169: Souvenirs du feu duc de Broglie.

170: Souvenirs du feu duc de Broglie.

171: Journal des Débats du 21 octobre.

172: Sur M. Laffitte avant 1830, je me permets de renvoyer à ce que j'en ai dit dans le Parti libéral sous la Restauration, p. 51 et suiv.

173: Séances du 9 et 10 novembre 1830.

174: Carrel a dit en effet dans le National, au moment de la chute du cabinet (11 mars 1831): «M. Laffitte a fait l'essai, non pas d'un système, mais de l'absence de tout système, du gouvernement par abandon.»

175: Veut-on un spécimen des rapports de M. Dupont de l'Eure et du Roi? Un jour, en plein conseil, M. Dupont s'écrie: «Maudite galère!—Ah! oui, parlons-en, répond le Roi, maudite galère, à temps pour vous, à perpétuité pour moi.—À perpétuité? reprit le ministre; ma foi, je n'en sais trop rien, du train dont cela va. Dans tous les cas, Sire, cela vous amuse; mais moi, je ne m'en arrange pas du tout.»—Un autre jour, M. Dupont, donnant un démenti au Roi et menaçant de le rendre public, osait dire: «Prenez garde à qui on croira de vous ou de moi.» (Sarrans, Louis-Philippe et la contre-révolution, t. II, p. 77, 81.)

176: M. Lanfrey.

177: Lettre de Macaulay alors en voyage à Paris. (Life and letters of lord Macaulay, par M. Trevelyan.)

178: M. Luchet, dans le Livre des Cent un, t. II.

179: Expression de M. Napoléon Peyrat.

180: Dans l'écrit que j'ai déjà cité, M. Luchet écrivait de La Fayette: «Son image, le soir, vient me visiter; je m'en empare, je l'embrasse, je la caresse! Je l'appelle honneur, patrie, liberté, gloire! Je la vois incarnée, faite homme, majestueuse, au front serein, calme et belle, semblant me bénir... Attendrissante bénédiction, que je croyais être celle de Dieu, un jour que je la reçus en effet, et que, se penchant sur moi, il me dit d'une voix altérée: «Au revoir, mon ami!»—On disait couramment alors qu'il n'y avait que deux noms dans l'histoire du siècle: La Fayette et Napoléon. Que d'attendrissement sur les «vertus de La Fayette!» Un écrivain de la gauche, aide de camp du général, s'écriait en s'adressant aux réactionnaires: «Vous qui avez supporté tant de vices et de crimes, ne pouvez-vous donc supporter encore quelques jours les vertus de La Fayette?»

181: «Continuez, disait un jour La Fayette au Roi, continuez à répudier le principe de votre origine, et je vous garantis que la république, et peut-être la démagogie, ne sauraient désirer un meilleur auxiliaire que Votre Majesté.» (Sarrans, La Fayette et la contre-révolution, t. II, p. 2.)

182: De la France, p. 215.

183: Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 26.

184: Louis Blanc, Histoire de dix ans, t. II, p. 122.

185: Dès le lendemain de la formation du cabinet, répondant à M. Guizot, M. O. Barrot déclarait qu'il fallait «désintéresser» le parti républicain, dont les conservateurs effarés «se faisaient un monstre», en lui accordant tout ce qu'il demandait. «Ne vous inquiétez donc pas, concluait-il, de ces dangers, qui ne sont qu'imaginaires.» (9 novembre 1830.)

186: Louis-Philippe disait de M. O. Barrot, le 24 février: «C'est un niais, mais il est bon homme.» (Conversation de M. Thiers avec M. Senior, rapportée par ce dernier.)

187: Mémoires de M. Guizot, t. I, p. 141 et 156.

188: Six jours après la formation du cabinet, le National du 8 novembre dénonçait une «inquiétude» générale, et il ajoutait: «La France manque plutôt de confiance que de calme. Son mal le plus grand est l'incertitude. L'impatience d'arriver à une situation définitive, ou du moins nette et précise, se fait remarquer sur tous les points du territoire... Sur un mot, l'inquiétude augmente; sur un bruit de ville, la frayeur se répand.»

189: Correspondance de Béranger, lettre du 23 novembre.

190: Le National, passim, en novembre et décembre 1830.

191: La Monarchie de 1830, p. 126.

192: O. Barrot a écrit, deux ans plus tard: «Il faut le dire, la garde nationale était au moins partagée sur la conduite qu'il y avait à tenir dans cette circonstance; la très-grande majorité, ou du moins la partie énergique et active de cette garde, demandait que le sang versé en juillet fût expié par du sang.» (Lettre écrite en 1832, Mémoires, t. I, p. 194.)

193: Carrel, revenant après coup sur ces événements, a écrit que le ministère, «impuissant», avait été «obligé de livrer à la garde nationale une dictature de quelques jours». (National du 20 février 1831.)

194: Expression de M. O. Barrot, dans un discours prononcé à la Chambre, le 20 décembre.

195: M. O. Barrot disait, par exemple: «Sorti de vos rangs, en parfaite sympathie d'opinion et de sentiments avec vous, ce que vous éprouvez, je l'éprouve. Je ne suis étranger ni à votre impatience de voir réaliser au milieu de nous des institutions promises, ni à vos justes ressentiments.» La Fayette parla à cette époque, pour la première fois, de ce prétendu «programme de l'Hôtel de ville» auquel il mettait le Roi en demeure de se conformer.

196: Odilon Barrot, Mémoires, t. I, p. 194, 196.

197: M. Victor Hugo assista à cet incident, qui est rapporté dans l'ouvrage intitulé: Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie.

198: Par moments, cependant, certains esprits avaient quelque peine à garder possession d'eux-mêmes. Le duc de Broglie a écrit à ce propos dans ses Notes biographiques inédites: «L'ébranlement des esprits devint tel, dans les deux ou trois derniers jours, qu'il monta rapidement de bas en haut, qu'on parla plus ou moins de compromis, qu'il fut question de faire de M. de Polignac un bouc émissaire, et de livrer sa tête pour sauver celle des autres; proposition que j'ai entendue moi-même sortir de bouches que je ne veux pas même désigner indirectement.»

199: Voyez l'étude de M. Ernest Daudet sur le Procès des ministres.

200: Le National disait: «La garde nationale mesure, nous n'en doutons pas, toute l'importance du service qu'elle a rendu; elle en veut trouver le prix dans une marche plus franche, plus décidée, plus nationale, et nous croyons qu'elle n'attendra pas qu'on s'endorme encore, pour faire connaître à quelles conditions on peut compter à l'avenir sur ses services.»

201: Séance du 24 décembre 1830.

202: 27 décembre 1830.

203: Voici, comme spécimen de ces violences, quelques fragments d'un article de Carrel, qui cependant, nous l'avons dit, n'avait pas encore rompu avec la monarchie: «La Fayette était au-dessus de toute récompense; mais on le croyait aussi au-dessus des indignités d'un Parlement Croupion... Allons, vous qui avez bassement trahi la branche aînée des Bourbons, vous qui rampiez depuis cinq mois, en flatteurs avilis, sous la souveraineté nationale que vous détestiez, travaillez à réédifier la légitimité; mais nous vous démasquerons, nous troublerons vos joies, nous vous ferons passer de mauvaises nuits, jusqu'à ce que vous succombiez, et votre règne ne sera pas long.»

204: Au lendemain des journées de Juillet, comme le duc de Broglie exposait au Roi tous les embarras que lui causerait la présence de M. Dupont de l'Eure dans son ministère: «Que faire donc? avait dit Louis-Philippe.—S'en défaire, avait répondu le duc de Broglie, et le plus tôt possible; mais pour cela, il faut guetter le moment. Notre homme a cela de bon qu'il met son point d honneur à faire fi du pouvoir et des avantages qui en dépendent, à se poser en Cincinnatus. Il vous offrira sa démission trois ou quatre fois la semaine; le tout est de bien choisir l'occasion.—J'y penserai», avait dit le Roi. Louis-Philippe, en acceptant cette fois la démission de son garde des sceaux, suivait donc, un peu tardivement, le conseil que lui avait donné le duc de Broglie.

205: M. Mérilhou était remplacé à l'instruction publique par M. Barthe.

206: Sarrans, Louis-Philippe et la contre-révolution, t. II, p. 34.

207: Mémoires de M. Guizot, t. II, p. 160.

208: 31 décembre 1830.

209: «Si le gouvernement se manquait à lui-même, j'ai confiance dans la société française et actuelle; j'ai la confiance qu'elle se sauverait elle-même du désordre, comme elle s'est sauvée de la tyrannie.» (Discours du 29 décembre 1830. Voir aussi celui du 27 janvier 1831.)

210: 22 janvier 1831.

211: National du 15 janvier 1831.

212: Geschichte Frankreichs (1830-1870), par Hillebrand, t. Ier, p. 204.

213: Voir, sur le commencement des affaires de Belgique, ch. II, § III.

214: Lettre du 31 mai 1831. (Bulwer, Life of Palmerston.)

215: Lettre du 13 avril 1831. (Life of Palmerston.)

216: Lettre du 22 avril 1831. (Ibid.)

217: Voy. Bulwer, Life of Palmerston; Hillebrand, Geschichte Frankreichs. Palmerston prenait prétexte de ces ouvertures, pour mettre en doute la loyauté du gouvernement français.

218: Lettre du 7 janvier 1831. (Bulwer, Life of Palmerston.)

219: Déjà en 1829, lord Palmerston, voyageant en France, était étonné de la vivacité avec laquelle les Français désiraient cet agrandissement. (Cf. Bulwer.) Ce sentiment était bien plus exalté encore depuis la révolution de Juillet. Louis-Philippe lui-même croyait devoir en tenir compte, et il donnait à M. de Mortemart, son ambassadeur à Saint-Pétersbourg, mission de faire valoir auprès du Czar l'idée que la France devrait obtenir quelque territoire en Belgique. (Dépêche de Scholer, envoyé prussien à Saint-Pétersbourg, du 13-25 février 1831, citée par Hillebrand.)

220: Palmerston lui-même semble parfois deviner que telle pourrait bien être la tactique de M. de Talleyrand. (Lettre du 21 janvier 1831, Bulwer, Life of Palmerston.)

221: Dépêche de M. de Werther, du 12 janvier 1831. (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 176.)

222: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. I, p. 125 et 154.

223: Le général Sébastiani écrivait, le 2 décembre 1830, dans une circulaire à ses agents diplomatiques: «Le Roi, tout en considérant comme un fait accompli la séparation de la Belgique et de la Hollande, n'a cessé de faire des vœux pour que la souveraineté du premier de ces deux pays fût déférée à l'un des princes de la maison de Nassau. Sa Majesté n'a donc pu qu'être sincèrement affligée de la résolution par laquelle le congrès de Bruxelles a déclaré cette maison déchue.» (Documents inédits.)

224: Expression de lord Palmerston. (Lettre du 21 janvier 1831, Bulwer, Life of Palmerston.)

225: Ibid.

226: Un ami de M. Guizot lui écrivait alors de Londres: «Nos journaux parlent en ignorants... Nous verrons ce qu'ils dirent de la neutralité si péniblement obtenue et si combattue par la Prusse. Les hommes d'État ici, à quelque parti qu'ils appartiennent, la regardent comme ce qui doit le plus satisfaire la France raisonnable.»

227: Né le 25 octobre 1814, le duc de Nemours avait alors seize ans.

228: Ce fait et beaucoup de ceux qui sont suivre sont empruntés à l'ouvrage de M. Th. Juste sur le Congrès national de Belgique (Bruxelles, 1880). M. Juste a eu communication des papiers des hommes politiques belges qui ont joué un rôle dans les négociations de cette époque.

229: Lettre du 27 janvier 1831. (Bulwer, Life of Palmerston.)

230: Au commencement de 1830, les puissances avaient manifesté le désir de placer Léopold sur le trône de Grèce; mais ce prince, après avoir un moment accepté, se ravisa quand il apprit l'opposition de la nation hellène.

231: Cf. le Journal de Ch. Greville, à la date du 5 août 1831.

232: Le duc de Leuchtenberg ne devait pas fournir une longue carrière. Il est mort en 1835, quelques jours après avoir épousé la reine de Portugal.

233: 11 janvier 1831.

234: M. de Metternich comprenait notre opposition. Il écrivait, le 18 janvier: «Le gouvernement français reste-t-il ferme dans sa décision de ne pas vouloir pour voisin un Bonaparte? Je crois qu'il aurait raison, car, sans cela, gare à la dynastie d'Orléans!» (Mémoires de Metternich, t. V, p. 120.)

235: Nous retrouverons plus tard lord Ponsonby ambassadeur à Constantinople; il sera, dans la crise de 1840, l'un des adversaires les plus acharnés de la France.

236: Cette conversation, qui ne laisse pas d'éclairer les dessous de la politique anglaise, est rapportée par M. Th. Juste, t. I, p. 228, 229.

237: Cette date du 29 janvier est celle qu'indique M. Bresson dans une lettre écrite treize ans plus tard et que nous citons plus loin. D'autres indices tendraient à faire croire que cet entretien a eu lieu plutôt le 27 janvier.

238: L'année suivante, le 1er juin 1831, M. Van de Weyer, président du comité diplomatique et l'un de ceux qui avaient le plus poussé à la candidature du duc de Nemours, se justifiait ainsi à la tribune du congrès belge: «Lors de l'élection de M. le duc de Nemours, c'est moi qui ai reçu les lettres confidentielles, c'est moi qui les ai communiquées; et ce n'est pas sur la foi seule de ces lettres que l'élection a été faite, c'est sur la déclaration des deux envoyés de France que M. le duc de Nemours accepterait. J'ai eu foi dans les assurances de M. le marquis de Lawœstine.»—Toutefois c'est à tort que l'historien belge, M. Th. Juste, affirme que M. Bresson «rapporta de Paris l'autorisation de promettre que la couronne serait acceptée» (t. I, p. 229). Ni le Roi ni son ministère ne donnèrent aucune autorisation; on a sur ce point un témoignage irrécusable, celui de M. Bresson lui-même. Plus tard, ce diplomate, représentant la France à Madrid, se demanda, à l'occasion du mariage de la jeune reine Isabelle, s'il ne devait pas prendre une initiative analogue à celle qu'il avait prise, en 1831, à Bruxelles. Il écrivit alors à M. Guizot, le 4 septembre 1844: «En 1831, quand la question s'est posée en Belgique entre le duc de Leuchtenberg et le duc de Nemours, je me suis trouvé dans une position identique. Je ne rappellerai pas à Sa Majesté cette conversation que je suis venu chercher à toute bride de Bruxelles et que j'ai eue avec elle, le maréchal Sébastiani en tiers, le 29 janvier, au point du jour. Les circonstances étaient imminentes, au dedans et au dehors; tout bon serviteur devait payer de sa personne; j'ai pris sur moi une immense responsabilité; j'ai fait élire M. le duc de Nemours, et je n'hésite pas à reconnaître que je l'ai fait sans l'assentiment du Roi et de son ministre. C'était très-grave pour ma carrière, pour ma réputation même; j'ai touché à ma ruine; toute la conférence de Londres, M. de Talleyrand y compris, lord Palmerston avec fureur, s'était liguée contre moi. Le Roi et le maréchal Sébastiani m'ont soutenu; ils m'ont porté sur un autre théâtre, et je me suis relevé à Berlin, non sans peine, du bord de ce précipice. Mais je ne pourrais repasser par ce chemin, ni courir de pareils risques; je ne serais plus, aux yeux de tous, qu'un brûlot de duperie et de tromperie; on m'accuserait avec raison d'avoir joué deux peuples amis.»—À la même époque, en 1844, M. Bresson disait à la reine Christine: «Quand lord Ponsonby, il y a treize ans, a essayé de pousser au trône de Belgique le duc de Leuchtenberg, j'ai fait élire en quarante-huit heures le duc de Nemours.» (Guizot, Mémoires, t. VIII, p. 206 et 218.)

239: Allusion aux paroles suivantes, que M. Dupin venait de prononcer à la Chambre française: «Je ne pense pas qu'il s'agisse d'amener à la France une espèce de province capitulée avec des lois particulières, une petite Navarre qui ne serait pour la France qu'une source d'embarras et de difficultés.»

240: Bulwer, Life of Palmerston; lettres de lord Palmerston à lord Granville, en date du 1er et du 2 février 1831.

241: Bulwer, Life of Palmerston; lettre de lord Granville à lord Palmerston, en date du 4 février 1831.

242: Pendant son séjour à Paris, la députation belge fut témoin, le 13 et le 14 février, d'odieux désordres que nous aurons prochainement à raconter, le sac de Saint-Germain l'Auxerrois et de l'archevêché. L'un de ses membres, l'abbé Boucquau de Villeraie, passant dans la rue du Bac, revêtu du costume ecclésiastique que les prêtres français n'osaient alors porter dans Paris, fut insulté par la populace, et celle-ci allait lui faire un mauvais parti, quand il s'écria qu'il était Belge et montra sa cocarde. Cet incident, aussitôt connu en Belgique, ne devait pas augmenter les sympathies pour la France, dans une population en majorité catholique.

243: Témoignage d'un historien belge, M. Th. Juste, t. I, p. 272.

244: Peu après, un envoyé belge, arrivant à Londres, recevait de M. de Bacourt, secrétaire de M. de Talleyrand, l'avis que la proclamation aux Luxembourgeois avait fait dans le monde diplomatique «un effet épouvantable». (Juste, t. II, p. 50.)

245: Cf. diverses dépêches citées par Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 195.

246: Cf. Bulwer, Life of Palmerston, t. II, p. 55 et 57.

247: Lettres à lord Granville du 8, du 15 février et du 31 mai 1831. (Bulwer, Life of Palmerston, p. 41, 43 et 79.)

248: Lettres de lord Granville à lord Palmerston, en date du 25 février 1831. (Ibid., p. 47.)

249: Dans ce chant, les Polonais s'écriaient: «À nous, Français!» Puis rappelant toutes les batailles de l'empire où ils avaient combattu pour nous, ils ajoutaient:

...........Pour de vieux frères d'armes,
N'aurez-vous que des larmes?
Frères, c'était du sang que nous versions pour vous.

250: C'est ce qu'exprimait La Fayette, quand il disait: «La guerre était préparée contre nous; la Pologne devait former l'avant-garde; l'avant-garde s'est retournée contre le corps de bataille.» M. de Metternich gémissait de son côté sur ce que la «déplorable révolution polonaise» avait «empêché que l'entente, si nécessaire entre les trois cours, eût pu s'établir dans un sens vraiment utile». (Mémoires, t. V, p. 166, 167.)

251: Un des amis de M. Guizot lui écrivait à cette époque: «La Pologne est bien plus populaire que la Belgique. Pourquoi? parce que c'est plus dramatique. La France est pour le moment dans le genre sentimental, bien plus que dans le genre rationnel.» (Mémoires de M. Guizot, t. II, p. 285.)

252: Dépêche du 25 décembre 1830. (Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 77.)

253: Dépêche du 22 mars 1831.—Niemcewitz demandait à lord Palmerston: Pourquoi ne feriez-vous pas pour nous ce que vous avez fait pour la Grèce?—Avec vous, répondit le ministre, c'est autre chose; la Grèce a lutté pendant cinq ans..., notre commerce souffrait beaucoup des corsaires.»—Lord Grey était plus net encore: «Eh bien, lui disait le porte-parole des Polonais, ferez-vous quelque chose pour nous?—Rien.»

254: Nouvion, Histoire du règne de Louis-Philippe, t. II, p. 190.

255: Silvio Pellico n'a publié ses Prisons que plus tard, en 1833.

256: Après une conversation avec Maroncelli, Carrel écrivait, le 1er mars 1831, dans le National, un article d'une éloquence indignée et brûlante.

257: De ce nombre était notre consul à Gênes. En mars 1831, quand M. de Sainte-Aulaire, nommé ambassadeur à Rome, traversa cette ville, le consul vint le trouver; fort étonné que l'ambassadeur n'eût été chargé de lui apporter aucune instruction particulière, il lui apprit en confidence «qu'il avait lié des rapports sur tous les points de l'Italie avec les chefs de l'insurrection». Il annonça que le Pape allait être chassé de Rome, les Autrichiens de Milan. «Quant aux troupes sardes, ajouta-t-il, j'en fais mon affaire; j'ai déjà pratiqué le commandant de la citadelle de Gênes, qui en ouvrira les portes au premier signal; on n'attend plus que des ordres précis du gouvernement français, et quelque argent nécessaire pour décider les consciences irrésolues.» M. de Sainte-Aulaire, stupéfait, eut beaucoup de peine à faire entendre au consul que sa conduite violait le droit des gens et contredisait la politique du gouvernement français. (Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.) On comprend dès lors que M. de Metternich pût dénoncer dans tous les mouvements italiens l'action de la propagande française. (Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 126, 127, 153, 154.)

258: Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 15. Voir aussi sa lettre du 3 octobre. (Ibid., p. 39.) Le 13 octobre, il écrivait: «L'Italie est encore tranquille, mais il serait dangereux de se laisser tromper par un calme plus apparent que réel.» (Ibid., p. 60.)

259: Dépêches de l'ambassadeur de France à Vienne, novembre 1830 et janvier 1831.

260: Dépêche de M. de Werther, du 1er décembre 1830, citée par Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 150.

261: Le bruit se répandit dans les chancelleries que, pour les États sardes, nous faisions une distinction entre la Savoie et le Piémont, ne posant de casus belli que pour la première: on racontait que le général Sébastiani avait fait une déclaration dans ce sens au comte Apponyi. Mais peut-être celui-ci avait-il essayé de mal entendre. En tout cas, le ministre français démentit le propos qui lui était attribué aussitôt qu'il en fut informé par M. de Barante, notre ambassadeur à Turin. (Cf. la correspondance diplomatique du général Sébastiani et de M. de Barante; Documents inédits.)—Le gouvernement français chercha, à cette époque, à faire étendre au Piémont la neutralité qui venait d'être établie pour la Belgique. Sa proposition n'eut pas de succès. On voit mal l'intérêt qu'aurait pu avoir la France à se fermer ainsi la porte de l'Italie, tandis que l'Autriche y conservait une entrée libre.

262: Plus tard, Casimir Périer, dans une discussion de la Chambre des députés, le 13 août 1831, rappela à M. Laffitte le propos qu'il avait tenu étant ministre.

263: Dépêches de l'envoyé sarde, citées par Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 151.

264: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.

265: Dépêches de l'ambassadeur de France à Vienne, et Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 121 et 156.

266: Quelques mois plus tard, le 15 août 1831, dans un débat rétrospectif à la Chambre française, un député de la gauche, M. Cabet, ajoutait, après avoir rappelé que les réfugiés avaient compris la proclamation du principe de non-intervention comme une garantie du secours de la France contre l'Autriche: «Les Italiens n'ont rien négligé pour bien s'assurer que tel était le sens de ce principe; il s'en trouvait un grand nombre à Paris; ils ont donc consulté les notabilités libérales, et toutes les explications qu'ils ont demandées ont eu pour résultat cette assurance donnée unanimement, que, dans le cas d'une insurrection à Parme, à Modène et dans la Romagne, la France viendrait à leur secours si l'Autriche intervenait.»—De son côté, M. de Metternich répétait sans cesse: «C'est le seul mot de non-intervention qui a donné aux révolutionnaires italiens le courage de se soulever.» (Cf., entre autres, les lettres du 9 et du 12 mars 1831, Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 123 et 125.)

267: M. de Metternich n'était pas disposé à laisser dans l'ombre le démenti qui serait ainsi donné à la parole de la France; il écrivait, le 12 mars 1831: «Les révolutionnaires italiens seront détrompés sur le compte de la valeur que le gouvernement français accorde au dogme émis par lui.» (Mémoires, t. V, p. 125.)

268: Correspondance inédite de M. de Barante. (Documents inédits.)

269: Documents inédits.

270: Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 121.

271: Ibid., p. 120, 158 et 159.—Cf. aussi Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 204.

272: M. de Barante, dans sa correspondance diplomatique, répétait sans cesse que le gouvernement sarde serait, en cas de guerre, l'allié de l'Autriche. (Documents inédits.) Peut-être même y avait-il traité secret entre les deux puissances. (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 34.)

273: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 217.

274: Ibid.

275: Bulwer, Life of Palmerston, t. II, p. 48 à 52.

276: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 217.

277: Guizot, Mémoires, t. II, p. 300, 310 et 311.

278: Mémoires de La Fayette, t. VI.

279: Cet incident devait avoir une suite. En même temps qu'il avait envoyé sa dépêche belliqueuse à Paris, le maréchal Maison avait écrit dans le même sens à son collègue, le général Guilleminot, ambassadeur de France à Constantinople. Celui-ci, persuadé que la guerre allait éclater, remit à la Porte une note la pressant d'armer pour agir de concert avec la France contre l'Autriche et le Russie. Cette démarche, bientôt connue, fit grand scandale dans toutes les chancelleries: M. Périer était alors au pouvoir; l'ambassadeur fut immédiatement rappelé. De telles démarches trahissent sans doute l'indiscipline qui avait, après la révolution, gagné tous les rangs de la hiérarchie; mais il faut aussi reconnaître que les déclarations de tribune avaient pu induire en erreur nos représentants à l'étranger sur la politique réelle du gouvernement. C'est ainsi que, vers la même époque, nous voyons M. de Barante obligé de rappeler à l'ordre notre agent à Bologne, qui renvoyait les insurgés aux discours des ministres sur la non-intervention, pour les engager à avoir foi dans l'appui de la France. (Dépêche de M. de Barante au général Sébastiani, en date du 9 mars 1831. Documents inédits.)

280: Sur toute cette négociation, cf. les dépêches adressées par le général Sébastiani à M. de Barante (Documents inédits), et les Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.

281: Mémoires de M. de Metternich, t. V.

282: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.

283: M. Louis Blanc, Histoire de dix ans, t. II, p. 166.

284: Voyez le Parti libéral sous la Restauration, p. 466 et suiv.

285: National, article du 17 janvier 1831.

286: National, articles des 5 novembre, 1er et 4 décembre 1830, des 17 janvier et 22 mars 1831.

287: Carrel ne se dissimule pas cependant que «soutenir des révolutions accomplies, c'est offrir une prime d'encouragement à toutes les révolutions à naître». (Article du 21 septembre 1831.)

288: National, articles du 2 février et du 17 avril 1831.

289: Ibid., 30 novembre, 11 décembre 1830; 9 janvier, 13 avril 1831.

290: Ibid., 17 janvier 1831.

291: National, 11 décembre 1830.

292: Ibid., 9 mars 1831.

293: Ibid., février 1831.

294: Ibid., 30 novembre 1830.

295: Ibid., 30 novembre 1830, 13 mars 1831.

296: National, 5 novembre, 11 et 13 décembre 1830; 5 et 16 mars, 1er, 7 et 29 avril, 25 septembre 1831.

297: «La gloire, disait le général Lamarque, est un ciment si puissant, elle fait pousser des racines si profondes à une dynastie nouvelle, qu'il serait peut-être politique de la chercher sans motif.»

298: En 1815, cependant, il avait publié une brochure où il annonçait la résolution de «s'envelopper dans le drapeau blanc» qui, disait-il, lui servirait de «linceul». (Mémoires de M. Dupin, t. II, p. 197.)

299: Jacquemont a écrit dans une de ses lettres: «Mauguin s'annonce de loin comme un orage et passe comme un nuage creux de paroles.»

300: «Quand, disait La Fayette, je pris la liberté de proposer au ministère, dès les premiers temps de la révolution, de prendre le ton un peu hautain qui pouvait nous convenir avec les puissances étrangères, l'idée ne m'est pas venue de leur déclarer la guerre.»

301: Lettre du 30 mai 1832.

302: Documents inédits.

303: Lettre à M. de Barante, en date du 31 mars 1831. (Documents inédits.)

304: Documents inédits.

305: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. I, p. 202 et 214.

306: Documents inédits.

307: Notamment à Saint-Louis, Saint-Gervais, Saint-Paul, Saint-Louis, Sainte-Marguerite, Saint-Laurent, Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, Saint-Nicolas des Champs, Saint-Merri, Saint-Roch, Saint-Nicolas du Chardonnet. (Vie de Mgr de Quélen, par M. d'Exauvillez, t. II, p. 64.)

308: Parmi les émeutiers, dit la relation d'un garde national, publiée à cette époque, «il n'y avait pas que des ouvriers en veste, mais des habits et des chapeaux fins». M. Duvergier de Hauranne, quelques jours plus tard, pouvait affirmer à la tribune que «les ouvriers de Paris n'avaient pris aucune part aux journées de Février»; et il indiquait les jeunes gens des Écoles comme les principaux coupables.

309: M. Guizot a constaté «l'indifférence moqueuse de la foule des spectateurs», et parlant en termes élevés de «cette révolte, la pire de toutes, qui est celle des âmes contre Dieu», il ajoute: «Je ne sais, en vérité, quels sont les plus insensés, de ceux qui s'y livrent avec fureur ou de ceux qui sourient en les regardant.»

310: Interrogé, le 15 février, à la Chambre, pendant qu'on démolit l'archevêché, le ministère, par l'organe de M. Barthe, n'a pas un mot de blâme ou de menace contre les émeutiers; c'est contre les «carlistes» qu'il se montre résolu à user de rigueur. «L'administration, déclare-t-il solennellement, éprouve le besoin de vous dire que le parti vaincu en Juillet s'agite.» Le ministre de l'intérieur, dans sa proclamation du 15 février au soir, celle qui commence par ces mots: «Respect aux monuments publics!» annonce au peuple, pour désarmer sa colère, que «le gouvernement a saisi et mis sous la main de la justice plusieurs des principaux acteurs de la cérémonie factieuse de Saint-Germain-l'Auxerrois». Dans une autre proclamation du 16 février au matin, il parle du «mouvement d'indignation malheureusement trop motivé» qui «a produit des désordres affligeants». La proclamation du préfet de police est plus vive encore contre le parti légitimiste: «Ce parti, dit-il, a pris notre longanimité pour de l'hésitation... Hier il s'est démasqué, à Saint-Germain-l'Auxerrois, par une provocation insensée à la guerre civile.» Puis il ajoute: «Souvenons-nous que, depuis un siècle, le mot d'ordre du jésuitisme est: Haine à la famille d'Orléans.» Le Moniteur du 16 février débute ainsi: «Des pensées coupables en faveur de la dynastie parjure que la France a repoussée de son sein ont dû exciter une indignation générale»; et il ne voit dans les auteurs de ces hideux désordres que des hommes par une indignation légitime». Du reste, les esprits sont à ce point dévoyés, que le Journal des Débats lui-même, alors conservateur, ne trouve aussi à s'en prendre, le 16 février, après le sac de l'archevêché, qu'«au complot de sacristie»; et s'adressant aux catholiques et aux royalistes, il leur crie: «Vous n'êtes pas seulement coupables de votre folie, vous êtes coupables de la folie des autres.»

311: A. Trognon, Vie de Marie-Amélie, p. 208.

312: À l'appui de cette interprétation, on a cité le rôle au moins bizarre joué, dans la journée du 15 février, par M. Thiers, alors sous-secrétaire d'État de M. Laffitte. M. Arago a raconté lui-même, le 13 août 1831, à la tribune de la Chambre, qu'il allait pénétrer dans l'archevêché avec ses gardes nationaux, pour arrêter la dévastation, quand M. Thiers, déclinant sa qualité, intervint très-vivement pour détourner la garde nationale «de se commettre avec le peuple, dans ces circonstances». «Ses paroles, ajoutait M. Arago, firent impression; on crut y voir la pensée de l'autorité supérieure, et notre mouvement se trouva ajourné.» M. Thiers, pour se justifier, a prétendu que l'incident était sans importance, que le mal était déjà fait lors de son intervention, et qu'il avait voulu seulement empêcher une collision. Des témoins sûrs m'ont en outre rapporté que, le soir du 15 février, dans les salons, M. Thiers parlait de ce qui s'était passé avec une sorte de frivolité satisfaite.

313: Lettre de madame Swetchine.

314: Ce débat, commencé le 17 février, se prolongea plusieurs jours.

315: «Nous apprîmes en même temps, disait le ministre, l'offense à la révolution de Juillet et les effets de l'indignation populaire: la foudre était déjà tombée sur Saint-Germain-l'Auxerrois.»

316: Séance du 10 mars 1831.

317: National du 13 mars 1831.

318: La rente 5 pour 100 s'offrait à 82 fr. 50, sans trouver acquéreur; et le 3 pour 100, à 52 fr. 70. Baisse d'autant plus remarquée que l'état financier était des plus prospères dans les derniers temps de la Restauration.

319: «Savez-vous, disait alors M. Casimir Périer à M. Dupin, qui le pressait de prendre le pouvoir, savez-vous que le Trésor est à la veille de cesser ses payements?» (Mémoires de M. Dupin, t. II, p. 301.)

320: 9 mars 1831.

321: Le 10 mars 1831, M. Duvergier de Hauranne dénonçait à la Chambre «l'anarchie qui des esprits a passé et se propage dans les choses».

322: Étude de M. le comte de Montalivet, sur la Politique conservatrice de Casimir Périer. (Revue des Deux Mondes, 15 mai 1874.)

323: Documents inédits.

324: Passim, dans la correspondance de Victor Jacquemont.

325: Documents inédits.

326: Seize mois, ou la Révolution et les révolutionnaires, par M. de Salvandy.

327: La Monarchie de 1830, p. 125 à 127.

328: Un sous-lieutenant qui devait devenir maréchal de France, le jeune de Saint-Arnaud, écrivait alors de Brest: «En général, en province, on est bien mécontent des troubles de Paris. Il n'y a qu'une voix pour dire qu'il faut en finir. Si cela se répétait, je ne serais pas surpris de voir les provinces marcher sur Paris. Voilà le résultat de ce que j'ai entendu partout sur la route.»

329: Séance du 11 mars 1831.—Voici, du reste, les propres paroles de M. Laffitte: «Messieurs, il serait pénible pour les ministres de demander une confiance que vous pourriez leur refuser. Cette confiance, je ne la demande pas, moi, comme ministre; je la demande comme citoyen, parce que l'intérêt de l'État l'exige; et ce n'est probablement pas pour moi que je la demande.»

330: National du 13 mars 1831.

331: Discours du 10 mars 1831.

332: 8 mars 1831.

333: 29 janvier 1831.

334: Mémoires de M. Dupin, t. II, p. 300.

335: Les ordonnances, portant nomination des nouveaux ministres, furent signées le 13 mars.

336: Carrel, dans le National du 12 mars 1831.

337: Allusion à l'«Opposition de quinze ans», sous la Restauration.

338: On nous permettra de renvoyer, pour ce qui regarde ce caractère particulier des luttes politiques de 1815 à 1830, à ce que nous avons dit dans Royalistes et Républicains, et dans le Parti libéral sous la Restauration. Voy. notamment, dans ce dernier volume, p. 319 à 392.

339: Parfois cependant les croix étaient sauvées par la présence d'esprit du curé. Dans un village des environs de Paris, les esprits forts se précipitaient vers l'église avec des échelles et des marteaux pour abattre la croix qui était au sommet du clocher. Le curé paraît: «Que faites-vous? vous voulez abattre cette croix? J'en sais d'autres qui sont plus faciles à faire disparaître et par lesquelles vous devriez commencer.—Où sont-elles? hurle la foule.—Suivez-moi!» Le curé les mène au cimetière, et il leur montre les croix noires qui ombragent les tombes de leurs parents et de leurs amis. L'effet fut prodigieux; ces malheureux baissèrent la tête et s'éloignèrent sans rien dire.

340: Il commençait à sortir de sa cachette vers janvier 1831, quand l'émeute du 14 et du 15 février l'obligea de nouveau à se dérober. Le choléra seul lui permettra, en 1832, de se montrer dans des conditions à peu près normales.

341: Souvenirs du feu duc de Broglie.

342: Voici comment des placards affichés dans la ville avaient dénoncé la réunion saint-simonienne: «Un rassemblement de Jésuites doit avoir lieu vendredi soir, 18 février 1831, au Gymnase, avenue de Saint-Cloud. J'engage les bons patriotes de cette ville à vouloir bien se munir d'armes à feu et à se transporter au lieu de la conspiration, afin de détruire toute cette canaille-là; ce qui servira de bon purgatif à Versailles, car il en est empoisonné. On craint très-fort la peste. À bas les Jésuites!» (Œuvres de Saint-Simon et d'Enfantin, t. III, p. 97.)

343: Ami de la religion, 2 juillet 1831.

344: Tel est notamment l'objet d'une lettre pastorale écrite alors par l'évêque d'Orléans.

345: Voici quelques-uns de ces titres: Histoire scandaleuse, politique, anecdotique et bigote du clergé de France.Infamie des prêtres dévoilée.La Chemise de femme et correspondance galante trouvée dans l'oratoire de l'archevêque de Paris, par un «séminariste qui a jeté le froc aux orties».—L'archevêque de Paris accusé d'assassinat sur la personne de Sœur Véronique, pharmacienne de Saint-Cyr.La Religion dévoilée, la France sauvée, les prêtres tombés.Infamies des prêtres, ou Correspondance des évêques sur les événements de Juillet, etc., etc.

346: Mgr Devie, évêque de Belley, a fait mention de ces accusations dans une circulaire épiscopale écrite au commencement de 1831. (Vie de Mgr Devie, par M. l'abbé Cognat, t. II, p. 3 et 19.)

347: Vie de Mgr de Quélen, par M. d'Exauvillez, t. II, p. 49.

348: Louis Veuillot, Rome et Lorette, t. I, p. 39.

349: Louis Blanc, Histoire de dix ans, t. I, p. 452.

350: H. Heine, De la France, p. 210.

351: Souvenirs du feu duc de Broglie.

352: L'ambassadeur de Sardaigne, suspect, du reste, de quelque malveillance, écrivait à son gouvernement: «Le Roi affecte de n'avoir pas de religion, de ne pas assister aux cérémonies de l'Église, de faire travailler le dimanche dans son palais.» (Geschichte Frankreichs, 1830-1870, par Hillebrand, t. I, p. 50.) Louis-Philippe cependant assistait chaque dimanche à la messe dans une chapelle intérieure de son palais, mais sans bruit et sans cérémonial.

353: Lesur, Annuaire pour 1831, p. 3.—Un peu plus tard, Louis-Philippe ayant placé dans un discours aux Chambres le nom de la «Providence», le Constitutionnel accusa «le gouvernement de Juillet de tendre au mysticisme».

354: «C'est un gouvernement philosophique», disait aussi M. Dupin, qui eût été probablement embarrassé de donner de cette formule une explication raisonnable.

355: Ami de la religion, 4 août 1831.

356: Livre des Cent un.

357: Rome et Lorette, t. I, p. 39.

358: De la France, p. 210.

359: M. Louis Blanc.

360: Madame Swetchine écrivait alors: «Nous assistons à la grande crise de l'orgueil humain.»

361: Il pourrait aussi être question des écoles de Fourier ou de Buchez, qui se ressentirent de l'excitation de 1830. Mais elles n'eurent que plus tard un rôle vraiment actif et public. Nous attendrons donc pour en parler. Au lendemain de la révolution, le saint-simonisme tient seul le haut du pavé.

362: Saint-Simon alla faire un jour visite à madame de Staël, à Coppet; à peine entré: «Madame, dit-il, vous êtes la femme la plus extraordinaire du monde, comme j'en suis l'homme le plus extraordinaire: à nous deux, nous ferions sans doute un enfant plus extraordinaire encore.» Madame de Staël prit le parti de rire.

363: Œuvres de Saint-Simon et d'Enfantin, t. III, p. 176 et passim.

364: Œuvres de Saint-Simon et d'Enfantin, t. IV, p. 39 et suiv.

365: Bazard avait trente-neuf ans; Enfantin, trente-cinq.

366: Veut-on connaître un spécimen de ces prédications? Qu'on lise ce fragment d'un discours de Barrault (10 juillet 1831): «...Ah! je vous ai dit naïvement qui j'étais, qui je suis, qui je veux être... À mon tour je vous demanderai qui vous êtes. Hélas! le savez-vous? Êtes-vous des chrétiens, aveugles adorateurs de la croix solitaire? Êtes-vous des philosophes, dévots d'incrédulité? Êtes-vous des partisans obstinés de toutes les légitimités surannées? Êtes-vous des libéraux, révoltés à la seule pensée d'une hiérarchie, et rêvant les chimériques douceurs de l'individualisme? Êtes-vous enfin de ces hommes qui s'épouvantent de toute idée nouvelle, et ont sans cesse le frisson du progrès? Non! si vous professiez sincèrement l'une de ces diverses opinions, ne serait-ce pas folie à vous de venir, avec une religieuse attention, nous écouter? Qui êtes-vous donc? Des gens qui ne croyez plus fermement à rien de ce que l'on croit encore aujourd'hui, et qui venez ici nous apporter votre scepticisme, vos dégoûts, votre ennui, votre indifférence, votre incertitude: gens malades qui vous traînez auprès de la piscine salutaire, et, comme le paralytique, n'avez pas même la force de vous y plonger. Hélas! qu'attendez-vous? Est-ce le révélateur nouveau? Déjà, déjà vous avez entendu sa voix; mais, et c'est là un des symptômes de votre maladie, vous dissertez, vous discutez, vous approfondissez tout, et jamais vous n'agissez. Quoi donc! pendant que votre raison pèse avec une orgueilleuse lenteur, scrute avec une minutieuse complaisance les moindres détails de l'ordre social que nous apportons, n'entendez-vous pas les cris de douleur ou de rage, les gémissements, les soupirs étouffés et le râle de tant d'infortunés qui souffrent, se désolent, languissent, expirent? Écoutez, écoutez, enfin! Chez les Hébreux, lorsque, sur le bord de la route, était trouvé un cadavre, les habitants de la cité voisine, la main étendue sur le corps inanimé, juraient qu'ils n'avaient point trempé dans cet homicide. Eh bien! je vous adjure ici de m'entendre. À la vue de ce peuple entier, que vous voyez dans la fange de vos rues et de vos places, sur de misérables grabats, au milieu de l'air fétide des caves et des greniers, dans des hôpitaux encombrés, dans des bagnes hideux, se mouvoir, pâle de faim et de privations, exténué par un rude travail, à moitié couvert de haillons, livré à des agitations convulsives, dégoûtant d'immoralité, meurtri de chaînes, vivant à peine, je vous adjure tous, enfants des classes privilégiées, levez-vous, et la main appuyée sur ces plaies putrides et saignantes, enfants des classes privilégiées, qui vous engraissez de la sueur de cette classe misérable, exploitée à votre profit, jurez que vous n'avez aucune part à ses souffrances, à ses douleurs, à ses agonies. Jurez!... Vous ne l'oseriez pas!» Enfantin, rendant compte de cette séance à un de ses disciples, écrivait le lendemain: «Hier, effet prodigieux de Barrault sur le public, applaudissements à tout rompre quand il a dit de jurer. Sanglots, larmes, embrassements, tout le monde en émoi!»