Provence, Paris, 1871.
3 G. Bertoni, I trovatori minori di Genova, Dresde, 1903. Id., Nuove rime di Sordello di Goïto, Turin, 1901 (Extrait du Giornale Storico della letteratura italiana).
4 Cf. A. Stimming in Grœber, Grundriss der romanischen Philologie, II, A, p. 19. Une partie des détails qui suivent est empruntée à cet excellent résumé.
5 O. Schultz (-Gora), Die provenzalischen Dichterinnen, Leipzig, 1888.
6 Raimon de Miraval et son épouse Gaudairenca; Hugolin de Forcalquier et Blanchemain (A. Stimming, l. s., p. 19).
7 Sur les protecteurs des troubadours, voir Paul Meyer, Provençal language and litterature, in Encyclopædia britannica, et la liste dressée par Diez, Leben und Werke, 2e éd., p. 497. Cf. aussi Restori, Lett. prov., p. 77-79.
8 Jean de Nostredame, Vies des plus célèbres et anciens poètes provençaux, Lyon, 1575. M. Chabaneau préparait depuis de nombreuses années une réédition de cet ouvrage. Nous la publierons le plus tôt possible. Cf. Chabaneau, Le Moine des Iles d'or, Annales du Midi, 1907.
9 Chabaneau, Biographies des Troubadours.
10 La duchesse de Normandie était Éléonore d'Aquitaine, petite-fille du premier troubadour, Guillaume, comte de Poitiers, épouse divorcée de Louis VII depuis 1152. C'est entre 1152 et 1154 que Bernard de Ventadour aurait séjourné à sa cour; cf. Diez, L. W., p. 25.
11 Cf. sur le châtelain de Coucy, G. Paris, La Littérature française au moyen âge, § 128, et Esquisse historique..., § 135.
12 Sur la légende de Jaufre Rudel, cf. G. Paris, Jaufre Rudel, Rev. hist., t. LIII, p. 225 et suiv.
13 Histoire littéraire, XXVII, 723-724.
14 A. Stimming, dans le Grundriss de Grœber, II, B, p. 16.
15 Cf. notre étude sur le dernier troubadour, Guiraut Riquier, p. 122 et suiv.
16 Le gracieux roman de Flamenca, comprenant plus de 8 000 vers, a été publié deux fois par M. Paul Meyer, en 1865, et en 1901: le premier volume de cette deuxième édition (contenant le texte) a seul paru jusqu'ici. Le roman est du XIIIe siècle et il est aussi intéressant pour l'histoire littéraire que pour l'histoire de la civilisation.
17 Sur ces ensenhamens, cf. notre étude citée plus haut, p. 131. Le premier et le plus ancien de ces ensenhamens, auquel est empruntée la citation qui suit, est de Guiraut de Cabreira, noble catalan contemporain de Bertran de Born et de Peire Vidal.
18 La citation est empruntée à l'ensenhamen de Guiraut de Calanson. Ce poème a été publié récemment par M. Wilhelm Keller sous le titre suivant: Das Sirventes «Fadet Joglar» des Guiraut von Calanso, Erlangen, 1905. Le texte est accompagné d'un abondant commentaire. La «symphonie» était un instrument à vent, ou peut-être un «tambour de basque» (Keller, p. 63).
1 Leur nom leur vient du mot trobar, trouver en parlant de l'invention poétique.
Cf. en général, pour ce chapitre, Diez, Poesie der Troubadours, 2e édition.
2 Traduction de l'abbé Papon, Parnasse occitanien, p. 21.
3 Pétrarque, Trionfo d'amore.
4 Cf. Gaston Paris, Esquisse historique de la littérature française au Moyen âge, p. 159: «ce sont les troubadours de cette école [du trobar clus] qui, malgré leurs défauts et indirectement, ont créé le style moderne».
5 Sur la musique cf. un excellent article de M. A. Restori, dans la Rivista musicale italiana, vol. II, fasc. 1, 1895. Voir surtout la récente publication de M. J.-B. Beck, Die Melodien der Troubadours, Strasbourg, 1908.
Cf. encore A. Jeanroy, Dejeanne, P. Aubry: Quatre poésies de Marcabrun, troubadour gascon du XIIe siècle, texte, musique et traduction, Paris, 1904.
Les troubadours dont il nous reste le plus d'airs notés sont les suivants: Bernard de Ventadour, Folquet de Marseille, Gaucelm Faidit, Guiraut Riquier, Peire Vidal, Raimon de Miraval. Le plus grand nombre de ces mélodies (les deux tiers) se trouvent dans le manuscrit R (Bibl. nat.,f. fr., 22543).
6 Ludwig Rœmer, Die volksthümlichen Dichtungsarten, Marbourg, 1884.
7 Bernard de Ventadour, Quant erba vertz e fuelha par (M. W. I, 11; Gr., 39); id., Lo gens temps de pascor (M. W. I, 13; Gr., 28).
8 Marcabrun, Pois l'iverns d'ogan es anatz (M. W. I, 57).
9 J. Rudel, Quan lo rius de la fontana (M. W. I, 62; Gr., 5).
10 Arnaut de Mareuil, Belh m'es quan lo vens (M. W. I, 155; Gr., 10).
11 Peire Rogier, Tan no plou ni venta (M. W. I, 120; Gr., 8).
12 Raimbaut d'Orange, Non chant per auzel ni per flor (M. W. I, 77; Gr., 32).
13 Sirventés: la vraie forme provençale est sirventes; nous l'accentuons pour mieux marquer que l'accent doit porter sur la dernière syllabe.
14 Cf. Jeanroy, Origines..., p. 45 et suiv. De la tenson on distingue le jeu-parti (prov. partimen) qui est une variété du genre et où les interlocuteurs choisissent entre deux propositions contraires; nous employons le mot de tenson qui est le terme le plus général.
Sur la question de savoir si les tensons appartiennent à des auteurs différents, cf. Diez, Poesie der Troubadours, p. 165. Pour les sujets des tensons cf. ibid., p. 169. Voici quelques autres exemples: quel est l'homme le plus amoureux, celui qui ne peut résister au désir de parler constamment de la dame qu'il aime ou celui qui y pense en silence? Un amoureux qui est heureux dans son amour doit-il préférer être l'amant ou le mari de sa dame?
15 Pour les tensons avec un personnage imaginaire, cf. Jeanroy, Origines..., p. 54, note 1: on a des tensons du Moine de Montaudon avec Dieu, de Peirol avec Amour, de Raimon Béranger et Bertran Carbonel avec leur cheval, de Lanfranc Cigala avec son cœur et son savoir.
16 Les deux tensons qui suivent sont de Guiraut Riquier.
17 Une des études les plus récentes sur la pastourelle est celle de M. A. Pillet, Studien zur Pastourelle, Breslau, 1902 (extrait de la Festschrift zum zehnten deutschen Neuphilologentag).
18 Traduction de M. A. Jeanroy, Origines, p. 31.
19 Ibid., p. 80.
20 Le plus récent travail sur l'aube bilingue du Vatican (ainsi nommée du manuscrit qui la contient) est dû au Dr Dejeanne dans les Mélanges Chabaneau: on trouvera dans cet article la bibliographie du sujet.
21 Il n'y a qu'un exemple de serena; dans Guiraut Riquier; il faut y voir sans doute une invention du poète et non une imitation d'un genre populaire.
22 Le descort de Raimbaut de Vaquières est composé de six strophes: la première en provençal, la seconde en italien (génois), la troisième en français, la quatrième en gascon, la cinquième probablement en portugais (Cf. sur le dernier point Carolina Michaelis de Vasconcellos, dans le Grundriss de Grœber, II, B, p. 173, Rem. 1).
1 Une partie des pages qui suivent ont paru en article dans le Mercure de France, juin 1906.
2 Cf. Poésies de Guillaume IX, comte de Poitiers, éd. Jeanroy, Paris, 1905.
3 Sur le «vasselage amoureux», cf. un excellent article de M. E. Wechssler, Frauendienst und Vassalität, dans Zeitschrift für französische Sprache und Litteratur, XXIV, 1, 159-190.
4 Cf. Diez, Poesie der Troubadours, p. 128, 129, etc.
5 A. Restori, Lett. prov., p. 52.
6 Diez, Poesie der Troubadours, p. 127.
7 Traduction de Raynouard, Des Troubadours et des Cours d'amour, p. XXII, XXVI.
8 Cf. P. Vidal: «le présent d'un simple cordon que m'a accordé la belle Raimbaud me rend plus riche à mes yeux que le roi Richard lui-même avec Poitiers, Tours et Angers». Cf. encore de Guillaume de Saint-Didier: «cependant elle pourrait me rendre heureux, si elle m'accordait seulement l'un des cheveux qui tombent sur son manteau, ou l'un des fils qui composent son gant». Cité par Raynouard, Des Troubadours et des Cours d'amour, p. XIV.
9 Diez, Poesie der Troubadours, p. 135.
10 Mahn, Gedichte, nº 737. La deuxième citation est tirée du nº 344.
11 Sur Rigaut de Barbezieux, cf. l'article que nous venons de publier dans la Revue d'Aunis et de Saintonge, juillet 1908. On y trouvera sa romanesque biographie.
12 Cette allusion aux habitudes de la tigresse se retrouve dans un Bestiaire provençal, recueil de légendes ayant trait aux animaux. Quand les chasseurs ont enlevé les petits de la tigresse, ils placent des miroirs sur le sol; la tigresse s'y mire et oublie sa douleur.
13 Raynouard, Des Troubadours et des Cours d'amour, Paris, 1817.
La question a été reprise depuis par Diez (Ueber die Minnehöfe, Berlin, 1825), Pio Rajna (Le Corti d'Amore, Milan, 1890), V. Crescini (Per la questione delle Corti d'Amore, Padoue, 1891).
1 Sur Cercamon, cf. l'édition du Dr Dejeanne, Toulouse-Paris, 1905. Cercamon fait allusion une fois au Poitou (V) et il a écrit un planh sur la mort de Guillaume X, comte de Poitiers. Ces détails nous paraissent avoir quelque importance pour l'étude de l'influence qu'a pu exercer l'œuvre du premier troubadour Guillaume IX.
2 Marcabrun fut un satirique si violent que, si l'on en croit son biographe, les châtelains de Guyenne, dont il avait dit beaucoup de mal, le firent mettre à mort.
3 Pierre d'Auvergne, ap. Diez, L. W., p. 43. Cf. l'édition de Pierre d'Auvergne par M. Zenker, p. 190-191. Pour la suite cf. Diez, ibid., p. 44.
4 Sur Jaufre Rudel, cf. Gaston Paris, Rev. hist. (cf. supra chap. II), Carducci, Jaufre Rudel, poesia antica e moderna, 1888, Savj-Lopez, Mistica profana (in Trovatori e poeti).
5 Appel, Prov. Chr., p. 55.
6 M. C. Appel, in Archiv für das Studium der neueren Sprachen, tome CVII.
7 «Depuis que nous étions enfants...» C'est l'âge aussi où Dante commença à aimer Béatrice.
8 M. W., I, p. 19.
9 M. W., p. 20.
10 Texte de Mahn, Gedichte der Troubadours, nº 707.
11 Marcabrun aussi aurait visité l'Angleterre, cf. G. Paris, Esquisse historique, § 86.
12 M. W., p. 23.
13 Sur les nombreuses allusions aux médisants (lauzengiers) cf. Pätzold, Die individuellen Eigenthümlichkeiten einiger hervorragender Trobadors, § 79.
14 M. W. I, 21. A propos de la «joie» il est bon de rappeler avec M. Jeanroy (éd. de Guillaume de Poitiers, p. 19) que «l'espèce d'exaltation mystique qui a pour cause et pour objet à la fois la femme aimée et l'amour lui-même était... désignée sous le nom de joi».
15 Geoffroy de Vigeois, ap. Diez, L. W., p. 322.
16 Sur les troubadours à la cour du comte de Toulouse, cf. Paul Meyer, in Histoire générale de Languedoc, tome X.
17 Sur les troubadours à Narbonne, cf. notre article dans les Mélanges Chabaneau, p. 737-750.
18 M. W. I, 30.
19 Carducci, Un poeta d'amore del secolo XII, Nuova Antologia, XXV-XXVI.
20 M. W., I, 33.
21 M. W., I, 36.
1 M. W. I, 184.
2 M. W. I, 151 et suiv.
3 On peut rapprocher de cette description un passage d'une poésie lyrique d'Arnaut de Mareuil (M. W. I, p. 156). «Elle est plus blanche qu'Hélène, plus belle qu'une fleur naissante, pleine de courtoisie; de ses dents blanches ne sortent que des mots sincères, son cœur est franc sans mauvaises pensées, sa couleur est fraîche et ses cheveux blonds; que Dieu la garde, car jamais je n'en vis de plus belle.»
4 Les œuvres de Giraut de Bornelh ont commencé à paraître en édition critique avec traduction (allemande) sous le titre suivant: Saemtliche Lieder des Trobadors Guiraut de Bornelh, von Adolf Kolsen (tome I, fasc. 1), Halle, 1907.
5 Ed. Kolsen, nº 1.
6 Id., nº 19.
7 Id., nº 21.
8 Id., nº 2.
9 Dante, De vulg. Eloq., II, 2 et 6. «Bertran de Born, dit Dante, a chanté les armes, Arnaut Daniel l'amour, Giraut de Bornelh la droiture, l'honnêteté (honestum) et la vertu», De vulg. Eloq., II, 2.
10 M. W. I, 186.
11 M. W. I, 201.
12 Tenson de Linhaure et de Giraut de Bornelh, Appel, Prov. Chr., p. 87. Cf. aussi dans l'édition Kolsen les numéros 4 et 20. Nous empruntons au premier des deux le couplet suivant: «Je pourrais écrire (une chanson) plus obscure; mais la poésie n'a sa valeur que si tout le monde la comprend; pour moi, quoi qu'on en puisse penser, je suis heureux quand j'entends dire qu'on chante ma chanson d'une voix sombre ou claire et quand j'apprends qu'on la chante à la fontaine.» L'autre chanson débute ainsi: «Je ferais, si j'avais assez de talent, une chansonnette assez claire pour que mon petit-fils la comprît et que tout le monde y prît plaisir.» Ce sont là de véritables manifestes littéraires contre les théories du trobar clus. Ce ne sont pas les seuls d'ailleurs dans la littérature provençale. Cf. la pièce de Pierre d'Auvergne, Sobre'l vieilh trobar e'l novel et le commentaire qu'en a donné M. J. Coulet dans les Mélanges Chabaneau, p. 777 et suiv.
13 Purgatoire, ch. XXVI. Le chant se termine par huit vers provençaux que Dante met dans la bouche d'Arnaut Daniel. Celui-ci se trouve avec Guido Guinicelli parmi le troupeau de ceux qui n'ont pas observé, dans la satisfaction de leurs appétits charnels, l'umana legge Seguendo come bestie l'appetito. Dante cite plusieurs fois encore Arnaut Daniel dans le De vulgari Eloquentia; il y déclare en particulier qu'il a emprunté au poète limousin la sextine. Cf. Diez, L. W., p. 282.
14 Cf. Diez, L. W., p. 285.
15 Le Moine de Montaudon lui reproche de n'avoir composé dans sa vie que deux mauvais vers, auxquels personne ne comprend rien; Diez, L. W., p. 283.
16 Mahn, Gedichte der Troubadours, nº 427.
17 Voir pour tout ce qui suit A. Thomas, Poésies complètes de Bertran de Born, introduction. Le rôle historique de Bertran de Born a été étudié par M. Clédat, Paris, 1879. Bertran de Born est un des rares troubadours qui aient eu l'honneur de plusieurs éditions (Ed. A. Stimming [deux], éd. A. Thomas).
18 Thomas, loc. sign., p. xv.
19 La fille de Henri II, Mathilde, était mariée avec Henri, duc de Saxe; aussi B. de Born l'appelle-t-il une fois la Saissa (la Saxonne).
20 On a émis des doutes sur l'authenticité de cette pièce. Plusieurs manuscrits l'attribuent à d'autres troubadours que Bertran de Born. La pièce est composée sur les mêmes rimes qu'une pièce de Giraut de Bornelh. Ce qu'il y a de certain c'est que un ou deux couplets sont interpolés; mais nous croyons que ce brillant morceau de poésie est bien de Bertran de Born.
1 M. W. I, 77. Non chant per auzel ni per flor
2 M. W. I, 70 et I, 67.
3 Cf. l'ouvrage déjà cité de O. Schultz, Die prov. Dichterinnen, et Sernin Santy, La Comtesse de Die.
4 M. W. I, 87. Ab joi et ab joven m'apais.
5 M. W. I, 88.
6 M. W. I, 80. A chantar m'er de so qu'ieu no volria.
7 Sur Pierre d'Auvergne, cf. Zenker, Die Lieder Peires von Auvergne, Erlangen, 1900.
8 «Au delà des montagnes», c'est-à-dire au delà des Pyrénées; Marcabrun y avait été avant lui, cf. Zenker, p. 19.
9 C'est la poésie célèbre Chantarai d'aquestz Trobadors, Zenker, nº XII. Un troubadour postérieur, le Moine de Montaudon, a imité cette satire.
10 Roderic de Tolède, ap. Zenker, p. 26.
11 Ed. Zenker, nº IX. Sur «les oiseaux dans la poésie et dans la légende» cf. un article de M. Savj-Lopez, dans Trovatori et Poeti, p. 245. Un troubadour postérieur, Arnaut de Carcassés, a composé une nouvelle où un perroquet joue le principal rôle; pour faciliter un rendez-vous d'amour entre son seigneur et une châtelaine il met le feu à la tour du château: pendant le désordre et le tumulte qui s'ensuivent l'entrevue a lieu. Le «perroquet» d'Arnaut de Carcassés est d'une éloquence insinuante et surtout d'une merveilleuse activité. Cette nouvelle est d'ailleurs l'Ecole des Maris. L'auteur l'a écrite pour «reprendre les maris qui veulent surveiller leurs femmes et pour les avertir que la meilleure précaution est de leur laisser la liberté». Cf. Bartsch, Chr., c. 259 et suiv. Sur les oiseaux messagers d'amour dans la poésie populaire cf. Savj-Lopez, op. laud.
12 M. W. I, 224, Rayn., Ch., III, 318. Parn. occ., 181.
13 M. W. I, 224, Rayn., Ch., III, 321.
14 M. W. I, 226, Rayn., III, 324. Parn. occ., 185.
15 Parn. occ., 187. Gauvain est le neveu d'Arthur dans les légendes bretonnes. Sur les légendes épiques chez les troubadours voir Birch-Hirschfeld, Ueber die den provenzalischen Troubadours bekannten epischen Stoffe, Halle, 1878. L'ouvrage est incomplet, mais il n'a pas été remplacé.