NOTES:
[A] L'Auteur, qui se nome Pierre Desloges, est né en 1747 au Grand-Préssigny près la Haye, diocèse de Tours: il est Relieur de son métier, & coleur de papier pour meubles: il demeure au petit-hôtel de Chartres, rue des mauvais garçons, Faubourg Saint-Germain, à Paris.
[B] A la description que l'Auteur done ici de son état, relativement au langage qui lui est resté (description étonante par son exactitude & sa précision), j'ajouterai ce que sa surdité le mèt dans l'impossibilité de conoître. C'est que sa voix est extrèmement foible: ce n'est qu'un petit murmure assez confus, où les articulations dentales sont prodigieusement multipliées, & tiènent lieu de la plupart de celles qu'exigeroit une prononciation régulière. En vain je l'ai excité à doner plus de son & d'éclat à sa voix, il m'a toujours fait entendre que la chose lui étoit impossible: si cela est, il faut que les organes propres de la voix, ainsi que ceux de l'ouïe, aient été afectés par la cruèle maladie qu'il a essuyée dans son enfance.
Je comprends qu'avec beaucoup d'habitude & d'aplication, je serois parvenu, come il le dit, à démêler les sons informes de son langage; je l'ai trop peu vu pour avoir essayé de le faire. La façon la plus comode, est de s'entretenir avec lui la plume à la main: c'est le moyen que j'ai toujours employé. Heureusement qu'il a su conserver les principes de lecture & d'écriture, joints à l'intelligence de la langue, qu'il avoit aquis dans sa première enfance. L'exercice de la lecture a entretenu & fortifié la conoissance qu'il avoit de la langue écrite: sa réflexion & ses talens naturèls ont fait le reste.
[C] Ces expériences démontrent ce que c'est qu'entendre pour notre Auteur & pour tous ceux qui ont le malheur de lui ressembler; c'est avoir la perception ou par le tact, ou par la commotion de l'air ambiant, de certains ébranlemens qui s'opèrent dans les corps à portée d'eux. L'audition n'est pour eux que l'exercice & l'effet du tact proprement dit. Je suis très-persuadé que notre Auteur, tout intelligent qu'il est, n'a pas conservé le moindre vestige de l'idée précise que nous atachons au mot entendre. Ses explications, qui d'ailleurs paroîtront infiniment précieuses aux Lecteurs philosophes, le prouvent de reste.
[D] Selon l'estimation de Mr. Peyreire & de Mr. l'Abbé de l'Épée, plus de la moitié des sourds & muèts qui leur ont passé par les mains, n'étoient pas entièrement sourds, c'est-à-dire, que leurs oreilles pouvoient être afectées, come les nôtres, d'une véritable audition, par des bruits très-forts & très-éclatans. Mais ces sortes de muèts n'en sont pas plus avances. Il sufit que l'oreille d'un enfant soit obstruée au point de ne pas entendre distinctement les sons de notre langage, pour qu'il éprouve tous les malheurs d'une surdité complète. Ignorant les sons conventionèls de nos langues & les idées que nous y atachons, il devient nécessairement muèt. Pour notre Auteur, il paroît totalement sourd: le siflèt le plus aigu ne fait nulle impression sur ses oreilles.
[E] C'est sans contredit le grand avantage de la langue des signes ou du langage mimique, que la clarté & la justèsse: c'est par-là qu'il l'emporte en quelque façon sur les langues parlées. Celles-ci ne peuvent peindre les idées que par l'intermède des sons; l'autre les peint immédiatement. Nos langues sont donc, si l'on peut parler ainsi, plus loin des objèts que la langue des signes: elles ne peuvent nous représenter les choses qu'à travers un voile qu'il faut toujours percer, pour ariver à l'intelligence de la chose exprimée par le mot.
On me parle dans une langue quelconque de l'Europe: il faut que j'aie nécéssairement deux perceptions consécutives & très-indépendantes l'une de l'autre; 1º. la perception des sons ou des mots de cette langue; 2º. la perception des idées qu'il convient d'atacher à ces mots. Et parce que ces deux perceptions sont, come je viens de le dire, très-indépendantes à cause du raport purement arbitraire des mots aux idées; de ce qu'une persone me parle dans une langue quelconque, je vois bien qu'elle sait, comme moi, les mots de cette langue: mais je ne suis pas positivement certain qu'elle y atache les mêmes idées que moi. Cela est sur-tout vrai pour les enfans: ils se servent long-tems du langage, sans atacher une idée bien nète aux mots qui le composent. Eh! combien d'homes sont enfans sur ce point!
Au contraire, dans la langue des signes ou langage mimique, je vais immédiatement & nécéssairement de la perception du signe à la perception de l'idée, de même qu'en voyant la figure d'un arbre; d'une maison, &c. je ne puis m'empêcher d'avoir l'idée de cet arbre, de cette maison, &c. Quand donc on me peint par le geste un objèt quelconque, il en résulte deux grands avantages qui démontrent l'excélence de la langue des signes: 1º, la certitude où je suis que la persone qui fait le geste, conçoit très-nètement l'objèt qu'elle me représente, parce qu'il est impossible de peindre, soit avec le crayon, soit par le geste, ce qu'on ne conçoit pas de cette manière: 2º. la certitude que j'ai qu'en lui peignant ainsi mes idées, je les lui transmètrai précisément telles que je les conçois; parce qu'elle ne peut les voir que come je les lui représente, & que je ne puis les lui représenter que come je les conçois.
Je suis si persuadé des grands avantages de la langue des signes, que si j'avois à instruire un enfant doué de tous ses sens, j'en ferois un fréquent usage avec lui. Je l'acoutumerois à traduire dans cette langue, les phrases de la siène; afin de m'assurer qu'il y atache un sens nèt & précis. Cet exercice, amusant pour l'enfance, seroit extrèmement utile à mon Élève; & j'aurois par ce moyen la preuve que je ne formerois pas un pèroquèt.
[F] On ne peut certainement qu'aplaudir aux vœux de Mr. l'Abbé Deschamps & à ceux de notre Auteur sourd & muèt, sur la rédaction d'un Dictionaire des signes: j'ai même pressé plusieurs fois Mr. l'Abbé De l'Épée de s'en ocuper; mais il m'a toujours paru persuadé que ces signes lus feroient beaucoup moins d'impression que s'ils étoient vus.
Je suis entiérement de son avis. L'étude des signes dans un Dictionaire, seroit aussi longue que rebutante; au lieu que c'est exactement un jeu de les aprendre en les voyant exécuter. D'ailleurs, on les sauroit fort mal, en ne les étudiant que dans un livre. L'éxercice & la pratique seroient toujours d'une nécessité indispensable. Deviendroit-on jamais Peintre, en se contentant d'étudier des livres sur la théorie du dessein & de la peinture? Ne faut-il pas tenir sans cèsse les crayons & les pinceaux? Le langage des signes n'étant autre chose que la peinture naturèle des idées; on doit, pour s'y perfectioner, se conduire absolument de la même manière que pour aquérir le talent du dessein & de la peinture, avec la diférence que pour excéler dans ces arts; il faut plusieurs années d'étude assidue; au lieu que quelques semaines sufisent pour entendre & pour parler très-passablement la langue des signes.
Mr. l'Abbé De l'Épée dirige actuèlement l'éxécution d'un Dictionaire des signes.
[G] Disons le vrai: ces deux exercices sont plus spécieux, plus faits pour atirer l'admiration par la surprise qu'ils causent, qu'ils ne sont réèlement utiles aux sourds & muèts. On sait que Mr. Peyreire s'atache sur-tout à faire parler ses Élèves. Il a certainement toute la patience & tous les talens qu'il faut pour réussir; mais je ne peux dissimuler que les sourds & muèts de son école, qui parlent le mieux, parlent encore très-mal. C'est une articulation forte, lente, désunie, & qui fait peine à entendre par les éforts qu'on sent qu'elle doit coûter à l'infortuné qui l'exécute. Mr. l'Abbé De l'Épée, à cet égard, ne fait pas mieux. Ce n'est nulement la faute de ces Maîtres habiles. Ils font tout ce qu'il est humainement possible de faire. Mais il n'y a que l'ouïe qui puisse guider convenablement la voix: rien n'y peut supléer que très-imparfaitement. Aussi les muèts les plus instruits ne font-ils pas grand usage de la parole. Je conois & j'ai vu plusieurs fois l'Élève qui fait le plus d'honeur à Mr. Peyreire. Ce jeune home est très-savant: il réunit un grand nombre de conoissances, & est sur-tout fort versé dans les langues. Lui-même est convenu avec moi de tout ce que je viens de dire ici. Il ne veut converser que la plume à la main. Tous les autres muèts témoignent en général la même répugnance à parler: plus ils sont éclairés, mieux ils devinent aparament l'imperfection de leur prononciation.
Quant à l'art d'entendre au mouvement des lèvres, il peut sans doute être aussi de quelque utilité; ainsi on ne doit pas le négliger dans l'éducation des Muèts: mais il seroit imprudent de trop compter sur cette ressource. Il faut avoir une très-grande habitude avec un sourd & muèt, pour pouvoir se faire entendre de lui par ce moyen: encore la chose n'est-elle praticable que pour des phrases courtes & usuèles; car pour des discours un peu longs & prononcés rapidement, je n'ai encore rencontré aucun sourd & muèt qui pût les suivre & les entendre.
Nous avons dans la Chaire & dans le Bareau, des Orateurs dont la prononciation est très-distincte & très-articulée: je doute fort qu'on mète jamais un sourd & muèt en état de les comprendre, à l'inspection du mouvement des lèvres. L'art, si je ne me trompe, n'ira jamais jusques-là. La moitié des articulations de la parole s'exécutent dans l'intérieur de la bouche: il est donc impossible au sourd & muèt de les voir, quand on prononce d'une manière ordinaire. Et même en articulant avec beaucoup de force & de lenteur, en rendant visible, autant qu'il est possible, le mécanisme de la parole; la chose n'est pas encore aisée, & demande de la part du muèt le plus intelligent, une longue fréquentation des persones qui veulent lui parler ainsi. Je l'ai sensiblement éprouvé avec l'Auteur du présent Ouvrage. Quelque peine que je me sois donée pour articuler de mon mieux, il n'a jamais pu comprendre que quelques mots de mon langage, & nous avons été obligés de nous en tenir à la plume & au crayon.
La partie solide de l'instruction des sourds & muèts, est donc la lecture & l'écriture, jointes à l'intelligence de la langue dans laquelle on les instruit. Avec ces conoissances, ils peuvent aler à-peu-près aussi loin que les autres homes dans la carière des siences, quand ils ont des talens & du génie.
La manière la plus sûre de comuniquer avec eux, est sans contredit l'écriture & le langage des signes. On ne peut guères vivre avec un muèt & s'intéresser à lui, qu'on ne prène très-promptement l'habitude de lui parler & de l'entendre dans ce dernier langage. Tout le monde en porte, pour ainsi dire, le germe avec soi: les circonstances le dévelopent avec une très-grande facilité, & l'on va fort loin dans cette langue sans Maître & sans méthode.
[H] C'est sur-tout dans la pratique d'un art aussi utile & aussi intéressant que celui de l'instruction des sourds & muèts, qu'il est dangereux de se méprendre & de poser des principes qui peuvent écarter de la bone route: les sages observations de notre sourd & muèt me paroissent très-propres à y ramener M. l'Abbé Deschamps, & à fixer les idées du Public sur les véritables élémens d'un art qui ne fait que de naître, & qu'on est fort excusable de n'avoir pas encore assez aprofondi.
Le véritable point de la question entre Mr. l'Abbé Deschamps & son Adversaire, se réduit à ceci: doit-on établir pour moyen principal de l'instruction des sourds & muèts, ou l'inspection des mouvemens qu'éxige l'articulation de la parole, ou l'usage des signes naturèls & méthodiques.
Il faut voir d'abord ce en quoi les deux Adversaires s'acordent: cette discution préliminaire va jeter un très-grand jour sur la question, & mètre tout le monde à portée de la juger.
1º. Mr. l'Abbé Deschamps convient par-tout de l'utilité des signes ou du langage mimique: lui-même en fait un très-fréquent usage dans ses leçons.
2º. D'un autre côté, son Adversaire acorde que l'inspection du mouvement des organes de la parole, est un éxercice utile & qui doit entrer dans l'éducation des sourds & muèts.
Ces deux Auteurs sont donc bien moins éloignés de sentimens qu'ils ne le paroissent, & qu'ils ne le pensent sans doute eux-mêmes. Car toute leur contestation se réduit à savoir lequel de deux moyens qu'ils regardent come bons, sera la base de l'institution des sourds & muèts. Il n'y a donc plus à décider entr'eux, qu'une véritable question de primauté entre ces deux moyens qu'ils adoptent.
Voici une réfléxion que je crois propre à trancher irrévocablement toute la dificulté.
Il est tèlement certain que les signes sont le seul & unique moyen de comuniquer avec les sourds & muèts, qu'il est même impossible d'en imaginer un autre. Dans la lecture soit sur les livres soit sur la bouche soit par le tact, dans l'écriture; ils ne voient que des signes, ils ne peuvent voir que des signes: jamais on ne leur fera rien comprendre que par des signes. «Pour les autres», dit très-bien Mr. l'Abbé Deschamps (Lètre prélimin. page 21) «les paroles sont des sons articulés, sont des mots, images de nos pensées: pour eux ce sont des signes muèts qu'ils exécutent par les divers mouvemens des organes de la parole, & c'est à ces mouvemens qu'ils atachent leurs idées.»
Donc dans les principes de cet Auteur, principes qui sont incontestables, le sourd & muèt, quand nous lui parlons, quand il nous parle, ne voit réèlement, n'exécute réèlement que des signes, des signes au pied de la lètre.
Mais quelle diférence entre ces sortes de signes & ceux du langage mimique ou signes proprement dits! Les premiers sont pour le sourd & muèt, de l'aveu même de l'Auteur, extrèmement dificiles à saisir & à exécuter: de plus, ils sont tous absolument arbitraires. Ceux du langage mimique sont toujours au contraire très-faciles à comprendre; parce qu'ils ne sont qu'une image & une peinture par le geste, de la chose signifiée. Le muèt les exécute avec une extrème facilité: il en fait de lui-même un usage perpétuèl; c'est là véritablement sa langue. Ces signes d'ailleurs ne sont nulement arbitraires: ils donent nécéssairement & par eux-mêmes, l'idée de la chose dont ils sont l'image & la représentation. Pour faire mieux sentir tout ceci, prenons un exemple. Je supose qu'il s'agisse d'exciter dans un sourd & muèt, l'idée que nous exprimons en françois par le mot chapeau. Mr. l'Abbé Deschamps peut-il douter que je n'y arive, & plus promptement & plus facilement, en faisant le signe naturèl qui exprime l'idée de chapeau, qu'en faisant remarquer au sourd & muèt le jeu des organes de la parole, quand je prononce chapeau?
Par le premier moyen, je lui donne subitement & sans aucune explication, l'idée de chapeau.
Par le second, je ne lui donne, à proprement parler, aucune idée. Il voit que je fais certains mouvemens de la bouche, & voilà tout. Il faut donc 1º. que je lui aprène à distinguer ces mouvemens de tous les autres que je puis faire avec les mêmes organes: 2º. que je lui en done une idée vive & nète par de très-fréquentes répétitions. 3º. Jusques-là le sourd & muèt ne sait encore rien, si par une dernière instruction je ne lui aprends de plus, à force de répétitions, la liaison de cette suite de mouvemens de mes organes, avec l'idée de chapeau: liaison dont assurément il ne se seroit jamais douté. 4º. Autre travail encore plus dificile, pour lui faire exécuter les mêmes mouvemens, & pour l'amener à prononcer lui-même chapeau.
Que de longueurs! que de dificultés rebutantes, & pour le Maître & pour le Disciple! Signes pour signes, ne vaut-il pas mieux préférer, sur-tout dans les comencemens, les plus simples & les plus faciles?
C'est un principe reçu dans tous les arts & dans tous les genres d'instruction, qu'il faut aler du conu à l'inconu, & que les premiers élémens ne sauroient être trop simplifiés. Je pense donc que tous ceux qui voudront y réfléchir un instant, jugeront que l'institution des sourds & muèts doit comencer par la lecture, l'écriture & l'intelligence d'une langue quelconque, à l'aide des signes naturèls. Ces signes sont vraiment pour le sourd & muèt, l'instrument primitif de toutes les conoissances qu'il peut aquérir. Ce n'est que quand il est avancé dans ces premiers exercices, qu'on doit s'ocuper sérieusement de la partie de la prononciation, sur laquelle encore il ne faut pas faire plus de fond qu'il ne convient, ainsi qu'il a été observé dans la Note 7e ci-dessus, page 31.
Mais dans ce système, objecte Mr. l'Abbé Deschamps (page 32), vous imposez à l'Instituteur une peine de plus: celle d'aprendre la langue des signes.
Quand cette peine seroit aussi réèle que l'Auteur le supose, je doute que ceux qui auront assez de courage pour se dévouer à une fonction aussi pénible que celle de l'instruction des sourds & muèts, puissent être arètés par cet obstacle. La porte de Mr. l'Abbé De l'Épée est toujours ouverte, & il a déja enseigné la langue des signes à un assez grand nombre de persones, pour qu'il ne soit pas fort dificile de s'y perfectioner, ou par son secours, ou par celui de ceux qu'il a instruits.
D'ailleurs ce langage, come l'observe très-bien notre Auteur sourd & muèt, n'a rien de fort épineux. Un instituteur un peu intelligent en saura toujours assez naturèlement, pour comencer ses leçons. L'habitude d'user sans cèsse de ce langage, l'y rendra bientôt très-habile.
Enfin, je suis intimement persuadé que sans y avoir assez réfléchi & sans le croire, Mr. l'Abbé Deschamps fait de ce langage, la base de ses instructions. L'éloignement qu'il paroît avoir pour l'usage des signes, n'est donc réèlement qu'un mal-entendu. Je lui supose assez de droiture & de franchise pour en convenir, & pour se rendre sincèrement à la force des raisons qu'il trouvera dans les observations de son Adversaire.
[I] On voit sensiblement par cet exemple, que le langage des signes est une définition perpétuèle des idées qu'on y exprime: mais définition nécéssairement claire & sans équivoque, parce qu'elle est toute en images. Celui qui se sert de ce langage, peut sans doute se tromper: mais on voit dans chaque expression, come à travers une glace transparente, l'idée précise qu'il se fait des objèts. Ce langage, s'il s'acréditoit parmi les homes, seroit d'un grand secours dans la recherche de la vérité. On s'entendroit du moins, & il n'y auroit plus matière à ce qu'on apèle disputes de mots. Il seroit come impossible qu'on pût jamais y substituer des disputes de signes.
[J] Vol. in-12. A Paris, chez Nyon, 1776.
[K] Il est en effet surprenant que tout ce que Mr. l'Abbé De l'Épée a démontré sur l'utilité de ce langage, destiné par la Nature elle-même à devenir une langue universèle, un lien de comunication pour tous les homes, n'ait encore engagé presque persone à l'aprendre. On pâlit sur les livres pour aquérir une conoissance imparfaite des langues mortes & étrangères; & l'on refuse de doner quelques semaines à l'intelligence d'une langue aussi simple que facile, qui pouroit devenir le suplément de toutes les autres.
[L] On a vu ci-dessus, pages 2, 3, que ces espérances s'étoient déja réalisées.