MAI.

Hauteur moyenne du baromètre, 754 mill. 863.
Température moyenne, maximum +17°,67.
  minimum +10°,98.
Quantité de pluie, 56 mill. 80.
État de l'hygromètre, 70°,0.

Travaux généraux.—Nous n'entrerons dans aucun détail sur les opérations horticoles de ce mois, qui sont nombreuses et variées. Le jardinier a besoin de toute son activité, et chacune des parties du jardin réclame tous ses soins.

Jardin potager. Couches.—On fait une couche de 0m,50 d'épaisseur, que l'on recouvre de 0m,25 de bonne terre, pour planter les Ananas en pleine terre, sous châssis.

Dans la première quinzaine, on sème des Cornichons et les derniers Melons; puis sur couche, mais à l'air libre, de la Chicorée fine, de la Chicorée de Meaux et de la Scarole; on fait une couche sourde au n. 5, et on plante sous cloches un rang de Melons semés dans la première quinzaine d'avril.

Dans la seconde quinzaine, on fait une couche sourde au n. 6, et on plante un rang de Melons, semés dans la seconde quinzaine d'avril, sur lesquels on rapporte les cloches qui étaient sur les Aubergines plantées au n. 7.

Côtière, n. 9.—Dans la seconde quinzaine, on plante des Concombres blancs et des Cornichons verts, semés sur couche en avril.

N. 11. On sème du Cerfeuil.

N. 10. Dans la seconde quinzaine, on sème des Haricots par touffes ou en rayons.

Pleine terre.—On plante les dernières Pommes de terre. On sème des Cardons, des Choux-raves, du Céleri turc, des Radis noirs, de la Poirée blonde, du Pourpier doré, et on continue de semer des Choux-fleurs, des Brocolis, des Choux de Milan, de Bruxelles et de Poméranie, des Carottes, des Radis, des Épinards, des Laitues et des Romaines, des Pois, des Fèves, de l'Oseille, du Persil et du Cresson. Vers le 15, on peut planter des Patates en pleine terre.

Dans les premiers jours du mois, on plante, au n. 15, de la Chicorée demi-fine semée sur couche dans les premiers jours d'avril.

N. 19. On plante de la Romaine blonde semée dans la seconde quinzaine d'avril, et vers la fin du mois, on contre-plante des Choux-fleurs semés sur une vieille couche vers la fin d'avril.

N. 35. On sème de la Chicorée toujours blanche.

N. 33. On sème des Haricots à rames.

N. 23. On sème des Haricots nains.

Dans la seconde quinzaine on plante, au n. 22, de la Laitue grise semée dans la première quinzaine du mois, et on contre-plante deux rangs de Tomates semées sur couche vers la fin de mars.

N. 17. On plante de la Chicorée fine semée sur couche vers la fin d'avril, et on contre-plante quatre rangs de Céleri-rave semé sur couche en février.

N. 24. On sème deux rangs de Cardons de Tours immédiatement en place, et on contre-plante trois rangs de Romaine semée dans la première quinzaine du mois.

N. 41. On plante un rang de Potirons semés sur couche en avril.

N. 36. Vers la fin du mois ou au commencement de juin, on plante quatre rangs de Choux de Poméranie semés vers la fin d'avril.

N. 51, 52, 53 et 54. On plante entre chaque rang d'Artichauts un rang de Choux de Bruxelles semés vers la fin d'avril.

Jardin fruitier.—Il faut, outre les travaux généraux, que le jardinier veille à maintenir l'équilibre entre les différentes parties de ses arbres et à favoriser leur développement.

On commence l'ébourgeonnement; on donne les premiers binages, et l'on commence à greffer en écusson à œil poussant.

Jardin d'agrément.—Planter les derniers Magnolias à feuilles persistantes.

Dans la seconde quinzaine du mois, planter les Dahlias; mais il n'y a pas avantage à les planter plus tôt, car il arrive souvent qu'ils ne donnent plus de fleurs dès le mois de septembre, époque de leur beauté.

Commencer à faire faucher les gazons, qui, à partir de cette époque, devront être coupés le plus souvent possible; car, pour avoir de beaux gazons, il faut éviter de les laisser monter en graines.

C'est le moment de mettre en pleine terre les Érythrines, Balisiers, Pélargoniums zonale, Héliotropes, Calcéolaires, Coléus, Pétunias, Verveines, Chrysanthèmes à fleurs blanches, etc.

Tailler les Lilas et les Ribes sanguineum aussitôt qu'ils sont défleuris, car il n'y a de belles fleurs que sur le jeune bois.

Replanter en bordure les Amaryllis jaunes.

Semer des Giroflées quarantaines, puis des Giroflées grosse espèce, et que l'on repiquera en pépinière vers la fin de juin; et en septembre on les relèvera pour les planter en pots.

Serres.—Sortir les plantes de l'orangerie et une partie des Pélargoniums (on laissera les plus avancés dans la serre), et au moment où les premières fleurs commenceront à s'épanouir, on les rentrera, afin de jouir de toute la beauté de leur floraison, qui se prolonge pendant tout le mois, et quelquefois pendant la première quinzaine de juin. Durant le milieu de la journée, il faut étendre une toile sur la serre, afin de protéger les fleurs contre l'ardeur du soleil.

Vers le 15, on sort les Orangers, et quelques jours plus tard les plantes de serre chaude qui peuvent passer dehors quatre mois de l'année. On procède au rempotage, et on replace dans la serre les plantes qui ne peuvent pas rester à l'air libre sous le climat de Paris.

On enlève les châssis des serres tempérées, et on découvre les bâches à Camélias, Rhododendrons, etc.

JUIN.

Hauteur moyenne du baromètre, 756 mill. 966.
Température moyenne, maximum +21°,19.
  minimum +14°,42.
Quantité de pluie, 54 mill. 34.
État de l'hygromètre, 67°,5.

Travaux généraux.—Nous renvoyons à chacune des parties qui traitent de la culture propre à ce mois pour tous les travaux à faire. Maintenir la propreté par des sarclages, des binages et des ratissages; ne pas ménager les arrosements quand le temps est sec; faire la chasse aux animaux et aux insectes nuisibles: tels sont les soins généraux qui appellent l'attention du jardinier.

Jardin potager. Couches.—Dans ce mois, on peut se passer de faire de nouvelles couches, les plantes réussissent bien en pleine terre; on enlève les coffres et les châssis, et après la récolte des Melons plantés n. 1, on plante deux rangs de Choux-fleurs semés en mai; puis de la Chicorée ou de la Scarole semée sur couche dans la première quinzaine de mai.

Pleine terre.—On sème de la Chicorée de Meaux et de la Scarole, de la Raiponce, des Choux de Vaugirard et des Choux-fleurs pour l'automne, de la Ciboule et du Poireau pour l'hiver.

On continue de semer des Brocolis, des Choux de Milan et de Bruxelles, des Carottes hâtives, du Céleri turc, des Radis roses, des Radis de Madras et des Radis noirs, des Laitues, des Romaines, des Navets, de l'Oseille, du Pourpier, du Cerfeuil, du Cresson alénois, des Pois et des Haricots; c'est même le moment de semer tous ceux que l'on veut mettre en filet.

Dans la première quinzaine, on repique au n. 21 quatre rangs de Romaines (semées dans la seconde quinzaine de mai), et, dans la seconde quinzaine, on repique dans la Romaine trois rangs de Poirée à cardes (semée dans les premiers jours du mois), que l'on met à 0m,50 sur la ligne.

N. 18. On plante quatre rangs de Laitue semée dans la seconde quinzaine de mai.

N. 31. On sème des Navets.

N. 30. On sème des Haricots.

Dans la seconde quinzaine, on contre-plante dans la Chicorée plantée n. 15 quatre rangs de Céleri turc semé dans les premiers jours de mai.

N. 14. On repique quatre rangs de Scarole semée sur couche dans les premiers jours du mois, et quelques jours plus tard, on contre-plante des Choux-raves semés vers la fin de mai.

Vers la fin du mois ou dans les premiers jours de juillet, on sème au n. 29 de la Chicorée de Meaux immédiatement en place.

Dans le courant du mois, on coupe les pétioles de Rhubarbe pour en faire des confitures.

On récolte les graines de Cerfeuil, de Cresson alénois, de Mâches, etc.

Jardin fruitier.—On commence le palissage de la Vigne et des arbres en espalier, pour ne le terminer que vers la fin de la saison.

On continue l'ébourgeonnage, le pincement et la suppression des bourgeons inutiles, seul moyen d'avoir des arbres toujours beaux et d'un produit assuré.

On pince le bouton terminal des Figuiers, afin d'en assurer la fructification. Vers la fin du mois, ou au commencement de juillet, on taille les Mûriers dont les feuilles ont servi à l'éducation des vers à soie.

Jardin d'agrément.—On fauche les gazons, on bine les plates-bandes et les massifs, on arrose les plantes annuelles et vivaces, on met des tuteurs aux Dahlias, Roses trémières, etc.

Greffer en écusson toutes les variétés de Rosiers.

Tailler dans le courant du mois les Glycines de la Chine, qui prennent un trop grand développement.

Repiquer en pépinière les Œillets de semis, rempoter les Chrysanthèmes plus grandement et les rabattre; relever les Amaryllis Belladones, et les replanter peu de temps après.

Semer les Roses trémières, Croix-de-Jérusalem, Digitales, Campanules, Corbeilles d'or, Delphinium, Œillets de poète, Myosotis alpestris, Lin vivace, Primevères et toutes les plantes vivaces propres à garnir le jardin d'agrément.

Serres.—Sortir les Pélargoniums de la serre aussitôt qu'ils sont défleuris, les déposer pendant quelques jours à une exposition ombragée, ensuite les placer dans une position bien aérée; et, pour que la terre des pots se dessèche moins, on les enterre, à peu près à moitié. Si l'on ne veut pas enlever les châssis de la serre aux Pélargoniums, on pourra la regarnir avec des Lauriers-roses doubles, dont la floraison sera plus belle et plus certaine qu'à l'air libre.

JUILLET.

Hauteur moyenne du baromètre, 756 mill. 193.
Température moyenne, maximum +21°,19.
  minimum +16°,99.
Quantité de pluie, 47 mill. 21.
État de l'hygromètre, 68°,2.

Travaux généraux.—Les mêmes qu'en juin. Redoubler d'activité et de soins, car toutes les parties du jardinage sont d'une égale importance, et réclament la sollicitude du jardinier.

Jardin potager.Couches. Dans la première quinzaine, on enlève le fumier de la couche n. 2, on remplit la tranchée avec la terre qu'on en avait tirée, on laboure le tout, et, après avoir dressé le terrain, on plante des Choux-fleurs semés dans la seconde quinzaine de juin; puis on contre-plante de la Chicorée ou de la Scarole semée dans la première quinzaine de juin.

N. 3. Dans la seconde quinzaine, on enlève également le fumier de la couche, et, comme au n. 2, on remplit la tranchée et on plante des Choux-fleurs semés dans la première quinzaine du mois; et on contre-plante de la Chicorée ou de la Scarole semée dans la première quinzaine du mois.

Pleine terre.—On fait les derniers semis de Choux de Milan, Carottes, Chicorées, Scaroles, Laitues romaines, et on continue de semer des Navets, de la Raiponce, des Radis roses, des Radis queue-de-rat, du Pourpier doré, du Cerfeuil, enfin tout ce qui peut arriver à maturité avant l'hiver.

N. 18. Dans les premiers jours du mois, on contre-plante dans la Laitue de la Chicorée ou de la Scarole semée dans la première quinzaine de juin; puis on plante de chaque côté de la planche un rang de Choux de Vaugirard semés dans la seconde quinzaine de juin.

N. 20. On sème de la Raiponce. Dans la seconde quinzaine, on plante au n. 16 quatre rangs de Romaine blonde ou de Laitue semée dans la première quinzaine du mois, et on contre-plante deux rangs de Choux-fleurs semés dans la première quinzaine de juin.

On récolte les graines d'Oseille, d'Épinard, de Choux, de Pois, de Salsifis, de Scorsonère, etc.

Jardin fruitier.—Visiter les espaliers, maintenir l'équilibre entre les différentes parties des arbres, palisser, ébourgeonner, découvrir sans les dégarnir les fruits dont on veut accélérer la maturité.

Pendant les fortes chaleurs, arroser les Pêchers, au pied, et le soir seringuer les feuilles.

De la fin du mois à la mi-septembre, greffer en écusson à œil dormant les Cerisiers, Pruniers, Pêchers, Abricotiers, Poiriers et Pommiers.

Jardin d'agrément.—Commencer à ébourgeonner les Dahlias; planter les Lis à 0m,15 ou 0m,20 de profondeur aussitôt qu'ils seront défleuris.

Retirer les Renoncules, Anémones, Narcisses, Jonquilles, dès que les feuilles seront desséchées.

Semer les Lupins vivaces aussitôt la maturité des graines; à l'automne, les repiquer en pots, que l'on mettra dans l'orangerie ou sous châssis pour passer l'hiver, et au printemps on les met en pleine terre.

Vers la fin du mois ou au mois d'août, marcotter les Œillets et commencer à greffer les Rosiers en écusson à œil dormant.

Serres.—Les plantes de serre sont presque toutes dehors et n'exigent que des arrosements. Il faut donner du grand air à celles qui sont restées dans la serre, les abriter contre les rayons solaires et les arroser au besoin.

CHAPITRE III.
Instruments de jardinage.

Tous les instruments indiqués dans ce chapitre sont indispensables pour cultiver un jardin; et, quoique nous ne cherchions nullement à constituer en frais ceux qui puiseront des renseignements dans notre livre, nous leur conseillons de s'en procurer la plus grande partie, afin de simplifier les opérations.

§ I.—Outils propres aux labours et plantations.

Bêche de Soissons.—La lame est un peu évidée au milieu; elle a 0m,27 de longueur sur 0,20 de largeur en haut, et 0m,16 en bas. Au lieu d'avoir une douille, la lame est fixée au manche au moyen de deux chevilles rivées.

Bêche de Senlis.—Le manche a 1 mètre de longueur, non compris la partie enfoncée dans la douille; le fer a 0m,30 de hauteur, 0m,22 de largeur en haut et 0m,18 en bas.

Binette.—La binette est une petite houe dont la lame n'a guère que 0m,16 de longueur sur 0m,12 de largeur. Elle sert à remuer la terre entre les plantes dont les rangs sont un peu écartés, ainsi qu'à faire les trous pour planter les Haricots et les Pommes de terre.

Binette à croc.—Cette binette, dont la lame est double, offre un tranchant d'un côté et de l'autre deux longues dents.

Hoyau.—Outil destiné à faire les tranchées, arracher les arbres et préparer au labour à la bêche les terres compactes. Le manche a 0m,76, et la lame, qui forme avec le manche un angle droit, 0m,32.

Houlette.—La houlette est une petite bêche dont la lame, longue d'environ 0m,15, large de 0m,10, est repliée cylindriquement sur ses côtés: elle est destinée à relever les plantes en mottes.

Pioche ou Tournée.—Cet instrument est particulièrement employé pour les travaux de terrassement; on s'en sert utilement pour faire les trous et déplanter les gros arbres.

Plantoir.—Pour faire un plantoir, on choisit une branche d'arbre recourbée à son extrémité, puis on effile la partie qui doit être enfoncée en terre, et pour lui donner plus de durée et de pénétrabilité, on la fait garnir de fer ou de cuivre.

Traçoir trident.—L'avantage de cet instrument est d'éviter de déplacer le cordeau autant de fois qu'il faut de rayons dans une planche. Pour tracer six rayons, il suffit de tendre deux fois le cordeau, et pour cinq une seule fois, en le plaçant au milieu de la planche. On peut faire les rayons plus ou moins écartés, car les deux branches latérales sont fixées dans le bas au moyen d'une charnière, et sur la traverse par une petite cheville mobile, qui permet de les éloigner ou de les rapprocher selon le besoin.

Ciseaux à tondre.—Ce sont de grands ciseaux de 0m,40 de longueur, dont les manches forment avec la lame un angle très-ouvert; ils servent à tondre les haies, les gazons, les bordures, etc.

Les lames doivent avoir du jeu et ne pas être serrées par un écrou. Pour s'en servir il faut, au moyen d'efforts en sens opposé, presser les lames l'une contre l'autre.

Rateau simple à dents de fer.—Il sert à nettoyer les allées, à unir la surface du terrain nouvellement labouré, puis à recouvrir légèrement les semis. Il faut en avoir au moins deux, l'un d'environ 0m,30, et l'autre de 0m,45.

Ratissoire à pousser.—Manche, 1m,40 de longueur; lame, 0m,20.

Ratissoire à tirer.—Employée dans les parties où la terre est le plus dure. La lame, qui a 0m,20 de largeur, est faite avec un morceau de vieille faux. Le manche a 1m,15 de longueur.

Rouleau.—Le rouleau est un gros cylindre en fonte ou en pierre, muni à chaque extrémité d'une oreillette arrondie, tournant comme un essieu dans une boucle de fer; on l'emploie avec avantage pour rouler les terres et les gazons.

Sarcloir.—Cet instrument sert à sarcler entre les plantes qui ne sont pas semées trop dru. Sa longueur totale est de 0m,25.

§ II.—Outils propres aux transports.

Brouette a coffre.—Les proportions d'une brouette sont: longueur, 1m,50 à 1m,60; largeur du coffre, 0m,50 à 0m,55; écartement des bras à leur extrémité, 0m,65; diamètre extérieur de la roue, 0m,48.

Crochet pour le transport des caisses.—Ces crochets sont en fer, et l'une des extrémités forme une boucle dans laquelle on passe un brancard de 2 mètres de longueur; à l'aide de ces crochets, deux hommes transportent facilement des caisses très-pesantes.

Diable.—Cet appareil est indispensable pour entrer et sortir les caisses qu'il est impossible de transporter avec les crochets. Pour les enlever, on approche l'appareil de manière à engager les mentonnets sous la caisse; on cale les roues, et l'on appuie sur la flèche de manière que la caisse se trouve placée obliquement; on peut alors la diriger facilement partout où l'on veut.

Fourche ordinaire.—Cet instrument sert à faire les couches, à transporter les fumiers et à herser les planches du potager.

Hottereau (on prononce Hottriau).—Il sert au transport des fumiers et du terreau. Dans les jardins maraîchers, il remplace la brouette.

Pelle de bois.—Comme cet instrument est à peu près partout le même, nous croyons inutile d'en donner les proportions; il sert à enlever les terres et terreaux, à les amonceler, etc.

§ III.—Instruments servant aux arrosements.

Arrosoir à pomme.—Cet instrument, qui doit être en cuivre pour avoir plus de durée, contient environ dix litres d'eau.

Arrosoir à bec pour mouiller dans les serres. Il doit être au moins un tiers plus petit que l'arrosoir à pomme.

Pour arroser les semis et les boutures, on met la pomme à la place du bec de prolongement.

Pompe à main et à jet continu, de M. Petit.—Cet instrument, qui lance l'eau à 5 et 6 mètres de hauteur, sert à arroser les arbres trop élevés pour qu'on puisse se servir de la seringue.

Seringue pour laver la tête des arbres et les plantes d'orangerie et de serre. Sa longueur totale est de 0m,50.

§ IV.—Instruments propres à la taille et à l'élagage des arbres.

Croissant.—On se sert de cet instrument, dont la lame est placée à l'extrémité d'un manche plus ou moins long, pour élaguer les arbres et écheniller; mais on lui substitue avec avantage pour ce dernier objet l'échenilloir, dont la manœuvre est bien moins fatigante.

Coupe-bourgeons.—Espèce de sécateur à lames courbes, qui sert à ébourgeonner et facilite cette opération.

Échenilloir.—On peut, dans certaines circonstances, remplacer cet instrument par le croissant; mais celui-ci est toujours moins commode.

Sécateur.—Le choix de cet instrument est d'une grande importance; car s'il est mal fabriqué, il écorche les branches et nuit à la végétation de l'arbre. Son avantage sur la serpette est de faciliter la taille; mais il ne peut lutter dans toutes les circonstances avec ce dernier instrument, qui fait toujours des plaies plus nettes.

Scie à main, destinée à enlever les branches qu'on ne peut couper au sécateur. Sa longueur totale est de 0m,25.

Égohine, servant à couper les branches dans les endroits où la scie à main ne peut passer.

Serpette.—On en fait de différentes dimensions; mais les plus généralement employées ont un manche d'environ 0m,12, de longueur, et la lame de 0m,08 à 0m,09.

Serpe.—Elle sert à abattre les grosses branches, faire les pointes des pieux et des tuteurs, etc.

CHAPITRE IV.
Défoncements et Labours.

Lorsqu'on établit un jardin neuf, il faut commencer par se rendre compte de l'état et de la profondeur du terrain, ce qui est essentiel surtout si l'on a des plantations d'arbres à opérer.

Si la couche supérieure de terre est mauvaise ou depuis très-longtemps en culture, et que la fertilité se trouve épuisée, il faut faire défoncer.

Si, comme il arrive souvent, le terrain est couvert d'herbes élevées, il faut les arracher, les réunir en tas et les brûler, quand elles sont assez sèches. On en étendra les cendres sur le terrain après le défoncement, que l'on fera en automne ou en hiver de la manière suivante: À une des extrémités du terrain, l'on ouvrira une tranchée de 1m,60 à 2 mètres de largeur (appelée jauge). Assez ordinairement, il suffit d'enlever deux fers de bêche, et l'on pioche le fond de la tranchée avant de la remplir. Il y a des terrains où il faut cependant défoncer beaucoup plus profondément. On divisera le terrain en deux, trois ou quatre parties, selon le nombre d'ouvriers. On déposera la terre de la première tranchée au bout où l'on doit terminer, ce qui servira à combler le vide de la dernière. On remplacera successivement chaque tranchée par une autre de même longueur, en ayant soin de mettre la terre du fond à la superficie.

Il faudra enlever les parties de mauvaise terre et les pierres, que l'on mettra dans les grandes allées, dont on enlèvera toute la bonne terre.

Le défoncement terminé, on donnera un bon coup de fourche pour briser les mottes de terre et unir la superficie du terrain; puis on passera le râteau pour enlever les pierres, qui serviront encore à remplir les allées.

1. Labours.—Dans les terres légères, on fera annuellement un profond labour pendant les belles journées d'hiver; quant aux terres compactes et humides, il faudra en automne les relever par chaînes, c'est-à-dire enlever la terre de la surface du sol, et la réunir en monticules, ou mieux en lignes parallèles. Les gelées les ressuieront, et au printemps elles seront beaucoup plus faciles à cultiver.

Dans les jardins, les labeurs se font à la bêche. Avant de commencer, on enlèvera de la terre de manière à former une jauge d'un bon fer de bêche de profondeur (0m,25 à 0m,30 environ), de 0m,30 à 0m,35 de largeur, et de la longueur du travers d'une planche pour un homme seul.

Si l'on doit labourer deux planches à côté l'une de l'autre, on déposera la terre de la jauge sur celle d'à côté et sur le même bout.

Si l'on n'en a qu'une, on la déposera au bout où l'on doit terminer, de manière à avoir de quoi remplir la dernière jauge. Comme c'est aussi à cette époque qu'on enterre le fumier, l'on devra auparavant l'étendre bien également sur tout le terrain, ce qui permet souvent de labourer par les gelées; sans cette précaution, le froid durcirait la surface du sol et empêcherait tout travail.

On labourera à reculons en prenant la terre par bêchée, que l'on replacera sur l'autre bord de la jauge, en la retournant chaque fois de manière que celle du fond se trouve en dessus, puis on poussera du fumier dans chaque jauge, en ayant soin de ne pas l'enterrer trop profondément, afin qu'il se trouve à la portée des racines. On brisera bien les mottes de terre avec la bêche, et l'on jettera de côté les pierres que l'on rencontrera.

Il faut surtout avoir soin, en labourant, de mettre la terre des sentiers dans la planche, car elle aura eu une année de repos. Pour les labours d'hiver, il ne faut pas trop unir la superficie du terrain; seulement, quand il faudra planter ou semer, on l'égalisera à la fourche.

On procédera pour toute l'étendue du jardin comme nous l'indiquons, en maintenant toujours une jauge de même largeur.

En labourant au pied des arbres, on ne saurait prendre trop de précautions pour ne pas en blesser les racines.

Toutes les fois que l'on voudra faire succéder une culture à une autre, il faudra labourer le terrain, mais pas aussi profondément qu'en hiver, et avoir soin d'arracher auparavant les mauvaises herbes, dont les graines germeraient promptement une fois enterrées. Dans les terrains extrêmement maigres, où il est toujours nécessaire de mettre quelque engrais, il ne faut l'employer que très-consommé.

2. Sarclage.—Le sarclage consiste à faire disparaître du sol les plantes et les mauvaises herbes étrangères à la culture. Cette opération se fait à la main, et exige une certaine pratique afin de distinguer au premier coup d'œil les plantes qu'il faut enlever de celles qui doivent être conservées. On conçoit que ce travail doit offrir beaucoup de difficultés lorsque la terre est sèche: c'est pourquoi, dans ce cas, il faut avoir soin de bassiner, une heure au moins avant de commencer cette opération, les planches qui ont besoin d'être sarclées.

3. Binage.—Le binage est une opération non moins nécessaire aux plantes potagères que le sarclage; elle a lieu à l'aide de la binette, et, suivant le besoin, avec la lame ou avec les dents.

Le binage a pour but de diviser la surface du sol, afin de rendre la terre perméable aux influences atmosphériques et aux arrosements. Dans quelques circonstances (par exemple, pour les plantes repiquées), le binage peut remplacer le sarclage, et quelquefois alors on peut, au lieu de la binette, employer la ratissoire.

CHAPITRE V.
Fumier et Engrais.

Nous n'aurons à parler que des engrais les plus communs; les autres, tels que la raclure de corne, le noir animal, le sang desséché, la poudre d'os, le guano et l'engrais perazoté, n'étant guère employés que dans la grande culture.

Ceux que nous conseillons, et qu'il est le plus facile de se procurer, sont les débris végétaux en état de décomposition. On peut se servir encore de la vase des étangs et des balayures des rues, qui sont également de bons engrais, mais seulement après être restées longtemps en tas, avoir été remuées plusieurs fois pendant l'hiver et mûries par les influences de l'atmosphère. Le marc des Raisins et des Poires à cidre est aussi très-bon, quand il est resté assez longtemps en tas pour qu'on n'ait plus à craindre que les graines germent une fois en terre.

La fiente du pigeon ou colombine et celle de poule ne devront être employées que très-sèches et réduites en poussière, et, comme la poudrette, semées légèrement à la volée, et cela seulement dans les terres fortes. Ces fumiers ne peuvent être employés que dans des circonstances souvent fort limitées, tandis que ceux qui proviennent de la litière mêlée à l'urine et aux excréments d'animaux domestiques se trouvent partout en abondance; ils présentent entre eux des différences que nous allons signaler. Les fumiers les plus chauds sont ceux de cheval, de mulet, d'âne et de mouton; les plus compactes et les plus froids sont ceux de bœuf, de vache et de porc.

Quel que soit le fumier que l'on emploie, nous pensons qu'il ne doit être enterré qu'après sa fermentation, sans attendre cependant qu'il soit entièrement consommé; frais, il n'agit pas comme engrais, mais comme amendement; aussi, dans les terres fortes, humides et froides, qu'il est nécessaire de diviser, on n'emploiera jamais que des fumiers non consommés. Un autre inconvénient de ces fumiers est de renfermer encore des graines dont la fermentation n'a pu détruire le principe germinatif et qui couvrent promptement le sol de mauvaises herbes.

Pour les terres légères et brûlantes, qu'il est nécessaire de lier, on emploiera du fumier de vache; à défaut de celui-ci, on en prend un autre; mais alors on ne doit l'employer qu'à moitié consommé.

C'est en hiver et dans les premières gelées qu'il faudra étendre le fumier dans tous les endroits où on doit l'enterrer. Quel que soit l'engrais dont on se sert, on doit en mettre tous les ans et le plus possible, surtout pour les planches de potager qui sont toujours en culture.

Les fumiers et les feuilles presque consommés provenant des vieilles couches seront réservés pour étendre chaque année comme paillis sur les plates-bandes et sur toutes les parties en culture, ce qui est encore un bon engrais; mais il faudra s'abstenir de mêler à ces fumiers les sarclures du jardin avant leur réduction complète en terreau.

Les engrais doivent être enterrés assez tôt pour qu'ils aient eu le temps de se consommer avant que les racines des plantes puissent les atteindre, surtout les racines charnues. Certaines plantes potagères, telles que le Poireau et l'Oignon, réussissent mieux dans une terre fumée de l'année précédente.

CHAPITRE VI.
Des Arrosements.

L'eau étant un des principaux agents de la végétation, elle est indispensable dans un jardin. Quand on n'a pas un cours d'eau dont on puisse disposer à son gré, il est nécessaire de s'en procurer par tous les moyens possibles.

Les eaux pluviales, plus salutaires à la végétation que toutes les eaux qui coulent à la surface du sol, doivent être recueillies avec soin; à cet effet, on devra garnir de gouttières toutes les toitures, de manière à n'en pas laisser perdre. Elles seront reçues dans un réservoir placé à une certaine élévation, ce qui facilitera les moyens de distribuer l'eau par les tuyaux dans toutes les parties du jardin.

À défaut d'eau courante ou jaillissante, on sera obligé d'avoir recours à l'eau de puits. Dans cette circonstance, il faudra se préoccuper du meilleur moyen de la tirer; car il est déplorable que dans beaucoup de localités on soit encore réduit à la nécessité de se servir de la corde et des seaux, exercice aussi long que fatigant; tandis qu'avec une pompe à manége à triple effet, on peut facilement se procurer 12 à 1,500 litres d'eau par heure. Il est vrai que pour cela il faut avoir un cheval, et que beaucoup de gens se préoccupent si peu du sort de leur jardinier, qu'ils aiment mieux laisser leurs chevaux à l'écurie que d'en mettre un à sa disposition quelques heures chaque jour pendant les mois d'été; ce qui cependant serait très-avantageux, car l'eau des puits contient presque toujours du carbonate et souvent du sulfate de chaux: sur quelques points même, ces substances sont tellement abondantes que l'eau dépose sur le sol et sur les feuilles des plantes une couche de sels calcaires qui ne permettent plus aux racines de jouir des influences atmosphériques et aux feuilles de remplir leurs fonctions physiologiques, ce qui occasionne quelquefois la perte des cultures, ou le plus souvent un état de langueur non moins préjudiciable. Dans ce cas, il est de toute nécessité d'avoir un réservoir pour que l'eau ne soit employée que quelques heures après avoir été tirée, ce qui permet aux substances malfaisantes qu'elle contient de se déposer. Il y a aussi avantage à laisser l'eau s'échauffer au soleil; car pour l'arrosement des plantes délicates ou de celles cultivées sur couches, l'eau ne devrait jamais avoir moins de 8 à 10 degrés de température. Il n'en est pas de même, il est vrai, pour les gros légumes; il faut au contraire employer l'eau aussitôt qu'elle est tirée du puits, car autrement elle activerait trop leur végétation, et ils ne pourraient alors acquérir tout leur développement.

On peut augmenter la fertilité du sol en faisant des arrosements avec de l'eau mêlée de purin ou jus de fumier, de bouse de vache, de crottin de mouton ou de toutes autres substances animalisées. La colombine, la poudrette et le guano employés à petites doses, 3 ou 4 kilogrammes environ par hectolitre d'eau, constituent également un bon engrais liquide, avec lequel on peut, pendant l'été, arroser les plantes cultivées en pots ou en pleine terre une fois chaque semaine. La quantité et la fréquence des arrosements ne peuvent pas être déterminées d'avance; nous nous bornerons à dire qu'ils devront être plus ou moins abondants, suivant la température et la nature du terrain.

Pour que les plantes profitent le plus possible des arrosements pendant les journées chaudes de juin, juillet et août, on n'arrosera que dans l'après-midi; au printemps et à l'automne, où les nuits sont ordinairement fraîches, on les arrosera le matin.

Les arrosoirs dont on se servira le plus fréquemment, et particulièrement pour mouiller les semis et les plantes récemment repiquées, sont à pomme; les arrosoirs à bec serviront pour mouiller les plantes en pots. On ajoutera la pomme pour mouiller au pied les plantes délicates et nouvellement repiquées.

CHAPITRE VII.
Des Couches.

Dans les contrées septentrionales, où la végétation est suspendue par le froid pendant un temps plus ou moins long, le jardinier a recours à des moyens artificiels pour suppléer à la chaleur du soleil et obtenir des produits prématurés. Il est même impossible, dans le jardin le plus humble, de se passer d'une couche, ne fût-ce que pour semer certaines graines de fleurs ou de légumes qui ne peuvent réussir en pleine terre ou ne donnent que des produits tardifs.

I. Couches pour primeurs.—Les couches doivent toujours être à l'exposition du sud, et l'emplacement sur lequel on les établira sera creusé de 0m,20 environ. L'épaisseur qu'on devra leur donner dépend de plusieurs circonstances: 1o Celles qu'on fait en décembre, janvier et février doivent être plus épaisses qu'à toute autre époque de l'année; 2o Sur un sol froid et humide, elles doivent être plus épaisses que sur un sol sablonneux; 3o Plus elles sont étroites, plus on leur donnera d'épaisseur. On les fait ordinairement de 1m,30 de largeur, plus un sentier de 0m,40 qu'on laisse entre chacune et qu'on remplit de fumier; pour entretenir et ranimer la chaleur, on entoure les couches de réchauds de fumier neuf, qu'on renouvelle de temps à autre.

Pour faire les couches, on emploie de préférence du fumier de cheval neuf, c'est-à-dire celui qui sort de l'écurie: plus il est imbibé d'urine, mieux il convient. On le mélange de moitié feuilles d'arbres, de marc de raisin ou d'un tiers de fumier provenant des anciennes couches. La chaleur est moins forte qu'avec du fumier seul, mais elle se soutient beaucoup plus longtemps, est plus régulière, et l'on a moins à craindre un développement de chaleur excessif, qui occasionnerait quelquefois la perte des jeunes plantes. On pourrait même, à défaut de fumier, se contenter de feuilles ou de marc de raisin. On n'emploiera guère le fumier neuf seul que pour les réchauds et quelques semis, tels que les Melons.

Avant de commencer à monter une couche, il faut, pour mélanger les fumiers bien également, les déposer le plus près possible de la place qu'elle doit occuper. On monte la couche en allant toujours à reculons, en ayant soin de bien mélanger à la fourche les parties sèches avec celles qui sont le plus imprégnées d'urine, et de répartir également le crottin. Les bords de la couche doivent être montés verticalement; et dès qu'on a formé un lit de fumier, on le mouille plus ou moins, suivant le besoin, avec l'arrosoir à pomme, de telle sorte que tout soit assez humide pour produire une fermentation prolongée et éviter que le fumier ne se dessèche au centre, ce qui pourrait compromettre le résultat de l'opération. Pour donner à la couche une densité égale sur tous points, on la foule avec les pieds et le dos de la fourche; puis on rapporte du fumier dans les endroits creux, pour que l'épaisseur en soit régulière. On en fait autant à chaque lit, et cela jusqu'à ce que la couche soit arrivée à la hauteur voulue; après quoi on remplit les sentiers et l'on pose les coffres qui, par leur dimension, ont l'avantage de se placer où l'on veut et de suivre l'affaissement de la couche. Une fois les coffres placés, on charge la couche de terreau; puis on pose les panneaux, qu'il faut tenir couverts pendant quelques jours pour faciliter la fermentation. Avant de semer ou de planter sur une couche nouvelle, il est prudent d'attendre que la première chaleur se soit modérée. Si, malgré cette précaution, il arrivait qu'il se développât une trop forte chaleur, il faudrait s'empresser d'écarter les réchauds du coffre; et si cela ne suffisait pas, on verserait quelques arrosoirs d'eau autour de la couche, de manière à la refroidir.

Fig. 2.—Thermosiphon.[2]

Thermosiphon.—En quelques circonstances, on peut remplacer les couches du fumier par le chauffage au thermosiphon. Pour cela, on fait assez ordinairement une couche très-mince, afin de garantir les plantes de l'humidité du sol; puis on fait circuler les tuyaux au-dessus de la couche. On peut aussi établir un plancher en bois, sous lequel on fait circuler les tuyaux du thermosiphon; mais les plantes cultivées sur ce plancher exigent de trop fréquents arrosements; c'est pourquoi nous pensons qu'il serait mieux (pour les cultures où il serait nécessaire de chauffer le sol) de faire circuler les tuyaux dans les sentiers, c'est-à-dire entre les coffres; et dans ce cas on les couvrirait avec des planches et de la paille, ou tout autre mauvais conducteur du calorique. Ce qui nous fait croire que ce moyen serait applicable à la culture des légumes forcés sous panneaux, c'est que, pour certaines cultures, c'est seulement au moyen de réchauds qu'on obtient la chaleur nécessaire aux besoins des plantes.

II. Couches sourdes.—Ce n'est guère qu'en avril qu'on commence à faire usage de ces sortes de couches. Pour les établir, on fait une tranchée de 0m,75 à 1 mètre de largeur et d'environ 0m,35 de profondeur.

On emploie pour les faire les mêmes matériaux que pour les précédentes; on leur donne 0m,60 à 0m,80 d'épaisseur; elles doivent être légèrement bombées au milieu.

On les charge de terreau ou de bonne terre, suivant le genre de culture qu'on y doit faire; puis on les couvre d'un lit de fumier long pour y concentrer la chaleur.

1. Réchaud.—Pendant toute la durée des froids, c'est-à-dire depuis la fin de novembre jusqu'à la mi-avril, il est nécessaire d'entretenir ou de ranimer la chaleur des couches, et cela sans les refaire. On arrive à ce résultat au moyen de réchauds, ce qui consiste, comme nous l'avons dit précédemment, à remplir de fumier neuf ou recuit les sentiers qui circulent autour des couches, et à remanier tous les quinze jours ou toutes les semaines; enfin, suivant le besoin, on y ajoutera chaque fois une partie de nouveau fumier. En cela, il faut avoir égard à l'état de l'atmosphère, c'est-à-dire que s'il fait sec, il faut employer du fumier humide, et si le temps est humide, du fumier sec; puis il faut avoir soin de les couvrir de paillassons pendant les mauvais temps, afin de concentrer la chaleur.

2. Ados.—Les ados sont un moyen sûr et économique de favoriser la culture des primeurs: les plantes y réussissent mieux que sur un terrain horizontal. Ils consistent en une pente de 1m,33, tournée du côté du soleil.

Pour établir un ados, on procède de la manière suivante: après avoir fait choix d'un emplacement favorable, on donne un bon labour au sol, en ayant soin d'enlever par devant la terre nécessaire pour recharger le derrière d'environ 0m,20; après quoi on unit le terrain; puis on étend sur le tout environ 0m,10 de terre mêlée de terreau.

Ces ados servent premièrement à semer des Radis, et ensuite on place trois rangs de cloches pour faire des semis de salade et repiquer les jeunes plants.

CHAPITRE VIII.
Multiplication des plantes.

Nous comprenons sous ce titre la série des opérations qui ont pour objet de multiplier les végétaux; mais nous n'avons donné à chacune d'elles qu'une étendue proportionnée à la difficulté réelle qu'elles présentent. Nous invitons nos lecteurs à lire attentivement ce chapitre pour se bien pénétrer des principes qui y sont exposés; et, en suivant fidèlement nos prescriptions, on arrivera à acquérir l'habileté manuelle nécessaire pour compter sur un succès certain.

§ I.—Semis.

Quel que soit le mode de semis, la préparation du sol est une opération préalable de la plus haute importance; ainsi le terrain doit être labouré avec soin, de manière que les mottes soient bien divisées, et, après le labour, on herse à la fourche et on enlève avec le râteau les pierres et les mottes qui sont à la surface.

La plus grande partie des graines potagères peuvent être semées au printemps; puis, successivement, à des intervalles calculés sur la durée de la végétation de chaque plante. À l'exception de quelques salades, il ne faut pas semer plus tard que le mois de juillet les légumes qui doivent être consommés dans la même année; il est donc nécessaire, avant de semer, de connaître non-seulement la durée de la germination des graines, mais encore le temps qu'il faudra attendre pour que les plantes aient atteint leur entier développement. On doit ensuite avancer ou reculer l'époque du semis en raison de la nature du terrain; car, plus la terre est froide et humide, plus il faut semer tard et moins les graines doivent être recouvertes; et plus les graines sont fines, moins il faut les enterrer; il suffit même, pour quelques-unes, de répandre dessus un peu de terreau après les avoir hersées et foulées; d'autres ne doivent pas être recouvertes, mais seulement ombragées avec un peu de litière.

Il y a deux modes principaux de semis: les semis sur couche et les semis en pleine terre.

I. Semis sur couche.—Comme il est souvent nécessaire de faire des semis à une époque où la température ne permet pas de livrer les graines à la pleine terre, il faut alors semer sur couche. Bien que la chaleur de la couche doive varier suivant les différentes espèces de graines, on peut dire que 12 à 15 degrés paraissent être la température la plus favorable (excepté pour les Melons, les Aubergines et la Chicorée, qui exigent plus de chaleur); car toutes les graines potagères que nous avons soumises à cette température ont parfaitement réussi.

L'exécution des semis sur couche ne diffère en rien de celle des semis de pleine terre, c'est-à-dire que les graines doivent toujours être recouvertes en proportion de leur plus ou moins de finesse. Ces semis réussissent souvent beaucoup mieux que ceux de pleine terre, et cela parce qu'on est le maître de modifier à son gré les conditions de température, de lumière et d'humidité nécessaires au parfait développement des graines.

II. Semis en pleine terre.—Ces semis se font à la volée, en lignes ou rayons, et en pochets.

1. Semis à la volée.—La terre étant préparée, comme il a été dit plus haut, on amène avec le râteau un peu de terre fine sur les bords de la planche, puis on prend une poignée de graines, et on la répand sur le sol en la laissant passer entre les doigts par un mouvement d'arrière en avant vif et régulier. Afin de semer plus également et de ne pas répandre de graines dans les sentiers, on sème la largeur de la planche en deux fois, en commençant par les bords. Lorsque les graines sont bonnes, il ne faut pas semer trop épais, afin d'avoir des plants vigoureux; et si, malgré cette précaution, ils étaient trop drus, il faudrait les éclaircir à la main. Comme il est extrêmement difficile de ne pas semer trop épais les graines fines, on peut, pour éviter cet inconvénient, les mêler avec du sable ou de la terre fine bien sèche. Après le semis, il faut herser le terrain légèrement avec la fourche, puis fouler un peu la terre, ce qu'il ne faudrait cependant pas faire si le terrain était humide. Pour recouvrir les graines, on étend avec le dos du râteau la terre des bords de la planche, en ayant soin d'en laisser un peu, de manière à retenir l'eau des arrosements. On peut aussi étendre sur les semis un peu de fumier bien consommé. Si le temps est sec, il faudra favoriser la germination des graines par des bassinages donnés avec l'arrosoir à pomme.

2. Semis en lignes ou en rayons.—On trace, soit à la binette, soit au traçoir, des rayons d'environ 0m,3, ou 0m,5 de profondeur, et plus ou moins éloignés les uns des autres, suivant ce que l'on veut semer; après avoir répandu la graine, on la recouvre légèrement, en rabattant avec le dos du râteau un peu de la terre des côtés. Lorsque le plant est sorti de terre, on finit de remplir les rayons en passant le râteau ou la binette entre chaque rang. Ce mode de semis est très-avantageux, surtout dans les terrains où les binages doivent être fréquents.

3. Semis en pochets.—Il consiste à faire avec la binette des trous disposés en échiquier, et dont la distance et la profondeur seront calculées d'après le développement que doit prendre chaque touffe; puis, après avoir placé quelques graines dans chaque trou, on les recouvre en rabattant un peu la terre, et, lorsque les plantes sont assez élevées, on finit de remplir les trous en passant un coup de râteau entre chaque touffe.

§ II.—Repiquage.

Le repiquage est nécessaire pour toutes les plantes qui ne peuvent être semées en place; et, pour être certain du succès de l'opération, il ne faut pas attendre que le plant soit trop vieux, car, non-seulement la reprise en est plus difficile, mais les produits en sont moins beaux; pour les plantes qui s'enracinent lentement, il faut, avant de les mettre en place, les repiquer en pépinière, c'est-à-dire les mettre à bonne exposition et très-près les unes des autres. Ces repiquages successifs ont l'avantage de déterminer l'émission d'une grande quantité de chevelu qui assure la reprise lors de la plantation définitive. Le repiquage ne doit se faire que dans une terre bien préparée, et sur laquelle on aura étendu un paillis de fumier court, pour que, d'une part, le plant profite le plus longtemps possible des arrosements, et, d'un autre côté, que les arrosements ne collent pas le plant sur la terre, ce qui occasionne souvent la pourriture des feuilles. Les repiquages qui ont lieu en été doivent, autant que possible, être faits par un temps couvert; et, s'il ne venait pas de temps favorable, il faudrait faire cette opération vers la fin de la journée, et faciliter la reprise par des arrosements. Quand on a beaucoup de plantes à repiquer et que le temps est très-sec, il ne faut pas attendre qu'on ait terminé pour commencer à arroser.

§ III.—Oignons.

Le seul soin à prendre pour obtenir un succès assuré des plantes bulbeuses qu'on veut multiplier, c'est de les choisir saines et de les planter dans les circonstances les plus favorables à leur végétation.

§ IV.—Caïeux.

On nomme ainsi les petites bulbes ou oignons qui se forment autour de la couronne des plantes bulbeuses, telles que les Tulipes, Jacinthes, etc., et qui servent à les multiplier. Il ne faut détacher les caïeux que lorsqu'ils sont mûrs, ce qui a lieu lorsque les feuilles sont entièrement desséchées. Les caïeux doivent toujours être plantés dans une terre douce, et un mois au moins avant les oignons à fleurs; car, en raison de leur petit volume, ils se dessèchent plus promptement. Ces oignons fleurissent ordinairement au bout de trois ou quatre ans.

§ V.—Bulbilles.

Plusieurs plantes bulbeuses produisent sur leur tige, souvent à la place des graines, de petits oignons nommés bulbilles, qui servent à les multiplier; il faut les détacher à leur maturité, et les traiter comme les caïeux.

§ VI.—Tubercules.

Les tubercules sont des masses charnues, véritables tiges souterraines, d'où partent ordinairement de petites racines fibreuses. Certaines plantes, telles que les Patates, les Pommes de terre, etc., sont pourvues d'yeux capables de fournir de nouvelles tiges; et, pour les multiplier, on peut les couper en autant de morceaux qu'il y a d'yeux: chaque tronçon produira une nouvelle plante. D'autres n'ont d'yeux que sur une partie seulement: tels sont les Dahlias, les Iris Germanica, les Pivoines herbacées, et il faut alors, en les divisant, avoir la précaution de laisser à chacun une partie du collet de la plante; sans quoi ils ne pousseraient pas.

§ VII.—Griffes ou Pattes.

On donne ces noms aux racines des Renoncules, des Anémones, etc.; on les sépare par éclats, mais de manière qu'il y ait toujours un œil à chacun.

§ VIII.—Œilletons.

On appelle ainsi les rejetons qui naissent autour de certaines plantes (les Artichauts, etc.); on les sépare des vieux pieds en ayant soin de les enlever autant que possible avec un talon; il faut éviter de les laisser faner, afin que la reprise en soit plus certaine.

§ IX.—Séparation des racines.

Parmi les plantes à racines vivaces, il en est dont les racines partent d'un collet commun, telles que les Pivoines, et sont munies d'un ou plusieurs yeux qui se développent l'année suivante. Pour les multiplier, on peut les éclater en autant de parties qu'il y a d'yeux. Il en est d'autres qui ont les racines presque à la surface du sol, tels sont les Chrysanthèmes, et qui forment des touffes épaisses, que l'on peut diviser par petites parties; il faut alors les relever de terre, et, après les avoir séparées, on ne replante que la circonférence, qui produira des touffes beaucoup plus belles que si l'on replantait le centre, qui, étant la plus vieille partie de la plante, est naturellement la moins vigoureuse.

§ X.—Stolons ou Coulants.

Quelques plantes, telles que les Fraisiers, ont des coulants, qui produisent à chaque nœud des rejetons s'enracinant sur le sol. Séparés et repiqués dans une saison favorable, ils produisent autant de nouvelles plantes.

§ XI.—Marcottes.

Les marcottes sont des branches que l'on couche au printemps, soit en pleine terre, soit en pots, et qu'on ne sépare de la branche mère que lorsqu'elles ont produit des racines. Lorsque les branches que l'on veut multiplier sont placées de manière à ne pouvoir être abaissées jusqu'à terre, il faut avoir des pots ou des godets fendus sur les côtés, que l'on maintient sur une petite planchette clouée sur un support dont on enfonce l'extrémité en terre. Il y a plusieurs manières de marcotter: nous allons seulement indiquer les plus usitées; mais, quel que soit le procédé employé, il faut que la terre dans laquelle sont placées les marcottes soit constamment humide, afin de favoriser la sortie des racines; et, pour conserver l'humidité des arrosements, on fera bien de couvrir le sol avec du fumier consommé ou de la mousse.

1. Marcottes simples.—Ce sont celles que l'on emploie pour multiplier les végétaux qui s'enracinent facilement, tels que la Vigne, etc. Toute l'opération consiste à coucher une branche dans une tranchée plus ou moins profonde, selon la grosseur de la branche; et après avoir supprimé les feuilles et les bourgeons qui se trouveraient sur la partie destinée à être mise en terre, on fait sortir l'extrémité en la courbant avec précaution, afin de ne pas la rompre. On peut fixer en terre avec un crochet de bois les marcottes qu'il n'est pas nécessaire d'enterrer profondément.

2. Marcottes par strangulation.—Elles diffèrent des précédentes en ce que sur la partie qui est en terre on serre l'écorce, sans la couper, avec un fil de fer; il en résulte un bourrelet d'où partent de nouvelles racines.

3. Marcottes par incision.—Nous allons décrire cette opération telle qu'on l'exécute pour multiplier les Œillets. Dans le courant de juillet, on suspend les arrosements quelque temps avant le marcottage, afin de rendre les branches plus souples, et l'on choisit des tiges assez longues pour être couchées. On retranchera les feuilles du bas, de telle sorte que la partie qui se trouve en terre en soit dépourvue; puis on abaissera chaque tige dans une petite tranchée faite avec le doigt, et l'on redressera l'extrémité de la branche au-dessus de la courbure. On pratiquera en remontant à mi-bois, avec la lame du greffoir, une incision d'environ 0m,02 de longueur, de manière que la partie entaillée forme une languette dont on coupera net l'extrémité au-dessous d'un nœud, en ayant soin de ne pas entamer l'autre moitié de la tige. On maintiendra chaque marcotte par un crochet ou un bout d'osier passé dessous, et dont on enfoncera les deux extrémités en terre; puis on recouvrira le tout de terre assez fine pour qu'elle s'introduise partout, en ayant soin surtout d'en faire pénétrer un peu entre les parties séparées, qui ordinairement restent écartées par l'effet de la courbure. Une fois l'opération terminée, on a l'habitude de couper l'extrémité des feuilles pour les empêcher de se faner; puis on étendra un léger paillis de fumier à moitié consommé et l'on mouillera avec un arrosoir à trous très-fins, pour ne pas ébranler les marcottes, qui s'enracineront ordinairement au bout de peu de temps.

4. Marcottes par cépée.—Ce procédé consiste à couper au printemps un arbre ou un arbuste au niveau du sol et à recouvrir la souche de terre. Elle ne tarde pas à fournir des drageons que l'on enlève lorsqu'ils ont pris racine. C'est ainsi que l'on multiplie le Coignassier afin d'avoir des sujets pour greffer.

5. Marcottes de racines.—Pour faire ce genre de marcottes, il faut couper l'extrémité d'une racine et laisser la plaie à l'air; la séve forme un bourrelet d'où il ne tarde pas à se développer des bourgeons; parmi ceux-ci, on choisit le plus vigoureux, et l'on supprime les autres; puis, à l'automne, on le sèvre en coupant la racine près de la souche.

§ XII.—Boutures.

Presque toutes les plantes en séve peuvent être multipliées par boutures. Cette opération, qui est d'une extrême simplicité, consiste à couper une partie quelconque d'un végétal, même une feuille pour quelques espèces, et à lui faire produire des racines. Certaines plantes sont d'une reprise très-facile; mais il en est d'autres qui nécessitent beaucoup de soins et ne peuvent guère être multipliées que chez les horticulteurs marchands, qui ont des bâches disposées spécialement pour cette opération; aussi nous bornerons-nous à indiquer les boutures que l'on peut faire à l'air libre et celles qu'il faut étouffer, mais qui réussissent très-bien si l'on possède seulement des cloches et un châssis.

1. Boutures à l'air libre.—C'est ainsi qu'on multiplie beaucoup d'arbres et d'arbrisseaux d'agrément. En janvier, l'on coupe des rameaux de l'année par tronçons de 0m,10 à 0m,20 de longueur, selon les espèces; on coupe la partie inférieure bien net au-dessous d'un œil; on les réunit par espèces et on les enterre à moitié de leur longueur dans du sable ou dans de la terre fine, mais dans un lieu à l'abri du hâle et de la gelée; de la fin de février au commencement d'avril, on les plante au plantoir dans un terrain bien préparé et autant que possible à une exposition ombragée; on les enfoncera de manière à laisser deux ou trois yeux hors de terre, puis après la plantation on paillera le terrain, et lorsque la sécheresse commencera à se faire sentir, on aura soin d'entretenir l'humidité de la terre par des arrosements.

2. Boutures sous cloches et sous châssis.—Beaucoup de plantes d'orangerie et de serre tempérée peuvent être multipliées de boutures au printemps sur couche tiède; elles se font en février et mars. On prépare à cet effet une couche peu épaisse, de manière à obtenir seulement une chaleur douce; on l'entoure d'un réchaud, et on la couvre d'un lit de terreau fin, auquel on peut mêler un peu de terre de bruyère; puis on pose des cloches dessus, ou bien on la recouvre d'un châssis; mais alors la hauteur de la couche aura dû être calculée de telle sorte que les boutures se trouvent peu éloignées du verre. Lorsqu'elle a pris chaleur, on coupe les boutures avec ou sans talon sur les branches les plus vigoureuses; on les étête en leur donnant 0m,08 à 0m,10 de longueur, en ayant toujours soin de couper la partie inférieure bien net au-dessous d'un œil; puis on les repique immédiatement sur la couche au moyen d'un petit plantoir, en les enfonçant de 0m,02 à 0m,03. On pourrait aussi repiquer ces boutures dans des pots que l'on enfoncerait dans la couche: c'est ainsi que l'on peut multiplier les Héliotropes, les Pétunias, les Verveines, etc. Après avoir recouvert les bordures de cloches ou de châssis, on les ombragera au moment du soleil, et la nuit on les couvrira de paillassons. Il faudra les bassiner de temps à autre avec le petit arrosoir à pomme, car les boutures ne peuvent s'enraciner qu'en maintenant la terre constamment fraîche; lorsqu'elles commenceront à pousser, comme on sera certain qu'elles sont pourvues de racines, on leur donnera un peu d'air dans le jour, en soulevant les cloches ou châssis, et au bout de quelque temps on pincera les extrémités les plus longues, puis on relèvera les boutures en tâchant de conserver à chacune une petite motte. On les plantera dans des pots, que l'on pourra replacer sur la même couche après les avoir arrosés, et, si on le juge nécessaire, on ranimera la chaleur de la couche en faisant de nouveaux réchauds; les autres soins se borneront à leur donner de l'air graduellement et à les arroser au besoin. Toutes les plantes étant ainsi traitées seront fortes et assez rustiques pour pouvoir être mises en pleine terre à l'époque où l'on en garnit les massifs et les plates-bandes.

La même opération peut être faite en été à une exposition ombragée; seulement, à cette époque, il n'est plus besoin de couche: c'est ainsi que l'on multiplie les Pélargoniums, etc. L'époque la plus favorable pour faire ces boutures est de la fin de juillet à la fin d'août. Après les avoir préparées comme nous l'avons indiqué précédemment, on les repique à 0m,03 ou 0m,04 l'une de l'autre dans des pots que l'on a remplis de terre et de bruyère mélangée d'un peu de terreau, et après le repiquage on les arrose légèrement; puis on place les pots sous cloche ou sous châssis, mais à l'abri du soleil. À l'automne, les boutures seront enracinées, et pourront être séparées, ce que l'on fera en divisant la potée en autant de parties qu'il y a de boutures; puis on les empotera séparément; étant ainsi traitées, l'on est certain d'avoir au printemps suivant des plantes de force à fleurir.

On peut encore procéder de la manière suivante pour celles qui s'enracineraient difficilement: on prend un pot ordinaire, puis ensuite un autre pot, plus étroit, mais autant que possible aussi haut que le premier; on le renverse dans celui-ci, on remplit l'intervalle avec de la terre appropriée au besoin des boutures que l'on se propose de faire, on met une petite pincée de terre sur le trou, après quoi on repique les boutures; enfin on enterre le tout sur une couche, et l'on met une cloche par-dessus.

3. Boutures par tronçons de racines.—Quelques végétaux peuvent être multipliés en coupant une racine en tronçons, que l'on plante soit en pleine terre, soit sur couche, mais toutefois en en laissant à l'air l'extrémité, d'où il sort bientôt des bourgeons.