Placement des effets pour une revue de détail.

Ces effets forment les effets d'habillement proprement dits.

159. Quels sont les effets dits de grand équipement?

Le soldat a les effets de grand équipement suivants: 1 havresac, des bretelles de suspension, 1 ceinturon, 3 cartouchières, 1 bretelle de fusil et 1 courroie de bidon.

160. Quels sont les effets dits de petit équipement?

On appelle effets de petit équipement les effets suivants:

1o Tous les effets de linge, les calottes de coton, les cravates, les bretelles, les chaussettes, etc.;

2o Les chaussures et les lacets;

3o Les étuis-musettes, les brosses, les boîtes à ingrédients, les petits bidons, les quarts, les gamelles, les trousses, les menus objets, etc.

161. Comment sont fournis et remplacés les effets des différentes catégories ci-dessus?

Tous les effets des catégories ci-dessus sont fournis par le magasin de la compagnie, qui s'approvisionne au magasin du corps. Tout effet est remplacé après usure constatée dans les inspections que le capitaine passe ou qu'il fait passer.

162. Comment place-t-on les effets pour une revue de détail?

Les effets sont étalés sur le lit suivant le tableau ci-contre.

163. Comment sont marqués les effets?

Les effets sont tous matriculés, même les effets personnels dont le soldat se sert pendant son service militaire.

164. Qui répare les effets du soldat?

Toutes les petites réparations sont faites au jour le jour par l'homme, qui doit entretenir ses effets en bon état de conservation et de propreté.

Il répare son linge dès qu'il rentre du blanchissage.

165. Quels sont les menus objets dont le soldat doit toujours être pourvu pour l'entretien de ses effets et de ses armes?

Il doit toujours avoir du fil de différentes nuances, des boutons, des aiguilles, de la cire, de l'encaustique, de la graisse d'armes, des curettes en bois, du tripoli, du dégras, des clous à souliers, du suif, etc.

166. Le soldat est-il responsable de tous ses effets?

Oui, le soldat est responsable de tous les effets qui lui sont confiés. Ils sont inscrits sur le fascicule pour l'inscription des effets, qui se place pendant le service actif dans le livret individuel, au moyen de la lettre indiquant leur classement et le numéro du mois de distribution. Les effets distribués sont neufs (N), bons (B) ou d'instruction (I).

Un effet distribué bon en avril 1911 s'inscrira: B 4 dans la colonne de l'année. L'homme doit s'assurer souvent de la régularité des inscriptions, puisqu'il est responsable.

167. Que deviennent les effets d'un soldat qui s'absente?

Les effets que l'homme laisse en allant en permission, en congé ou à l'hôpital, sont placés dans son havresac que l'on dépose au magasin. L'état en est établi, signé par le sergent-major et par l'homme; si l'homme ne peut assister à l'inventaire, le caporal et un soldat le remplacent.

168. Comment s'alimente la masse d'habillement de la compagnie?

Elle s'alimente, pour l'infanterie, par une prime de 0f 254 par journée d'homme présent[15].

169. Quelles dépenses incombent à cette masse d'habillement?

Les fonds particuliers de la masse d'habillement de la compagnie fournissent d'abord tous les effets d'habillement[16], de grand et de petit équipement; ils pourvoient, en outre, aux dépenses suivantes:

1o Frais et matériaux pour les réparations à l'habillement, à la chaussure et à la coiffure;

2o Diverses dégradations résultant de la faute et de la négligence des hommes (l'homme est alors souvent punissable);

3o Achat et entretien du petit matériel des chambres, cuisines et réfectoires (cruches, ustensiles et linge de cuisine, vaisselle, etc.);

4o Blanchissage. Objets nécessaires à l'hygiène et à la propreté corporelle;

5o Instruments et ingrédients du perruquier.

Sortie en ville—Tenues—Cheveux—Barbe.

170. Quelles sont les attentions qu'on doit avoir dans ses sorties?

Il est interdit aux militaires de fumer la pipe dans les rues, de mettre les mains dans les poches ou de lire en circulant en ville, de se donner en spectacle dans les luttes et fêtes foraines. On peut leur accorder une autorisation pour figurer honorablement dans diverses réunions.

La tenue doit être uniforme et réglementaire pour tous.

La tenue de sortie doit être irréprochable. Les effets, excluant toute fantaisie, doivent être très propres et toujours boutonnés, la coiffure placée droite, les épaulettes et la cravate bien ajustées, la chaussure en bon état. Le ceinturon doit serrer suffisamment la taille, mais sans que les effets fassent des plis. Le sabre-baïonnette doit tomber à deux doigts en arrière de la couture du pantalon.

Le deuil de famille se porte par un crêpe en brassard au bras gauche.

171. Quelles sont les différentes tenues?

Les tenues sont au nombre de quatre:

La tenue de travail, réglée par le commandant de l'unité ou l'officier qui commande le travail ou l'exercice;

La tenue de sortie, fixée par le commandant d'armes, qui fixe également l'heure à partir de laquelle elle doit être prise;

La grande tenue et la tenue de campagne, définies par les instructions ministérielles.

Tenue du matin. Tenue d'exercice. Tenue de garde.

172. Comment se portent les cheveux et la barbe?

Les militaires portent les cheveux courts, surtout par derrière, la moustache avec ou sans la mouche, ou la barbe entière. Pendant les périodes d'exercice, les militaires réservistes ou territoriaux sont autorisés à conserver leur port de barbe habituel.

Tenues de travail.

Les tenues de travail peuvent être en veste, en capote ou en effets de toile suivant le cas.

À la caserne, et surtout pour les repas, on est en effets no 3 ou en toile.

Port du sac.

173. Quand porte-t-on le sac?

Le sac est pris dans le courant du deuxième mois de l'instruction, il est ensuite pris pour tous les exercices, les tirs et les marches (à l'exception des exercices de l'instruction individuelle et des exercices préparatoires de tir).

Tenue de sortie. Grande tenue. Grande tenue de service.

Le chargement du sac et des cartouchières est progressivement augmenté de façon à ce que les recrues soient susceptibles de porter le chargement complet lorsqu'ils sont mobilisables.

À partir de cette date, les marches, les tirs d'application et les principaux exercices sont exécutés avec le chargement complet.

174. Quel est le chargement du sac pour les exercices journaliers?

Le chargement en tenue d'exercice comporte ordinairement:

1o Intérieur du sac: 1 chemise, 1 calotte de coton, 1 mouchoir de poche, 1 caleçon, 1 ceinture de flanelle.

La part individuelle de brosses et d'accessoires, à raison de 2 jeux complets par escouade. (Le caporal fixe la part de chacun.)

2o Extérieur du sac: Courroies roulées.

3o Chargement des hanches: Dans les cartouchières, 11 paquets de 8 cartouches, soit 4 paquets par cartouchière de devant et 3 dans celle de derrière. Dans les exercices, ces cartouches sont remplacées par un poids équivalent (sable, plomb, fonte ou briques).

4o Un outil.

Toutefois, le chargement du sac et des cartouchières est réglé par le directeur de l'exercice.

Tenue de campagne.

Tenue de campagne.

175. Dans quel ordre revêt-on ses effets d'équipement?

On met: 1o le ceinturon comprenant ses cartouchières et ses bretelles de suspension sans boucler la plaque; 2o l'étui-musette appuyé sur l'épaule droite (la banderolle de l'étui-musette est ajustée de telle façon que le bord supérieur de l'étui se trouve à environ deux doigts au-dessous de la croisière de l'épée-baïonnette); 3o le petit bidon, la courroie sur l'épaule gauche; 4o boucler le ceinturon en maintenant au-dessous la banderolle de l'étui-musette et la partie antérieure de la courroie du petit bidon; 5o le havresac.

176. Quelle est la tenue de campagne et son chargement?

Pour les corps qui ont les voitures à vivres et à bagages, les hommes sont déchargés de:

1 jour de vivres de réserve porté sur la voiture,

la veste ou tunique portée sur la voiture,

et des tiers de baguettes à fusil, des boîtes à graisse individuelles, des ficelles de nettoyage et des nécessaires d'armes remplacées par 16 baguettes de laiton par compagnie (4 par section).

La tenue de campagne comprend:

1o Sur l'homme:

1 képi ou béret, 1 capote ou manteau à capuchon pour les alpins et cyclistes, 1 pantalon, 1 paire de bretelles, 1 paire de brodequins, 1 cravate, 1 chemise, 1 caleçon, 1 ceinture de flanelle ou ceinture de laine (pour les régiments étrangers, les bataillons d'infanterie légère d'Afrique, les alpins et les cyclistes), 1 havresac, 1 ceinturon avec porte-épée, 3 cartouchières, 1 bretelle de suspension, 1 fusil avec sa bretelle, 1 épée-baïonnette, 1 petit bidon de 1 litre (de 2 litres en Afrique), 1 étui musette, 1 mouchoir, 1 quart, 1 cuillère et 1 paquet de pansement, 1 jersey et des bandes molletières (pour les alpins et cyclistes), 1 bâton ferré pour les alpins, 1 outil porté soit sur le sac, soit au ceinturon.

2o Dans l'intérieur du havresac:

1 chemise, 1 calotte de coton (réservistes et territoriaux), 1 mouchoir de poche, une trousse garnie (ciseaux, bobine avec 6 aiguilles, fil noir, gris, garance et jaune, dé et peigne) avec 1 paire de lacets de rechange, 1 courroie de sautoir (quand elle n'est pas employée), 1 morceau de savon, 1 paire de sous-pieds de rechange (pour guêtres et jambières), 1 bonnet de police, 1 sachet à vivres de réserve, 1 jour de vivres de réserve[17], 1 livret individuel dans la poche de la patelette.

Ces objets sont placés dans l'ordre suivant:

La chemise est pliée de façon à couvrir toute la surface intérieure du sac; elle forme matelas sur le dos.

Au bas du sac, 6 pains de guerre, 1 boîte individuelle de conserve de viande assaisonnée, 1 boîte de potage salé, 1 sachet contenant 1 ration de sucre et café.

Au-dessus des vivres de réserve, le mouchoir, la trousse garnie, le savon, la courroie de sautoir, la paire de sous-pieds de rechange, le bonnet de police ou la calotte de coton pour ceux qui n'ont ni le béret ni le bonnet de police.

Si le corps n'a pas de voitures à vivres et à bagages, la veste serait pliée la doublure en dedans à plat sous la patelette.

Nota.—Le couteau à conserve (1 par 3 hommes) est porté dans le sac.

Les pitons à œil pour l'attache des fusils dans les wagons (1 par 4 fusils) et les vrilles (1 par 20 fusils) par les sous-officiers ou caporaux désignés à cet effet.

Les clefs à crampons à glace (clefs à pointe et à taraud) par les détenteurs gradés attachés aux équipages, (les conducteurs et ordonnances).

3o À l'extérieur du sac:

La chaussure de repos (dans un 2e étui-musette sur le haut du sac).

1 gamelle individuelle (au-dessus de l'étui à chaussures) légèrement inclinée en arrière le couvercle en-dessus[18].

Les ustensiles de campement qui sont:

Gamelles de campement 2 par escouade.
Marmites de campement 4 —
Seaux en toile 2 —
Moulin à café 1 pour 2 escouades.
Sacs à distribution 2 par escouade.

Ils sont placés:

La gamelle de campement la concavité tournée vers le sac;

La marmite de campement le couvercle en dessus de l'anse maintenue abaissée par la grande courroie du sac;

Le seau en toile à plat, le fond maintenu par la grande courroie qui passe sous les cordes en croix du fond du seau;

Le moulin à café dans la gamelle individuelle dont le couvercle est placé en dessous[19];

Le sac à distribution[20] plié et placé sur le dessus du sac;

Lanterne de cantonnement, 1 par escouade, portée par les caporaux sur la face postérieure du havresac;

2 jeux de brosses par escouade (brosse à habit, double à chaussures, 1 brosse boutons, brosse d'armes);

Placer la brosse qu'un homme a dans les chaussures de repos;

Hachette, 1 par 8 hommes.

4o Dans les cartouchières:

11 paquets de 8 cartouches; soit 4 paquets par cartouchière de devant et 3 à celle de derrière.

Exceptionnellement les hommes des 6e, 7e et 20e corps d'armée, tous les bataillons de chasseurs à pied et les troupes d'Afrique portent 120 cartouches sur chaque homme.

Le personnel des sections de mitrailleuses a 56 cartouches, ceux qui ont la carabine de gendarmerie modèle 1890 en ont 54.

5o Chaque homme a en outre:

1 paquet individuel de pansement placé dans la poche intérieure de la capote fermée par une couture à points espacés;

1 plaque d'identité avec cordon au cou;

Dans l'étui-musette: 1 quart, 1 cuillère, le pain et la partie des vivres du jour non consommée, puis une boisson préparée dans le petit bidon.

Remarques générales et observations.

Dans certains cas on est pourvu de couvertures de campement et de tentes-abris. Ces effets sont tous portés sur le havresac, roulés en fer à cheval.

Les registres de campagne sont portés par les sous-officiers comptables sous la patelette du sac.

Sont armés du revolver avec 18 cartouches, le conducteur du caisson de munition, le pourvoyeur de munitions, les ordonnances appelés à faire un service à cheval et ceux des médecins.

Ont le sabre série Z, le conducteur de voiture médicale et de mulets de cantines médicales, les infirmiers régimentaires et les musiciens.

Les vélocipédistes ont la carabine de cavalerie modèle 1890 avec 18 cartouches. Ceux des chasseurs alpins ont le mousqueton modèle 1892 avec sabre-baïonnette (18 cartouches).

Les conducteurs d'animaux et les ordonnances des officiers qui n'ont qu'un cheval dans les bataillons de chasseurs alpins ont le mousqueton modèle 1892 avec sabre-baïonnette (36 cartouches).

Port des outils portatifs.

Les outils portatifs[21], avec leur étui, au nombre de 185 par compagnie, sont arrimés de la façon suivante:

Pelle-bêche.—Est placée sur le côté gauche du sac, la concavité placée contre le sac, le manche en haut et maintenue par la courroie de sautoir qui est reliée à la courroie gauche du sac; la courroie du bas du sac engagée dans le ou les passants de l'étui.

Pour se servir de la pelle-bêche, la retirer de son étui qui reste fixé au sac.

Pelle-pioche.—La pelle-pioche (fer et manche séparés) est arrimée au côté gauche du havresac, la concavité placée contre le sac, le fer de pioche dirigé vers la partie supérieure. La courroie de côté du havresac est engagée entre le corps et la petite courroie de l'étui, au-dessous du passant fixe de cet étui.

Le fer de pioche et la partie supérieure du manche sont maintenus par la courroie de sautoir qui est reliée à la courroie gauche du sac.

Pour se servir de la pelle-pioche, retirer le fer de son étui, puis le manche (suivant que l'on veut se servir de l'outil avec ou sans le manche) et laisser l'étui relié au havresac par la petite courroie de côté.

Hache à main.—Elle est portée emmanchée, le manche placé horizontalement contre l'arrêt supérieur du sac, le fer enveloppé dans son étui, et prenant appui contre la face gauche du sac, le tranchant de la hache à main en bas. Elle est maintenue par les trois courroies, celles de droite et de gauche enroulées autour du manche, de manière à faire un tour complet pour l'empêcher de glisser.

Quand on veut se servir de l'outil, fixer l'étui au havresac en engageant la courroie de gauche dans son passant.

Scie articulée.—La scie articulée est portée extérieurement sur la patelette du havresac, la grande courroie engagée dans le passant de son étui, le bord inférieur de l'étui affleurant l'arête inférieure du sac.

Pour retirer la scie, ouvrir l'étui qui reste fixé au havresac.

Cisaille à main.—La cisaille à main est placée à la partie supérieure du havresac, contre le paquetage, l'ouverture en dehors et tournée vers le bas; elle est fixée par la petite courroie supérieure gauche et la grande courroie qui s'engage dans les deux passants de son étui.

Quand on se sert de la cisaille, laisser l'étui fixé au havresac.

Serpe.—La serpe est portée appliquée à plat contre le côté gauche du sac, le dos de la lame contre le dos de l'homme, la poignée en haut, le passant de l'étui pris par la petite courroie latérale du sac, le manche maintenu par la courroie de sautoir.

Lorsqu'on veut se servir de la serpe, la retirer de son étui qui reste fixé au havresac.

Hachette de campement.—Le mode de placement sur le havresac de la hachette de campement, qui ne comporte pas d'étui, est analogue à celui de la hache portative.

Les outils portatifs sont portés au ceinturon ainsi qu'il suit:

La pelle-bêche du côté droit, le fer dans son étui; on engage le ceinturon dans le ou les passants de l'étui, la concavité du fer tournée en dedans.

La pelle-pioche, placée dans son étui (fer et manche séparés), est portée au ceinturon, du côté droit, la concavité tournée vers le corps, le fer de pioche dirigé vers le sol.

Le ceinturon est engagé dans l'intervalle formé par le corps et la petite courroie de l'étui, au-dessus du passant fixe de cet étui.

La hache à main du côté droit, dans son étui, en engageant le ceinturon dans le passant de l'étui, le manche de l'outil en bas.

Cet outil peut aussi être porté au ceinturon sans étui; le manche est alors engagé du côté droit, entre le corps et le ceinturon, le fer reposant sur le bord supérieur du ceinturon. La hachette de campement est portée au ceinturon de la même manière.

Placée dans son étui, la scie articulée se suspend au ceinturon comme une cartouchière.

La cisaille est portée du côté droit, l'ouverture en dehors, le ceinturon engagée dans le grand passant de manière que la partie la plus longue de l'étui soit dirigée vers le bas.

La serpe n'est jamais portée au ceinturon.

Vivres divers.

Vivres du jour.—La partie de la ration des «vivres du jour» non consommée est portée:

La viande froide dans la gamelle, le pain et les petits vivres dans l'étui-musette (les vivres de réserve sont renfermés dans le deuxième sachet à vivres; les légumes secs et le sel dans un compartiment, le sucre et le café dans l'autre).

Vivres de chemin de fer.—Au départ de la garnison, les «vivres de chemin de fer» sont placés de la manière suivante:

Les repas froids dans la gamelle individuelle; le pain, les conserves de viande assaisonnées dans l'étui-musette.

Si le voyage doit durer plusieurs jours, une partie de ces vivres peut être logée dans une des voitures de l'unité.

Vivres de débarquement.—Pour les troupes transportées en chemins de fer ou en bateaux, ils sont transportés jusqu'à la gare d'embarquement ou jusqu'au bateau dans les voitures de l'unité où il y a de la place disponible. Si la place fait défaut, le transport est effectué par des voitures de corvée ou des voitures requises. Il en est de même depuis la gare de débarquement jusqu'aux cantonnements.

Pour le trajet en chemin de fer, on les place dans le fourgon de queue du train, s'ils n'ont pu être placés dans les voitures de l'unité.

Pour les troupes faisant mouvement par voie de terre, ils sont transportés, à défaut de place disponible dans les voitures de l'unité, par des voitures requises dans les garnisons.


Paquetage avec la capote ou le manteau à capuchon roulé.—La capote (ou le manteau à capuchon pour les troupes alpines), pour être placée sur le sac, est roulée en boudin sur une longueur telle qu'elle encadre exactement le dessus et les côtés du sac, en prenant soin toutefois que les extrémités du rouleau soient maintenues à une certaine distance du bas des côtés du sac, environ deux doigts; elle est fixée en fer à cheval sur la partie supérieure du sac par les deux petites courroies et par la grande courroie de charge et au bas des côtés par les courroies de côté à ce destinées.

L'étui à chaussures est placé sous la capote (ou le manteau à capuchon). Le placement de la gamelle individuelle, des outils portatifs et des ustensiles de campement reste le même que celui précédemment indiqué.

Vélocipédistes.

Les militaires de l'armée active qui désirent être affectés comme vélocipédistes dans les formations de de guerre en font la demande à leur chef de corps, au cours de leur dernière année de service actif.

Chargement de campagne allégé.

173. On prépare en ce moment un havresac nouveau modèle et, en l'attendant, on enlève au havresac modèle 1893 le cadre en bois.

On utilise la voiture à vivres et à bagages de l'unité, qui transporte également les objets ci-après: tente individuelle, demi-couverture de campement, manteau, veste, etc...

Suivre pour cela les ordres donnés.

Conseils relatifs à l'Instruction militaire.

La préparation à la guerre est le seul but de l'instruction militaire.

L'instruction militaire ne se donne pas dans les théories, ni dans les chambres, ni dans les conférences, elle ne s'acquiert que par des exercices et des manœuvres sur le terrain, souvent répétés et minutieusement exécutés. Cependant, il a semblé bon à l'auteur de ce livre d'en dire quelques mots aux soldats.

Le soldat, pendant son temps de service actif, doit apprendre d'une façon complète et parfaite tout ce qui fait partie de l'instruction militaire de façon à devenir le défenseur vrai et réel que le pays compte qu'il sera. Pour cela il doit travailler à son instruction et arriver à être parfait et à savoir tout ce qu'il doit savoir. La France aura alors une armée forte et solide qui sera victorieuse si jamais la guerre vient à éclater.

L'instruction militaire comprend:

L'école du soldat qui est ce que le soldat doit savoir pour manœuvrer et pour combattre. L'instruction individuelle en est la base, le soldat doit la posséder à fond et parfaitement;

L'école de section, qui comprend des évolutions et des exercices de tirailleurs et de combat, s'exécute sur la place d'exercices et en terrain varié. Le soldat doit y être attentif et avoir du coup d'œil;

L'école de compagnie et de bataillon comprenant les évolutions et les exercices de combat des unités, dans le bataillon et le régiment;

Dans les exercices de combat, il n'y a pas de règles fixes, car, selon le cas du moment, c'est la réflexion, l'initiative et l'application des méthodes employées dans les guerres récentes, puis la volonté absolue de bien faire, qui déterminent la tâche à remplir pour arriver à être les supérieurs et à être victorieux;

Extension verticale des bras.

Les exercices de tir qui doivent être bien appris et bien faits par tous les fantassins; dans le combat il faut bien tirer. C'est le chemin du succès;

Les exercices des mitrailleuses doivent aussi être bien faits; ceux qui sont chargés de ces armes de vitesse et de précision, ont le devoir de devenir de bons chargeurs et des tireurs parfaits. L'armée entière en profitera souvent;

Les travaux de campagne faits pour la bonne conduite des attaques et du combat et pour la réussite de la guerre de siège doivent être bien exécutés, c'est une sécurité nécessaire.

L'instruction militaire comprend encore l'exécution minutieuse du service en campagne qui doit être parfaite dans les services de sûreté, de protection des colonnes, des avants-postes avec leurs sentinelles, des marches avec avant-gardes et arrière gardes, des reconnaissances, des cantonnements ou bivouacs. Dans les dernières guerres, les services de nuit avec attaques ont parfaitement réussis;

Le maniement du fusil comme arme de combat à l'arme blanche, doit se faire avec attention, avec énergie et avec minutie; l'escrime à la baïonnette occupe une première place dans le combat. C'est toujours l'arme blanche bien dirigée qui a eu raison de l'ennemi dans les dernières guerres et qui a toujours su enlever les positions et faire reculer l'ennemi;

Les exercices de nuit et les attaques nocturnes sont précieux. L'offensive avec des marches de nuit et des attaques brusquées sera toujours un succès, lorsqu'elle sera poursuivie par des troupes de cœur ayant le moral solide et étant bien décidées à être victorieuses.

Voilà à peu près tout ce que renferme l'instruction militaire, joignons-y toute l'instruction théorique contenue dans ce livre et nous aurons tout ce qui fait un soldat français.

Dans tous les exercices les soldats doivent apporter leur amour-propre et leur cœur. Ils auront droit à la reconnaissance du pays entier.

Ce n'est pas tout d'être soldat pendant un temps déterminé et voulu par la loi du pays, il faut y faire son métier, y apprendre tout ce que l'homme doit savoir pour être un réel défenseur de sa Patrie et de son foyer. Tout soldat doit devenir un militaire consciencieux, un manœuvrier adroit, un tireur émérite et sûr, un tacticien habile au service en campagne, un bon marcheur, un combattant solide et bien dressé à l'escrime à la baïonnette dans les attaques de jour et de nuit.

Un tel soldat discipliné, ayant confiance en ses chefs et en ses camarades, bien dressé sera toujours vainqueur dans l'offensive foudroyante, qu'il soit dans l'armée active, ou dans la réserve où il gardera toujours son savoir militaire.


Renseignements sur l'armée bulgare.—Nous pouvons affirmer que l'armée bulgare qui a partout imité nos manœuvres françaises, qui a suivi une instruction semblable à la nôtre, qui s'est servi de mêmes canons que les nôtres a eu une grande originalité de combat, qu'elle a employé constamment l'arme blanche de jour et plus encore de nuit et qu'elle a été victorieuse des armées turques dressées par des Allemands. Elle s'est servi d'une instruction théorique faite d'après ce livre l'Instruction théorique du soldat par lui-même[22].

Les positions turques les plus fortes ont presque toujours été emportées par des attaques nocturnes, poussées avec une véritable furie, par des sections, des compagnies, des régiments et des brigades entières.

Que tous les soldats français travaillent avec ardeur, qu'ils imitent les exemples des Bulgares contre ceux qui ne respecteraient pas la France et qui viendraient l'attaquer et nous serons vainqueurs! Souvenons-nous de; cette parole du ministre de la guerre de France dite en 1913 «Nous ne voulons pas seulement nous défendre, mais nous voulons être victorieux dans la prochaine guerre.»

Honneur et Patrie.

3o DEVOIRS ET CONNAISSANCES NÉCESSAIRES EN CAMPAGNE

CHAPITRE IX
SERVICE EN CAMPAGNE

I—Notions sur le service de sûreté en marche.

1. Comment se protège une troupe en marche?

Les colonnes en marche sont protégées par une avant-garde, par des flancs-gardes et par une arrière-garde.

2. Comment se fractionne une avant-garde?

Une avant-garde est d'autant plus forte que la troupe est plus importante; elle se fractionne ainsi: les éclaireurs, la pointe, la tête et le gros de l'avant-garde.

3. À quelle distance une avant-garde doit-elle marcher en avant de la colonne?

À une distance d'autant plus grande qu'elle est plus forte, mais, en principe, assez en avant pour éviter à la colonne soit de tomber dans une embuscade, soit de pouvoir être atteinte par les feux de l'adversaire.

4. Quels sont les devoirs généraux des éclaireurs?

Ils marchent l'arme chargée, en un groupe dirigé par un officier. Ils sont les premiers veux de la colonne, aussi doivent-ils tout observer avec attention et réflexion. L'observation en marche n'est qu'une succession d'observations en station. Par suite, les éclaireurs sont détachés à tour de rôle sur les points d'observation, situés sur la route ou ses abords. Ils s'y arrêtent, en se dissimulant, pour observer, et ne rejoignent leur chef qu'après que d'autres éclaireurs ont été détachés en avant.

Ils ne se laissent jamais dépasser par des personnes se dirigeant du côté de l'ennemi, ou venant en sens inverse; elles sont conduites au chef de la pointe.

Ils rendent compte en arrière de tout événement important et de toute observation.

5. Que font les éclaireurs en présence d'obstacles, de hauteurs, de défilés, de ponts, de murs, de maisons, de bois, etc.?

1o Obstacles: Ils franchissent les obstacles, les examinent, les dépassent et s'arrêtent au delà pour observer (la pointe et la tête rétablissent le passage);

2o Hauteurs: L'un d'eux gravit rapidement la pente pour observer le versant opposé; lorsque les éclaireurs sont arrivés en haut de la montée, ils explorent rapidement des yeux, surtout, les lisières de bois, de villages et les crêtes à l'horizon;

3o Défilé: Ils le franchissent rapidement et prennent position au delà pendant que la pointe le traverse;

4o Pont: Ils en examinent les abords, puis le dessous et les voûtes, pour s'assurer qu'aucun travail de destruction n'a été préparé;

5o Routes encaissées: Des éclaireurs renforcés par quelques hommes de la pointe gagnent le sommet des talus et des pentes;

6o Murs, haies: Ils vérifient par-dessus le mur si l'enclos n'est pas occupé;

7o Maisons: Ils observent à distance, puis l'un d'eux s'avance, écoute, visite la maison, ses abords et interroge les habitants; au besoin, l'on s'empare de l'un d'eux, qui est conduit au chef de la pointe;

Colonne avec avant-garde en marche

Légende

8o Bois, bosquets: Ils examinent minutieusement la lisière, la reconnaissent, puis traversent le petit bois, pendant qu'un éclaireur le contourne à droite et un à gauche.

6. Que font les éclaireurs et les divers échelons de l'avant-garde pendant les haltes de la colonne?

Les éclaireurs s'établissent en halte gardée, en ne s'arrêtant, assez au loin, que sur un point favorable à l'observation du terrain. Les divers échelons se reposent, mais en se couvrant par un rideau de sentinelles en avant et, au besoin, sur les flancs, ayant des vues assez étendues pour éviter toute surprise.

Les éclaireurs vérifient les abords de la route.

7. Que font les éclaireurs en face de l'ennemi?

Ils préviennent le chef de la pointe. S'il n'y a que quelques patrouilles ennemies, ils les refoulent vigoureusement; si l'ennemi est en force, ils occupent un emplacement favorable et s'y maintiennent en position d'attente.

8. Quel est le rôle des autres fractions chargées de la sécurité de la colonne?

La pointe reconnaît les abords de la route et refoule les patrouilles.

La tête d'avant-garde (avec les sapeurs et les explosifs) fait les travaux nécessaires au passage, puis elle renforce la pointe. Elle envoie des éclaireurs pour observer le versant opposé des hauteurs voisines.

Le gros de l'avant-garde refoule l'ennemi; si celui-ci est en force, il résiste pendant que la colonne prend ses dispositions pour le combat.

L'avant-garde renseigne toujours.

Les flancs-gardes sont destinées à protéger les flancs ou le flanc découvert d'une colonne. Elles sont soit des troupes fixes installées en un point favorable pendant l'écoulement de la colonne, soit des patrouilles mobiles. Elles sont accompagnées, si possible, de cavaliers ou de cyclistes.

L'arrière-garde surveille en arrière et résiste aux attaques et aux surprises.

Éclaireurs montés.—En campagne, des éclaireurs montés d'infanterie concourent au service de protection immédiate de l'infanterie en station, en marche et au combat.

Ils partagent le service des soldats éclaireurs des compagnies qu'ils soulagent, car, grâce à leur monture, ils peuvent aller plus vite, plus loin et avec moins de fatigue.

II—Police pendant les marches.

9. Que faut-il pour arriver à bien faire les marches longues et difficiles?

Il faut du courage et de l'amour-propre, avec cela le soldat français a toujours franchi facilement les étapes les plus longues et les passages les plus pénibles.

Pour remporter la victoire, il ne faut pas seulement des fusils, il faut surtout marcher en avant avec du courage et de l'audace.

10. Quelles précautions faut-il prendre avant le départ?

Autant que possible, les soldats doivent manger avant le départ; les bidons sont remplis d'eau mélangée de café ou d'eau-de-vie.

Les paquetages doivent être bien ajustés.

11. Quelles sont les principales règles à observer en marche?

La marche s'exécute au pas de route, l'arme à volonté; on prend le pas cadencé avant et après chaque halte et pour traverser les localités.

L'allure doit être régulière. La vitesse est variable selon les circonstances, ordinairement elle est de 4 kilomètres à l'heure, haltes horaires comprises (soit le kilomètre en douze minutes environ). Les petites colonnes peuvent marcher plus vite.

En principe, après chaque période de cinquante minutes de marche, il est fait une halte horaire de dix minutes. (Cette prescription peut être modifiée dans certains cas.)

Les marches doivent se faire avec le plus grand ordre, chacun restant exactement à sa place.

On ne s'arrête momentanément qu'après l'autorisation de son chef de section, et dans ce cas on laisse son fusil à son camarade, puis on rejoint le plus promptement possible.

Il est défendu de siffler et de faire aucun cri de «halte ou de marche» pendant la marche.

12. Faut-il conserver le silence au pas de route?

Oui, en manœuvre et près de l'ennemi; mais dans les marches ordinaires, loin de l'ennemi, si cette latitude est accordée, il est bon d'avoir de la gaieté et de chanter quelques bons refrains qui font oublier les kilomètres.

13. Que faut-il faire pendant les haltes?

Bien se reposer, mais à sa place au bord de la route, sans dépasser la ligne des faisceaux, le côté gauche de la route et la chaussée doivent rester libres.

Il faut éviter de dormir pendant les haltes de courte durée la nuit.

14. Quel est le devoir des camarades vis-à-vis d'un soldat qui paraît fatigué?

Lorsqu'un camarade paraît fatigué, on l'aide: l'un de ses voisins prend son fusil, d'autres son sac, on lui donne à boire, on lui offre une douceur si possible et on l'encourage avec amabilité.

Si la fatigue ou le malaise s'aggrave ou se prolonge, on prévient le chef de section.