V
DE L'ASSOUPLISSEMENT.

Les nouveaux principes de ma méthode ne peuvent être pratiqués que par les hommes versés dans l'art de l'équitation, et qui joignent à une assiette assurée une assez grande habitude du cheval pour comprendre tout ce qui se rattache à son mécanisme. Je ne reviendrai donc pas sur les procédés élémentaires; c'est à l'instructeur à juger si son élève possède un degré convenable de solidité, s'il est suffisamment en rapport d'enveloppe avec son cheval; car, en même temps qu'une bonne position produit cette identification, elle favorise le jeu facile et régulier des extrémités du cavalier.

Mon but ici est de traiter principalement de l'éducation du cheval; mais cette éducation est trop intimement liée à celle du cavalier, pour qu'il soit possible de faire progresser l'une sans l'autre. En expliquant les procédés qui devront amener la perfection chez l'animal, j'apprendrai nécessairement à l'écuyer à les appliquer lui-même; il ne tiendra qu'à lui de professer demain ce que je lui démontre aujourd'hui.

Nous connaissons maintenant quelles sont les parties du cheval qui se contractent le plus pour les résistances, et nous sentons la nécessité de les assouplir. Chercherons-nous dès lors à les attaquer, à les exercer toutes ensemble, pour les soumettre du même coup? Non, sans doute, ce serait retomber dans les anciens errements, et nous sommes convaincu de leur inefficacité. L'animal est doué d'une puissance musculaire infiniment supérieure à la nôtre; ses forces instinctives pouvant en outre se soutenir les unes par les autres, nous serons inévitablement vaincus si nous les surexcitons toutes à la fois. Puisque les contractions ont leur siége dans des parties séparées, sachons profiter de cette division pour les combattre successivement, à l'exemple de ces généraux habiles qui détruisent en détail des forces auxquelles ils n'auraient pu résister en masse.

Du reste, quels que puissent être l'âge, les dispositions et la structure du cheval, mes procédés, en débutant, seront toujours les mêmes. Les résultats seulement seront plus ou moins prompts et faciles, suivant le degré de perfection de sa nature et l'influence de la main à laquelle il aura pu être soumis antérieurement. L'assouplissement, qui, chez un cheval bien constitué, n'aura d'autre but que de préparer ses forces à céder à nos moyens d'action, devra de plus rétablir le calme et la confiance, s'il s'agit d'un cheval mal mené, et faire disparaître, dans une conformation défectueuse, les contractions, causes des résistances et de l'opposition à un équilibre parfait. Les difficultés à surmonter seront en raison de cette complication d'obstacles, qui tous disparaîtront bien vite, moyennant un peu de persévérance de notre part. Dans la progression que nous allons suivre pour soumettre à l'assouplissement les diverses parties de l'animal, nous commencerons naturellement par les plus importantes, c'est-à-dire par la mâchoire et l'encolure.

La tête et l'encolure du cheval sont à la fois le gouvernail de l'animal et la boussole du cavalier. Par elles il dirige l'animal; par elles aussi il peut juger de la régularité, de la justesse de son mouvement; pas d'équilibre, pas de légèreté, si la tête et l'encolure ne sont aisées, liantes et gracieuses. Nulle élégance, nulle facilité dans l'ensemble, dès que ces deux parties se roidissent. Précédant le corps dans toutes ses impulsions, elles doivent préparer d'avance, indiquer par leur attitude les positions à prendre, les mouvements à exécuter. Nulle domination n'est permise au cavalier tant qu'elles restent contractées et rebelles; une fois qu'elles sont flexibles et maniables, il dispose de l'animal à son gré. Si la tête et l'encolure n'entament pas les premières les changements de direction, si, dans les marches circulaires, elles ne se maintiennent pas inclinées sur la ligne courbe, afin de surcharger plus ou moins les extrémités en raison du mouvement, si pour le reculer elles ne se replient pas sur elles-mêmes, et si leur légèreté n'est pas toujours en rapport avec les différentes allures qu'on voudra prendre, le cheval sera libre d'exécuter ou non ces mouvements, puisqu'il restera maître de l'emploi de ses forces.

VI
DE LA BOUCHE DU CHEVAL ET DU MORS.

J'ai déjà traité ce sujet assez longuement dans mon Dictionnaire raisonné d'Equitation; mais comme je développe ici un exposé complet de ma méthode, je crois nécessaire d'y revenir en quelques mots.

Je suis encore à me demander comment on a pu attribuer si longtemps à la seule différence de conformation des barres ces dispositions contraires des chevaux qui les rendent si légers ou si lourds à la main. Comment a-t-on pu croire que, suivant qu'un cheval a une ou deux lignes de chair de plus ou de moins entre le mors et l'os de la mâchoire inférieure, il cède à la plus légère impulsion de la main, ou s'emporte, malgré les efforts des deux bras les plus vigoureux? C'est cependant en s'appuyant sur cette inconcevable erreur qu'on s'est mis à forger des mors de formes bizarres et si variées, vrais instruments de supplice, dont l'effet ne pouvait qu'augmenter les inconvénients auxquels on cherchait à remédier.

Si on avait voulu remonter un peu à la source des résistances, on aurait reconnu bientôt que la roideur de la mâchoire ne provient pas de la différence de conformation des barres, mais bien du mauvais équilibre du cheval. C'est donc en vain que nous nous suspendrons aux rênes et que nous placerons dans la bouche du cheval un instrument plus ou moins meurtrier; il restera insensible à nos efforts tant que nous ne lui aurons pas donné cette légèreté qui peut seule le mettre à même de céder.

Je pose donc en principe qu'il n'existe point de différence de sensibilité dans la bouche des chevaux; que tous présentent la même légèreté dans la position du ramener, et les mêmes résistances à mesure qu'ils s'éloignent de cette position importante. Il est des chevaux lourds à la main; mais cette résistance provient de la longueur ou de la faiblesse des reins, de la croupe étroite, des hanches courtes, des cuisses grêles, des jarrets droits, ou enfin (point important) d'une croupe trop haute ou trop basse par rapport au garrot; telles sont les véritables causes des résistances; le serrement de la mâchoire, la contraction de l'encolure, ne sont que les effets.

Je n'admets, par conséquent, qu'une seule espèce de mors, et voici la forme et les dimensions que je lui donne pour le rendre aussi simple que doux:

Branche droite de la longueur de 16 centimètres, à partir de l'œil du mors jusqu'à l'extrémité des branches; circonférence du canon, 6 centimètres; la liberté de la langue, 4 centimètres à peu près de largeur dans sa partie inférieure, et 2 centimètres dans la partie inférieure. Il est bien entendu que la largeur seule devra varier suivant la bouche du cheval.

J'affirme qu'un pareil mors suffira pour soumettre à l'obéissance la plus passive tous les chevaux qu'on y aura préparés par l'assouplissement; et je n'ai pas besoin d'ajouter que, puisque je nie l'utilité des mors durs, je repousse, par la même raison, tous les moyens en dehors des ressources du cavalier, tels que martingales, piliers, etc.[6]

VII
ASSOUPLISSEMENT DE LA MACHOIRE
ET DE L'ENCOLURE.

Les flexions de la mâchoire, ainsi que les deux flexions de l'encolure qui vont suivre, s'exécutent en place, le cavalier restant à pied. Le cheval sera amené sur le terrain, sellé et bridé, les rênes passées sur l'encolure. Le cavalier vérifiera d'abord si le mors est bien placé et si la gourmette est attachée de manière qu'il puisse introduire facilement son doigt entre les mailles et la barbe. Puis, regardant l'animal avec bienveillance, il viendra se placer en avant de son encolure, près de la tête, le corps droit et ferme, les pieds un peu écartés pour assurer sa base et être prêt à lutter avec avantage contre toutes les résistances.

Première flexion de la mâchoire.

Pour exécuter cette flexion, le cavalier, placé du côté montoir, prendra avec la main droite la rêne gauche de la bride à dix-sept centimètres de la bouche, et avec la main gauche la rêne gauche du filet. Ces deux forces doivent agir en sens opposés. Si elles sont bien proportionnées à la résistance du cheval, elles amèneront bientôt la mobilité de la mâchoire. La flexion à droite s'exécutera d'après les mêmes principes et par les moyens inverses, le cavalier ayant soin de passer alternativement de l'une à l'autre. Si la résistance du cheval provient de la contraction trop grande des muscles releveurs, il faut opposer une force de haut en bas, jusqu'à parfaite cession de la part du cheval, et vice versâ. Il doit en être ainsi pour toutes les flexions; il faut combattre les résistances par la force qui leur est directement opposée.

Quelquefois, le cheval recule par impatience ou par la maladresse du cavalier; on n'en continue pas moins l'opposition des mains, lesquelles, dans ce cas, se portent en avant afin d'attirer le cheval et de faire opposition à la force qui produit l'acculement. Si l'on a pratiqué complétement le travail précédent, il sera facile, à l'aide de la cravache, d'arrêter le mouvement rétrograde qui est un puissant obstacle à toute espèce de flexions (Planche 1).

planche 1

PLANCHE 1

Deuxième flexion.

La deuxième flexion s'exécute en prenant les deux rênes de la bride avec la main droite et les deux rênes du filet avec la gauche. En procédant comme pour la première flexion, et si celle-ci a été bien faite, on obtient presque instantanément la mobilité de la mâchoire. Sur quelques chevaux, la mâchoire inférieure se détache momentanément pour se refermer aussitôt avec bruit. Cette espèce de tic nerveux, de grincement de dents, doit être combattu avec soin, car il finirait par augmenter la résistance et s'opposerait à la légèreté (Planches 2 et 3).

planches 2 et 3

PLANCHES 2 ET 3

Troisième flexion.

Le cavalier saisit, par exemple, la rêne droite du filet avec la main gauche et la rêne gauche avec la main droite à dix-sept centimètres, puis il croise les deux rênes sous le menton de manière à exercer une pression assez forte sur la barbe. Si la résistance se prolongeait, le cavalier la ferait bien vite cesser par un frémissement rapide des poignets (Planche 4)[7].

planche4

PLANCHE 4

On comprendra facilement l'importance de ces flexions de mâchoire. Elles ont pour résultat de préparer le cheval à céder aux plus légères pressions du filet ou du mors, d'assouplir directement les muscles qui joignent la tête à l'encolure. La tête devant précéder et déterminer les diverses attitudes de l'encolure, il est indispensable que cette dernière partie soit toujours assujettie à la première. Cela n'aurait lieu qu'imparfaitement avec la flexibilité seule de l'encolure, puisque ce serait alors celle-ci qui déterminerait l'obéissance de la tête en l'entraînant dans son mouvement. L'opposition des mains s'engagera sans à-coup, pour ne cesser qu'à parfaite obéissance du cheval, à moins cependant qu'il ne s'accule; elle diminuera ou augmentera son effet en proportion de la résistance, de manière à la dominer toujours sans trop la forcer. Le cheval, qui d'abord résistera, finira par considérer la main de l'homme comme un régulateur irrésistible, et il s'habituera si bien à obéir, qu'on obtiendra bientôt, par une simple pression de rêne, ce qui, dans le principe, exigeait une grande force.

ASSOUPLISSEMENT DE L'ENCOLURE.

Première flexion latérale.

Le cavalier se place comme pour les flexions de mâchoire; il saisira la rêne droite de la bride avec la main droite à seize centimètres de la branche du mors et la rêne gauche avec la main gauche, à dix centimètres seulement de la branche gauche. Il rapprochera ensuite la main droite de son corps en éloignant la gauche de manière à contourner le mors dans la bouche du cheval. Comme pour les flexions de mâchoire, la force qu'il emploiera devra être graduée et proportionnée à la résistance seule de la mâchoire et de l'encolure, afin de ne pas influer sur l'aplomb qui donne l'immobilité au corps du cheval (Planche 5).

planche 5 et 6

PLANCHES 5 et 6

La flexion doit s'obtenir, non par un mouvement brusque de la tête, mais par petites cessions successives. La main gauche suit tout naturellement le mouvement de la tête, et, lorsque celle-ci se trouve près de l'épaule droite, les deux rênes également tendues maintiennent la tête oblique et verticale jusqu'à ce qu'elle se soutienne d'elle-même dans cette position (Planche 6). Le cheval, en mâchant son mors, constatera la mise en main ainsi que sa parfaite soumission. Le cavalier, pour le récompenser, fera cesser immédiatement la tension des rênes et lui permettra, après quelques secondes, de reprendre sa position naturelle. Mêmes principes et moyens inverses pour la flexion à gauche.

Deuxième flexion.

1o Le cavalier saisira la rêne droite du filet, qu'il tendra en l'appuyant sur l'encolure, pour établir un point intermédiaire entre la force qu'il emploie et la résistance que présentera le cheval; il soutiendra la rêne gauche avec la main gauche à trente-trois centimètres du mors. Dès que le cheval cherchera à éviter la tension constante de la rêne droite en inclinant sa tête à droite, le cavalier laissera glisser la rêne gauche, afin de ne présenter aucune opposition à la flexion de l'encolure. Cette rêne gauche devra se soutenir par une succession de petites tensions spontanées, chaque fois que le cheval cherchera à se soustraire, par la croupe, à l'effet de la rêne droite (Planche 7.

2o Lorsque la tête et l'encolure auront complétement cédé à droite, le cavalier donnera une égale tension aux deux rênes pour placer la tête verticalement. Le liant et la légèreté suivront bientôt cette position, et aussitôt que le cheval constatera l'absence de toute roideur par l'action de mâcher son frein, le cavalier fera cesser la tension des rênes, en prenant garde que la tête ne profite de ce moment d'abandon pour se déplacer brusquement. Dans ce cas, il suffirait pour la contenir d'un léger soutien de la rêne droite. Après avoir maintenu le cheval quelques secondes dans cette attitude, on le remettra en place en soutenant un peu la rêne gauche. L'important est que l'animal, dans tous ses mouvements, ne prenne de lui-même aucune initiative (Planche 8).

planche 7 et 8

PLANCHES 7 ET 8

La flexion de l'encolure à gauche s'exécutera d'après les mêmes principes et par les moyens inverses. Le cavalier pourra répéter avec les rênes de la bride ce qu'il aura fait d'abord avec celle du filet; cependant le filet devra toujours être employé en premier lieu, son effet étant moins puissant et plus direct. Si les flexions à pied ont été bien faites, si elles ne laissent rien à désirer, celles à cheval s'obtiendront facilement. Ces premiers exercices sont d'une grande importance, et le temps que l'on y consacre abrége considérablement la durée des leçons qui doivent suivre.

Le cavalier doit scrupuleusement s'attacher à faire fléchir la mâchoire avant l'encolure, de manière que cette dernière soutienne la tête et la suive, sans la devancer jamais.

En principe, il n'y a pas d'encolure résistante avec une mâchoire moelleusement mobile.

C'est presque toujours l'opposé quand la flexion de l'encolure précède celle de la mâchoire. Les dents restent serrées ou ne se détachent qu'imparfaitement.

La résistance est toujours en raison directe du mutisme du cheval[8].

Dans les flexions directes ou latérales, le cheval présente encore une résistance qu'il est difficile de détruire, si l'on n'en connaît la cause. C'est en faisant des forces que l'animal renouvelle ces luttes, que le cavalier n'annule qu'imparfaitement et après de longs efforts. J'entends par faire des forces, l'action du cheval qui contracte sa mâchoire inférieure d'un côté ou de l'autre. Exemple: si l'on porte la tête du cheval à droite, la mâchoire inférieure se portera plus à droite que la mâchoire supérieure. Il faudra donc la ramener à gauche pour obtenir sa vraie mobilité et une légèreté complète.

Ces exercices et les suivants sont faciles à exécuter si le cavalier met scrupuleusement en pratique les moyens que j'indique et s'il suit en tout point la gradation qui en assure le succès.

Flexion directe ou ramener.

On alternera les flexions latérales avec la flexion directe ou mise en main. Outre les moyens indiqués pour les flexions de mâchoire, la flexion directe s'obtiendra encore avec la rêne droite du bridon appuyée sur l'encolure et tenue dans la main droite. Avec la main gauche, on prendra la rêne du même côté à trois centimètres de la bouche. Les deux rênes seront tendues graduellement, et leur action amènera le cheval à céder complétement de la mâchoire et de l'encolure. (Voy. Planche 9.

planche 9

PLANCHE 9

Si l'encolure fléchissait avant la mâchoire, il faudrait opposer une force spontanée de la main, pour empêcher cette flexion défectueuse et prématurée.

Quelques jours de cet exercice assureront la légèreté de la mâchoire et de l'encolure.

Il est indispensable que le cavalier se rende compte de la disposition du poids et des forces de sa monture; car leur mauvaise répartition retarderait le progrès de l'éducation.

Supposons donc que, le cheval étant en place, le poids soit trop porté sur l'avant-main. Dans ce cas, les résistances seraient énormes et presque insurmontables, si, au préalable, on ne forçait le poids à se reporter sur l'arrière-main par une pression soutenue du mors, ce qui se ferait sans chercher à obtenir aucune flexion. Par ce mouvement, le poids se combine tellement avec les forces, que l'on obtient aussitôt toute la légèreté désirable. Si, au contraire, les forces étaient toutes dirigées sur l'arrière-main, ce qui provoquerait un mouvement de recul, il faudrait attirer le cheval en avant, après s'être assuré, toutefois, en forçant le reculer, si, malgré le mouvement rétrograde, le poids n'est pas trop porté sur le devant.

Observation. Les flexions à pied, incomplétement faites, non-seulement sont sans effet satisfaisant, mais encore elles portent le cheval plutôt aux résistances qu'aux concessions qui sont les premiers éléments de son éducation. La prolongation des flexions qui s'obtiennent facilement aurait son danger. L'encolure s'amollirait au lieu d'être liante; elle s'isolerait du corps, avec lequel, au contraire, elle doit s'identifier, pour établir entre eux une espèce de solidarité qui fait réagir, sur toute la masse, un léger déplacement de la tête et provoque promptement tous les changements de position désirables.

Lorsque le cheval se soumettra à tous ces exercices, sans résistance, ce sera une preuve que l'assouplissement a fait un grand pas et que l'éducation première est en voie de progrès.

VIII
EFFETS DE MAINS (RÊNES).

Nous avons avancé comme règle invariable que, lorsqu'on soumet le cheval, pour les premières fois, à l'action du frein, il faut l'emboucher avec un mors de bride accompagné d'un filet. Ajoutons qu'on devra recourir aux effets de ce dernier dans les commencements de l'éducation du cheval, parce que sa puissance, moins grande que celle de la bride, a une action plus directe pour faire céder l'encolure à droite et à gauche. En effet, pour le ramener, le filet ne représente qu'un levier de 3e genre, tandis que le mors avec branches et gourmette est un levier de 2e genre. Pour le ramener et les mouvements rétrogrades du corps, la puissance du mors est supérieure à celle du filet; mais pour les premiers déplacements de la tête du cheval et la répression de résistance venant du côté droit ou du côté gauche, l'usage du filet amènera des résultats plus prompts, parce que, composé de deux pièces, il a un effet local qui agit sur un des côtés de la bouche du cheval. Les mêmes effets, avec les rênes de bride séparées, ne peuvent agir ni aussi directement ni aussi isolément sur l'une des deux barres; car la seule pièce qui compose le mors agit nécessairement sur toute la mâchoire et rend, par cela même, l'intention du cavalier moins claire à l'intelligence du cheval. De là hésitation et lenteur d'un côté, impatience et colère de l'autre, et souvent luttes regrettables qui ne se terminent pas toujours à l'avantage du cavalier.

Je sais qu'à la rigueur un écuyer peut se passer du filet, comme il peut aussi ne se servir que du filet pour dresser un cheval, mais ce n'est qu'une exception qui justifie la règle.

On se servira donc, en commençant, des rênes du filet, une dans chaque main; les rênes de bride, réunies dans la main gauche à leur position normale, seront légèrement flottantes. La rêne gauche du filet sera contenue entre le pouce et l'index de la main gauche; la rêne droite, contenue entre le pouce et les trois premiers doigts, passera sur le petit doigt de la main droite. Ces dispositions faciliteront l'emploi du filet pour les inclinaisons d'encolure.

Si, dans les flexions, le cheval portait au vent, on passerait les rênes du filet dans la main droite, pour que la main gauche, par une tension égale des deux rênes de bride, exerçât une pression du mors qui détruise la résistance et ramène la tête dans la position verticale. Cette attitude rendra le cheval plus soumis aux effets des rênes du filet.

Cette première flexion s'exercera, d'abord en place, puis au pas.

Ce travail, fait convenablement à pied, deviendra facile à cheval.

Tout exercice obtenu primitivement avec les rênes de filet, sera pratiqué ensuite avec les rênes de bride, pour amener la tête du cheval à droite, à gauche, ou dans la position verticale, et obtenir la mise en main. L'exécution des flexions latérales avec les rênes de bride prouvera un progrès, puisqu'elle s'obtiendra à l'aide de moyens moins directs.

Il est inutile de faire observer qu'avant de passer d'une flexion latérale à une autre, il faut saisir l'instant où la tête se trouve dans le prolongement de la ligne des épaules et de la croupe, afin de mettre le cheval en main, par une tension égale des deux rênes de la bride. Cette observation s'applique également à toutes les flexions exécutées aux différentes allures.

Le travail d'arrière-main, ou commencement des pirouettes renversées, se pratiquera par la tension plus grande de la rêne opposée au côté où marchera la croupe. Si elle se porte à gauche, la rêne droite se soutiendra avec plus d'énergie (et vice versâ), afin de maîtriser les résistances que doivent faire naître des mouvements nouveaux pour l'animal. Aussitôt que le cheval obéira à la jambe, on cessera l'action isolée d'une des rênes de filet ou de bride; car ce moyen n'étant que le correctif des résistances doit être abandonné dès qu'il est sans but. Les rênes deviennent alors inutiles comme force d'opposition et ne servent plus qu'à maintenir l'attitude la plus convenable pour que le cheval demeure bien placé et gracieux dans ses mouvements.

Pour les pirouettes ordinaires, à droite, par exemple, on écartera la rêne droite du filet, en modérant son action avec la gauche. La rêne droite ébranlera l'avant-main, l'autre fixera la croupe afin qu'elle serve de pivot. La main de la bride doit terminer tous les mouvements, pour habituer le cheval à obéir à sa seule action.

Observons en passant que l'emploi du filet n'est que préparatoire à l'usage exclusif de la bride. Quand le cheval obéira à cet agent, la main de la bride seule agira pour commencer ou pour finir les mouvements.

Au pas, sur la piste, on répétera les mêmes flexions latérales d'encolure, en écartant faiblement les rênes du filet d'abord et les rênes de la bride ensuite.

Même exercice pour les changements de direction.

Le cheval répondant aux moindres tensions des rênes de filet ou de bride, on les remplacera par un nouvel effet de rênes, qui disposera ses forces pour répartir le poids de la manière la plus favorable au mouvement.

Il servira encore, par une juste opposition de la main, à corriger les écarts de la croupe, et à placer, point important, le cheval parfaitement droit; c'est-à-dire, la croupe sur la ligne des épaules.

Ce nouvel effet de rênes transportera le poids d'une partie sur l'autre sans détruire l'harmonie des forces. Résultat jusqu'alors inconnu.

Précédemment, en rétablissant l'équilibre du poids, on détruisait souvent l'ensemble des forces; puis, en rétablissant l'équilibre des forces, on ramenait le poids à sa mauvaise disposition première. N'est-ce pas là un travail sans fin?

Expliquons le moyen qui, malgré sa simplicité, va remédier à ces tâtonnements infructueux.

Les premiers assouplissements ont mis l'animal à même de répondre à ce nouveau procédé.

Le cheval étant au pas, on séparera les rênes de la bride, une dans chaque main. Si l'on débute par la rêne droite, la main droite se portera à gauche et appuiera la rêne contre l'encolure. Celle-ci se contournera, la tête s'inclinera, et les épaules du cheval se porteront légèrement à gauche. La pression opportune des jambes déterminera au besoin la croupe dans le sens du mouvement (les mêmes résultats s'obtiendront avec la rêne gauche). La position propre à ce changement de direction s'obtient, en partie, par des effets de rênes savamment pratiqués. Les mêmes résultats s'obtiendront également à toutes les allures, y compris le travail sur les hanches.

Puis il arrivera un moment où l'éducation du cheval, plus complète, permettra de se dispenser même du secours des jambes. (Descente de jambes.) Il est bien entendu que ces effets de rênes de bride séparées, obtenus soit par écartement, tension ou pression sur l'encolure, ont pour but d'amener le cheval à obéir à l'action seule de la main de la bride.

Après ces exercices, la main gauche seule suffira à faire exécuter les changements de direction. A cet effet, avant de se porter du côté déterminant, la main, en se contractant, fera sentir toute sa force d'opposition, sans se rapprocher du corps. Cet effet concentré de la puissance de la main demande qu'au préalable l'égale tension des rênes permette de sentir facilement la bouche du cheval; il devra compléter la légèreté du cheval avant que celui-ci se conforme à la nouvelle inclinaison. Ce temps bien compris, l'animal tournera à la simple indication de la main, si, comme je l'ai déjà recommandé, on saisit le moment où la tête passe par la ligne prolongée de la croupe et des épaules, pour opérer la mise en main avant de changer l'inclinaison d'un côté ou d'un autre.

IX
EFFETS DE JAMBES.

Si je demandais au premier cavalier venu les moyens pour changer de direction, il me répondrait assurément: «Si vous voulez tourner à droite, portez la main à droite et faites sentir la jambe du même côté.»

C'est, en effet, le principe que tous les traités d'équitation, jusqu'au mien, ont donné comme le seul efficace pour ce mouvement. Mais tant d'erreurs se sont érigées en principes, que j'ai voulu m'assurer de l'exactitude de ce dernier.

J'ai donc, pour tourner à droite, par exemple, porté la main à droite et fait sentir la jambe du même côté.

Quelque légèreté qu'eût mon cheval sur la ligne droite et bien que j'eusse fait sentir la jambe indiquée, j'éprouvais souvent une résistance dont, longtemps, j'ai cherché la cause et les moyens de la détruire.

L'expérience m'a démontré que souvent, par suite de l'action de la jambe droite, la croupe se portant à gauche, empêche, par sa mobilité, le poids de se fixer sur le point d'appui nécessaire au pivot de conversion et jette ainsi de l'irrégularité et de l'incertitude dans le mouvement.

La répression de cette résistance exige naturellement, me suis-je dit, l'emploi de la jambe gauche. J'adoptai donc ce moyen comme correctif. Il me donna d'abord des résultats surprenants, mais la persistance de son emploi devint la source d'une autre résistance.

La croupe, portée trop à droite par la pression de la jambe gauche, s'arc-boutait, pour ainsi dire, contre l'épaule droite, et paralysait ses mouvements.

Après de minutieuses observations, je conclus donc que l'emploi exclusif de l'une ou de l'autre jambe ne peut être prescrit comme principe absolu dans les changements de direction, puisque, destiné à prévenir, il provoque, au contraire, des résistances.

En effet, quand je veux placer le cheval pour le changement de direction, j'ignore de quel côté viendra la résistance, puisque la croupe peut se dérober à droite ou à gauche; j'ignore même s'il y aura résistance. Il n'est donc pas rationnel de déterminer, à priori, l'emploi exclusif de l'une ou de l'autre jambe, et le principe, reconnu faux, doit être abandonné.

Revenons donc aux vrais principes de l'équitation:

La main seule donne la position, les jambes donnent l'impulsion.

Si, d'après les prescriptions formelles de ma méthode, vous avez dirigé l'éducation de votre cheval de manière à lui donner une juste répartition du poids et des forces, le changement de direction lui deviendra aussi facile que la marche sur la ligne droite. Le cheval étant bien placé obéira à la première invitation de la main, la tête et l'encolure prendront la position propre au mouvement, et le liant parfait de toute la machine amènera les épaules et la croupe à prendre sans résistance la part qui leur convient pour la régularité et la facilité du changement de direction. D'où je conclus que l'emploi de l'une ou de l'autre jambe prescrit comme principe est un non-sens, pour ce mouvement, puisque sa régularité et sa facilité ne dépendent que de l'harmonie apportée dans l'équilibre de l'animal.

Je dis plus. L'aide des deux jambes deviendra tout à fait inutile, quand le cheval sera arrivé au point d'éducation où doit le conduire inévitablement ma méthode.

Point important. Dès que le cheval commencera à prendre la position indiquée par la main, celle-ci devra cesser son action et laisser à l'animal sa liberté de mouvement, en ayant soin toutefois de le suivre dans son déplacement. Si, au contraire, après un commencement d'exécution, la main persistait dans son action, la position de l'encolure deviendrait forcée et amènerait un dérangement de croupe, d'où naîtrait une résistance qu'on ne pourrait vaincre qu'à l'aide des jambes.

X
EFFETS DE MAIN ET DE JAMBES.

Nous avons consacré un chapitre spécial aux fonctions particulières de la main et des jambes; nous allons, maintenant, combiner l'action de ces puissances de telle sorte qu'elles procurent au cavalier les ressources qu'il doit retirer de leur judicieux emploi.

En principe, les jambes du cavalier donnent au cheval l'impulsion nécessaire aux mouvements. Mais elle n'est primitivement qu'un moyen de déplacement qui, pour obtenir un bon résultat, a besoin d'un modérateur et d'un régulateur.

Ce double rôle appartient à la main.

Aussitôt qu'obéissant à la pression des jambes le cheval se mobilise, la main, savante interprète de la volonté du cavalier, dispose l'animal dans le sens propre au mouvement qui doit être exécuté, et son action, méthodiquement réglée, fait comprendre au serviteur les intentions du maître.

Le cheval, bien placé par la main, exécutera facilement le mouvement indiqué. Je dis plus: il l'exécutera nécessairement, car la disposition des diverses parties de son corps ne lui en permettrait pas d'autre.

L'écuyer doit donc avoir pour but de dominer les forces du cheval; il faut qu'il en dispose absolument. La combinaison intelligente de l'action de la main et des jambes produira ce résultat.

Principe essentiel. En général l'action des jambes doit précéder celle de la main pour déterminer toutes les allures, ainsi que pour obtenir les effets d'ensemble, le rassembler, les temps d'arrêt et le reculer, etc., etc.

En effet, si l'on porte le cheval en avant, il faut d'abord que les jambes déterminent son action et que, sur l'impulsion donnée, la main prenne autant de forces qu'il lui en faut pour diriger la masse dans le sens propre au mouvement. Si, au contraire, l'action de la main précédait celle des jambes, le cheval, manquant de l'impulsion nécessaire, ne pourrait être placé convenablement, et le mouvement deviendrait incertain, d'une exécution difficile et souvent impossible.

Pour les effets d'ensemble, les jambes agiront les premières, afin d'éviter les effets rétrogrades du cheval, qui, par ce moyen, se soustrairait à la bonne position de sa tête et à l'immobilité de ses quatre jambes, s'il est en place.

C'est encore en débutant par l'action des jambes qu'on fera jouer tous les ressorts du mécanisme de l'animal, et leur puissance, sagement dirigée par la main, s'harmonisera de telle sorte que le cheval sera toujours placé droit. L'action des jambes du cavalier produira le rassembler en rapprochant les membres postérieurs du cheval.

Pour le vrai reculer, les jambes de derrière du cheval doivent d'abord quitter le sol. C'est encore une pression préalable des jambes du cavalier qui déterminera ce mouvement. Le cheval est porté en avant par les jambes; mais aussitôt l'impulsion donnée, la main se rapproche du corps, et son effet, justement combiné, force la jambe, déjà levée, à se porter en arrière. Après quelques répétitions de cet exercice, le cheval reculera franchement et régulièrement.

L'impulsion imprimée par les jambes est encore nécessaire dans le reculer, en ce sens qu'elle s'oppose à la trop brusque concentration des forces sur l'arrière-main, ce qui donnerait un reculer précipité et irrégulier.

Pour l'exécution des pirouettes renversées ou ordinaires, les jambes devront donner l'impulsion qui, comme toujours, permettra à la main de placer le cheval. C'est alors que les rênes de la bride par tension, écartement, ou pression sur l'encolure, deviendront efficaces pour combattre les résistances indiquées par les refus du cheval, qui arrivera graduellement à obéir à la seule pression de la jambe.

Au moyen de ces exercices et de la combinaison sage des effets de jambes et de main, le cheval aura bientôt acquis une juste répartition du poids et des forces.

J'indique le but; plus heureux que mes devanciers dans l'étude de l'équitation, je donne les moyens infaillibles de l'atteindre.

Est-ce à dire, cependant, que je veuille promettre à tous les adeptes de ma méthode les résultats que beaucoup de mes élèves ont obtenus? Non; voici pourquoi. Quelle que soit la clarté d'une théorie et l'exactitude de ses principes, le professeur ne peut donner à tous cette étincelle de feu sacré qui dénote l'aptitude, la vocation et mène au succès.

Si les idées théoriques expliquées et motivées ne rencontrent pas comme un écho dans l'esprit de l'élève, si son intelligence n'est pas frappée comme d'un choc électrique, par la vérité du principe, c'est que l'inspiration manque. Les efforts du professeur lutteront péniblement contre l'inaptitude.

En comparant les forces de l'homme et celles du cheval, on est étonné que notre faiblesse proportionnelle ait entrepris de dominer une puissance aussi supérieure; et, cependant, avec la seule pression de nos jambes et de nos mains, nous lui imposons notre volonté.

Soumis à nos lois, notre superbe antagoniste se précipite comme une avalanche; ses forces, multipliées par l'impulsion, impriment à son corps une rapidité vertigineuse; son élan semble indomptable. Un geste du cavalier, et la masse impétueuse devient statue, le cheval est immobile.

J'ai donné les moyens d'obtenir ces immenses résultats. Ma méthode met tellement le cheval dans la dépendance du cavalier, que, par la combinaison des effets de jambes et de main, nos moindres mouvements suffisent pour diriger, à notre gré, les ressorts de ce puissant animal; mais je ne puis dire précisément et clairement à l'élève le degré de force impulsive ou répressive qu'il doit employer. C'est l'appréciation exacte de l'emploi des forces combinées qui s'appelle l'intelligence équestre. Cette qualité est innée chez le véritable écuyer, elle lui est indispensable.

Une longue pratique, en donnant l'expérience, peut, il est vrai, combattre heureusement l'inaptitude. Mais si, dans ce cas, les progrès sont lents, devra-t-on s'en prendre à l'impuissance des principes?

XI
ASSOUPLISSEMENT A CHEVAL, AVANT MAIN
ET ARRIÈRE-MAIN.

FLEXION DIRECTE DE LA TÊTE ET DE L'ENCOLURE, OU RAMENER.

1o Le cavalier se servira d'abord des rênes du filet, qu'il réunira dans la main gauche et tiendra comme celles de la bride. Il appuiera la main droite de champ sur les rênes en avant de la main gauche, afin de donner à la première une plus grande puissance, en augmentant la pression du mors de filet. Dès que le cheval cédera, il suffira de soulever la main droite pour diminuer la tension des rênes et récompenser l'animal. Lorsque le cheval obéira à l'action du filet, il cédera bien plus promptement à celle de la bride, dont l'effet est plus puissant; c'est dire assez que la bride devra par conséquent être employée avec plus de ménagement que le filet. (Planche 10.)

2o Le cheval aura complétement cédé à l'action de la main, lorsque sa mâchoire sera mobile. Le cavalier doit avoir soin de ne pas se laisser tromper par les feintes du cheval, feintes qui consistent dans un quart ou un tiers de cession, suivie de bégaiements. On doit tout d'abord habituer le cheval à supporter les jambes pour arrêter tous les mouvements rétrogrades de son corps, mouvements qui le mettraient à même d'éviter les effets de la main, ou feraient naître des points d'appui ou des arcs-boutants propres à augmenter les moyens de résistance. (Planche 11.)

planche 10 et 11

PLANCHES 10 ET 11

Cette flexion est fort importante. Dès qu'elle s'exécute avec aisance et promptitude, il suffit d'un léger appui de la main pour ramener et maintenir la tête dans la bonne position. La direction de cette partie de l'animal deviendra dès lors aussi facile que naturelle, puisque nous l'aurons mise à même de comprendre toutes les indications de la main, et d'y obéir sur-le-champ sans efforts. Quant aux fonctions des jambes, elles consistent à empêcher un mouvement rétrograde du corps.

FLEXIONS LATÉRALES DE L'ENCOLURE.

1o Pour exécuter la flexion à droite, le cavalier prendra une rêne de filet dans chaque main, la gauche sentant à peine l'appui du mors; la droite, au contraire, communiquant une impression modérée d'abord, mais qui augmentera en proportion de la résistance du cheval, et de manière à la dominer toujours.

L'animal, déjà préparé par le travail précédent, comprend la volonté du cavalier, et incline la tête du côté où se fait sentir la pression du filet. (Planche 12.)

2o Dès que la tête du cheval aura été ramenée à droite, la rêne gauche formera opposition, pour empêcher le nez de dépasser la verticale. On doit attacher une grande importance à ce que la tête reste toujours dans cette position: la flexion sans cela serait imparfaite et la souplesse incomplète. Le mouvement régulièrement accompli, on fera reprendre au cheval sa position naturelle par une légère tension de la rêne gauche. (Planche 13.)