725: Articles des 12 et 21 septembre 1830.
726: Ibid. des 1er et 5 novembre 1830.—Carrel disait encore, le 22 décembre 1830: «L'intérêt bien entendu de l'immense majorité des citoyens de Paris, c'est, aujourd'hui comme au 30 juillet, la consolidation du trône élevé par la volonté nationale, parce qu'on ne peut rien mettre à la place... La démocratie absolue nous diviserait, nous armerait les uns contre les autres.»
727: Voir passim dans le National de 1831, notamment les articles des 5, 20 mai, 19 juin, 16 juillet, 5 octobre.
728: Il s'agissait de la préfecture du Cantal. On a dit, pour excuser l'imprudente insuffisance de cette offre, que l'irrégularité de la vie privée de Carrel ne permettait pas de lui donner un poste plus en vue.
729: Voir mon étude sur le Parti libéral sous la Restauration, p. 140 à 158.
730: On donnait au Cirque le Passage du mont Saint-Bernard et toute une série de pièces sur l'Empereur; à la Porte Saint-Martin, Schœnbrunn et Sainte-Hélène; à un autre théâtre, l'Empereur. Un peu plus tard, on représentait au Vaudeville Bonaparte lieutenant d'artillerie; aux Variétés, Napoléon à Berlin; à la Gaîté, la Malmaison et Sainte-Hélène, à l'Opéra-Comique, Joséphine; ou le Retour de Wagram; au théâtre du Luxembourg, Quatorze Ans de la vie de Napoléon; aux Nouveautés, Napoléon à Brienne, où le rôle de Napoléon était joué par mademoiselle Déjazet, et le Fils de l'homme, où cette même actrice tenait le personnage du duc de Reichstadt; à l'Odéon, Trente Ans de l'histoire de France, par Alexandre Dumas. Dans les petits vaudevilles du boulevard, on glissait une scène du temps de l'Empire, et, si c'était possible, on faisait paraître «l'homme» lui-même: on croyait alors le succès assuré. Il n'était pas jusqu'au théâtre miniature de M. Comte qui n'offrît un Napoléon en raccourci. À l'Ambigu, dans une apothéose de Benjamin Constant, on faisait dire par Talma à madame de Staël, dans les Champs Élysées:
...Vous n'auriez aucun travers,
Si vous n'aviez gardé rancune
Au grand héros qu'admire l'univers.
Enfin, dans une bouffonnerie sacrilége, où le christianisme était traité comme la mythologie a pu l'être, de notre temps, dans certaines opérettes, on montrait Napoléon en paradis. Il y était «seul, au-dessus de tous», et l'on y faisait chanter au vieux soldat:
On craindrait qu'un jour de goguette,
Le caporal dise au Bon Dieu:
Ot' toi d'là que j' m'y mette!
Dans chaque théâtre, on cherchait quel acteur, par sa taille, par son profil, par sa façon de mettre les mains derrière le dos, de jouer de la lorgnette, de parler bref, pouvait le mieux représenter Napoléon. Gobert, à la Porte Saint-Martin; Edmond, au Cirque, s'étaient fait ainsi une sorte de réputation. La parodie s'en mêla. Aux Variétés, on voyait arriver tous les Napoléons à la file, en bon ordre, au pas militaire, ayant en tête le petit Napoléon du Théâtre miniature. Ils se rangeaient en ligne, exécutaient au commandement tous les gestes et mouvements consacrés; ils prononçaient tous à la fois les mêmes mots historiques: «Soldats, je suis content de vous... Soldats, du haut des pyramides, etc., etc.»
731: Ordonnance du 8 avril 1831.
732: Article du 8 mars 1832.
733: Ibid. du 4 octobre 1830.
734: Ibid. du 22 mars 1834.
735: «La France,—écrivait Carrel en août 1832 au moment de la mort du duc de Reichstadt,—ne voulait pas d'un second Napoléon; c'est elle, elle seule, qui continuera le grand homme.»
736: M. Thouret fut condamné de ce chef à trois mois de prison, le 7 février 1832. Il se fera remarquer parmi les républicains les plus exaltés de 1848.
737: Ce fait est rapporté dans les Mémoires et Correspondance du roi Jérôme, et reproduit dans l'Histoire du second Empire, par M. Taxile Delord.
738: Peu de temps avant la mort de Carrel, vers 1835, le prince Louis-Napoléon lui envoya un de ses agents, M. de Persigny. La conversation s'engagea. Carrel se montra découragé de l'état du parti républicain, se plaignant surtout du manque de chef. Il fut alors question du prince. «Le nom qu'il porte, dit Carrel, est le plus grand des temps modernes; c'est le seul qui puisse exciter fortement les sympathies du peuple français. Si ce jeune homme sait comprendre les nouveaux intérêts de la France, s'il sait oublier ses droits de légitimité impériale pour ne se rappeler que la souveraineté du peuple, il peut être appelé à jouer un grand rôle.» (Laity, Le prince Napoléon à Strasbourg. Paris, 1838.)
739: C'est encore M. Laity qui a fait cette révélation. Voici comme il raconte le fait: «En 1833, le général La Fayette fit dire au prince qu'il désirait beaucoup avoir une entrevue avec lui... Le rendez-vous fut donné. Le général reçut le prince avec la plus grande cordialité; il lui avoua qu'il se repentait cruellement de ce qu'il avait aidé à faire en Juillet; mais, ajoutait-il, la France n'est pas républicaine, et nous n'avions alors personne a placer à la tête de la nation; on croyait Napoléon II prisonnier à Vienne. Il engagea fortement Napoléon-Louis à saisir la première occasion favorable de revenir en France, car, disait-il, ce gouvernement-ci ne pourra pas se soutenir, et votre nom est le seul populaire; enfin il lui promit de l'aider de tous ses moyens, lorsque le moment serait arrivé.»
740: La Monarchie de 1830 (1831).
741: Lettre du 22 juin 1831. Mémoires de La Fayette, t. VI.