Le traducteur, S. Aspinwall, dit, dans la préface qu'il a signée, que c'est en raison du succès qu'a obtenu la traduction de l'Andromaque de Racine donnée par Mrs. Philips, sous le titre de The distressed Mother, qu'il a entrepris cette traduction. Il dit avec assez peu de modestie que ses amis l'ont assuré que sa Rodogune était supérieure à l'original, et il ajoute ingénument: «I will impute it merely to our language being more nervous than the French, and to the translators being unconfined by the felters of Rhyme in which the original is written.»

XVIII

921. Heraclius, Emperour of the East, a Tragedy written in French by M. de Corneille, englished by Lodowick Carlell. London, 1644. In-4.

Héraclius est peut-être, de toutes les pièces de Corneille, celle qui eut le plus grand succès en Angleterre, si l'on en juge, du moins, par ce qu'en dit Samuel Pepys. Celui-ci raconte, à la date du 8 mars 1663-64, qu'il vit représenter la tragédie nouvellement traduite. La pièce produisit sur lui une vive impression; il fut en particulier très-frappé de la scène où l'empereur d'Orient parait environné de tout le peuple en habits romains. «Cette scène est, dit-il, au-dessus de tout ce que j'ai jamais vu représenter sur aucun théâtre (above all I ever saw at any of the theatres).»

Le 4 février 1666-67, Pepys revit Héraclius au Duke's Playhouse, «excellente pièce, qui lui causa un plaisir extraordinaire.» Il y avait grande compagnie, Mrs. Stewart, très-belle avec de grandes boucles, Lord et Lady Rochester, Lord John Butler, fils du Duc d'Ormond, etc.

Voy. Diary and Correspondence of Samuel Pepys, loc. cit.

L'éditeur de ce recueil croit que la traduction vue par Pepys n'était pas celle de Carlell, qui, dit-on, ne fut jamais représentée.

XXI

922. Nicomede, a Tragi-Comedy translated out of the French of Monsieur Corneille by John Dancer, as it was acted at the Theatre Royal in Dublin, together with an Exact Catalogue of all the English Stage Plays printed till this present year 1671. Licensed Dec. 16. 1670. Roger L'Estrange. London, printed for Francis Kirkman and are to be sold at his shop in Thames Street, over against the Custom House, 1671. In-4 de 2 ff. et 56 pp., plus 16 pp. pour le catalogue.

Dédié au Right. Hon. Thomas Earl of Offroy.

VII. Traductions en néerlandais.

923. Onderzoek over de Nederduitsche Tooneelpoëzy. Amsterdam, A. Schoonenburg, 1724. Pet. in-8, avec front, gravé de J. Goeree.

Ces Recherches sur la poésie dramatique hollandaise renferment la traduction des trois discours de Corneille sur l'Art dramatique.

VIII

924. [De waarschynelyke Tovery, Blyspel. Uit het Fransch van den Heer P. Corneille. Te Amsterdam, 1684. Pet. in-8?]

La Magie vraisemblable, traduction en vers de l'Illusion comique, par Simon Van der Cruyssen.

Nous n'avons pas vu cette édition, dont la date nous est fournie par le texte du privilége qui accompagne l'édition suivante.

925. De waarschynelyke Tovery, Blyspel. Uit het Fransch van den Heer P. Corneille, Te Amsterdam, by d'Erfg: van J. Lescailje, op den Middeldam, naast de Vischmarkt, 1691. Met Privilegie. Pet. in-8 de 72 pp.

Au titre un joli fleuron de S. Fokke, représentant une ruche posée sur une console, devant un édifice aux deux extrémités duquel sont placées des statues de Melpomène et de Thalie, et qui est surmonté des armes d'Amsterdam.

Privilége du 19 septembre 1684, renouvelé la 18 janvier 1691.

«Comme le traducteur du Menteur, celui de l'Illusion a transporté le lieu de la scène en Hollande, et a baptisé à la hollandaise les personnages et les rôles dont il est parlé dans la pièce. Par malheur, il n'a pas réfléchi que ce changement de lieu tendait à détruire toute illusion dès les premiers mots qui se débitent au lever du rideau. Il est question d'une grotte obscure; or, tout crédule que soit le Pridamant hollandais, on aurait pu difficilement lui faire croire que son pays possédât une véritable grotte, les rochers étant chose inconnue en Hollande. Un autre changement apporté à la pièce, c'est qu'au magicien, le traducteur, pour des raisons qu'il n'explique pas, a substitué une magicienne. La traduction, au reste, n'est pas mauvaise, et bien que Van der Cruyssen ne fût qu'un versificateur médiocre, le dialogue, chez lui, ne manque pas de facilité.» Van Lennep.

926. De waarschynelyke Tovery, Blyspel. Uit het Fransch van den Heer P. Corneille. T'Amsteldam, by David Ruarus, Boeckverkooper, 1729. Met Privilegie. Pet. in-8 de 74 pp. et 1 f. blanc.

Privilége du 27 mai 1728.

«Réimpression de la traduction de Van der Cruyssen, exécutée par ordre des régents; elle semble attester le succès de la pièce. Cependant nous ne la retrouvons pas au répertoire à partir de 1774, année où fut inauguré le théâtre actuel.

«Le théâtre d'Amsterdam, fondé en 1617 par une des nombreuses chambres de rhétorique de cette ville, avait été vendu en 1621 aux maisons d'orphelins et d'infirmes, et entièrement rebâti en 1637 par l'ordre des régents de ces établissements. Ce furent ces régents qui, pendant près de deux siècles, dirigèrent le théâtre, l'excédant des recettes étant versé par eux dans la caisse des hospices confiés à leurs soins. Comme ils étaient nommés par les magistrats, le théâtre pouvait être considéré comme une institution publique émanant de l'autorité.» V. L.

IX

927. De Cid. Bly-Eyndend Treurspel. In Franse vaersen gestelt door d'Heer Corneille. Nu in Nederlandse Rijmen vertaald. T'Amsterdam, by Dominicus van der Stichel. Voor Abraham de Wees, Boeckverkooper, op den Middel-dam, in't Nieuwe Testament. Anno 1641. In-4 de 32 ff. non chiffr., sign. A-H.

Traduction du Cid en vers par Van Heemskerck. Cette édition, imprimée à son insu, a échappé aux recherches de Van Lennep. Elle est précédée, suivant un usage cher aux auteurs hollandais, d'un argument en prose, dont Van Lennep nous donne ainsi la traduction d'après la réimpression de 1662:

«Sommaire de la tragi-comédie espagnole nommée Le Cid.

«L'Infante de Castille est amoureuse de Don Rodrigue, jeune et vaillant cavalier; mais, le sachant trop au-dessous d'elle, elle favorise une inclination mutuelle entre lui et Chimène, fille du comte de Gormas, inclination qu'approuvent les parents des deux jeunes gens. Le père de Don Rodrigue va demander au comte la main de Chimène pour son fils; mais comme il vient d'obtenir la charge de gouverneur de l'Infant, qu'avait briguée le comte, il trouve celui-ci plus disposé à lui chercher querelle qu'à écouter ses propositions: des paroles on en vient aux injures, et le comte, à la fin, s'emporte au point de donner un soufflet à Don Diègue, le père de Rodrigue. Le vieillard tire l'épée; mais, désarmé par son adversaire, il se tourne vers son fils et l'excite à venger son injure. Don Rodrigue se rend à cet appel, non sans avoir soutenu un violent combat intérieur; il provoque le comte et le tue. Chimène accourt demander justice au roi du meurtrier de son père; Don Diègue, de son côté, réclame la grâce de son fils. L'Infante, qui n'a pu encore maîtriser l'amour qu'elle éprouve pour Don Rodrigue, tire des événements qui ont eu lieu un augure favorable à ses désirs et, dans un dialogue émouvant avec sa nourrice, Léonor, elle fait part à celle-ci des combats qui se livrent dans son cœur. Le roi, avant de prononcer sa sentence, veut prendre l'avis de son conseil et fait reconduire Chimène chez elle par Don Sanche, rival de Don Rodrigue. Don Sanche saisit cette occasion pour exciter la colère de Chimène contre Don Rodrigue, et lui offre son bras pour la venger. Chimène, revenue chez elle, éclate en plaintes douloureuses et se lamente devant Elvire, sa demoiselle d'honneur, du sort cruel qui la force à demander la mort de celui qu'elle adore. Don Rodrigue paraît inopinément devant elle, prêt à lui livrer sa tête, afin qu'elle venge sur lui la mort de son père; elle refuse son offre, sous le prétexte adroit qu'un trépas volontaire ne pourrait satisfaire à sa vengeance, et qu'elle veut qu'il meure par la sentence de ses juges. En sortant de chez elle, Rodrigue rencontre son père, qui le cherchait pour lui annoncer que les Maures ont fait une descente sur la côte et que toute la ville est en émoi. Il lui dit, en outre, que cinq cents jeunes gentilshommes de ses amis sont venus lui offrir leurs bras pour venger l'affront qu'il a reçu du comte et se trouvent en ce moment chez lui; il engage son fils à se mettre à la tête de cette bande vaillante et à aller combattre les Maures, afin de reconquérir par ce moyen la faveur du roi et celle de sa maîtresse. Don Rodrigue, en effet, vole au combat, défait les Maures et fait prisonniers deux de leurs chefs, qu'il envoie vers le roi. A la suite de cet exploit, il obtient le nom de Cid (mot arabe qui signifie Seigneur) et sa grâce. Chimène, sur ces entrefaites, vient réitérer son accusation et exiger la punition de Don Rodrigue. Voyant le roi incliner vers la clémence, elle demande que, selon les anciennes coutumes du pays, un champ clos soit ordonné. Le roi consent à sa demande, à condition qu'elle épousera le vainqueur. Don Sanche s'offre à elle comme son champion et est accepté. Don Rodrigue désarme son adversaire et lui laisse la vie, mais à charge d'aller se jeter aux pieds de Chimène et de lui faire part de l'issue combat. A la vue de Don Sanche qui se présente devant elle, l'épée nue et teinte de sang (sic), Chimène éperdue se figure qu'il a tué Don Rodrigue, et, n'écoutant que sa passion, elle l'empêche de prendre la parole. Se présentant de nouveau devant le roi, elle avoue sa tendresse pour Don Rodrigue, et demande l'autorisation de se libérer envers Don Sanche en lui faisant don de tous ses biens, et de se retirer dans un cloître afin d'y passer les jours qui lui restent à pleurer son père et son amant. Enfin la vérité se fait jour, l'Infante elle-même amène Don Rodrigue vers Chimène, qui, vaincue par les sollicitations du roi, consent à l'accepter pour époux, mais demande que son mariage soit différé jusqu'à la fin de son deuil. Le roi lui accorde ce délai et ordonne qu'en attendant, Don Rodrigue, à la tête de l'armée, partira pour la Barbarie, afin de combattre les Maures dans leur propre pays. Don Rodrigue se rend à cet ordre avec joie, et, modérant son ardeur amoureuse en faveur de l'heureux avenir qui l'attend, il se fie à son roi et au bon vouloir de sa maîtresse.

«Pendant les deux derniers siècles la propriété littéraire était chose inconnue en Hollande, et les spéculateurs ne se gênaient nullement pour éditer les œuvres des auteurs en vogue, dont ils avaient su se procurer des copies. Il serait presque impossible d'énumérer les vers de Vondel, imprimés sans son aveu. Le grand poëte, dans un distique mis en tête d'un de ces poëmes, parle de ces publications frauduleuses, moins pour se plaindre du larcin que pour prémunir le public contre les fautes nombreuses qui s'y trouvaient, et contre les méchants vers qu'on y avait insérés sous son nom.

«Outre le moyen employé par Vondel pour déjouer ces procédés malhonnêtes, les auteurs en avaient deux autres: l'un, qui était le plus généralement en usage, c'était de faire ce que fit le traducteur du Cid, et de donner au public une édition authentique de leur ouvrage; l'autre, d'engager un libraire à obtenir des États de la province le privilége de la publication. S'agissait-il d'une pièce de théâtre et obtenait-elle les honneurs de la représentation sur la scène d'Amsterdam, c'était aux régents des hospices que la privilége était accordé, et ceux-ci, à leur tour, conféraient à tel ou tel libraire le droit de publication. Quoi qu'il en arrivât, l'auteur ne tirait presque jamais le plus minime profit de son œuvre, à moins qu'il ne la dédiât à un Mécène assez généreux pour lui donner quelque gratification.» V. L.

928. De Cid, bly-eyndend Treurspel. Mitsgaders het gantsche leven en bedrijf van den selven Cid. T'Amsterdam, by Nicolaes van Ravesteyn, 1641. In-12 de 176 pp.

Réimpression de la traduction de Van Heemskerck publiée par lui-même. Elle porte la date de 1641 et nous ne pouvons dire avec certitude qu'elle ait paru avant l'édition décrite ci-après (no 929). Du reste les deux éditions d'Amsterdam et de Hoorn contiennent exactement les mêmes pièces préliminaires.

929. De verduytste Cid. Bly- Eyndend Treur- Spel. Midtsgaders het gantsche leven en bedrijf van den selven Cid. Opt' nieuws daer by ghevoeght. Tot Hoorn. Ghedruckt voor Barent Adriaens Berentsma. Anno 1641. Pet. in-8 de 154 pp.

Réimpression de la pièce de Van Heemskerck.

Elle est précédée d'un avis au lecteur, dont Van Lennep nous a donné la traduction d'après une édition de 1662 en tout semblable à celle-ci:

«L'Imprimeur au Lecteur.

«Lecteur bénévole, ce Cid, qui, à ce que nous assure le traducteur, a beaucoup perdu de ses grâces dans la traduction, n'avait pas appris à parler hollandais pour briller sur la scène, moins encore pour ennuyer les yeux et les oreilles du public par la voie de la presse, mais uniquement afin de se faire connaître à quelques rares amis et patrons du traducteur; puis d'être mis de côté et enfoui dans la poussière d'une Bibliothèque bien close. Mais une copie en ayant été soustraite au Propriétaire et imprimée à son insu et contre son désir, et cela avec tant d'incorrections qu'il en a honte, je lui ai fait sentir que puisqu'il ne pouvait empêcher la publication de son Cid, autant valait le publier tel qu'il l'avait écrit; et j'espère par là avoir rendu service à la jeunesse studieuse.»

L'avis au lecteur est suivi de «témoignages de la valeur du Cid dans sa propre langue» qui contiennent en français ce qui suit:

«Les comédiens de Son Altesse [le duc Ferdinand de Nassau] parlent ainsi en leurs affiches:

«Le grand Cid, qui a porté sa renommée par tout le monde et qui a eslevé le Sieur Corneille, son Autheur, à un degré si haut que les autres de sa profession n'y peuvent atteindre, vous sera représenté. Nous espérons que vous confirmerez le jugement qu'en a fait toute la Cour, et que dans l'embellissement que nous y apporterons vous avouerez que nous sommes curieux de rechercher vostre contentement.

«Un autre, qui l'a fait imprimer à Leyden en l'année 1638, luy a donné des Louanges encore bien plus grandes, l'appellant: une excellente et ravissante piéce, dont la lecture a charmé l'oreille des Rois, Et une œuvre admirable qui n'a point d'éloge assez relevé qui ne soit au-dessous de ses beautez. Que ce n'est rien dire d'égal à ses graces, que d'asseurer qu'elles expriment toutes celles qui sont les plus rares en l'élégance Françoise; qu'elles représentent les traits les plus vifs et les plus beaux dont on se puisse servir pour expliquer la gloire des grandes actions d'une âme parfaitement généreuse, et que les lire et les admirer sont presque une mesme chose.»

Nous avons reproduit nous-même en entier l'avis du libraire de Leyde, sous le no 273.

Après ces préliminaires, vient une préface du traducteur lui-même ainsi conçue:

«Si jamais œuvre de petite dimension [boeckxken] a reçu dans sa propre langue un accueil favorable, ou si jamais pièce dramatique a été chaleureusement reçue au théâtre, c'est bien le Cid, qui n'a pas procuré moins de gloire que de profit à son auteur, le Sieur Corneille. A la demande de ceux dont la prière était un ordre pour moi, j'en avais, il y a déjà quelques années, traduit le premier acte en notre langue, afin de voir jusqu'à quel point on pourrait rendre en hollandais les gentillesses françaises, et mon ardeur, que la beauté de ce chef-d'oeuvre excitait, à mesure que je travaillais, a fait le reste. Et comme on arrive chemin faisant où l'on ne croyait point aller, je me suis trouvé transporté peu à peu de la scène des fictions sur celle des événements véritables, et j'ai rassemblé dans les mémoires espagnols toute la vie et les exploits du fameux Cid; ce que j'ai fait d'autant plus volontiers, que j'ai cru trouver un cœur hollandais dans une poitrine espagnole, c'est-à-dire un défenseur inébranlable de la liberté de sa patrie et un adversaire redoutable de toute domination étrangère, domination que le Cid répudie avec des paroles dignes d'être prononcées par un Hollandais libre, contre la soif de dominer qui possède les Espagnols d'aujourd'hui, et d'autant plus remarquables qu'elles ont été mises dans la bouche du Cid par la plume d'un jésuite espagnol (violent entre les violents). N'ayant pu empêcher, lecteur équitable, que ces choses frivoles ne vinssent entre vos mains, je n'ai pas voulu du moins vous laisser ignorer ces particularités. Veniam pro laude.»

«Tous les écrivains hollandais avaient ainsi leur devise, dont bien souvent ils signaient leurs ouvrages, au lieu d'y mettre leur nom. Veniam pro laude était celle de J. Van Heemskerck.» V. L.

Le volume se termine par la Vie du Cid (Het Leven van Don Rodrigo Diaz de Bivar toe-genaemt de Cid), laquelle est précédée d'un titre séparé et remplit les pp. 99 à 154.

930. De verduytste || Cid, || Bly-Eyndend || Treur-Spel. || Gespeelt op d'Amsterdamsche Schouburg. || T'Amsterdam, Gedruckt by Tymen Houthaeck, || voor Dirck Cornelisz. Houthaeck, Boeckverkoper op de Nieuwe-zijds || Kolck, in 't Bourgoens Kruys. Anno 1650. In-4 de 30 ff. non chiff.

Au titre, un fleuron signé des lettres C V S, en monogramme, et représentant une fontaine avec la devise: eeuwigh (éternellement).

Réimpression de la traduction de J. Van Heemskerck. Elle contient l'avis de l'imprimeur au lecteur, les deux pièces françaises citées plus haut, la préface du traducteur et l'argument.

931. De verduytste Cid. Bly-Eyndend Treurspel. T'Amsterdam, gedruckt by Broer Jansz Bouman. Anno 1662. Pet. in-8.

Au titre, un joli fleuron représentant le roi de Castille assis sur son trône et jugeant le procès du Cid et de Chimène.

Réimpression de la traduction de J. Van Heemskerck, avec l'argument reproduit ci-dessus (no 927), mais sans les autres pièces préliminaires.

932. De Cid. Bly-Eyndend Treurspel. In Franse Vaersen gestelt door d'Heer Corneille. Nu in Nederlandse Rijmen vertaald. Amsterdam, by Michiel de Groot, 1662. In-8.

Réimpression de la traduction de Van Heemskerck, ainsi que les sept éditions suivantes.

933. De verduytste Cid. Bly-Eyndend Treur-Spel. Amsterdam, 1668. In-8.

934. De Cid, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille. Amsterdam, 1670. In-8.

935. De verduytste Cid. Bly- Eyndend Treur-Spel. Amsterdam, 1683. Pet. in-8.

936. De Cid, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille. Vertoond op de Amsteldamsche Schouwburg. Den laatsten Druk. Te Amsterdam, by d'Erfgen: van J. Lescailje, op den Middeldam, naast de Vischmarkt, 1697. Pet. in-8 de 64 pp.

«Cette édition, supérieure aux précédentes au point de vue typographique, leur est inférieure quant au texte, qui fourmille de fautes. On n'y trouve aucune des pièces qui précèdent les premières éditions. Le titre porte un fleuron avec la devise: Laboranter.» V. L.

937. De Cid, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille. T'Amsteldam, by David Ruarus, Boekverkooper, 1732. Met Privilegie. Pet. in-8.

«Le titre est orné d'une des nombreuses vignettes qui, à cette époque, distinguaient les pièces de théâtre, que les régents des hospices avaient obtenu le privilége de faire jouer et imprimer. Celle dont nous parlons est due au burin de l'excellent graveur Punt, qui en même temps était le premier acteur tragique du théâtre d'Amsterdam. Dans un cartel de style rococo, surmonté des armes de la ville, et entouré d'abeilles et de fleurs, on voit une niche, près de laquelle se tiennent d'un côté deux orphelins, de l'autre un vieillard infirme; au fond le Parnasse avec Apollon et Pégase; en bas, ce distique de Vondel:

De Byen storten hier het eêlste dat sij leezen,

Om d'ouden stok te voên en d'ouderlooze weezen.

c'est-à-dire: Les abeilles répandent ici ce qu'elles ont butiné de plus exquis, pour en nourrir le vieillard et l'orphelin.

«Cette édition reproduit exactement celle de 1697. Elle contient en outre la copie du privilége accordé aux régents, et le droit d'impression concédé par ceux-ci à David Ruarus.» V. L.

938. De Cid, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille. Te Amsteldam, by Isaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper, 1736. Met Privilegie. In-8.

«Cette édition se trouve dans le recueil des œuvres dramatiques de J. Van Heemskerck; elle ne contient que la tragédie, mais le texte est bien plus correct que celui des précédentes impressions.

«Le libraire Duim était, comme Punt, acteur, et partageait avec lui la faveur du public.» V. L.

939. De Cid, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille. Zo als het zelve op den Amsteldamschen Schowburg word vertoond. Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekverkooper op den hoek van den Voorburg-Wal en Stilsteeg, 1760. Met Privilegie. Pet. in-8 de 63 pp. en tout.

Cette réimpression ne commence qu'à la scène entre le comte et D. Diègue. Le rôle de l'Infante est supprimé.

«Il est presque certain que les éditions signalées par nous [Van Lennep en indique en tout neuf] ne sont pas les seules qu'ait eues la traduction du Cid entre les années 1640 et 1760; mais elles suffisent pour prouver deux choses: l'une que la renommée du Cid et de son auteur s'est établie en Hollande bien plus tôt que partout ailleurs à l'étranger; l'autre, que le public n'a cessé de lire et d'applaudir au théâtre le chef-d'œuvre de Corneille, bien qu'il eût «perdu de ses grâces par la traduction», ainsi que l'en avait charitablement averti l'imprimeur de l'édition de 1641. Jacob Van Heemskerck, en effet, quoiqu'il ne manquât pas de talent et qu'on ait même de lui un livre charmant en prose sous le titre de «l'Arcadie hollandaise», n'était qu'un versificateur médiocre, et l'on ne saurait croire, en lisant ses vers, qu'ils fussent d'une époque où Vondel et d'autres avaient déjà publié tant de chefs-d'œuvre de style et de diction. C'est donc bien au mérite intrinsèque de la pièce et au jeu des acteurs qu'il faut attribuer le succès dont jouissait encore, dans la dernière moitié du siècle dernier, l'œuvre informe de Van Heemskerck; et l'on ne saurait autrement expliquer le courage dont faisait preuve l'éditeur de 1760, en reproduisant une traduction, dans laquelle quelques rares passages assez bien rendus ne rachetaient pas tant d'expressions basses, prosaïques ou tombées en désuétude. Aussi le public commença-t-il à s'en lasser; et bientôt l'apparition d'une traduction nouvelle fit «enfouir» celle de Van Heemskerck «dans la poussière d'une bibliothèque «bien close.» V. L.

940. Den Cid, blyendigh Treur-Spel. In't frans uyt-ghegheven door den on-verghelijckelijcken Corneille, ende nu vertaelt uyt den eersten druck. Tot Duynkercke, ghedruckt by Antonius van Ursel: Boeck-vercooper, woonende bij de groote Kercke, in S. Ursula, 1694. In-8 de 3 ff. et 62 pp.

Cette traduction, dont on ne connaît plus qu'un seul exemplaire, et qui n'a pas été citée par Van Lennep, est l'œuvre de Michel de Swaen, poëte flamand né à Dunkerque. Elle est dédiée au poëte lui-même par le libraire Van Ursel, qui affirme l'avoir mise sous presse à l'insu de l'auteur.

Au moment où la ville de Dunkerque passa sous la domination de Louis XIV, elle possédait une chambre de rhétorique des plus florissantes. C'est là que de Swaen se fit connaître. Outre son poëme sur la vie et la mort de Jésus-Christ, et sa traduction du Cid, il traduisit l'Andronic de Campistron, et composa lui-même une tragédie intitulée: l'Abdication de Charles-Quint. On admire dans ses traductions un style facile et poétique; son drame original est un des plus réguliers qu'ait produits le théâtre hollandais au dix-septième siècle.

Voy. sur de Swaen le Belgisch Museum de J.-F. Willems, t. IXe, Gand, 1845, pp. 392 sqq.

941. De Cid. Treurspel. Van den Heere P. Corneille. Verrykt met leerzame aanteekeningen door den Heere de Voltaire, enz. Het Fransch gevolgd door J. Nomsz. Te Amsteldam, by David Klippink, Boekverkooper, 1771. Pet. in-8.

Traduction en vers par J. Nomsz.

«Au titre, une vignette représentant le Bon Goût personnifié sous la forme d'un petit génie, qui tient d'une main une pique et une couronne de lauriers. Le génie étend le pied sur un autre petit génie qui tient en mains un masque et un serpent. Cette seconde figure représente la Critique anonyme.

«A côté d'une colonne sur laquelle s'appuie le bon génie, l'on voit une lyre et plusieurs livres, dont quelques-uns portent les titres de diverses pièces de théâtre écrites ou traduites par Nomsz.

«Le volume contient une préface, dont voici la traduction: J'aurais une belle occasion maintenant de régaler à leur aise les amateurs de libelles. Après avoir traité Corneille de misérable rimailleur, j'aurais pu me moquer de sa figure, de sa tournure, de sa manière de parler et d'agir, de son costume, de ses mœurs; j'aurais même pu décocher quelques traits contre sa famille et son extraction; mais pour ne point scandaliser les lecteurs bien élevés, les seuls auxquels il faille tâcher de plaire, je ne relèverai aucune des spirituelles insolences qui, lors de la publication de sa tragédie, furent jetées à la tête de Corneille. Je renvoie le lecteur, pour peu qu'il comprenne le français, à ce que dit à ce sujet monsieur de Voltaire dans la préface qu'il a mise en tête de la dernière édition de Corneille. «On voit, y est-il dit, par cet échantillon de plus de cent brochures faites contre Corneille, qu'il y avait, alors comme aujourd'hui, un certain nombre d'hommes que le mérite d'autrui rend si furieux, qu'ils ne connaissent plus ni raison ni bienséance. C'est une espèce de rage qui attaque les petits auteurs, et surtout ceux qui n'ont point eu d'éducation.»

«Il est démontré d'ailleurs, dans cette préface, que le Cid a été dénigré par des gens qui étaient mécontents et qui, par là, s'attachaient plus à l'attaquer qu'à l'éclairer: chose trop commune dans le monde littéraire.

«Quant à ma traduction du Cid, je sens qu'elle n'est nullement exempte de fautes, mais je me flatte qu'elle pourra mieux servir à faire juger du génie du grand Corneille que celle dont on se sert au théâtre d'Amsterdam. Je n'ai rien changé dans les parties principales de la pièce; mais j'ai supprimé le rôle de l'Infante, qui me paraissait un hors-d'œuvre, et qui, selon le témoignage de monsieur de Voltaire, est désapprouvé à bon droit en France. Si mon travail peut être utile aux jeunes auteurs, j'aurai atteint mon but et je verrai ma peine suffisamment récompensée.»

«Les lecteurs de la traduction faite par Nomsz confirmèrent en général le jugement que lui-même en avait porté dans sa préface. Auteur dramatique d'une fertilité prodigieuse et traducteur correct (il a traduit plusieurs pièces de Racine et autres tragiques français), Nomsz faisait de bons vers et s'entendait surtout, en traduisant, à conserver dans les passages les plus applaudis la tournure et l'effet de l'original. Grâce à sa traduction, le Cid a fait longtemps encore les délices du public hollandais. Malheureusement, depuis quelques années, le goût de la tragédie classique et, par suite, l'art même de la déclamation, se sont perdus en Hollande, et la prose, qui jusqu'à la fin du siècle dernier, était bannie de la scène, a fini par y détrôner les vers.» V. L.

942. De Cid, Treurspel. Van den Heere P. Corneille. Verrykt met leerzame aanteekeningen, door den Heere de Voltaire, enz. Het Fransch gevolgd, door J. Nomsz. Te Amsteldam, by Izaak Duim, op den Cingel, tusschen de Warmoesgracht en Drie- Koningstraat, 1772. Met Privilegie. In-12 de 4 ff. et 71 pp.

Réimpression de la traduction de J. Nomsz.

Privilège daté du 8 novembre 1757, renouvelé le 2 février 1772.

X

943. J. J. Z. D. W. D. J. Horace, Treurspel. Tantæ molis erat Romanam condere gentem! T'Amsterdam, gedruckt by Gillis Joosten, voor Adam, Karelsz, in 't Vreeden Jaer, 1648. Pet. in-8.

Au titre, les armes de la ville d'Amsterdam.

«Les initiales J. J. Z. D. W. D. J. doivent être interprétées: Jan Jans Zoon De Witt, Doctor Juris, c'est-à-dire: Jean de Witt, fils de Jean, docteur en droit. Si dans les éditions qui parurent après l'année 1679, on ne mit plus sur le titre que les lettres J[an] D[e] W[itt], c'est que probablement les éditeurs jugèrent qu'elles suffisaient pour indiquer un nom aussi connu que celui du feu Grand-Pensionnaire, car ce n'est pas à un moindre personnage qu'à l'homme qui, pendant vingt ans, gouverna la Hollande avec une autorité despotique, que l'on doit cette première traduction d'Horace. Tout grave et austère que les historiens nous le dépeignent, Jean de Witt, dans sa jeunesse, avait sacrifié aux muses, et notamment dans l'année 1648 il était membre d'une société artistique et littéraire. Sa traduction, faite sur l'édition française originale, a le mérite d'être fidèle, et les vers sont meilleurs que ceux de la traduction du Cid de Van Heemskerck. Il est heureux cependant que le Grand-Pensionnaire ait laissé d'autres titres à l'estime de la postérité que cette œuvre de jeunesse.

«La pièce est précédée d'un sonnet dont voici la traduction:

«Arion mettait en mouvement les poissons; Amphion les rochers et les pierres; Orphée les forêts et les torrents; mais toi, auteur tragique, tu fais accourir vers toi les hommes et leur arraches un jugement qu'approuve le bon goût.

«Qui peut voir sans compassion le deuil de Sabine, les larmes sanglantes de Camille? Qui peut voir succomber ces vaillants jeunes gens, se dévouant pour la patrie, sans pleurer sur leur tombe?

«Si les temps antiques revenaient, tu charmerais même ces dompteurs de brutes par les accords que ta muse t'inspire.

«O vous tous, poëtes tragiques, pardonnez-moi si je me trompe; mais cette tragédie-ci tue les vôtres, et son auteur a l'avantage sur vous tous: car en lui revit l'esprit de Peppias [sic].» V. L.

944. J. J. Z. D. W. D. J. Horace, Treurspel. Tantæ molis erat Romanam condere gentem. T'Amsterdam, Gedruckt by Gillis Ioosten, voor Adam Karelsz, in't Vreeden Jaer, 1649. Pet. in-8.

«Cette édition est datée, comme la précédente, de «l'année de la paix», à cause du traité de Westphalie. Elle contient de plus une dédicace dont voici la traduction:

«A Mademoiselle Sarah Van Lennep.

«Mademoiselle,

«Parmi ceux qui, en reproduisant sur la scène les passions de ce monde, ont obtenu un succès universel, le sieur Cornelj [sic] ne figure point au dernier rang; mais comme entre les plus beaux diamants il y a toujours à choisir, ainsi la tragédie d'Horace peut être remarquée comme la plus belle perle entre les bijoux que l'auteur a offerts au public et comme disputant le prix au glorieux Cid, dont la splendeur, si éclatante qu'elle soit, ne saurait offusquer la lumière dont brille son Horace. Quant à cette pièce, tout éloge, quelque grand qu'il fût, serait au-dessous de son mérite. Ce jugement serait celui de tout le monde, si tout le monde était aussi bon connaisseur que Votre Seigneurie; cependant le traducteur confesse qu'il ne fait que bégayer en hollandais ce qui lui a été dicté en un français si mélodieux. Mais je sais que Votre Seigneurie fera comme font ceux qui se connaissent en peinture: leur montre-t-on un tableau bien ordonné et exécuté à larges traits, ils ne s'offenseront point de ce que parmi tant de ligures, de paysages, de bâtiments, se trouve ici une jambe, là un tronc d'arbre, autre part une pierre d'une couleur un peu terne. Votre Seigneurie usera d'un jugement trop fin pour s'arrêter à des fautes qui, à dire vrai, ne doivent point être réputées telles; elle saura que jamais en France pièce ne fut plus chaleureusement applaudie ni plus hautement estimée qu'Horace. Tout présent doit posséder quelque valeur intrinsèque, qui le rende digne de celui qui le reçoit; j'ose assurer Votre Seigneurie que le cadeau que je lui offre recèle je ne sais quoi de sympathique à Votre Seigneurie; ce que j'ai pu découvrir lorsque j'ai eu l'honneur d'entendre quelques réflexions que lui suggérait une lecture qui lui était faite par un de mes amis. C'est par suite de cette circonstance que j'ose prendre la hardiesse de dédier la traduction de cette tragédie à Votre Seigneurie. J'espère qu'elle ne regardera pas aux fautes occasionnées tant par la précipitation avec laquelle l'imprimeur a travaillé, que par l'absence du traducteur, et je demeurerai, en attendant,

«Mademoiselle,
«Le moindre de vos serviteurs,
«Adam Karelsz.»

Van Lennep ajoute les notes suivantes, à propos de l'auteur de la dédicace et de la personne à qui elle était adressée:

«Adam Karelsz signifie littéralement «Adam, fils de Charles». Au dix-septième siècle, et plus tard encore, dans les Pays-Bas, les noms de famille étaient rares, et les personnes, en général, ne se distinguaient entre elles qu'en ajoutant à leur nom de baptême celui de leur père. Souvent aussi on y joignait un sobriquet. Ainsi l'Adam Karelsz dont il est question ici, signait parfois Adam Karelsz Van Zjermesz, et c'est ce nom de Zjermesz surtout qu'il a rendu célèbre par son talent comme acteur, profession qu'il cumulait avec celle de libraire. Il écrivit aussi quelques tragédies qu'on trouve encore mentionnées sur le catalogue des pièces qui formaient en 1682 le répertoire du théâtre d'Amsterdam.

«Sarah Van Halmael, mariée en 1625 à Warner Van Lennep, ce dernier issu d'une famille noble de la Gueldre, s'était établie à Amsterdam peu avant son mariage. De son fils aîné descend en droite ligne l'auteur de cette notice: du puîné la branche des Van Lennep établis en Grèce et dans l'Asie Mineure.»

945. J. D. W. Horace en Curace [sic], Treurspel. Tantæ molis erat Romanam condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche Schouburg. Den tweeden Druk op nieuw overzien. T'Amsterdam, by Jacob Lescalje, 1679. Très-pet, in-8.

«Cette édition, loin de répondre à son titre, qui la représente comme corrigée, fourmille de fautes typographiques, qui ne se trouvent pas dans la première. Elle ne contient ni le sonnet, ni la dédicace, mais renferme par contre un argument en vers, dont voici la traduction:

«L'amour de la patrie et celui de la gloire font mépriser les prières d'une épouse, d'une sœur, d'une amante; elles poussent Horace à se dévouer pour Rome et à combattre le fiancé de sa sœur, frère de sa femme. Curiace meurt de la main de l'époux de sa sœur, du frère de sa maîtresse. Camille, outrée de douleur et de désespoir, maudit son frère, le meurtrier de son amant. Horace met fin à ses plaintes en la poignardant. Sabine, désolée, pleure les malheurs d'Albe et ses trois frères morts de la main de son époux. K. L.

«Ces initiales K. L. sont celles de: Katharina Lescaille ou Lescalje, fille du libraire de ce nom, née en 1649, morte en 1711. Nous aurons occasion de reparler d'elle.» V. L.

946. J. D. W. Horace en Curace [sic], Treurspel. Tantæ molis erat Romanam condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche Schouburg. Den tweeden Druk op nieuw overzien. T'Amsterdam, by Michiel de Groot, 1680. Très-pet. in-8.

Contrefaçon de l'édition précédente.

947. J. D. W. Horace en Curace [sic]. Tantæ molis erat Romanam condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche Schouburg. Te Amsterdam, by de Erfgenamen van J. Lescailje, 1699. Met Privilegie. Pet. in-8.

«Cette édition est plus correcte que les réimpressions décrites ci-dessus. Le correcteur a consulté une édition française postérieure à l'année 1656, car il a supprimé les douze vers prononcés par Julie à la fin de la pièce, ainsi que l'avait fait Corneille à partir de cette date. Le sonnet de Catherine Lescailje n'a pas non plus été reproduit.» V. L.

948. J. D. W. Horace en Curace [sic]. Tantæ molis erat Romanam condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche Schouburg. Te Amsterdam, by Gisbert de Groot, 1670. Pet. in-8.

Contrefaçon de l'édition précédente, qui ne contient naturellement pas de privilége. La date de 1670 est sans doute une faute d'impression pour 1700.

949. Horace, Treurspel. Het Fransche van den Heer P. Corneille nagevolgt. Tot Leyden, by Hendrik Mulhovius, Boekverkoper, 1709. Pet. in-8.

Traduction en vers par Jean Schröder.

«Au titre, un fleuron représentant Melpomène et Thalie qui s'appuient des deux côtés sur un cadre, autour duquel se lit la devise de Schröder: Suum cuique vitium est. Dans le cadre se trouve une lyre éclairée par le soleil levant. La pièce est précédée d'une épitre dédicatoire dont voici la traduction:

«Au très-noble Seigneur Pierre de Leyden, Seigneur de Vlardingue, ancien Bourgmestre et Conseiller de la ville de Leyde, Granad-Heemraad de la Rhinlande et des pays de Putten, Député au noble et puissant Collége de l'Amirauté d'Amsterdam, etc., etc., etc.

«Très-noble Seigneur,

«Connaissant ce que je dois à Vtre Seignrie pour les faveurs nombreuses reçues tant de Vtre Seignrie que de ses illustres ancêtres, je me sens pressé pour peu que j'en sois capable, de prouver ma reconnaissance à Vtre Seignrie, priant Vtre Seignrie d'excuser la liberté que je prends en lui demandant d'abriter cet Horace que je soumets à sa perspicacité contre les flèches des éplucheurs de lettres, la suppliant de bien vouloir tenir pour certain que je ne m'imagine pas être assez maître de la cadence et de la diction pour revêtir ce hardi défenseur et libérateur de sa patrie d'un meilleur habit que d'autres ont essayé de le faire avant moi; mais, ne voulant pas perdre inutilement mes heures de loisir, j'ai tâché, non de braver mes devanciers, mais de suivre la trace de leur lumière; et je jugerai n'avoir pas eu raison de me plaindre de mon travail si j'ai l'honneur de voir que mon étranger travesti ne déplaît pas à Vtre Seignrie. Dans cette attente, et flatté de cet espoir, je proteste que je suis et demeurerai,

«Très-noble Seigneur,
«de Vtre Seignrie,
«le très-humble et très-obligé serviteur,
«Johannes Schröder.» V. L.

950. Den Roms-moedigen Horatius, Verwinnaer der Albaenen, blyeyndig Treurspel, in-rym-gestelt door Joannes Franciscus Cammaert, naems-letterkeer Musen-ciertac of Minnaars-cas. Tot Brussel, by G. Jacobs, boeck-drucker tegen de Baerdbrugge, in de Druckerye, 1751. In-8 de 4 ff. et 52 pp.

«Cette misérable traduction d'Horace est l'œuvre du Bruxellois Jean-François Cammaert, le plus fécond des dramaturges flamands. Soit calcul, soit naïveté, le nom de Corneille est passé complètement sous silence. Pourtant, à part la platitude et l'incorrection du langage qui lui appartiennent en propre, l'auteur ne peut revendiquer pour sa part d'invention que d'avoir remplacé Julie, confidente de Sabine et de Camille, par Jules, prince romain, confident de Sabine. On voit par les pièces liminaires que cet Horace a été représenté à Bruxelles, sur la scène de l'Opéra, le 30 octobre 1747.» A. Willems.

951. Horatius, Treurspel. Het Fransche van den Heere P. Corneille op nieuws gevolgd. Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekverkooper, 1753. Met Privilegie. Pet. in-8.

Traduction en vers par J. Van Stamhorst.

«Le titre est orné d'un cartouche surmonté des armes de la ville, autour desquelles on voit des abeilles et des fleurs; ce cartouche renferme une femme assise (probablement la ville d'Amsterdam) qui a deux ailes au front, une lyre à la main et sur ses genoux un manteau parsemé d'étoiles. A sa droite se tiennent un vieillard et deux orphelins, fouillant une ruche; à sa gauche, des livres de théâtre, un cygne au bord de l'eau, Pégase sur le Pinde, faisant jaillir l'Hippocrène; derrière, la Renommée sonnant de la trompette; à ses pieds un enfant nu, jouant avec des attributs scéniques.

«Cette édition est précédée du privilége et d'un avis, dont voici la traduction:

«Avis.

«J'ai peu de chose à dire au lecteur bénévole à propos de cette nouvelle imitation du grand Horace de Corneille. Qu'on ne cherche le motif de ce travail ni dans un sentiment de jalousie envers ceux qui m'ont devancé, ni dans le présomptueux espoir de faire mieux qu'eux. Je ne parlerai même pas de leurs traductions. Je dirai seulement que, depuis longtemps déjà, on avait jugé celle dont le privilége appartient au théâtre, peu faite pour plaire encore à un public qui n'aime pas les longueurs. Ce motif m'avait engagé, il y a déjà longtemps, à entreprendre une nouvelle traduction d'une tragédie aussi remplie de beaux sentiments que de discours élevés; et mon ardeur, je l'avoue, était si grande, que j'ai trop peu considéré les difficultés du travail et la faiblesse de mes moyens. Plus tard, convaincu de la hardiesse de mon entreprise, j'ai gardé ma traduction sous clef pendant plusieurs années sans vouloir la montrer à personne. J'aurais mieux fait, sans doute, de persévérer dans cette façon d'agir; mais enfin le désir de voir la pièce reparaître sur la scène l'a emporté sur ma répugnance à offrir au public une version si peu digne de l'original.

«Je me suis restreint au nombre de vers que compte la pièce de Corneille, et par là ma traduction en aura une centaine de moins que les précédentes; j'ai de plus tâché de rendre, autant que possible, la pensée de mon illustre devancier. Je n'ai pas fait de changement notable dans la pièce, excepté dans la dernière scène du troisième acte, où le vieil Horace, après s'être plaint amèrement de la fuite de son fils, à la demande qu'on lui adresse, de ce qu'il eût voulu que son fils eût fait contre trois, donne cette courte et fière réponse que Boileau, dans la préface de sa traduction de Longin, cite comme un exemple du vrai sublime:

Qu'il mourût!

mais en y ajoutant:

Ou qu'un beau désespoir alors le secourût.

«Les grands maîtres de l'art ayant jugé d'un commun accord que ce vers affaiblissait la force des deux mots qui précèdent, et qui, dans leur brièveté, renferment un monde d'idées, j'ai pris la liberté de laisser ce vers de côté; ce que j'ai fait d'autant plus volontiers après avoir lu une dissertation sur la tragédie par le célèbre auteur du Télémaque, laquelle se trouve dans les Réflexions historiques et critiques sur les différens Théâtres de l'Europe, imprimée à Amsterdam en 1740 aux frais de la Compagnie, et où ce vers est attribué à l'exigence de la rime.»

«La traduction de Van Stamhorst fut représentée pour la dernière fois au théâtre d'Amsterdam en 1782.

«Quoique meilleure que les deux autres, elle est cependant faible à bien des points de vue, et c'est par cette raison peut-être qu'Horace ne put se soutenir sur la scène hollandaise aussi longtemps que le Cid et Cinna, qui eurent de meilleurs interprètes. La pièce disparut du répertoire dès le commencement du siècle actuel.» V. L.

952. Horatius, Treurspel. Het Fransche van den Heere P. Corneille op nieuws gevolgd. Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekverkooper, 1768. Met Privilegie. Pet. in-8.