[1] François de Bassompierre, né en Lorraine le 12 avril 1579, maréchal de France en 1623, mort dans le château du duc de Vitry dans la Brie, le 12 octobre 1646.

[2] Ce ne peut être que Diane de Dampmartin, comtesse de Fontenoy, et dame en partie de Vistingen, femme de Charles-Philippe de Croy, marquis d'Havré. Ils sont la tige des marquis d'Havré.

[3] Cette fable est tout-à-fait dans le genre de celle de la fée Mélusine, dont la maison de Lusignan a la prétention de descendre.

[4] Voir la note 179 de la p. 111 du t. I.

[5] On fit un guéridon sur une entrée de ballet, où il sortoit d'un tambour.

Sortir d'un tambour,
Galant Bassompierre,
Aimer tant l'amour
Et fuir tant la guerre,
O guéridon, etc. (T.)

[6] Il disoit qu'il y avoit plus de plaisir à le dire qu'à le faire. (T.)

[7] On parloit ainsi alors. (T.)

[8] En ce temps-là Bautru se mit à lui faire les cornes chez la Reine: on en rit. La Reine demanda ce que c'étoit. «C'est Bautru, dit-il, qui montre tout ce qu'il porte.» (T.)

[9] On diroit aujourd'hui les honneurs.

[10] Allusion à l'Amadis de Gaule.

[11] Peautre ou piautre; ce mot de notre ancienne langue romane s'est conservé parmi les bateliers de Loire pour exprimer le gouvernail.

[12] Le village de Nanterre est situé à moitié chemin entre Paris et Saint-Germain-en-Laye.

[13] Allusion aux commencements de la famille Coiffier de Ruzé d'Effiat, qui sortoit des charges de finances. On appeloit élu, un conseiller d'élection, sorte de juridiction dont les appels étoient portés à la cour des Aides.

[14] Le Clerc Du Tremblay étoit alors gouverneur de la Bastille.

[15] On avoit donné, par dérision, le nom d'Importants à ceux qui suivoient le parti du duc de Beaufort. (Esprit de la Fronde; Paris, 1672, tom. 1, pag. 156.) «On les nomma les Importants, parce qu'ils débitoient des maximes d'État, déclamoient contre la nouvelle tyrannie, et prétendoient rétablir les anciennes lois du royaume.» (Histoire de la Fronde, par le comte de Saint-Aulaire; Paris, 1827, tome 1, pag. 105.)

[16] Le Cours la Reine, vis-à-vis les Invalides.

[17] Mauvais plaisant, faiseur de pointes et de quolibets. Cette expression a été empruntée du nom du farceur Turlupin. L'adjectif n'est plus en usage, mais le substantif turlupinade a été conservé.

[18] François de La Rochefoucauld, né à Paris le 8 décembre 1558, évêque de Senlis en 1607, mort à Paris le 15 février 1645.

[19] Rapin étoit prévôt de la connétablie. (T.)

[20] Marthe Brossier étoit de Romorentin, en Sologne. (Voyez la Biographie universelle de Michaud.)

[21] Marie de La Rochefoucauld-Randan, mariée en 1579 à Louis de Rochechouart, seigneur de Chaudenier. Elle se fit Carmélite après la mort de son mari.

[22] Mananda! espèce de serment fort en usage chez les femmes aux quinzième et seizième siècles. En voici un exemple tiré de Des Périers dans le conte de l'enfant de Paris qui fit le fol pour jouyr de la jeune veuve. La dame, en se déshabillant, disoit à sa chambrière: «Perrette, il est beau garçon, c'est dommage de quoi il est ainsi fol.—Mananda! disoit la garce, c'est mon, madame, il est net comme une perle, etc.» (Nouvelles récréations et joyeux devis de Bonaventure Des Périers; Amsterdam, 1735, t. 2, p. 242.)

[23] Marie de Bruneau, dame Des Loges, née vers 1585, morte le 1er juin 1641.

[24] Ses lettres ne sont pas trop merveilleuses; cela étoit bon pour ce temps-là. Bortel a eu raison d'empêcher Conrart de les faire imprimer: il vouloit aussi faire un Recueil de vers sur sa mort. Tout cela est avouétré. (T.)—Avouétré pour avoytré, avorté, qui n'est pas venu à terme. (Dict. de Nicot.)

[25] C'étoit en 1629. (T.)

[26] Il y avoit quatre ans quand Henri IV fut tué. Depuis, comme il a eu la faiblesse de cacher son âge, Balzac l'a appelé cet ambassadeur de dix-huit ans. A son compte, il falloit qu'il l'eût été à quatorze, comme vous le verrez par la suite. (T.)

[27] Secrétaire du duc de Weimar. (T.)

[28] Manuscrit 902, in-folio, tom. 10, pag. 113, de la bibliothèque de l'Arsenal. Cette Notice est écrite d'une grande écriture de femme; elle a vraisemblablement été composée par une des filles de madame Des Loges. On trouvera des détails sur les manuscrits de Conrart dans la Notice qui précède ses Mémoires. (Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, 2e série, t. 48.)

[29] Tallemant en a cependant médit dans l'article qui suit; mais de qui n'a-t-il pas médit?

[30] On a cru qu'il n'étoit pas inutile de publier cette Notice biographique contemporaine sur une femme justement célèbre. Elle avoit déjà été citée dans l'article Loges (des) de la Biographie universelle de Michaud. On peut aussi consulter l'article qui lui a été consacré dans le Dictionnaire de Moreri.

[31] Dans l'article qui précède.

[32] Une madame d'Endreville, fille d'un secrétaire du Roi et femme d'un gentilhomme riche de Normandie, fit garder sa place, en 1658, par un suisse du Roi. On se moqua fort d'elle. (T.)

[33] Les deux auteurs du Roman de la Rose. Tallemant auroit dû les nommer dans l'ordre inverse, puisque Jean de Meung a été le continuateur de Guillaume de Lorris.

[34] On dit même qu'ils étoient associés. (T.)

[35] Madame de La Luzerne, son autre fille, est un original en Phébus. Pour dire que lui faire tant de cérémonies, c'étoit la faire souffrir terriblement, elle dit une fois: «Ha! pour cela, madame, c'est une vraie gémonie.» Elle avoit ouï parler du Montfaucon de Rome, qu'on appeloit Scalas Gemonias. (T.)—C'étoit le lieu d'où l'on précipitoit les criminels.

[36] Pierre Séguier, né le 28 mai 1588, chancelier en 1635, mort le 28 janvier 1672.

[37] On m'a dit que ce fut Des Roches, le mâle, chanoine de Notre-Dame, fort riche en bénéfices, autrefois petit valet du cardinal de Richelieu au collége, qui, le connoissant par droit de voisinage, le proposa au cardinal de Richelieu pour garde-des-sceaux, comme un homme dévoué, et dont il lui répondoit; le cardinal s'y fia. Le monde fut assez étonné de ce choix, car il n'étoit pas trop en passe de cela. Il étoit alors président au mortier en la place de son oncle. (T.)

[38] Tallemant se montre ici singulièrement prévenu contre le chancelier Séguier. Au reste, la partialité que ce magistrat témoigna dans le procès du surintendant, et dans d'autres circonstances, nuisit singulièrement à son caractère. On en aperçoit des traces dans les lettres de madame de Sévigné, et les Mémoires encore manuscrits de M. d'Ormesson, ne permettent pas de douter que le chancelier n'ait eu pour Colbert, ennemi personnel du surintendant, une complaisance tout-à-fait opposée au caractère qu'il auroit dû déployer.

[39] Il est le premier qui s'est avisé de se faire traiter de grandeur. Avant lui pas un ne s'étoit fait traiter de monseigneur dans les harangues, quand on lui parle comme député. (T.)

[40] On voit par là que Les Mémoires de la Régence, dont l'auteur parle si souvent, n'existoient qu'en projet; il est très-vraisemblable qu'ils n'ont pas été composés.

[41] Pierre Séguier, premier du nom, d'abord avocat des parties, devint avocat-général du Parlement en 1550, président à mortier en 1554; né en 1504, mort en 1580.

[42] Pierre Séguier, deuxième du nom, d'abord, lieutenant civil, succéda à son père dans la charge de président à mortier.

[43] Ce ne fut pas lui, ce fut Séguier, marquis d'O; le premier président Le Jay, qui étoit alors procureur du roi du Châtelet, en haine du président Séguier d'alors, oncle du chancelier, en fit informer. Il étoit mal satisfait de ce président, je ne sais pourquoi. (T.)

[44] Madeleine Fabri, fille de Jean Fabri, seigneur de Champauzé, trésorier de l'extraordinaire des guerres.

[45] Je sais de Boileau, greffier de la Grand'Chambre, que le père de la chancelière a été valet chez feu son grand-père à quinze écus de gages, c'est-à-dire tout au plus petit clerico. Cependant, à l'imitation de son mari, elle va chercher des aïeux en Provence. M. de Peiresc s'appeloit Fabri; il prétendoit venir d'un gentilhomme pisan qui s'établit en Provence durant les guerres des ducs d'Anjou pour le royaume de Naples; et comme M. le président Séguier eut les sceaux, Peiresc, qui étoit bien aise d'avoir sa faveur pour obliger les gens de lettres et de vertu, avoua le frère de la chancelière, alors maître des requêtes, pour son parent. Le bonhomme Gassendi en met la descente tout franc dans la vie de Peiresc. Il le croit, comme il le dit, ou il avoit ordre de son ami d'en parler ainsi pour la raison que j'ai dite. (T.)

[46] Je me souviens que le jour de Saint-Joseph, aux Mathurins, où l'abbé de Cerisy prêchoit, on avoit habillé saint Joseph d'une robe de M. le chancelier, et la Vierge avoit la cravate de madame d'Aiguillon. (T.)

[47] Bois-Robert dit qu'il avoit proposé au cardinal de faire le chancelier protecteur, et de se contenter, lui, d'avoir soin de l'Académie, et que le cardinal, qui prenoit le chancelier pour un grand faquin, reçut cela si mal, qu'il pensa chasser Bois-Robert. (T.)

[48] Germain Habert, abbé de Cerisy, de l'Académie françoise, mort vers 1654. On a de lui diverses poésies dans les Recueils du temps, une Vie du cardinal de Bérule et quelques autres ouvrages.

[49] La Connaissance des Bêtes; Paris, 1648, in-4o.

[50] Jacques Esprit, de l'Académie françoise, mort en 1678. On lui attribue le livre intitulé de la Fausseté des vertus humaines. Lié avec madame de Sablé et avec le duc de La Rochefoucauld, il passe pour avoir eu quelque part aux Maximes.

[51] Jean Ballesdens, avocat au Parlement, membre de l'Académie françoise, auteur de quelques ouvrages médiocres. Il aimoit les anciens livres; on trouve souvent sa signature sur le frontispice des éditions gothiques de nos vieux poètes.

[52] Qu'il ne se découvre; du mot infula, qui signifie chaperon dans la basse latinité.

[53] Nicolas de Nets, évêque d'Orléans en 1631, mourut en 1646.

[54] Dominique Séguier, conseiller clerc au Parlement, doyen de l'église de Paris, évêque d'Auxerre, puis de Meaux, premier aumônier du Roi, mourut eu 1659.

[55] Catherine de Parthenay-Soubise, femme de René, deuxième du nom, vicomte de Rohan.

[56] Henri, deuxième du nom, premier duc de Rohan, auteur des Mémoires publiés sous ce nom; né le 21 août 1579, mort le 13 avril 1638.

[57] Ce M. de Brèves, à ce qu'on dit, appela le pape le grand Turc des chrétiens. Il cria: Alla, en mourant, et sans Gédoin, le Turc, qui croyoit en Notre Seigneur comme lui, il ne se fût jamais confessé; mais Gédoin lui dit qu'il le falloit faire par politique. (T.)

[58] Marguerite, duchesse de Rohan, seule héritière de son père, épousa, en 1645, Henri Chabot, simple gentilhomme, et porta dans cette maison le titre et les armes de Rohan.

[59] Les Mémoires du duc de Rohan ont été réimprimés dans le t. 18 de la seconde série de la Collection Petitot.

[60] On lit en effet dans le Voyage du duc de Rohan, Amsterdam, chez Louis Elzéviers, 1649, petit in-12, pag. 101: «Les ruines de la superbe métairie de Cicéron, nommées Académia..... sont considérables...... pour les belles Œuvres qu'il y a composées, entre lesquelles sont renommées les Pendette

[61] Marguerite de Béthune Sully, morte le 22 octobre 1660.

[62] J'ai ouï dire à d'autres que c'est une madame de Rupierre qui a dit cela. (T.)

[63] Première femme de M. de Schomberg. Ce d'Halluin n'étoit pas trop en réputation de bravoure. «On me fait tort, dit-il, je le ferai voir à la première occasion.» Il défit les Espagnols à Leucate en 1636, et fut fait maréchal de France. (T.)

[64] Miossens lui coûte deux cent mille écus. Miossens prit un suisse; il étoit alors bien gredin: madame Pilou lui dit: «Quelle insolence! un suisse pour garder trois escabelles!—Cela a bon air, répondit-il: quoiqu'il ne garde rien, il semble qu'il garde quelque chose: on le croira.» (T.)

[65] Vers du Cid. (T.)

[66] Bois d'Almais, ou Bois d'Annemets, comme on le nomme le plus souvent, est l'auteur des Mémoires d'un favori de M. le duc d'Orléans. On verra plus bas, à l'article Ruqueville, que Bois d'Annemets étoit frère de ce dernier. Les Mémoires d'un favori sont assez rares, et d'autant plus recherchés qu'ils n'ont pas été reproduits dans la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France. Goulas, gentilhomme ordinaire de Gaston, duc d'Orléans, a fait connoître dans ses Mémoires restés manuscrits, le duel dans lequel succomba l'auteur des Mémoires d'un favori. Cet événement eut lieu en 1627. (Voyez un fragment de ces Mémoires cité dans la Bibliothèque historique du P. Lelong, sous le no 21395, t. 2, p. 449.)

[67] Gentilhomme devers le Bordelais, frère de madame de Flavacour, ci-devant Saint-Louis, fille d'honneur d'Anne d'Autriche. (T.)

[68] Il a été publié à Liége, en 1767, une Histoire de Tancrède de Rohan avec quelques autres pièces. (Bibliothèque historique de la France, no 32051, t. 3. p. 181)

[69] René Du Plessis de La Roche Picmer, comte de Jerzé, personnage singulier, qui, en 1649, fit semblant d'être amoureux d'Anne d'Autriche. On l'exila, et il termina ses jours d'une manière très-malheureuse. Ayant obtenu en 1672 la permission de servir comme volontaire, il fut tué par une de nos sentinelles qui n'entendit pas sa réponse. Ce nom est écrit dans les Mémoires du temps Jerzé, Jerzay et Jarzay.

[70] Dans le mal au cœur qu'avoit Ruvigny ne se souciant plus tant de mademoiselle de Rohan, il voulut débaucher Jeanneton, qui étoit jolie, et lui dit si elle ne feroit pas bien ce que sa maîtresse avoit fait, et qu'il le lui feroit, si non voir, du moins entendre. Elle le lui promit. Le lendemain, comme il entroit à sept heures du matin dans la chambre de mademoiselle de Rohan, les fenêtres étant fermées, il se fit suivre par cette fille, qui, pieds-nus, se glissa dans un coin. Ruvigny fit des reproches à mademoiselle de Rohan de sa légèreté, et lui dit qu'après ce qui s'étoit passé entré eux, etc., etc. Jeanneton fut persuadée de la sottise de sa maîtresse; mais pour cela n'en voulut pas faire une. (T.)

[71] La sœur de Ruvigny étoit une fort belle personne: elle fut mariée, en premières noces, avec un gentilhomme du Perche, nommé La Maisonfort. Cet homme s'enivra de son tonneau, et de telle sorte, que quand on lui dit qu'il y prît garde, il répondit qu'il falloit mourir d'une belle épée. Il en mourut en effet. La voilà veuve: c'étoit une coquette prude, je ne crois pas que personne ait couché avec elle; mais c'étoit galanterie plénière. Saint-Pradil, de la maison de Jussac, en Angoumois, a été le plus déclaré de tous ses galants: il lui donnoit, fort souvent des divertissements qu'on appeloit des Saintes Pradillades; c'étoit des promenades où il y avoit les vingt-quatre violons et collation. Un jour qu'ils revenoient de Saint-Cloud un peu trop tard, ils versèrent sur le pavé, le long du Cours. Il y avoit sept femmes dans le carrosse: il crioit: «Madame de la Maisonfort, où êtes-vous?» Chacune contrefaisoit sa voix, et disoit: «Me voici;» puis quand il l'avoit tirée, et qu'il voyoit que ce n'étoit pas elle, il les laissoit là brusquement, et avoit envie de les jeter dans l'eau. Il ne la trouva que toute la dernière.

Elle avoit de plaisants accès de dévotion. Au milieu d'une conversation enjouée, elle s'alloit enfermer dans son cabinet, et y faisoit une prière; puis elle revenoit.

Un grand seigneur d'Angleterre devint amoureux d'elle à Paris, et l'épousa. Elle est morte, il y a près de quinze ans, et a laissé deux filles qui ont été mariées en Angleterre. Elle avoit été accordée avec le marquis de Mirambeau. (T.)

[72] Saint-Luc tenoit la porte en bas, et avoit des chevaux tout prêts avec des pistolets à l'arçon de la selle: il faisoit un froid du diable; mais Ruvigny en revint si échauffé, qu'il n'avoit pas besoin de feu. Il étoit si transporté de colère, que vous eussiez dit un fou. (T.)

[73] On conte une autre chose de Ruvigny, qui est un peu plus raisonnable. Quand M. le Grand fut arrêté, le grand-maître dit à Ruvigny: «Ah! pour cette fois-là on vous convaincra, car on a le traité d'Espagne.—Monsieur, lui dit Ruvigny, je suis serviteur de M. le Grand, quand je le verrois je démentirois mes yeux.» Le grand-maître en fit plus de cas encore qu'il n'avoit fait par le passé. (T.)

[74] Mademoiselle de Rohan la bossue avoit demandé la permission de faire une espèce de couvent de filles à une terre qu'elle avoit. On lui dit qu'on le vouloit bien, mais qu'après sa mort on donneroit cette terre au plus proche monastère de Dames. (T.)

[75] S'enleva, ne s'appliqua pas. (T.)

[76] Cadet de Pons, mari de madame de Richelieu, aujourd'hui le maréchal d'Albret. Ils sont d'Albret, mais bâtards, et de Pons par leur mère. (T.)

[77] Quand on découvrit que Chabot en vouloit à mademoiselle de Rohan, La Moussaye lui dit: «Vous vous engagez là à une grande galanterie.—Galanterie! répondit l'autre, je prétends l'épouser.—Ah! ce sera bien fait à vous, reprit La Moussaye en souriant.—Vous verrez, répliqua Chabot.» (T.)

[78] A cause de cela on l'appelle la reine Gillette. (T.)

[79] Quand il vit que l'affaire de M. de Laval étoit bien avancée, il fit dire au chancelier que le respect qu'il lui portoit l'avoit empêché d'y entendre. Dans la vérité Chabot étoit amoureux de madame de Sully, et point de mademoiselle de Rohan, non plus que de madame de Coislin. (T.)

[80] Nonobstant tout le bruit qu'on avoit fait, M. d'Elbeuf, alors assez endetté, offrit le prince d'Harcourt, son fils, à mademoiselle de Rohan, qui le rebuta fort. Il y avoit, à Paris, je ne sais quel fou de la maison de Wirtemberg, avec qui Harcourt fut obligé de se battre à la Place-Royale, justement devant les fenêtres de mademoiselle de Rohan. Le prince d'Harcourt désarma l'autre, qui, quand il lui eut rendu son épée, lui donna des coups de plat d'épée sur sa bosse, et cela à la vue de la personne que ce pauvre homme vouloit épouser: on les sépara, et on traita l'autre de fou; effectivement, il a couru les rues depuis à Lyon. (T.)

[81] En août 1645. (T.)

[82] Dans le contrat de mariage, elle a consenti que ses enfants fussent élevés à la religion catholique. (T.)

[83] Depuis elle s'est fait traiter d'Altesse, elle qui ne s'en avisoit pas quand elle n'avoit point épousé Chabot. (T.)

[84] Car pour Chabot ni elle, ni madame de Sully, la bonne femme, ne dirent jamais rien contre lui. «Au contraire, disoient-elles, il a bien fait.» (T)

[85] Parce qu'il avoit été chevalier de Malte.

[86] A la naissance de la seconde, pensant attraper sa mère, elle lui fit dire que si elle vouloit la présenter au baptême, M. de Rohan consentiroit qu'on la baptisât à Charenton, et qu'elle choisiroit tel compère qu'il lui plairoit. La mère répondit: «Très-volontiers; dites à ma fille que je la tiendrai avec son frère.» (T.)

[87] Le 1er février 1649.

[88] Ces vers sont de Marigny. (T.)

[89] L'église des Capucins du Marais, aujourd'hui la paroisse Saint-François.

[90] Expression populaire, pour dire regardez.

[91] Le lieutenant-criminel Tardieu et sa femme, aussi avare que lui, furent assassinés le 24 août 1665, dans leur maison du quai des Orfèvres. Tout le monde connoît les beaux vers de la dixième satire dans lesquels Despréaux peint ce hideux couple. Tallemant fait connoître plusieurs traits de leur avarice qui avoient échappé au satirique.

[92] Daniel Du Moustier, célèbre peintre de portraits, né vers 1550, mort en 1631. Il excelloit pour le portrait au crayon en trois couleurs. (Voyez la Biographie universelle de Michaud.) L'auteur de l'article ne paroît pas avoir connu une seule des anecdotes racontées par Tallemant. On conserve à la Bibliothèque Sainte-Geneviève deux volumes in-folio remplis de portraits dessinés par Du Moustier. Il y en a beaucoup qui ne sont qu'ébauchés; un grand nombre représentent malheureusement des personnages inconnus. Le père de Du Moustier étoit peintre, et dessinoit le portrait dans le même genre. Le Recueil de Sainte-Geneviève contient beaucoup de portraits du temps de Charles IX, qui sont nécessairement les ouvrages du père.

[93] Le mot artisan exprimoit encore, sous la minorité de Louis XIV, un excellent ouvrier dans les arts libéraux. Artiste, dans le sens d'ouvrier, qui travaille avec esprit et avec art, se trouve dans le Dictionnaire de Richelet; Genève, 1680.

[94] Nicolas de Verdun, premier président du Parlement de Paris avoit succédé à Achille de Harlay. Il mourut le 16 mars 1627.

[95] Verdun avoit la bouche de côté.

[96] M. de Bassompierre, dans la Bastille y avoit fait des remarques de bien des impertinences. (T.)

[97] Le véritable nom est le Coigneux. Tallemant l'écrit comme on avoit l'habitude de le prononcer.

[98] Antoine Le Coigneux, maître des comptes, en 1572, père du président.

[99] Le fils fut reçu président à mortier le 20 août 1652.

[100] Guillaume le Coigneux, marchand potier d'étain, mourut en 1505, et Sara Ral, sa femme, en 1517; on voyoit leur épitaphe au charnier des Innocens. Gilles Le Coigneux, leur fils, a été procureur au Parlement, et leur petit-fils est devenu conseiller.

[101] On m'a dit que le cardinal de Richelieu dit une fois: «M. Le Cogneux ne sauroit être d'église.» C'est que Le Cogneux avoit épousé clandestinement la fille d'un sergent, si je ne me trompe, qui étoit fort belle; elle s'appeloit Marie Droguet. On ajoute qu'il s'en défit gaillardement afin de n'avoir plus cet obstacle à sa fortune. (T.)

[102] Marie de Médicis.

[103] Marie Ceriziers, dont le père étoit maître des comptes. (T.)

[104] La chambre de l'édit étoit mi-partie, et composée de magistrats catholiques et réformés. Les causes des protestants étoient portées à cette chambre. Ces chambres cessèrent d'exister dès avant la révocation de l'édit de Nantes.

[105] Ce notaire s'appeloit Le Camus. (T.)

[106] Elle alla au conseil à M. le président de Nesmond, qui aimoit son mari, pour savoir qui elle épouseroit de M. de Maisons, ou de M. Le Cogneux. «Ne venez-vous point ici, lui dit-il, madame, après avoir pris votre résolution?—Non, monsieur.—Si cela est, reprit-il, M. de Maisons est bien mieux votre fait.—Mais M. de Maisons a des enfants, dit-elle en l'interrompant.—Oh! je vois bien que votre résolution est prise.» Et n'en voulut plus parler. (T.)

[107] Éleveure, ou bouton qui se lève à la peau.

[108] Boischaumont, on dit vulgairement Bachaumont (T.)—Bachaumont a eu quelque part au Voyage de Chapelle. Ce joli ouvrage n'auroit pas dû porter les noms de deux auteurs.

[109] En 1652, qu'une partie du Parlement y alla. (T.)

[110] Madame de Boudarnault étoit fort décriée. (T.)

[111] Cette Garnier est celle qui a fait le mariage. (T.)

[112] Il s'étoit ruiné à faire le beau, et à se fourrer parmi les gens de cour. (T.)

[113] Madame de Toré étoit sœur du président Le Cogneux. (T.)

[114] On est surpris que deux écrivains du temps, Tallemant et Conrart, aient pris la peine de nous transmettre des querelles de ménage du président Le Cogneux. Ils ne se sont cependant pas entendus entre eux, car on a vu plus haut, dans l'article sur Conrart, que Tallemant s'étoit brouillé avec le premier secrétaire perpétuel de l'Académie françoise. Les lecteurs pourront rapprocher cette partie des Mémoires de Tallemant de ceux de Conrart insérés au tome 48 de la deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, pages 192 et suivantes.

[115] Jean de Pontevez, comte de Carces, grand-sénéchal, et lieutenant du roi en Provence. Marie d'Aloigny-Rochefort, sa veuve, remariée au président Le Cogneux, mourut le 13 mai 1675, et le président prit une dernière alliance avec une nièce du maréchal de Navailles, qui lui a survécu. (Voyez l'Histoire généalogique de la maison de France, t. 7, p. 617.)

[116] Voyez plus haut l'article du marquis de Rambouillet, tome 2, page 207.

[117] Gilles, maréchal de Souvray, ou Souvré, grand-maître de la garde-robe, mort en 1626.

[118] Henriette de France, sœur de Louis XIII, épousa Charles Ier, roi d'Angleterre, le 11 mai 1625.

[119] Ce devoit être en 1629. Louis XIII passa à Lyon vers le milieu de février pour se rendre à l'armée de Savoie. (Voyez l'Itinéraire des rois de France dans les Pièces fugitives du marquis d'Aubais, tome 1, pag. 123.)

[120] Tallemant tombe ici dans une erreur. Le connétable de Luynes étoit mort le 15 décembre 1621, après la levée du siége de Montauban. C'étoit le cardinal de Richelieu qui avoit la direction des affaires, au moment qui vient d'être indiqué.

[121] Marion de l'Orme, célèbre courtisane, dont on verra plus bas l'article.

[122] Christine de France, fille de Henri IV, duchesse de Savoie.

[123] On appelle ce flambeau-là le mortier. (T.)—On appelle, chez le roi, mortier de veille, un petit vaisseau d'argent ou de cuivre, qui a de la ressemblance au mortier à piler; il est rempli d'eau où surnage un morceau de cire jaune, ayant un petit lumignon au milieu, et ce morceau de cire, s'appelle aussi mortier. On l'allume quand le roi est couché, et il brille toute la nuit dans un coin de sa chambre, conjointement avec une bougie, qu'on allume dans le même temps dans un flambeau d'argent au milieu d'un bassin d'argent qui est aussi à terre.» (Dictionnaire de Trévoux.)

[124] On a dit d'un M. d'Esche, frère de madame de Villarceaux, dont le mari a fait tant de fracas avec les femmes, que lorsque le curé qui l'épousa lui demanda s'il n'avoit point donné sa foi à une autre, qu'il répondit qu'il ne l'avoit jamais donnée qu'à une épingle jaune. Ainsi Toré ne seroit que le second. Ce d'Esche voulut une fois faire un haras de mulets. (T.)

[125] Elle dit qu'ayant à prétendre quelque récompense de la feue Reine, comme M. d'Emery régloit les prétentions des créanciers, elle s'adressa à M. de Toré qui s'éprit tout de nouveau. (T.)

[126] Voyez plus haut l'article sur le président Le Cogneux et sur son fils.

[127] Nicolas Le Camus, secrétaire du Roi en 1617, conseiller d'État en 1620, mort à l'âge de quatre-vingts ans en 1688, laissant de Marie Colbert, sa femme, morte en 1642, six fils et quatre filles. Marie Le Camus, l'une d'elles, avoit épousé Michel Particelli, seigneur d'Emery. Le cardinal Le Camus, évêque de Grenoble, et le lieutenant-civil au Châtelet de Paris, du même nom, étoient leurs petits-fils.

[128] Tallemant parle ailleurs du musicien Berthod ou Bertaut.

[129] Il s'est fourré à la cour et croit y réussir; mais bien des gens s'en moquent. (T.)

[130] C'est vraisemblablement Jeannin de Castille, trésorier de l'Epargne, du temps de Fouquet.

[131] Gilles Boileau a fait preuve de mauvais goût dans cette lettre, en rejetant les observations judicieuses de Conrart sur un sonnet adressé au premier président Pomponne de Bellièvre, qui commence par ce vers:

Quand je te vois assis au trône de tes pères, etc.

[132] Voyez les Œuvres posthumes de Gilles Boileau, publiées par Despréaux; Paris, Barbin, 1670, p. 126 et 161.

[133] Voyez plus haut, p. 124 de cet article.

[134] Tallemant a écrit ce passage en 1659, il est superflu de faire observer que madame Scarron n'a fait l'acquisition de la terre de Maintenon qu'en 1674.

[135] Boileau Despréaux continua, lui, à être l'obligé de Dongois; car il logea chez lui de 1679 à 1687. Il le consulta sur les termes de pratique pour la rédaction de son Arrêt burlesque.

[136] On n'a pas besoin de faire remarquer que dans tout le cours de cet article il n'est question que de Gilles Boileau, le frère aîné de Despréaux, membre de l'Académie françoise. Despréaux, son jeune frère, ne s'étoit pas encore fait connoître. La première édition de ses Satires est de 1666.

[137] Jacques Vallée, sieur Des Barreaux, né en 1602, mort le 9 mai 1673.

[138] Saint-Ibal dit, à la naissance du fils de Bardouville, qu'il lui falloit mettre des entraves quand on le baptiseroit, qu'autrement il regimberoit contre l'eau bénite. (T.

Le gentilhomme dont parle Tallemant étoit Henri d'Escars de Saint-Bonnet, seigneur de Saint-Ibal. Il a été fort mêlé dans les troubles de France, du temps du cardinal de Richelieu et de la régence d'Anne d'Autriche.

[139] Il est revenu de cela. (T.)

[140] Il est mort trop tôt, pour nous avoir pu persuader qu'il en fût bien revenu. C'étoient des jeunes gens qui vouloient faire les bons compagnons. (T.)

[141] Des Barreaux s'amenda dans sa dernière maladie, et il composa ce beau sonnet si connu qu'il seroit superflu de le citer.

[142] La même dont on a lu l'article, p. 22 de ce volume.

[143] Marion de l'Orme naquit à Châlons en Champagne, vers 1611; elle mourut au mois de juin 1650. (Voyez plus bas la note relative à sa mort, p. 143.)

[144] Cinq-Mars.

[145] Claude Quillet, auteur du poème de la Callipédie.

[146] Le président de Chevry, de la chambre des comptes. (Voyez plus haut son article, p. 261 du tome 1.)

[147] Nom d'une terre du père. (T.)

[148] Ces détails, demeurés inconnus jusqu'à présent, confirment la mention faite par Loret (Muse historique, no du 30 juin 1650), de la mort de Marion de l'Orme, en ces termes: